La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 184 – Février 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

DIEU, LA PAIX ET LA GUERRE

JOIE pour l’intelligence de comprendre, au fil des articles de ce numéro, le principe et fondement d’une erreur capitale sur Dieu, la paix et la guerre, cause de l’apostasie  ; joie pour le cœur de goûter et de pratiquer la vérité opposée au gré de nos activités CRC  : sorties et sujets d’étude de la Permanence, action phalangiste à Poitiers, pèlerinage à Pontmain, session à la maison Saint-Joseph, etc., et de militer ainsi efficacement pour la résurrection de l’Église en disciples de l’abbé de Nantes, notre bienheureux Père. Mais de quelle vérité et de quelle erreur s’agit-il  ?

LA VÉRITÉ DES ORIGINES.

La voici  : au plus haut des Cieux, LA PAIX était et est toujours le tranquille rayonnement de l’adorable circumincessante charité des Personnes divines, le Fils et le Saint-Esprit rendant tout honneur et toute gloire au Père. Cette paix toute d’amour de Dieu et d’obéissance à sa volonté, s’est épanchée en l’Immaculée Conception bonne première, puis sur les bons anges ensuite, sans rencontrer aucune résistance.

LA GUERRE, la première, l’unique, la juste et bonne, est celle que notre souverain Dieu a déclarée le premier, oui, et faite au Prince des anges révolté contre Lui. Saint Michel et ses bons anges prirent l’initiative du combat au cri de «  Qui est comme Dieu  !  » le Dragon et les mauvais anges ripostèrent, mais ils furent finalement vaincus (Ap 12, 7-8). Chassé du Ciel, le démon s’en alla sur la terre guerroyer contre l’Église  ; il semblera la vaincre, pensera même en avoir triomphé, mais il sera finalement jeté, lui, la Bête, le faux prophète, et tous leurs affidés, «  dans l’étang de feu de soufre  » (Ap 19, 21), supplice qui durera toujours, tandis que pour toujours aussi l’Église, la toute mariale Jérusalem céleste triomphera en un règne bienheureux, celui du Saint Cœur de Jésus et Marie. Tel est, à la lumière du livre de l’Apocalypse commenté par notre frère Bruno dans la plus pure tradition de l’Église (Il est ressuscité, n° 158 et n° 160), la perspective de carrière des uns et des autres. Fatima est la mise à jour de ce donné révélé…

L’ERREUR DES DERNIERS TEMPS.

Frère Pierre (notre éditorial, p. 1-6) vient de lumineusement synthétiser l’enseignement de notre bienheureux Père sur cette contrefaçon du christianisme, le MASDU, et sur son malheureux prophète, Félicité de Lamennais. Celui-ci sombrera dans l’apostasie, et y entraînera tous ceux qui peu ou prou marchèrent à sa suite  ; rien de moins que deux Souverains Pontifes avant et pendant le concile Vatican II  : Jean XXIII et Paul VI, et deux autres ensuite  : Jean-Paul II et Benoît XVI pour prolonger le mal de mort d’une Église catholique, ouverte au monde de l’humanisme athée et contrainte par ses chefs de l’épouser à tout prix.

Aujourd’hui, le drame d’apostasie redouble d’intensité puisque le pape François fait siennes les erreurs conciliaires de ses prédécesseurs. La démonstration de notre frère Prieur est accablante  : la vision de sœur Lucie (supra) est en train de se réaliser comme celle du troisième secret de Fatima  : de grands ­malheurs en perspective pour le Pape, l’Église et le monde (supra, la démocratie, c’est la guerre  !).

LES ACTIVITÉS DE LA PERMANENCE

Notre frère François, qui est toujours à l’affût de belles et bonnes choses à faire visiter à ses “ paroissiens ” de la région parisienne, fut attiré par une exposition sur La vie des Sœurs hospitalières durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il s’y rendit le samedi 20 janvier accompagné d’une petite centaine d’amis, parents, enfants, étudiants.

Tous se retrouvèrent en début d’après-midi pour regarder un montage audio-vidéo particulièrement évocateur de l’héroïque dévouement des religieuses. Frère François le fit précéder par deux dizaines de chapelet, puis par une instruction afin de placer ces merveilles de charité dans leur contexte politique. Grâce à la formation CRC dispensée par notre frère, brièvement résumée ici, nos amis purent avoir ainsi une vision globale de ces événements, et prendre la mesure d’un adversaire bien plus redoutable que ceux qui étaient évoqués. En voici des extraits  :

LA GUERRE DE SATAN CONTRE DIEU.

C’est depuis le seizième siècle, et par la révolte initiée par Luther et Calvin, que Satan ne cesse de lancer de grandes offensives contre l’Église et la France. Au dix-huitième siècle, une secte secrète, la franc-maçonnerie (1717) triomphe lors de la Révolution française (1789)  : assassinat du Roi (1793); génocide des Vendéens  ; persécution et martyre des prêtres, des religieux et des religieuses. Vous savez cela.

La persécution contre l’Église a repris à la fin du dix-neuvième siècle, sous la troisième République. Entre 1870 et 1890, les religieuses furent contraintes par les républicains de quitter tous les hôpitaux parisiens, à l’exception de Saint-Louis et de l’Hôtel-Dieu. Le 15 juillet 1902, Émile Combes, ministre franc- maçon, imposait, par simple circulaire ministérielle, la fermeture sous huit jours de trois mille écoles et collèges. Quarante mille religieuses qui enseignaient à un demi-million d’élèves, durent ou s’exiler ou se séculariser, c’est-à-dire retourner dans le monde, renoncer à leur vie officiellement donnée à Jésus-Christ et à l’Immaculée, dont le port de leur habit religieux était le signe et la preuve. La troisième République attira ainsi le châtiment divin sur notre pays  : la guerre de 1914-1918 fut cette punition, et les Allemands furent le bâton de la colère de Dieu.

