La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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8. L’interreligion

«  En effet, continue Jean XXIII, à bien considérer cette unité que Jésus-Christ a implorée pour son Église, on voit qu’elle resplendit d’une triple lumière céleste et bienfaisante  : l’unité des catholiques entre eux, qui doit rester extrêmement ferme et exemplaire  ; l’unité de prières et de vœux ardents qui traduisent l’aspiration des chrétiens séparés du Siège apostolique à être réunis avec nous  ; l’unité, enfin, d’estime et de respect à l’égard de l’Église catholique, manifestée par ceux qui professent diverses formes de religion encore non chrétiennes.  »

Cette répartition géographique de cercles concentriques d’amitié, en zones décroissantes, autour du Siège apostolique, est signée Jean-Baptiste Montini. Nous la retrouverons dans l’encyclique programme de son pontificat, Ecclesiam suam, du 6 août 1964.

Paul VI réalisera la vision dite de Jean XXIII, en ses trois niveaux  :

a) L’unité des catholiques, «  f erme et exemplaire  », se fera au milieu des larmes, des injustices, des proscriptions perpétrées par la secte conciliaire, contre les «  intégristes  », traditionalistes et réactionnaires. Œuvre du Saint-Esprit  ? Œuvre d’amour  ? de liberté  ? Œuvre de Satan.

b) L’unité des chrétiens séparés du Siège apostolique est célébrée avec autant d’enthousiasme que la réduction des tenants de l’Église d’hier et des siècles était cafardeuse. Exécution sans négociation ni pitié par les prophètes dictateurs de l’Église de demain  ! En effet, ce sont les «  séparés  » qui font «  des prières et des vœux ardents  » pour bientôt «  être réunis avec nous  ». Mais il y a malentendu. Depuis toujours, l’Église travaillait à les «  réunir  », c’est-à-dire à les réintégrer dans l’Église, hors de laquelle il n’est pas de salut. Et, de fait, un fort courant de conversions s’amplifiait sous Pie XII, aux États-Unis, aux Pays-Bas… Tandis que le Conseil œcuménique des Églises, lui, pour endiguer ce torrent, proposait à l’Église catholique d’entrer, à égalité de vote  ! dans son sein. En attendant cette reddition de l’Église, tous les meneurs de schisme et d’hérésie se font embrasser par le Pape, photographier avec lui, d’égal à égal. Et les conversions ont tari, à partir du 11 octobre 1962. Toutes les statistiques en font foi.

c) Enfin, Jean XXIII et son coauteur voient les non-chrétiens, c’est-à-dire le reste du monde, déjà réunis dans un même respect et une même estime à l’égard de notre sainte Église… Et il y avait du vrai, sous Pie XII, tant que l’ancien monde civilisé donnait le ton. Mais déjà, après Dien-Bien-Phu (1954) et les accords d’Évian (1962), pitoyables défaites d’une nation catholique et de l’armée française en face du bolchevisme transfusé en sauvagerie asiatique et africaine, le respect et l’estime de centaines de millions de musulmans, et de masses égales ou supérieures de Chinois et de “ Soviétiques ” pour le Siège apostolique, non  ! c’est pire que du rêve, c’est de la farce  !

L’idée sera pourtant exploitée à fond par Karl Rahner et justifiée au Concile par Karol Wojtyla. Sous la dénomination de “ chrétiens incognito ” ou “ chrétiens anonymes ”, tous les hommes sont, selon eux, “ en quelque sorte ” unis à Dieu du seul fait de l’Incarnation du Verbe. En Lui, ils sont “ capables de Dieu ”, sauvés… en quelque sorte  !

Sans préjuger du salut individuel, il faut rappeler que, quels que soient les points communs et le parallélisme des diverses «  fois  » et morales, toutes ces croyances personnelles ou ces groupes religieux, ou antireligieux, mésestiment et méprisent notre sainte religion.

L’erreur est de méconnaître ce fait que toute religion ou irréligion, ou dissidence de l’Église catholique, tout système athée ou gnostique présente dans son principe et fondement une idée-force, une “ forme d’intégration  ”, un vinculum substantiale qui contredit la foi chrétienne, tant sa forme, objectum quo, que son contenu, objectum quod…Cette erreur s’est traduite au Concile par la déclaration Nostra Ætate.

Extraits de Jean-Paul Ier «  Le Secret, c’est terrible  !  »,
Résurrection n° 7, juillet 2001, p. 13-18