La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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L’ÉVANGILE DE PAUL

XIII. Où est Paul aujourd’hui ?

ACHEVANT cette retraite, nous nous voulons à toutes forces disciples de saint Paul, disciples de saint Paul comme lui-même l’a été du Christ. Mais le sommes-nous  ?

Il nous faut donc faire un examen de conscience pour savoir, si oui ou non, notre combat de Contre-Réforme et de Contre-Révolution catholiques est dans la ligne de saint Paul.

LES APPARENCES SONT CONTRE LA CRC

Saint PaulSi l’on étudie la situation de conflit qui opposa saint Paul à d’autres chrétiens dans l’Église primitive et la situation de conflit qui divise l’Église actuelle, nous avons tort. Voici comment  :

Saint Paul est un homme de progrès qui va de l’avant avec hardiesse, comme un prophète, guidé par l’Esprit-Saint. Il sait que sa nouveauté vient du Christ, il en a la certitude intime, il le démontre abondamment. (…)

Contre lui se dressent les tenants de l’ordre ancien. Voilà des mots que nous avons entendus cent fois  : les tenants de la Loi, les gens qui sont attachés aux traditions. (…)

Ce sont d’une part, les juifs restés juifs. Ils persécutent les chrétiens, plus particulièrement Paul, tout en épargnant ceux qui restent un pied dans la synagogue et un pied dans l’église.

Et ce sont d’autre part les juifs convertis. Ces judéo-chrétiens, frères de saint Paul, farouches partisans des traditions et coutumes juives, poursuivront saint Paul de leur haine, allant jusqu’à briser l’unité de l’Église.

Entre ces deux partis, le parti du mouvement et le parti de la tradition, l’autorité s’efforce à l’objectivité, à l’impartialité. Elle accepte autant qu’il est possible les deux tendances, en réprouvant les excès des uns et des autres. (…) Cependant dans cette autorité qui essaie de maintenir l’unité, on voit très bien ceux qui privilégient tout de même une tendance. (…) Il y a Jacques qui est le Président de la Communauté de Jérusalem, cousin du Seigneur, fidèle pratiquant de toutes les observances juives, son cœur est plutôt du côté de la tradition juive. Et puis il y a Pierre qui est plutôt du côté de Paul, du côté du mouvement, de la nouveauté, mais très prudent.

ACTUALISATION

Toutes ces divergences se retrouvent, à l’identique, dans notre Église moderne. (…)

Sous la tornade de l’Esprit-Saint, le pape Jean XXIII a ouvert l’Église au monde, provoquant une explosion apostolique, une nouveauté charismatique. Sous la guide de l’Esprit, chacun s’est trouvé libéré des traditions trop étroites, a rejeté la loi pour ouvrir son cœur à l’Esprit. C’est un Évangile nouveau, surprenant, mais dont les théologiens modernes, comme le Père Congar et tant d’autres, démontrent qu’il est dans la ligne même du christianisme. Ils sont incompris des milieux traditionnels, de la masse des gens qui hésitent à suivre. Voilà le modernisme, le progressisme. Les noms disent bien ce qu’ils veulent dire.

– En face de cette nouveauté, une minorité se cabre, se ferme sur elle-même, se fige sur sa tradition et ses traditions. Le passé est idéalisé, le passé est parfait et le présent est ignoble, abominable, apostat. C’est l’intégrisme, le traditionalisme, avec des nuances entre les deux.

L’autorité arbitre le conflit, avec des tendances personnelles diverses. Paul VI aurait plutôt le cœur à gauche du côté du mouvement, tandis que Jean-Paul II serait plutôt réticent, conservateur. Quoiqu’il en soit, cette hiérarchie du concile Vatican II, exactement comme du temps de saint Pierre et du premier concile de Jérusalem, est de toute manière acquise à l’idée du réformisme. C’est l’Esprit-Saint qui a voulu cela, et on ne peut donc pas aller contre, s’y opposer sans se détacher de l’Église, sans rester comme un wagon sur la voie, un wagon qui a cassé sa chaîne tandis que le train continue à courir en avant  : le wagon perd de sa vitesse et finalement, il s’arrête sur la voie, c’est la mort. Le réformisme papal et conciliaire est inspiré, suscité, conduit par l’Esprit-Saint, il est en voie de réalisation, toujours par l’Esprit-Saint. Sans doute, faut-il opérer une révision du mouvement, de temps en temps, car il faut aller ni trop vite ni trop lentement.

