La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Les grandes crises de l’Église
LE PÉLAGIANISME
GRÂCE DIVINE ET LIBERTÉ HUMAINE

LE CONTEXTE HISTORIQUE

L’Occident connaît aux IVe et Ve siècles une succession de débats dogmatiques de la plus grande importance. L’Église latine doit vaincre successivement le manichéisme, le donatisme, le pélagianisme. Ces hérésies touchent d’emblée au mystère central du Christianisme, non le plus élevé, celui de Dieu, mais le plus central, celui de l’homme et du monde chrétiens, celui qui implique tout, religion, morale, politique, civilisation. (…) C’est la grande nouveauté de l’Évangile qui est remise en cause directement, à savoir la Bonne Nouvelle de l’adoption divine et de la rémission des péchés, de la conversion et de la divinisation humaines opérées par le Christ dans son Église. (…)

Saint Augustin, Évêque d'Hippone

Saint Augustin,
Évêque d’Hippone

L’assaut le plus brutal surprend Rome dans les années 405-409, c’est LE PÉLAGIANISME. Il trouve aussitôt une opposition orthodoxe des plus fermes et des plus lucides, presque unanime, qui le repousse en l’espace de dix ans  ! La machine à faire des dogmes était prête et elle a bien travaillé  ! Il faut le dire, grâce à saint Augustin (354-430) alors dans la force de l’âge, de la pensée et du prestige. Augustin, vainqueur du manichéisme qui le tint longtemps, converti à la foi par grâce et profondément attaché à l’Église de son salut, a déjà vaincu le donatisme. Il est prêt à combattre la nouvelle hérésie. Il entraîne à sa suite tout l’épiscopat africain.

Cependant la victoire n’aurait pas été si rapide, si complète, sans l’appui décisif du Pape romain un instant abusé, appelé à juger en dernier appel, et de l’Empereur d’Occident à Ravenne  ; l’un dépose et excommunie les hérésiarques, l’autre les exile et confisque leurs biens. L’alliance, l’harmonie de ces trois autorités, du savoir doctrinal, du Pouvoir ecclésiastique et de la puissance séculière ont quelque chose d’absolument remarquable dans cette brève mais violente crise du pélagianisme. Elle est un exemple de la plénitude d’ordre et de force de la CITÉ DE DIEU dans sa condition terrestre. (…)

PÉLAGE (345-420) ET SA DOCTRINE

Morgan, l’homme de la mer, Pélage c’est son nom romanisé, moine venu de Grande-Bretagne à Rome où il jouit d’une réputation d’ascète, fait profession de conduire les âmes dans les voies de la perfection. Sans concession aucune à la médiocrité, à la lâcheté, il enseigne que pour être saint il faut le vouloir  : celui qui veut vaincre le mal et faire le bien le peut. IL SUFFIT DE VOULOIR… Cette doctrine nouvelle, saint Augustin le notera d’un mot, c’est   » l’émancipation complète de l’homme par rapport à Dieu «  . Pour nous, modernes, le pélagianisme apparaît d’abord comme une réduction phénoménologique du mystère de la condition humaine à ses seules apparences. De ce fait, il se résume aisément en une suite de thèses logiquement ordonnées.

1. L’HOMME EST LIBRE de faire ou de ne pas faire le bien, ou le mal. L’homme est son maître et se décide selon son bon plaisir. Le pouvoir est en notre nature, toujours entier et suffisant en tous  ; le vouloir est dans notre décision et l’effet s’ensuit naturellement. L’axiome paraît directement inspiré par l’expérience intime de chacun et par la raison. Il n’en est pas moins contradictoire aux affirmations de la foi chrétienne. (…)

En conséquence, nos mérites nous appartiennent  ; ils sont la juste rémunération de nos propres œuvres.

2. L’HOMME PEUT ET DOIT DONC ÊTRE PARFAIT. Il lui suffit de le vouloir. (…) Qui ne vit pas parfaitement doit être traité sévèrement par l’Église et tous doivent être obligés à la perfection des vertus et des conseils évangéliques, du renoncement à la richesse, de la chasteté parfaite, etc.

3. LE PÉCHÉ ORIGINEL N’EXISTE PAS. (…) Allant au plus rationnel, les pélagiens voient dans le péché originel le mauvais exemple de nos premiers parents et de tous les hommes, pesant sur chacun de nous.

4. IL N’ Y A PAS EU DE CHUTE D’ADAM. Tout s’enchaîne logiquement. Adam était semblable à nous, mortel et mû par la concupiscence, en particulier celle de la sexualité qui est un instinct de nature, certes le plus fort. Il n’y a qu’à le maîtriser par volonté. Ainsi se dissipe le grand mythe obscur et accablant qui plane sur nos origines et trouble le fond de nos âmes.

