La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Paster noster… Ave Maria

Instruits et encouragés par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par son Église, nous osons dire  :

Notre Père, qui êtes aux cieux… et Je Vous salue Marie.

Coeur Immaculé de MarieMieux que votre nom ordinaire, Dieu, et mieux que le nom tout de lumière et de force que vous avez révélé à Moïse  : JE SUIS, nous osons vous appeler, comme Jésus nous l’a appris  : Notre Père. Notre Père à nous, ses disciples et ses frères, et à tous les hommes pour qui ce Christ est mort, en espérance, afin que, croyant en Lui, «  ils reçoivent le pouvoir de devenir enfants de Dieu  ».

Et qu’à notre Père, il nous soit permis d’associer dans un même amour et une même dévotion la créature exquise qu’Il nous a donnée pour Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, l’Immaculée Mère de Dieu.

Car là est la SAGESSE, celle qui savoure les choses divines et Dieu même, le connaissant et aimant, grâce à Jésus, révélation de sa Face, grâce à Marie, le temple de son Esprit-Saint.

Que votre Nom soit sanctifié,

Oh, cette demande est peu comprise  ! Pourtant, votre Nom, ô Notre Père, c’est votre être le plus intime, c’est votre paternité  ! c’est votre cœur miséricordieux, lent à la colère, prompt à pardonner et riche en grâces. C’est votre secret, le mystère de votre pitié pour les humbles, les petits, les malades, les pécheurs et surtout pour les disciples de votre Fils persécutés. Et vous, ô Marie, gratia plena, n’êtes-vous pas à ce point remplie de cette grâce et de ces miséricordes que votre Cœur en déborde et nous en comble  ?

Là est l’INTELLIGENCE, qui pénètre au profond de votre Mystère, ô Père  ! Que votre Nom soit donc connu, adoré, loué, glorifié, exalté, sanctifié  ! Et, conjointement à lui, le doux Nom de Marie  ! Qu’on le prie, qu’on ne vive que pour Lui  !

Que votre Règne arrive,

Ô notre Père, que s’établisse sur tout l’univers votre Règne et le royaume de votre Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur  ! C’est l’Église et c’est la chrétienté. Différent de l’ancien peuple, terrestre, raciste et légaliste, il est céleste, universel et catholique, surnaturel «  en esprit et en vérité   ». Il n’est pas d’orgueil mais de conversion, ni de jugement et de condamnation mais de grâce et de sainteté.

C’est le Règne de Jésus et le royaume de Marie, car l’un de l’autre ils sont inséparables. Ô Reine, Dominus tecum, que votre Empire grandisse et resplendisse, qu’il conquière enfin tous les cœurs  !

Là est la SCIENCE qui discerne le royaume sacré des divins Cœurs de Jésus et de Marie, de toutes ses contrefaçons, tyrannies et anarchies des faux christs et des faux prophètes, des Bêtes immondes de l’Apocalypse qui dans les derniers temps séduiraient, s’il était possible  ! les élus eux-mêmes. Ô Vierge terrible comme une armée rangée en bataille, défendez alors votre Royaume et celui de votre Fils  ! Régnez enfin, Jésus, Marie, pour l’Éternité  !

Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel.

Ce n’était dans l’Ancien temps qu’une loi obéie du ciel étoilé et inscrite, ici-bas, sur des Tables de pierre. C’est aujourd’hui le souffle sanctifiant du Paraclet, l’inspiration et l’infusion dans les coeurs de la foi, de l’espérance et de l’amour. Que les divines vertus et perfections soient reçues, accomplies dans nos membres et dans nos cœurs, mais aussi dans nos familles et dans nos patries, dans le monde entier, un jour, comme au Ciel des saints et des anges  !

Et vous, Marie, benedicta tu in mulieribus, bienheureuse d’avoir cru et prononcé votre fiat, médiatrice de toutes grâces, obtenez-nous cette fidélité.

