La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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CARÊME 2018
avec
Sainte Marie de Jésus Crucifié

Mercredi 14 février – mercredi des Cendres
Jeudi 15 février

Vendredi 16 février

Samedi 17 février

Dimanche 18 février – 1er dimanche de Carême

Lundi 19 février

Mardi 20 février
Mercredi 21 février
Jeudi 22 février

Vendredi 23 février

Samedi 24 février

Dimanche 25 février – 2e dimanche de Carême

Lundi 26 février

Mardi 27 février

Mercredi 28 février

Jeudi 1er mars

Vendredi 2 mars – premier vendredi du mois

Samedi 3 mars – premier samedi du mois

Dimanche 4 mars – 3e dimanche de Carême

Lundi 5 mars

Mardi 6 mars

Mercredi 7 mars

Jeudi 8 mars

Vendredi 9 mars

Samedi 10 mars

Dimanche 11 mars – Lætare

Lundi 12 mars

Mardi 13 mars

Mercredi 14 mars

Jeudi 15 mars

Vendredi 16 mars

Samedi 17 mars

Dimanche 18 mars – 1er dimanche de la Passion

Lundi 19 mars

Mardi 20 mars

Mercredi 21 mars

Jeudi 22 mars

Vendredi 23 mars

Samedi 24 mars

Dimanche 25 mars – Dimanche des Rameaux

Lundi saint 26 mars
Mardi saint 27 mars
Mercredi saint 28 mars

Jeudi saint 29 mars

Vendredi saint 30 mars

Samedi saint 31 mars

Dimanche 1er avril

INTRODUCTION

LE 26 août prochain, nous fêterons les cent quarante ans de la naissance au Ciel d’une sainte petite Arabe, Mariam Baouardy. Sa vie extraordinaire n’est pas imitable. Mais nous pouvons recueillir ses enseignements et, à son exemple, tâcher de pratiquer une obéissance exacte, une grande simplicité, et surtout vivre dans une plus profonde et continuelle intimité du Cœur de Jésus-Marie et des saints.

Au moment où nos frères du Moyen-Orient témoignent de leur foi jusqu’au martyre, découvrons la vie stupéfiante de cette petite Syrienne devenue carmélite converse.

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Mercredi 14 février – mercredi des Cendres

DONNÉE PAR LA SAINTE VIERGE

Sainte Marie de Jésus Crucifié

MARIAM Baouardy naquit le 5 janvier 1846, à Abellin, petit village situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Nazareth. Sa famille, originaire de Damas et du mont Liban, professait un attachement inviolable à la religion catholique. Ses parents furent plusieurs fois dépouillés de leurs biens, jetés en prison et exilés, à cause de leur foi.

Ils avaient vu mourir en bas âge douze fils. Durant un de leurs exils, madame Baouardy eut l’inspiration de demander à Dieu une fille. «  Allons à pied à Bethléem, dit-elle à son mari, solliciter cette enfant de la Très Sainte Vierge  ; promettons-lui, si elle nous exauce, de l’appeler Mariam et d’offrir pour le service de Dieu une quantité de cire égale à son poids à l’âge de trois ans.  » La Très Sainte Vierge ne repoussa pas leur prière. Quelques années après la naissance de Mariam, Elle leur accordait encore un fils, qu’ils prénommèrent Paul.

En ce mercredi des Cendres, méditons cette parole de Notre-Seigneur à sœur Marie de Jésus Crucifié  :

«  Pécheurs, je ne vous demande pas pourquoi vous avez péché, mais pourquoi vous ne vous convertissez point. Je ne regarde plus votre passé pourvu que vous veniez à moi. Mon Père a créé pour vous le ciel et la terre  ; venez, je vous sauverai.  »

Colorier un bouquet de fleurs du premier tableau.

Jeudi 15 février

ORPHELINE

TRÈS tôt, Notre-Seigneur prévint l’enfant de grâces singulières. Mariam recherchait la solitude pour penser à Dieu. Lorsque son père, gravement malade, comprit qu’il allait mourir, il appela sa petite fille, la prit par le bras et, tournant son regard vers une image de saint Joseph, il l’implora  : «  Grand Saint, voici mon enfant, la Sainte Vierge est sa Mère, daignez veiller vous aussi sur elle  ; soyez son Père.  »

Et il expira. C’était un samedi. Son épouse ne survécut pas longtemps à cette perte douloureuse et mourut peu après.

Un oncle paternel recueillit chez lui Mariam, et une tante maternelle adopta Paul. Ce dernier resta en Palestine, tandis que Mariam prenait, avec son tuteur, le chemin d’Alexandrie. Les deux enfants ne devaient plus jamais se revoir.

Commençons notre Carême par de bonnes résolutions de piété  : être fidèles à notre prière du matin.

Colorier une partie de la frise.

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Vendredi 16 février

UNE MAMAN AU CIEL

DANS cette nouvelle famille, rien ne manquait à Mariam. Mais elle souffrait en son cœur de ne plus avoir ses parents. Pour la consoler, on lui rappelait que la Sainte Vierge était la Mère des orphelins. Aussi la priait-elle souvent, lui disant qu’elle était deux fois sa maman puisqu’elle n’en avait plus ici-bas. Dès l’âge de cinq ans, elle jeûnait chaque samedi en son honneur, ne prenant aucune nourriture avant le repas du soir.

La Mère de Dieu prouva par un prodige combien cet acte de mortification lui plaisait. La petite aimait déposer devant son image les fleurs les plus belles et les plus embaumées, et avait soin de les renouveler souvent. Un jour, elle s’aperçut qu’elles avaient pris racine, qu’elles avaient même grandi, et qu’elles répandaient un parfum très suave  !

Récitons notre chapelet avec attention, sans gesticuler, car «  l’Ave Maria forme un grain de froment  ; le Gloria Patri forme un épi. Et, selon que l’Ave Maria est plus ou moins fervent, le grain est gros et épais.  »

Colorier le deuxième bouquet de fleurs.

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Samedi 17 février

TOUT PASSE  !

AYANT remarqué que les oiseaux qu’on lui avait offerts pour la distraire, ne se lavaient jamais, elle leur rendit ce service… Mais ils en moururent tous  ! Navrée, elle les enterra au fond du jardin. Pendant qu’elle s’y appliquait, elle entendit ces paroles qui s’imprimèrent dans son âme  : «  C’est ainsi que tout passe  ! Si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours.  »

Dès ce jour, Mariam n’éprouva que du dégoût pour les vanités du monde. Elle pensait avec tristesse en considérant ses riches parures  : «  Pourquoi vêtir ainsi un corps qui doit devenir la pâture des vers  ?  » Et elle se creusait une fosse pour s’y étendre  !

Ne faisons pas de caprices pour notre habillement, mais plions-nous aux désirs de nos parents.

Colorier quelques oiseaux.

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Dimanche 18 février – 1er dimanche de Carême

MOURIR ET ALLER AU CIEL

DÈS l’âge de six ans, le désir du Ciel s’éveilla en son âme. Pour y aller plus vite, elle voulait mourir martyre. Restée seule un jour dans sa chambre où l’on venait de lui servir un gâteau à la crème, la petite pensait  : «  Ah  ! si j’étais morte comme mes petits frères, je serais au Ciel, au lieu que j’irai peut-être en enfer.  »

Pendant qu’elle était plongée dans sa méditation, un énorme serpent, attiré par l’odeur du lait, monta sur la table. «  J’étais bien petite, mais en même temps si enfoncée dans mes réflexions que je n’éprouvai pas la moindre frayeur. Ne considérant dans cette bête qu’une créature du Bon Dieu, je pris sa tête avec mes mains et je l’enfonçai dans la crème sans que la bête me fît aucun mal.  »

Assistons pieusement à la Messe. À l’exemple de Mariam, disons à Jésus-Hostie avant de communier  : «  Seigneur, je suis une enfant ignorante, je suis aveugle, je suis faible. Venez me donner la force, de peur que le lion ne me dévore. Venez, votre regard me guérit.  »

Colorier une partie de la frise.