5. LA MASSE DES PÉCHÉS DE L’HUMANITÉ n’est que l’effet des MAUVAISES HABITUDES contractées par les hommes dès leur enfance. La plupart, en effet, se laissent absorber par les désirs terrestres et se livrent comme les animaux aux jouissances immédiates des sens. Mais il n’y a là aucune preuve d’une malédiction divine ni d’une impuissance congénitale des hommes ni d’une quelconque prédestination des justes. S’ils agissent ainsi, c’est de leur libre vouloir et sous leur pleine responsabilité.

6. LE BAPTÊME DES ENFANTS ne constitue donc pas une “ rémission des péchés ” ni une libération de l’esclavage du démon.

7. LE BESOIN DE LA GRÂCE n’est guère plus affirmé pour les adultes que celui du baptême pour les enfants. Il n’y a pas de «  grâce médicinale  » pour les guérir d’une corruption qui n’existe pas. Reste la «  grâce adjuvante  » dont les pélagiens nient qu’elle soit un secours intérieur, une force au cœur de l’homme.

8. LA GRÂCE SE MÉRITE, et c’est logique. Puisque l’homme est libre, la grâce vient récompenser ses bonnes actions. De toute évidence, pour un pélagien, jamais en aucun cas le secours divin ne peut devancer la volonté libre de l’homme ni la diriger vers le bien. Ce serait une atteinte incroyable à la liberté de la créature  !

9. PAS DE PRÉDESTINATION dans ce système oùla volonté de l’homme est rigoureusement autonome. Il n’y a de bon plaisir que le nôtre dans la grande affaire de notre salut. Dieu jugera chacun selon ses œuvres  ; son décret final lui sera uniquement dicté par sa considération objective du bien et du mal accomplis librement par ses créatures raisonnables.

Il en résulte que la morale pélagienne est austère, rigoureuse. Elle ne connaît point d’excuse au péché, donc point de miséricorde. Elle impose à tous le plus parfait et aggrave infiniment toute culpabilité…

CONSÉQUENCES MORALES DU PÉLAGIANISME

Les contemporains furent frappés de l’incompréhension que ce système manifestait pour le péché  : pourquoi y a-t-il du péché, tant de péché dans le monde, si le bien est à la portée de tous, toujours et en tout domaine  ? Ils s’indignèrent du rejet du Mystère de la Rédemption, sans utilité dans ce système, et de l’indifférence qui s’ensuivait pour le Mystère de l’Incarnation devenu sans raison. Le Christ n’apportait aux hommes d’autre valeur, d’autre bien que son exemple humain de sagesse et d’héroïsme  ! Enfin, ils s’alarmèrent de la négation radicale de toute pratique religieuse, prière, sacrements, qu’entraînait fatalement ce système. L’homme n’ayant plus besoin du secours de Dieu pour faire le bien, éviter le mal, devenaient surérogatoires toutes les institutions liturgiques et toutes les dévotions.

Le pélagianisme conduisait ses tenants à l’abandon immédiat et complet de la prière, de la pratique des sacrements, des règles de la prudence morale et de l’ascèse. Doctrine orgueilleuse chez ses fondateurs, elle deviendra bientôt une provocation au désespoir chez les simples fidèles, découragés de ne pas être parfaits, faute de bien user de leur liberté  ! Plus profondément, chez les élites romaines plus cultivées, le pélagianisme provoquera le scepticisme et l’indifférence par sa négation des Mystères de notre salut. Ainsi fera-t-il le trait d’union entre le Pharisaïsme talmudique et le Stoïcisme païen de l’antiquité et l’humanisme athée des temps modernes.

SAINT AUGUSTIN DOCTEUR DE LA GRÂCE

SA RÉFUTATION DU PÉLAGIANISME

Les condamnations du Concile de Carthage (418) contre le Pélagianisme devaient être complétées par une réfutation de son système général et l’énoncé d’une vraie doctrine de l’homme, de son salut, de la prédestination divine et de la grâce du Christ. Ce fut l’œuvre de saint Augustin.

Certes, il trouvait toute la matière de cette ANTHROPOLOGIE CHRÉTIENNE dans la Révélation des Écritures et de la Tradition. Mais, le premier, il en tenta une synthèse, refaisant selon son génie propre, tout d’expérience intime et de puissant raisonnement, le récit de l’élévation de l’homme et de sa chute, de la grâce du salut et de la prédestination, du combat de la liberté chrétienne et du péché, méritant le titre de Père de l’Église Latine. Il était alors en pleine possession de sa doctrine. Trop d’historiens l’accusent d’avoir exagéré son pessimisme pour faire pièce au pélagianisme. Sans doute a-t-il tâtonné au cours des dix années qui vont de sa conversion à son épiscopat, de 386 à 397, mais ensuite, de 397 à sa mort en 430, il ne variera plus. Ce qu’il enseigne lui est dicté par sa propre méditation et non par les besoins de la polémique. Toute sa vision du mystère de notre destinée surnaturelle était fixée avant que ne se manifestât Pélage.

