La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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LA LIBÉRATION DE 1944

I. L’avancée du communisme
par le mensonge et la terreur homicide

NOTRE Père écrivait au lendemain de notre abandon de l’Algérie  :

«  Nous sommes entrés en 1944 dans un monde faux où non seulement les idéologies des partis étaient trompeuses, mais encore, mais surtout l’analyse des événements, la description des faits étaient mensongères. On savait bien que la légende de la “ Collaboration ” et de la “ Résistance ”, assimilées au fascisme bourgeois et clérical, et à la démocratie populaire et généreuse, était une forgerie de la propagande, mais sous le couvert de la “ libération ”, la Révolutionjouait de la mitraillette, spoliait la presse libre, usait de la menace, du chantage, de la corruption. Le mensonge sur les faits eux-mêmes acquit alors droit de cité. En l’acceptant, l’Église était amenée à réprouver au nom de la morale, sur des accusations imaginaires, ses propres enfants, gens de bien, et à déclarer bonne et légitime, sur des informations truquées, la subversion en cours.

«  Les chrétiens de gauche dominaient dans l’Église  ; ils la maintinrent férocement dans ce climat d’intoxication révolutionnaire.

«  Le mensonge passait pour vérité obligatoire [il passe encore aujourd’hui, soixante ans après, pour vérité obligatoire]  : l’Église donc louait ceux qui, maîtres de tous les pouvoirs, se présentaient comme les sauveurs de la nation, elle réprouvait ceux qu’au même moment et au prix de multiples illégalités, l’État poursuivait comme ses ennemis. Cette rencontre, cette collaboration de l’Église avec ce “ régime d’abattoir ” aurait dû paraître suspecte, épouvanter. Mais nous étions singulièrement esclaves, et l’Église n’avait permission de vivre encore qu’au titre de bonne à tout faire du pouvoir. La morale théorique n’était pas altérée mais son application tombait savamment à faux, sous la magie d’une information dirigée  : “ Le traître Pétain  ”, “ Les soixante-dix mille fusillés du Parti  ”, “ L’émancipation de la Classe ouvrière ”, “ La solidarité du Maquis ”  » (Lettre à mes amis n° 114 du 22 juillet 1962)

C’est ainsi que le Maréchal, qui avait sauvé la France et préservé la vie de millions de Français, fut condamné à mort pour “ trahison ”, sous la pression du Parti communiste se vantant de ses “ 70 000 fusillés ”, alors que les historiens les plus sérieux dénombrent aujourd’hui 30 000 fusillés par les Allemands, toutes tendances politiques confondues.

Quant à «  l’émancipation de la classe ouvrière  » et «  la solidarité dans le maquis  », elles furent des leurres qui substituèrent au rassemblement des bons Français autour du Maréchal un «  compromis idéologique et anarchique devant lequel devaient céder toute foi religieuse, toute loi morale et tout civisme. “ Unis dans la Résistance  ”, catholiques, socialistes et communistes l’étaient sans mesure contre l’Occupant et donc contre l’Armistice qu’ils dénonçaient, de quel droit  ? et donc contre l’État français qui l’avait signé et naviguait à vue dans cette tempête.  » (CRC n° 182, p. 5)

En réalité, ils étaient aux ordres de l’étranger. Notre Père, qui a vécu ces événements avant de les méditer toute sa longue vie, nous en donne la clef  :

«  Charles de Gaulle, condamné à mort par contumace en 1940 [en toute justice puisqu’il avait déserté son poste avant le cessez-le-feu], ne pouvait se justifier et paraître le seul chef légitime de la France qu’en poursuivant le Maréchal et, parmi le peuple entier qui l’avait acclamé et suivi, ses principaux collaborateurs et fidèles pour crime de trahison. Ce qu’il fit. Mais là encore les apparences étaient mensongères. Il était impossible en effet de condamner ces ardents Français et soldats fidèles, fonctionnaires irréprochables, sous le prétexte d’une quelconque collaboration avec un ennemi abhorré. Il fallait trouver autre chose. Les partis politiques, le communiste principalement, offrirent dans cette difficulté les services de leur propagande  ; ils avaient à régler de vieux comptes, faire oublier leur lâcheté de 1940, reprendre les masses en main. Ils persuaderaient l’opinion qu’il y avait identité entre collabos et fascistes, et que tout l’immense malheur avait été tramé contre la République égalitaire, laïque, prospère, par un complot de la droite proboche, bourgeoise, patronale, cléricale et défaitiste. La Libération devenait d’un coup une affaire intérieure, c’était l’œuvre des partis révolutionnaires sauveurs contre la réaction acharnée à la ruine de la nation. Martelé par cette propagande, le cerveau du Français moyen en arriverait à admettre que la droite c’était le mal, qu’elle avait trempé volontairement dans le crime de l’asservissement de la France, que la gauche était la championne de la Liberté et de la Paix. Elle régnait avant 1939, et c’était le bonheur de vivre. Pétain, lui, gouvernait un peuple miséreux. Quoi de plus clair  ?

