La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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L’ÉVANGILE DE PAUL

IV. Le Mystère du Christ et de l’Église

«  Que votre règne arrive  !  »

I. LE CHRIST-CHEF

Christ Pantocrator

NOUS traitons aujourd’hui du mystère du Christ et de l’Église. Deuxième jour de notre retraite et deuxième demande du Pater  : «  Que votre règne arrive  !  » (…)

Nous sommes dans l’admiration de ce mystère de Dieu, révélation d’une sagesse contraire à la sagesse des hommes, puisqu’elle manifeste sa puissance dans la faiblesse de Jésus crucifié, cet Être éternel qui est en Dieu, son Fils, engendré par Lui de toute éternité. (…) Les hommes découvrent, grâce à l’Évangile de Paul, qu’ils sont déjà nommés dans la préexistence de Dieu et de son Fils, dès le début des temps, qu’ils sont tenus par Dieu comme destinés à devenir ses fils adoptifs. Et tout cela pourquoi  ? Pour la louange de sa gloire, de sa grâce, par et pour l’avènement du règne de Dieu sur toute la terre  !

Comparons en introduction nos trois évangiles.

Les psaumes, le Benedictus et le Magnificat compris, parlent du règne de Dieu sur toute la terre, du règne de Je Suis, de Yahweh. Mais d’abord du règne de Dieu sur Israël, par le Messie, Fils de David, en Jérusalem. (…)

C’est un homme qui est à la fois roi-soldat et prêtre justicier (Ps 110e).C’est aussi l’époux de son peuple.Ily a entre lui et son peuple, des relations d’amour mutuel, parce qu’il est la figure de Dieu, l’image de Dieu, son vicaire, son lieutenant. Les braves luttent avec lui (Ps 149e) contre les nations, et il fait régner la paix (Ps 100e, 72e).

Ce Règne adviendra par la guerre sainte  : libération des puissances étrangères, domination politique du peuple élu sur toute la terre. C’est une œuvre divine, c’est Yahweh qui fera cela par de nouveaux miracles comme ceux de la libération d’Égypte et ceux que l’on escomptait, qui ne sont pas venus, du retour de Babylone. Ce règne messianique sera un triomphe temporel, mais mérité et accompagné par une grande sanctification du peuple élu. (…)

Les Évangiles nous montrent en Jésus le Fils de David, mais dans une rupture avec cette conception raciste, strictement juive, orgueilleuse, temporelle, terrestre, militaire et charnelle pour ainsi dire.

Jésus est le Messie. Il se laisse acclamer comme le Messie, le Fils de David, mais Il déroute ses auditeurs tout au long de l’Évangile, parce que son Royaume n’est pas d’ici-bas, c’est une réalité future, mystérieuse. Le début en est si caché que c’est presque indistinct. (…)

Quel combat prépare-t-Il  ? Quelle purification cultuelle prépare-t-Il  ? Quelles noces  ? Il en parle dans des paraboles qui sont des énigmes, qu’on ne comprend pas. Ce Roi, ce Messie, ce Prêtre, cet Époux finit sur la Croix. Son peuple  ? Personne  ! Tout le monde l’a abandonné. (…) Tout cela augure mal de l’avenir.

Saint Paul ressentira fortement cette rupture, cette disproportion entre les magnifiques prophéties de l’Ancien Testament et la réalité médiocre de la vie terrestre de Jésus qui se finit en catastrophe. (…)

Survient la vision du chemin de Damas. (…) C’est de cette vision que résultent les deux grandes révélations nouvelles, du Christ-Chef et de l’Église-Corps. Lorsque saint Paul montera à Jérusalem, il expliquera son «  Évangile  » aux Apôtres. Ils écouteront bouche-bée cet enseignement surprenant, mais ils seront obligés de constater que Paul a la même foi qu’eux. (…)

Il faut comprendre que nous sommes en présence de deux types de révélation, sans quoi nous en resterons à une conception enfantine de la Révélation du Nouveau Testament  : D’un côté, il y a les douze apôtres qui sont restés avec Jésus pendant trois ans, témoins de sa vie publique, de sa mort et de sa résurrection. Ils n’ont pour ainsi dire rien appris, il leur faudra attendre la Pentecôte pour mettre un terme définitif à leur lourdeur, leur lâcheté et incrédulité. D’autre part, il y a Saul de Tarse, qui, lui, n’a pas connu ces lenteurs. Sur le chemin de Damas, il voit Jésus lui apparaître sur les nuées du ciel et d’un seul coup, il comprend tout. (…) C’est prodigieux  !