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Lundi 19 février

LE POISSON EMPOISONNÉ

MARIAM sauva la vie de toute sa famille grâce à un songe. «  Pendant mon sommeil, il me sembla voir entrer dans la maison un homme qui vendait un poisson  ; il me fut dit que cet animal était empoisonné et que tous ceux qui en mangeraient mourraient. Jugez de mon étonnement quand, le lendemain matin, j’aperçois ce même homme porteur d’un poisson absolument semblable à celui du rêve. Je raconte tout à mon oncle, qui ne tient aucun compte de cette imagination d’enfant et qui achète le poisson avec ordre de le préparer. Je redouble d’instances et demande avec larmes à être la première à en goûter, espérant ainsi sauver les miens. Mon oncle finit par céder. Examiné avec soin, le poisson se révéla empoisonné. Il avait avalé une vipère.  »

Aujourd’hui, soyons très charitables  : rendons service et ne nous mettons pas en colère.

Colorier quelques oiseaux.

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Mardi 20 février

DONNEZ-MOI VOTRE ENFANT-JÉSUS

LA petite se confessait tous les huit jours. Elle soupirait après la communion. «  Quand irai-je vers vous, ô mon Jésus  ? Hélas  ! je n’ai que huit ans et l’on ne communie pour la première fois qu’à douze. Quatre ans d’attente  ! c’est trop  ! Hâtez, hâtez cette heure, Jésus  ! Descendez vite dans mon âme.  »

Après l’aveu de ses péchés, elle demandait toujours la grâce de recevoir Jésus-Hostie. Le prêtre lui répondait invariablement  : «  Je le veux bien, mon enfant, mais un peu plus tard.  » Il a dit que ce serait un peu plus tard, se répétait-elle  ; peut-être sera-ce la semaine prochaine.

Un samedi où, par une inspiration céleste, elle pensait que le bon Père lui accorderait la permission, elle se rendit à l’église mieux vêtue que de coutume. Elle redoubla de ferveur. Comme d’habitude, elle réitéra sa demande  ; son cœur battait bien fort. «  Je le veux bien  », lui répondit le curé, oubliant d’ajouter  : «  mais un peu plus tard  »  ! Transportée de joie, elle courut à la Sainte Table et reçut son Jésus qui lui apparut sous la forme d’un enfant.

Dans la journée, tournons souvent nos cœurs vers Jésus-Hostie, si délaissé. «  Dédommagez-le, ouvrez-lui votre cœur, faites-le entrer, donnez-lui tout. Ne pensez qu’à lui, n’aimez que lui, faites tout pour lui  !  »

Colorier une partie de la frise.

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Mercredi 21 février

FIANCÉE… DE JÉSUS

LORSQUE Mariam eut treize ans, son oncle la fiança. Or, la jeune fille avait depuis longtemps promis à Dieu sa virginité. Que faire  ? Elle conjura sa Mère du Ciel de la secourir. La Sainte Vierge lui dit  : «  Mariam, je suis toujours avec toi  : suis l’inspiration que je te donne, je t’aiderai.  »

Ne sachant rien de ses intentions, son oncle et sa tante donnèrent le traditionnel festin en l’honneur de leur pupille. Selon l’usage dans ce pays, la future fiancée se présentait à la fin du repas, ornée de tous ses bijoux et offrait le café aux invités. Mariam parut en effet, mais, sur le plateau de fête, elle avait disposé… ses cheveux coupés, mêlés aux parures de ses fiançailles  !

Pour nous préserver des dangers du monde, demandons à Notre-Dame qu’elle prenne soin de notre cœur et qu’elle le conserve pour Jésus seul.

Colorier Mariam présentant le plateau de fête.

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Jeudi 22 février

Ô JÉSUS, C’EST POUR VOTRE AMOUR

STUPÉFAIT, son oncle tenta de fléchir la volonté de sa nièce. Appelé, le confesseur de la famille tança sévèrement l’enfant pour sa désobéissance, lui refusa l’absolution et l’écarta de la sainte Table. La jeune fille ne perdit ni son assurance ni sa gaieté. Privée de nourriture, frappée brutalement, forcée aux rudes travaux de la cuisine en compagnie des servantes, elle resta inébranlable.

«  Abandonnée de tous, condamnée par tous, mon âme surabondait de joie, confiera-t-elle plus tard  ; mon courage grandissait dans la mesure de mes épreuves, parce que je me disais que mes souffrances n’étaient pas comparables à celles de Jésus. Il me semblait qu’un petit oiseau chantait toujours dans mon cœur.  »

«  Crois-tu être la seule à souffrir  ? Je souffre plus que toi, je porte tout le poids de vos péchés  », dit Notre-Seigneur à Mariam. Acceptons donc nos petites souffrances et contrariétés pour consoler Jésus et Marie.

Colorier une partie de la frise.

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Vendredi 23 février

MARTYRE

CES humiliations duraient depuis plus de trois mois lorsqu’un ancien domestique de la maison, musulman, la retint un soir à dîner. Au cours du repas, il s’apitoya sur le sort de l’orpheline, puis lui lança avec flamme  :

«  Mariam, pourquoi rester fidèle à une religion qui inspire de pareils sentiments  ? Fais-toi musulmane, tu seras heureuse  !

Jamais  ! s’écria-t-elle. Je suis fille de l’Église catholique, apostolique et romaine et j’espère, avec la grâce de Dieu, persévérer jusqu’à la mort dans ma religion qui est la seule vraie.  »

À ces mots, le musulman, fou de rage, la renversa d’un coup de pied et lui trancha la gorge  ! L’enfant ne poussa pas un cri. L’assassin la roula dans son voile et la jeta dans une rue éloignée et déserte. Mariam était morte. C’était le 8 septembre 1858.

Récitons notre chapelet pour les chrétiens persécutés, afin qu’ils aient la grâce de témoigner de leur foi jusqu’au martyre, s’il le faut.

Colorier Mariam couchée dans la grotte.

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Samedi 24 février

RESSUSCITÉE  !

MARTYRE, Mariam alla droit au Ciel  : «  Je voyais la Sainte Vierge, les anges et les saints, qui m’accueillaient avec une grande bonté  ; je voyais aussi mes parents au milieu d’eux. Je contemplais le trône éclatant de la Sainte Trinité, Jésus-Christ dans son Humanité. Point de soleil, point de lampes, et tout cependant était brillant de clarté.

«  Je jouissais de tout ce que je voyais quand, tout à coup, quelqu’un me signifia  : “ Vous êtes vierge, il est vrai, mais votre livre n’est pas encore achevé. ”

«  Aussitôt, je revins à moi. Je me trouvai, sans savoir comment, dans une petite grotte solitaire. Couchée sur un pauvre lit, j’aperçus à mes côtés une religieuse qui eut la charité de me recoudre le cou. Je ne l’ai jamais vue ni manger ni dormir. Toujours debout à mon chevet, elle me soignait avec la plus grande affection et en silence. Elle était vêtue d’une belle robe bleu de ciel  ; son voile avait la même couleur.  »

Cette religieuse n’était autre que la Sainte Vierge qui la soigna pendant un mois.

Prenons la résolution de parler avec douceur, et rendons service pour soulager nos parents.

Colorier la Sainte Vierge soignant Mariam.

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Dimanche 25 février – 2e dimanche de Carême

“ SOYEZ TOUJOURS CONTENTE ”

LE dernier jour, «  cette religieuse me servit une soupe si bonne que jamais je n’en ai mangé de semblable. La portion achevée, je lui en demandai une seconde. Alors, rompant le silence, elle me répondit  :

“ Mariam, c’est assez pour le moment  ; plus tard, je vous en donnerai de nouveau. Souvenez-vous bien de ne pas faire comme ces personnes qui trouvent qu’elles n’ont jamais assez. Dites toujours  : c’est assez  ; et le Bon Dieu, qui voit tout, veillera toujours sur tous vos besoins. Soyez toujours contente, malgré tout ce que vous pourrez avoir à souffrir et Dieu, qui est si bon, vous enverra le nécessaire.

