La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 150 – Avril 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

VRAIS ET FAUX MYSTIQUES

C’EST l’article de notre frère Bruno  : “ La France à moitié en ruine ” (p. 31-34), qui nous donne l’intelligence de l’actualité mystique et politique, comme aussi celle des différentes études et activités de ce mois. L’islam, bâton de la colère de Dieu et «  salaire de notre impiété républicaine  », s’y entend pour faire couler le sang de nos martyrs. Mais c’est aussi par cette action conjuguée des «  petits bourreaux de la charia  » et de leurs victimes que le règne de Dieu progresse  ; si en plus les juifs se convertissent avec un radicalisme semblable à celui de Véronique Lévy, alors c’est gagné  ?

Non  ! car à Rome, autour du pape émérite, les maffias conciliaires et charismatiques, “ mettent la pression ” et font monter sur les autels le mensonge, le vice, l’hérésie, le scandale offerts par de prétendus “ bienheureux ” qui vont désorienter un peu plus le pauvre peuple de Dieu… La seule personne capable d’y mettre bon ordre, nous dira frère Bruno, mais encore faut-il que le Saint-Père veuille l’entendre et la suivre, c’est Notre-Dame de Fatima. François sera un jour le suppliant du Cœur Immaculé de Marie, nous le savons, mais «  ce sera tard  » et sous la pression de quels terribles événements  ? Prions pour lui…

LA TRANSMISSION DE LA FOI

Ils seront près de trois cents petits à suivre les instructions de notre frère Gérard sur “ Les saints enfants de don Bosco ”, si aimables et imitables aussi. C’est cette imitation que notre frère mit à la portée des enfants, en énumérant les grâces qui font les saints  : une éducation ferme, juste et bonne à la ressemblance de celle que maman Marguerite donna à don Bosco; de bons amis et de bons maîtres  ; Marie-Auxiliatrice dans le cœur pour la remercier des joies, implorer son aide dans les difficultés  ; la confession de nos fautes et indélicatesses, afin que Jésus reçu en communion puisse être «  tout à nous  », et nous tout à lui. Après cela, «  l’obéissance joyeuse, facile et à toute épreuve  », doit rencontrer moins de résistance… Toutes ces considérations, et tant d’autres, évidemment illustrées par de savoureux fioretti

Les 14 et 15 mars, ce furent les enfants de “ l’Ouest ”  : Bretagne, Anjou et Vendée qui en profitèrent. Puis les 27 et 28 mars, ceux du “ reste de la France ” se retrouvèrent à la maison Saint-Joseph, où ils purent aussi assister à la belle liturgie de la fête des Rameaux. Partout notre frère rencontra des confesseurs zélés, pauvres prêtres fatigués, éprouvés, certains toutefois sur la réserve. Mais après leur ministère de réconciliation, heureux de voir à quel point nos enfants avaient été bien préparés, ces bons “ papas ” repartirent tous sans exception, ravis, transfigurés, reconnaissants, réconfortés.

À Troyes, pour la première fois, la barrière de la «  douane pastorale  » a été levée. Il faut dire que frère Gérard fonçait vers elle avec un car et plusieurs voitures de petits enfants à confesser… La joie des Pères confesseurs dut remonter jusqu’à l’évêque et le toucher… Mais merci cher pape François, car ultima ratio, c’est à vous que nous devons cette grâce, tant attendue…

RETRAITE DE SEMAINE SAINTE

Nos frères et nos sœurs avaient une fois de plus tout organisé pour qu’elle soit une vraie retraite sans nul autre souci que d’écouter les magnifiques prédications de notre bienheureux Père. Les unes nous aidèrent à comprendre et à mieux participer ensuite aux offices et cérémonies liturgiques (cf. en audio S 68), tandis que grâce aux autres (sermons de l’année liturgique de 1979-1980  : S 45) nous suivions pas à pas Jésus dans sa Passion.

LA BEAUTÉ DE LA GLOIRE DE DIEU.

Une surprise nous attendait, celle de revivre les mystères de notre rédemption en réécoutant les conférences d’Esthétique mystique données à la Mutualité en 1977-1978.

Dans sa recherche d’une mystique pour notre temps, notre Père puisa la matière de son enseignement dans l’œuvre d’Urs von Balthasar (La Gloire et la Croix), avec l’empathie que nous lui connaissons, et le discernement aussi. Cet ex-jésuite a marqué toute une génération d’éminents hommes d’Église, à commencer par le pape François, le pape émérite surtout, sans parler des adeptes de la “ Ratzinger schülerkreiz ”; il est représentatif de la plus haute pensée théologique de son temps. Il suffit d’entendre notre Père pour comprendre le bien qu’elle aurait pu faire à l’Église, et pourquoi aussi elle est restée sans fruits.

Mais aller à Dieu par le chemin de la beauté, et qui plus est en pleine Semaine sainte, est-ce Dieu possible  ? Ne risquez-vous pas d’égarer vos disciples dans l’idolâtrie, le panthéisme, la gnose  ? N’est-il pas préférable d’en rester à une classique théologie rationnelle, et d’exposer comme tout le monde les cinq preuves de l’existence de Dieu  ? Notre Père réfuta ces intégristes objections, car la beauté dont tout un chacun peut faire l’expérience au spectacle de la nature ou de l’art humain, saint Bonaventure nous apprend, à la suite des Pères de l’Église qu’elle est «  l’expression visible de la Gloire invisible de Dieu  ». Objection  : depuis le péché originel, le mal, la laideur sont entrés dans le monde et ont tout brouillé. Cette beauté cosmique témoigne de l’existence d’un Dieu, assurément, mais qui est-il  ?