Conclusion, c’est facile  : selon la dialectique même que nous avons vue dans les Actes des Apôtres  :

– nous avons l’intégrisme qui est le judaïsme de nos jours. Il est hérétique et schismatique. Il est hérétique, parce qu’il nie le Saint-Esprit dans l’Église et il est schismatique parce qu’il refuse un mouvement que l’autorité a accepté.

– Il y a le traditionalisme qui s’oppose à Dieu. Peut-être plus fluent, plus souple que l’intégrisme, mais c’est une sorte d’hypocrisie, car le traditionnel se maintient comme à contrecœur dans une Église qui le traîne. (…)

– Il y a le réformisme conciliaire, garanti par l’infaillibilité de Pierre et du collège apostolique. Le concile de Jérusalem a été réformiste, comme celui de Vatican II.

C’est le même rôle, le même Évangile que celui de Paul  : un appel à la liberté. Qu’importent le dogme, la discipline, la morale, les sacrements, et si les âmes ne se sauvent pas. Dans ce réformisme, seuls sont condamnables les excès, les excès de modernisme qui vont jusqu’à supprimer la Foi, les excès du progressisme qui vont jusqu’à prêcher la révolution.

Pourtant ces excès eux-mêmes viennent de pasteurs qui veulent le bien de l’Église, ils ont de bonnes intentions. Paul VI, même au moment où il s’en prend aux excessifs du réformisme, les déclare généreux, inspirés par le zèle apostolique. Seulement, ce sont des docteurs insuffisamment instruits ou imprudents. Après le pape Jean XXIII ouvrant les fenêtres de l’Église au monde, les papes Paul VI et Jean-Paul II sont tout à la fois Pierre et Paul. (…)

Il y a vingt ans qu’on nous chante cette chanson  !

RÉFUTATION CRC DES APPARENCES

Saint Paul, pas plus que les autres évangélistes et Apôtres, n’a annoncé pour l’avenir une nouvelle mutation. Ils ont opéré dans le Christ une réforme de la religion juive selon ce qu’annonçait cette religion elle-même. (…) Les vrais juifs, le vrai Israël de Dieu, ce sont ceux qui, à cause de la Foi d’Abraham, à cause de la Loi de Moïse, à cause des prophéties, ont compris que Jésus était le réalisateur des promesses.

Jésus vient. En Lui habite la plénitude de la Divinité, comme dit saint Paul, Il instaure la nouvelle et éternelle Alliance, mais il n’y en aura plus de nouvelle.

Saint Paul précipite la mutation, hâte la floraison de la nouvelle Alliance, mais il n’a jamais dit, ni les autres apôtres, qu’il y en aurait une autre. (…) S’ils ont prédit un changement à venir, il n’y en a qu’un, c’est celui de l’apostasie présidée par l’Antéchrist, mettant l’homme à la place de Dieu, siégeant dans le temple, et entraînant l’humanité dans sa perte. Il n’y a que cela comme nouveauté.

APPLICATION MODERNE

En face de cette Alliance nouvelle et éternelle, il n’y a donc pas de dialectique historique qui compte, il n’y a pas de «  vraie et fausse réforme dans l’Église  », comme dit Congar.

Dans la mesure où les novateurs n’imposent pas seulement un changement local (en quelque partie du monde), ou partiel (de tel ou tel dogme ou discipline), ou superficiel (de tel ou tel usage), mais que c’est un changement global, universel, qui se prétend définitif, ce n’est plus une hérésie, mais c’est l’apostasie prédite dans les Saintes Écritures. La hiérarchie est complaisante  ? Elle prétend que cela vient du Saint-Esprit  ? Cela prouve simplement qu’elle trahit son devoir.

