La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 161 – Mars 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LE PAPE, LA VIERGE ET LA PAIX

L’OCCASION MANQUÉE À CUBA

LA Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille signée à La Havane le vendredi après les Cendres, 12 février 2016, commence par un appel à prendre la défense des chrétiens persécutés «  au Proche-Orient et en Afrique du Nord, exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments détruits.  » (n° 8)

«  Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Évangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Églises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. À vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’Apôtre  : “ Très chersdans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de SA gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. ” (1 P 4, 12-13)  » (n° 12)

C’est ce que le pape François appelle «  l’œcuménisme du sang  ». Notre-Dame de Fatima aussi, dans l’ultime vision que les enfants ont contemplée, le 13 juillet 1917, en étendant cette grâce à toutes «  les âmes qui s’approchaient de Dieu  », arrosées par le sang des Martyrs.

Mais voici que, soudain, cette Déclaration commune nous ramène aux pires moments du «  funeste concile Vatican II  », comme disait l’abbé de Nantes, notre Père, au plus loin des volontés de la Très Sainte Vierge exprimées à Fatima  :

«  Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Église du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Évangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.  » (n° 24)

Qu’est-ce à dire  ? Ceci  :

«  Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’ “ uniatisme ” du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrer l’unité.  » (n° 25)

Vraiment  ? Et le pape François a signé cela  ? Mais oui, des deux mains  ! «  La méthode de l’  “ uniatisme ”  », qui consiste dans le retour de la Russie au giron de l’Église catholique, apostolique et romaine… est exclue  ! Il l’a déclaré sans ambages au sortir de leur entrevue, avant de remonter dans l’avion  : «  Nous avons parlé comme des frères, nous avons le même baptême, nous sommes évêques (…) et l’on est d’accord que l’unité ne peut être atteinte qu’en marchant, nous avons parlé clairement (…). Je voudrais avouer que j’ai été très consolé et soutenu par l’Esprit-Saint  !  »

Il nous faut donc identifier l’Esprit- Saint avec l’Esprit du Concile  ? Car ce dernier anima certainement le cardinal Koch auquel François a rendu un hommage appuyé en même temps qu’au métropolite Hilarion pour «  leur travail avec leurs équipes  » dont le fruit est cette «  déclaration  » de guerre… à la Très Sainte Vierge  !

Deux ans de travail pour aboutir à la condamnation sans appel de «  la méthode de l’ “ uniatisme ” du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église  ». C’est pourtant ce que Notre-Dame de Fatima attend de la Russie par la consécration de ce pays à son Cœur Immaculé  : qu’elle se détache de son schisme pour se réunir à l’Église catholique romaine. «  Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.  »

François et Cyrille «  déclarent  » de concert le contraire  :

«  Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques [lesquelles ? celles d’une rébellion contre Rome !] ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.  »

Cela est vrai dans le contexte actuel de la confrontation entre la Russie et l’Ukraine. Le texte de la déclaration appelle orthodoxes et catholiques à «  s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir le développement ultérieur du conflit  » dans l’Est.

Ainsi, en signant cette déclaration, le pape François a refusé de condamner la politique russe en Ukraine. Au contraire, en plaidant la neutralité, et en appelant les Ukrainiens à mettre fin à une guerre entre «  frères  » chrétiens, il a gagné la confiance de l’orthodoxie russe.

Reste cependant à mettre fin au schisme de cette dernière. À cet égard, l’expression «  communautés ecclésiales  » utilisée sans distinguer l’Église ­gréco-catholique d’Ukraine, rend ce texte confus, a fait remarquer à juste titre Mgr Sviatoslav Shevchuk, primat de l’Église gréco-catholique, c’est-à-dire “ uniate ”, d’Ukraine  : «  Dans la terminologie œcuménique moderne, ce terme est utilisé pour les communautés chrétiennes qui n’ont pas conservé la plénitude de la succession apostolique  », en raison de leur rupture avec Rome. «  Alors que nous sommes  », nous “  uniates  ”, «  partie intégrante de la communion catholique  ».

C’est précisément ce que souligne la Sainte Vierge lorsqu’elle demande non pas une «  déclaration commune  » de «  l’évêque de Rome  » et de «  l’évêque de Moscou  », mais la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé par le Pape de Rome et les évêques catholiques du monde en communion avec lui. Faute de quoi, il n’y aura pas de paix. Une hostilité tenace persistera entre les ­gréco-catholiques ukrainiens et les orthodoxes russes, qui se double actuellement d’un conflit politique fomenté par des influences étrangères.

C’est pourquoi, «  plus que vos tonnes de papier imprimé, de Vatican II  » et autres «  déclarations communes  », «  moi, disait notre Père, j’ai pour m’enseigner la bonne route du seul œcuménisme qui tienne, une promesse divine, un petit papier sur lequel une enfant a transcrit la promesse de la Très Sainte Vierge  : “ la Russie se convertira ”  », si le Pape «  daigne  » la consacrer au Cœur Immaculé de Marie. C’est clair  !

Ce qui veut dire qu’elle reviendra non pas seulement de son communisme, mais encore de son schisme à la seule véritable Église qui, sous le coup (de grâce), reviendra elle aussi et se convertira à la foi catholique oubliée  !

frère Bruno de Jésus-Marie.