GLOIRE DRAMATIQUE DE DIEU.

Dieu va intervenir, se révéler et consigner cette révélation dans les Saintes Écritures  ; c’est par elles désormais que le lien est rétabli entre Dieu et les hommes, et que la beauté va s’enrichir de la nouvelle économie du salut, celle de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption du genre humain par la Croix. Malheur et laideur vont être assumés. Quand les temps sont accomplis Marie corédemptrice donne naissance au Christ rédempteur, tous deux viennent pour chasser le diable, vaincre le mal. C’est un mystérieux rachat, une lutte à mort avec un vainqueur et un vaincu pour toujours, un Ciel de bonheur et un enfer de malheur pour toujours  ; c’est aussi un combat pour la conquête du pouvoir politique, en plein temporel.

Nous écoutâmes une magnifique conférence de notre Père sur Charles Péguy attaché à sa terre de France en vrai fils de sainte Jeanne d’Arc, hanté aussi et surtout par le problème du mal et de l’enfer éternel. Péguy ne se résigne pas à l’enfer ni ne supporte ceux qui en acceptent tranquillement la réalité. Urs prend appui sur ses paroles à l’emporte-pièce et paradoxales pour insinuer son hérésie de l’apocatastase, et nous imposer sa mollesse. Rien de plus contraire à Péguy qui est un lutteur  ! les emportements de son cœur violent s’apparentent à la peine du Cœur Immaculé de Notre-Dame de Fatima, navré par le sort des âmes qui tombent en enfer. Elle l’a montré à trois petits enfants qui ont très bien compris ce qu’il fallait faire pour en tarir le recrutement. C’est dans cette logique d’un catholique tout d’une pièce, “ sans artifice ”, que Péguy s’est offert en sacrifice, qu’il est parti pour la guerre où il tomba, frappé à mort le 5 septembre 1914.

Nous étions là en plein drame de Vendredi saint, abordé d’une manière originale. Notre Père constata tristement qu’Urs avait fait naufrage dans la foi. Pourquoi  ? Lui aussi, comme Georges Finet (cf. supra) avait une femme dans sa vie, du nom d’Adrienne von Speyr (1902-1967). La peste soit des fausses mystiques…

GLOIRE COSMIQUE DU CHRIST-ROI.

Comment aller vers Dieu, vivre en sa présence, dans son union, après son Ascension dans le Ciel  ? Notre Père répond à cette question en affirmant le caractère nuptial de cette union mystique, et en réfutant Freud d’une manière magistrale (cf. en audio M 6).

Après la mystique individuelle et morale, la mystique cosmique et politique, l’évocation du grand dessein poursuivi par Dieu de la récapitulation de toutes choses, y compris de la politique, dans le Christ. Saint Irénée en avait bien établi la légitimité après saint Paul  ; saint Pie X s’inscrivait dans cette tradition, mais aucun penseur occidental n’avait repris le flambeau. Notre Père seul fera la synthèse des deux grands Français, Péguy et Maurras. Georges de Nantes sans maître ni précurseur  ? Impossible, il l’a trouvé en la personne du génial prophète et penseur russe Vladimir Soloviev, celui qui est aujourd’hui une source d’inspiration politique pour Vladimir Poutine.

En écoutant cette conférence (M 7) le Samedi saint, c’est vraiment les voies politiques de la résurrection d’une Chrétienté mondiale qui se dessinaient. Le mystère de la politique divine se poursuit donc, car Dieu veut toujours que s’accroisse le règne temporel du Sacré-Cœur dans l’univers. Cela adviendra par le Cœur Immaculé de Marie, par une femme donc, comme jadis en France par sainte Jeanne d’Arc, figure emblématique du salut politique, et par une nation de choix, la Russie, à l’heure de sa consécration au Cœur Immaculé par le Saint-Père…

La dernière conférence, “ le triomphe de la mystique ”, est un feu d’artifice qui préfigure les grandes retraites de notre Père sur la circumincessante charité. Elle s’achève sur une «  hyperbolique  » prospective de Renaissance catholique, sous l’égide de saint François de Sales et de la plus sûre et vraie mystique qui soit, dans l’extase des œuvres, l’oubli de soi, le service du prochain… C’est exactement la voie suivie par notre cher pape François, lui qui implorait après la cérémonie du lavement des pieds  : «  Priez pour que le Seigneur me lave, afin que je devienne plus esclave…  »

Cette retraite s’acheva en apothéose le lundi de Pâques dans la contemplation de Marie Reine des mystiques pour ce qui est des instructions (en audio S 37  : Mystique mariale), par la prise de voile blanc de notre sœur Cécile de la Résurrection, et par un dernier chapelet au cimetière pour remercier notre Père chéri de tant et tant de grâces…

frère Philippe de la Face de Dieu.