Quand la France fut envahie en août 1914, la République et son gouvernement de francs-maçons se montrèrent incapables d’organiser les secours. Dans cette conjoncture, pour soigner les dizaines de milliers de blessés de guerre, il fallut faire de nouveau appel aux religieuses. Les sœurs envoyées à Paris ont raconté leur arrivée  : «  À la gare du Nord, ce fut une véritable ovation de la part du bon peuple de Paris. On se rassemble autour de nous, on nous questionne et on nous plaint.  » Magnifique revanche du Bon Dieu sur Satan  !

UN DÉVOUEMENT SUR TOUS LES FRONTS.

L’armée installe ses ambulances et les religieuses hospitalières, au plus près des tranchées. Les sœurs y découvrent avec effroi les horribles blessures de guerre provoquées par les éclats d’obus. Puis elles soignent les maladies qui se propagent dans les tranchées  : gangrène, dysenterie, typhus. Elles continuent à s’occuper des civils, à venir en aide aux femmes sur le point d’accoucher, etc. Les sœurs agissent sur tous les fronts, elles prennent tout en charge  : les opérations et pansements, la gestion de la pharmacie, les veilles des mourants, les distributions de nourriture. Dans des établissements d’une capacité normale de trois cents lits, un millier de blessés, dont certains très graves, transitent chaque jour.

Les sœurs soignent les corps, mais se préoccupent aussi des âmes. Point de laïcité  ! Elles prient ostensiblement avec les blessés, leur donnent des médailles, leur proposent de recevoir l’extrême-onction, obtiennent des conversions d’athées, de protestants, de musulmans. C’est chaque fois une grande victoire sur Satan.

Ainsi bien préparés, nos amis profitèrent davantage de la rapide visite du petit musée. Comme il fallait attendre son tour de visite, on patienta en récitant le chapelet dans le froid et l’humidité, mais joyeux d’être ensemble… Cette belle journée s’acheva par un goûter convivial tout en conversations pour les parents et en jeux pour les enfants.

LES PROCHAINES ACTIVITÉS DE LA PERMANENCE.

Elles seront sinon plus sérieuses, du moins plus scientifiques, puisqu’il s’agira d’aller visiter la Galerie de l’évolution au jardin des Plantes. Rendez-vous donc pour les amis parisiens le samedi 17 février 14 h 45, afin de voir pour croire que oui vraiment, les merveilles du Créateur témoignent contre Darwin.

Frère François en aura convaincu les étudiants de la Permanence au moyen des savantes études de notre Père sur le sujet  ; les autres peuvent s’y préparer en écoutant ou en lisant  : SF 5. Biogénèse  : Pour en finir avec Darwin, CRC n° 163, de mars 1981. SF 6. Éthologie et biosociologie  : de l’animal à l’homme  ; CRC n° 164, d’avril 1981. Ap 3  : Âme animale, âme humaine  ; CRC n° 78, de février 1974.

L’ÉGLISE MALADE DU CONCILE

À Poitiers, le 24 janvier au soir, dans les locaux de l’aumônerie de l’ENSMA, une dizaine d’étudiants étaient réunis pour échanger avec monsieur Éric Boone, directeur du Centre théologique de Poitiers, secrétaire à l’assemblée synodale du diocèse. Après avoir partagé un repas tous ensemble et après s’être présenté l’un après l’autre et parlé brièvement de leurs vies respectives, ils ont écouté monsieur Boone leur parler de l’Église et de sa place dans le monde depuis Vatican II. Un de nos amis participa activement à cette réunion, voici son témoignage, entrecoupé de quelques commentaires.

L’ÉGLISE, UN MYSTÈRE OU UNE SOCIÉTÉ HIÉRARCHIQUE  ?

La première partie de l’exposé de monsieur Boone concerna la définition que l’on peut donner de l’Église. Elle est comme une maison, nous expliqua-t-il, où il existe des liens de parenté entre les hommes, les femmes et Dieu. On y apprend la volonté du Père, et comment nous sommes tous frères et sœurs. On pourrait penser l’Église comme une structure de type entreprise ou association de par sa hiérarchie, mais cette vision ne dit pas tout  ! Le principe même de l’Église étant la Relation entre Jésus, Dieu, les hommes…, elle ne peut être un modèle d’entreprise.

Monsieur Boone ignore visiblement tout de la fondation et de la gestion toute surnaturelle et hiérarchique de l’Église catholique. La conception protestante et tout humaine de l’Église qu’il hérite de Vatican II l’empêche de voir que c’est la grâce, la circumincessante charité divine, trinitaire, eucharistique et mariale, répandue et communiquée par les ministres de l’Église “ catholique et hiérarchique ”, qui anime “ l’entreprise ” du Christ. Chacun à sa place, à son devoir, ils la font fructifier à des taux de rendement de cent pour un, et bien plus… L’Église fidèle épouse du Christ rencontre tous les critères d’une entreprise florissante

Quand Jésus nous appelle, il se passe du neuf en nous. [Une conversion, un retour dans la famille de Dieu, qui est l’Église, une aversion, une sortie du réseau diabolique ou mondain qui nous maintenait loin de Dieu, en révolte contre Lui.] Il appelle pour signifier quelque chose. Il marque le début du rassemblement. Il a choisi douze Apôtres, signe de la constitution même du Peuple de Dieu, et la promesse de Dieu se réalise enfin par la réunification des Douze. Luc est l’Évangéliste de l’Église, dans la logique évangéliste, ce n’est pas de se compter qui est important [sic], mais de voir quel signe l’est pour nous.

