La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 172 – Février 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

« POURQUOI TARDER ENCORE ? ALLONS ! »

CETTE objurgation, frère Bruno ne se contente pas de l’adresser de mois en mois au Saint-Père, il ne cesse de lui montrer à la lumière des événements et des hommes qui font l’actualité, l’urgence d’obéir enfin aux demandes de Notre-Dame de Fatima (cf. Deuxième supplique au Saint-Père, supra). Puisque seule cette obéissance de la foi peut renouveler les bénédictions de l’Alliance, faire redescendre la grâce capitale du Christ sur son Église, et par elle donner la paix au monde, pourquoi François, à qui ces bénédictions tiennent tant à cœur, tarde-t-il encore  ?

VISION DE DAMAS, VISION DE FATIMA.

Parce qu’il se trouve dans une situation analogue à Saul de Tarse après sa vision de Damas. Dans cette immense lumière qui est Dieu, celui-ci venait de voir un homme, ce Jésus qu’il persécutait  ! Pour ce pharisien, fils de pharisien, c’était folie sur folie  ! Or, il ne pouvait douter de sa vision  ! mais même après qu’Ananie lui eut ouvert les yeux, il n’osait y croire et demeurait prostré. Ananie le secoua alors par cette apostrophe  : «  Pourquoi tarder encore  ? Allons  ! reçois le baptême et purifie-toi de tes péchés en invoquant son nom.  » (Ac 22, 16)

La vision de Fatima suscite chez les Souverains Pontifes, un émoi, un scandale – surtout depuis Vatican II – semblable à celui éprouvé par Saul de Tarse sur le chemin de Damas  : Est-ce Dieu possible  ? Au lieu d’un homme qui se montre et qui parle du sein de cette immense lumière qui est Dieu, c’est une Femme qui apparaît, parle, ordonne. Les apparitions et les messages de Fatima sont véridiques, et ne sont d’ailleurs que l’illustration, l’actualisation, l’accomplissement d’un mystère révélé dans la Sainte Écriture, et qui se déploie du livre de la Genèse (Gn 3, 15) à celui de l’Apocalypse (Ap 12). Mais qui croit encore aujourd’hui, après cinquante ans de Concile, que la Vierge Marie est l’Immaculée Conception, créée par Yahweh, bonne première, «  avant ses œuvres les plus anciennes  » (cf. Pr 8, 22-26)  ? En apôtre de l’Évangile de Notre-Dame de Fatima, frère Bruno retransmet et explicite (cf. Contre-Révolution mariale (2), supra) le témoignage de la messagère de l’Immaculée, sœur Lucie. Son héroïque sainteté sera un jour reconnue, et renverra au néant toutes les contrefaçons qui lui furent préférées…

Dans sa conférence d’Actualités  : Sœur lucie messagère du ciel, notre frère Prieur montrera, une fois de plus, qu’au-delà des apparences, les enseignements et la mission de l’humble messagère de Fatima viennent en renfort de tout ce qui, aujourd’hui, se fait de bien dans l’Église et dans le monde. Mais encore faut-il que le Saint-Père fasse appel à ce renfort s’il veut gagner la guerre que le Démon livre au genre humain… Pourquoi après plus de soixante-dix ans, sœur Lucie et ceux qui prolongent son témoignage n’arrivent-ils pas à faire comprendre aux souverains Pontifes que Dieu les veut apôtres d’un «  aggiornamento  » et d’une «  nouvelle évangélisation  », qui «  renouvelle la face de la terre  »  : Fatima  ! En plus de la désertification de l’Église, cette résistance à la volonté de Dieu est cause de guerres sans fin, dont les victimes se calculent maintenant par dizaines de millions  ?  ! Depuis 1930, les successeurs de Pierre n’ont que quelques paroles à dire pour arrêter ce massacre, et aucun d’eux ne s’y est vraiment résolu, exception faite de Jean-Paul Ier qui a été assassiné avant de réaliser son vœu  ?  ! Pourquoi le pape ­François, qui semblait vouloir obéir à Notre-Dame de Fatima, le 13 octobre 2013, en a-t-il été empêché  ?

