La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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MÈRE ANNE-MARIE JAVOUHEY
GLOIRE DE LA FRANCE MISSIONNAIRE

Mère JavouheyLe XIXe siècle fut le grand siècle des Missions par la grâce de l’Immaculée, comme l’expliqua lumineusement le vénérable Père Libermann, fondateur des Missionnaires du Cœur de Marie  :

«  Cet esprit apostolique, où pourrons-nous le trouver plus parfait et plus abondant, après Notre-Seigneur, que dans le Cœur de Marie, Cœur éminemment apostolique, enflammé de désirs pour la gloire de Dieu et le salut des âmes  ?… Nous devons considérer le Cœur de Marie comme le modèle parfait du zèle missionnaire dont nous devons être dévorés, et comme une source abondante où nous devons sans cesse le puiser.  »

La vie de la bienheureuse Anne-Marie Javouhey, fille de prédilection de l’Immaculée Conception, est l’illustration parfaite de cette vérité d’hier et de demain.

CHOISIE DE DERRIÈRE LA CHARRUE

Elle est née le 10 novembre 1779 à Jallanges, près de Dijon, d’une famille de paysans bourguignons. Son père Balthazar Javouhey, solide cultivateur d’une probité proverbiale, et sa mère, toute de tendresse et de vertus fortes, puisées dans sa dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, formaient un couple parfaitement uni. Leur aînée, Anne-Marie, faisait la joie de tous par son caractère enjoué, sa piété et son courage au travail. Quand la famille s’installa à Chamblanc à la veille de la Révolution, elle fit sa Première Communion et, de ce jour, se considérait «  comme consacrée à Dieu et à ses œuvres.  »

Pendant la terreur, son père, élu maire de Chamblanc, ne craignit pas de cacher des prêtres réfractaires. C’était presque toujours Anne-Marie qui s’offrait à les accompagner dans leurs tournées nocturnes. Un jour, l’un d’eux lui dit  : «  Les temps sont durs, ma fille, l’Église est dans la nuit. Les vrais prêtres sont ceux qui marchent avec elle.  » Quand les persécutions cessèrent, ce fut elle qui décida, en l’absence du clergé, d’organiser les cérémonies à l’église et d’enseigner le catéchisme. L’attrait qu’elle en ressentait devenait de plus en plus pressant. Un jour, le bon Dieu y mit son sceau, dans des circonstances qui sont restées le secret de la vie de la bienheureuse. «  Je vois encore le lieu où j’étais occupée à la charrue, quand Dieu me fit connaître sa Volonté.  » «  Il m’appelait, confiera-t-elle une autre fois, à l’état que j’ai embrassé pour instruire les pauvres et les orphelins  », ajoutant que la Sainte Vierge lui était apparue, lui enjoignant d’avancer…

Dès lors, on ne s’étonne plus de la voir surmonter tous les obstacles  : les prétentions d’un soupirant dont elle fera un trappiste  ! les terribles colères d’un père qui ne voulait rien entendre et qui, pourtant, finira par céder, les angoisses qui la saisirent dès son entrée chez les Sœurs de la Charité de Besançon. Elle entendit une voix intérieure lui dire que Dieu avait de grands desseins sur elle et, «  quelques jours plus tard, à son réveil, elle crut voir autour d’elle [c’est elle qui le raconte] beaucoup de Noirs, les uns entièrement noirs, les autres de couleur plus ou moins foncée et mulâtres, portant sur leurs épaules des bêches, des houes et autres instruments de travail champêtre. Accompagnant cette vision, il lui sembla entendre une voix qui disait  : “ Ce sont les enfants que Dieu te donne. Je suis sainte Thérèse, je serai la protection de ton ordre. ”  » Elle ajoutera une autre fois  : «  Je voyais une multitude d’enfants pauvres, malades, pleurant et se recommandant à moi, me tendant les bras… m’appelant “ chère Mère ”. Ils étaient si malheureux.  »