“ N’écoutez jamais le démon  : défiez-vous de lui, car il est très rusé. Quand vous demanderez quelque chose au Bon Dieu, il ne vous le donnera pas toujours aussitôt, afin de vous éprouver et de voir si vous l’aimez toujours également  ; et puis, un peu plus tard, il vous l’accordera pourvu que vous soyez toujours contente et que vous l’aimiez. ”  »

Suivons la recommandation de la Sainte Vierge et faisons l’effort de ne pas nous plaindre.

Colorier la grotte.

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Lundi 26 février

VOUS AUREZ BEAUCOUP A SOUFFRIR

LA “ religieuse ” ajouta  : «  Mariam, Mariam, n’oubliez jamais les grâces que le Seigneur vous a faites. Lorsque quelque chose de fâcheux vous arrivera, pensez que c’est Dieu qui le veut. Soyez toujours pleine de charité pour le prochain  ; vous devez l’aimer plus que vous-même.

«  Vous ne reverrez jamais votre famille  ; vous irez en France, où vous vous ferez religieuse  ; vous serez enfant de saint Joseph avant de devenir fille de sainte Thérèse. Vous prendrez l’habit du Carmel dans une maison, vous ferez profession dans une seconde, et vous mourrez dans une troisième, à Bethléem.

«  Vos parents vous chercheront  ; vous serez tentée de vous faire connaître. Gardez-vous-en bien, sans quoi vous n’auriez plus de soupe. Vous souffrirez beaucoup pendant votre vie, vous serez un signe de contradiction.  »

Remercions le Bon Dieu de nous avoir fait naître dans une famille catholique. Soyons dociles à l’éducation que nous donnent nos parents et à leurs conseils.

Colorier une partie de la frise.

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Mardi 27 février

TOUTE SEULE  !

MARIAM était guérie. La trace de sa glorieuse blessure resta toute sa vie bien visible sur le devant du cou. La cicatrice mesurait environ dix centimètres de longueur et un centimètre de largeur. La peau était à cet endroit toute blanche et plus fine que sur les parties avoisinantes.

Notre-Dame la conduisit dans une église d’Alexandrie. Sa confession terminée, la petite ne retrouva pas sa chère protectrice. «  J’étais seule sur la terre, seule. Mon cœur n’y tint plus et j’éclatais en sanglots.  »

Elle se retrouvait sans moyen de subsistance. Pour survivre, elle servit plusieurs maîtres, durant sept années consécutives, à Alexandrie, à Jérusalem et encore à Beyrouth. Son principal souci était, par vertu et pour ne pas être signalée à son oncle, de rester ignorée. Après Beyrouth, Mariam fut employée par la famille Naggiar d’origine syrienne, qui devait se rendre à Marseille. C’est ainsi qu’elle arriva en France.

Ne cherchons pas à attirer l’attention. Oublions-nous pour faire plaisir aux autres.

Colorier un bouquet de fleurs du deuxième tableau.

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Mercredi 28 février

PROTÉGÉE DE SAINT JOSEPH

DEBOUT dès 4 heures du matin, Mariam se rendait au sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde pour y entendre la Messe. Il lui arrivait souvent d’être suivie par un vieillard qu’un petit enfant tenait par la main. Un matin, elle se retourna brusquement vers l’inconnu et, d’un ton qui n’admettait pas de réplique  :

«  Que me voulez-vous et que signifient ces poursuites  ? Si c’est pour vous marier, vous pouvez ­chercher ailleurs  !

– Je ne l’ignore pas, répondit le vieillard sans se déconcerter, car vous êtes promise à Dieu  ; vous devez même aller au couvent, et je veille sur vous jusqu’à ce que vous y soyez.  »

Ce protecteur si vigilant était le glorieux saint Joseph.

À la veille d’entrer dans le mois consacré à saint Joseph, mettons-nous sous sa puissante protection.

“ Cœur très pur, très généreux et tout-puissant de saint Joseph, régnez sur nous, gouvernez-nous, sauvez-nous. ”

Colorier le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde.

Jeudi 1er mars

FIDÉLITÉ  !

DEUX mois après leur arrivée, la jeune servante fut favorisée d’une extase qui dura deux heures. Un peu plus tard, un second ravissement de quatre jours la conduisit au Ciel, au purgatoire et en enfer  :

«  Au Ciel, je vis la Très Sainte Vierge entourée d’anges  ; à ses côtés, se trouvaient aussi d’innombrables vierges. Je me voyais toute petite, réduite à un rien  ; et néanmoins je sentais que toutes ces âmes me recevaient avec une grande joie dans leurs bras. Du Ciel, la terre m’apparaissait comme une pomme, l’univers tout entier était renfermé dans ce petit rond. Oh  ! que les hommes s’égarent  ! S’ils songeaient qu’ils ne sont que voyageurs sur cette terre, et que, à chaque instant, ils peuvent être cités au tribunal de Dieu  !  »

Une vierge lui enseigna que «  ce ne sont pas les grandes choses que l’on fait sur la terre qui méritent le Ciel, mais l’entière fidélité. “ J’y descendrais encore pour accomplir chaque acte avec plus de perfection ”, m’avoua-t-elle. Elle me montra l’armée des martyrs et les âmes qui ont passé sur la terre par de grandes tribulations. Elles n’ont pas versé leur sang comme les martyrs, et cependant elles ont le même rang qu’eux, parce qu’elles ont bien porté la croix. “ Chacun a sa croix et lorsque Dieu voit une âme accepter généreusement celle qu’il lui envoie, lui-même aide cette âme à la porter. ”  »

Pour être fidèle, il suffit d’obéir. «  L’obéissance nous préserve toujours de tout malheur et de tous les pièges de Satan. Par un acte d’obéissance, nous acquérons l’humilité pour un mois  ; par un acte de désobéissance, nous perdons l’humilité pour un an.  »

Colorier une partie de la frise.

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Vendredi 2 mars – premier vendredi du mois

BIEN SE CONFESSER

LA vierge qui montrait le Ciel à Mariam lui expliqua encore que l’âme qui aime Dieu et son prochain doit toujours avoir une inébranlable confiance. «  Comme tous les hommes qui vivent sur la terre sont faibles, Dieu permettra que cette âme fasse des fautes pour la maintenir dans l’humilité. Qu’elle ne se décourage pas, qu’elle se repente, qu’elle confesse ses fautes au prêtre, et Dieu les lui pardonnera. Il y a des saints sur la terre qui, par suite de la fragilité humaine, tombent dans quelque faute, parfois même grave. Le démon met alors tout en œuvre pour intimider l’âme coupable  : “ Le prêtre te croit bonne, sainte  ; comment oserais-tu lui avouer cette faute  ? Quoi  ! confesser ce péché à un homme  ? Non, tu ne le feras pas. ” L’âme trompée cache son péché  ; elle continue à recevoir les sacrements  ; un péché en attire un autre  ; le démon finit par l’aveugler.  »

En ce premier samedi du mois, remplissons volontiers les petites demandes de Notre-Dame. En particulier, faisons une bonne confession, nous rappelant que «  ce n’est pas à un homme qu’on s’adresse, mais à Dieu lui-même  ».

Colorier le deuxième bouquet de fleurs.