ALLIANCE EN MARIE IMMACULÉE OU PACTE CONCILIAIRE  ?

C’est en raison d’un mystère d’iniquité parfaitement démasqué par le pape saint Pie X. Condamné par lui, mais en vain, hélas  ! il s’est imposé à la faveur du concile Vatican II. Le signe de cette désorientation diabolique, le caractère de ce «  culte de l’homme  » qui s’oppose à Dieu, c’est l’abaissement de «  la Femme  », l’Immaculée Vierge Marie. Vatican II (absence du mot Immaculée Conception dans Lumen Gentium) a voulu la faire descendre de la première place où Dieu l’a placée, pour la ravaler au niveau commun d’une simple «  fille d’Adam  ». Jean XXIII et Paul VI, lui disputaient même son titre de «  Mère de Dieu  » auquel ils préféraient la protestante appellation  : “ Mère de Jésus ”. Alors, «  Médiatrice de toutes grâces  », «  Corédemptrice  », c’était, pour reprendre l’expression même de Paul VI rien de moins qu’une désorientation «  damnosa  », «  condamnable  ». Et on ne s’étonne plus de voir un évêque douter de l’Assomption, ni un théologien romain ne plus croire en l’Immaculée Conception. Le pape François est donc écartelé entre son amour de la Madone, et l’impératif catégorique, antimarial, du pacte conciliaire. Obéir vraiment à Notre-Dame de Fatima, c’est bien évidemment “ trahir ” Vatican II, c’est aussi et surtout se montrer «  serviteur du Christ  !  »

Pauvre papa Francesco, il doit être confronté à mille et mille difficultés… En plus de «  beaucoup prier  » pour lui – ce à quoi nos amis de l’Ouest se sont tout particulièrement dévoués lors leur pèlerinage à Pontmain, le 29 janvier – ce mois-ci, l’article de frère Grégoire (cf. De saint Grégoire à l’an mille  : l’essor de la chrétienté, supra) est bien fait pour l’encourager. Que saint Grégoire le Grand lui vienne en aide  !

PÈLERINAGE À PONTMAIN

Les fidèles d’entre les fidèles étaient à 9 heures à saint Ellier-du-Maine. Après la joie des retrouvailles, frère Thomas introduisit fort bien le pèlerinage en situant l’apparition de Pontmain dans le cycle des grandes apparitions mariales du dix-neuvième siècle  :

«  De la Rue du Bac et de la Médaille miraculeuse, la Sainte Vierge a retenu ici, à Pontmain, le geste de ses mains étendues et l’ovale qui l’entoure, mais surtout la joie de son Cœur à répandre ses grâces et à venir au secours de ses enfants qui la prient. De La Salette, ce sont ses pleurs qui disent le chagrin de son Cœur. Pontmain, disait frère Gérard, c’est le Mystère de la compassion de Marie, aux portes du Ciel. Quant au lien avec les apparitions de Lourdes, il est ténu, mais non moins certain, puisque l’Immaculée est apparue le mois précédent, le 2 décembre, au général de Sonis qui gisait, blessé, sur le champ de bataille de Loigny après la charge héroïque qu’il avait conduite à la tête des zouaves pontificaux. Ici, à Pontmain, la Vierge porte sur son Cœur la petite croix rouge de ces mêmes vaillants soldats du Pape. À Pontmain, la Sainte Vierge ne pose pas les pieds sur notre terre, Elle reste dans le ciel, comme un “ signe grandiose ”, les étoiles l’entourent et la servent comme leur Souveraine. Elle sourit aux enfants qui la contemplent, mais Elle est aussi “ dans les douleurs de l’enfantement ” (Ap 12), et c’est de nuit, la nuit de l’épreuve, car Elle a reçu mission de faire face au Dragon et de reconquérir son peuple par la miséricorde et la tendresse de son Cœur maternel. La rue du Bac, La Salette, Lourdes, Pontmain, autant d’apparitions qui nous révèlent l’amour du Cœur Immaculé de Marie pour la France, la certitude que nous avons qu’elle nous sauvera finalement, à une condition  : “ Mais priez mes enfants, mon Fils se laisse toucher ”.  »

La procession se mit en place et nous partîmes pour Pontmain en chantant le chapelet aux intentions du pape François. Avant la messe de 10 h 30, le recteur fit demander frère Benoît. C’était pour le saluer et lui indiquer que notre groupe prendrait place dans le chœur, derrière le maître-autel. Belle cérémonie, honnête sermon sur l’Évangile des Béatitudes, prononcé par un oblat de Marie Immaculée camerounais, chapelain et assistant du recteur.