Sous la direction de dom de Lestrange, restaurateur de la Trappe après la Révolution, qui lui enseigna la pratique de la parfaite soumission à la Volonté de Dieu, elle commença sa vie nouvelle au soin des petits orphelins, d’abord dans un village du Jura, puis à Chamblanc, dans la ferme paternelle, en compagnie de ses trois sœurs. Pie VII, de passage à Chalon en 1805, les bénit et, se tournant vers Anne-Marie, lui dit   : «  Courage, mon enfant, Dieu opérera par vous beaucoup de choses pour sa gloire.  » Fortes de cette recommandation, elles ouvrirent à Chalon, puis à Autun, des écoles pour l’instruction des enfants pauvres, en s’inspirant de la méthode de saint Jean-Baptiste de La Salle. Leur oratoire étant dédié à saint Joseph, le bon peuple les appela spontanément “ les filles de saint Joseph ”, ce qu’elles acceptèrent de bon cœur. En 1807, elles prononcèrent leurs premiers vœux et prirent ensemble l’habit  : robe bleue, guimpe blanche, scapulaire et voile noir. La Vierge Marie était apparue à la jeune fondatrice revêtue de ce costume  ; «  c’est pour cela, disait celle-ci, que je n’ai jamais voulu rien y changer.  »

Les débuts furent difficiles, la tâche était écrasante, à la mesure des besoins d’une France rendue exsangue par les folles équipées napoléoniennes  : écoles, hospices, hôpitaux, partout où la misère se faisait sentir. En 1812, Mère Javouhey acquit l’ancien couvent des Cordeliers de Cluny pour y installer son noviciat. La jeune Congrégation y trouva sa définitive identité, trait d’union entre la tradition monastique et l’épopée missionnaire  : elles seraient désormais les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Trois ans plus tard, elles fondaient une maison à Paris, où Louis XVIII venait de rentrer. Le nouveau préfet de police, M. de Chabrol, eut la bonne idée et la charité de s’intéresser à ces jeunes maîtresses bourguignonnes, qui manquaient de tout mais qui faisaient merveille auprès des plus déshérités. Quand, un jour, sonna l’heure de Dieu…

L’APPEL DE L’AFRIQUE

De passage à Paris en 1816, l’intendant de l’île Bourbon, entendant parler avec éloges de Mère Javouhey, demanda à la rencontrer, lui parla de l’état déplorable de sa colonie, de la jeunesse surtout, «  qu’elle soit blanche, noire ou mulâtre  ». Cette précision fut un trait de lumière pour la fondatrice, qui accepta sur-le-champ. Quelques jours plus tard, quelle ne fut pas sa surprise d’entendre le ministre de l’Intérieur lui-même lui déclarer  : «  Nous avons besoin de vous, Madame, pour nos possessions d’outre-mer. Nous voulons y former des asiles pour les malades et des écoles pour les enfants. Pouvons-nous compter sur vous et votre congrégation pour nous aider  ?  » Dieu, qui conduit toutes choses, venait par la voix du représentant officiel de la Monarchie très-chrétienne d’ouvrir un immense champ d’apostolat aux Sœurs de Saint-Joseph.

L’année suivante, quatre sœurs partirent pour l’île Bourbon, où elles débarquèrent après cinq mois de traversée. Cette première fondation sera une des gloires de l’Ordre. En 1819, ce fut au tour du Sénégal d’accueillir celles que d’emblée les indigènes surnommèrent “ filles du Ciel ”. Mais l’état de cette colonie, ou plutôt de la bande de terre qui tenait lieu de colonie, était pitoyable  : au scepticisme affiché des colons blancs répondait la misère croupissante des Noirs que personne ne songeait à évangéliser, à éduquer ou même à soigner. En 1822, la fondatrice décida de se rendre elle-même sur place, tandis qu’elle envoyait un nouveau contingent de neuf sœurs en Guyane et aux Antilles.

