La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Les grandes crises de l’Église
INTÉGRISME, PROGRESSISME ? TRADITIONALISME

SaintsL’Église, à travers son histoire, a toujours eu la sagesse de garder le dépôt de la Révélation en proclamant infailliblement et en imposant souverainement les dogmes de la foi, en combattant l’erreur et pourchassant les hérésiarques, en excommuniant pour sauver de la contagion diabolique ce qui demeurait indemne… Mais cela fait, il importe de pacifier, de réconcilier, de recoudre, et l’Église catholique s’y est toujours appliquée avec autant de zèle qu’à combattre et punir. (…)

C’est à ce grand ouvrage de pacification et de réconciliation, non moins nécessaire que l’autre, de guerre et de déchirement, mais combien plus consolant, que nous songeons dès maintenant pour un avenir certain. (…)

LE SYNDROME DE L’INTÉGRISME

On le constate dans toutes les grandes crises de l’Église. Après la lutte, les persécutions, les proscriptions, les “ lapsi ”, ceux qui étaient “ tombés ”, les renégats, ceux qui avaient trahi par peur des sévices, revenaient en foule, imploraient leur pardon et leur réintégration dans l’Église. Nombre de “ confesseurs de la foi ”, héros qui avaient survécu aux prisons, aux tortures, aux mines de sel, gens austères et durs, fiers de leur résistance, prétendirent refuser le pardon imploré et n’hésitèrent pas à accuser les Évêques, et le Pape même, de trahir en manifestant à ces misérables lâcheurs trop de bonté, de largeur, d’indulgence. Ces gens intraitables eurent tort et parfois se firent à leur tour excommunier pour cela. C’est la bonté de l’Église qui était sainte, non leurs rigueurs. (…) Il faut nous méfier des ressentiments, des mépris, voire des haines qu’engendrent en nous, si nous n’y prenons garde, l’ardeur de la lutte, le souvenir des mauvais coups, des injustices, des persécutions et violences fort peu fraternelles. (…)

L’EXIGENCE D’ORTHODOXIE

Ce qui a retenu notre attention dans l’étude des grandes crises de l’Église, c’est plus encore que la difficulté morale de conserver la charité, cette difficulté plus grande encore de demeurer fidèle à la vérité tandis qu’elle se divise apparemment en fragments inconciliables que les partis se disputent et s’opposent les uns aux autres. Le tempérament des hommes n’est pas seul en cause  ; il faut aller plus loin, au débat doctrinal où l’Église, par ses saints, dans son Magistère infaillible, ordinaire ou solennel, se fraie un chemin entre les partis et au-dessus de tous, condamnant l’erreur, mais refusant les alternatives meurtrissantes, les exclusives et même celles que formulent ses meilleurs défenseurs, pour garder le Mystère de la Foi, le Sacrement du Salut dans sa totalité, au-delà des réductions humanisantes des uns et des autres. Nous avons, nous traditionalistes, l’impression, et la certitude  ! de tenir la vérité contre l’erreur moderne, moderniste, et nous avons le devoir de la défendre. Notre lutte pour la foi contre “ les assassins de la foi ” est juste. Il ne faut pas oublier cependant que nous ne connaissons pas, que nous n’embrassons pas, que nous ne possédons pas à nous seuls infailliblement la totalité de la Vérité. Notre victoire d’un moment, dans le champ clos du débat actuel, ne nous garantit pas de l’erreur et de la partialité demain en tout autre domaine  ! Donc, quand il faudra penser à recoudre, nous serons conduits à une humilité héroïque, à une sagesse surnaturelle contrastant avec l’assurance et la dureté de notre polémique actuelle. C’est pour apaiser notre cœur et déjà assagir notre foi que nous voulons maintenant dresser le bilan, recueillir les leçons de tant de crises minutieusement étudiées depuis un an. Il y a des constantes dans cette histoire, qui nous dictent notre devoir présent.