L’origine de la Révélation chrétienne, ce n’est donc pas tant la naissance de Jésus à Bethléem, ni Jésus prêchant en Galilée ou à Jérusalem, ni la Résurrection – qui tient en quelques chapitres – que la vision du chemin de Damas. Il n’y aurait pas eu le génie de Paul s’il n’y avait pas eu la vision du chemin de Damas. Et donc, tout repose sur ce miracle formidable et sur les révélations qui y furent faites à Paul. Par lui le Seigneur de gloire apportait le sceau divin, le nécessaire complément, et le plein accomplissement de la révélation qu’il avait communiqué aux autres apôtres.

LA VISION DE DAMAS

Vision de DamasDans une première partie, nous allons d’abord traiter de cette vision de Damas, la vision de Jésus-Christ céleste. (…) Nous en avons trois récits dans les Actes des Apôtres. Le premier est de saint Luc, et les deux autres de Paul lui-même, qui la raconte dans ses discours. (…) Il y a des différences légères sur lesquelles il ne faut pas s’appesantir. (…)

Prenons le troisième récit  :

«  C’est ainsi que je me rendis à Damas avec pleins pouvoirs et mission des grands prêtres. En chemin, vers midi, je vis, ô roi, venant du ciel et plus éclatante que le soleil, une lumière qui resplendit autour de moi et de ceux qui m’accompagnaient.  » (Ac 26, 12)

Notez bien  : il vit venir cette lumière. C’est donc comme un globe de feu, une nuée lumineuse, ce n’est pas une lumière sans contour… «  Venant du ciel   », rappelez-vous Fatima  : Notre-Dame dira aussi qu’elle vient du ciel.

«  Tous nous tombâmes à terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque  : “ Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu  ? Il est dur pour toi de regimber contre l’aiguillon. ”  »

«  Je répondis  : “ Qui es-tu, Seigneur  ? ” Le Seigneur dit  : “ Je suis Jésus, que tu persécutes. Mais relève-toi et tiens-toi debout. Car voici pourquoi je te suis apparu  : pour t’établir serviteur et témoin de la vision dans laquelle tu viens de me voir et de celles où je me montrerai encore à toi. ”  »

Cette parole dit bien que Jésus est apparu à Paul en personne, non pas seulement une voix ou une lumière. Toute sa vie durant, il devra être le serviteur et le témoin de cette apparition, de cette vision et des nombreuses autres qui suivirent, car il y en eut d’autres… À commencer par celle-ci, qu’il raconte, un peu plus haut, aux Juifs de Jérusalem  :

«  De retour à Jérusalem, il m’est arrivé, un jour que je priais dans le Temple, de tomber en extase. Je vis le Seigneur, qui me dit  : “ Hâte-toi, sors vite de Jérusalem, car ils n’accueilleront pas ton témoignage à mon sujet. ”  » (…) (Ac 22, 17)

Cette vision du chemin de Damas est aussi objective que lorsque Jésus ressuscité apparaissait à saint Pierre, aux apôtres, à cinq cents frères. (…) Mais il ne faut pas en conclure que son apparition a une importance semblable aux précédentes. Pas du tout  ! Même si le Christ lui est apparu en dernier, même s’il est l’avorton, le plus indigne, Paul expliquera qu’il a néanmoins travaillé plus que tous les autres apôtres. Non pas à cause de ses mérites, mais parce qu’il était chargé d’une mission exceptionnelle. Il devait être le serviteur de la vision du Christ en gloire. (…)

Et ce qui le frappe dans cette vision, c’est, pour ainsi dire, Dieu faisant Jésus-Christ “ Seigneur ”. Ainsi, peut-il dire aux autres Apôtres  : “ Ce même Jésus que vous avez connu homme terrestre, sachez bien que Dieu l’a fait Seigneur, j’en suis témoin, je l’ai vu  ! ” (…) Ce disant, il se réfère à sa vision qu’il l’interprète  : “ J’ai vu la gloire de Dieu, de cette gloire surgir le propre Fils de Dieu, qui est Jésus-Christ. C’est donc Dieu qui donne l’être divin et sa gloire à cet être charnel dont j’ai vu le profil, le visage, le corps, mais tout autremet que ce que vous avez connu. ” Voilà ce que veut dire «  Dieu l’a fait Seigneur  ». (….)