Le signe dont Éric Boone n’a pas parlé durant cette soirée pourtant consacrée à l’Église c’est la mort de Jésus sur la Croix, puis sa résurrection. L’abbé de Nantes compense cette lacune et nous communique sa connaissance mystique du mystère de l’Église, tout en nous faisant comprendre la raison de sa fécondité passée et celle de sa stérilité actuelle.

L’ÉGLISE SELON VATICAN II

Éric Boone poursuivit son exposé par un survol de la constitution de Vatican II, Lumen Gentium (21 novembre 1964). Ce fut la porte d’entrée d’une mise à jour de la façon dont on pensait l’Église. On a cherché à tenir compte de l’avis de tous (comme ce sera fait pendant l’Assemblée du Synode prochainement). [Faux ! dès les premiers jours, une minorité agissante a rejeté d’emblée tous les travaux préliminaires, parfaitement catholiques, réalisés par les théologiens du Saint-Office en étroite collaboration avec les épiscopats du monde entier… Vatican II, comme le synode de Poitiers, s’inscrit dans une logique démocratique et par conséquent dans une grande tradition révolutionnaire…]

La vieille définition de l’Église était celle-ci  : Une société parfaite et inégale. Parfaite, car elle n’a besoin de personne d’autre [?!] pour avoir l’accès au Salut. Inégale, car elle est hiérarchisée, et la seule porte d’entrée [?!] est le Pape, les laïcs étant tout en bas de la pyramide. Vatican II change tout, et enseigne que l’Église est un Mystère, elle appartient au déploiement du projet de Dieu qui se fait connaître au monde. Le premier chapitre pose la question de son organisation. «  L’Église est dans le Christ, en quelque sorte le Sacrement  ». Elle est signe et moyen de l’Union à Dieu et de l’unité du genre humain. Elle est définie dans une logique de signification et pas de structure entrepreneuriale.

Les Sacrements font l’Église. [Ils sont bien évidemment la vie de l’Église, mais par qui cette vie est-elle communiquée ? Le sacerdoce commun des fidèles ? Non, mais par l’institution sacerdotale, évidemment...] L’entrée est le Baptême, et non plus le Pape [sic !].

NOUS, L’ÉGLISE, SI GRANDS. ELLE, MARIE, SI PETITE.

Le premier chapitre de Lumen Gentium sur une Église qui se veut si grande, si grande fait inclusion avec le dernier sur la Sainte Vierge à qui l’on a imposé de rester si petite, si petite. L’Église, c’est-à-dire nous les laïcs, il ne faut pas l’oublier, est intimement liée au projet de Dieu qui embrasse tous les siècles, c’est donc “ over grand  ! ” Tout en disant quelques belles vérités incontournables au sujet de la Vierge Marie, Vatican II la maintient par ce dernier chapitre dans un «  rôle subordonné  », tout humain et terrestre. Il insiste, car c’est grave  : les théologiens doivent se garder «  avec le plus grand soin de toute parole [Marie médiatrice de toutes grâces] ou de tout geste [baiser une statue de la Vierge, vénérer ses reliques…] susceptibles d’induire en erreur, soit nos frères séparés, soit toute autre personne sur la doctrine de l’Église.  » (Lumen Gentium n° 67; cf. Vatican II, Autodafé, p. 130)

Et voilà comment l’Immaculée Conception, Corédemptrice et Médiatrice de toutes grâces est reléguée dans le canton oublié d’une histoire ancienne  : «  Elle était au pied de la Croix  », se rappelle monsieur Boone, mais c’est pour ajouter aussitôt afin de l’élever – probablement – à son niveau  : «  une disciple comme nous  ».

L’ÉGLISE, LA SOCIÉTÉ DE JÉSUS CRUCIFIÉ

«  Il est difficile de jeter sur l’Église un regard neuf, pour en atteindre la réalité essentielle, alors qu’une accoutumance de toute la vie nous en fait voir plutôt le superficiel et le quotidien. Cet effort pourtant obtient sa récompense  : plus qu’en aucune autre société, nous découvrons en elle d’abord et presque uniquement l’œuvre d’un seul homme, et même, d’un homme seul. Après vingt siècles, cela reste vrai. L’Église n’est presque rien d’autre que la répercussion, dans le temps et l’espace, de l’Évangile. Son mouvement n’est encore aujourd’hui, pour qui la connaît bien, que l’effet de l’impulsion première. Les os et les nerfs de cette chair, si on ose dire, ne sont rien d’autre encore que les actes, les paroles et toute la conduite de Jésus parmi les hommes  ; eux seuls donnent à l’Église sa fermeté, sa force, son influence au-dedans et au-dehors. Tout le reste n’est que chair et sang, n’est qu’œuvre humaine associée à cette force de Dieu. Néant, en regard de cette mission divine vécue chez les hommes. Si l’Église un moment oubliait, trahissait ce Jésus de l’histoire, elle ne serait plus rien qu’un corps désarticulé et sans vie. Si quelqu’un d’entre nous en détourne son regard pour le reporter sur les faux dieux et les faux messies de ce temps, il ne lui reste de sa foi, de sa religion, qu’une enveloppe sans poids et sans valeur (…).

«  L’Église est la société réparatrice que cette injuste mort du Dieu Sauveur a fait naître. Du sang versé et du torrent d’eau jaillie au côté ouvert par la lance lui viennent son ardeur, sa dévotion, sa sainteté. De génération en génération elle suscite des fidèles en dressant devant eux la Croix de l’Innocente Victime.