Le traditionaliste se doit donc d’être contre-réformiste,car on ne peut pas maintenir la tradition du Christ, la fidélité de l’Église à son fondateur, et le culte de la nouvelle et éternelle Alliance sans être vigoureusement opposé à cette réforme.

Quant à l’intégrisme, il n’est qu’un défaut de caractère, qu’une exaspération, que des étroitesses de gens qui sont traditionalistes, et ont raison de l’être.

Il ne faut pas donc pas juger des partis uniquement par leurs relations mutuelles, par la forme de leurs débats, mais il faut aller au fond des choses. (…)

LE FOND DES CHOSES

Aujourd’hui, le concile Vatican II et les réformistes ont déclaré  : la Foi sans les œuvres, comme saint Paul, et ils nous engagent à sacrifier nos traditions par amour de “ ceux qui sont loin ” afin de les attirer dans l’Église.

Nous avons entendu sur tous les tons que l’on pouvait être bon chrétien sans être pratiquant, et que la pratique des sacrements ou des sacramentaux, les dévotions, la fixation obsessionnelle sur le code des lois morales, sur les lois canoniques, sur la lettre du catéchisme, etc., tout cela était une religion mal comprise, mal vécue. Nous sommes appelés à la liberté…

«  Si quelqu’un veut vous remettre en esclavage, dit saint Paul ,qu’il soit anathème.   » (Ga)

Paul prend parti pour la liberté afin d’ouvrir l’Église à tous les païens, le concile Vatican II prend aussi parti pour la liberté. C’est ce que le cardinal Marty appelait “ l’option missionnaire ”  : «  Nous ne reviendrons pas sur l’option missionnaire  !  » Mais les catholiques ne comprennent pas, les gens perdent la foi… Cela ne fait rien, l’option missionnaire, c’est saint Paul, c’est le concile Vatican II, c’est la voix de l’Esprit  !

Tous ces gens-là ont-ils été fidèles à l’intuition de saint Paul  ? Eux pensent que oui, je réponds  : Non, et je le démontre  !

I. Saint Paul, lorsqu’il était juif, en était arrivé à la perfection, c’est-à-dire à l’observation méticuleuse de toutes les traditions pharisienne. Il y tenait. Ce n’était donc pas un impatient, un contestataire comme tous ceux que nous avons vus faire au concile et ensuite. Paul était un homme d’obéissance ponctuelle aux traditions.

II. Après sa conversion, il est vrai qu’il va supprimer non seulement les traditions pharisiennes, mais aussi la Loi et ses prescriptions car elles faisaient concurrence et opposition à la foi au Christ. (…)

Mais à peine est-il passé à la Foi chrétienne qu’il fonde des Églises et institue des traditions. La Foi chrétienne n’est pas restée la sola fide dont parle Luther. Tout de suite, cette Foi s’est manifestée par des traditions  :

– On se réunissait en assemblée.

– On prenait l’habitude de faire telle et telle chose et de procéder par ordre dans la liturgie et ainsi, les traditions s’initiaient.

– Les chrétiens commençaient à avoir un comportement particulier au milieu des païens et des juifs.

Les traditions chrétiennes sont venues aussitôt, non seulement de la part de saint Paul, mais aussi des autres apôtres, car il s’agissait de faire passer la Foi dans la vie. On ne peut pas être ensemble sans que se fondent des traditions, des habitudes de groupe. Or, ces traditions chrétiennes étaient des traditions plus religieuses, plus vertueuses, plus saintes que les traditions auxquelles saint Paul priait les païens et les juifs de renoncer.

Lorsque saint Paul fut contrecarré dans l’institution de ces traditions, il débouta les mauvais esprits, gentiment mais fermement (cf. 1 Co 14, 26-39)  :

«  Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré par l’Esprit, qu’il reconnaisse en ce que je vous écris un commandement du Seigneur  ! S’il l’ignore, c’est qu’il est ignoré.   » (1 Co 14, 37)

Si nos évêques et nos papes avaient répondu cela à tous les mauvais esprits qui sèment le trouble dans l’Église depuis cent ans, nous ne serions pas où nous en sommes  : Vous n’êtes pas d’accord avec moi  ? Cela prouve que vous êtes ignoré du Saint-Esprit… Circulez  !