«  L’énorme mensonge porté par les ondes, répété par toute une presse nouvelle, sanctionné par la Justice et la Police, affirmé par le Chef du gouvernement, devint, malgré les faits qui le contredisaient, la vérité officielle et universelle [jusqu’aujourd’hui]. En vertu de ces équivalences fallacieuses, on épurait, on socialisait, on livrait l’administration aux clans révolutionnaires. Un rideau de fumée cachait aux yeux du peuple la manœuvre de subversion  : on allait assister à l’avènement d’un monde nouveau.  » (Lettre à mes amis n° 113 du 14 juillet 1962)

STALINE LE GRAND VAINQUEUR

Staline La révolution de 1944, car c’en est une  ! a entraîné une avancée spectaculaire des «  erreurs de la Russie  ». Staline avait non seulement gagné en Europe de l’Est, mais aussi, idéologiquement, en France et jusque dans l’Église  !

La vérité, très simple, tient en cette constatation  : le dictateur soviétique fut le véritable vainqueur de la Seconde Guerre mondiale qui, plus qu’une “ guerre des démocraties ”, fut la grande guerre bolchevique. (…)

Plusieurs nations furent rayées de la carte, absorbées par l’Empire soviétique  ; une douzaine de pays entrèrent dans l’orbe de Moscou, ne conservant plus qu’une apparence de liberté, tandis que d’autres étaient agités par des guerres intestines ou gravement menacées par la subversion communiste. L’Espagne de Franco, qui continuait à tenir tête, fut mise au ban des nations. (…) Ainsi s’accomplit le grand “ secret ” confié par Notre-Dame à Fatima, le 13 juillet 1917. (…)

LA GRANDE PEUR DE L’APRÈS-GUERRE

La France elle-même était visée. Elle faillit basculer dans le camp soviétique à la fin de l’année 1947, que les historiens appellent «  l’année terrible  » (Fauvet) «  l’année où le monde a tremblé  » (Desanti). Pendant la guerre, le chef de la France prétendue “ libre ” avait tellement courtisé l’Union soviétique, jusqu’à déclarer  : «  C’est avec les Soviets que je rebâtirai la France  » (  !) que, à la Libération, le Parti communiste devint le premier parti politique français. Pendant deux ans, sur ordre de Moscou, il joua le jeu du tripartisme. Le 22 novembre 1945, cinq ministres communistes, parmi lesquels Maurice Thorez, entraient dans le gouvernement présidé par le général de Gaulle. Quelques jours plus tôt, le maréchal Pétain avait été interné à l’île d’Yeu… Cependant, au printemps 1947, toujours sur ordre, le PCF quittait le gouvernement et cherchait par tous les moyens à abattre le régime. Des grèves se multipliaient par tout le pays. Déjà, se constituaient des groupes armés et des PC insurrectionnels.

Mais la Sainte Vierge veillait. Le 8 décembre 1947, en la fête de son Immaculée Conception, Elle se montrait à quatre fillettes en Touraine, dans l’église Saint-Gilles de l’Île-Bouchard. (…) Or, le 9 décembre, la CGT donnait l’ordre de cesser la grève générale. Il y a là plus qu’une simple coïncidence, une relation de cause à effet. La prière des enfants avait été entendue. (…)

C’est jusqu’au sein de l’Église catholique que la Russie a répandu ses funestes «  erreurs  ». À la faveur de la guerre, mais surtout à partir de 1944, les “ rouges-chrétiens ” ont acquis une influence que Pie XII ne parviendra plus à leur ôter, qui leur permettra de préparer, de manière aussi souterraine qu’active, la grande révolution conciliaire des années soixante, et de lancer alors la papauté dans les voies de l’Ostpolitik désirée par Moscou.

