La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 177 – Juillet 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


« PAUVRE SAINT-PÈRE ! IL FAUT BEAUCOUP
PRIER POUR LE SAINT-PÈRE. »

Lucie, Francois et Jacinthe le 13 juillet 1917

LES visages des trois voyants, photographiés le 13 juillet 1917 (notre photo éditoriale), reflètent la terrifiante vision de l’enfer que Notre-Dame venait d’ouvrir sous leurs yeux d’un geste de ses mains. Lucie en garda pendant toute sa longue vie, l’horreur du péché qui conduit à cet abîme, et le souvenir du triple appel entendu de la voix de l’Ange  : «  Pénitence, Pénitence, Pénitence  !  » (infra, p. 4)

Lorsque la guerre des Six Jours éclata, au lendemain du pèlerinage de Paul VI à Fatima pour le cinquantenaire des apparitions, sœur Lucie insistait dans une lettre datée du 12 juin 1967 sur l’urgence de faire pénitence pour obtenir la paix  :

«  Lorsque tout semblera perdu, c’est alors qu’on verra le miracle. Avant, on l’attribuerait à l’intervention des hommes. Telle est ma confiance mais cette confiance exige prière et pénitence. Surtout la pénitence qui nous pousse à abandonner notre vie de péché  ; c’est celle que l’on comprend le moins et c’est la plus nécessaire pour obtenir la grâce.  »

Quelques jours après, alors qu’un cessez-le-feu est conclu, elle y voit l’intervention et la protection de l’Immaculée éteignant par l’éclat de sa main droite l’incendie provoqué par l’épée flamboyante de l’Ange.

Elle écrit le 19 juin 1967  :

«  Remercions Notre-Dame d’être intervenue auprès de Dieu pour secourir le monde coupable. Il faut que nous continuions à prier pour que maintenant les négociations se fassent avec justice, avec charité et dans la paix. Cette paix que les hommes ont tant de mal à faire  ! Il semble qu’ils ne savent vivre que dans la guerre, le vacarme, l’agitation et la mort  ! Que Dieu leur mette au cœur une once de compréhension mutuelle afin qu’ils se prêtent secours au lieu de s’agresser, qu’ils se pardonnent au lieu de se châtier et qu’ils aiment au lieu de se haïr. Alors seulement, le monde pourra entrer dans une ère meilleure de paix, de tranquillité et de salut.

«  Nous ne pouvons prendre de repos, tant que nous n’avons pas réussi à arracher cette grâce [de la paix] au Cœur de Dieu par l’entremise du Cœur Immaculé de Marie.  »

Cinquante ans après, le pèlerinage du pape François, du 13 mai 2017, marqué par la même indifférence aux volontés de la Très Sainte Vierge, porte les mêmes fruits  : dimanche soir, 18 juin, un chasseur bombardier de l’US Navy a abattu en combat aérien un Sukkoï-22 de l’aviation syrienne qui venait de bombarder les forces rebelles alliées des États-Unis près de Rakka, au nord du pays. Le pilote a pu s’éjecter. Mais cet acte d’agression donnait le signal d’une confrontation d’ampleur mondiale, cette fois, entre les forces de Bachar el-Assad, soutenues par Moscou et Téhéran, d’une part, et la “ coalition internationale ” dirigée par Washington, d’autre part, censée mener des raids aériens contre l’État islamique, mais qui soutient les “ Forces démocratiques syriennes ” (FDS), rebelles au régime de Bachar el-Assad et décidées à le renverser. Il y a de quoi «  incendier le monde  ».

Moscou empêche l’embrasement depuis septembre 2015. L’autre jour, dès le lundi 19 juin, la Russie a déclaré considérer désormais comme des «  cibles  » les appareils de la coalition repérés dans le ciel syrien, à l’ouest de l’Euphrate, au bord duquel se trouve Rakka. Et Moscou a annoncé la suspension du canal de communication entre son commandement militaire et le Pentagone, établi par un «  mémorandum d’entente  » signé dans le but d’éviter les incidents entre les aviations américaine et russe.

Du coup, l’Australie, membre de la coalition, a annoncé la suspension de ses missions aériennes en Syrie. Tandis que l’Iran, allié de Damas, procédait pour la première fois à des tirs de missiles vers des cibles de DAECH en Syrie.