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Samedi 3 mars – premier samedi du mois

CONDUISEZ AU CIEL TOUTES LES ÂMES

MARIAM pénétra ensuite au purgatoire. «  Combien d’âmes s’y trouvent  ! Leurs peines diffèrent beaucoup. “ Cette religieuse est au purgatoire pour longtemps parce qu’elle prenait sans permission du fruit au jardin, et qu’elle acceptait également sans permission des petites choses de ses élèves ”, m’expliqua la vierge. La Mère de Dieu descend tous les samedis au purgatoire avec une escorte d’anges, délivrant beaucoup d’âmes par ces esprits bienheureux.  »

Puis, la vierge lui montra l’enfer, sans y entrer  : «  En le voyant, le purgatoire me parut être un paradis. Les âmes qui s’y trouvent sont soumises à la volonté de Dieu, elles sont heureuses de se purifier par le feu pour être dignes de la vision béatifique. Dans l’enfer, au contraire, on n’entend que cris épouvantables, imprécations, blasphèmes. Ce qui me frappa tout d’abord, ce fut la vue des âmes qui s’étaient perdues par le vice de l’impureté. Dans chaque damné, la flamme qui l’entourait prenait la forme de ce qui était cause de sa damnation. J’ai vu dans l’enfer des âmes de toutes les classes, de tous les rangs. Lorsqu’une âme monte au Ciel, le démon entre dans des accès de rage.  »

Prenons la résolution de ne pas laisser le démon entrer chez nous, en suivant le conseil de Mariam  :

«  Je compris que le démon est semblable au vent. Quand le vent souffle, on ferme tout  ; on bouche les trous, les fentes, pour se préserver. L’âme devrait prendre les mêmes précautions contre Satan  ; elle devrait tout fermer chez elle, pour ne laisser aucun accès à cet esprit malin.  »

Colorier une partie de la frise.

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Dimanche 4 mars – 3e dimanche de Carême

“ LE PETIT RIEN ”

LES souffrances, les privations, le travail avaient contrarié le développement physique de Mariam. Elle entrait dans sa vingtième année, mais n’était en apparence qu’une fillette de douze ou treize ans. Sa santé était délabrée. Elle ne savait ni lire ni écrire et parlait à peine français.

Son confesseur lui proposa d’embrasser la vie religieuse. Elle y consentit, par obéissance, malgré ses répugnances naturelles.

Seules les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition acceptèrent de la recevoir. En 1865, elle entra au postulat et travailla à la cuisine comme seconde. Ne comprenant que très mal notre langue, elle faisait souvent le contraire de ce qu’on lui demandait, ce qui lui valait de dures réprimandes. Mais elle ne s’étonnait pas d’être ainsi traitée, se surnommant elle-même “ le petit rien ”. Elle ne cessa de manifester une humilité à toute épreuve, un amour des bas emplois, une charité, un dévouement et toujours une grande amabilité.

Évitons les cris, les disputes à la maison, et tirons profit des remarques de nos parents.

Colorier une partie de la frise.

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Lundi 5 mars

DIEU EST TROP OFFENSÉ  !

DURANT son postulat, les extases recommencèrent. Un jour, Jésus lui apparut dans le Tabernacle avec ses cinq plaies et sa couronne d’épines d’où s’échappaient des ruisseaux de sang.

Soudain, elle vit des charbons ardents qui, des mains de Jésus, allaient tomber sur les pécheurs. La Très Sainte Vierge, à genoux devant son Divin Fils, le conjurait d’épargner les coupables. Infiniment triste, Jésus se plaignait à sa Mère  : «  Oh  ! comme mon Père est offensé  ! comme mon Père est offensé  !  »

La postulante s’élança vers Jésus, porta la main sur la plaie de son Cœur Sacré en le suppliant  : «  Mon Dieu, donnez-moi s’il vous plaît toutes ces souffrances, mais faites miséricorde aux pécheurs.  »

Après cette extase, sœur Marie trouva sa main couverte de sang. Depuis ce jour, elle souffrit du côté gauche  : tous les vendredis, ce côté saignait.

Répétons dans la journée cette invocation  :

«  Père Éternel, donnez-moi autant d’âmes que votre Fils a versé de gouttes de Sang dans sa Passion.  »

Colorier une partie de la frise.

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Mardi 6 mars

LES STIGMATES

LE divin Maître voulut compléter ses faveurs en lui accordant les stigmates des cinq plaies. Le mercredi soir de la troisième semaine du Carême 1867, elle eut un nouveau ravissement. «  Il me semblait que je cueillais des roses pour orner l’autel de Marie  : ces roses paraissaient avoir des épines des deux côtés, et les épines s’enfonçaient dans mes mains et mes pieds. Quand je revins à moi, ma bouche était très amère, mes pieds et mes mains enflés  : au milieu de mes mains et sur mes pieds, il y avait des boutons noirs.  »

Le jeudi, ses souffrances allèrent en augmentant jusqu’au lendemain, fête des cinq Plaies. Ce jour-là, vers 10 heures du matin, les boutons noirs tombèrent et la couronne d’épines se dessina parfaitement autour de sa tête  ; le sang coulait de sa tête, de ses mains et ses pieds. Ce prodige se renouvela plusieurs fois.

Honorons les Plaies de Jésus par cette prière  :

«  Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes.  »

Colorier les stigmates de sœur Marie.

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Mercredi 7 mars

ENFANT DE SAINT JOSEPH, PUIS…

MALGRÉ tout le soin que mettait sa prieure à cacher ce miracle, les sœurs s’en aperçurent. La maîtresse des novices ordonna à la postulante de demander à Dieu que ses stigmates ne se voient pas. Elle obéit et transmit la réponse de la Sainte Vierge  : rien ne se verrait plus jusqu’au Carême suivant. Les plaies des pieds et des mains se fermèrent en effet et se cicatrisèrent.

Le postulat de sœur Marie touchait à sa fin. À cause de ses dons extraordinaires, le chapitre, en l’absence de la supérieure générale, refusa de l’admettre à la prise d’habit. Toutefois, les religieuses rendirent à sa vertu le plus éclatant témoignage.

«  Vous pouvez remercier Dieu, écrivait plus tard la Révérende Mère générale, d’avoir permis que je fusse absente à ce moment. Jamais, si j’avais été présente, je n’aurais consenti à ce renvoi. Le Seigneur a voulu réaliser ainsi ses desseins sur cette enfant merveilleuse  ; sans quoi je serais tentée de me plaindre de ce vol fait à saint Joseph par sainte Thérèse.  »

Luttons contre notre avarice en prêtant nos affaires généreusement.

Colorier la couronne d’épines.

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Jeudi 8 mars

FILLE DE SAINTE THÉRÈSE

LA supérieure du carmel de Pau, mère Élie, consentit à recevoir cette pauvre orpheline. Son entrée, le 16 juin 1867, réalisait la prophétie de Notre-Dame et le songe que notre postulante avait eu, alors qu’elle était encore bien jeune  :

«  Il me semblait voir Jésus, sa Sainte Mère et, à leurs pieds, saint Joseph et une femme que je ne connaissais pas. J’allai me cacher sous le manteau de saint Joseph, comme si j’avais eu peur de cette inconnue qui, cependant, paraissait bien bonne. ­Jésus et Marie regardaient et souriaient. Mais voici que cette inconnue s’adressa à saint Joseph  : “ Grand saint, vous ne m’avez rien refusé sur la terre  : pourriez-vous me refuser quelque chose au Ciel  ? Donnez-moi cette enfant. ” Saint Joseph leva les yeux vers Jésus et Marie, et me conduisit à cette in­connue que je compris être sainte Thérèse. Toute ma crainte disparut et j’aimai Thérèse comme ma Mère.  »

En l’honneur de saint Joseph, chantons le cantique page F 19 de notre carnet de chants.

Colorier une partie de la frise.

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Vendredi 9 mars

UNIE À JÉSUS CRUCIFIÉ

TOUT lui plaisait au carmel  : la clôture, le silence, la mortification, la pauvreté, les pratiques d’humilité et par-dessus tout l’obéissance. «  Oh  ! que je suis heureuse, j’ai trouvé une famille. Les supérieures sont mes mères, et les religieuses sont mes sœurs.  »

Quoique la Très Sainte Vierge lui eût promis, à Marseille, que ses stigmates ne couleraient plus jusqu’au Carême, son côté gauche continua, chaque vendredi, à donner du sang et de l’eau, depuis 10 heures du matin jusqu’à 3 heures de l’après-midi. Les linges qu’on y appliquait s’imprégnaient de sang en forme de croix.