L’HISTOIRE, MAÎTRESSE DE VÉRITÉ

Nous l’avons remarqué, il y a dans la suite de grands conflits doctrinaux qui forme l’histoire de l’Église un enchaînement certain. Les hérésies se prêtent mutuellement appui ou s’engendrent les unes les autres. Mais les docteurs et les saints de l’Église font aussi la chaîne. Ce sont, dans un camp et dans l’autre, des dynasties, des écoles, des familles d’esprit. À nous de choisir les nôtres  ! Elles tiennent aux lieux, aux grandes métropoles, Antioche, Alexandrie, Rome et Byzance, Paris, Louvain… Mais elles tiennent encore plus aux systèmes, aux attitudes d’esprit en quête de l’Être, de la Vérité, de la Révélation. L’essentiel, pour aboutir à d’heureuses inductions, est de bien connaître et définir les grandes écoles qui, de siècle en siècle et changeant de problèmes, se trouvèrent en conflit, toujours renaissant identiques à elles-mêmes. Il serait injuste et trop incertain de les définir en termes d’évolution  : hommes du passé, hommes du futur  ; passéistes, progressistes. (…) La distinction la plus profonde, la plus solide, objective, des deux grandes attitudes toujours identiques à elles-mêmes qui se partagent l’intelligence chrétienne depuis les origines, est à chercher dans l’intelligence du Mystère révélé  : ici la foi, la certitude mystique (je ne dis pas sentimentale) domine  ; le sens surnaturel, la grâce, le divin prévalent. Là, en revanche, l’emportent la raison, la logique, le naturalisme, l’humanisme, la liberté de l’homme, le monde présent. Ici le Ciel attire l’être en extase, pour une vie éternelle  ; là au contraire, c’est la terre qui retient l’homme occupé passionnément à s’y faire une vie indépendante et heureuse. Il semblerait qu’on doive donner entièrement et toujours raison au Parti de Dieu, et tort au Parti de l’homme. La Vérité totale nous est toujours apparue finalement réconcilier l’un avec l’autre, en excluant les extrêmes. Elle a toujours été la synthèse révélée, présentée et expliquée par Dieu aux hommes, mystérieuse, de la surnature avec la nature, de la liberté et de la grâce, de la double connaissance, mais conjointe, de la foi et de la raison. C’est le Parti de Dieu qui a le bon rôle, dès qu’un conflit s’élève dans l’Église. L’atteinte à la Vérité, à la Vie communiquée aux hommes est toujours le fait de l’Humanisme, du Rationalisme, sous tous ses masques successifs. Mais il arrive ensuite que le Parti de Dieu aille trop loin dans son emportement, jusqu’à se mettre en tort et desservir l’Église, la trahir à son tour  ! C’est le nécessaire freinage de la réaction intégriste, qu’il faut consentir pour l’amener à composition avec ce qu’il y a de juste et de vrai dans les intuitions opposées, qui est pour nous la plus précieuse, la plus opportune leçon, actuellement, de toute l’histoire. (…)

GLOIRE ET EXCÈS DE L’INTÉGRISME

L’étude des grandes crises doctrinales de l’histoire chrétienne nous a montré qu’elles se déroulent toutes de manière semblable et mettent en scène les mêmes éternels protagonistes.

LES NOVATEURS HÉRÉTIQUES

Des progressistes se lèvent soudain ou, pour parler le langage des siècles, des Novateurs ; ils ont quelque chose d’inédit, de sensationnel, à dire dans l’Église. Ce sont habituellement des esprits forts, suivis bientôt d’une sémillante élite, savante ou mondaine, qu’intéresse et que charme la nouveauté. Ils croient faire progresser d’un bond la religion en la rendant accessible à la raison humaine par quelque explication philosophique de leur invention ou quelque argument scientifique. Ils ont cru enfin comprendre le Mystère, embrasser d’un seul regard ce qui jusqu’alors était demeuré enveloppé d’une nuée obscure… Pour ce progrès décisif, ils n’hésitent pas à bouleverser l’Église, renverser les Traditions, contredire les Autorités. Les exemples abondent dans le passé, et aujourd’hui encore  ! (…) Le novateur, le progressiste est toujours dans l’Église un Rationaliste qui plie la foi aux exigences de sa logique, un Naturaliste qui rabaisse les splendeurs de la grâce divine au niveau de la psychologie humaine. Les hérésies n’ont pas été cependant entièrement vaines, et c’est ce qui justifie sans doute le mot fameux de saint Paul aux Corinthiens  : “ Oportet haereses esse ”, il est nécessaire que surviennent des hérésies (I Co 11, 19)  ! Il est très rare qu’une hérésie ne porte pierre à sa manière, ne suggère quelque progrès dans l’intelligence du Mystère de Dieu, même si c’est en jetant sur lui un regard imprudent et sacrilège. Il nous est demandé de croire, en effet, de toutes les forces de notre intelligence. Le théologien, le moraliste, le philosophe chrétiens ont toujours une fonction reconnue dans l’Église  ; les grandes hérésies viennent de temps à autre secouer leur apathie, elles les prennent trop souvent au dépourvu et les contraignent à mieux définir et expliquer les éléments et les enchaînements de la Révélation. C’est sans cesse devancé par ces grands explorateurs audacieux que sont les saints et les hérétiques, que le gros des théologiens et pasteurs de l’Église en vinrent de siècle en siècle à mieux comprendre et inventorier les infinies richesses de la Parole de Dieu révélée aux hommes pour leur salut, et cette avancée continuera jusqu’au plein dévoilement de la Parousie.

