La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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137. Les associations d’entreprises, de métiers et autres

De même que les familles s’associent de gré à gré selon leurs besoins, les entreprises le feront pour étendre et améliorer leurs activités.

1. Une très grande liberté sera reconnue en cette matière aux chefs d’entreprise, que ce soit pour protéger leur industrie, pour améliorer la qualité, pour assurer une formation professionnelle adaptée, pour protéger l’environnement, pour partager des services comme l’assistance juridique ou le développement informatique, etc… Ces organisations de libre initiative, de grande créativité, d’expansion pratiquement illimitée, cherchent de leur propre mouvement à conserver un esprit de communauté fraternelle et de service tout à fait remarquable. Elles sont donc un facteur de civilisation et d’équilibre humain.

Toutefois, il n’est pas sain que ces associations restent longtemps informelles. Elles devront se doter d’une structure juridique claire, publique, définissant les droits et les devoirs de chacun et prévoyant une instance d’arbitrage indépendante. C’est la condition de leur efficacité et de leur pérennité dans le respect des principes premiers qui sont à la base de leur constitution.

2. Cependant, il est possible que des organisations si fortes s’éloignent considérablement de leur intention originelle et rompent avec la prudence qui était leur première perfection. Le profit, l’intérêt particulier, les coalitions malignes peuvent arriver à les dominer et en faire l’instrument de leur injustice, sans que la communauté économique trouve dans sa tendance naturelle à l’harmonie le moyen d’y remédier.

C’est pourquoi deux précautions doivent être prises. Tout d’abord, dès qu’une association aura fait ses preuves et aura un rayonnement indubitable, les pouvoirs publics locaux ou nationaux devront lui reconnaître un statut d’organisme public qui la soumettra au respect du bien commun, et non plus simplement à la recherche de l’intérêt de ses membres. Ce statut aura aussi l’avantage de conférer à ses décisions une valeur légale et non plus simplement contractuelle.

Ensuite, il faudra une autorité modératrice supérieure qui puisse intervenir si nécessaire pour veiller à l’honnêteté des accords corporatifs et professionnels, arbitrer les conflits, rétablir les équilibres compromis. Cette autorité aura besoin d’une science écologique et d’un art économique qui requerra une autre forme de «  prudence   », non plus spontanée mais scientifique, non plus interne mais extérieure, et ce sera l’œuvre harmonieuse, juste et intelligente, d’une autorité que guide la raison.

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