La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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I. Les grâces du Ciel à une enfant prédestinée

Catherine Labouré, naquit à Fains-les-Moustiers le 2 mai 1806. Cette enfant prédestinée était issue d’une famille de paysans chrétiens exemplaires de la vieille France. Son âme était toute pureté, droiture et oubli de soi. Orpheline de mère à l’âge de neuf ans, une servante l’avait surprise étreignant de ses petits bras une statue de la Vierge Marie et disant  : «  C’est vous maintenant qui serez ma Mère.  » À pareille école, elle avait rempli à la perfection, pendant plus de dix ans  ! sa lourde charge de maîtresse de maison, déployant une rare énergie, vivifiée par une piété ardente envers l’Eucharistie reçue chaque jour, et envers l’Immaculée dont un tableau ornait l’église de son village. Déjà, elle soignait les pauvres et les malades.

Ferme des Labouré à Fains-les-Moutiers

Ferme des Labouré à Fains-les-Moutiers

Un jour, saint Vincent lui apparut en songe dans l’église de Fains-les-Moutiers, pour lui dire que c’était bien de soigner les malades dans son village, mais qu’un jour, elle viendrait à lui, car «  Dieu avait des desseins sur elle  ».

Surmontant les réticences d’un père coléreux, quoique bon chrétien, elle entra enfin chez les Filles de la Charité vouées à l’Immaculée, d’abord dans leur maison de Châtillon-sur-Seine, puis au noviciat de Paris, où elle arrivait le 21 avril 1830. La monarchie légitime de Charles X vivait alors ses derniers jours, sans que personne s’en doutât. La jeune novice l’apprit, quant à elle, de façon inattendue  :

Durant la neuvaine qui suivit la translation des reliques de saint Vincent de Paul dans la chapelle des lazaristes de la rue de Sèvres, sœur Catherine priait son bienheureux Père de lui enseigner ce qu’il fallait qu’elle demande «  avec une foi vive  » pour elle-même, pour les communautés et pour la France.

LE MESSAGE MYSTIQUE ET POLITIQUE DE SAINT VINCENT DE PAUL

Saint Vincent de PaulVoici que, de retour dans la chapelle de communauté, elle vit le cœur du saint «  trois fois différent, trois jours de suite  :

«  blanc,couleur de chair, qui annonçait la paix, le calme, l’innocence et l’union  ; rouge de feu, ce qui doit allumer la charité dans les cœurs, la communauté va se renouveler et s’étendre jusqu’aux extrémités du monde  ; enfin, rouge noir, ce qui me mettait la tristesse dans le cœur… tristesse qui portait sur le changement de gouvernement.  »

Les saints prennent donc souci au Ciel des affaires de la terre, des affaires politiques  ?…

JÉSUS AU SAINT-SACREMENT, VRAI ROI DE FRANCE

C’est Jésus lui-même qui se montre à la sœur dans le Saint-Sacrement, et non pas une fois, ni deux fois, mais «  tout le temps de mon séminaire  », dit-elle, pendant neuf mois donc  ! sauf quand elle doutait de la réalité de cette apparition. Jésus, dont un tableau du Sacré-Cœur ornait à l’époque le maître-autel, manifestait ainsi la réalité de sa présence eucharistique et… le sort qui lui était réservé dans la France de 1830  : le 6 juin, au cours de la messe de la fête de la Sainte Trinité, où l’Évangile rappelle que «  tout pouvoir lui a été donné, sur la terre comme au Ciel  » (Mt 18, 18), Il apparaît comme un Roi avec une Croix sur la poitrine. Un Roi croisé donc… Au même moment, la flotte du roi de France cinglait vers Alger, et dans l’esprit de Charles X, du maréchal de Bourmont et des meilleurs officiers de l’Armée, cette expédition était une véritable Croisade, destinée à reconquérir toute l’Afrique du Nord sur l’Islam.

Mais voici que la vision montre le Christ dépouillé de ses ornements et des attributs de son pouvoir. Il sembla à la sœur que la Croix coulait sous ses pieds  :

«  C’est là que j’ai eu les pensées que le Roi de la terre serait perdu et dépouillé de ses habits royaux, et de là toutes les pensées que j’ai eues je ne saurais l’expliquer, sur la perte que l’on faisait.  »

Le mois suivant, écrit notre Père, «  la Révolution dite des “ trois Glorieuses ”, bien plutôt odieuses  ! Journées de Juillet, allait rejeter et renverser notre divin Roi Jésus de son trône, en contraignant le vrai roi Charles X à l’abdication et à l’exil. C’est de ces événements que date la grande révolte dont la France, l’Église et le monde devront vivre les folies criminelles comme d’un nouveau déicide, et les affres subséquentes, des guerres, des révolutions, des persécutions, de tant de cruelles morts et damnation.  »

Mais tout n’était pas perdu, et Dieu envoya alors sa Mère  : «  Dans sa grande miséricorde, notre très chéri Père céleste avait prévu que la Vierge Immaculée demeurerait dans ce Paris, déjà si comblé de grâces, au plein milieu des horreurs révolutionnaires, pour en soutenir les persécutés et y maintenir la dévotion à son Cœur Immaculé à travers les temps d’apostasie qui allaient venir  ».

Extraits de la CRC n° 370, sept. 2000, p. 25-34

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