LA RÉACTION INTÉGRISTE

Dès qu’apparaît la Nouveauté, elle se heurte aux partisans de la Tradition, de son intégrité, de son immuabilité, ceux qu’on appelle les Intégristes et qu’il faudrait plutôt, au début tout au moins, nommer les Défenseurs de la Foi. Ce sont généralement des évêques, pasteurs et gardiens du troupeau, qu’entourent et qu’accompagnent des moines, des laïcs humbles et peu instruits, de ceux précisément à qui le Royaume de Dieu est promis, pour lesquels Jésus rendit grâces à son Père d’avoir daigné les choisir comme bénéficiaires exclusifs de sa Révélation (Mt 11, 25). Ils ne s’embarrassent pas de science ni de philosophies humaines, ils y sont indifférents, ou hostiles. Ils croient ce que l’Église a toujours enseigné, ils aiment et pratiquent ce qu’elle a toujours fait et commandé de faire. Pour eux point de progrès nécessaire, point de changement désirable, puisque tout leur est déjà donné avec surabondance, vérités, lois, rites sauveurs, également vénérés et aimés. C’est le scandale, l’horreur de la nouveauté orgueilleuse qui les soulève contre les hérétiques pour la sauvegarde du bien le plus précieux au monde, la foi, le dépôt de la foi  ! Et ils ont raison. (…) Le défenseur de la foi est dans son droit, dans son devoir. C’est lui, en cela, qui est l’homme de l’avenir. Plus la crise s’allonge, plus l’hérésie étend son empire, opérant son œuvre de mort, plus la foi ancienne manifestera sa vitalité inépuisable, sa puissance de résurrection. L’intégriste conserve mystiquement toute la vérité de Dieu, la lumière du Ciel, la vie de la grâce, tandis que partout ailleurs elles s’effondrent, s’épuisent et meurent. Mais voici le moment difficile, l’épreuve décisive de la sainteté. À lui aussi, défenseur de la foi, l’hérésie est utile et il en tirera profit, s’il se laisse conduire par les inspirations de Dieu et reste fidèle à l’Église. Il doit modeler sa prédication sur l’erreur qu’il combat  : d’abord, affirmer plus vivement ce qui est nié ou négligé par elle  ; ensuite, reconnaître ce qu’elle enseigne de bon, parfois dans une certaine lumière neuve, mais en le replaçant dans l’ensemble traditionnel de la vérité et de la vie catholiques. C’est alors que réagissent différemment ceux qu’il faut bien distinguer sous les deux vocables d’Intégristes et de Traditionalistes. Les premiers ne profiteront pas des grâces du moment et se retrancheront excessivement du commun de l’Église, jusqu’à se séparer parfois de sa communion. Dans la passion de la lutte, ils ont transformé peu à peu les dogmes qu’ils défendaient en idéologie dure et froide, réduite à leur mesure, elle-même à son tour novatrice, comme la contradictoire forcenée de l’hérésie. Dès lors, ils cessent de servir l’Église et ils en viennent même à lui causer autant de mal qu’ils lui avaient fait de bien jusqu’alors. Les seconds, de plus en plus différents, se distancent de leur secte  ; la défense de la foi leur est une occasion providentielle d’un enrichissement de leur foi inattendu mais bien reçu. Les apports nouveaux de la controverse les font demeurer dans la communion de l’Église, en son centre le plus vivant, et en font des instruments de réconciliation admirables  ; c’est là que se situent les Saints. (…)

UN EXEMPLE SAISISSANT DE FUREUR INTÉGRISTE, HIPPOLYTE DE ROME

C’est une bien curieuse et instructive histoire que celle d’Hippolyte de Rome. (…) Prêtre romain, évêque d’une église du Latium, il était certainement d’origine grecque et, très probablement, syrien d’Antioche. On l’a dit disciple d’Irénée, c’est peu probable. Or voici quelle fut sa carrière.

1. AVEC LE PAPE, CONTRE L’HÉRÉSIE

Rome connaissait en ce début du IIIe siècle les premières hérésies sur la Trinité divine. Un banquier du nom de Théodote, pour mieux affirmer l’unité divine, déclarait que le Christ était homme et non pas Dieu  ! Il pensait ainsi sauvegarder «  la monarchie divine  ». Le Pape Victor l’excommunia, tandis que Hippolyte réfutait l’hérésie en développant une savante théologie du Logos, du Verbe, toute puisée dans l’Évangile de saint Jean qu’il affectionnait particulièrement. Ce fut alors pour lui un beau titre de gloire.

2. CONTRE L’HÉRÉSIE ET CONTRE LE PAPE

Quelques années plus tard, Théodote mort, un autre survint qui réédita son hérésie mais avec plus de subtilité. Sabellius professe la Monarchie divine en identifiant si bien le Père et le Fils qu’il n’y voit plus que deux noms différents ou deux modes d’être successifs de l’unique substance divine. Ce sera le modalisme. Le Pape d’alors, Zéphyrin, conseillé par le diacre Calliste, temporise et laisse dire Sabellius. Hippolyte, certainement plus clairvoyant que le Pape, réfute le modalisme du nouvel hérétique et s’impatiente de l’inertie de Zéphyrin. À quoi celui-ci réplique en faisant reproche à Hippolyte de son “ dithéisme ”, non sans fondement  ! À force de souligner la distinction du Père et du Fils, il en viendrait de fait à laisser croire qu’il les conçoit séparés et inégaux. Mais Hippolyte, qu’exaspère pareil reproche, nourrit pour le Pape et son conseiller un vif ressentiment mêlé de profond mépris.