«  En proposant au Pape d’oublier la Croix, aux évêques de rompre avec un passé de combat, les persécuteurs du Christ cherchent la mort de son Église et s’ils arrachent la pierre angulaire, c’est pour ruiner tout l’édifice. Quant à ceux des chrétiens qui acceptent le compromis, ils perdent aussitôt leur énergie vitale et leur influence dans l’Église. Plus de vocations, plus de conversions. Les âmes du troupeau restent trop invinciblement attachées à la Croix et celui qui renie Jésus-Christ perd le troupeau. Non, le drame n’est pas fini, il va seulement devenir plus atroce, plus sanglant du fait de la séduction exercée par l’ennemi sur quelques pasteurs du troupeau.  » (Lettre à mes amis n° 136 du 21 mars 1963)

PÉRIODE DE QUESTIONS

P. – J.  : Vous avez dit que «  les Sacrements font l’Église  ». Alors pourquoi de nombreux prêtres ne pratiquent plus la confession individuelle, mais une «  confession collective  »  ?

E. BOONE  : Il est vrai que le sacrement de la confession a eu une histoire mouvementée. Un des objets de Vatican II a été de réviser l’ensemble des rituels. Certains prêtres ont pu privilégier l’absolution collective, une forme extraordinaire reçue surtout en Occident, mais il est nécessaire de préciser que ce n’est pas la forme ordinaire. De toute manière, cela ne change pas la valeur de la confession puisque c’est la démarche faite dans notre cœur qui compte.

P. – J.  : L’objet de la confession n’est-il pas justement de faire son examen de conscience et de l’avouer au prêtre, en cœur à cœur avec Dieu, de prononcer les mots qui font mal et mériter l’absolution  ?

E. B.  : Je vais rappeler ce qu’est la confession. [Ce n’est pas la peine, notre ami vient de le dire, c’est parfait.] C’est l’exercice de l’aveu en effet. [Pas seulement ! il faut y joindre, d’une part le profond regret de cette faute, qui est une offense faite à Dieu ou au prochain, et d’autre part le ferme propos de se corriger...] Mais en aucun cas le prêtre n’est un psychologue  ! [Notre ami n’a jamais dit cela ! il attend de la démarche pénitentielle si bien évoquée ci-dessus : l’absolution, c’est-à-dire les paroles de l’Église que le prêtre adressera au pénitent, et qui lui conféreront le pardon de Dieu.] On confesse l’Amour de Dieu [sic], et on reconnaît de ne pas s’y être aligné.

Sur cette question sensible, qui est un énorme problème pastoral, il faut lire l’abbé de Nantes, théologien de la Contre-Réforme, et par conséquent de la renaissance catholique dans sa magistrale et toujours très actuelle série sur les sacrements (CRC t. 9, mars 1977, n° 115, p. 14).

L’AVENIR DU SACREMENT DE PÉNITENCE

«  L’innovation postconciliaire des célébrations pénitentielles aurait pu être la meilleure des restaurations liturgiques, elle est la pire. Parce que Paul VI et son Concile ont le triste privilège d’abîmer, au sens étymologique, de corrompre et de perdre tout ce qu’ils touchent. Le Pape et les évêques n’excommunient plus les hérétiques, les schismatiques, les prêtres homosexuels, les défroqués, les avorteurs… Ils s’accommodent de tous les vices et les excusent.

«  En inventant, sans rien expliquer, des célébrations pénitentielles insolites, ils ont paru seulement donner aux pécheurs le moyen de tourner l’obstacle de la Confession et donner la Communion aux gens sans aveu, oui, sans aveu ni repentir.

«  Parallèlement, la doctrine si traditionnelle et si profonde du sacrement de Pénitence comme Réconciliation avec l’Église a été, par les mêmes, déformée et tordue en fonction de leur culte de l’Homme. Abolissant tout péché contre Dieu, ils ne conçoivent de réparation que des seules fautes contre l’Homme, la Collectivité. Le nouveau rite de Pénitence publique doit faire passer dans les mœurs du peuple fidèle cette autre morale, cette autocritique collectiviste, cette religion de l’homme en lieu et place du culte de Dieu, horreur, abominable désolation  !

«  Cela dit, et qui presse d’abolir toute la construction dogmatique et liturgique de Paul VI et de Vatican II, dans une Église catholique revenue à sa vraie foi et sainteté, je crois que des Célébrations pénitentielles communautaires auront leur place, parallèlement à la Confession privée, complémentairement, comme un autre mode de réconciliation avec l’Église, et, partant, avec Dieu. On retiendra les heureuses suggestions du Père Congar, mais, comme il l’écrit, c’est «  tout un équilibre à restaurer  »; et celles de tant d’autres dont rend compte F. Funke dans Concilium, dont nous partagerions volontiers les propositions (n° 61, p. 131).  »

(La Contre-Réforme Catholique n° 115, mars 1977, p. 14)

L’ÉGLISE MALADE DE VATICAN II ET DU MASDU.

P. – J.  : Vous ne trouvez pas qu’il y a une corrélation entre Vatican II et la diminution du nombre de prêtres, conduisant à la pénurie actuelle  ?

E. B.  : Il n’y a pas moins de prêtres depuis Vatican II, mais depuis les années trente. La société a évolué dans les années soixante certes, mais Vatican II n’en est pas responsable. D’ailleurs la situation actuelle a déjà été rencontrée au temps de saint Augustin qui parlait déjà d’une «  pénurie de prêtres  »  ! [sans commentaire…]

P.– J.  : Vous avez dit que ce qui fait l’Église, c’est le Baptême, «  un seul peuple, une seule Foi, un seul Baptême  ». Alors pourquoi l’Église ne cherche-t-elle plus depuis Vatican II à convertir et à amener les autres religions vers la seule et unique qui permet d’être dans la Vérité et de se sauver  ?

E. B.  : Ce qui est important pour Dieu [le salut des âmes, la vie éternelle ?], c’est la quête de chacun dans sa vie d’homme [?!].