Dès son arrivée à Saint-Louis, Mère Javouhey eut tôt fait, avec son bon sens pratique et son énergie à toute épreuve, de résoudre les difficultés du moment. Mais le plus remarquable, c’est que, dans le même temps, elle posait avec génie les bases d’une vraie et durable colonisation. Ce qu’elle voulait établir au Sénégal, c’était une “ Société de vrais chrétiens ”, composée de missionnaires, frères et sœurs, consacrés à l’évangélisation des Noirs, et de colons chrétiens venus de France pour leur apprendre à cultiver la terre et les y aider. Fille de paysans, elle pensait que l’Afrique avait une vocation agricole, et qu’il fallait faire acquérir aux indigènes les connaissances pratiques leur permettant de mettre en valeur leurs terres. Profitant de la présence d’un poste militaire à quarante lieux de Saint-Louis, sur les bords du fleuve Sénégal, elle fonda dans ce but àDagana une sorte de ferme modèle, demandant à son frère Pierre de venir l’y rejoindre.

«  Que j’aime l’Afrique  ! Que je remercie le bon Dieu de m’y avoir amenée  !  ». Cet amour vrai, surnaturel et pratique, la persuadait qu’un grand bien pouvait se faire en Afriqueà condition que la religion y ait sa place, comme elle l’expliquait dans une lettre au ministre, le 31 octobre 1824  :

«  Ce qui devait faire du bien au peuple noir abusé et malheureux, à savoir la science et l’instruction, lui a fait le plus grand mal, en le corrompant par des vices plus dangereux que sa propre ignorance. Il n’appartient qu’à la religion de donner à ce peuple des principes, des connaissances solides et sans danger, parce que ses lois, ses dogmes, réforment non seulement les vices grossiers et extérieurs mais changent le cœur, détruisent le mal dans sa racine. Voulez-vous civiliser l’Afrique  ? Commencez par y établir la religion; montrez cette religion telle qu’elle doit paraître aux yeux d’un peuple fanatique qui ne peut pas encore comprendre, mais qui voit. Donnez à la religion de l’apparat, que la pompe du culte les attire, que le respect les retienne et bientôt vous aurez changé la face du pays. Ils sont naturellement inclinés vers la religion, ils aiment la prière  ; c’est un point important et qui donne de grandes espérances pour le succès.  »

Mère Javouhey n’hésita pas à répondre aussi à l’appel du gouverneur anglais de Sainte-Marie de Gambie et de Sierra Leone, qui avait réclamé “ la religieuse française qui fait tant de bien ” …

Les années qui suivirent son retour en France furent des années de prospérité et d’expansion de l’ordre  : Saint-Pierre-et-Miquelon en 1826, Pondichéry en 1827, cependant que partout en France se multipliaient les “ maisons de Cluny ”. On croyait revivre l’histoire des fondations de sainte Thérèse d’Avila  ! La parfaite entente de Mère Javouhey avec le gouvernement de Charles X fut couronnée le 17 janvier 1827 par une ordonnance royale reconnaissant les statuts de la congrégation. De cette heureuse concertation, allait sortir le plus beau fruit des œuvres de l’ardente missionnaire.

LES SOLITAIRES DE MANA

Cette même année 1827, en effet, M. de Chabrol, ministre des colonies, priait instamment Mère Javouhey de prendre en main un projet de colonisation en Guyane qui avait déjà connu deux échecs. Celle-ci accepta, dans la pensée que ce nouvel établissement serait utile à ses «  chers Africains  ». Une décision royale confia donc aux Sœurs de Saint-Joseph la direction d’une mission de peuplement et d’exploitation des terres situées à l’embouchure de la rivière Mana, à l’ouest de la colonie de Guyane, sous un régime dit “ d’association ”.

Le premier contingent partit de Rochefort en juin 1828, il comprenait trente-six sœurs et soixante-trois cultivateurs et artisans. «  Courage  ! mes enfants, leur dit simplement Mère Javouhey avant d’entonner le Veni Creator, je vous mène en purgatoire, mais c’est l’œuvre de Dieu que nous faisons.  »

Après un bref passage à Cayenne, les voilà à pied d’œuvre à Mana, au milieu de la forêt tropicale. Un même esprit surnaturel unissait les sœurs, les familles et les esclaves noirs rachetés par Mère Javouhey. Tout se faisait en commun  : prière et travail, dans une admirable réciprocité de services. «  Les colons se conduisent fort bien, notait avec satisfaction la supérieure. Mon Dieu, que de personnes malheureuses en France trouveraient ici une existence paisible, heureuse, chrétienne…  » Elle pensait souvent aux fameuses réductions des jésuites d’Amérique du Sud.