Comment une autorité peut-elle capituler devant des charismatiques ou des progressistes  ? Si on commence à abandonner nos traditions vénérables, celles qui remontent aux Apôtres ou à tant de saints, parce qu’une espèce d’énervé se lève et dit  : «  Le Saint-Esprit me dit qu’il faut changer ça  !  », c’est perdu  ! C’est ce qui s’est passé au XVIe siècle avec Luther et les autres… et ce qui arrive depuis Vatican II  !

En contrepartie, toujours sur ce point des contestations dans l’Église, qu’il s’agisse de la bêtise humaine, ou du respect de traditions qui n’ont plus aucun sens, ou de l’établissement de nouvelles, saint Paul, loin d’être un despote, a été un modèle de charité. (cf. 1 Co 8, 13, à propos des idolothytes)

VATICAN II ET LUTHER, MÊME COMBAT  !

Vatican II, loin d’agir comme saint Paul, n’a fait qu’imiter Luther en toutes choses. Voici les motivations qui ont poussé Luther à rejeter les traditions catholiques, ce sont les mêmes dont le concile Vatican II se réclama pour imposer sa réforme.

1) Luther avait une hérésie personnelle à instaurer.

Luther était dans le péché jusqu’au cou, aussi voulait-il qu’on puisse dire que la grâce couvre le péché. Ce manteau de lumière de la grâce qui recouvre le péché sans l’effacer, ni sans sanctifier et transformer le pécheur, c’est une insulte à Dieu, c’est stupide du point de vue philosophique, et absolument étranger à la tradition chrétienne.

Cet ignoble va tout casser et changer dans l’Église pour imposer la théorie ignoble de son cas.

Il en est de même pour la minorité agissante des grands théologiens de Vatican II, il faudrait montrer leur souillure. Tous ces gens-là traînent une hérésie épouvantable  : ils ont décidé d’épouser le monde, de vivre et de penser comme des mondains. Il n’y a qu’à voir le constant adultère intellectuel des Congar, de Lubac, Daniélou, Küng, Rahner, etc. Tous des courtisans du monde païen, du monde juif, du monde socialiste, du monde protestant. C’étaient des âmes adultères et qui évidemment n’étaient pas à l’aise dans la maison conjugale.

2) Luther a le mauvais esprit. Il jugeait les œuvres du culte contraires à la Foi au Christ, parce qu’il détestait ces œuvres. Comme saint Paul aurait fait, on lui a fait comprendre, en 1517, que s’il en était là, c’est qu’il était ignoré de l’Esprit-Saint. Ah  ! Tu prétends être inspiré par l’Esprit-Saint en détruisant la Messe, en détruisant le culte de la Sainte Vierge, en détruisant les vœux monastiques  ? Sache que tu es ignoré de l’Esprit-Saint et on t’excommunie  ! L’Église a bien fait  !

Vatican II a laissé parler dans l’Église ceux qui avaient plein d’ironie, de mépris, de haine pour les choses saintes, l’habit, les vœux religieux, le chapelet, le chemin de Croix, etc. En eux parlait un mauvais esprit qui leur faisait considérer les traditions de l’Église comme des superstitions vaines, vides de sens, exactement comme Luther et les luthériens. Même frénésie pour s’arracher à leur couvent, perdre l’habit religieux, etc.

3) Luther se pique de science. Puisqu’on est réformateur, on va libérer l’Église  ; alors, soyons intelligents. Luther était intelligent  ! Par exemple, il rejette de la Bible les livres écrits en grec (Livre de la Sagesse, Tobie,…) On se demande pourquoi. C’est de la science  !

De la même manière, aujourd’hui, on se pique de science exégétique pour mieux faire passer nos réformes… La catéchèse a été ruinée de fond en comble par le modernisme et le progressisme. On a supprimé le culte de la Sainte Vierge au nom de la science… ces messieurs ne la trouvait pas dans la Bible  ?  !