P. – J.  : Est-ce que vous vous rendez compte que ne pas tenter de convertir des gens revient à être indifférent au fait que des âmes puissent aller en enfer. Même si je ne connais en aucun cas le Jugement de Dieu et que je ne veux pas me prononcer à sa place, ils pourraient ne pas accéder au salut d’une bienheureuse vie éternelle  ! [Cette remarque inspirée est vibrante d’une émotion sacrée, celle des Saints Cœurs de Jésus et Marie. Mais voilà, elle va faire rire l’assemblée, et faire dire bien des bêtises à M. B...]

E. B.  : (hilare) On ne connaît pas la manière de penser de Dieu [parole d’un docteur en Israël…]. Il souhaite sûrement que chacun vive en paix avec lui-même et avec les autres.

P. – J.  : J’ai remarqué que Vatican II ne laisse une place à Marie qu’au huitième et dernier chapitre… Ne pensez-vous pas qu’au regard des apparitions de Fatima elle ne devrait pas être reléguée au dernier plan  ?

E. B.  : Au début les Pères du Concile pensaient écrire un texte à part sur Marie… Mais ils l’ont finalement intégrée dans la Constitution sur l’Église, Lumen Gentium, malgré le fait que la dévotion mariale ne soit pas trop évangélique… [sic !] Fais attention à cela, certains élèvent Marie au rang de déesse, mais non  ! Les apparitions mariales n’appartiennent pas à la Révélation. Je ne connais pas Fatima plus que cela, mais vous voyez, à Lourdes ce qui est beau, c’est que le message [sic] porte sur l’Évangile qui conduit au Christ  !

P. – J.  : Si vous connaissez un peu Fatima, vous savez que la Sainte Vierge a demandé explicitement que la Russie soit consacrée à son Cœur Immaculé pour obtenir la paix dans le monde que vous attendez tous… Pourquoi elle n’est pas écoutée  ? Pourquoi le Pape n’exauce pas sa requête  ? (demandais-je avec désespoir…)

E. B.  : Le Pape n’a pas les Secrets de Fatima sous les yeux tous les jours, tu sais… Et pour l’instant, la consécration ne peut pas avoir lieu, à cause de toutes ces tensions politiques actuelles, cela bouleverserait le monde et le Pape ne peut pas se le permettre.

P. – J.  : Les apparitions de la Vierge montrent à quel point notre religion est actuelle, concrète et «  physiquement palpable  » contrairement à toute autre. Celles de Fatima ont été reconnues par l’Église, si l’on croit en elles alors on est certain d’être dans la vérité et de plaire à Dieu.

E. B.  : Tu sais, l’important c’est le message, et comment chacun perçoit ces apparitions. La paix ne pourra pas venir par un claquement de doigts [non, mais par une obéissance de la foi à deux petites demandes d’Alliance] les miracles comme ça, ça n’existe pas.

P.– J.  : Pardon  ?  ! Vous croyez en quelqu’un qui a changé l’eau en vin, qui a relevé des paralytiques, ressuscité des morts, mais croire en l’arrivée miraculeuse de la paix dans le monde vous ne pouvez pas  ? Pour vous les miracles de Jésus seraient donc un bel effet placebo  ?

E. B.  : Chacun interprète les paroles du Christ comme il le souhaite, et certains peuvent être plus touchés que d’autres. La paix viendra si les hommes s’unissent et s’accordent. [Monsieur Boone est déjà au “top ” de cette formation masduiste souhaitée par le pape François ; cf. Veritatis Gaudium]

P. – J.  : Concernant à nouveau les autres religions, le Christ a bien dit  : «  Je suis la Voie, la Vérité, la Vie…  » (Jn 14, 6) «  En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle  ; et je le ressusciterai au dernier jour.  » (Jn 6, 53-54)  !

E. B.  : [Notre directeur du Centre théologique de Poitiers doute de la citation, il prend sa Bible, cherche la page, lit les versets.] – Ah oui, c’est bien marqué cela…

Sœur Carine  : Oui, mais quand Jésus parlait de cette «  vie  », il s’agissait sans doute de notre vie terrestre [on croit rêver…], dans laquelle nous avons besoin de motivation donnée par la Communion  ! [La communion supercarburant, complément nutritionnel vitaminé pour avoir les énergies nécessaires à la construction d’un monde nouveau en collaboration avec nos frères et sœurs en humanité !… On connaît la chanson.]

CONCLUSION.

Je suis sorti de cet échange avec le sentiment qu’il va être très difficile de convaincre de l’absurdité des idées conciliaires… Que je remercie le Ciel de connaître la CRC (et mes chers parents  !) qui ouvre les yeux sur la Vérité  ! P. – J. F.

PÈLERINAGE À PONTMAIN

Le dimanche 28 janvier à 9 heures, frère Thomas adressait un surnaturel et vigoureux ordre de marche aux premiers pèlerins  :

Frère Bruno nous a dit en ce début d’année 2018, qu’ «  après les dures épreuves de l’an passé, autant en France que dans l’Église, pour garder l’espérance, il nous faut retrouver un cœur d’enfant de Marie.  » Ici, à Pontmain, c’est un cœur à cœur d’une Mère avec ses enfants qui s’inscrit une fois pour toutes dans le ciel étoilé le 17 janvier 1871  :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS ●

MON FILS SE LAISSE TOUCHER

Pourquoi cet ordre, ce véritable appel à une Croisade de prières pour la France  ? C’est parce que Pontmain comme les grands pèlerinages du dix- neuvième siècle entre dans «  une divine stratégie  » que Mgr Freppel avait très surnaturellement comprise  :

«  L’Église, mes frères, est un immense camp retranché qui occupe toute la surface de la terre. Dans ce camp si bien ordonné pour la défense de la foi, les stations de pèlerinage apparaissent, de distance en distance, comme autant de forteresses spirituelles, de citadelles sacrées, de boulevards capables de faire face à l’ennemi. Dieu les multiplie suivant les besoins des temps et à mesure que de nouvelles attaques se préparent contre la grande armée du Christ.  »

Et nous voilà partis en chantant le chapelet à toutes nos phalangistes intentions d’Église, de patrie, de familles. À 10 h 30, grand-messe à la basilique  ; le recteur présenta les différents groupes de pèlerins avec sa bienveillance coutumière, mais avec un petit “ plus ” dans le sourire quand il s’agira des Petits frères et Petites sœurs du Sacré-Cœur, et de leurs amis. Après cette fort digne célébration de l’Alliance, nous nous retrouvâmes tous dans la petite église paroissiale, pleine à craquer cette année. Après le tumulte sui generis de l’installation des amis, de leurs enfants, et de la sono, il se fit un grand calme, sacré, car la prédication de notre frère Benoît nous saisit au cœur de la plus pure et limpide manière.