Malgré les difficultés auxquelles les sœurs et les colons devaient faire face, dont la jalousie des colons n’était pas la moindre, le projet réussit et Mère Javouhey ne pensa qu’à l’étendre. Elle songeait même à faire venir à Mana tous les orphelins dont la Congrégation avait la charge à travers le monde, pour les former à leur tâche civilisatrice  !

Mais la révolution de 1830 vint briser net cet élan. De cette époque, commencèrent pour Mère Javouhey les grandes épreuves qui, pour ainsi dire, n’allaient pas cesser jusqu’à sa mort en 1851. «  La Croix, disait-elle, est plantée sur tous les chemins par où passent les serviteurs de Dieu. Je me fais gloire d’être de ce nombre.  »

L’ŒUVRE DE L’ÉMANCIPATION DES NOIRS

Le contrat étant arrivé à expiration, la fondatrice apprit d’abord par le nouveau ministre de la Marine, qu’il ne fallait pas qu’elle comptât sur de nouveaux subsides de l’État pour soutenir son œuvre. Quant aux colons, travaillés sournoisement par la propagande du Conseil de Guyane, la plupart ne persévérèrent pas, et il ne resta bientôt plus à Mana que trois artisans et neuf cultivateurs. Mère Javouhey ne baissa pas les bras pour autant  : la petite colonie était assez prospère pour se suffire à elle-même et, si les Blancs abandonnaient, elle ferait appel aux Noirs. Le gouverneur finit par donner son accord de principe pour l’orphelinat, mais la Mère se vit contrainte de retraverser l’Océan pour aller plaider sa cause au ministère à Paris.

Louis-Philippe fut dès l’abord subjugué par l’énergie de cette femme  : «  La Mère Javouhey, mais c’est un grand homme  !  » Toutefois, plutôt que de la confirmer dans ses projets sur Mana, le gouvernement jugea plus utile d’employer ses talents à une cause qui agitait beaucoup les esprits à l’époque et qui, de fait, demandait qu’on s’y attelât sans retard mais avec sagesse  : l’émancipation des Noirs de nos colonies. Mana aurait donc pour vocation de préparer ceux de Guyane à l’usage de la liberté. Mère Javouhey accepta de grand cœur la proposition, y voyant une volonté de Dieu, mais posa comme condition que la colonie resterait isolée et que les sœurs en garderaient l’exclusive direction, leur but premier restant l’éducation chrétienne des âmes.

Elle retourna donc en Guyane, non sans voir pris sur ses épaules une lourde croix, celle de l’opposition déclarée et passionnée de son évêque, Mgr d’Héricourt, qui prétendait régler les affaires non seulement spirituelles, mais aussi temporelles de la congrégation, ce que Mère Javouhey ne pouvait accepter, comme contraire aux statuts de 1827. Ce pénible conflit, qui allait durer plus de dix ans et qui fut la page la plus douloureuse de son existence, eut ses répercussions jusque dans la colonie.

S’adaptant aux nouvelles dispositions, Mana comptait maintenant plus de sept cents Noirs.