1. L’HOMME CRÉE DANS LA GRÂCE ET LA JUSTICE

Dans le de bono conjugali, saint Augustin élabore une doctrine autrement réaliste.

Adam et Ève étaient des êtres corporels, sexués, occupés à travailler dans un monde semblable à l’univers actuel. Ils avaient reçu dès leur création des dons qui les tenaient au-dessus de notre condition présente  : l’immortalité, l’exemption des maux et maladies, une sagesse et une science infuses, une parfaite soumission des sens à la raison et de la raison à la loi divine telle par exemple que l’union conjugale devait y être exempte de tout désordre et de toute souillure. Ils étaient bons et enclins à la vertu.

Ils jouissaient de la vraie liberté, qui est de pouvoir ne pas pécher, et non d’une nécessité supérieure à la liberté qui consisterait à ne pas pouvoir pécher. Mais surtout, Adam et Ève possédaient la Justice et la Grâce qui les faisaient images de Dieu, ses enfants par adoption.

2. LE PÉCHÉ ORIGINEL

Saint Augustin commença par interpréter allégoriquement le récit biblique de la tentation et de la chute. Mais par la suite il en soutiendra la pleine historicité. Suivant saint Ambroise, il concevra dès lors l’essence du premier péché comme un acte délictueux de complaisance en soi-même. «  C’est son orgueil qui l’a livré au diable.  »

Ce péché s’est transmis à tout le genre humain. Ses adversaires lui reprochèrent d’avoir évolué aussi sur ce point mais il le nia absolument. Quoique, fort heureusement, il ait d’abord affirmé avec force contre les manichéens qu’il n’ y avait pas de nature mauvaise en soi et que le libre arbitre de l’homme subsistait intact, à partir de 397, en pleine possession de sa doctrine, il enseigne que le péché d’Adam est passé en tous les hommes et il le prouve par l’Écriture (Rm 5, 12; Jn 3, 5), par les Pères et par la liturgie, en particulier par la nécessité du baptême des nouveaux-nés. D’ailleurs à ses yeux la souffrance et la mort des enfants, les duretés de la condition humaine en sont une autre preuve. Ou alors il faudrait que Dieu, cause directe de ces maux, soit méchant  ! (…)

LA NATURE DE CE PÉCHÉ HÉRÉDITAIRE

Là saint Augustin ne dissimule pas son embarras. Il examine l’état de l’homme présent et, le voyant entraîné au mal par sa concupiscence, particulièrement et surtout celle du sexe, il voit en elle la tare originelle. (…)

À l’objection énorme  : mais le baptême ne l’efface donc pas pour qu’elle subsiste ainsi, puissante et dominatrice  ? Saint Augustin répondra (mal) que si la faute, est effacée, la concupiscence demeure… Et à l’objection que le mariage est mauvais puisqu’il consiste en la satisfaction de la pire concupiscence, il répondra (mal) qu’elle l’accompagne toujours, mais non nécessairement  !

Évidemment, nous sommes là au centre de la difficulté. Saint Augustin a su se maintenir à égale distance, ou au-delà, de l’optimisme pélagien et du pessimisme manichéen. La concupiscence est véritablement pour lui un péché dont la source volontaire est Adam, notre chef de race, dont nous sommes solidaires. Autrement, elle ne serait comme disent les pélagiens qu’un ensemble d’instincts naturels innocents et faciles à vaincre. Elle ne constitue pas cependant une nature mauvaise en nous mais une privation, un désordre, une fièvre affectant notre première nature. Sinon, il faudrait concéder aux manichéens l’existence d’un élément mauvais en nous, création d’un dieu méchant.

SA TRANSMISSION

Ce péché passe d’une génération à l’autre par la malice intime de l’œuvre de chair. Même chez les chrétiens, une dépravation forcée accompagne l’union conjugale et provoque comme son immanquable effet l’apparition de la concupiscence dans l’enfant, le faisant coupable et taré. Quant à savoir comment l’âme est atteinte d’un mal corporel, saint Augustin avoue son ignorance. (…) Mais il n’en affirme pas moins que, directement ou indirectement souillée, l’âme est rendue pécheresse dans et par son union à un corps tiré d’une souche corrompue. (…)

SES CONSÉQUENCES

Les ravages du péché originel étaient déjà reconnus par saint Augustin avant la crise pélagienne. Il les soulignera davantage après. La perte des dons que nous appelons préter-naturels n’est que trop évidente. C’est surtout la perte de la LIBERTÉ, faculté de faire le bien et d’éviter le mal, qu’il affirme contre les pélagiens. Le LIBRE ARBITRE demeure, nous le savons par notre expérience immédiate et certaine  : l’homme agit comme il veut, selon qu’il le veut et autant qu’il veut. Mais cette faculté est mal employée depuis qu’elle se tourne plus aisément et habituellement vers le mal. Le «  libre arbitre  » qui consiste à faire chacun ce qu’il veut, est intact. Mais la «  liberté  » qui est le pouvoir de faire de son propre choix et mouvement ce qui est bien, se trouve blessée par le péché et comme perdue pour nous.

