La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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LE SAINT SUAIRE
AU COURS DE VINGT SIÈCLES D’HISTOIRE

En plaçant le Saint Suaire au centre des récits de l’ensevelissement de Jésus au soir du Vendredi saint, et de la découverte du tombeau vide au matin de Pâques, les quatre Évangélistes attestent en outre que cette sainte relique, pièce à conviction à l’appui du fait de la Résurrection du Seigneur, a été l’objet de la vénération des fidèles dans la communauté primitive, «  comme le linge le plus important et le plus précieux.  » C’est à ce titre qu’il a été conservé et nous a été transmis de génération en génération à travers des étapes de mieux en mieux connues, grâce à des recherches positives.

Séjours du Saint Suaire  :

De l’an 33 à 1204

+ JÉRUSALEM

+ CONSTANTINOPLE (614)

De 1204 à 1578

+ ATHÈNES

+ LIREY (France – 1355)

+ VILLERSEXEL (1418)

+ CHAMBÉRY (1453)

De 1578 à 2004

+ TURIN

Les témoignages scripturaires, historiques, iconographiques et paléographiques
qui attestent l’existence du Saint Suaire  :

JÉRUSALEM

Le Soudarâ de Jésus

Sous le nom de «  soudarion  » saint Jean (Jn 20, 3-7) désigne, non pas un petit mouchoir, ni une serviette, encore moins une “ mentonnière ”  ! mais une grande pièce de drap, passant dans le sens de la longueur par-dessus la tête, epi tès kephalès, la couvrant donc, ainsi que le visage et tout le corps, dessus et dessous, jusqu’aux pieds.

C’est ce même grand linge que les synoptiques désignent sous le nom de «  sindôn  ». Matthieu précise que ce “ linceul ” était «  sans tache  »,kathara (Mt 27, 59), au moment où Joseph d’Arimathie l’a acheté pour ensevelir Jésus. Sans doute fait-il allusion aux «  taches  » que l’on y découvrit par la suite, et qui sont aujourd’hui l’objet de notre étude.

La Sainte Vierge et le Saint Suaire

L’Évangile selon les Hébreux, apocryphe rédigé en araméen vers la fin du Ier siècle, dans sa haute antiquité, toute proche des Évangiles canoniques, nous assure qu’au second siècle, époque où circulait déjà cet écrit, il y avait des chrétiens qui s’intéressaient au sort du linceul sépulcral du Sauveur et croyaient savoir chez qui il se conservait. À savoir dans la communauté de Jérusalem, où Jacques fit office de «  grand prêtre  » jusqu’à son martyre en 62. (…)

Dans une version du Transitus, datée du début du VIe siècle, on lit  : «  Après l’Ascension, cette Vierge Immaculée avait coutume de porter l’image formée sur le Suaire qu’Elle avait reçue des mains divines, afin de toujours avoir sous les yeux et contempler le beau visage de son Fils. Chaque fois qu’Elle priait, elle disposait l’image au levant et priait ainsi vers Elle, en élevant les mains.  » Cet apocryphe, qui se distingue de tous les autres par son caractère historique, témoigne que jusqu’au jour de son Assomption, en 63, Marie, que Jean avait prise chez lui (Jn 19, 27), demeura au centre de cette communauté (Ac 1, 14). Elle reçut donc le Saint Suaire rapporté du tombeau par Jean son “ fils ”, avec un infini respect, une grande tendresse et une merveilleuse dévotion, comme Elle avait reçu dans ses bras maternels le doux Corps immolé au pied de la Croix, avant son ensevelissement dans ce même Linceul. […]

Sainte Véronique

Et après Marie  ? Dans un écrit apocryphe, daté du VIe siècle, laVindicta Salvatoris, “ Vengeance du Seigneur ”, qui traite du châtiment divin exercé contre les responsables de la mort de Jésus-Christ, «  il est question non seulement de la sainte femme Véronique, mais du portrait du Christ que Véronique possédait. On apprend seulement que c’était un portrait sur un linge immaculé,in sindone munda; que la sainte femme Véronique l’avait longtemps gardé par-devers elle,in domo sua.  » […]

Nous sommes donc amenés à penser que la “ légende ” véhicule unetradition, en vertu de laquelle cette sainte femme conserva le Linceul du Seigneur découvert dans le tombeau vide au matin de Pâques par Pierre et Jean. C’est ce souvenir qu’évoque l’appellation traditionnelle de “ voile de Véronique ” désignant cette insigne relique elle-même, dont sainte Véronique reçut le dépôt sacré après l’Assomption de la Vierge Marie en 63, et qu’elle cacha à Panéas pendant la guerre juive (66-70). […]

