La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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4. La réforme de l’Église

Si l’Église d’hier a su conserver et défendre la foi catholique infailliblement, elle a perdu l’audience du monde par sa manière de prêcher  : «  des corrections s’imposent  ». Dès ce commencement d’un début de premier discours se laisse voir la tournure du style, et de l’esprit, de son premier inspirateur, Jean-Baptiste Montini, destiné à devenir le véritable «  Pape du Concile  ». C’est déjà le “ oui, mais  ” de l’encyclique Ecclesiam suam, le “ oui ” à la vérité, certes oui  ! “ mais ”la nécessité de réviser la doctrine en vue de la présenter “ d’une façon plus efficace ”selon ce “ qu’exige notre époque ”.

«  Puisque cette doctrine embrasse les multiples domaines de l’activité humaine, individuelle, familiale et sociale, il est nécessaire avant tout que l’Église ne détourne jamais son regard de l’héritage sacré de vérité qu’elle a reçu des anciens. Mais il faut aussi qu’elle se tourne vers les temps présents qui entraînent de nouvelles situations (  ?), de nouvelles formes de vie, et ouvrent de nouvelles voies à l’apostolat catholique.  »

C’est le fameux “ aggiornamento  ”, qu’on peut traduire par mise à jour, ou mieux  : mise au goût du jour. Mais au-delà du jour qui passe, et ses modes avec lui, il y a “ le monde ”pour lequel “ Jésus n’a pas prié ” (Jn 17, 9). Or, l’Église est l’Épouse de Jésus, libre par rapport au monde. Elle a toujours travaillé “ dans le monde ”, mais pour son seul Seigneur.

Jean XXIII faisait écho aux plaintes des experts, tel Karl Rahner répandant en ces jours-là une étude statistique concluant à la faillite de l’Église… si elle ne s’occupait pas, comme toute industrie humaine, de son marketing. Or, en marketing, ce n’est pas la valeur en soi de l’objet qui compte et fait le profit, c’est la réclame, c’est l’adaptation coûte que coûte aux désirs et aux exigences d’une clientèle possible. L’hérésie est dans cette volonté de soumettre la foi divine aux caprices des masses, eux-mêmes inspirés par le Prince de ce monde, selon l’avertissement de saint Paul à Timothée  : «  L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques.  » (1 Tm 4,1) «  Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers des fables.  » (2 Tm 4, 3)

Extraits de Jean-Paul Ier «  Le Secret, c’est terrible  !  »,
Résurrection n° 7, juillet 2001, p. 13-18

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