Cela rend manifeste la nécessité de la grâce de Dieu pour renoncer au mal et pour faire le bien. Sans la grâce l’homme n’est pas «  libre  », répète inlassablement saint Augustin, et pourtant il n’en affirme pas moins que l’homme pécheur pèche «  librement  »  ! Le mot recèle une terrible ambiguïté. Le «  libre arbitre  » demeure, mais non la «  liberté  » qui est orientation et perfection d’une volonté tournée au bien.

Cette faiblesse, cette maladie due au péché rend l’homme impuissant à faire tout le bien que Dieu veut et même un seul acte qui lui soit parfaitement agréable et se le réconcilie, hors de la grâce chrétienne. (…)

D’où ce principe absolu, hors de la grâce tous sont damnés, c’est-à-dire privés de la vue de Dieu et frappés de quelque peine éternelle. (…)

3. LA GRÂCE DIVINE

Saint Augustin médite sur la parole de Jésus  : «  Sans moi vous ne pouvez rien faire  » (Jn 15, 5). Certes, il n’oublie pas que la grâce est avant tout ce don intime que nous appellerons plus tard la «  grâce sanctifiante  », qui nous transforme, nous fait enfants de Dieu, nous établit en union habituelle avec lui. Ce qui lui importe, ce sont les remuements, les éveils et réveils de cette grâce en nous, comme une vive flamme, les renouvellements de ce don, tout ce que nous appellerons «  grâces actuelles  ». D’abord, parce que c’est l’objet merveilleux de son expérience première dans le mouvement de sa conversion et continuelle depuis lors, tout au cours de sa vie cachée en Dieu. Ensuite, parce que c’est précisément ce perpétuel secours divin que contestent les pélagiens dont le souci majeur est de rendre l’homme à ses propres forces, dans une liberté royale.

NÉCESSITE DE LA GRÂCE

Saint Augustin affirme au contraire, que c’est Dieu qui est Roi. Sa grâce se manifeste à l’extérieur par les événements favorables à notre salut, et en nous mais à l’extérieur de notre cœur par les illuminations de notre esprit sans lesquelles nous ne croirions pas. Mais la grâce est surtout pour lui ce don intérieur à notre cœur même, qui s’applique à notre volonté pour l’émouvoir, la rendre libre, et enfin l’incliner inéluctablement au bien. Grâce prévenante, qui incline à le vouloir avant toute réflexion de notre part, grâce adjuvante ou coopérante, qui accompagne notre réflexion et notre décision, grâce subséquente, qui en aide et poursuit la réalisation.

Ce flot ininterrompu de grâces est nécessaire, pour commencer, pour continuer, pour persévérer dans la voie du salut. Les unes sont médicinales, pour guérir un être taré, blessé et corrompu par le péché. Les autres sont élevantes, pour lui ouvrir le domaine supérieur de la foi et des vertus.

Sans ce don de Dieu, l’homme peut-il accomplir des actes bons et méritoires  ? Des actes bons, déjà saint Augustin répugne à l’accorder aux pélagiens  ; s’il l’admet enfin, c’est en remarquant leur rareté parce qu’ils supposent une certaine charité naturelle. Mais des actes méritoires, non jamais aucun homme n’en peut faire sans la grâce parce qu’ils devraient être, sans elle, rapportés à Dieu en toute perfection ce qui est impossible en dehors de la foi. Cette rigueur augustinienne, d’autres chercheront à l’adoucir  ; ils ne le pourront qu’en espérant qu’à beaucoup de païens et de pécheurs Dieu donne secrètement sa grâce avec abondance pour venir ou revenir à Lui.

GRATUITÉ DE LA GRÂCE

Après avoir hésité, mais de toute évidence à partir des années 396-397, saint Augustin professe l’absolue gratuité des premières grâces, celles de la conversion et de la foi. Par principe, elles ne peuvent être méritées… Les suivantes peuvent l’être d’une certaine manière, par le bon usage des premières grâces et par l’humble demande que le Seigneur Jésus nous a appris à en faire par la prière et la réception des sacrements. Quant aux grâces ultimes, dites de la persévérance finale, prétendre qu’on puisse les mériter équivaudrait à dire que l’homme pourrait gagner par ses propres œuvres l’infinie et l’éternelle béatitude, ce qui serait folie. Donc, les grâces de la fin peuvent et doivent être demandées par la prière mais elles sont par excellence, comme les toutes premières, un don absolument gratuit de l’Amour divin.

MODE D’ACTION DE LA GRÂCE

Si Dieu est le principe, la cause première et souveraine de tout bien humain, est-ce à dire qu’il en est la cause unique et immédiate, ne laissant plus à la volonté de sa créature qu’un rôle d’instrument subordonné et contraint  ? En un mot, la grâce est-elle une force irrésistible  ?