De même, dans l’épître aux Romains, il expliquera comment Dieu donne à son Fils la gloire de la Résurrection. (Rm 1, 1-5 et Rm 9, 5) (…)

ÉVANGILE DE JÉSUS ET ÉVANGILE DE PAUL

Si Jésus a voulu que les douze apôtres le connaissent pendant trois ans et racontent l’histoire de sa vie et de sa mort comme d’un homme, mais qui fait cependant des miracles. D’un homme ayant une puissance différente des autres hommes, mais enfin, comme un homme, c’est parce qu’il fallait d’abord que les hommes soient sûrs d’avoir connu un homme semblable à eux, en tout, sauf le péché. Voilà le premier Évangile, celui que j’appelle “ l’Évangile de Jésus ”.

Il fallait ensuite, mais dans une rupture totale, qu’il y ait d’autres témoins de la divinité du Fils de Dieu se faisant homme. Ceux-là voient d’abord le Dieu et, du sein même de cette divinité, dans la Personne même de ce Dieu, Fils de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, ils voient se former… l’homme. Il fallait que ce Dieu leur apparaisse comme homme. (…) S’il n’y avait eu que la vision de Paul, on pourrait croire que Dieu a seulement pris une apparence d’homme pour être vu et entendu des hommes. (…)

C’est pourquoi, il fallait que l’on connaisse d’abord Jésus comme homme, l’homme Jésus de Nazareth, et qu’ensuite saint Paul nous révèle sa doctrine merveilleuse. (…) Maintenant, entrons dans cette vision que Paul a expliquée dans des textes immortels. Ce sont les grandes hymnes aux Philippiens et aux Colossiens. (…)

L’HYMNE AUX PHILIPPIENS (2, 5-11)

Les exégètes modernes sont presque tous convaincus que ce texte n’est pas de saint Paul, sous prétexte que le vocabulaire, les idées, les préoccupations ne sont pas pauliniens. Il s’agirait plutôt d’une hymne liturgique émanée de la communauté chrétienne, et dont saint Paul se serait emparé parce qu’il l’aurait trouvé belle et bien à sa place dans son épître.

Jusqu’à ces trois derniers jours, je me laissais faire. Mais en préparant cette conférence, je me suis dit  : non, quand même, ce n’est pas possible de se laisser aller à croire tout ce que disent les modernes, comme s’ils étaient des gens infaillibles. Réfléchissons… Finalement, je suis contre, malgré la philologie, l’étymologie, et tout ce qu’on voudra. Car je commence me lasser de voir qu’on arrache à Paul, à Jean, à Luc, à Matthieu, les choses les plus géniales, qui dépassent l’entendement commun, pour les attribuer à des quidams quelconques dont on ignore tout, jusqu’au nom  ! (…)

Croyons donc que ce texte est de saint Paul comme la tradition l’a toujours cru. (…)

«  Lui, de condition divine,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même,
prenant la condition d’esclave,
et devenant semblable aux hommes.
  »

Ici, le Père Feuillet nous rend un immense service en établissant une fois pour toutes qu’il ne faut pas traduire par  : «  Lui qui était de “ nature ” divine  ». Comme s’il pouvait perdre sa nature divine  ! “ Condition ” est un pis aller équivoque pour échapper à la difficulté, mais le mot grec “ morphè ” doit être entendu comme un terme spécial équivalent à ce “ eikon ” qu’on trouve dans quantité d’autres textes de saint Paul, repris des livres de Sagesse. Il faut traduire  : «  Lui qui est installé dans cet état   », «  lui qui, subsistant à l’image de Dieu  ». “ J’ai vu l’Image de Dieu ”, veut dire saint Paul, “ et c’était Jésus de Nazareth, Il me l’a dit  ! ”

Dans sa vision, Paul a vu cet être qui est l’image de Dieu, il l’a vu prendre une forme humaine, être cet homme qui doit apparaître sur les nuées du ciel, et que Daniel annonçait comme venant du ciel. C’est une humiliation, une condescendance étonnante pour cet être céleste d’apparaître homme. C’est surprenant d’humilité.

«  S’étant comporté comme un homme, Il s’humilia plus encore,… obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix  ! …   »

«  C’est pourquoi [à cause de cet abaissement] Dieu l’a exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom…  »

Là, nous connaissons bien cette traduction et cela suit exactement la prophétie d’Isaïe au chapitre 53e. (…) Comme le serviteur de Yahweh de la prophétie d’Isaïe, c’est volontairement que cet Être divin s’abaisse, se sacrifie et choisit la honte de la Croix. Et c’est à cause de ce choix volontaire que Dieu L’a exalté, et même «  surexalté  ». Le mot vient d’Isaïe  : Il l’a fait “ surgir dans les hauteurs ”.

