La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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LE LIVRE D’ACCUSATION
pour hérésie, schisme et scandale,
à l’encontre de notre frère dans la foi Karol Wojtyla,
EN RÉSUMÉ

L’ACCUSATION

Liber secundus

LE livre débute directement par une accusation capitale (p. 3), fondée sur un texte choisi «  parmi cinq cents  ». Il démontre que Jean-Paul II dépouille Jésus-Christ de ses attributs divins – «  transcendance   » ou sainteté – et de ses prérogatives de Prince et de Sauveur du genre humain – son «  prophétisme   », son «  sacerdoce   » et sa «  royauté  »pour en revêtir l’Homme, tout homme. L’homme en tant qu’Homme est «  transcendant   » et «  roi  »  ! Cela serait un enseignement du Concile… (p. 4-11)

L’abbé de Nantes oppose à cet «  humanisme  » qui paraît blasphématoire un document du magistère ecclésiastique, «  parmi cent autres  », l’encyclique Quas primas de Pie XI, rappelant l’empire universel et l’autorité souveraine du Christ-Roi sur toute réalité temporelle et spirituelle. (p. 11-15) Et il considère, en se fondant sur une épître célèbre de saint Hilaire, docteur de l’Église, qu’un tel «  esprit de blasphème  », dans le Pasteur suprême de l’Église, impose à tout fidèle catholique une attitude de «  suspicion légitime  » et, par prudence, de «  soustraction d’obédience   ». (p. 15-18)

«  NOVATEUR, VOUS TRAHISSEZ LE CHRIST  !  »

La première partie, étude historique et philosophique très poussée, établit quand, par qui et en quoi une rupture, une cassure hérétique, schismatique et scandaleuse s’est produite dans l’Église contemporaine.

1. L’auteur accuse d’abord le prêtre, puis l’archevêque et cardinal Karol Wojtyla, successeur du cardinal Adam Sapieha, d’avoir délibérément rompu avec la tradition de l’Église que celui-ci lui avait léguée, et lancé Cracovie puis la Pologne entière dans l’aventure d’un nouveau christianisme. Le reproche s’appuie sur un dossier jusqu’à ce jour inédit, concernant la fermentation des idées nouvelles dans la Pologne moderne et les options du jeune prêtre Karol Wojtyla. (p. 22-30)

2. L’auteur incrimine de nouveau le cardinal Wojtyla devenu Jean-Paul II, comme le principal responsable de la même cassure, effectuée dans l’Église de Rome depuis 1960. La tradition fermement maintenue par Pie XII jusqu’à sa mort (1958), devenue flottante sous Jean XXIII, s’est trouvée mise en concurrence avec la nouveauté moderniste et progressiste sous Paul VI. Singulièrement renforcée par l’ «  anthropocentrisme laïc   » de Karol Wojtyla, qui, depuis son avènement sur le trône pontifical est devenu le dogme forcé et universel de l’Église conciliaire. Ainsi la rupture est-elle consommée, après avoir été dès longtemps préparée. Ici aussi le dossier de l’activité déployée par le cardinal Wojtyla révèle de nombreux faits et documents inédits. (p. 30-35)

3. La démonstration de la rupture philosophique de Karol Wojtyla avec la pensée classique de l’Église, alors développée, justifie l’accusation portée contre le Pape d’être un «  novateur qui trahit le Christ   ». C’est l’étude de l’«  humanisme postchrétien  », ou de l’«  athéisme chrétien  » du professeur de philosophie Wojtyla. Analyse difficile mais rigoureuse et implacable, qui démontre qu’il a adopté la philosophie allemande moderne, dite «  de la mort de Dieu   » et du «  Dieu immanent   »,poussant l’homme à son «  autoréalisation   » et à son «  autodivinisation   » par la liberté. (p. 35-53)

D’autres textes montre Karol Wojtyla dialoguant avec les marxistes  : il encourage l’homme moderne à balayer toute ancienne forme de religion historique, à se vouloir et à se faire lui-même «  transcendant   » et «  roi de l’univers  ». (p. 53-62) Il prétend qu’au bout de sa course prométhéenne l’homme acceptera un Autre transcendant, non plus dominateur mais Père de tous, respectant sa liberté. L’abbé de Nantes situe très précisément dans cette synthèse dialectique de l’athéisme et du christianisme, l’hérésie, le schisme, l’apostasie de Karol Wojtyla, «  moderniste devenu pape  ». (p. 62-64)

«  CORRUPTEUR, VOUS METTEZ LE CHRIST À MORT  »

La deuxième partie constitue une preuve foisonnante de la mutation que l’erreur précédemment démontrée introduit dans la «  praxis  » du Souverain Pontife régnant, par rapport à toute la tradition antérieure, sacerdotale et pastorale des Pontifes romains.