UN PRÊTRE SELON LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE.

Après la messe, nous nous retrouvons tous, deux cents petites et grandes personnes dans l’église paroissiale de Pontmain. Là, frère Benoît évoqua l’attachante figure de l’abbé Michel Guérin  ; ne retenons que sa déclaration d’amour à ses paroissiens le 24 novembre 1836, elle fait rêver  : «  C’est Dieu qui a tout fait, Il veut que je sois à vous sans partage  ; désormais c’est avec vous à la vie à la mort. Vous pouvez compter sur l’absolue fidélité de votre pasteur.  » Moins d’un an plus tard, il affiliait sa paroisse à l’Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie fondée en 1836 par l’abbé des Genettes en l’église Notre-Dame des Victoires à Paris.

Frère Benoît nous montra que ce zélé petit curé avait compris les desseins de Dieu sur l’Église et la France. Intelligence surnaturelle pleine d’onction, c’est par des pratiques de dévotion ou par l’ornementation de son église que l’abbé Guérin instruisait ses paroissiens et les faisait communier, collaborer au dessein tout marial de Dieu. La Vierge Marie en fut si touchée qu’elle a calqué la mise en scène de son apparition sur les dévotes pratiques de la religion catholique et royale de son curé. Après avoir évoqué sur site ces correspondances, frère Benoît conclut ainsi  :

«  Ce tout jeune prêtre en consacrant sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie a été récompensé par le Ciel. Tel est le figuratif de ce que nous attendons du Saint-Père. Si le pape François voue son pontificat à Notre-Dame de Fatima, s’il obéit aux demandes de son Cœur Immaculé, il fera des merveilles pour sa paroisse qu’est l’Église entière. En ce lieu sacré, nous allons à nouveau supplier le Ciel, “ le tanner ” en relisant, au nom de frère Bruno, la Supplique (cf. Il est ressuscité, n° 171, janvier 2017, p. 1-2) qu’il a adressée au Cœur Immaculé puisque le Saint-Père semble ne pas entendre le cri que le Ciel lance à la terre pour son salut.  »

UN CURÉ, SA PAROISSE, ET LA SAINTE VIERGE.

Repas très fraternel ensuite dans une superbe grande salle communale, fort bien sonorisée, puis conférence de frère Benoît sur l’œuvre de l’abbé Guérin  : Une paroisse vitrine du Cœur Immaculé de Marie. Les deux parties de cette instruction interpellèrent et passionnèrent nos amis, tant elles étaient figuratives de notre triste aujourd’hui avec son église «  à moitié en ruine  », et les sanglants lendemains qui nous attendent en France.

En 1836, Pontmain n’est ni une paroisse ni une commune  ; son église est littéralement en ruine. Les paroissiens avaient cependant encore un peu de religion, car ils étaient restés fidèles à la récitation du chapelet. «  La foi n’y est pas morte, une bonne volonté de faire le bien subsiste. Seulement il y a négligence très grande pour approcher des sacrements au moins aux fêtes principales, même à Pâques. Il se trouve encore un certain nombre qui n’ont point approché des sacrements depuis des dix à vingt et trente années et plus. Cependant, avec la grâce de Dieu il y a tout espoir d’en ramener une grande partie. “ Je puis tout en celui qui me fortifie. ”  »