3. CONTRE LE PAPE, JUSQU’AU SCHISME

À la mort de Zéphyrin, Hippolyte espéra-t-il être pape  ? Il s’en estimait certainement le plus digne et le plus capable. Mais le clergé romain choisit Calliste. Hippolyte ne put le supporter et il rompit presque aussitôt sa communion avec Calliste, l’accusant d’être “ fauteur d’hérésie ”. Il n’hésita pas à fonder son église à lui, face à la communauté catholique et se constitua en antipape, en 218. Pourtant, Calliste, plus ferme que Zéphyrin, avait excommunié Sabellius. Ce n’était plus suffisant pour Hippolyte qui aurait prétendu voir adoptée sa propre doctrine (…) La jalousie, le soupçon rendirent à Hippolyte insupportables toutes les décisions, tous les actes de Calliste qu’il dénonça dès lors avec véhémence et partialité, comme autant de fautes scandaleuses et de nouvelles hérésies. Celui-ci était large et très humain, sage et bon  ; Hippolyte s’enfermera dans la rigidité et le rigorisme d’un censeur exaspéré. (…)

4. UN SCHISME CONSOMMÉ, INSENSÉ

Calliste meurt, Urbain lui succède puis Pontien. Hippolyte les voit suivre les traditions fixées par Calliste et il les tient donc eux aussi pour prévaricateurs. Il s’obstine dans son schisme, quand toute l’Église proclame bienheureux Calliste et conserve l’unité catholique… (…)

MORALE DE CETTE LAMENTABLE HISTOIRE

Un Édit de Maximin le Thrace vint providentiellement fournir son glorieux dénouement à ce lamentable schisme. La persécution devait se porter sur les chefs d’église  ; le Pape Pontien fut donc déporté en Sardaigne, dans les mines de sel, et Hippolyte l’antipape également  ! Le compagnonnage de l’infortune aida à leur réconciliation et, quand ils moururent d’épuisement en 235, l’Église de Rome ramena leurs corps en grande cérémonie et les proclama tous deux saints martyrs. Mais que de réflexions suggère un tel exemple  ! Hippolyte était de ces êtres magnifiques, de force et d’intelligence, comme Tertullien son contemporain et son homologue, que Dieu semble avoir destinés à la défense de la foi et au salut de son Église. Il avait compris que les hérésies proviennent toutes des philosophies païennes, des mystères du paganisme, de l’astrologie. Il préférait étudier et commenter savamment les Saintes Écritures, ce qu’il fit toute sa vie avec science et piété. Que lui manqua-t-il  ? En quoi a-t-il péché  ? Sans doute son esprit trop raide commit l’erreur d’opposer à l’hérésie monarchienne un système si contraire qu’il devait tomber dans l’autre excès, du “ dithéisme ”, en attendant le trithéisme. Ce n’était encore là qu’une erreur intellectuelle, ce pouvait n’être pas une faute. Et toutefois, cette erreur nous avertit de ne pas trop systématiquement nous en tenir à la condamnation et à la contradiction pure et simple des hérésies que nous combattons  ! C’est le défaut courant de l’intégrisme. Car l’erreur conduit au crime par un chemin glissant. La raideur doctrinale d’Hippolyte réchauffa son orgueil, son ambition, sa jalousie. Il se crut meilleur que son Chef et Pasteur suprême, le Pape. Ce manque de docilité du cœur, de justice, de charité même, l’établit dans un esprit de critique incompréhensive et le précipita bientôt, les circonstances aidant, en pleine révolte et dans le schisme. Maintenant que les siècles éclairent les débats confus de l’époque, nous sommes bien placés pour reconnaître une sagesse surnaturelle, une prudence sainte, une vraie charité pastorale dans toutes les décisions de saint Calliste, et pour réprouver le mauvais esprit, la dureté, les calomnies inventées, les commérages insultants du Libelle diffamatoire d’Hippolyte. Voilà qui nous avertit d’être fort précautionneux dans nos critiques du Pape et des Évêques, de la place où nous sommes, de ne pas nous livrer à l’exaspération contre eux, encore moins à la jalousie, à la révolte jamais en aucun cas, où nous risquerions notre vie éternelle. Car tous ne peuvent espérer finir leur schisme dans les mines de sel de Sardaigne ou l’archipel du Goulag, aux côtés du Pape, ou de son évêque, ou de son curé, réconciliés  ! (…) Quand nous pensons à Hippolyte, nous tremblons d’imiter son aveuglement et de le suivre dans son aberration. Il est bon de trembler. Que les intégristes prennent garde, partis en guerre fort justement contre l’hérésie moderniste, de ne pas se retrouver excommuniés et schismatiques quand déjà l’Église aura retrouvé sans eux, en dehors d’eux, peut-être contre eux aussi, son ordre pacifique et son unité, loin de leurs partis pris.