DES PAROISSIENS DÉSESPÉRÉS, UN PIEUX CURÉ ET LA SAINTE VIERGE.

Le 15 janvier 1871 au soir, tout le village est à l’église pour les vêpres, l’angoisse est à son comble  : les Prussiens arrivent devant Laval  ; on est sans nouvelles des trente-huit soldats de la paroisse, la rigueur de l’hiver compromet les semences d’automne, la famine menace, on parle d’une épidémie de typhoïde  ; le 11 janvier, une aurore boréale, inconnue dans cette région, a frappé les esprits comme annonciatrice de malheur. Aussi, le désespoir écrase-t-il ces humbles gens qui pourtant n’arrêtent pas de prier à la demande instante de leur curé, mais ce soir-là, ils sont à bout. L’abbé Guérin le sent bien il se lève, et après avoir donné à tous une parole d’encouragement et de consolation, il s’écrie, faisant effort sur lui-même  : «  Allons, mes enfants, chantez votre cantique, Mère de l’Espérance  !  » Le cantique fut chanté, mais des larmes pressées tremblèrent ce soir-là au fond de toutes les voix.

Le mardi 17 janvier, les encouragements du saint curé Guérin n’auraient probablement pas suffi à ranimer le courage de l’Espérance. C’est alors que la Sainte Vierge, qui avait tout vu, tout entendu, tout compris, intervint. Elle coupa court aux lamentations de l’avant-veille, donna le même ordre que l’abbé Guérin  : «  Mais priez mes enfants  » tout en annonçant, à cette condition, la fin des malheurs  : «  Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher.  » Dieu a répondu à la supplication de ce petit peuple fidèle  : explosion de joie au retour sain et sauf des trente-huit pieux soldats de Pontmain  : fait rare  ! L’invasion allemande a été stoppée, fait incom­préhensible  ! Miracle  !

ET NOUS AUJOURD’HUI  ?

Ne sommes-nous pas comme les paroissiens de l’abbé Guérin  ? La situation est pire même qu’en 1871, à tel point que frère Bruno nous écrivait pour Noël  : «  Cette année du centenaire de Notre-Dame de Fatima s’achève sur l’immense déception du Cœur de Marie Immaculée, qui n’a d’égale que la nôtre.  » (Lettre à la Phalange de Noël 2017) En 2017, nous avons tant prié, tant espéré, mais le Saint-Père poursuit sa course, l’œil fixé sur la chimère d’un monde libre, fraternel et démocratique, tandis que l’Église devient MASDU et ne cesse de disparaître à nos yeux. L’actualité internationale est terrifiante  ; en France, ce sont les lois immondes et contre nature qui sont programmées et qui passeront. Jusques à quand, Seigneur  !

Comment voulez-vous que Dieu continue à nous donner la prospérité matérielle, l’ordre politique, l’ordre humain, etc., tous les biens que Dieu dispensait depuis deux mille ans à une civilisation chrétienne, comme en échange de ses prières, de sa confiance, de son culte  ? Nous nous sommes émancipés, et nous voulons que ça continue  ! Dieu ne veut plus qu’il y ait d’espoir humain  !

Aujourd’hui, et même depuis cent ans, l’espérance c’est toujours la Sainte Vierge, mais elle a un nouveau nom  : Notre-Dame de Fatima, une nouvelle mission, la résurrection de l’Église et le salut du monde. Que notre petite paroisse CRC persévère fidèlement dans la prière quotidienne du chapelet et la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois, c’est à dire collabore au dessein de Dieu pour notre temps, hier derrière notre Père, maintenant à la suite de frère Bruno, et tout ira bien…

Nous quittâmes l’église paroissiale au chant de Mère de l’Espérance, pour ensuite nous retrouver dans la grande salle communale. Après un repas tiré du sac, un bon temps de convivialité pour les parents, et de joyeuses glissades sur le parquet ciré, pour les enfants, vint le temps de l’instruction. Elle consista en un survol du mystère de l’Immaculée Conception telle que l’Église l’a comprise à la lumière des Saintes Écritures, de génération en génération, précieux héritage recueilli et approfondi par notre Père et frère Bruno, en dépit de la rupture sacrilège opérée par Vatican II.

N’en déplaise au Concile, toute la Tradition le proclame par ses docteurs, par ses prophètes. Et au dernier temps du monde, alors que la dévotion mariale des hommes d’Église commençait à s’affadir, par des apparitions grandioses. La Vierge Marie est plus du Ciel que de la terre, son Cœur glorieux et Immaculé est non seulement maternellement tout à tous, mais il est aussi Corédempteur, Médiateur de toutes grâces  ; Royal il règne dans le Ciel, et il régnera sur terre dès que le Pape aura satisfait aux demandes de Notre-Dame de Fatima…

DANS LA GRANGE BARBEDETTE.

