La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Psaume vingt-quatrième (23) :
La Montagne de Yahweh

  1. À David. Psaume.
    À Yahweh la terre et sa plénitude, le monde et ceux qui l’habitent.
  2. Car lui, sur les eaux il l’a fondée et sur les fleuves, il l’a fixée.
  3. Qui montera sur la montagne de Yahweh  ?
    Et qui se lèvera dans le lieu de sa sainteté  ?
  4. L’innocent aux mains et au cœur purs, qui n’exaltera pas mon âme en vain, ni ne jurera pour tromper.
  5. Il apportera bénédiction d’auprès de Yahweh et justice de la part du Dieu de son salut.
  6. Voici la génération de ceux qui le cherchent  : ceux qui interrogent ta face, Jacob.

LE RETOUR DE YAHWEH DANS SON TEMPLE

  1. Élevez, porches vos frontons, élevez-vous, portes d’éternité, et il entrera le roi de la gloire.
  2. Qui est ce roi de la gloire  ? Yahweh, fort et preux, Yahweh, preux au combat.
  3. Élevez, porches vos frontons, élevez-vous, portes d’éternité, et il entrera le roi de la gloire.
  4. Qui est ce roi de la gloire  ? Yahweh des armées, c’est lui le roi de la gloire.
*
* *

VERSET 1. «  À David  », «  à Yahweh  », mystérieuse entrée en matière qui, par l’inversion de la formule dédicatoire ordinaire, met en parallèle les noms de David et de Yahweh… jusqu’à les identifier  ? Oui  ! Aux yeux de l’auteur de ce psaume, Yahweh-Dieu et le roi-messie, fils de David, dont l’avènement est attendu à Jérusalem, ne font qu’un.

Yahweh est le Créateur de l’univers, et donc le maître de toutes les nations, et pas seulement d’Israël.

VERSET 2. La terre repose sur les eaux du grand océan cosmique (Gn 1, 2).

VERSET 3. Moïse est monté sur la montagne du Sinaï. Ici, la «  montagne de Yahweh  » évoque plutôt celle de Sion où Yahweh a sacré son «  roi  » qui est aussi son «  Fils  » (Ps 2, 6-7; cf. 3, 5; 11, 1; 15, 1).

«  Qui se lèvera  ?  » La réponse est inscrite dans les psaumes précédents, où l’appel s’adresse à Yahweh lui-même  : «  Levez-vous, Yahweh  !   » (Ps 3, 8; 7, 7; 9, 20, 10, 12; 17, 13) Mais poser la question signifie que Yahweh n’a pas encore répondu à cet appel qui exprime une attente grandissante. Réponse dans la deuxième partie de ce psaume (v. 7-10).

VERSET 4. «  L’innocent aux mains et au cœur pur  », littéralement  : «  l’innocent des paumes et le pur de cœur  ». L’expression désigne un homme qui n’a rien à se reprocher. Sans autre emploi dans l’Ancien Testament, elle laisse entendre que cet «  innocent  » -là n’existe pas, pas encore. Même David ne garda pas son cœur pur et souilla ses mains du sang d’Urie. Les verbes qui suivent, au futur, annoncent pourtant l’avènement de cet «  innocent  » et son action salvifique toute contraire à la conduite des rois de la lignée davidique, dépositaire des promesses faites à Jacob.

«  Qui n’exaltera pas mon âme en vain  », littéralement  : «  n’élèvera pas  ». Le verbe revient six fois dans ce psaume (v. 4, 5, et deux fois aux versets 7 et 9). C’est le psalmiste qui parle, il précisera au v. 6 au nom de qui, de quelle «  génération   ». Jésus, «  innocent aux mains et au cœur purs  », répondra très exactement à cette attente car, à son école, «  quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé  » (Lc 14, 11; 18, 14).

VERSET 5. «  Il apportera  », littéralement  : il «  élèvera  » les mains pour bénir, comme Aaron en Lv 9, 22.

«  De son salut  », yishe‘ô  : il y a déjà le nom de Jésus dans ce mot.

VERSET 6. Le psalmiste, qui appartient à cette «  génération  », applique ici à Jacob ce qui est dit de Moïse redescendant de la montagne du Sinaï  : «  La peau de son visage rayonnait, à la suite de son entretien avec Yahweh.  » (Ex 34, 29) De quoi rayonnait-il  ? De «  la gloire de Yahweh  » établie sur le mont Sinaï  : «  Cette gloire de Yahweh revêtait, aux yeux des enfants d’Israël, l’aspect d’une flamme dévorante couronnant la montagne.  » (Ex 24, 17) Ceux qui cherchent Dieu interrogent la face de Jacob parce qu’elle rayonnait de la même gloire.

VERSET 7. Jacob s’est en effet trouvé un jour à l’entrée de l’éternité  : «  Il eut un songe  : voilà qu’une échelle était plantée en terre et que son sommet atteignait le ciel et des anges de Dieu y montaient et descendaient.  » (Gn 28, 12) Or, «  Jacob s’éveilla de son sommeil et dit  : “ En vérité, Yahweh est en ce lieu et je ne le savais pas  ! ” Il eut peur et dit  : “ Que ce lieu est redoutable  ! Ce n’est rien de moins qu’une maison de Dieu et la porte du ciel  !  ”  » (Gn 28, 16-17)

Ainsi en va-t-il de la «  montagne de Yahweh  », du «  lieu de sainteté  », de Jérusalem et de son Temple, où Dieu a sacré son «  Roi  » (Ps 2, 6), son «  Fils  » (Ps 2, 7).

VERSET 8. Après avoir vu la gloire de Yahweh quitter Jérusalem, Ézéchiel l’a vue revenir  : «  La gloire de Yahweh arriva au Temple par le porche qui fait face à l’orient.  » (Ez 43, 4) Voici donc la réponse à la question posée au verset 3  : le roi introuvable parce que «  innocent  » et de main et de cœur, qui «  se lèvera  » dans le lieu de la sainteté de Yahweh est Yahweh lui-même (v. 9-10)  !

Frère Bruno de Jésus-Marie
Il est ressucité  ! n° 99, novembre 2010 p. 32

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