RICHESSES ET SÛRETÉ DU TRADITIONALISME

Comment faire, pour éviter tant d’écueils  ? À ne rester qu’à la surface de ces difficultés, il semblerait prudent de privilégier l’obéissance, la soumission passive à l’Autorité quelle qu’elle soit. On voit aujourd’hui où cela conduirait, où cela conduit le gros du clergé et des fidèles  ! Et quoique ce soit la solution la plus simple, la plus facile, pour le peuple, il faut dire catégoriquement que faire confiance sans même comprendre n’est point catholique. L’Église ne nous ordonne pas de suivre le troupeau, mais de croire, d’un acte intellectuel qui n’est pas déformable ni réformable à merci. Sans rien perdre de l’humble soumission à nos Pasteurs et de notre fidélité à la communion universelle de l’Église Romaine, nous trouverons un autre principe de conduite dans la crise que nous vivons actuellement, et qui est sans doute la pire de toutes par son universalité et son intégralité, atteignant toute la religion en tous les peuples, c’est l’imitation des Saints. Si nous nous insérons par la doctrine et par toutes nos règles d’action dans la grande famille des Saints, si nous nous imprégnons de la théologie catholique telle qu’elle a subsisté à travers tant de conflits passés chez les Saints, il y a toutes chances que nous conservions la foi et demeurions dans l’unité catholique… Cela se récapitule en peu de mots, mais un tel bilan pourrait faire un livre.

1. LA FUITE DES HÉRÉSIARQUES

Puisque tous les saints ont détesté l’hérésie et ont combattu les hérésiarques en dénonçant leur Rationalisme et en les stigmatisant du nom de Novateurs, nous aurons soin de détester les fauteurs d’hérésie de tous les temps et ceux qui reviennent aujourd’hui à des erreurs déjà condamnées. En cela, nous le savons, nous côtoierons et collaborerons avec des intégristes  ; c’est le moment des anathèmes et des dénonciations, de la rigueur et des ruptures, et tous ceux qui s’y livrent ne sont pas purs. Mais d’abord, il le faut  ! (…) Ainsi serons-nous indemnes du péché formel d’hérésie qui, par un culte idolâtrique de l’homme, de sa raison, de sa liberté, de sa nature terrestre et charnelle, oppose une fin de non-recevoir catégorique à la Révélation divine, à la puissance de la grâce, aux lois de la vie surnaturelle.

2. LE REFUS DU LIBÉRALISME

Il nous sera facile de remarquer, de siècle en siècle, la présence auprès des grands hérétiques de nombreux et puissants protecteurs et complices, dont le type éternel est cet Eusèbe de Césarée qui donna ses chances et presque sa victoire à l’Arianisme. Esprits sceptiques, ou dilettantes, ambitieux, ondoyants et divers, parfois utopistes généreux, tous ces gens, sous une apparence plus rangée que les hérésiarques, en leur ouvrant un chemin jusqu’au cœur de l’Église, ont fait un tort immense à la religion. Non, nous ne serons jamais libéraux. Les Saints nous inspirent une profonde horreur de cette classe d’hommes. Même si, là encore, notre séparation d’avec eux nous fait passer pour trop radicaux, trop absolus dans notre réaction, intégristes. Ce n’est pas en acceptant la complicité coupable du Libéralisme pour l’hérésie que nous ferons montre de notre esprit catholique.