Après sainte Véronique

Saint Épiphane de Salamine (315-403) se rendait à Béthel en pèlerinage. Parvenu àAnablatha, près de Jérusalem, il entra dans une église pour prier et vit le voile dans le vestibule. Il l’arracha, promettant au gardien de ce lieu de lui en envoyer un autre sans image et de bonne qualité. Comme nous l’avons montré à la suite du Père Pfeiffer, non seulement l’histoire du voile portant une image «  quasi Christi  », dans une église proche de Jérusalem, est une histoire vraie, mais encore elle s’explique tout à fait si l’on voit dans ce voile celui de Véronique, c’est-à-dire notre actuel Saint Suaire. […]

L’Évangile de Gamaliel (Ve siècle), qui a pour thème principal les miracles opérés par les linges funéraires du Seigneur, offre un exemple typique de ce genre littéraire. Ces témoignages littéraires accompagnent latradition même qui nous a transmis ce Linge sacré, et qui constitue la principale preuve de son authenticité, ne l’oublions pas. Car si ce n’est pas le Suaire de Jésus-Christ, pourquoi nous l’aurait-on précieusement conservé  ? […]

CONSTANTINOPLE

Lorsqu’en 614, survint la conquête de la Palestine et la prise de Jérusalem par les Perses, les lieux saints furent pillés et les reliques du Christ volées. Et le Saint Suaire  ? Sans doute fut-il aussi emporté à Constantinople avec les autres reliques de la Passion du Seigneur  : la sainte lance, la sainte éponge, les clous et la couronne d’épines. […]

Un document prouve la présence du linceul du Christ à Constantinople au début du VIIIe siècle  : L’umbella du pape Jean VII, à Saint-Pierre de Rome. Ce pontife, d’origine grecque, a régné de 705 à 707, au moment où Justinien II remontait sur le trône à Constantinople. [….]

L’umbella de Jean VII, un dais liturgique aujourd’hui disparu, connu par la description et les dessins laissés par Jacques Grimaldi au XVIIe siècle lors de la démolition de l’oratoire du pape Jean VII, était un baldaquin de 2,75 m x 1,90 m environ, brodé de scènes évangéliques entourant un «  Christ Jésus mort, étendu et déposé, le corps mis à nu   ».

Umbella de Jean VII

Umbella de Jean VII

L’auteur de l’umbella a très certainement imité la silhouette frontale du Saint Suaire, en commettant d’ailleurs l’erreur commune aux artistes qui ont pris cette sainte relique pour modèle  : il a fait passer la main droite par-dessus la main gauche, imitant ce qu’il voyait sur le linge, en oubliant que l’image doit être inversée. Et, d’autre part, il n’a mis à cette main que quatre doigts, comme cela se trouve sur le Saint Suaire.

Sous l’influence du Saint Suaire et comme l’atteste l’Umbella de Jean VII, on voit apparaître une nouvelle iconographie  : «  À partir d’un moment difficile à déterminer avec une précision absolue, mais qui doit être proche de 700, les images se mettent à parler avec insistance de la mort et de la résurrection du Christ,de ce moment où l’aboutissement de sa vie humaine débouche sur la manifestation de sa divinité.

Conclusion  : l’oratoire de Jean VII, à Saint-Pierre de Rome, ses mosaïques et son baldaquin brodé, consacrés à la conservation et à la vénération du “ Saint Suaire de Véronique ” au début du VIIIe siècle, sont des témoins de l’existence, à Constantinople, de l’authentique Suaire du Christ dont ce “ voile de Véronique ” était le truchement à Rome, à la même époque. […]

Saint Jean Damascène († 749), qui mentionne le Linceul dans sonDe Imaginibus, fut le protagoniste de l’Église au Concile qui condamna dès 730 l’iconoclasme. L’abbé de Nantes a parfaitement formulé  » l’orthodoxie ”, qui triompha en 843, sous l’action de l’impératrice Théodora, veuve de l’empereur Théophile  : «  L’artiste, c’est le Fils de Dieu fait homme, qui s’était déjà créé un corps dans le sein de la Vierge Marie, à dessein d’en faire l’image de la divinité, l’image de Dieu son Père. L’image qu’il crée sur le Saint Suaire est donc l’image de Dieu.  »

Vers 1192-1195, une miniature du manuscrit Pray, du nom du savant jésuite qui le découvrit au XVIIIe siècle, conservé à la Bibliothèque nationale de Budapest, présente une mise au tombeau inspirée de la vision de ce même Suaire.