C’est un retournement de fortune, par lequel Dieu va manifester que cette course, cette ignominie lui a plu, que cela répondait à un dessein mystérieux de sa grâce. Il fallait qu’il en soit ainsi. Alors, il exalte et glorifie cet être qui a subi la Croix, il lui donne un Nom qui est au-dessus de tout nom. Ce qui ne veut pas dire qu’il devient Dieu à ce moment-là, mais que sa divinité va resplendir aux yeux de tous les êtres…

«  … pour que tout, au nom de Jésus,
s’agenouille au plus haut des cieux,
sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame,
que Jésus Christ est Seigneur.  »

Il faut que tout homme soit contraint de voir en Jésus-Christ l’Image de Dieu – rappelons-nous le premier verset – et qu’il sache que ce Jésus-Christ, abaissé jusqu’à prendre les apparences de l’homme, du serviteur, du maudit crucifié, c’est celui là même qui est Dieu, Seigneur à la gloire de Dieu le Père.

Il a fait tout cela pour le service de Dieu le Père, c’est-à-dire pour la manifestation de sa Sagesse. Tel est la bonne nouvelle qui doit être prêchée à tout homme, c’est puissant  ! (…)

L’HYMNE AUX COLOSSIENS (1, 15-20)

Prenons maintenant la grande hymne qui ouvre l’épître aux Colossiens. (…) Elle nous dira ce qu’est le Christ, selon l’expérience, la vision, l’Évangile de saint Paul  :

«  Il est l’Image du Dieu invisible…  » (1, 15) (…)

Le Christ est tout à fait égal à Dieu le Père en perfection, mais, étant son image, il rend l’invisible visible. Cela n’a rien à voir avec le logos de Philon  ; les exégètes l’ont bien démontré. Il n’est pas non plus, comme Adam, créé “ à l’image ”, il est l’Image du Dieu invisible. (…)

«  Premier-Né de toute créature car c’est en lui qu’ont été crées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances  ; tout a été créé par lui et pour lui…  » (…)

Le «  en lui ont été créées toutes choses  » traduit mal le grec, car dans le grec, nous avons un aoriste, c’est-à-dire un temps qui signifie une activité limitée. Il faudrait plutôt traduire comme Feuillet  : «  Tout a été créé dans le Christ, mais toutes choses ont leur cohésion dans le Christ, toutes choses continuent à être créées en lui.  »

«  En lui  », cela veut dire que toutes choses trouvent leur unité, leur harmonie, leur complétude, en Lui. Donc, ce Jésus-Christ que notre apôtre contemple dans le sein de Dieu, il le voit comme une Sagesse de Dieu, une image de la divinité du Père. Or, cette image contient en elle la raison, la place, la mesure de toute chose. Toute la création est comme un reflet de la pensée divine dans ce miroir qu’est le Fils de Dieu, Jésus-Christ. (…)

En tant que Dieu, Il est le co-Créateur, le Maître d’œuvre de la création. Toutes choses ont été faites en Lui. Voir les livres sapientiaux, où la Sagesse est le miroir à travers lequel Dieu crée toutes choses (Pr 8, 30), le modèle selon lequel Dieu crée toutes choses. (Job 28; Si 1, 9-10) (…)

«  Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui.
Tout a été créé par lui et pour lui.  » (1, 17) (…)

Saint Paul a maintenant l’audace de dire que nous sommes faits, non seulement pour Dieu le Père, mais encore pour le Christ, ce qui est considérable. (…) Voyez cette grandeur prodigieuse de Notre-Seigneur  : à Lui est confiée la régence de l’univers. Il ne maintient pas seulement toutes choses dans la cohésion, il en est le co-Créateur, étant le médiateur, l’opérateur de Dieu. (…)

Nous entrons maintenant dans la deuxième partie de cette hymne  :

«  Il est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église  : …   » [Considérant le texte grec, cette proposition vient en second, comme consécutive de la principale :]«  car il est le Principe, Premier-né d’entre les morts…  »

«  Il est le principe  ». Ce mot, Archè, touche au mot hébreu qui veut dire “ tête ”. Nous entrons dans une explication extrêmement intéressante, où il semble bien que nous avons deux notions en une seule  : le Principe, c’est à dire le Premier dans le temps et dans la prééminence. Il est le Prince – voilà un mot qui vient de “ principe ” –, mais il est aussi le Principe de vie, la source de vie… le Premier. Tout le reste va dépendre de lui parce qu’il va donner la vie à tout. C’est exactement ce que le Livre des Proverbes nous disait de la Sagesse. (…)

Il ajoute  : «  Premier-né d’entre les morts  ». Cela, évidemment, a une signification tout à fait immédiate  : il est né à la vie immortelle, il est une créature ressuscitée, lui, le premier. Et si les autres viennent ensuite, c’est parce qu’il leur communiquera sa vie, son immortalité. Il est source de vie éternelle

«  Il fallait que, en tout, il obtînt la primauté…   » (…)

Paul n’emploie pas ici le mot général de “ archè ” qui veut dire “ principe ”, mais le mot plus précis de “ képhalé  ” qui veut dire “ tête ”. En français, comme en grec et en hébreu, cela veut dire aussi “ chef ”. Il est la tête du corps qui est l’Église. Le grec dit  : “ la tête du corps de l’Église ”. Nous verrons plus tard pourquoi il faut traduire  : “ Il est le Chef ”, c’est-à-dire le “ premier ”, celui dont dépend la vie.