La réponse est difficile, parce que la grâce et la liberté agissent dans une coopération mystérieuse qui ne laisse jamais apparaître une faille, le moindre signe d’indépendance et d’autonomie de celle-ci par rapport à celle-là, sinon précisément dans le péché. Mais le péché se commet par volonté perverse et en même temps et aussi par suite d’un manque d’efficacité de la grâce  ! Il y a donc là encore une preuve de l’action conjuguée de Dieu et de l’homme dans le bien, comme d’un unique agent immédiat  ! Et cependant, pour saint Augustin, il s’agit du concours de deux êtres libres, de deux volontés dont l’une cause l’autre selon sa nature, sans la forcer, au contraire en la perfectionnant. Contre les manichéens, il affirme la liberté de l’homme et son réel mérite. Contre les pélagiens, il rapporte cette liberté et ce mérite à la grâce de Dieu qui y a conduit sa créature…

Comment cela se peut-il  ? C’est une découverte bouleversante de voir comment saint Augustin situe la grâce divine au plus près de la volonté humaine, l’investissant de toutes parts et se la gagnant par maintes séductions conduites avec une sagesse et une science souveraines, avec tant de tact enfin qu’elle vient infailliblement à bout de ses desseins bienveillants, sans jamais pourtant violer cette demeure où la créature est maîtresse, sans forcer sa liberté. Ce respect du Dieu de saint Augustin pour la volonté humaine qu’ il veut sanctifier, qu’il sait incliner et conduire au bien qu’il veut, et cependant qu’il ne contraint pas, qu’il n’écrase pas mais qu’il exalte, est une des plus merveilleuses doc­trines qui ait jamais été enseignées dans notre religion.

C’est par une   » volupté   » supérieure qu’est vaincue la volupté et dans une délectation plus forte que l’homme se libère de la délectation des concupiscences qui le tenaient enchaîné. Non par violence mais par séduction.

4. LA PRÉDESTINATION DIVINE

Bien avant la crise pélagienne et sans aucune préoccupation polémique, saint Augustin avait puisé dans la Révélation comme aussi dans le grand patrimoine de la philosophie antique, la certitude que Dieu gouverne l’univers et décide souverainement du sort des hommes. Bien sûr  ! Prétendre que la volonté d’une créature puisse s’imposer à Dieu et mettre ainsi une limite à sa toute-puissance, une barrière à sa Providence, un obstacle à ses desseins, est insensé. Ce que saint Augustin enseigne de la grâce le conduisait nécessairement à reconnaître la prédestination absolue des justes à la grâce et à la gloire mais, on devra en convenir si toutefois on l’a bien lu et bien compris, à nier toute réprobation des méchants qui les conduirait positivement au péché et à la damnation. Voici pourquoi.

PRÉDESTINATION DES JUSTES

Que Dieu choisisse ses élus avant toute considération de leurs mérites est, pour saint Augustin, une chose certaine puisque nul mérite n’appartient en propre à l’homme, tout lui vient de Dieu, cause première et déterminante de toute oeuvre bonne  : en couronnant ses saints pour leurs mérites, il couronne en eux ses propres dons  ! La prédestination des saints est donc absolue et gratuite. Dieu choisit qui il veut et à ceux-là il donne les moyens d’être librement tels qu’il les veut. Ainsi s’expliquent les cas limites, des Saints Innocents, des enfants baptisés prédestinés par rapport à ceux qui meurent sans baptême. Mais le cas des adultes est, si l’on réfléchit, analogue, foncièrement identique. Faute d’aides extérieures providentielles, qui pourrait se sauver  ?

Le chrétien adore le Mystère de la Prédestination sans pourtant le redouter exagérément car, rappelle sans cesse le Docteur de la Grâce, Dieu est juste dans ses jugements.

RÉPROBATION DES MÉCHANTS

Saint Augustin, dans le feu de la controverse, a dû mettre en grand relief ce qu’on nommera plus tard «  la volonté absolue et conséquente  » de Dieu, celle qui arrête le choix décidé et effectif des prédestinés à la grâce et à la gloire. Du coup, il n’affirme pas assez la «  volonté antécédente  » qui appelle toutes les âmes au salut et leur donne les grâces suffisantes pour y atteindre.

Bien plus, il sera conduit à noircir ce tableau qui déjà accable l’esprit et suscite la terreur panique de la réprobation. Remarquant l’état de péché et d’injustice dans lequel naît tout fils d’Adam, il y trouve une raison positive de réprobation suffisant à justifier la damnation de tous. Que certains aient été tirés de cette «  masse damnée  » avant de l’avoir mérité en rien, c’est l’effet d’une prédestination positive. Les autres, tous les autres, sont laissés dans cette juste réprobation du seul fait que Dieu les y a «  oubliés  », et peut-être est-ce le plus grand nombre  !