3. LA MÉFIANCE POUR L’INTÉGRISME

Cependant, nous devrons nous méfier, à l’autre extrême, de ceux que la réaction contre les Novateurs entraîne au schisme déclaré… C’est l’acquis le plus original de notre étude – sans qu’il faille crier à la trahison  ! – que cette découverte du péril intégriste et de la fréquence des cas d’intégrisme schismatique au cours des âges. Gardons-nous à gauche  ! Gardons-nous aussi à droite  ! Souvenons-nous d’Hippolyte, mais déjà bien avant lui, des Judéo-chrétiens opposés aux solutions libératrices de l’Évangile selon saint Paul et saint Pierre, refusant les Décrets pacificateurs du Concile de Jérusalem en 70, extrémistes du Parti de Jacques et le dépassant lui-même  ! Ce sont eux qui, par exaspération et par jalousie, livrèrent sans pitié Pierre et Paul à la persécution de Néron ainsi que des milliers de chrétiens, si nous en croyons Clément de Rome. Souvenons-nous de Lucifer de Cagliari. (…) Souvenons-nous de l’épouvantable Dioscore et de son “ brigandage d’Ephèse ”, cet orgueilleux, ce jaloux, qui compromit de manière dramatique l’admirable croissance de la théologie du Verbe Incarné, en Orient, après le Concile d’Éphèse de 431. Le type de l’intégriste forcené, c’est Luther, nouveau Lucifer, nouveau Dioscore. Comment peut-on réhabiliter Luther  ! L’étude que nous en avons faite a réveillé en nous l’horreur de ce personnage qui pousse la réaction contre l’humanisme, la raison, la liberté, la nature, jusqu’à la déraison, la sauvagerie, la régression d’une religion qui n’a plus ni sagesse ni beauté, et ce, dans la rupture insensée avec l’Église des siècles, l’Église de Rome, et la prédication d’une totale anarchie conduisant à un despotisme infernal. Les Jansénistes, réagissant derechef contre le laxisme des jésuites, la montée de l’indifférence, la facilité de la vie et des mœurs, n’éviteront pas le glissement de l’intégrisme à l’exagération du pessimisme, à l’esprit de secte, à la cabale révolutionnaire et finalement au ressentiment destructeur de tout ordre social, de toute Église. (…) Nous nous éloignerons prudemment, absolument, de tout ce qui s’établit dans cette filière et cette attitude de l’intégrisme. À cause de l’erreur et du sectarisme où ce parti pris enferme ceux qui s’y abandonnent avec passion, jusqu’au risque de se perdre. (…) L’intégrisme a toujours perdu ce qu’il prétendait à lui seul et contre tous sauver.

QUE NOUS RESTE-T-IL DONC  ? TOUT L’ORDRE DU TRADITIONALISME CATHOLIQUE  !

Ni rationalistes ni fidéistes, ni humanistes ni illuminés, ni trop larges ni trop raides, ni obséquieux, ni révoltés, voici la phalange des saints docteurs et pontifes, humbles moines et vierges, ou simples laïcs, dont nous avons admiré la lucidité intelligente dans les pires crises de l’Église, et la fidélité aimante, indéfectible, à la communion catholique jusqu’au milieu des pires dissensions. Ne nous contentons pas d’un hommage général. Pour qu’il soit instructif et qu’il nous engage mieux, selon des lois précises, dans le sillage des saints, il faut distinguer des écoles, des dynasties, des vocations, toutes admirables mais diverses, parmi lesquelles nous sommes invités par grâce à choisir notre propre voie.

MYSTIQUES…

Nombre de Saints ont été envoyés par Dieu à l’Église pour la sauver en allant loin, très loin, le plus loin possible à l’extrême opposé de tout humanisme, de toute recherche rationnelle, de toute complicité avec la nature charnelle de l’homme pécheur. On se souvient d’Athanase, de Cyrille, ces géants, et plus proches de nous, de saint Augustin et de saint Bernard. Aujourd’hui encore il faudra de ces “ réactionnaires ”, mystiques, intransigeants sur la Vérité, intraitables au libéralisme et à toute compromission. Terribles aux hérétiques, réservant leurs douceurs infinies aux intimes et aux frères dans la foi. Ils furent les plus grands dans le passé. Mais si nous étudions attentivement leur vie, souvent tragique, nous découvrons qu’à un certain moment ils ont connu l’épreuve décisive de la soumission à l’Autorité Souveraine du Pape ou du Concile et de la communion fraternelle dans l’Église, avec un renoncement héroïque. Par leur piété, leur modération vertueuse, leur sagesse humble et souple, ils l’ont surmontée saintement. Comme lorsque saint Augustin eut à tenir tête à Zosime, le Pape grec qui s’était mis dans la tête de soutenir contre lui Pélage déjà condamné  ! Sans servilité ni soumission aveugle, mais sans exaspération ni jalousie, Augustin fit plier le Pape, certes, mais il ne discuta pas un seul instant son autorité de Juge et d’Arbitre suprême et infaillible. (…)

HUMANISTES…

D’autres saints, en revanche, se tiennent au plus près du monde où ils vivent, de ses recherches et de ses erreurs même, que parfois ils ont partagées quelque temps et qu’ils ont cherché inlassablement à “ baptiser ”, à corriger et à purifier pour enrichir de leur fond de vérité le trésor de l’Église. (…) L’épreuve de ces Saints est, à l’opposé de l’autre, la tentation du relativisme, de l’irénisme, du pacifisme facile, mais ils y ont résisté. (…) Tous ces Saints se tiennent et soutiennent fraternellement. Les traditionalistes des deux bords, étant exclus leurs alliés compromettants aux deux extrêmes, ici libéraux et là intégristes, se comprennent et s’estiment pour l’aide qu’ils apportent à leur commune Église selon leurs vocations et leurs charismes différents. Il fallait la véhémence du mystique Bernard et le savant humanisme de Pierre le Vénérable au XIIe siècle pour préparer l’intellectualisme admirable de Thomas d’Aquin, un siècle plus tard. (…)

LES SAINTS DU JUSTE MILIEU ET DE LA PLÉNITUDE.