C’est Lui qui est le chef de ce nouveau peuple de Dieu qu’on appelle l’Église, et non pas les anges, dont les Colossiens parlent sottement. Et en même temps qu’il est le Chef, il est la source de vie. (cf. Col 2, 19)

«  … car Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude, et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui,

aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.  » (v 19-20) (…)

Que cette Sagesse infinie, ce maître d’œuvre, image de Dieu, tout-puissant comme Lui, crée le monde, nous le comprenons bien. Que cet être-là réconcilie tous les êtres entre eux, pour les rassembler dans l’unité d’une Sagesse qui soit l’image de Dieu, l’assistante de son trône dans le Ciel, nous voulons bien encore  ! Que Paul nous dise que cette image de Dieu, c’est l’être humain Jésus-Christ. Voilà qui est déjà prodigieux  ! Mais que ce même Jésus-Christ réconcilie tout le monde par le Sang de sa Croix, et le ramène tout autour de lui pour être le plérôme, quel mystère  ?  ! (…)

II. L’ÉGLISE – CORPS DU CHRIST

Jugement dernierContempler Jésus lui-même, Sagesse de Dieu, premier-né de toute créature, premier-né d’entre les morts, va conduire saint Paul à contempler le Christ-Chef, et en regard du Christ-Chef, l’Église-Corps, dans leur union mystérieuse ou spirituelle.

Que nous enseignent nos trois évangiles au sujet de l’Église  ?

Dans les psaumes  : Le “ quahal Yahweh ”, (en hébreu  : l’Église, l’assemblée de Yahweh), c’est le peuple d’Israël réuni en prière dans le Temple de Jérusalem. Il est dans l’attente du Messie qui doit le rendre victorieux de tous ses ennemis. (…)

Dans l’Évangile, rupture  : Jésus ne parle plus du tout de Jérusalem, plus du tout d’Israël. Il parle d’un Royaume qui n’existe pas, qui commence peut-être comme un germe invisible au milieu de ce peuple d’Israël, mais leurs deux desseins ne sont plus conjugués. Au fond, s’il y a un Royaume de Dieu, s’il y a déjà une Église, c’est, selon saint Jean (Jn 2, 21), le Corps de Jésus, son Corps physique. (…) On peut dire que, d’une certaine manière, pendant la vie de Jésus, le Temple de Dieu, la ville sainte, le Royaume de Dieu était strictement limité à l’individu Jésus, à son Corps habité par la divinité. (…)

Et dans saint Paul  ? (…) D’une manière très pratique, il appelle “ Église ” chaque communauté qu’un Apôtre a fondée, dans quelque ville que ce soit. (…) Il emploie aussi le mot “ Églises ” au pluriel (Rm 16, 16). C’est très notable  ! Et toutes ces communautés chrétiennes réunies constituent l’unique Église de l’unique Christ Jésus.

Par exemple, il dit aux Éphésiens  :

«  … Supportez-vous les uns les autres avec charité [c’est extrêmement prosaïque, pratique] (…) Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu  ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu qui est Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous.  » (Ep 4, 4-6)

Il ne dit pas “ une seule Église ”, mais il dit l’équivalent et voilà la définition de l’Église  : «  un seul Corps et un Esprit  ». Qu’est-ce que ce “ Corps ”  ? C’est la définition de l’Église, définition paulinienne par excellence.