Mais reprenons brièvement la chronologie des événements de cette dramatique année 1945 qui vit le triomphe des «  erreurs de la Russie  »…

LA CONFÉRENCE DE YALTA

Du 4 au 11 février 1945, à Yalta, en Crimée, une conférence réunit les trois “ grands ”  : Roosevelt, Staline et Churchill. Ce fut l’heure la plus tragique et la plus honteuse de la guerre, celle qui sonna le glas de l’indépendance des nations européennes.

Churchill, Roosevelt et Staline à Yalta

Churchill, Roosevelt et Staline à Yalta

Staline obtint en effet de ses “ Alliés ” tout ce qu’il voulait. Il faut dire qu’il y avait des agents de Moscou jusque dans le proche entourage du président Roosevelt, qui se flattait «  de ne pas avoir d’ennemis à gauche  », et que le conseiller le plus écouté de ce dernier, Harry Hopkins, était un soviétophile enragé.

L’Urss annexait les Pays baltes (Lettonie, Estonie, Lituanie) et toute la partie orientale de la Pologne.

La Pologne dite “ nationaliste ”, dont le gouvernement s’était réfugié à Londres, avait été écrasée par les Allemands avec la complicité des Russes, durant l’été 1944, dans des circonstances atroces. Les Russes, parvenus aux portes de Varsovie, avaient appelé les Polonais aux armes. Ceux-ci, escomptant le soutien des Soviétiques, attaquèrent les occupants allemands. L’Armée rouge stoppa alors son offensive dans la banlieue de Varsovie, pour laisser à la Wehrmacht le temps de se venger en brûlant et en détruisant la ville, rue par rue et maison par maison. Varsovie fut réduite en cendres, 250 000 de ses habitants furent massacrés, l’armée polonaise fut anéantie, tandis que, sur ces ruines fumantes, les séides de Moscou formaient un gouvernement communiste, «  aussi démocratique que de Gaulle  », déclarait ironiquement Staline.

C’est ainsi qu’on abandonna à l’hégémonie communiste toute l’Europe orientale et centrale, avec la recommandation (hypocrite) de veiller à y instaurer des gouvernements démocratiques  !

En vertu de la clause odieuse par laquelle les Alliés s’engagèrent à livrer à Staline 2 800 000 ressortissants anticommunistes de Russie et des pays satellites, réfugiés dans les pays occupés par l’Allemagne, 800 000 seront exécutés sur-le-champ, 1 500 000 seront déportés en Sibérie. La division Vlassov fut ainsi livrée par Churchill à Staline qui la lui réclamait. Le général soviétique Andreï Vlassov, commandant la IIe armée soviétique, avait été fait prisonnier par les Allemands en juillet 1942. Acceptant de collaborer avec eux pour libérer son pays de la tyrannie bolchevique, il avait formé un “ Comité national russe ” et levé deux divisions, noyau de la future “ Armée de libération russe ”. Vlassov et ses officiers furent livrés en 1945, exécutés, et leurs soldats envoyés en Sibérie.

LA LEÇON DE YALTA

En avril 1975, trente ans après Yalta, au lendemain de la chute du Sud-Vietnam et du Portugal, deux pays de Chrétienté que le communisme venait de dévorer vivants, l’abbé de Nantes en tirait une salutaire leçon  :

Le monde vit sous le régime des Accords de Yalta de 1945, souscrits par un vieillard utopique et un monstre sanguinaire, Roosevelt et Staline, sous les yeux d’un parieur effréné, Churchill. Les deux grandes Puissances engagées dans la Croisade des démocraties pour la Liberté des Peuples (  !), l’une juive et maçonnique, l’autre impérialiste communiste, se partageaient secrètement le reste du monde. Ce tiers monde mis en double tutelle, dépecé, annulé, c’était nous, l’Europe et ses prolongements ultra-marins, le monde latin, la Chrétienté. On ferait la guerre aux dernières dictatures, on libérerait les peuples colonisés, on introduirait partout l’une ou l’autre forme de démocratie, d’un commun accord. Alors l’Onu formerait un gouvernement mondial unique et la paix serait universelle. C’était d’abord nous rayer de la carte du monde.