Pour l’heure, le soutien américain à la rébellion anti-Assad autour de Rakka empêche Bachar el-Assad de reprendre pied dans l’Est du pays reconquis.

LA CONSÉCRATION DE LA RUSSIE

Sans troupes sur le terrain, et pour cause  ! le Pape est pourtant le seul à pouvoir donner toutes ses chances à une solution politique… en consacrant la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Malheureusement, nous savons qu’auparavant il suivra le roi de France dans le malheur, comme l’a dit Notre-Seigneur à Lucie  : «  Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.  » (Lettre de sœur Lucie à Mgr da Silva du 29 août 1931)

Pour le pape François, cette consécration serait le seul moyen de retrouver toute son autorité, bafouée par la déclaration du nouveau supérieur général de la Compagnie de Jésus, lorsqu’il affirme que «  le diable  » n’est qu’un «  symbole  » sans réalité. Alors que le Saint-Père ne cesse de nous mettre en garde contre «  Satan  », et la «  puissance des ténèbres  » depuis le premier jour de son avènement. Et ce Pape jésuite laisse dire le “ Pape noir ”, comme on appelle traditionnellement le supérieur général des jésuites, sans prendre aucune sanction  ? Sans compter que ledit Père Sosa multiplie les prises de position scandaleuses sur la place des femmes dans l’Église, sur l’homosexualité, sur l’immigration. Ou sur les divorcés remariés. Sur ce dernier point, le pape François n’a toujours pas répondu aux quatre cardinaux qui ont redemandé une audience début mai.

Il nous faut beaucoup prier pour le Saint-Père.

TROISIÈME APPARITION

Après avoir déclaré à ses cousins qu’elle ne viendrait pas au rendez-vous de la «  Dame  » parce que le curé de Fatima avait dit que «  ce pourrait être le démon  », le matin du 13 juillet, «  quand approcha l’heure à laquelle je devais partir, rapporte Lucie, je me sentis soudainement poussée à y aller par une force étrange à laquelle il m’était très difficile de résister. Je me mis alors en chemin et je passai par la maison de mon oncle pour voir si Jacinthe était encore là. Je la trouvai dans sa chambre avec son petit frère François, à genoux au pied du lit et pleurant.

 Vous n’y allez pas  ? ” demandai-je.

 Sans toi, nous n’osons pas y aller. Allons, viens  !

 Eh bien  ! j’y vais ”, leur répondis-je.

«  Alors, le visage joyeux, ils partirent avec moi.  »

Entraînée par sa belle-sœur Olimpia, Maria Rosa se rendit avec elle à la Cova da Iria, mais à distance pour ne pas se faire reconnaître. Il y avait trois mille à quatre mille personnes.

Ti Marto, lui, avait résolu de se trouver auprès de ses enfants. La chaleur était torride, et l’on se protégeait du soleil avec les parapluies. «  Je me trouvai donc tout près de ma Jacinthe. Lucie, agenouillée un peu plus en avant, récitait le chapelet, et tous répondaient à haute voix. Le chapelet terminé, elle se leva si rapidement qu’elle ne sembla pas agir d’elle-même. Elle regarda vers le levant, et s’écria  : “ Fermez les parapluies  ! Fermez les parapluies  ! Notre-Dame arrive  ! ” Pour moi, j’avais beau regarder, je ne voyais rien. Cependant, en faisant plus attention, je vis comme un petit nuage cendré qui planait sur le chêne-vert. Le soleil s’obscurcit et un souffle frais, agréable, se fit sentir. Il ne paraissait plus que nous étions au plus fort de l’été. La foule était tellement ­silencieuse que c’était impressionnant.

«  Alors, je commençai à entendre un son, un bourdonnement, quelque chose comme le bruit que ferait une grosse mouche dans une cruche vide. Mais je n’entendais aucune parole. Rien  !… Je pense que c’est un peu ce qui arrive quand on est à téléphoner, ce qui ne m’est jamais arrivé  !

Mais qu’est-ce que c’est  ? me demandais-je à moi-même. Est-ce que cela vient de loin, ou de tout près d’ici  ?… Tout cela, pour moi, fut une grande confirmation du miracle.  »

Tous purent constater que le jour s’assombrissait, comme au moment d’une éclipse, tout le temps que dura l’extase des enfants. Tandis que la température diminuait sensiblement et que la teinte de la lumière se mo­difiait, l’atmosphère devint jaune d’or et une nuée blanchâtre, fort agréable à voir, enveloppa les voyants.