Cet «  oubli  » de Dieu doit-il s’entendre indépendamment ou selon la prévision du démérite de ces créatures ainsi laissées dans leur réprobation originelle  ? La question ne se pose même pas pour les enfants morts sans baptême, qui n’ont pu commettre nul péché.

Pour les adultes  ? Eh bien, pour eux aussi, cet «  oubli  » est antérieur à toute considération de leur vie, et pourtant celle-ci correspondra en toute justice à cet oubli  : le bien ne s’y fera pas, à cause même de cet oubli, et le mal s’y commettra, comme l’a connu d’avance Celui qui oublia. Le mal n’est pas venu de Lui mais de sa créature qui le pouvait faire et l’a fait comme Lui, Dieu, savait.

DE LA BONTÉ RESPECTIVE DES DOCTRINES DE SAINT AUGUSTIN ET DE PÉLAGE

La doctrine de saint Augustin est terrible  ! Toutefois, c’est la seule qui mette le chrétien en face du Dieu Vivant et Vrai, Dieu de Majesté, et lui rappelle le néant de la créature. En outre, terrible dans ses principes, cette doctrine est douce dans sa pratique, car le chrétien du fond de l’abîme de son effroi se jette dans l’océan de la miséricorde divine avec confiance et accourt à l’Église pour en recevoir gratuitement le don du salut. Bientôt, il aura assez de preuves de la Bonté de Dieu dans sa propre vie pour garder la sainte espérance.

Étourdissante vérité et consolation de la sagesse augustinienne  : Tu crains d’être oublié  ? Prie pour n’être pas oublié et déjà par ta prière tu sauras que tu n’es pas oublié, parce que si ton Père Céleste t’avait vraiment oublié, tu n’aurais pas eu cette grâce qui t’a ébranlé puis poussé et mené enfin à prier. Sois reconnaissant à Dieu bien plutôt de ne pas être oublié ni exclu de sa miséricorde  !

La doctrine de Pélage est douce au contraire et satisfait la présomption de l’homme, mais dans sa pratique elle ne peut qu’infliger à l’assurance de faire soi-même son salut le plus cruel et le plus désespérant démenti. Car le pélagien se voit implacablement, sans plus de recours à rien, à personne, s’enfoncer lui-même volontairement et librement dans la voie de la perdition en méritant pleinement, selon sa propre doctrine, la damnation éternelle. (…)

LE SEMI-PÉLAGIANISME (425-543)

En quoi consistait-il  ?

Saint Augustin, lu rapidement ou avec malveillance, ou mal compris, pouvait laisser une impression pénible de passivité et de fatalisme. Ne donnait-il pas à la grâce une force contraignante, contre le sentiment, très vif chez les moines d’Orient et leurs émules gaulois, de la liberté humaine et du mérite des œuvres  ? Et à la prédestination, n’accordait-il pas toute la décision du salut ou de la damnation de chacun sans qu’entrent en ligne de compte les efforts de l’homme, ses prières, ses pénitences  ? La prédication d’un saint Jean Chrysostome appelant tellement les chrétiens à l’effort moral, la pratique ascétique des moines n’allaient-elles pas être battues en brèche par la nouvelle doctrine sous prétexte de lutte contre Pélage  ?

Cassien, Vincent de Lérins, Fauste, défendront obstinément ce que saint Augustin paraît trop atténuer ou négliger. En quoi ils seront utiles à l’Église. Allant plus loin, ils l’attaqueront sur ses affirmations extrêmes, conséquences logiques de son système. En quoi ils demeurent dans les limites permises du pluralisme théologique admis par le Magistère romain. Mais, agacés par le renom du Docteur Africain, eux-mêmes entraînés par un rationalisme et un naturalisme inconscients, ils systématiseront leurs intuitions jusqu’à contredire et saint Augustin et la Doctrine romaine. En cela, ils mériteront d’être combattus par les augustiniens et désapprouvés par le Magistère pontifical. (…)

Un mince exemple suffira à illustrer les thèses diverses en présence. Pharaon s’endurcit nous raconte le Livre de l’Exode. Tout simplement et sans problème, pour Origène et les Grecs suivis par nos Provençaux, du fait de sa méchanceté. Non, réplique saint Augustin, mais d’abord parce que Dieu lui a soustrait sa grâce. Saint Césaire d’Arles prêchera la thèse augustinienne mais bientôt la nécessité pastorale et la susceptibilité de son auditoire gallo-romain, un peu fruste et de sens rassis, lui feront ajouter l’explication semi-pélagienne  : la grâce a manqué à Pharaon ET aussi il était d’une méchanceté opiniâtre. Faut-il que ces deux thèses s’excluent l’une l’autre, ou que les deux s’additionnent  ? Ne faut-il pas que l’une domine et entraîne l’autre  ? C’est ce que l’Église romaine répondra invariablement  : que l’Augustinisme tienne le premier rang, mais que tout Humanisme n’en soit pas exclu, bien au contraire  ! Cependant que celui-ci demeure en la dépendance de celui-là.