Ce bon cœur va mobiliser ses paroissiens pour reconstruire son église, à commencer par les bancs, pour que les fidèles assistent nombreux aux offices religieux (messe, chemin de Croix, adoration du Saint-Sacrement, mois de Marie, chant des litanies de la Sainte Vierge, vêpres, etc.), sans oublier les processions festives, ainsi que l’instruction de la doctrine chrétienne, trois soirs par semaine. L’abbé note dans son diaire  : «  Cent cinquante à deux cents personnes se trouvent à cet exercice.  » Autant dire presque tout le village, qui, avec les habitants des alentours, compte cinq cents âmes. C’est donc le règne de la grâce que ce curé instaure, et c’est à la Vierge Marie, la Mère de la Divine grâce, qu’il confie ce dépôt  : «  Rien sans Marie, tout par Marie  ». Il aime sa Reine et veut que ses paroissiens l’honorent et l’aiment aussi. Voilà pour la vie surnaturelle. Quant au temporel, on pourrait aisément démontrer que ce bon Père fut à la petite échelle de sa paroisse un fondateur de Chrétienté  ; c’était un homme de gouvernement et il s’y entendait pour traiter avec l’Administration, quand il s’agissait des intérêts de l’Église ou de ses paroissiens. Sous la houlette de ce Bon Pasteur, ­Pontmain devint le modèle de toutes les paroisses. Tout le monde allait à la messe dominicale, et sans exception tout le monde s’approchait de la Table sainte durant les fêtes pascales. Telle était la réalité de Pontmain à l’époque où la guerre de 1870 éclata.

LA FRANCE CHRÉTIENNE DANS LA GUERRE.

Le bon curé Guérin multipliait les prières publiques, réunissant ses paroissiens, matin et soir, lors de l’Angélus. À l’école des sœurs, d’heure en heure s’élevaient aussi des suppliques ardentes. On y chantait le cantique de pénitence Mon doux Jésus, enfin voici le temps de pardonner à nos cœurs pénitents, alterné avec le Parce Domine. Mais c’est surtout le célèbre chant Mère de l’Espérance, de l’archiconfrérie de Saint-Brieuc que le curé aimait à faire chanter en renfort de ses plus ferventes exhortations  : «  Mes bien-aimés frères, oui, prions, prions beaucoup, faisons pénitence. Mais que rien n’abatte notre courage. Espérons, espérons, la miséricorde viendra, elle viendra par Marie.  »

La Sainte Vierge vint en effet, et si elle choisit le Ciel de Pontmain, ce ne fut cependant pas à la seule prière de son curé. L’originalité de la conférence de frère Benoît fut de nous démontrer que la France chrétienne entière était en prière, en corps constitués, entraînée par ses prêtres et ses évêques.

Sous la motion du Saint-Esprit, les évêques multipliaient les amendes honorables et faisaient des vœux, comme à Laval, à Rennes ou à Lyon. Si cet élan de piété jaillissait de Notre-Dame des Victoires à Paris, la confrérie de Notre-Dame d’Espérance à Saint-Brieuc n’était pas en reste  ; son cantique, Mère de l’Espérance, était sur toutes les lèvres. À la demande du fondateur de cette archiconfrérie, le chanoine Prud’homme, l’évêque de Saint-Brieuc, Mgr Augustin David, sollicita ses confrères, à la manière surnaturelle d’un évêque “ defensor civitatis ”  :

«  Notre héroïque Bretagne ne donne pas seulement son sang à la défense du pays  ; elle est agenouillée depuis quatre mois dans ses sanctuaires les plus vénérés, priant avec sa foi héréditaire la Reine du Ciel, et sa glorieuse mère sainte Anne. La chapelle de Notre-Dame d’Espérance, bâtie à Saint-Brieuc par la piété des fidèles du monde catholique et le dévouement d’un pieux chanoine dont j’envoie la lettre à Votre Grandeur, est assiégée chaque jour par de nombreux pèlerins. Notre ambition serait de nous sentir unis à vos prières, Monseigneur, et à celles de vos diocésains pendant les six derniers jours de la présente année (1870) et les trois premiers de l’année nouvelle. Cette union, avec tant de nobles âmes, nous serait douce et précieuse, il nous semble qu’elle obtiendrait du Cœur de Dieu ce que nos supplications isolées n’ont jusqu’ici pu obtenir. Chaque jour, on réciterait l’Ave maris Stella suivi de l’invocation  : Notre-Dame d’Espérance, sauvez la France et priez pour nous  ! Dans le cours de la neuvaine, on ferait une communion et une légère aumône pour nos pauvres soldats français prisonniers ou blessés. La pensée des douleurs du Souverain Pontife ne se séparerait pas dans nos prières de celle de la France…  »