Il aurait fallu comprendre cette immense menace pour survivre libres et chrétiens  ! Il aurait fallu refuser les mythes trompeurs de la paix perpétuelle, de la liberté dans la justice, de la coexistence pacifique universelle. Il aurait fallu ériger en doctrine nationaliste que le bolchevisme était l’Ennemi n°1, mais que l’américanisme était l’Ennemi n°1 bis, l’Ami-Ennemi et le complice invétéré de l’autre, coartisan de tous nos malheurs futurs. Et qu’il fallait se défendre de celui-ci par la diplomatie et de celui-là par le fer et par le feu. Par de bon clergé et de bonne police  !

Il aurait fallu ériger en doctrine catholique qu’il n’y a pas de coexistence pacifique, de dialogue prometteur, de réconciliation avec Satan. Qu’il fallait craindre le messianisme humanitaire des U.S.A. et l’impérialisme communiste de l’U.R.S.S., presque également, et qu’entrer dans le jeu de ces irréconciliables ennemis de la Chrétienté catholique serait notre perte à tous, spirituelle et temporelle.

Abbé G. de Nantes, CRC n° 91, avril 1975.

Mais la guerre n’était pas achevée. Elle prenait même une dimension apocalyptique. À Yalta, Staline avait réclamé une nouvelle hécatombe en Allemagne. Deux jours après, ses alliés “ démocrates ” la lui servaient sur un plateau.

TERREUR SUR DRESDE

Dresde après les bombardements.

Dresde après les bombardements

Le bruit s’était répandu (lancé par qui  ?) que les belligérants s’étaient entendus pour épargner la ville de Dresde. Bientôt des centaines de milliers de réfugiés de l’Europe de l’Est, fuyant l’avancée de l’Armée rouge, s’installèrent tant bien que mal dans la capitale de la Saxe, qui ne constituait en rien un objectif militaire  : ni industrie de guerre ni centre de rassemblement de troupes allemandes. Les militaires le firent remarquer à Churchill lorsqu’il ordonna de la bombarder. Rien n’y fit, l’ordre fut maintenu… en vertu de la promesse faite à Staline. Dans la nuit du 13 au 14 février, les bombardiers anglais lâchèrent des milliers de bombes incendiaires sur la cité qui brûla pendant sept jours et sept nuits. L’incendie se propagea sous l’effet d’un typhon de feu créant en son centre des températures de 600 à 1 000 degrés. Ce fut un épouvantable carnage  : il y eut, au cours de cette seule nuit, près de 135 000 morts et presque autant de blessés.

Les deux seuls objectifs qui présentaient quelque intérêt stratégique  : la gare de triage et le pont ferroviaire sur l’Elbe, n’avaient même pas été visés. Comme au matin du 14 février, après les deux vagues de bombardements nocturnes, des dizaines de milliers de survivants se ruaient en dehors de la ville en feu, à midi, une troisième attaque, américaine cette fois, fut déclenchée. Les colonnes de fugitifs furent assignées comme objectifs aux pilotes. Ce n’était plus un acte de guerre. C’était un crime délibéré pour cause de “ libération ”  !

LA GUERRE À OUTRANCE DANS LE PACIFIQUE

Tandis qu’il livrait honteusement aux représailles de Staline près de deux millions de réfugiés anticommunistes et qu’il lui abandonnait toute l’Europe centrale, en lui laissant le soin d’y installer des États “ démocratiques ”, Roosevelt se préparait à offrir aux Soviétiques, au nom de cette même démocratie, d’immenses régions d’Extrême-Orient, provoquant une nouvelle hécatombe, aussi criminelle qu’inutile.

Deux jours avant son départ pour Yalta, Roosevelt avait reçu un message du général MacArthur, commandant les forces du Pacifique, transmettant une offre de capitulation japonaise, offre si large qu’elle proposait la reddition des forces nippones, l’occupation des îles, l’abandon de la Mandchourie, de la Corée, de Formose, le contrôle de l’industrie et la livraison des criminels de guerre. Une seule demande était formulée  : que l’Empereur conserve son trône.

Le président des États-Unis repoussa cette proposition en disant  : «  MacArthur est notre plus grand général et notre plus piètre politicien.  » Roosevelt était persuadé qu’il avait besoin des Russes pour vaincre les Japonais. Ce qui entrait tout à fait dans les vues du Kremlin. Celui-ci s’engagea à entrer en guerre contre le Japon trois mois après la capitulation allemande (8 mai – 8 août). En contrepartie, Roosevelt lui accordait la Mandchourie (déjà promise à Tchang Kaï-Chek), la Mongolie intérieure, la Corée du Nord, les îles Kouriles et la partie sud de Sakhaline. Il lui promettait en outre de lui fournir 3 000 chars, 5 000 avions et de quoi équiper 1 250 000 hommes  !