D’où vient cette définition de l’Église comme Corps du Christ  ? De l’apparition du chemin de Damas. Après avoir persécuté les chrétiens de Jérusalem, Saul veut encore les poursuivre jusqu’à Damas, en Syrie. Jésus lui apparaît alors du sein de la gloire et le terrasse. Saul lui demande  : «  Qui êtes-vous, Seigneur  ?  ». Jésus lui répond  : «  Je suis Jésus que tu persécutes  ». (…)

Cette identification entre Jésus et les chrétiens n’est pas seulement morale ou de substitution, comme dans l’Évangile (cf. Mt 25), mais ontologique  : «  Je suis Jésus que tu persécutes  ». (…) L’Église est la communauté de ceux qui ont reçu la Parole, qui ont reçu l’Esprit et qui, ainsi, sont devenus tellement unis au Seigneur de gloire qu’ils sont comme contenus en lui. En quel sens  ? (…)

L’ÉGLISE EST LE CORPS DU CHRIST

L’Église est comme un corps biologiquement organisé. Dans les premières grandes épîtres (1 Co 12; Rm 12), saint Paul nous explique d’une manière qui est très connue des philosophes, très connue déjà du temps d’Aristote, qu’une société bien unie et bien organisée est comme un corps où chacun a sa responsabilité.

S’adressant aux Corinthiens, il va mettre de l’ordre dans cette Église où chacun se mêle de tout et de rien. Il va leur expliquer que chacun a sa place  :

«  Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit  ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur  ; diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous...  » (I Co 12, 4-6)

Voilà le principe de l’unité  : c’est le même Seigneur, le même Esprit, le même Dieu. Vous remarquerez que c’est une formule trinitaire. Plus loin, il juge nécessaire de s’expliquer  :

«  De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ.  » (v 12)

Curieux  ! Il ne dit pas  : «  ainsi en est-il de l’Église  ». Non, là, il appelle l’Église «  Christ  ».

«  Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d’un seul Esprit.  » (v 13) (…)

«  Aussi bien le corps n’est-il pas un seul membre, mais plusieurs. Si le pied disait  : “ Parce que je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps ”, il n’en serait pas moins du corps pour cela. Et si l’oreille disait  : “ Parce que je ne suis pas l’œil, je ne suis pas du corps ”, elle n’en serait pas moins du corps pour cela. Si tout le corps était œil, où serait l’ouïe  ? Si tout était oreille, où serait l’odorat  ?  » (v 14-17)

Paul insiste car il veut faire comprendre aux chrétiens de Corinthe que c’est exactement la même chose dans l’Église  : chacun est fait pour une fonction. Chacun de nous, par l’Esprit qui l’habite – et c’est l’Esprit du Christ – reçoit une vocation particulière.

«  Mais, de fait, Dieu a placé les membres, et chacun d’eux dans le corps, selon qu’il a voulu. Si le tout était un seul membre, où serait le corps  ? Mais, de fait, il y a plusieurs membres, et cependant un seul corps.  »

«  L’œil ne peut donc dire à la main  : “ Je n’ai pas besoin de toi ”, ni la tête à son tour dire aux pieds  : “ Je n’ai pas besoin de vous ”.  »

«  Bien plus, les membres du corps qui sont tenus pour plus faibles sont nécessaires  ; et ceux que nous tenons pour les moins honorables du corps sont ceux-là mêmes que nous entourons de plus d’honneur, et ce que nous avons d’indécent, on le traite avec le plus de décence  ; ce que nous avons de décent n’en a pas besoin.   » (v 22-24)

Il en tire la raison qui est tout à fait superbe  :

«  Mais Dieu a disposé le corps de manière à donner davantage d’honneur à ce qui en manque, pour qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais qu’au contraire, les membres se témoignent une mutuelle sollicitude.   » (v 24-25)

Et il applique cela à l’Église  :

«  Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part. Et ceux que Dieu a établis dans l’Église sont premièrement les apôtres…  » (…)

Si nous nous reportons à l’épître aux Romains(Rm 12, 3-8), Paul exalte toujours l’humilité et la charité dans la communauté en expliquant que chacun a son don particulier, et est comme un organe ou une cellule de cet organisme qu’est la communauté. Cette communauté s’appelle équivalemment le Corps du Christ ou tout simplement “ le Christ ”  : «  Vous êtes le corps du Christ et membres chacun pour sa part.  »

Quels sont les rapports de ce Corps avec Jésus-Christ, l’Image du Dieu invisible  ?

Deux passages des épîtres aux Corinthiens vont nous en donner une idée saisissante. Dans le premier, saint Paul parle un langage d’une crudité incroyable, contre les Chrétiens qui n’avaient pas renoncé à leurs habitudes païennes de fornication  :

«  Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ  ? Et j’irais prendre les membres du Christ pour en faire des membres de prostituée  ! Jamais de la vie  ! Ou bien ne savez-vous pas que celui qui s’unit à la prostituée n’est avec elle qu’un seul corps  ? Car il est dit  : “ Les deux ne seront qu’une seule chair ” (Gn 2, 24). Celui qui s’unit au Seigneur, au contraire, n’est avec lui qu’un seul esprit.  » (1 Co 6, 15)