Ensuite, les parents rejoignirent leurs enfants qui étaient aux bons soins de nos frères dans la grange Barbedette, et là frère Benoît en profita pour nous faire assister, sur site, à cette merveilleuse apparition, tout au long de ses différentes étapes, si bien figurées par les statues disposées sur les murs de cette sainte grange. Merveilleux cœur à cœur avec les charmants petits voyants, la Sainte Vierge et leur saint Curé  ; mystères dévoilés de Marie Corédemptrice, Reine et Avocate  ; salut de la France mystérieusement prophétisé par l’un des voyants, frère Benoît insista sur ce dernier aspect moins connu.

LES CROIX BLANCHES DU SALUT DE LA FRANCE.

«  Deux petites croix blanches et sans Christ apparaissent, une sur chaque épaule de la Sainte Vierge, dont la tête était ainsi en quelque sorte encadrée entre deux croix  ». Ce n’est qu’après l’apparition de ces croix blanches que le visage de l’Immaculée s’éclaire à nouveau  : «  Voilà qu’elle rit  !  » Un jour qu’on demandait à Joseph quel pouvait être le sens de ces croix mystérieuses, il répondit  : «  Je n’ai aucune mission pour interpréter l’apparition. Mais je pense personnellement qu’elles seraient comme des marques glorieuses des sacrifices supportés et des victoires obtenues. Quand la France priera, elle reviendra à sa place première.  »

«  Quand la France priera.  » Cela signifie, quand la France, en sa tête, ses membres, ses institutions, reniera son laïcisme apostat, elle reconnaîtra Jésus et Marie comme vrai Roi et vraie Reine de France, l’Évangile et non les Droits de l’homme sera le fondement de notre vie politique et sociale, alors oui, la France «  reviendra à sa place première  », la paix et la prospérité lui seront redonnées et elle retrouvera sa vocation missionnaire de porter le Christ aux nations. C’est la restauration de la Chrétienté qui est ici annoncée (Catholique, Royale, Communautaire) avec les conditions de cette restauration qu’illustre la vie évangélique de cette petite paroisse de Mayenne sous la houlette de son curé. Il y a donc là une double leçon d’espérance, mais toujours conditionnelle à notre obéissance aux volontés de Notre-Dame, et puis ce ne sera pas sans de durs combats et sacrifices comme le comprit le Père Joseph Barbedette.

Après un fervent chapelet dans cette sainte grange, nous irons recevoir la bénédiction de Jésus-Hostie lors du salut du Saint-Sacrement célébré dans l’Église paroissiale. Les paroissiens n’en revenaient pas de voir des familles nombreuses prier et chanter avec tant de ferveur. Consolation pour nous aussi d’entendre et de voir ce bon Pasteur de recteur nous convier à revenir l’année prochaine  ; sortie en procession au chant de “ Ô Immaculée ”, puis descente à la salle communale. C’est là que se clôture officiellement cette traditionnelle belle journée d’amitié CRC, autour d’un très bon goûter préparé par la charité de nos amis, et dans des conversations qui dureraient encore, si les nécessités du service, la tombée de la nuit, la longueur de la route ne nous avaient tous rappelés à l’ordre…

CHANDELEUR À SAINT-PARRES

Rien n’arrêta nos amis, ni le froid, ni la pluie, et c’est en grande foule de familles et d’enfants qu’ils rallièrent la maison Saint-Joseph les 3 et 4 février, d’une part pour présenter leurs hommages à la Vierge Marie et au Divin Enfant Jésus dans le cadre liturgique de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie, comme dans celui, festif, de la solennité de la Chandeleur, et d’autre part pour renouveler, dans la lumière de la doctrine paternelle dispensée par frère Bruno, la jubilation de leur âme CRC  : appartenir à l’Église.

LES HOMÉLIES DE FRÈRE BRUNO.

Elles constituent ce mois-ci une petite somme théologique mariale, bien étudiée pour nous faire embrasser avec ferveur la dévotion au Cœur Immaculé, et même plus  : pratiquer son culte. Révélation de ce secret de conversion dans l’homélie de la messe de samedi  : Résolutions pour l’an nouveau.

La méditation du premier samedi du mois  : Marie toujours Vierge, l’oraison du lendemain  : Mère de Dieu, sont une exposition savante des privilèges de Marie Immaculée, dont le but est de réfuter les élucubrations blasphématoires de l’encyclopédie de Mgr Doré. C’est remarquable  : à lire et relire (supra).

L’homélie de la messe de dimanche  : Le mystère de la Présentation, nous le dévoile  : Jésus vient dans son Temple pour racheter les hommes de leur péché, et il commence par purifier «  les fils de Lévi  » par trop corrompus, le peuple, et le Temple lui-même. Rédempteur, le Divin Enfant Jésus reconnu par le vieillard Siméon est assisté par la Vierge Marie, qui reçoit ici l’annonce de sa mission de Corédemptrice… Le sermon final  : Médiatrice de toutes grâces est un florilège de citations qui exaltent ce divin privilège, en voici un exemple  : «  Tous les dons, les vertus et les grâces de l’Esprit-Saint sont distribués par les mains de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut, et autant qu’elle le veut.  » (saint Bernardin de Sienne, sermon pour la vigile de la Nativité de Marie, 1, 8); exit Vatican II et le “ rôle subordonné de Marie ” (Lumen Gentium n° 62); exit Paul VI qui considérait «  damnosa  » l’expression elle-même…

FRATERNITÉ CRC.