Durant ces longues heures, la postulante endurait de très grandes douleurs. L’eau qu’on lui présentait pour étancher sa soif ne lui paraissait que du fiel. Ses pieds et ses mains se gonflaient et devenaient rouges  ; sa joue portait la trace du soufflet imprimé sur la Face de Jésus. Elle se sentait comme frappée par tous, abandonnée.

Pourtant, elle ne cessait de répéter  : «  Merci, mon Dieu, je suis prête à souffrir encore davantage pour les pécheurs, pour le Saint-Père, pour l’Église.  »

«  Demandez à Jésus la grâce de résister à la nature, à ce vilain corps, à ce vilain chemin de la volonté propre. “ Ô divin Sauveur, ne permettez pas que je cherche autre chose que votre sainte volonté. ”  »

Colorier sœur Marie de Jésus Crucifié.

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Samedi 10 mars

LE DIVIN JARDINIER

CONSTATANT les grâces extraordinaires dont Dieu favorisait cette âme, les supérieures écourtèrent son temps de postulat. Le 27 juillet 1867, moins de deux mois après son entrée, elle recevait l’habit et le nom de sœur Marie de Jésus Crucifié.

Ses extases (qu’elle croyait être des rêves) devinrent encore plus fréquentes. La Très Sainte Vierge, Notre-Seigneur et les saints la visitaient régulièrement. Dans sa naïve simplicité, elle ne comprenait pas toujours ces visions.

Un jardinier lui apparut à plusieurs reprises  :

«  M’aimes-tu  ? Veux-tu me faire un peu de place dans ton cœur  ?

– Non, non, répondit-elle, je ne veux aimer que Jésus.

 Vois, mon Père n’est pas aimé.

– Jardinier, vous parlez toujours de votre Père. Qui connaît votre Père  ? Nous n’avons qu’un Père, qui est au Ciel  ! C’est lui qui doit être aimé  !  »

Une autre fois, pendant l’oraison  :

«  Je veux t’accompagner dans l’Inde, lui déclara-t-il.

– Demeurez dans votre jardin, j’ai assez de Jésus.

 Aimes-tu ma Mère  ? reprit le mystérieux jardinier.

– Oui, je l’aime si elle aime Jésus.  »

Et, se tournant du côté d’un ange qui était là sous la forme d’un enfant, elle le supplia  : «  Enfant, ce jardinier vient voir tous les jours s’il y a une place pour lui dans mon cœur  ; il n’y a de place que pour Jésus.  »

Sœur Marie nous dit  : «  Jésus veut venir chez toi, prépare-lui une cellule  ; écoute ce qu’il veut. Une petite cellule bien pauvre, bien simple. Un petit lit qui signifie la vertu de silence  ; un matelas toujours neuf par de nouveaux actes d’humilité  ; un coussin de charité  ; une couverture de patience  ; de grands rideaux bien blancs, c’est l’union qui empêche le vent de la tentation de refroidir la charité.  »

Colorier le divin Jardinier.

Dimanche 11 mars – Lætare

VADE RETRO SATANA

CES innombrables faveurs mettaient Satan en fureur. Il voulut se venger et lança la novice avec violence contre une porte dont le loquet de fer lui fit une profonde blessure à la tête. Combien de fois ne mit-il pas dans son assiette des vers, des épingles ou encore des cafards  ! Souvent, elle sentait, dans ce qui lui était servi, une odeur de cadavre. Néanmoins elle mangeait tout, heureuse de se mortifier.

Il essaya également de la troubler durant son sommeil, lui retirant ses couvertures, faisant du bruit en sifflant comme une locomotive.

Pour triompher des assauts du démon, les sœurs eurent recours à une relique de Pie IX  : un morceau de sa soutane. «  Ôtez cela, vociféra le démon, c’est du méchant blanc  !  »

Satan ne peut cacher sa haine du Pape qui a défini le dogme de l’Immaculée Conception et qui a condamné les erreurs du monde moderne dont lui, Satan, est le prince.

On voulut le forcer à parler latin  : «  Non, non, je n’y consentirai jamais  ; cette maudite langue me fait trop souffrir, elle est contre moi.  »

Il arracha le voile d’une sœur  : «  Je n’aime pas la modestie, elle m’irrite.  »

Prenons la résolution de nous comporter en enfants de Marie par notre modestie, dans notre manière d’être et de nous vêtir.

Colorier le jardin du divin Jardinier.

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Lundi 12 mars

ELLE T’ÉCRASE LA TÊTE

SŒUR Marie rétorquait au démon de manière très vive, se moquant de lui. «  Tu étais un ange si beau et, par ton orgueil, tu es devenu si laid  ! Ange tombé, je te méprise. Jésus seul est mon Roi. Garde ton royaume, tes belles campagnes, tes poulets, ton grand rôti  ; je préfère le pain sec avec Jésus. Je méprise ta boisson, ton eau sucrée, ton eau de senteur. J’ai soif des âmes, du calice de la souffrance  : c’est ma boisson.

«  Va, Satan, je ne te crains pas. J’ai avec moi celle qui t’a écrasé la tête, Marie  ; elle est ma Mère  ! Tu bisques, Satan  ? Oui, Marie est ma Mère. Gloire à Marie qui a écrasé la tête du serpent  ! Honte à Satan  ! Malheur à ceux qui te suivent  !  »

Notre Père, l’abbé de Nantes, explique que, pour écraser le démon orgueilleux, «  le petit pied virginal de la Sainte Vierge, de l’Immaculée, suffira. Et Dieu lui donnera, à Elle, si faible, toute sa puissance, pour qu’Elle ouvre le règne de Dieu qui durera jusqu’à la fin des temps  ».

Colorier une partie de la frise.

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Mardi 13 mars

LA CHARITÉ EXCUSE TOUT

PEU après ces attaques du démon, le Ciel revint visiter la jeune novice. Durant quatre jours, “ l’Ange de Marie ” livra ses enseignements  : «  La Sainte Vierge vous demande l’humilité, la simplicité et la pratique de toute la Règle. Ne faites jamais rien sans permission, demandez-la pour chaque chose et non point d’une manière générale.

«  La charité est une vertu si belle, si douce  ! Ne regardez jamais les défauts ni les fautes des autres. Pensez toujours bien des autres  : excusez-les.

Et la jeune novice d’expliquer  : «  Dieu ne permet la tentation que pour nous faire grandir  : courons d’autant plus vers Dieu que nous sommes plus éprouvés. La tentation est l’eau qui nous lave  ; la tentation plus forte est comme l’eau chaude qui nous nettoie mieux.  »

Faisons nôtre cette autre recommandation de l’ange  : «  Pratiquez surtout l’obéissance. L’obéissance est comme le chemin de fer qui conduit à Jésus.  »

De fait, les démons avaient avoué que les trois plus puissantes choses contre eux sont  : la charité, l’humilité et l’obéissance.

Colorier une partie de la frise.

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Mercredi 14 mars

PAUVRE SAINT-PÈRE  !

EN 1870 eut lieu le premier concile du Vatican. Sœur Marie vit, d’une manière surnaturelle, que le Saint-Père souffrait. «  Son cœur est affligé, parce qu’il n’y a pas assez d’union entre les évêques. J’ai vu trois évêques du Concile, très saints et qui ont rendu de grands services à l’Église, maintenant environnés de ténèbres, entourés de milliers de démons qui s’efforcent de leur cacher une petite lumière toujours présente à leurs yeux, figure de la foi, de la vérité  ; tandis qu’à droite et à gauche, il y a une grande lumière que les démons voudraient leur faire suivre.  »

Dans une lettre à l’évêque de Bayonne, écrite en septembre 1871, elle confia  : «  Que vous êtes heureux d’avoir compris la vérité. Oui, l’infaillibilité mit en rage tout l’enfer. Bisque, bisque Satan.  »

Offrons nos prières pour le Saint-Père, à l’exemple de sœur Marie qui pouvait écrire  : «  Je vous le dis, cher et bien-aimé Père, je prie beaucoup, beaucoup pour le triomphe de la Sainte Église et de la France.  »

Colorier le Vatican.

