La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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EXPLICATION DU CREDO
La Rédemption du monde par la Croix de Jésus

Christ crucifiéVoici le troisième grand mystère de la foi chrétienne. C’est «  le mystère de Jésus-Christ mort sur la croix pour racheter tous les hommes  », enseigne le petit catéchisme (q. 95). Il entre dans le détail. «  Jésus a souffert une cruelle agonie. Il a été trahi par Judas, flagellé, couronné d’épines, condamné par Ponce Pilate (et d’abord, et bien plus par Caïphe  !). Enfin il est mort cloué sur la croix.  » (q. 97) Il faut relire les récits de la Passion dans les quatre Évangiles pour tout savoir.

Mais le catéchisme ajoute, avec la sainte Tradition, que «  la plus grande souffrance de Jésus pendant la Passion était de se sentir comme écrasé par le grand nombre et la laideur de nos péchés et par l’ingratitude des hommes.  » Saint Paul n’a-t-il pas écrit que Dieu, à cette Heure, «  l’a fait péché pour nous, lui qui n’avait pas connu le péché  » (II Co 5, 21),«  devenu lui-même malédiction pour nous  » (Ga 3, 13)  ? Et lui-même n’a-t-il pas dit que «  le Fils de l’homme était venu… donner sa vie en rançon pour la multitude  » (Mt 20, 28; Mc 10, 45)  ? C’est, psychologiquement comme corporellement, effrayant.

Le lieu, la date, les circonstances de l’Événement sont scientifiquement connus  : «  Jésus-Christ est mort à Jérusalem, sur le Calvaire, le Vendredi saint (très probablement le 7 avril de l’an 30),vers trois heures de l’après-midi.  » Puis son corps fut détaché de la croix et déposé sur la table funéraire d’un tombeau neuf creusé dans le roc. Quant à son âme, le Credo nous dit qu’elle «  descendit aux enfers  », nous en reparlerons plus loin.

La raison de ces douleurs du corps et de ces non moins affreuses souffrances du Cœur de notre Sauveur, le catéchisme la présente d’abord ainsi  : «  Jésus-Christ a vraiment racheté tous les hommes car par sa vie, par ses souffrances et par sa mort il leur a mérité le pardon de leurs péchés et les grâces nécessaires pour obtenir le Ciel.  » (q. 96) Et il explique ce «  mérite  », à la suite de saint Anselme, par le fait que Jésus a souffert réellement parce qu’il était homme terrestre, et que ses souffrances et sa mort eurent un prix infini parce qu’il est Dieu.

L’Église insiste sur la réalité et la nécessité de cette immolation pour que ce sacrifice soit une vraie rédemption du genre humain. Il fallait que quelqu’un paie, et Jésus a voulu payer pour tous. Doctrine classique, mais difficile. Payer à qui  ? au diable  ?  ! ou au bon Dieu dont la Colère ne s’apaiserait qu’à la vue de tant de sang  ?  !

Une autre raison apparaît alors, pour expliquer de si atroces souffrances  : «  Jésus-Christ a voulu tant souffrir pour nous montrer davantage son amour et nous donner une plus grande horreur du péché.  » (q. 98) Voilà qui est moins choquant, moins surprenant que l’idée d’une rançon, d’un prix à payer. Mais, même pour émouvoir nos cœurs, les détacher du péché, les attacher à Lui, Jésus n’aurait-il pu trouver d’autres voies, d’autres gestes non moins démonstratifs et pourtant plus humains, plus doux que ce spectacle d’épouvantement et d’horreur  ?

NON  ! Son Cœur divin, plein d’amour et de miséricorde, pardonne à ses bourreaux qui sont à cet instant tous les hommes de tous les temps, et son Cœur humain obtient à sa seule prière le pardon de son Dieu et Père qui l’a envoyé. Là n’est pas le problème. Encore fallait-il, «  pour nous et pour notre salut  », que cette prière humaine et ce pardon divin ne paraissent pas du cinéma et ne le soient pas  ! mais qu’ils viennent à la rencontre l’un de l’autre, à mi-chemin entre ciel et terre, entre la Sainteté et l’infamie, sur ce sommet de douleur et de charité qu’est la Croix, nulle part ailleurs. Il fallait cet acte de justice humaine, et non quelque proclamation d’amnistie divine qui nous eût paru arbitraire et facile. Il fallait que “ la justice passe ”  ! et qu’elle soit acceptée, voulue, embrassée par pure obéissance. C’est l’enseignement, d’une profondeur incomparable, de la prophétie du Serviteur souffrant, d’Isaïe 53  : «  Im tasim ashamS’il offre sa vie en sacrifice d’expiation, il verra une postéritéPar ses souffrances, mon Serviteur justifiera des multitudes, en s’accablant lui-même de leurs fautes.  » (Is 53, 10-11)

Ainsi, entre les péchés des hommes et leur châtiment éternel, s’interposent les souffrances et la mort, aussi réelles, aussi considérables, de l’Agneau innocent, leur frère et leur Sauveur. Il a payé leur rançon, mais eux en ont contracté une dette vis-à-vis de Lui, dette de foi, de reconnaissance et d’amour qu’ils ne devront pas oublier (cf. CRC 43 et 70)  !

Extraits de Toute notre religion, p. 31-32

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