SAGESSE DE ROME, MÈRE ET MAÎTRESSE DE TOUTES LES ÉGLISES

Les Souverains Pontifes ont manifesté dès le début, dès Innocent Ier en 417 et jusqu’à nos jours, disons en 1962, un attachement absolu et indéfectible à la doctrine augustinienne de la grâce. (…)

Ce que le Magistère romain impose. C’est la primauté et la priorité absolue de la grâce divine, sa nécessité pour le salut en raison du péché originel et du caractère surnaturel de la vie éternelle promise. L’impuissance totale de l’homme à vouloir et donc à faire les œuvres nécessaires au salut. Son impuissance même à faire en quelque domaine la volonté de Dieu si ce n’est parfois et imparfaitement.

Ce que Rome laisse libre. C’est l’idée de la malice intrinsèque de la concupiscence, idée que le Concile d’Orange ignore. La transmission du péché originel par l’œuvre de chair, la théorie osée de la grâce efficace par elle-même, de son action irrésistible par une délectation plus forte que les délectations coupables. Rome n’impose aucune théorie de la prédestination en prévision des mérites. Rome se tait sur la “ massa damnata ”, sur le sort des enfants morts sans baptême. Rome se tait sur la volonté de salut, universelle ou restreinte, et n’enseigne jamais rien sur le petit nombre des élus.

En revanche, le Concile d’Orange affirme solennellement que tous les baptisés doivent faire leur salut, preuve que la grâce ne manque pas aux chrétiens mais qu’elle ne dispense pas de l’effort personnel, qu’elle n’exclut pas leur liberté mais réclame au contraire leur coopération. Les Conciles d’Arles, de Lyon et d’Orange condamnent toute prédestination au péché et à la damnation.

L’Église de Rome n’affirme même qu’avec réserve, modération, presque réticence, la souveraineté absolue de Dieu dans l’œuvre de notre salut et le caractère déterminant de l’élection divine, idées bien augustiniennes et très nécessairement incluses dans le dépôt de la foi. Cette réserve est pastorale. Rome craint que des fidèles d’âme faible l’entendent mal et ne trouvent motif de désespoir en cela même qui est le plus sûr fondement de notre espérance car Dieu est juste et bon, car éternel est son amour. (…)

SAINT AUGUSTIN DOCTEUR DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Saint Augustin a donné à l’Église Latine puis à l’Église universelle la structure dogmatique dont elle avait besoin pour asseoir sur des bases inébranlables sa morale, sa discipline sacramentaire, sa mystique. (…)

Évêque d’une envergure humaine et chrétienne prodigieuse, tout aussi éminent par le génie spéculatif et l’éloquence que par la simplicité de son contact et son humilité personnelle, il a transfusé dans les veines de l’Église son sens du péché et de la grâce, de la prédestination divine et de la miséricorde. Il a façonné l’âme commune de notre Catholicisme à sa ressemblance et nul ne pourra jamais plus s’en éloigner sans périr. (…)

Saint Augustin, Docteur de la Grâce, est le contemporain du Docteur du Verbe Incarné, saint Cyrille d’Alexandrie et leurs doctrines triomphent en même temps de Nestorius et de Pélage au Concile d’Éphèse. Ce rapprochement n’est pas fortuit. Ici et là, c’est la même lutte de la foi chrétienne contre le rationalisme antiochien. C’est la lutte pour la Révélation d’une venue et d’une habitation de Dieu parmi les hommes, d’une humanisation de Dieu et d’une divinisation de l’homme dans le Christ, contre la résistance conjuguée du paganisme philosophique et du légalisme judaïque. C’est l’affrontement de la Foi, de la Raison et de la Loi.

Tout dualisme, réintroduit dans la réflexion religieuse par abus de la logique aristotélicienne, brise le lien de Dieu à l’homme et de l’homme à Dieu. Arius éloignait son Dieu Unique Inengendré de toute créature dissemblable et inférieure. Nestorius sépare l’homme Jésus du Verbe de Dieu. Du même mouvement, Dieu se renferme dans son indifférence et son immobilité transcendantales, tandis que les hommes se retrouvent livrés à leurs seules forces pour affronter le destin. Enfin Pélage oppose la liberté autonome de l’homme à la grâce divine et à la prédestination qu’il neutralise et réduit à rien. Le rationalisme dissipe le mystère et l’anéantit en prétendant l’analyser. L’humanisme qui le suit refoule la Puissance de Dieu hors de la sphère des choses humaines et méconnaît sa Miséricorde. Quel funeste effort, pour quelle désespérante conclusion.