Jeudi 15 mars

LA FRANCE RESSUSCITERA

EN août 1870, six religieuses de la communauté quittaient Pau pour fonder un carmel à Mangalore, dans les Indes. Sœur Marie de Jésus Crucifié était du nombre. À Marseille, avant de s’embarquer, elle se rendit au sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde où elle pria pour la France.

«  Pendant ma prière, je vis un homme qui tenait en sa main un nuage très noir et très épais. Je vis une vierge qui priait beaucoup pour que ce nuage tombât ailleurs que sur la France. L’homme tenait dans l’autre main un nuage blanc  ; mais il voulait jeter le nuage noir avant le blanc et il a dit  : “ Après avoir passé par de terribles épreuves, la France triomphera et sera la reine des royaumes. ”  »

Souvenons-nous de la prophétie de Notre-Dame de Fatima  : «  À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera  », et soyons certains qu’elle accomplira sa promesse.

«  Doux Cœur de Marie, j’ai confiance en vous.  »

Colorier le nuage noir.

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Vendredi 16 mars

FONDÉ SUR LA CROIX

LA fondation de ce carmel à Mangalore reposa entièrement sur la croix. Pendant la traversée, cinq carmélites tombèrent gravement malades, dont mère Élie. Sœur Marie promit à sainte Anne une église en son honneur si elle la guérissait.

«  Mais elle n’a pas voulu nous exaucer. Notre Mère allait de plus en plus mal. J’étais en colère contre sainte Anne et je lui ai dit  : “ Vous êtes trop vieille, vos oreilles sont sourdes. On ne vous donnera rien  ! ”  »

La chère supérieure mourut, ainsi que deux autres sœurs. Grande douleur pour notre petite novice que la perte de cette prieure tant aimée qui la comprenait et savait si bien la guider dans ses voies extraordinaires.

Dans cet exil, point de douceur  ;
Allons mes frères, allons mes sœurs,
Suivons Jésus au Calvaire.
Dans cet exil, point de douceur  ;
J’embrasserai avec joie
La croix de mon Sauveur  !
Le sacrifice coûte cher  !
Je l’offrirai de tout mon cœur  !

Offrons nos petites contrariétés et peines avec autant de générosité  !

Colorier un bouquet de fleurs du troisième tableau.

Samedi 17 mars

POUR JÉSUS  !

À Mangalore il fallut assumer toutes les tâches propres à une fondation en terre païenne où tout manquait. Sœur Marie travaillait toute la journée “ comme un massacre ”. Il lui arrivait de se dévouer à la buanderie depuis le matin jusqu’à 4 heures de l’après-midi sans prendre la moindre nourriture.

Consumée de fièvre, elle restait au jardin, bêchait, arrosait, jusqu’à s’évanouir de faiblesse ou de douleur. Et si l’ennemi, la Bête, comme elle l’appelait, essayait de ralentir son ardeur, elle lui répondait avec une bonne humeur mêlée d’ironie  :

«  Rien pour toi. Le travail, pour Jésus  !

– Si tu travailles comme cela, ripostait le tentateur, tu mourras  !

– Eh bien, tiens  !  »

Et elle frottait de plus belle  !

Luttons contre notre paresse en ne traînant pas durant nos devoirs. Imitons sœur Marie de Jésus Crucifié, travaillons avec ardeur pour Jésus.

«  Aimer ne suffit pas  ; aimer et travailler, c’est tout. Aimer, c’est la semence  ; travailler, c’est germer, pousser et donner du fruit.  »

Colorier une carmélite débarquant à Mangalore.

Dimanche 18 mars – 1er dimanche de la Passion

MARIE MÉDIATRICE

LE 21 novembre 1871, elle prononça ses vœux dans ce carmel, comme l’avait prophétisé la Sainte Vierge, et reçut le voile blanc des carmélites converses. Durant sa retraite de profession, elle connut de nouveau un grand nombre de révélations.

Retenons celle-ci  : «  J’ai vu un canal qui semblait n’avoir ni commencement ni fin. L’eau de ce canal coule en silence  ; et, sur ses bords, il y a toute espèce de roses, de fleurs d’un parfum et d’une couleur que je n’ai jamais rencontrés sur la terre. Tout ce qui boit à ce canal et tout ce que ce canal arrose est beau, magnifique.

«  Et, de loin, j’ai aperçu une montagne plus belle que tout l’univers. Il m’a semblé qu’elle sortait du ciel. Et j’ai vu que le canal sortait des entrailles de cette montagne. La montagne, c’est Marie  ; les eaux du canal sont les eaux de la grâce. C’est par Marie que Dieu donne la grâce et que l’homme revient à la grâce et entre au Ciel. Et tout ce qui approche Marie a la vie de la grâce. La verdure, les fleurs, les arbres qui bordent le canal et qui sont d’autant plus beaux qu’ils approchent davantage du canal et de la montagne, sont les âmes qui naissent à la vie de la grâce, qui progressent et qui deviennent plus belles, à mesure qu’elles deviennent plus vertueuses.  »

Offrons un sacrifice qui nous coûte pour que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie se répande.

Notre-Seigneur le désire très ardemment «  parce que ce Cœur est l’aimant qui attire les âmes à moi, le foyer qui irradie sur la terre les rayons de ma lumière et de mon amour, la source intarissable qui fait jaillir sur la terre l’eau vive de ma miséricorde  ».

Colorier une partie de la frise.

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Lundi 19 mars

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT

EN 1871, le Ciel lui demanda de répandre la dévotion au Saint-Esprit  : «  J’ai vu devant moi une colombe et, au-dessus de la colombe un calice débordait, comme s’il y avait eu une source à l’intérieur du calice  ; et ce qui débordait du calice arrosait la colombe et la lavait.

«  “  Si tu veux me chercher, me connaître et me suivre, invoque la lumière, l’Esprit-Saint qui a éclairé mes disciples et qui éclaire tous les peuples qui l’invoquent. Quiconque invoquera le Saint-Esprit, me cherchera et me trouvera. Je désire ardemment que les prêtres disent chaque mois une messe en l’honneur du Saint-Esprit. ”

«  “  Seigneur, que puis-je faire, moi  ? Personne ne me croira. ”

«  Et la voix m’a répondu  : “ Quand le moment sera venu, je ferai tout moi-même et tu n’y seras pour rien… ”

«  Et tout a disparu, et mon cœur est resté embrasé d’amour…  »

Récitons la prière composée par sœur Marie de Jésus Crucifié  :

Esprit-Saint, inspirez-moi,
Amour de Dieu, consumez-moi,
Au vrai chemin, conduisez-moi.
Marie, ma Mère, regardez-moi,
Avec Jésus, bénissez-moi  ;
De tout mal, de toute illusion,
De tout danger, préservez-moi.

Colorier la colombe.

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Mardi 20 mars

EXTASE… DES ŒUVRES  !

APRÈS sa profession, sœur Marie de Jésus Crucifié, accompagnée d’une autre carmélite, reprit le chemin de Pau. Elle y arriva le 5 novembre 1872. Toute préoccupée des besoins de l’Église et du salut de la France, elle s’offrit à travailler à la cuisine pendant six mois consécutifs. Cet emploi était pour elle un vrai martyre à cause de sa mauvaise santé, mais elle était heureuse de soulager ainsi ses sœurs.