Ce primat de la science, en fait, est un alibi aux esprits insubordonnés et révolutionnaires.

4) Luther est un frivole, courtisan de ses partisans. Depuis que j’étudie Luther, à certains moments, je me dis qu’il était un humaniste. D’autres fois, je me dis  : mais pas du tout, ce n’était au contraire qu’un arriéré, il était retardé de trois ou quatre siècles sur son temps  !

Ce sont les deux à la fois. Luther veut plaire. Il a une partie humaniste  : il sera pour les nouvelles éditions de la Bible, la traduction de la Bible, etc. Par une autre partie, c’est un affreux intégriste qui hurle contre Copernic et contre la nouvelle théorie selon laquelle la terre tourne autour du soleil, bien plus que jamais les papes de Rome n’ont fait.

Il est antisémite. Le dernier jour de sa vie, il hurlera avec haine contre les juifs, parce que cela plaisait à son auditoire.

Voilà le rebelle dans l’Église. En fait, il est esclave des passions de ceux qui le suivent, parce que s’ils ne le suivaient pas, il ne serait rien.

De la même manière, Vatican II a introduit cet esprit de courtisanerie dans l’Église. Jean-Paul IIs’est cru obligé de réhabiliterGalilée  ! C’est ridicule… comme sera moliéresque aussi l’éloge que l’on fera d’Einstein sans le comprendre… Sous la plume de ces courtisans et lâches intellectuels, Teilhard de Chardin est notre nouveau saint Paul  !, et tout à l’avenant. (…)

5) Un christianisme sans piété ni Croix  : Le luthéranisme est devenu une bureaucratie, un formalisme, un ritualisme odieux. Le peu de pratique qu’ils ont gardée, réduite à pas grand chose, est devenu sclérosée. On ne peut s’imaginer à quel point la liturgie, les préceptes moraux, les habitudes mentales et morales des protestants sont une chose vide de vie. Toute la vie des protestants est passée, toute l’activité, toute l’ardeur a rejailli sur la chair, la terre, l’argent. Sous le coup du protestantisme, l’humanisme du XVIe siècle, qui était spirituel, intellectuel, artistique, s’est transformé à Genève, à Londres, en attendant New York, en un humanisme matérialiste, affairiste, c’est l’humanisme anglo-saxon  : la prospérité matérielle, l’efficacité industrielle et bancaire. L’utilitarisme a remplacé la religion.

Vatican II est promis au même sort, c’est évident. Après vingt ans, cela crève les yeux. On a supprimé toutes les traditions qui étaient l’enveloppe très absorbante de la Foi, alors que c’était la manière de vivre dans le quotidien la Foi pure en Jésus-Christ, et de garder la grâce et les vertus. Telle était la liturgie qui enveloppait la Messe, les sacrements, les dévotions, sans parler des Ordres religieux avec leurs manières de vivre la spiritualité chrétienne. Tout cela, c’était une merveilleuse efflorescence.

On l’a supprimée, prétendument pour retrouver le tronc et sa sève jaillissante, revenir aux temps bibliques, évangéliques, retrouver saint Paul dans toute son énergie. Mais faute de dévotion, faute de pratique, faute de manière de faire, les églises se sont fermées. (…) Cette chute de la religion a été voulue au profit d’une Foi plus pure. Mais que reste-t-il de cette Foi  ? Une sorte d’enthousiasme vide qui se raccroche à quelques pratiques que l’on garde et que l’on prétend extrêmement vivantes. Mais il n’y a qu’à voir leurs fameuses réunions, célébrations eucharistiques ou «  A. D. A. P  » (assemblée dominicale en l’absence de prêtre), pour savoir à quel point tout cela est figé, sans enthousiasme. Cela crève les yeux  ! Plus de conversion, plus de pratique religieuse et sacramentelle, plus de vocations, etc. C’est la ruine…

Depuis Vatican II, nos évêques, nos théologiens veulent plaire au monde, ils fuient donc toute persécution et rejettent la Croix du Christ.