À Paris, le 17 janvier une neuvaine est annoncée à l’église Notre-Dame des Victoires. Le vicaire de la paroisse, l’abbé Amodru évoque les tristesses et les souffrances de la défaite, l’humiliation qui en résulte pour la France  ; puis, comme transporté hors de lui-même, il s’écrie  : «  Notre-Dame des Victoires nous garde et nous défend. Une pensée se présente en ce moment à mon esprit. Nous allons tous publiquement et solennellement supplier la Très Sainte Vierge de nous venir en aide, et nous ne franchirons pas le seuil de ce saint temple consacré à sa gloire sans lui avoir non moins solennellement promis de lui offrir un cœur d’argent qui apprendra aux générations futures qu’aujourd’hui, entre 8 et 9 heures du soir, tout un peuple s’est prosterné aux pieds de Notre-Dame des Victoires et a été sauvé par elle  !  » Le curé applaudit à cette proposition de son vicaire, et les assistants transportés d’enthousiasme se pressèrent dans les bureaux de l’Archiconfrérie pour offrir leur obole.

Quant à l’autre grand sanctuaire national, celui de Notre-Dame d’Espérance de Saint-Brieuc, consacré aux intérêts de la France depuis 1848, le saint abbé Prud’homme faisait, à l’heure même de l’Apparition, le vœu d’offrir à la Vierge Marie un superbe étendard si l’invasion s’arrêtait. Il l’invoquait comme l’abbé Guérin en tant que Patronne de la France. Lui aussi avait pour habitude d’allumer chaque jour pendant la messe quatre bougies autour de la statue de la Sainte Vierge  ; mais à Saint-Brieuc, en face de la chaire, était suspendu un crucifix rouge, surmonté d’un écriteau blanc  !…

SUR LES TRACES DE L’ABBÉ GUÉRIN.

Après cette conférence très applaudie, frère Benoît nous emmena réciter le chapelet dans la grange Barbedette, illustrant chaque dizaine par un épisode de la vie de cette sainte famille.

Le chapelain camerounais qui nous fit visiter ensuite le presbytère nous consola par sa touchante admiration du curé Guérin  : «  Il s’est donné à ses paroissiens  : “ à la vie à la mort ”, comme un époux. Avec la paroisse, c’est comme dans le mariage…  » Il évoqua son œuvre en employant un vocabulaire moderne (dignité, promotion…) qui ne consonait guère avec la profondeur de la dévotion mariale du saint curé – désorientation conciliaire oblige –, mais cela n’altérait pas notre communion profonde…

Au cimetière, devant le tombeau de l’abbé Guérin, frère Benoît évoqua les souvenirs que les voyants avaient gardé de lui  ; souvenir très édifiant aussi de la châtelaine, madame Morin, la bienfaitrice de toutes les œuvres de son curé  ; évocation aussi des petits voyants et de Victoire Barbedette… Nous étions sous le charme particulier de Pontmain, tout comme la Sainte Vierge, qui souriait de plaisir en voyant tous ses enfants, bons chrétiens, francs-catholiques, simples et loyaux, sans artifices (cf. Jn 1, 47). La charité du Bon Dieu allait et venait du Ciel sur la terre, et de la terre au Ciel… Bienheureuse vision de paix…

Les enfants de nos familles avaient eu eux aussi, grâce au dévouement des frères et des sœurs, leurs instructions, leurs jeux. En fin d’après-midi, nous nous retrouvâmes tous dans l’église paroissiale pour recevoir des mains du recteur et de son chapelain, la Bénédiction du Saint-Sacrement. Le cher sanctuaire du saint curé Guérin retentit encore du chant qui touche le Cœur Immaculé de Marie  : Mère de l’Espérance, protégez notre France

La journée s’acheva dans de joyeuses conversations et le traditionnel excellent goûter offert par nos dévoués amis D. Puis tous se promirent de revenir l’année prochaine.