Saint Paul s’indigne. Comment toi, chrétien de Corinthe, baptisé, nourri, abreuvé de l’esprit, c’est-à-dire de l’Eucharistie, tu vas te coller à une prostituée  ? Et vos deux corps seront tellement unis qu’ils ne feront plus qu’une seule chair  ? Alors que…  ! Cet “ alors que ” devrait se terminer par  : “ du fait du Baptême et dans l’Eucharistie, ton corps se colle au corps du Christ et ton corps et le corps du Christ ne font plus qu’une seule chair  ! ”

La Bible de Jérusalem dit très bien  : on attendrait “ un seul corps ”. Mais Paul, voulant éviter que le réalisme physique de l’union au Christ soit compris de façon trop grossière, et pour montrer que cette réalité charnelle de la communion eucharistique n’est pas en vue de la jouissance corporelle, mais qu’elle est un sacrement de vie spirituelle, s’arrête et parle d’une union spirituelle. (…)

Dans un autre passage, il va plus loin  :

«  La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ  ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ  ? Parce qu’il n’y a qu’un pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous participons à ce pain unique.  » (I Co 10, 16)

L’Église est un corps, physiquement, parce qu’elle est nourrie de la même chair du Christ. C’est extraordinaire  ! Cela nous mène à une très grande compréhension du mystère de l’Église. Ce n’est pas une comparaison, une métaphore de dire que l’Église est un corps, puisqu’elle est nourrie du même corps du Christ, qu’elle s’unit à la même chair du Christ, au point de ne plus faire qu’un seul être avec lui, une seule chair, un seul esprit. Il est bien évident que les différents membres de cette Église vont, par le fait même, secondairement, se trouver entre eux ne faire plus qu’un. Ainsi, le Christ est la cause de l’unité de l’Église.

Si elle est le corps du Christ, c’est donc, dans une première acception, parce que Jésus-Christ assume, intègre, unit les hommes qui ont foi en lui. Il les distribue selon ses ministères et charismes, aplanissant leurs différences naturelles et sociales pour leur conférer son unité. Le Christ organise donc selon son esprit les hiérarchies, les diversités de ministères. (…)

Il prend des êtres qui sont tous de vieux hommes, chacun avec ses vices, ses désordres, son autonomie, son goût de l’indépendance. Il fait périr le vieil homme et il fait naître en chacun un homme nouveau, afin que tous forment ce corps nouveau que doit être l’Église. (…)

L’ÉGLISE, CORPS DE L’ÉPOUSE DU CHRIST

Nous avons vu que le Christ est le Chef, “ képhalè  ”, la tête. (…) Si nous considérons que le Christ est Chef de l’Église, comme Adam est le chef d’Ève, ce chef a sa vie propre, sa plénitude propre, dont il donne sa surabondance à son épouse qui, née de son sein, vit par lui. Même après être née de lui, elle continue de recevoir de lui sa vie, sa nourriture. Dans le cas d’Ève, sortie du flanc d’Adam, elle est quand même devenue une créature distincte. Elle avait sa vie propre, même en s’unissant dans l’amour à Adam.

Dans tout saint Paul, il n’y a que ces deux textes (Col 2, 17-19; Ep 4, 15-16) qui semblent dire qu’entre le Christ et l’Église, il y a une union aussi intime que celle qui existe entre la tête et le corps d’un être humain. (…) On doit admettre que le Christ soit dit la tête de l’Église comme une parabole, mais on ne peut en faire une définition car cela donnerait une idée tout à fait fausse de l’union du Christ et de l’Église. Pourquoi  ? Parce que, si on coupe la tête, le corps cesse de vivre, mais la tête cesse de vivre aussi. Et donc, l’Église, à ce moment-là, devient le complément nécessaire du Christ. S’il n’y avait pas l’Église, le Christ ne vivrait pas, une tête ne pouvant pas vivre sans corps. C’est pourquoi nous préférons traduire Kephalè par “ chef ” plutôt que par “ tête ”.