1. Ce «  Nouvel humanisme  » étouffe implacablement la religion. La foi en l’Homme, le culte de l’Homme, l’amour de l’Homme constituent autant de détrônements

– du Dieu de Majesté, notre Père céleste, à qui est due l’adoration et devant lequel l’homme n’est rien que poussière,

– du Dieu Fils et Verbe incarné, sans lequel il n’y a ni révélation ni rédemption,

– et de la bienheureuse Vierge Marie, Médiatrice céleste de toutes grâces, occultée par l’exaltation de la femme  ;

– enfin de l’Église, temple du Saint-Esprit, ramenée au rôle dérisoire et dégradant d’un courant parmi d’autres de l’autoréalisation et de l’autodivinisation de l’humanité. (p. 68-86)

2. C’est sous la poussée de ce «  Nouvel humanisme  » que le pape Jean-Paul II s’attaque à l’Église une, sainte, catholique, et apostolique, dans sa constitution divine même et ses institutions traditionnelles pour la changer en technocratie internationale moderne, idéologique, humaine dans ses moyens et dans ses fins. Suit une étude fouillée des comportements révélateurs de Jean-Paul II, vis-à-vis des traditionalistes, des modernistes, des progressistes. L’abbé de Nantes démontre qu’en respectant une certaine façade cléricale, le pape Jean-Paul II abandonne la conception religieuse, hiérarchique et sacrale de l’Église, au profit d’une réalité informelle et vide, d’une communauté humaine rassemblée sous le signe de la liberté religieuse totale, de l’œcuménisme le plus ouvert, en vue du développement de la justice et de la paix ici-bas. Tout cela remplace le souci de la conversion et de la sanctification chrétiennes par la foi, par les sacrements et par la discipline de la seule Église catholique. (p. 87-106)

3. Ultime conséquence, cette «  Nouvelle Église  », faisant sien ce «  Nouvel humanisme  », travaille à la transformation politico-sociale des nations historiques en vue d’un «  Nouveau monde  ». L’auteur analyse l’œuvre révolutionnaire du Pape des Dissidents, du Pape des Droits de l’Homme, du Pape de la Liberté, Défenseur des opprimés. La preuve, ici encore foisonnante, est faite que, pendant les cinq premières années de son pontificat, Jean-Paul II s’est montré le plus puissant coopérateur de l’expansion marxiste dans le monde, et le plus efficace soutien des subversions anticolonialiste et antinationaliste dans le tiers et le quart monde. Cependant, Jean-Paul II est profondément lié aux grands idéologues mondialistes du genre «  trilatéraliste  », pour lesquels l’avenir est à un capitalo-socialisme amélioré, humanisé par la Charte des Droits de l’Homme et par l’arbitrage des sociétés supranationales, tant religieuses que culturelles, politiques et économiques. (p. 107-118)

Le bilan de cinq ans de pontificat est lourd. Ces grands desseins se soldent par une perte, statistiquement irréparable, de vitalité pour l’Église, et une décadence tout aussi évidente, des nations chrétiennes civilisées, annonçant leur déclin irrémédiable si elles poursuivent dans la voie humaniste où le pape Jean-Paul II les pousse. C’est le règne des dieux païens, antagonistes du Christ Pantocrator, Polémos, Éros, Thanatos. La Guerre, l’Amour et la Mort. «  Qui vous persuadera de votre irréalisme catastrophique  ?  » interroge enfin l’abbé de Nantes, mais André Frossard encourage le Pape dans cette voie de perdition  : «  Ça me paraît un rêve fou. Mais serait-il pape s’il n’exigeait pas l’impossible  ?… Soyez réalistes, demandez l’impossible  !   » (p. 119-122)

JUGEMENT

L’auteur demande le jugement de l’Église sur ces textes et ces faits. Mais déjà «  Il est une Personne qui juge   », c’est Notre-Dame de Fatima dont Jean-Paul II veut obstinément ignorer le grand signe apocalyptique, dont il contredit totalement la religion, le message et le secret, dont il refuse de faire les volontés, d’accomplir les demandes… Ainsi sa condamnation est-elle prononcée par ses propres œuvres. (p. 125-133)

L’Envoi termine sur l’opposition irréductible de deux systèmes philosophiques, celui de la «  vérité de la Liberté  » et celui de la «  liberté de la Vérité  », soubassement de deux religions, «  la religion de l’homme qui se fait Dieu  », et celle «  du Dieu qui s’est fait homme  ». (p. 135)

Extrait de la CRC n° 190, juin 1983, p. 11-12

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