Le souci de Mère Javouhey était d’enraciner ses protégés, «  leur faire concevoir ce que les habitants de nos campagnes françaises comprennent si bien, que la terre qui les nourrit est leur véritable patrie.  » En contemplant la petite colonie, avec ses larges rues bordées de cases, les ateliers, les magasins de ravitaillement, la maison des sœurs, l’hôpital et, au milieu, l’église dressant son clocher sur l’ensemble, elle s’écriait joyeusement  : «  Comme cela ressemble à un joli village de chez nous  !  »

Mana seconde manière, c’était l’illustration exemplaire de ce que l’abbé de Nantes définit comme l’idéal d’une colonisation catholique et française  : au plus loin de la fausse dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, «  c’est faire dépendre toute relation humaine, nonobstant toutes les imperfections et injustices inévitables, de la Révélation évangélique du Père et du Fils dans un même Esprit-Saint de charité  », car alors seulement «  ces rapports humains sont dignes et justes, féconds et fondateurs de communautés durables et paisibles.  » (CRC n° 107, juillet 1976, p. 10)

CRUCIFIANTES CONTRADICTIONS

Le gouvernement de Paris prétexta un manque d’argent pour repousser l’offre de Mère Javouhey de recevoir à Mana tous les enfants noirs de la colonie. Là-dessus, l’évêque d’Autun ayant trouvé auprès du préfet apostolique de Guyane une oreille favorable à ses calomnies contre la pauvre supérieure, celle-ci se vit persécutée de mille manières, jusqu’à se voir privée des sacrements pendant quinze mois  ! Cruelle épreuve qu’elle accepta avec une admirable résignation, sans rien céder sur l’essentiel  : «  Ce temps d’épreuve a été pour moi le plus heureux de ma vie  : me voyant pour ainsi dire excommuniée, puisqu’il était défendu à tout prêtre de m’absoudre, j’allais me promener seule dans les grands bois vierges de Mana, et là je disais à Dieu  : “ Je n’ai plus que vous, Seigneur, c’est pourquoi je viens me jeter dans vos bras et vous prier de ne pas abandonner votre enfant. ”  »

De retour à Paris en 1843, elle reprit courageusement ses fondations  : Madagascar, Tahiti, les Marquises, ces dernières à la demande de l’amiral Dupetit-Thouars. Cependant, elle ne perdait pas de vue l’œuvre de Mana où elle apprit, en 1847, que les sœurs étaient obligées d’accepter le régime civil en vigueur dans le reste de la colonie  : fin de l’administration directe des sœurs et de l’isolement, liberté de commerce… ce qui ne fut pas du goût des Noirs. Ceux-ci le firent bien savoir, réclamant de fonder un “ village de Saint-Joseph ” indépendant  ! mais ils durent s’incliner devant la loi.

L’année suivante, la Révolution éclatait de nouveau à Paris. Elle n’eut par bonheur aucune répercussion à Mana, mais ce ne fut pas le cas dans les autres colonies. En apprenant que des émeutes avaient ensanglanté les Antilles, mère Javouhey déclara avec une sorte d’angoisse prophétique  :

«  Je tremble que l’esprit communiste ne soit propagé dans les colonies  ! Ce serait le comble du malheur, le coup de grâce des maîtres, la perte des Noirs, parce que la religion en serait bannie. Pauvres Noirs  ! Faut-il qu’ils sortent d’un abîme pour tomber dans un plus profond, en riant et en chantant  !  » Un décret insensé du gouvernement avait en effet ordonné, à l’instigation du franc-maçon Victor Schoelcher, la mise en liberté immédiate de tous les esclaves noirs des colonies  ! On ne pouvait imaginer folie plus contraire à la sagesse de mère Javouhey et au bien véritable des Noirs.

Mais sa tâche était terminée. «  Je ne suis pas triste, déclarait-elle à ses filles, je ne veux que la volonté de Dieu. Il a tant fait pour notre chère congrégation  ! Il a fait de rien une œuvre qui opère tant de bien dans les cinq parties du monde  ; pourvu que nous soyons de bonnes religieuses, je mourrai heureuse.  » Elle mourut de fait comme une sainte le 15 juillet 1851. Le nombre de ses filles s’élevait alors à 1200, réparties en 140 communautés dans les cinq continents… Elle leur laissaitnon seulement un exemple magnifique de vie missionnaire toute donnée au salut des âmes par amour de Dieu, mais aussi une doctrine de colonisation catholique et française.

Extraits de la CRC tome 32, n° 366, avril 2000 p. 21-23

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