La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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138. Les corporations de métiers

L’exemple type de ces associations de gré à gré, douées de pouvoirs et de prérogatives de droit public est celui des corporations qui ont fait tant de bien avant la Révolution et qui pourraient, dans de nombreuses professions, être restaurées facilement. En s’inspirant de cette pratique séculaire, mais aussi des expériences des catholiques sociaux de la fin du XIXe siècle, ou encore de la Révolution nationale du Maréchal Pétain dont la restauration spontanée des corporations fut une des plus remarquables réussites, il sera facile de les adapter à notre vie économique moderne.

Il s’agit d’une organisation des gens du métier en vue du meilleur accomplissement de leur service spécifique de la société et, pour cela, du maintien de leur solidarité interne et de la défense de leurs droits et privilèges. Eux-mêmes règlent leurs activités, s’imposent des exigences de compétence et d’honnêteté, réglementent le travail, limitent la concurrence, et y développent des institutions d’entraide. Cela sur le plan local, régional et, le cas échéant, national.

Le principe fondamental de cette organisation, à mi-chemin du libéralisme et du collectivisme, est celui de la propriété personnelle et de la solidarité du métier, qui transfère le centre d’intérêt de la vie économique, du domaine des choses à celui des personnes, du produit et du profit du travail, de l’objet fabriqué, du dividende, aux producteurs eux-mêmes, selon la formule libératrice  : «  Le métier unit, le produit divise   » (Jean Paillard), et j’ajoute  : «  le profit oppose   ». La corporation réunit et réconcilie les hommes qui travaillent dans un même métier, plus qu’elle ne mobilise et ne transforme des matériaux, des forces et de l’argent, tout en garantissant la qualité du produit ou du service.

Cette mise en commun permanente, loin de porter atteinte aux droits acquis, à la situation et aux pouvoirs de chacun, patrons, actionnaires et travailleurs, au contraire les libère  ; les patrons, du grand patronat écraseur, les actionnaires, des intermédiaires financiers accapareurs, les travailleurs, des syndicats agitateurs. Le consommateur, quant à lui, y trouve une garantie de compétence, de qualité et de juste prix.

Ces corporations pourraient renaitre spontanément dans certains métiers, l’autorité souveraine favorisera cette renaissance et veillera à ce que l’institution ne se sclérose pas.

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