LA CHANDELEUR À SAINT-PARRES

S’il est un rendez-vous CRC que les amis ne manquent pas, c’est bien celui-ci. La fin de semaine des 4 et 5 février coïncidant avec la solennité de la belle fête de la Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple et avec la traditionnelle Journée champenoise, c’est donc deux et trois centaines de “ Champenois ”, enfants du pays ou adoptés par lui, petits et grands, qui rallièrent la maison Saint-Joseph.

En ce premier samedi du mois 4 février, fête de sainte Véronique et donc un peu du Saint Suaire, il s’agissait aussi de consoler le Cœur Immaculé de Marie. Messe en son honneur à 11 h 30, et homélie pour son service puisque frère Bruno nous lut sa Deuxième supplique au pape François. Instant sacré, émotion, car l’on se disait  : «  Ah  ! si le Saint-Père la lisait…  » Notre frère a tellement bien noué ce mois-ci les attendus du retour de la foi dans l’Église et de la paix dans le monde, que François comprendrait enfin, que la «  question de principe  » qui s’oppose au Bon Plaisir de Dieu et à la «  gigantesque “ réforme ” qu’il a entreprise pour le salut de l’Église et du monde  », se nomme Vatican II…

L’ÉVANGILE DE JÉSUS ÉCLAIRÉ PAR LES PSAUMES.

Cette prédication revenait à notre bienheureux Père, avec la participation de frère Gérard pour introduire et conclure les conférences de retraite, chacune illustrant un verset du “ Notre Père ”. La première conférence eut lieu après le chapelet et avait pour titre  : Sicut in Cælo et in terra. Notre Père poursuivit sa prodigieuse étude comparée de la Loi de Moïse et de la Loi évangélique.

Au début de sa vie publique, heureux au milieu de son peuple, Jésus formule une morale pour “ temps calme ”, celle attirante des Béatitudes. Ensuite, Jésus «  s’est pour ainsi dire affolé  »; après l’échec de sa prédication en Galilée, il va prêcher une «  morale tragique  » pour des temps dramatiques semblables à ceux évoqués par le psaume 140. Il annonce sa Passion, et puisque tout doit se terminer par sa mort et sa résurrection, son disciple doit prendre sa croix, ne pas s’enorgueillir, redevenir comme un petit enfant, sans ambition (cf Lc 18; Mt 19), mais surtout il doit fuir la richesse. Notre Père insistera beaucoup sur cette aversion de Jésus pour la richesse. Conclusion de cette magnifique conférence  : «  Rappelons-nous seulement que nous sommes les soldats d’un être qui est sans cesse en combat contre des forces adverses. Il importe que le soldat soit bien armé et ne soit retardé par rien pour suivre Jésus, prendre sa croix, la porter chaque jour, renoncer à sa vie pour la gagner. Morale austère, morale magnifique, car la récompense, c’est d’être avec Jésus chaque jour et dans l’éternité.  »

Après un goûter fort convivial, dernière conférence de retraite de cette journée. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie (I). «  L’histoire du monde, c’est la quête du pain  ; on le retrouve au centre du mémorial nouveau comme de l’ancien.  » À la lumière de nombreux psaumes, notre Père nous montra les deux facettes du mémorial juif  : la glorieuse – trop – de «  la divine épopée d’Israël  » conduite par Yahweh, qui n’en recevait en retour qu’une constante infidélité et perpétuelle rébellion de son peuple, autre facette.

Ensuite, notre Père établit un prodigieux parallèle entre la vie de Jésus et le psaume 77. Avec Jésus, le nouveau Moïse, commence une nouvelle Histoire sainte. L’Évangile est maintenant pour nous le mémorial des merveilles de Dieu, accomplissement de celles racontées dans le livre de l’Exode. Les juifs trouvaient dans ces faits le motif de leur confiance, tout comme nous, qui mettons notre foi et notre espérance en Jésus qui fonde l’Église, met saint Pierre à sa tête, puis nous donne, à nous aussi, la manne, notre pain quotidien, la sainte Eucharistie.