«  Enfin, dit encore Ti Marto, après que Lucie eut interrogé la Vision pour la dernière fois, on entendit comme un grand coup de tonnerre, et le portique, qu’on avait planté là pour y accrocher deux petites lanternes, trembla tout entier, comme s’il y avait eu un tremblement de terre. Lucie, qui était encore à genoux, se leva, et se tourna si vite que sa jupe se souleva comme un ballon. Et elle s’écria, en montrant le ciel  : “ Elle s’en va  ! Elle s’en va  ! ” Et après quelques instants  : “ On ne la voit déjà plus. ” Je tirai de cela aussi une grande preuve.  »

Écoutons maintenant la messagère du Ciel relater cette apparition

«  Quelques moments après notre arrivée à la Cova da Iria, près du chêne-vert, parmi une grande foule de gens, alors que nous récitions le chapelet, nous vîmes le reflet de la lumière habituelle et, ensuite, Notre-Dame sur le chêne-vert.

«  Que veut de moi Votre Grâce  ? demandai-je.

 Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule pourra vous secourir.

 Je voudrais vous demander de nous dire qui Vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que Votre Grâce nous apparaît.

 Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous verront pour croire.

«  Ici, je fis quelques demandes  :

 Ne pourriez-vous pas convertir une femme de Pedrogao et une autre de Fatima, et guérir un enfant de Moita  ?

«  Notre-Dame répondit qu’il était nécessaire de réciter le chapelet afin d’obtenir ces grâces dans l’année. Quant au fils estropié de Maria Carreira, elle dit qu’il ne guérira pas. Il restera pauvre. Il doit réciter tous les jours le chapelet avec sa famille et il pourra gagner sa vie.  »

Jean Carreira conserva donc ses infirmités, mais il deviendra le sacristain de la chapelle des apparitions.

Lucie présenta d’autres requêtes qu’on lui avait confiées  :

«  Je dois demander à Votre Grâce d’emmener au Ciel un malade d’Atouguia, le plus vite serait le mieux.

 Qu’il ne soit pas trop pressé. Je sais bien quand je dois venir le chercher.  »

«  Ensuite, écrit la voyante dans ses Mémoires, afin de ranimer ma ferveur refroidie, Notre-Dame nous dit  :

 Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice  :

“ Ô Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. ”

LE GRAND «  SECRET  »

«  En disant ces dernières paroles, elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet de la lumière parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes des damnés.

«  Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. C’est à la vue de ce spectacle que j’ai dû pousser ce cri  : “ Aïe  ! ” que l’on dit avoir entendu de moi. Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

«  Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur.

«  Effrayés, et comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse  :

«  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.

«  Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix.

«  La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

«  Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

«  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au ­Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.  »

Et voici la troisième partie du Secret, enfin publiée en l’an 2000  :

«  Nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde  ; mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui  ; l’Ange, désignant la terre de sa main droite, dit d’une voix forte  :

“ Pénitence, Pénitence, Pénitence  ! ”

«  Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu “ quelque chose de semblable à l’image que renvoie un miroir quand une personne passe devant ”  : un Évêque vêtu de Blanc. “ Nous eûmes le pressentiment que c’était le Saint-Père. ”

«  Plusieurs autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses gravissaient une montagne escarpée, au sommet de laquelle était une grande Croix de troncs bruts comme si elle était en chêne-liège avec l’écorce [« Sur la Croix, il y avait le Christ », précisera sœur Lucie lors d’un parloir avec le Père Kondor et Julio Gil, pendant l’été 2000]. Le Saint-Père, avant d’y arriver, traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin. Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups et des flèches. Et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques, Prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, des messieurs et des dames de rangs et de conditions différentes.

«  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  »

Ainsi s’achève le grand Secret. Notre-Dame ajouta  :

«  Cela, ne le dites à personne. À François, oui, vous pouvez le dire.

«  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère  :

“ Ô mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. ”

«  Il y eut un instant de silence et je demandai  :

 Votre Grâce ne me demande-t-elle rien de plus  ?

 Non. Aujourd’hui je ne te demande rien de plus.

«  Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant jusqu’au moment où elle disparut dans l’immensité du firmament.  »

frère Bruno de Jésus-Marie.