Là est le CONSEIL qui dirige toutes nos actions en soumission à la volonté divine, avec prudence, dans l’Amour filial et fraternel. Car il y a combat entre le Ciel et la terre, et fureur du Prince de ce monde contre Celle qui par son obéissance lui écrasera la tête. Puissé-je redire à l’heure de l’agonie, avec Jésus  : Fiat voluntas tua, non mea  ! Que votre volonté soit faite, et non la mienne.

Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour,

L’histoire du monde est celle de la quête du pain. L’histoire sainte est le mémoire de la charité divine providentielle nourrissant son peuple de la manne dans le désert. Notre mémorial quotidien, à nous, chrétiens, c’est l’Eucharistie où Vous nous donnez chaque jour notre Pain et notre Vin, chair et sang de notre Sauveur ressuscité, glorieux, nourriture de vie éternelle. Oh, ce pain cuit et doré à votre four, bénie Mère, fructus ventris tui, Jésus  ! Qu’il nous soit donné encore, chaque jour, à votre prière  !

Ici la PIÉTÉ est à son comble, qui est l’attachement préférentiel et parfois exclusif à ce manger de la Chair, ce boire du Sang dont le goût secret divin enivre l’âme et lui fait pressentir les joies et les gloires des épousailles éternelles.

Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,

En regardant Jésus en croix, en invoquant la Victime sainte de ce sacrifice expiatoire, nous vous le demandons, ô Père très bon, pardonnez-nous par Lui, avec Lui, en Lui, et pour Lui, pour sa soif d’amour et de gloire. Que son Sang précieux nous purifie et sanctifie à vos yeux, qu’il nous mérite le pardon. Et vous, ô Mère et Corédemptrice, sancta Maria, ora pro nobis, peccatoribus  ! Vous tenant su pied de la croix, voyez vos enfants. Votre prière pour nous sera notre premier pardon et votre pardon sera pour nous le meilleur gage du pardon divin…

Ici nous implorons le don de FORCE, car c’est une condition unique, nécessaire et suffisante, que d’abord nous pardonnions nous-mêmes du même cœur que le Christ pardonne, expie et compatit. C’est le fondement du royaume nouveau que cette charité sublime du Cœur de Jésus, répandue et communiquée dans les membres de son corps, réveillée en chacun par son propre besoin de pardon fraternel, de miséricorde et de grande pitié divine.

Et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-­nous du mal.

Ô notre Père, les difficultés, les épreuves, les croix abondent dans la vie de vos enfants. Ne faut-il pas qu’avec Jésus ils souffrent ces peines pour entrer avec lui dans la Gloire   ? Mais les tentations de la chair, du monde et du démon s’y ajoutent… Évitez-leur le pire, assistez-les dans le combat, Vous, bon Père, tendre Époux, Ami et défenseur de votre Église, et vous notre Mère, douce Vierge Marie médiatrice, protectrice, secourez-nous, nunc et in hora mortis nostrae  ! Oh  ! surtout, surtout à l’heure de notre mort, donnez-nous, obtenez-nous la grâce inestimable et imméritée de la persévérance finale.

Là est la CRAINTE DE DIEU, servile, mercenaire, filiale, car il s’agit du tout de notre vie et de notre éternité. Quand il faut échapper à la captivité du diable, à la damnation éternelle, aux rigueurs de la juste Colère divine, aucune sorte de crainte, aucune précaution n’est superflue. Ô bonne Mère, obtenez-nous la grâce d’une sainte vie et d’une bonne mort, au Nom de votre Cœur Immaculé et du Sacré-Cœur de Jésus, votre Fils, notre Seigneur  !

Amen, ainsi soit-il  !

Oui, que cela soit ainsi  ! Qu’adviennent toute gloire et louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et aussi à notre divine Mère  ! Et à nous, la grâce de chaque jour et la vie éternelle  ! Mais déjà cela est ainsi, tout est vrai et sûr et infaillible, en ce très Saint Cœur de Jésus et de Marie qui est la Voie, la Vérité, la Vie.

Deus noster, Pater, in Filio Jesu, per Spiritum et Ecclesiam,
ad laudem glorice suae, misericordia nostra.

Abbé Georges de Nantes
Pages mystiques, CRC n° 182, octobre 1982, p. 16

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