Là encore, la communauté la vit bien souvent en extase, chantant avec les habitants du paradis et battant la mesure sur la marmite ou la poële, faisant frire, tournant et retournant ce qui était sur le feu avec un soin parfait  !

C’est à cette époque qu’elle commença à léviter, phénomène encore plus extraordinaire que l’extase. Le 22 juin 1873, les sœurs l’aperçurent au sommet d’un tilleul fort élevé  ; assise sur une branchette, elle se balançait et chantait l’Amour de Dieu. La prieure la fit descendre par le seul mot d’obéissance. Mais une de ses sandales resta suspendue à la branche qui la portait  !

Aujourd’hui, obéissons sans discuter, car «  malheur à l’homme qui ne sacrifie pas tout à l’obéissance. S’il ne fait pas ce sacrifice, il ne verra jamais Dieu.  »

Colorier le calice.

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Mercredi 21 mars

«  LA FRANCE EST LE CENTRE DE MON CŒUR  »

COMME elle priait beaucoup pour la France pour laquelle elle avait une grande reconnaissance, étant sa patrie d’adoption, Notre-Seigneur lui révéla  : «  La France est le centre de mon Cœur. Oui, je ferai mes délices dans le sein de la France, elle sera encore la reine de tous les royaumes.

«  Mais avant, il faut que la France soit tout à fait rien pour que je sois à la tête des armées afin que toutes les nations disent entre elles de génération en génération  : vraiment, c’est le Très-Haut qui est à la tête de la France  ! Oui, oui, bientôt la France triomphera, bientôt elle sera la reine des royaumes. Elle a fait trop de bien dans les missions pour que Dieu l’abandonne. Consolez-vous, viendra un temps où la France deviendra reine et elle gouvernera la Syrie.  »

Récitons notre chapelet pour la renaissance de la France.

Colorier une carmélite débarquant à Mangalore.

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Jeudi 22 mars

ALLONS RÉVEILLER L’UNIVERS  !

DURANT certaines extases, sœur Marie chantait et invitait la création à louer Dieu avec elle  : «  Cieux, bénissez le Seigneur  ! Terre, bénissez le Seigneur  ! Je chante les grandeurs, la puissance de notre Créateur, car nous sommes l’ouvrage de ses mains, le prix de son Sang. Venez, adorons-le  ! C’est notre Roi, c’est notre Père. Venez, adorons-le  ! Ô mon Dieu, mon cœur est trop petit  : je voudrais un cœur plus grand que l’univers pour vous aimer  ! Ô amour  !  »

Mais elle constatait avec une tristesse inexprimable  : «  Ma Mère, tout le monde dort  ! Et Dieu si bon, si grand, si digne de louange, on l’oublie  ; personne ne pense à lui  ! La nature le loue  ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue. L’homme aussi devrait le louer, connaissant ses bienfaits, et il dort  ! Allons, allons réveiller l’univers  ! Allons louer Dieu, chanter ses louanges  !  »

«  Seigneur, donnez-nous l’esprit de prière afin que nous puissions gagner des âmes qui vous serviront. Gardez-nous toujours en votre présence, afin que nous chantions vos louanges pour réjouir votre Cœur.

«  Faites-nous produire des fleurs et des fruits pour l’Église.  »

Colorier une partie de la frise.

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Vendredi 23 mars

POUR LA CONVERSION DES PÉCHEURS

CETTE âme si simple ne savait qu’inventer comme pénitence pour implorer la conversion des pécheurs. Elle obtint la permission de jeûner quinze samedis de suite. Avec cette particularité que son dîner se composerait de… quinze escargots bouillis, la collation de quinze autres, ce qui faisait pour une journée trente escargots  ! Et, pour la durée du jeûne, un total de quatre cent cinquante  !

Notre-Seigneur lui demanda, pour l’Église, de faire le tour du jardin plusieurs fois, à genoux, le dos chargé d’un énorme sac de cendres. Les supérieurs ayant approuvé cette volonté du Ciel, elle alla jusqu’au bout de cette terrible pénitence, malgré ses jambes ensanglantées, malgré la sueur qui coulait de son visage.

«  Le Seigneur frappe à toutes les portes, personne ne veut lui ouvrir  ; il appelle, personne ne répond  ; il attend, personne ne vient.  »

Pour consoler Jésus et convertir les âmes, offrons aujourd’hui une pénitence.

Colorier le deuxième bouquet de fleurs.

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Samedi 24 mars

VOUS MOURREZ A BETHLÉEM

DÈS son retour à Pau, sœur Marie avait déclaré que Jésus désirait un carmel à Bethléem et qu’Il l’y appelait pour mourir. Plusieurs fois, elle affirma qu’avant trois années, elle serait à Bethléem. Mais les supérieurs n’y attachèrent pas beaucoup d’importance.

Un jour, l’évêque de Bayonne l’interrogea  :

«  Voyons, savez-vous ce que signifie le mot Bethléem  ?

– Ça veut dire la paix et la joie.

– Ce n’est pas cela.

– La paix et la joie, répétait la petite sœur.

– Bethléem signifie  : maison du pain, dit enfin Monseigneur.

– Dis-moi, Monseigneur, repartit sœur Marie avec un sourire, si tu ne manges pas de pain, peux-tu avoir la paix et la joie  ?  »

Pendant la Semaine sainte, méditons la Passion de Jésus à l’exemple de sœur Marie de Jésus Crucifié.

«  Jésus, dans sa prison, a froid  : il attend que vous le réchauffiez. Il vous entend, il écoute ce que vous lui direz.  »

Colorier une carmélite débarquant à Mangalore.

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Dimanche 25 mars – Dimanche des Rameaux

LE SIGNE DU GÉRANIUM

UN jour que Notre-Seigneur lui renouvelait l’assurance de cette fondation, notre carmélite lui répliqua avec une sainte hardiesse  : «  Pour preuve qu’elle se fera et que j’irai y mourir, faites prendre racine à cette feuille de géranium presque sèche.  »

Tout en parlant, elle enfonça dans un pot de terre la feuille qu’elle tenait en main. Bientôt après en sortait un magnifique géranium  !

Un carmel à Bethléem, pour le triomphe de l’Église et le salut de la France, ce n’était pas une entreprise ordinaire. Il fallait s’attendre à de très grands obstacles, Rome étant opposé à l’établissement de religieuses cloîtrées en Terre sainte…

«  Les bourreaux préparent pour Jésus les cordes, ils préparent les clous, ils préparent la croix. Préparez-lui de bonnes choses de votre côté. Préparez-lui votre cœur.  »

Colorier une partie de la frise.

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Lundi saint 26 mars

PATIENCE

LES difficultés semblèrent insurmontables. Sœur Marie elle-même s’impatienta  : «  Vous êtes toujours le même  ! dit-elle à Notre-Seigneur. Vous m’avez demandé depuis si longtemps cette fondation, et voilà que ­plusieurs fois, au moment où tout semblait devoir réussir, tout a échoué. Il est impossible que vous soyez Jésus  ; Jésus n’est pas comme cela. Je suis tellement fâchée que je ne veux même pas vous regarder.

– Et que vous a répondu Jésus  ? lui demanda son confesseur.

– À ma grande surprise, il a ri et m’a dit  : “ Ma fille, ne crains rien  ; la réponse affirmative arrivera avant un mois. ” Elle arrivera, c’est certain  ; c’était Jésus, j’en suis sûre, et Jésus ne m’a jamais trompée.  »

Dix jours après parvenait au carmel la réponse favorable, grâce à l’intervention de Pie IX.

«  Jésus gémit  ; les juifs n’écoutent ses gémissements que pour se moquer de lui. Écoutez-le, vous, pour le consoler, pour le dédommager.  »

Colorier un bouquet de fleurs du quatrième tableau.