Les guerres d’Extrême-Orient des dix années à venir étaient contenues dans cet accord américano-soviétique  : en Chine, le nationaliste Tchang Kaï-Chek était sacrifié au profit de son rival communiste Mao Tsé-Toung, qui devait l’emporter en 1949. La Corée du Nord subissait dès 1945 la dictature sanglante de Kim Il-Sung, arrivé dans les fourgons soviétiques, qui allait transformer son pays en un effroyable bagne, et n’aurait de cesse d’envahir le Sud sous contrôle américain, d’où résulta la guerre de Corée de 1950 à 1953. Quant au Vietminh, mouvement d’indépendance du Vietnam, après avoir pris le pouvoir en septembre 1945 avec l’aide des Américains, il nous chasserait d’Indochine neuf ans plus tard, en 1954, grâce au formidable soutien de la Chine communiste, relayé en France par les communistes à la solde de Moscou.

Les Américains n’ont pas de quoi être fiers de leur politique asiatique  ! Leur hégémonie, mélange d’idéalisme et d’affairisme sans conscience, a été l’instrument conjoint de la révolution communiste à travers le monde. Ils le paieront cher.

PAS DE PAIX DEPUIS 1945  !

La conférence de San Francisco.

La conférence de San Francisco

L’Allemagne capitulait le 7 mai à Reims, le 8 à Berlin. Aucune conférence internationale ne parviendra à transformer cette capitulation en traité de paix. Nous vivons depuis soixante ans dans un état de guerre larvée, guerre froide ou guerre chaude selon les lieux et les moments.

La garde de la paix dans le monde fut confiée à l’Organisation des Nations Unies, qui vit le jour le 26 juin 1945, en conclusion de la conférence de San Francisco. Cinquante États signèrent une Charte de 111 articles, dont le premier stipulait que leur objectif commun était d’«  assurer la paix du monde, et de protéger les droits de l’homme dans le monde entier   ». Énorme imposture, puisque l’Urss était un de ces États signataires (…). Était prévue la création d’une Assemblée générale, doublée d’un Conseil de sécurité avec cinq membres permanents bénéficiant d’un droit de veto  : États-Unis, Urss, France, Grande-Bretagne et Chine.

Participèrent également à la conférence de San Francisco les membres de la Ligue arabe, créée au Caire au mois de mars précédent  : Arabie Saoudite, Irak, Yémen, Égypte, dans le but de se désengager de la tutelle des pays occidentaux. En réalité, la Russie et les États-Unis surveillaient de près la formation de cette Ligue arabe qui allait être, au cours des années suivantes, un foyer de subversion au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Déjà des troubles sanglants avaient, simultanément, éclaté en Syrie et en Algérie, le 8 mai 1945. En Palestine, toujours sous mandat britannique mais plus pour longtemps, les Arabes s’opposaient à la création d’un État d’Israël, tandis que des groupes terroristes juifs (Irgoun et Stern) tentaient d’en imposer le principe en multipliant les attentats.

Sans parler de la guerre civile qui ravageait la Grèce… Bref, le feu de la guerre, qui aurait dû s’éteindre en cette année “ de paix ”, jetait ses flammes de toutes parts, menaçant d’embraser de nouveau le monde, conformément à la vision de la troisième partie du Secret de Fatima. (…) À côté de la menace et du châtiment annoncé, il y avait le remède  : la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, hélas  ! méprisée ou combattue par l’Église catholique, du haut en bas de la hiérarchie, pour la perte du monde et des âmes.

HIROSHIMA ET NAGASAKI

Conférence de Postdam Du 17 juillet au 2 août 1945, se tint une nouvelle conférence, à Potsdam, dans la banlieue-est de Berlin. Comme à Yalta, c’est Staline qui invitait ses partenaires  : le président Truman, successeur de Roosevelt, mort le 22 avril sans avoir vu les conséquences de sa folle politique, et Churchill, qui sera remplacé au cours de la conférence par son rival travailliste Attlee.

Dans la deuxième quinzaine de juillet, le gouvernement japonais proposa d’envoyer à Moscou le prince Konoe, membre de la famille impériale, pour entamer des pourparlers de paix. Staline en informa Truman et Churchill, ajoutant que cette proposition ne correspondait pas à leur exigence commune d’une “ capitulation sans condition ”. L’offre japonaise fut donc rejetée. La suite est connue, terrible.