C’est pourquoi furent les plus grands bienfaiteurs de l’humanité ces Docteurs de l’Église, Athanase, Basile, Cyrille, Augustin, qui sauvèrent la Trinité divine, l’Union hypostatique du Verbe Incarné, la coopération mystérieuse de la grâce et de la liberté, du don divin et des œuvres humaines. Ils nous ont gardé Dieu, le Dieu de Jésus-Christ qui est le même et bien plus que le Dieu des philosophes. Ils ont maintenu vivant et vrai le mystérieux échange et «  l’admirable commerce du Créateur du genre humain, assumant un corps d’homme et voulant naître d’une Vierge pour nous donner en partage sa divinité  »  ! Ce sont eux qui sauvèrent toute l’espérance humaine en nous rendant manifeste l’omniprésence de la vie divine au cœur du monde.

Mais il leur fallut providentiellement le secours équilibrant de la sagesse romaine. Car s’il était primordial de sauver l’unité du mystère théandrique, la souveraine présence du Créateur et Sauveur à l’intime de sa créature, son envahissement suspendant tout en elle à sa divine grâce, il était aussi indispensable de maintenir la distinction du divin et de l’humain dans le Christ, de la grâce et de la liberté dans l’homme justifié et sanctifié. (…)

L’harmonie supérieure de la vraie foi se maintiendra ainsi mille ans. Le rationalisme est désormais condamné, celui qui affirme la toute-puissance divine au point de dénier toute puissance à l’homme ou celui qui pose en principe absolu la liberté de l’homme et conteste la présence et l’action de Dieu dans sa vie. Grâce aux définitions catholiques et au maintien ferme de la discipline romaine, chacun demeurera libre de situer sa considération à un étage ou à l’autre du Mystère, sans rien exclure.

Soit il contemplera d’un regard mystique la présence universelle et l’action salvifique de Dieu, la prédestination et la grâce  ; alors il priera avec confiance pour être au nombre des élus, lui et s’il se peut tous les hommes, et pour recevoir les grâces nécessaires au salut. Tel sera le parfait disciple de saint Augustin.

Soit il considérera en moraliste et en ascète, la liberté de l’homme et son obligation de travailler à son salut. Il s’exhortera et il exhortera alors ses frères à s’activer pour mériter le ciel par des œuvres méritoires, car tout dépend de l’homme après que Dieu lui a donné sa grâce. Tel sera le disciple de saint Cassien et de saint Vincent de Lérins.

Ici tout parait plus humain, plus raisonnable, et là tout est d’une grandeur divine, insondable et magnifique. La vision de saint Augustin paraît terrible  ? Elle engendre l’angoisse  ? Oui, dans la mesure où son sort, son salut semble échapper à l’homme pour dépendre souverainement de Dieu. Mais la vision de Pélage est bien plus odieuse, affreuse, désespérante  ! C’est Pélage le pessimiste, car dans son orgueil il prétend par ses seules forces accomplir et remporter le marathon surhumain de la vie. C’est Augustin l’optimiste, parce qu’il remet sa destinée d’homme pécheur et faible entre les mains de la Toute-Puissance et Bonté d’un Dieu qui s’est fait homme et s’est livré pour nous à la mort de la Croix afin de nous sauver tous éternellement.

Saint Augustin  ! Son immense doctrine ne cessera pas de susciter controverses, recherches et découvertes sur le péché et la concupiscence, la nature et la surnature, le libre arbitre et la liberté, la volonté salvifique universelle et la prédestination spéciale des justes… Mais sa vérité foncière demeurera toujours, pleine de vie et de vertu pour le peuple catholique. Le pélagien de tous les temps considère que le pire péché est celui des sens, il se donne pour loi de vaincre en lui toute concupiscence comme le stoïcien antique, comme le juif de la secte pharisienne. Son ascèse, si elle échoue mène au désespoir et au relâchement. Si elle réussit, à l’orgueil et au culte du moi. Le disciple de saint Augustin se connaît comme faible et misérable, mais pour lui l’orgueil est la faute suprême dont le péché de la chair n’est que l’effet, la preuve et déjà le remède par l’humiliation et la honte. L’augustinien donc rabaisse en lui la superbe par la prière et demande à Dieu sa grâce dans les sacrements. Si la guérison de sa chair tarde, il s’en remet à la tendre compassion de Dieu et poursuit ses efforts  ; s’il y parvient, sa prière de demande se mue en action de grâces et son humilité grandissante le conduit à la parfaite pureté du cœur, à la sainteté.

Je souhaite à notre siècle, après les délires contraires de Luther et de Rousseau, du rigorisme puritain et de la licence contestataire de cet ordre faux, de retrouver les sources augustiniennes de la sainteté et du véritable humanisme. À l’opposé du «  culte de l’homme  », le culte de Dieu des bâtisseurs de cathédrales. Augustinisme, Catholicisme sont synonymes. Pour le salut des âmes et de la société humaine, que l’Augustinisme soit la sagesse de la Contre­-Réforme Catholique, demain  !

Abbé Georges de Nantes
Extraits de la CRC n° 91 d’avril 1975

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