Le lendemain matin, notre Père continuera cette même conférence Panem nostrum quotidianum da nobis hodie (2) en abordant au fil de l’Évangile les oppositions rencontrées par Jésus. Comme dans l’Histoire Sainte, des rebelles vont se dresser  : c’est le terrible affrontement du Christ et des pharisiens. Conférence haletante, c’est Jésus qui parle, qui invective  ; notre Père lui prête sa voix, entre eux c’est une communion parfaite.

L’ÉVANGILE DE MARIE SELON SŒUR LUCIE DE FATIMA.

La prédication de frère Bruno consista à nous faire goûter les correspondances profondes qui unissent les “ faits et dits ” de Notre-Dame de Fatima ou de sa messagère, ceux de l’Évangile analysés à la lumière de la plus exacte science exégétique et, troisièmement, les intuitions mystiques et théologiques d’un homme d’Église  : notre bienheureux Père. «  Le fil triple ne rompt point.  » (Qo 4, 12)

Samedi en fin d’après-midi, le quart d’heure de méditation  : Dans l’intimité de la Sainte Famille  : Tout sur le chapelet, si petit et si simple, si grand moyen finalement pour plaire à Dieu, le bien servir, puis sauver son âme à «  l’heure de notre mort…  »

Dimanche à l’oraison  : Pour aller au ciel, notre purification et lors du sermon de la messe  : Notre purification  : Paroles d’or de sœur Lucie sur la souffrance, le purgatoire, la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie. La messe de la Sainte Vierge c’est le chapelet, nous dit un jour notre bienheureux Père, ravi de cette “ lumière ” reçue. Lors du sermon de clôture, frère Bruno nous fit partager cet enthousiasme.

Bienheureux lecteur d’Il est ressuscité, vous ne perdez rien pour attendre, vous trouverez ces sermons dans le prochain numéro, et donc de quoi embraser votre dévotion au Cœur Immaculé de Marie…

LES ACTUALITÉS

Tout ce qui touche de près ou de loin à Fatima est lumineux et puissant d’une lumière d’intelligence et d’une puissance de salut pour l’Église et pour le monde, plus que jamais actuel, frère Bruno le démontre dans sa conférence d’actualité  : Sœur Lucie, messagère de Notre-Dame, fille chérie de l’Église. Le procès diocésain en vue de sa béatification se conclura solennellement le 13 février 2017, en l’anniversaire de son «  dies natalis  ». Ensuite, «  les décisions de Rome touchant sa béatification jugeront Rome, comme la condamnation de Jésus jugeait et condamnait les autorités de Jérusalem  ». Le pape Jean-Paul Ier disait que sœur Lucie était «  une fille chérie de l’Église  ». Elle l’est et le sera toujours, frère Bruno va en donner la preuve.

Les exhortations surnaturelles et très précises de la sainte à son neveu Manuel, jeune séminariste (lettre du 13 octobre 1940), sont vraiment le vademecum du prochain Synode sur «  les jeunes, la foi et le discernement vocationnel  », l’antidote au culte de l’homme qui empoisonne les hommes d’Église depuis Vatican II, le bon secours du pape François. Le rappel du rôle de sœur Lucie dans le redressement de son pays, et son soutien du président Salazar  ? C’est évoqué ici, comme un mémorial des merveilles que Dieu serait tout disposé à reproduire, si le Saint-Père obéissait à Notre-Dame, et si cette obéissance était mise en œuvre aussi par les évêques de chaque nation…

«  VOTEZ POUR FRANÇOIS FILLON DÈS LE PREMIER TOUR  !  »

Frère Bruno fait le point et la vérité sur le lynchage médiatique dont est victime monsieur François Fillon. C’est une entreprise menée au profit du “ bobo ” Emmanuel Macron, par François Hollande, Gaspard Gantzer, le petit «  chargé d’com  » du président de la République, et le directeur du gros-gras “ Canard enchaîné ”, Michel Maillard. «  Problème  : il n’y a rien d’illégal dans ce dossier. Madame Fillon a été collaboratrice de son mari, mais c’est tout à fait légal. De plus, les revenus ont été déclarés aux impôts.