Saint Thomas More

Saint Thomas More

Et puis il y a des Saints tout à fait impressionnants, par leur équilibre même et leur aisance à concilier les contraires en leur courte vie comme en leur doctrine. Cela n’est pas donné à tout le monde  ! Si humains qu’ils font amitié avec les humanistes et parfois jusqu’aux plus suspects, aux moins recommandables  ; si mystiques en même temps que la foi demeure en eux une lumière éblouissante et sûre. Nous avons rencontré Thomas More, l’inspirateur de l’Éloge de la Folie et l’ami indéfectible d’Érasme  ; c’est le plus complet des humanistes de son temps. Il ira loin dans la critique de la société chrétienne et l’Utopie d’un autre monde, rationnel, libre, fraternel. (…) Impossible de trouver en lui le moindre intégrisme et pourtant c’est lui qui saura, mieux qu’aucun autre et d’une manière entièrement neuve, presque révolutionnaire et déjà pour nous tout à fait moderne, défendre la Tradition dans les traditions de l’Église qu’il aime et qu’il vénère. C’est pour ces traditions qu’il donnera enfin sa vie, sans rien abdiquer de son serein humanisme. Si nous portons nos yeux sur Bossuet, nous découvrons en lui cet équilibre absolument introuvable qui le fit tant admirer de son temps et considérer comme l’arbitre incontesté dans tous les grands débats doctrinaux de l’Europe. On connaît son augustinisme fondamental, autant dire la pureté et le courage de sa foi. Mais sa raison la suit de près et accompagne avec magnanimité, avec splendeur, toutes ses démarches. On l’a peint rigoureux, étroit, naïf, et pesant dans sa ferme orthodoxie, comme un intégriste. Nul ne le fut moins que lui. C’était le plus doux des hommes, le plus ouvert à toutes les nouveautés qu’il tâcha de comprendre sans y arriver toujours, le plus sympathique aux hommes, même adversaires, à tel point que les Pasteurs de la Religion prétendue réformée craignaient la séduction qu’il exerçait sur leurs ouailles… Je ne dis pas  : imitons Thomas More, imitons Bossuet… de tels hommes ne s’imitent pas. (…) Je dirai plutôt  : en aimant, admirant et priant de tels Saints, tâchons d’imiter leur sagesse et leur fermeté, mais aussi leur charité et leur douceur, dans l’Église, fidèles à sa foi.

POUR UN TRADITIONALISME INTELLIGENT

Il n’est pas question, il ne l’a jamais été, de condamner aujourd’hui tout le peuple fidèle qui se laisse conduire sur les chemins de l’hérésie et du relâchement. Le troupeau suit le berger, poussé par les chiens. Il est difficile de lui en faire reproche. Ce peuple n’était pas coupable, au début. Mais il devient le complice actif et consentant de sa propre déchéance intellectuelle et morale. Il se décharge avec un lâche soulagement du fardeau de sa Croix. Comment ne se rendrait-il pas compte, lui que l’Esprit-Saint illumine, qu’il court les trois étapes de la déchéance prédites par saint Pie X aux réformateurs de son temps  : protestantisme, modernisme, athéisme  ! En dix ans de Paul VI [en quarante ans de religion conciliaire], l’Église a rattrapé le convoi de ses hérétiques et en arrive au troisième stade, celui de l’Apostasie.