LePère Teilhard de Chardin, qui était lié aux milieux universitaires internationaux, touchait de l’argent des francs-maçons américains. Toujours entre Paris, New York, Pékin, ce pauvre homme était vendu aux athées, aux juifs, aux anticléricaux du monde entier. Alors, il fait disparaître la Croix de sa synthèse. Dans son évolution, il n’y a pas la Croix.

Et Congar, ce théologien qui voulait plaire, devenir le grand prophète du Concile, il n’a jamais fait attention à la disparition de la Croix, et de la disparition du Jésus historique dans la synthèse de Teilhard. Il y a applaudit au contraire  ! (…)

Sous la conduite de tels chefs, les chrétiens suivent le mouvement, et du libéralisme, ils sombrent vite ensuite dans l’apostasie. (…)

On commence par rejeter un certain nombre de traditions, petites traditions périphériques. (…) On n’a plus de Croix ni sur l’autel ni aux murs de nos maisons. Au lieu d’une croix ou d’une image de la Sainte Vierge, nos chrétiens mettent une photo d’acteur de cinéma ou celle du dictateur de leur pays… Peu à peu, ils ne se rendent pas compte que les traditions du christianisme reculant, ils remplissent leur vie de traditions qui leur vient de la radio, des journaux, des revues illustrées, qui sont autant de traditions qui leur sont imposées par l’ennemi du genre humain par le truchement du monde dit moderne. C’est ainsi que le christianisme se retire de notre vie et que l’on se retrouve asservi aux traditions judéo-maçonniques.

Alors  ? Il suffit de relire l’épître aux Galates, 1, 1-10  :

«  Paul apôtre, non de la part des hommes, ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts, et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de Galatie. À vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ, qui s’est livré pour nos péchés afin de nous arracher à ce monde actuel et mauvais, selon la volonté de Dieu notre Père, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen.  »

Qui aujourd’hui, met en doute la résurrection de Notre-Seigneur, refuse de parler de l’Enfer, du péché originel, de la Rédemption des péchés  ? Qui passe son temps à dire que le monde actuel est bon et que l’Église doit l’épouser  ?

«  Je m’étonne que si vite vous abandonniez celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour passer à un second évangile – non qu’il y en ait deux  ; il y a seulement des gens en train de jeter le trouble parmi vous et qui veulent bouleverser l’Évangile du Christ.  »

Qui a semé le désordre dans l’Église  ? Saint Pie X ou les modernistes et progressistes qu’il condamnait, et que d’ailleurs Vatican II a réhabilités  ?

«  Si nous-mêmes, si un ange venu du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème  !   »

Lorsqu’on prétend que Vatican II est une nouvelle Pentecôte, ou quand l’on affirme que Luther a révélé le véritable Évangile, l’on tombe sous le coup de l’anathème de saint Paul. Il n’y aura jamais de réforme de l’Église, il n’y aura jamais de nouvelle Pentecôte. Ceux qui le disent ne peuvent être que les figures de l’Antéchrist.

«  En tout cas, maintenant est-ce la faveur des hommes ou celle de Dieu que je veux gagner  ?  »

Passez en revue, les nouveaux apôtres, tous ceux qui ont fait la réforme du Concile, comme tous les gens de Luther, cherchaient-ils à plaire à Dieu ou aux hommes  ? La réponse est claire  : ils cherchaient la faveur des hommes.

«  Si je voulais encore plaire à des hommes, je ne serais plus le serviteur du Christ.  »

Sont serviteurs du Christ ceux qui cherchent à plaire à Dieu  :

– en rappelant la foi au Christ,

– les traditions de l’Église et toujours et partout, la Croix du Christ
qui autrefois nous a sauvés de la colère de Dieu,

– et la croix du disciple du Christ, que nous avons tous à porter.

Tel est le signe distinctif des disciples du Christ  !

Abbé Georges de Nantes
Extraits de S 63  :L’Évangile de Paul
Conférence du lundi matin, 19 septembre 1983

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