«  Même La Croix doit faire écho à l’indignation du bon peuple  :

«  “ Nous voilà en plein procès d’intention  : on ne peut travailler honnêtement en famille  ? Et pourtant, des PME sont dirigées par mari et femme (et l’un dépendant de l’autre…), des femmes d’artisan travaillent avec leur mari (facture, administratif…), même chose dans des couples de médecins, d’agriculteurs, etc. Réglementer, réduire les libertés est vraiment un sport national, même si on fait semblant de croire au “ Liberté, Égalité, Fraternité ”, affiché sur nos édifices publics  ! La confiance, ça n’existe plus  ?  » (La Croix du vendredi 3 février 2017, p. 6)

«  François Fillon, poursuit frère Bruno, a un plan d’ensemble très complet, une stratégie et des priorités pour le mettre en œuvre, méthodiquement. Avec la vaste expérience d’un homme d’État accompli, du courage pour parler un langage de vérité et prendre les mesures nécessaires au bien commun  : Il faut évidemment voter pour lui dès le premier tour. Malgré notre “ droite ”, la plus bête du monde, qui fait déjà campagne contre lui  ! Et ainsi, travaille pour la gauche, avec le Front national  !

«  Comme Aymeric Chauprade a fini par le comprendre au point de quitter le FN en octobre 2015  : “ Le FN devient de plus en plus socialiste et n’apporte aucune solution sur les questions de civilisation et de valeurs. C’est une impasse. ” Aujourd’hui, Chauprade revendique de vraies convergences avec François Fillon sur ses sujets de prédilection, à savoir les questions internationales, la défense, ou tout ce qui concerne les enjeux maritimes (Valeurs actuelles du 12 janvier 2017).  »

«  La France en péril a plus que jamais besoin d’un chef catholique  », ce sera une des intentions de notre pèlerinage du 25 mai prochain, «  pèlerinage de supplication et d’offrande de nous-mêmes pour être prêts à mener une vraie Croisade catholique, royale et communière, qui aboutira, “ si Dieu le veult ”, par la prière de Marie Immaculée  !  »

LA PAIX DANS LE MONDE.

En attendant que le Saint-Père la fasse advenir du simple souffle de sa bouche, en Syrie, dans le tumulte des combats et la confusion des partis en guerre, la Russie poursuit son œuvre pacificatrice. Elle a réussi à y associer la Turquie en plus de l’Iran  ; et même si les négociations d’Astana entre le gouvernement de Bachar et les groupes rebelles syriens sont difficiles, une certaine sagesse domine ces débats. Longue citation d’une chef d’entreprise syrienne aux prises avec mille difficultés, qui nous fait admirer le courage des Syriens loyaux à Bachar el-Assad  ; joie aussi d’entendre Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nissibi, soutenir la politique du président Syrien, et nous mettre en garde contre un “ islam modéré ”  : «  Cela n’existe pas  !  »

Le président américain Donald Trump en est convaincu  ; il travaille de son côté en parfait accord avec le Premier ministre israélien, d’une part pour lutter plus efficacement contre l’État islamique, et d’autre part pour négocier la paix avec l’Autorité palestinienne, mais directement, en «  tête à tête  », et non plus par des conférences internationales. Si Trump sait où il va lorsqu’il rompt avec la délocalisation mondialiste en rapatriant son industrie automobile, son récent désaccord avec Poutine à propos du lancer de missile iranien, inquiète…

CROISADE ET COLONISATION.

Tels sont les moyens proportionnés d’une lutte victorieuse contre “ l’État islamique ”. Les djihadistes chassés de Libye refluent vers le sud, dans une zone qui rend leur extermination moins compliquée qu’en Irak ou en Syrie.

En attendant qu’on la veuille vraiment, frère Bruno nous fait admirer l’œuvre coloniale des soldats de l’opération BARKHANE, héritiers du savoir-faire de leurs aînés d’Algérie française.

Pour rendre cette Croisade française victorieuse, il faut et il suffit que le Pape obéisse à la Sainte Vierge. Comme cette dernière le disait en mai 1952 à sœur Lucie  :

«  Fais savoir au Saint-Père que j’attends toujours la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix.  »

frère Philippe de la Face de Dieu.