L'Abbé de Nantes à Rome, en 1973

L’Abbé de Nantes à Rome, en 1973

Intégristes, traditionalistes ont donc raison à tous les échelons. Leur combat est celui des Saints. Celui qui écrit ces lignes s’y est trouvé jeté, dès 1944, au Séminaire de Paris [et s’est rendu trois fois à Rome pour y porter une accusation motivée d’hérésie, de schisme et de scandale à l’encontre de Paul VI en 1973, de Jean-Paul II en 1983, et de l’auteur du prétendu catéchisme de l’Église catholique en 1993.] En face de pareille peste universellement répandue et à tous les degrés de l’Appareil ecclésiastique devenu oppresseur et persécuteur, les coups mal ajustés des intégristes sont excusables, puisqu’ils ont raison et ne sont pas écoutés. (…) Il faut foncer, il faut démolir ce Pape et son Masdu, ce Concile et cette Réforme, il faut discréditer les imposteurs juchés aux plus hauts sommets de l’Église (comme de l’État). Et j’ai toujours fait réflexion que si nous étions des Saints, parce que saints, nous agirions avec une plus grande violence encore. Cela dit et sans aucunement l’oublier ni l’atténuer, la division des traditionalistes d’avec leurs compagnons de route intégristes est d’une grande urgence et d’une nécessité absolue aujourd’hui. Car cette autre part, si mince, du peuple fidèle qui a refusé de suivre les Réformateurs, qui s’est opposée à toutes les nouveautés si suspectes, avec raison et droit, au nom de ce qu’on avait toujours entendu et toujours vu faire, est en train de vieillir mal. (…) Cela par la faute de ceux qui s’en sont prétendus les “ chefs de file ”. Nous ne jugeons pas leur conscience, nous sommes persuadés de leurs foi et bonne foi foncières, mais leurs lumières ne sont pas à la mesure du rôle qu’ils se sont attribués. Leur faute est maintenant criante et ils ne s’en repentent pas  : c’est d’avoir pris les positions les plus arriérées sous prétexte de mieux combattre le progressisme, les plus étroites pour s’opposer au libéralisme, les plus ineptes pour contrecarrer le modernisme. Et de confondre tout et tous dans une totale réprobation. Ce sont les marques habituelles du sectarisme intégriste. L’important n’est plus de garder l’intelligence de la foi mais de fournir des arguments massifs à l’exaspération de leurs troupes. L’important n’est plus de conserver sa communion, douloureusement, avec l’Église visible, hiérarchique, apostolique, mais de construire des chapelles entre soi, loin des autres et de leur pestilence. Et d’ignorer le Pape au bénéfice d’un évêque qui se fait pape, ou d’un prêtre qui se fait évêque, ou d’un laïc qui se fait chef de secte et propriétaire de chapelle. L’exagération de la haine de tout progrès secrète de nos jours une hérésie-rétro qui sépare de plus en plus les intégristes du développement dogmatique, du renouveau liturgique, de la transformation des institutions inaugurés par saint Pie X et continués vaille que vaille en ces temps mauvais. Une reprise en mains sages de la réaction anti-moderniste est urgente. Ceux qui la guident, de droit et non d’aventure, doivent lui enseigner une «  sagesse surnaturelle  » et la maintenir «  sur la ligne de crête  », comme nous les en prions depuis juillet 69. On peut attendre d’une victoire de ce traditionalisme intelligent sur la brutale réaction intégriste, trois effets heureux. Le premier est déjà manifeste en maint endroit, même s’il est tenu par certains pour un mal et une trahison. Il consiste dans la communion que les traditionalistes maintiennent coûte que coûte avec les autres catholiques dans la paroisse, dans le diocèse, dans l’Église, refusant de confondre et rejeter l’Église avec son cancer, comme s’ils étaient indissociables, tout le peuple fidèle avec ses pasteurs de mensonge, et la Hiérarchie avec son Chef, seul absolument responsable devant Dieu et devant l’Église. Le second n’apparaîtra que plus tard. Ce sera la récupération des masses fidèles dès les premières décisions de Contre-Réforme d’un autre pape et d’un autre concile, récupération d’autant plus rapide et complète que nous ne nous en serons jamais séparés par d’injustes anathèmes. Elles suivent leurs chefs  ; nous ne pouvons leur en faire un grief absolu. Demain nous serons forts pour leur demander de suivre des chefs plus sûrs et plus dignes. Nous serons étonnés de les voir si pressées d’obéir aux exhortations d’un nouveau Pie IX ou Pie X, aux dogmes infaillibles et aux saints décrets d’un immanquable Vatican III. Le troisième et le meilleur fruit de cette sagesse traditionnelle sera d’ordre doctrinal, moral, liturgique, canonique. J’hésite même à le dire en pleine fièvre intégriste  ! À travers cette méchante réforme et son cortège d’erreurs et de vices, tout de même l’immense Église de Dieu ne cesse de vivre, et donc de s’adapter aux temps et à leurs nécessités, de prospérer et de croître par le labeur de tâcherons aux dons variés, théologiens, apôtres, missionnaires. Le cancer est là, mais invisiblement l’organisme lutte et se développe pour survivre. Il est imbécile de prétendre au retour pur et simple à l’Église de 1930. Je dis souvent qu’on s’apercevra plus tard que, par la grâce de Dieu, les pionniers de la Contre-Réforme ont été, en ce temps de lutte, les vrais Réformateurs et créateurs audacieux de l’Église de demain. Sans le chercher. Par leur vivante fidélité. Comme les plus grands saints de la Contre-Réforme du XVIe siècle ont préparé et commencé l’admirable et toute neuve Réforme Catholique du XVIIe siècle. Il faut aujourd’hui déchirer, il faut arracher tout le cancer du sein de l’Église  : le Masdu de Paul VI, le culte de l’homme de Vatican II [et de Jean-Paul II], le Modernisme et le Progressisme. Il faut jeter dehors le parti d’hérésiarques et de schismatiques qui campe au Vatican et tient l’Église asservie. Qu’ils soient anathèmes, et vite  ! Mais le Corps ainsi libéré, il faudra recoudre, panser, nourrir. Ce sera le temps d’une autre, admirable, consolante, joyeuse fidélité, celle des renaissances et des restaurations catholiques.

Abbé Georges de Nantes
Extraits de la CRC n° 99, nov. 1975, p. 3-10

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