Le 6 août, les Américains lançaient leur bombe atomique sur Hiroshima. Bilan  : 120 000 morts, 71 000 blessés. Après ce désastre, le Japon offrit de nouveau de capituler, à la seule condition que les droits de l’Empereur seraient respectés. Au nom de la sacro-sainte démocratie (  !) les Américains refusèrent et décidèrent de larguer une seconde bombe atomique, le 9 août, sur Nagasaki, le plus beau fleuron de la Chrétienté nippone. Bilan  : 26 000 morts et 40 000 blessés. (…)

La bombe sur Nagasaki.

La bombe sur Nagasaki

Loin d’intimider Staline, comme l’escomptaient les Américains, ces terrifiants bombardements le remplirent d’aise. Lorsque, le 26 juillet, à Potsdam, Truman l’avertit de son projet, Staline, au grand dépit de son interlocuteur, «  se mit à sourire d’un sourire bienheureux   », racontera Churchill. Non seulement les bombardements atomiques allaient lui permettre de récolter en Extrême-Orient les fruits de la victoire, mais aussi, par surcroît, après les crimes nazis, la propagande bolchevique aurait désormais ce crime capitaliste à dénoncer  !

Le 8 août, surlendemain d’Hiroshima, la Russie rompait son pacte de neutralité avec le Japon. C’était la curée, puisque le Japon, à genoux, devait capituler quelques jours plus tard, le 14 août  ! L’Armée rouge n’en poursuivit pas moins son offensive jusqu’au 23 août, occupant tous les points clefs de la Mandchourie et la Corée au nord du 38e parallèle. Staline fit alors remettre à Mao les armes abandonnées par les Japonais.

LE CALVAIRE DE L’ÉGLISE PERSÉCUTÉE

À Potsdam, tous les avantages accordés par les Anglo-Américains à Staline avaient été confirmés. La liste des pays satellisés par l’Union soviétique est impressionnante  : Albanie, Hongrie, avec ses 7 millions de catholiques sur 10 millions d’habitants, Pologne, dont le sort fut définitivement scellé durant l’été 1945, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie, Yougoslavie, où Tito déclencha une persécution sanglante dès le mois de juillet 1945, Allemagne de l’Est, Autriche…

Là encore, la troisième partie du Secret de Fatima, annonçant les persécutions contre l’Église et le martyre de ses fidèles, se réalisait à la lettre  :

Mgr Slipyj en prison.

Mgr Slipyj en prison

«  Le 11 avril 1945, raconte Mgr Slipyj, métropolite de Kiev, je fus arrêté avec tous les autres évêques. Moins d’un an plus tard, plus de huit cents prêtres nous avaient déjà suivis en captivité. (…) Je remercie le Tout-Puissant de m’avoir donné la force de porter cette croix pendant presque dix-huit ans, et je rends respectueusement hommage aux dix confrères dans l’épiscopat, aux plus de 1 400 prêtres et 800 religieuses, aux dizaines de milliers de fidèles qui, en captivité, ont scellé, par le sacrifice de leur vie, la fidélité au Pape, au Siège apostolique et à l’Église universelle.  »

Eisenhower fut épouvanté, dit-on, par la découverte des camps de concentration nazis que ses troupes libéraient au fur et à mesure de leur avancée. Sans doute ces camps avaient-ils atteint un degré de barbarie inimaginable. Mais ils n’avaient rien à envier aux camps de déportation et de concentration soviétiques qui, eux, duraient toujours. «  Jamais les “ peuplements spéciaux ”, les camps et les colonies du goulag, les camps de contrôle et de filtration et les prisons soviétiques n’avaient compté autant de pensionnaires qu’en cette année de la victoire  : près de cinq millions et demi de personnes, toutes catégories confondues.  » (Livre noir du communisme, ch. XII, “ L’envers d’une victoire ”, p. 240-257). Alors, quand on voit le même Eisenhower assister, détendu et souriant, aux fêtes de la Victoire, le 12 août 1945, sur la place Rouge, à côté d’un Staline savourant son triomphe, on se dit qu’il y a là un aveuglement, un mensonge phénoménal, que notre Père n’a cessé de dénoncer, depuis soixante ans. Parce qu’il l’a compris dès son séminaire.

Extraits de Il est ressuscité  ! n° 39, octobre 2005, p. 15-24

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