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Mardi saint 27 mars

AU SAINT CÉNACLE

ENFIN, le 20 août 1875, dix carmélites, dont sœur Marie de Jésus Crucifié, quittaient Pau pour se rendre à Bethléem. Après une halte à Alexandrie, lieu de son martyre, elles débarquèrent à Jérusalem le 7 septembre.

Pendant trois jours, les religieuses se rendirent en pèlerinage dans les principaux sanctuaires. Elles étaient navrées de voir la plupart de ces Lieux saints entre les mains des Turcs et des schismatiques.

Au Cénacle, où les musulmans ont élevé une mosquée, le visage de sœur Marie devint pâle et défait  ; ses yeux prirent une expression de douleur infinie  : «  Comment Seigneur, pouvez-vous permettre de pareilles choses, puisque vous êtes Dieu  ? Ah  ! c’est trop fort  ! Si j’étais Jésus, jamais je ne supporterais une telle profanation  !  »

Mais bientôt elle demanda pardon  :

«  Seigneur, excusez ma hardiesse, c’est mon amour pour vous qui m’a fait pousser ce cri. Si j’étais Jésus, je ferais comme vous, je prendrais patience, parce que j’aurais dans mon cœur votre bonté infinie.  »

Préparons-nous à la Messe du Jeudi saint avec ferveur. Consolons Jésus de tant d’ingratitudes.

«  Seigneur, que d’âmes plus abominables encore que ce Cénacle où vous êtes forcé de descendre  ! Je comprends la profanation de ce saint lieu en pensant à toutes les communions indignes et sacrilèges dans votre sainte Église  !  »

Colorier une partie de la frise.

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Mercredi saint 28 mars

QUI AIME, AIDE

LA communauté s’installa dans une maison provisoire en attendant la construction du futur monastère dont Notre-Seigneur indiqua lui-même la disposition et les dimensions. Le couvent devait avoir la forme d’une étoile, dont la chapelle et les dépendances seraient comme le rayonnement prolongé.

Le 21 novembre 1876, nos carmélites s’y installèrent et sœur Marie annonça  : «  Thérèse et Catherine ont fait le tour de la maison et elles sont contentes. Si vous êtes fidèles, vous aurez une sainte vie et une sainte mort.  »

Un dernier arrangement restait à faire et elle s’y employa. Or, il s’agissait de déménager de très lourdes caisses. Lorsque les sœurs voulurent l’aider, tout était déjà terminé. Devant leur surprise, notre sainte expliqua en désignant une très grosse malle  : «  Un enfant l’a prise de ce côté, un autre de celui-là et j’ai aidé un peu au milieu. Quand vous êtes entrées, ils sont partis.  »

Elles la virent porter une dernière cantine, ce qu’elles n’auraient pu faire à deux. Tout ce travail n’avait pas duré plus d’un quart d’heure.

«  Jésus dans sa prison a froid  : il attend que vous le réchauffiez. Il vous entend, il écoute ce que vous lui direz.  »

Colorier le carmel de Bethléem.

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Jeudi saint 29 mars

BIENHEUREUX PIE IX

LE Souverain Pontife était une de ses grandes intentions de prière. Dieu l’en récompensa en lui faisant connaître d’avance le moment de la mort du Pape. Le 27 janvier 1878, elle annonça  : «  Notre bien-aimé Père et pontife Pie IX va bientôt partir, sa couronne est achevée. Il y a quelques jours, il y manquait une rose  ; mais à présent, la Sainte Vierge la tient dans ses mains, prête à la poser sur sa tête.

«  Seigneur, ai-je demandé, permettez qu’il voie le triomphe de l’Église.

 Il en a vu l’aurore, m’a répondu Jésus.

– Comment, Seigneur, et il n’a pas vu rétablir ses droits  ?

 N’a-t-il pas vu ses brebis se retourner vers son bercail  ?  »

«  Les juifs se moquent de Jésus  ; les soldats lui mettent sur les épaules, par dérision, un lambeau de pourpre et un roseau dans la main  ; vous, préparez pour Jésus un amour tout filial. Les ennemis de Jésus le soufflettent  ; vous, préparez-vous à recevoir des soufflets pour son amour.  »

Colorier le deuxième bouquet de fleurs.

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Vendredi saint 30 mars

EN PARTANCE VERS LE CIEL

SŒUR Marie se dévouait sans mesure à l’achèvement des travaux de construction du carmel par la surveillance la plus active. Elle savait que son exil allait finir, et cette pensée la transportait de joie.

Le 22 août 1878, par une journée de grosse chaleur, tandis qu’elle allait puiser de l’eau pour les ouvriers altérés, elle emprunta un mauvais escalier, tomba et se cassa le bras en trois endroits. Elle souffrit beaucoup et offrit tout pour l’Église et pour la France.

Le mal s’aggrava, la gangrène progressa rapidement. La chère sœur reçut l’Extrême-Onction puis demanda pardon à toute la communauté de toutes les peines et de la mauvaise édification qu’elle avait pu donner. Elle invoquait souvent sa Mère du Ciel, quelquefois sous le titre de Mère d’amour.

«  Les juifs sont contents d’accompagner Jésus au Calvaire pour le faire souffrir. Vous, soyez tristes à cause de vos péchés et à cause du temps que vous avez passé sans penser à lui. Les juifs jettent du fumier, des ordures sur le chemin que Jésus doit suivre  ; vous, préparez des roses, couvrez-en le chemin de Jésus.  »

Colorier la croix (en vert), au centre de l’arc-en-ciel.

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Samedi saint 31 mars

BIENHEUREUSE MORT

AU matin du 26 août, elle eut une très forte crise d’étouffement. Soudain, s’agenouillant sur son lit, joignant les mains, elle dit avec force  : «  Je vais mourir, c’est le moment. Appelez toutes les sœurs, j’étouffe.  » Se levant, elle fit quelques pas précipités vers la porte.

À 5 heures, on sonna l’Angélus. Elle fit le signe de la croix et l’on vit remuer ses lèvres. Un instant après, elle jeta sur le côté un regard de dédain, puis sa figure redevint sereine. Son regard s’illumina comme dans l’extase, la durée d’un éclair. On lui fit baiser le crucifix. Le Père interrompit les prières de la recommandation de l’âme pour lui donner une dernière absolution, et aussitôt elle rendit sa belle âme à son Créateur, sans agonie, dans un sourire céleste et si doucement que les sœurs s’en aperçurent à peine.

«  Voyez, Marie pleure, elle souffre, elle est accablée de douleur  ; accompagnez Marie au Calvaire par votre fidélité, par l’amour de Jésus, par l’amour du prochain. Jésus est nu sur la Croix  ; par la pratique de la charité, vous, couvrez Jésus.  »

Colorier une partie de la frise.

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Dimanche 1er avril

PÂQUES

SIGNES CÉLESTES

SON corps conserva après sa mort une “ beauté de paradis ”. Ses membres ne perdirent rien de leur souplesse. Après la mise en bière, ses bras s’étendirent en forme de croix toute la journée  ! On essayait en vain de les rapprocher. La mère prieure glissa à l’oreille de sa chère fille  : «  Sœur Marie, au nom de l’obéissance, repliez vos bras.  » Ceux-ci se reposèrent doucement sur sa poitrine et l’on put fermer le cercueil. Elle fut enterrée à l’entrée du carmel de Bethléem.

Plusieurs personnes virent, au matin de sa bienheureuse mort, un arc-en-ciel splendide au-dessus du monastère et, en son centre, une croix lumineuse de couleur verte. Aux carmels de Pau, Bethléem et Mangalore, un parfum exquis, céleste, s’exhalait des cellules autrefois habitées par la sainte et de tous les endroits qu’elle avait traversés.

«  Les juifs cherchaient Jésus pour le faire mourir  ; vous, cherchez Jésus tous les jours pour le faire vivre en vous, pour le faire ressusciter, pour le glorifier en vous. Les juifs ont attaché les mains de Jésus  ; vous, attachez-vous à Jésus.  »

Colorier l’arc-en-ciel.

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