La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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EXPLICATION DU CREDO
Unique Dieu vivant, Sainte Trinité

LES MYSTÈRES CHRÉTIENS

Théophanie de TuyIl y a infiniment plus de choses dans le monde que chacun n’en peut voir et savoir par lui-même  ; il lui faut bien croire ce que les autres, qui méritent sa confiance en vertu de leur compétence et de leur loyauté, lui en disent. Il y a aussi beaucoup de choses que la raison humaine ne peut pas comprendre parfaitement. Et cependant elles existent. Il lui faut bien les admettre  ! C’est ce qu’on appelle parfois, au sens large, les mystères de la Nature.

Mais les mystères de la religion sont de tout autre genre, et de tout autre importance. Ce sont les très hautes réalités, les très divines vérités que Dieu lui-même a fait connaître aux hommes, qu’Il a révélées par ses Prophètes, par ses Apôtres, mais surtout par son Fils Jésus-Christ qui les a toutes enseignées ou corroborées de sa souveraine autorité et de sa science divine, durant sa vie terrestre, laissant à l’Esprit-Saint le soin de les rappeler et les faire suffisamment comprendre à son Église pour qu’elle les tienne et enseigne elle-même infailliblement.

Les trois plus grands mystères chrétiens, qui nous sont rappelés et que nous professons par le signe de la croix, sont les Mystères de la Sainte Trinité, de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption du monde par sa croix.

LE MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ

N’allant pas à l’aveugle, à la découverte de la religion, n’étant pas à l’écoute de l’expérience intime de chacun et de nouvelles révélations du divin dans nos consciences, l’Église nous enseigne tout de suite toute la Vérité qui lui a été révélée par Dieu sur Lui-même et sur sa manifestation au monde.

Le premier mystère, celui qui explique tous les autres et sans lequel les autres seraient inexplicables, inexistants, c’est le Mystère de l’Unique Dieu vivant en trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C’est Jésus qui l’a fait connaître aux hommes durant sa vie publique. C’est Lui qui l’a formulé enfin avec la dernière clarté quand il a envoyé ses Apôtres baptiser tous les hommes qui croiraient en Lui, «  au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit  » (Mt 28,19). Le «  Nom  », au singulier, indique que les Trois sont un seul et même Dieu, une substance ou nature divine unique. «  Le Père, le Fils et le Saint-Esprit  » désignent indubitablement trois personnes distinctes, «  égales en toutes choses car, étant un seul et même Dieu, elles ont toutes trois les mêmes perfections  », explique le petit catéchisme. (q. 33) Le mot de «  personne  » et celui, grec, d’«  hypostase   » ont été choisis par l’Église, infailliblement, pour bien marquer que le Père, le Fils, l’Esprit-Saint subsistent sans division, sans confusion et non pas par simple union morale mais existentiellement, Trois en une seule et même «  Substance  ».

Le Père engendre son Verbe, le Fils de Dieu, qui lui est «  consubstantiel  » (Concile de Nicée). Du Père et du Fils «  comme d’un seul Principe  » (Saint Augustin) procède le Saint-Esprit, digne de la même «  adoration et glorification  » (Concile de Constantinople). C’est par leurs «  relations mutuelles  » que se distinguent et se trouvent constituées et nommées les Personnes (XIe Concile de Tolède). C’est difficile, c’est inaccessible à la raison. Il nous est demandé par Dieu de croire en Lui, sur sa Parole. Ce qui est parfaitement raisonnable. Il est digne et juste, équitable et salutaire d’écouter Dieu se révéler Lui-même à sa créature  !

Cependant il a été donné aux hommes d’apercevoir, de toucher, de savourer quelque rayon de ce mystère quand le Père, ayant envoyé son Fils en ce monde, fait homme de notre lignage, se manifesta par une Voix venue du ciel et montra leur Esprit-Saint planant sous la forme d’une colombe, ou plus tard descendant sur les Apôtres avec un grand vent, sous la forme de langues de feu.

Aussi la meilleure représentation que nous puissions faire de la Sainte Trinité, et la plus traditionnelle, est celle que tant de saints ont eue en visions, et encore sœur Lucie de Fatima, à Tuy, le 13 juin 1929  : Notre Père céleste, comme un Vieillard plein de majesté et de bonté, penché, les bras ouverts, vers son Fils unique sur la croix, tandis que l’Esprit-Saint vole de l’un à l’autre comme une colombe immaculée.

Extraits de Toute notre religion, p. 23-24

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