La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Point 139. Les activités des corporations de métier

1. La première activité de la vie corporative est d’ordre religieux, moral, humain. La personnalisation de la vie professionnelle ramène l’honnêteté dans les rapports entre membres d’une même communauté de métier, encourage entre eux l’entraide et le service désintéressé et, de là, l’honnêteté des rapports extérieurs d’achat et de vente, dont la corporation se porte garante. La police du métier est assurée par la corporation elle-même et ses conseils de prud’hommes, avec simplicité, rapidité, discrétion, mesure et justice. Elle prévient les désordres plus souvent qu’elle ne les guérit ou sanctionne, comme c’est l’avantage de toute autorité personnalisée et communautaire.

Or, c’est une grande vertu morale et une valeur capitale dans la vie économique que l’honnêteté du service, du travail, du produit (qualité), qui entraîne celle du salaire alloué et du bénéfice distribué.

2. La deuxième activité corporative est d’ordre économique. Par les corporations la vie économique se trouve «  autodirigée   » (Salazar). Les conseils corporatifs élus, mixtes à tous les échelons, aidés si nécessaire de conseillers économiques, et au plus haut niveau toujours en présence d’un représentant de l’autorité publique, délibèrent des plans et programmes de production, modulés dans l’espace et dans le temps  ; des créations, aménagements, restructuration, restauration d’entreprises, de leur nombre et de leur diversification  ; des modes de financement, des investissements, des placements de capitaux  ; des conditions d’embauche, des salaires et de la distribution des bénéfices  ; de la constitution et de la gestion de la banque communautaire et du patrimoine corporatif.

Toutes choses que les patrons eurent le tort de croire leur domaine réservé et qui, de ce fait, leur échappèrent totalement, au profit de plus hauts pouvoirs qui se jouèrent de leur intérêt et de leurs personnes comme ils se jouaient hier de leurs personnels salariés, et même de leurs plus éminents collaborateurs. À mi-chemin entre l’utopique auto-gestion démocratique et la planification étatique, l’auto-régulation corporative est une merveille de liberté et de concertation, de souplesse dans l’ordre, donc d’efficacité.

3. La troisième activité corporative est d’ordre social et charitable. En complément de l’épargne naturelle des familles, leur organisation sera en mesure d’assumer à moindre coût une bonne partie de ce que la monstrueuse Sécurité sociale bureaucratique, anonyme et irresponsable de nos États démocratiques modernes prend en charge avec les résultats que l’on sait. Tout y sera organisé au plus près, au plus simple, au plus vite, à l’échelon primaire du fonds social d’entreprise, au plus haut par appel au patrimoine corporatif des conseils régionaux et nationaux.

Ainsi donc, la corporation est un outil remarquable pour assurer le développement harmonieux des différents métiers et de la vie économique, pour libérer les entreprises des puissances d’argent et du syndicalisme politique, enfin pour gérer le plus efficacement possible les services sociaux au mieux des justes intérêts des bénéficiaires.

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