Manuscrit PrayL’auteur de cette miniature avait examiné attentivement le Saint Suaire à Constantinople. Il a représenté le Christ entièrement nu, étendu sur une pièce de tissu toute en longueur.
Les bras du Mort sont croisés et se recouvrent aux poignets, bras droit au-dessus du bras gauche, comme sur le Saint Suaire lorsqu’on l’observe en oubliant qu’il joue le rôle d’un miroir inversant l’image par rapport au Corps qu’il recouvre et qui lui fait face.
Les mains du Mort ne laissent voir que quatre doigts, très longs et l’index de même dimension que le médius  : le pouce n’apparaît pas. Mais les mains de Nicodème aussi  ! Le miniaturiste avait donc observé cette anomalie sur le saint Drap, sans la comprendre.
Enfin, détail observé par le Père Dubarle, le front porte une petite tache au-dessus de l’œil droit, correspondant à la tache de sang que l’on voit sur le Saint Suaire.
La scène inférieure représente la découverte du tombeau vide par les saintes femmes. Le panneau supérieur représente la face externe du Saint Suaire  : dessiné en chevrons, imitant l’armure du tissu.

En 1201, Nicolas Mésaritès, gardien des reliques conservées à Sainte-Marie-du-Phare, la “ sainte chapelle ” du palais impérial, évoquait le mystère de la vie du Christ ressuscité, perpétué en ces lieux par la présence d’une relique particulièrement  : «  Ici ilressuscite et leSuaire avec les linges en sont la manifestation […].Ils sont en lin […]. Ils bravent la corruption, parce qu’ils ont enveloppél’ineffable Mort, nu et embaumé après la Passion.  » […]

À la veille de la mise à sac de la ville par les Croisés (avril 1204), le témoignage de Robert de Clari, qui a vu le «  sydoines la ou nostres sires fut envelepes  », est sans équivoque. En attestant que «  on i pooit bien veir le figure notre seigneur  », il annonce déjà ce que seront les ostensions de la sainte Relique à Lirey cent cinquante ans plus tard. Car «  le figure  » désigne la silhouette tout entière. […]

ATHÈNES

Au témoignage de Robert de Clari, «  ne ne seut on onques, ne grieu ne franchois, que chis sydoines devint, quand le vile fut prise  », plus jamais personne, ni Grec ni Français, ne sut ce que ce suaire devint quand la ville fut prise, le 13 avril 1204. Nous savons aujourd’hui qu’il fut emporté à Athènes. L’année suivante, le neveu de l’empereur Isaac II Ange réclame au pape Innocent III, entre tous les trésors volés à son oncle, «  ce qui est saint  », les reliques et «  parmi elles, objet sacré entre tous, le Suaire  » qui est présentement «  à Athènes  » (1205). C’est de là qu’Agnès de Charpigny, épouse de Dreux de Charny, frère aîné de Geoffroy, seigneur de Lirey, apporta cette «  saincte relique  » en France. […]

LIREY

Au lendemain de l’Année sainte, du jubilé de 1350, qui attira d’immenses pèlerinages à Rome, où l’on vénérait le “ Voile de Véronique ”, un petit village de Champagne, Lirey, au diocèse de Troyes, attire lui aussi des foules innombrables venues du monde entier pour vénérer une Relique dont l’identité ne fait aucun doute. Unméreau, sorte de médaille en plomb telle qu’en portaient les pèlerins du Moyen Âge, aujourd’hui conservé au musée de Cluny, en apporte la preuve. Il montre deux porteurs de chape – dont les têtes ont disparu – soutenant ladite Relique  : le Saint Suaire déployé dans toute sa longueur, comme s’ils le tiraient de sa châsse. Celle-ci est frappée des armes de Geoffroy de Charny, àdextre (à gauche pour le lecteur). […]

Méreau

Par une lettre datée du samedi 28 mai 1356, dûment signée et scellée, Henri, élu et confirmé au siège épiscopal de Troyes depuis 1354, venait d’accorder au noble chevalier Geoffroy de Charny, seigneur de Savoisy et de Lirey, «  assentiment, autorité et décision  » au «  culte divin  » célébré en la collégiale fondée par ledit seigneur, pour autant, précisait l’évêque, «  que nous avons été informé par de légitimes documents  ».

Cette approbation fut confirmée l’année suivante, après la mort dudit seigneur, par une bulle d’indulgence datée du 5 juin 1357, cosignée par douze évêques, en faveur de tous les pèlerins visitant l’église et vénérant les reliques qui s’y trouvaient, donc le Saint Suaire  ! […]

VILLERSEXEL

En 1418, le Saint Suaire fut transporté en Bourgogne par Marguerite de Charny, fille de Geoffroy II, dernière du nom, épouse de Humbert de Villersexel. En dépit des réclamations des chanoines de Lirey, la Relique fut conservée dans l’église de Saint-Hippolyte, exposée en divers endroits, et enfin cédée à la Maison de Savoie en 1453.

L’authenticité du Linceul ne fut plus jamais contestée. Les Papes ne cessèrent de donner leur approbation au culte d’adoration qui lui est dû «  en considération du Sang divin dont il est teint  », comme disait Sixte IV.