Dans le cas du nouvel Adam et de la nouvelle Ève, il en va différemment. Non seulement le Christ est le premier-né et par cela, le Chef, le prince, mais il est aussi le principe de son Église, parce que l’Église a reçu la vie tirée de son côté – C’est le symbolisme du Cœur transpercé  : l’eau et le Sang, le Baptême et l’Eucharistie –, mais il y a plus encore, c’est chaque jour que cet Époux nourrit son épouse de Lui-même, lui donne les impulsions, la nourriture, les soins, tout ce dont elle a besoin pour continuer à vivre, alors que Lui peut très bien vivre sans elle. Le Christ est le Chef, et l’Église est le corps de l’épouse tirée de lui et toujours nourrie de lui. (…)

Nous retrouvons cette comparaison lumineusement développé dans 2 Co 11, 1-2; 1 Co 6, 17ss et Ep 5, 21ss  ; ce sont des textes qui doivent devenir pour vous le lieu de continuelles méditations. (…)

Ne considérons pour finir que Ep 5, 21, qui appartient à la liturgie du sacrement de mariage. Texte est extrêmement détaillée, d’une richesse infinie. Toute la grandeur, la morale du sacrement de mariage se dégagent de cette comparaison très profonde entre le mariage et l’union du Christ et de l’Église  :

«  Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ.  »

Cela veut dire “ Soyez soumis saintement les uns aux autres, dans la communion que vous inspire le Christ, dans l’union que le Christ fait prévaloir en vous. ”

«  Que les femmes le soient à leurs maris comme au Seigneur  : en effet, le mari est le chef de sa femme, comme le Christ est le chef de l’Église, lui le sauveur du Corps  ;  »

Ce passage réunit toutes les définitions. Le Corps, c’est l’Église. Pour être sauvé, il faut en être membre. Le Christ est Chef de l’Église puisqu’il en est le Sauveur. Premier-né de toute créature, il est le Principe. C’est de Lui qu’est tirée l’Église.

«  Or, l’Église se soumet au Christ [évidemment !]; les femmes doivent donc, et de la même manière, se soumettre en tout à leurs maris.   »

Deuxièmement  :

«  Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église  : il s’est livré pour elle [admirable !], afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne [c’est le Baptême, nous le verrons plus tard]; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée.   »

Il y a une clé à cette parole énigmatique, c’est qu’en Orient autrefois, la fiancée se faisait laver, parfumer, costumer sous la direction de l’ami de l’époux, celui-ci ayant la charge de la présenter, toute belle, à son époux. (…)

Dans ce texte, Jésus ne souffre pas qu’un autre s’en occupe. C’est lui qui la purifie d’abord. Marque de dévouement, de sollicitude incroyable  ! Cet amour délirant du Christ va commencer par donner sa vie pour faire de cette pécheresse une vierge pure, afin de trouver son agrément en elle, mais c’est Lui qui a payé pour cela le prix de sa rançon, le prix de son Sang.

«  De la même façon, les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps.  »

Cela veut dire que leur femme est un autre corps que le leur, mais cet autre corps, ils doivent le considérer comme si intimement uni à eux qu’ils ne font plus qu’une seule chair. Et donc, de la même manière que, par instinct, ils s’occupent de leur propre santé du corps, ils doivent aussi avoir le même amour du corps de leur femme.

«  Aimer sa femme, c’est s’aimer soi-même. Car nul n’a jamais haï sa propre chair  ; on la nourrit au contraire et on en prend bien soin…   »

La femme doit être considérée par l’époux comme sa propre chair. Pourquoi  ?

«  C’est justementce que le Christ fait pour l’Église  : ne sommes-nous pas les membres de son Corps  ?   »

Nous sommes les membres d’un corps, ce corps qu’on appelle l’Église et qui est l’épouse du Christ.

«  Voici donc que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair.  »

C’est la même parole de la Genèse quand il s’agissait d’éloigner les Corinthiens de la prostitution, en leur disant  : mais enfin, comprenez donc  ! Vous ne faites qu’un corps avec le Christ, n’allez pas unir ce même corps à la prostituée  !

Et il ajoute cette parole ineffable  :

«  Ce mystère est de grande portée  ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église.   »

Cela veut dire tout à la fois  : c’est un mystère immense que le mystère du Christ et de l’Église, et dans ce mystère-là, saint Paul voit le mystère des épousailles chrétiennes.

«  Bref, en ce qui vous concerne, que chacun aime sa femme comme soi-même et que la femme révère son mari.  »

L’Église est pour Jésus comme un autre soi-même. Là, nous avons absolument la définition parfaite de l’Église. (…)

Voici pourquoi il est indubitable que la véritable image qui définit l’Église, est celle du corps de l’épouse dont le Christ est l’Époux. C’est la comparaison première, majeure et exclusive de toute autre qui lui soit contraire.

Il est évident que dans cette perspective, l’épouse est toujours nourrie de la vie, de la nourriture même, du Sang même, de la semence de son Époux. Elle ne vit que par son Époux, elle vient de son Époux, elle est tirée de lui, elle est nourrie par lui, elle ne vit que pour lui. Telle est l’Église, épouse du Christ.

Abbé Georges de Nantes
Extraits de S 63  : L’Évangile de Paul
Conférences du mardi 13 septembre 1983

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