CHAMBÉRY

À partir de 1502, la Relique réside dans la chapelle du château de Chambéry à laquelle ce pontife accorde le titre de “ Sainte Chapelle du Saint Suaire ”, avec indulgences et privilèges.

Ostension annuelle du 4 mai, jour de la fête du Saint Suaire, à Chambéry.

Ostension annuelle du 4 mai, jour de la fête du Saint Suaire, à Chambéry.

Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un violent incendie éclata dans la sainte Chapelle du Saint Suaire. La foule accourut  ; une seule pensée la préoccupait  : sauver le Saint Suaire. […]

À l’admiration de tous, lorsque les braves qui venaient de le ravir à l’incendie l’eurent sorti de sa châsse et déployé aux regards de la foule émue, on constata qu’il était intact, sauf quelques points où le feu l’avait noirci et légèrement rompu. […]

«  Cependant, aux dires de l’abbé Bouchage, les hérétiques, nouveaux ennemis déclarés des saintes Reliques, saisirent avec empressement la nouvelle de l’incendie de la Sainte Chapelle pour essayer de ruiner, dans le peuple savoyard et chez les pèlerins circonvoisins, la dévotion au Saint Suaire de Chambéry.

«  N’écoutant que la malice de leurs désirs, ils se persuadèrent, soi-disant, que l’auguste Relique avait péri, en répandant cette fausse nouvelle  : “ Le Suaire que l’on montre n’est plus celui d’autrefois, disaient-ils, c’est une copie habilement faite, et rien de plus. ” Et comme le mensonge a le don de séduire bien des simples, la prétendue destruction du vrai Suaire prenait du crédit. Tellement que le duc se vit obligé de provoquer une reconnaissance indéniable de la vénérable Relique. Il s’adressa au Pape dans ce dessein, le priant de nommer un évêque pour rétablir solennellement l’identité du Saint Suaire de Chambéry. Clément VII acquiesça volontiers à cette demande de Charles III.  » […]

Après avoir examiné le Saint Suaire, le cardinal, les évêques de sa suite et les autres témoins déclarèrent sous serment reconnaître le Saint Suaire qu’ils avaient vu et vénéré avant l’incendie. On dressa un acte de cette déclaration, avec une description de l’état de la Relique. Puis le cardinal porta le Saint Suaire en procession au monastère Sainte-Claire afin que les sœurs le racommodent aux endroits où le feu l’avait brûlé. Aussi le sauvetage miraculeux de la sainte Relique consacra-t-il pour deux cents ans la dévotion des peuples et des saints tels que saint François de Sales, envers cet objet sacré comme la dévotion par excellence de la Contre-Réforme catholique. […]

TURIN

En octobre 1578 une ostension du Saint Suaire a lieu à Turin où il avait été transporté à l’occasion du pèlerinage que saint Charles Borromée accomplit en action de grâces pour la délivrance de son diocèse atteint par la peste. La Relique ne retourna pas à Chambéry et devint le Saint Suaire de Turin.

Ostension du Saint Suaire, le 4 mai 1613, à Turin

Ostension du 4 mai 1613, à Turin, par saint François de Sales,
devant le palais Madama.

Le 1er juin 1704, la Relique fut transportée dans la chapelle construite au chevet de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste par Guarino Guarini. Là, le Saint Suaire va connaître près deux cents ans d’obscurité jusqu’à cette nuit du 28 au 29 mai 1898 où la photographie de la relique prise par Secundo Pia, révélait que le négatif de la photographie était en réalité la parfaite image positive d’un homme réel, magnifique, grand et bien proportionné, d’une beauté athlétique et d’une admirable prestance… C’était le Seigneur  ! Le fils du Dieu vivant…

En 1978 à la suite de l’ostension qui eut lieu sous le pontificat de Jean-Paul Ier et qui suscita un élan de dévotion inouïe, une équipe de savants américains (le STURP) entrepris une analyse scientifique de la relique. Parmi eux de nombreux protestants et juifs pensaient découvrir sans peine la supercherie. Au terme de leurs recherches physiques, chimiques, informatiques, ils durent reconnaître qu’ils étaient devant an « ongoing mystery », un mystère persistant, n’arrivant pas à expliquer le mécanisme spécifique de formation de l’image. «  Nous pouvons conclure pour l’heure que l’image du Suaire est celle de la forme humaine réelle d’un homme flagellé et crucifié. Elle n’est pas l’œuvre d’un artiste. Les taches de sang sont composées d’hémoglobine et donnent aussi un résultat positif au test de l’albumine.  » La conclusion de leurs recherches rend témoignage à la vérité scientifique ainsi qu’à l’honnêteté de ces savants. On ne pourra pas en dire autant de ceux qui firent la datation au carbone 14.

Exposition du Saint Suaire de Turin

Extrait de la CRC n° 367, mai 2000, p. 1-23

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