Le nombre des participants était tel qu’il était impossible pour les enfants de “ bouder ” dans un coin tout seul, ni pour les adultes de ne pas se voir et de ne pas se parler… Le temps était compté, mais le goûter du samedi après-midi marqua une bonne et longue pause, un temps fort et chaud de convivialité, comme d’ailleurs les repas préparés par nos sœurs, avec tant de mérites… Cependant la raison profonde de notre charité CRC est d’un autre ordre, la voici  : «  L’Église  ! Aussitôt que nous parlons d’elle, que nous sommes réunis pour chanter les louanges de Dieu, nous éprouvons une joie de pure fraternité.  » (Lettre à mes amis n° 134)

Tels furent bien la grâce, le bonheur éprouvés au fil de la procession de l’Enfant-Jésus, tous ne faisant qu’un à la suite de notre bon Pasteur et saint vieillard “ Siméon ”, chantant avec lui l’enthousiasmant ­grégorien, séculaire et mystique, de la Tradition catholique, dans une chapelle rayonnante de beauté surnaturelle. On se serait cru au Ciel, mais la conférence d’actualités du dimanche après-midi  : “ La démocratie, c’est la guerre  ! ” prononcée avec une vigueur renouvelée par notre frère Bruno, nous ramena tous aux nécessités du combat de Contre-Réforme et de contre-révolution catholique, autrement dit à la défense d’une Église, d’un Pape, d’un monde, que le Diable désoriente, possède, domine  ; mais pour un temps seulement…

NOTRE PÈRE, DISCIPLE DU PÈRE DE FOUCAULD

La vie de l’abbé de Nantes  ? Lui-même l’a écrite, frère Bruno ne cesse d’y faire référence. Certains jeunes esprits pourraient être tentés et se demander  : Mais pourquoi y revenir encore tout au long d’une retraite d’automne  ? Parce que l’abbé de Nantes, notre bienheureux Père est un fondateur d’ordre, sa vocation charismatique  : défendre l’Église au temps de la “ grande apostasie ” et préparer les voies de sa résurrection, lui donne d’ores et déjà une stature unique.

Sa vie qui est une préparation à cette vocation inouïe est un mystère dont on n’épuisera jamais la richesse. Elle renferme toutes les grâces dont la Phalange de l’Immaculée a besoin pour prolonger son témoignage et son service de l’Église… Mais c’est aussi un secret de famille auquel il faut être initié  ; comment l’être mieux et davantage que par notre frère Bruno, le fils de prédilection, dont toute la joie est de nous persuader tant et plus du si grand bien qu’il y avait, et qu’il y a toujours en un tel Père  :

Dans la première partie de la retraite, notre frère Prieur nous a montré comment le jeune Georges de Nantes est éduqué par d’incomparables prolongements terrestres de Jésus et Marie  : sa mère, son père, ses maîtres religieux ou prêtres. Le double amour de l’Église fidèle épouse du Christ et de la France du maréchal Pétain, allume en ce jeune homme le feu d’un amour puis d’une imitation de Jésus-Christ. Et voici ce collégien chahuteur, amical, heureux, qui en fin de journée trouve son plus grand bonheur, son «  quart d’heure de tendresse  » en présence de Jésus-Hostie  ; amour naissant qui va s’embraser au contact de sa rencontre avec le Père de Foucauld… Mais pour quelle vocation en définitive  ? Georges de Nantes ne le sait pas encore.

En attendant de mettre en œuvre la grâce de cette vocation mystérieuse, on voit que le Bon Dieu veut le faire passer par des expériences, lui faire connaître des milieux très différents du sien  ; La sévère et sage éducation de Mamine va Lui servir d’auxiliaire, et pour Georges de garde-fou. L’amour, l’amitié le poussent à entrer en relation avec les uns qui sont bons, les autres qui le sont moins ou pas du tout… Il les aimera tous pour le bien vu en eux, comprendra avec une intelligence supérieure, celle du cœur, le mal dont ils étaient atteints, afin de l’expliquer un jour à ses propres enfants spirituels, et à travers eux à toute l’Église… C’est donc la bonne Providence qui a présidé à toutes ces rencontres – d’Église et de Patrie – qui les a dénouées, et qui ainsi de proche en proche a façonné notre Père pour qu’il soit vraiment d’Église, et en arrive à la perfection d’une synthèse kérygmatique, doctrinale et pastorale…

C’est à l’élaboration de cette doctrine que frère Bruno nous fait assister dans les trois conférences suivantes  : Jésus, Jésus seul.

«  Jésus, l’unique objet de notre amour, est non seulement l’acteur historique des Évangiles accomplissant il y a deux mille ans les Écritures qui l’avaient précédé et annoncé, mais il est l’acteur de toute l’histoire passée, présente et à venir.  »

Cette vérité de foi cherchait un appui solide sur terre afin de prospérer et de régner. Notre Père découvre ce principe et fondement dès sa troisième année de séminaire  : «  la Relation d’origine  ». Tout est relation, en Dieu, dans l’univers et jusqu’à mon pauvre “ moi ” de personne humaine, qui n’est pas indépendant mais relationnel… Prodigieuse fécondité de cette vision métaphysique, véritable soubassement naturel unissant harmonieusement les plus hauts mystères divins de la Trinité, de l’incarnation, de la Création, sans parler de celui de l’Église dont frère Bruno se fera ensuite le chantre enthousiaste.

DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE LA VÉRITÉ.

«  La vérité, ce n’est pas un axiome mathématique ni un principe métaphysique, c’est la cohérence des idées et des êtres, c’est le liant et le ciment de l’univers, c’est la continuité de l’histoire. Elle est impliquée en tout débat humain, si minime soit-il.  »

C’est pourquoi la “ défense ” de la vérité s’impose contre l’erreur toujours renaissante. Le kantisme est celle du siècle. Si notre Père apprend à la réfuter dès le séminaire grâce à son professeur, Monsieur Ruff, il sera seul à dénoncer ce subjectivisme protestant devenu concile (Vatican II) et papes (Jean-Paul II  ; Benoît XVI). De la Collégialité au MASDU en passant par la Liberté religieuse et l’abaissement de la Vierge Immaculée, c’est l’immense effort du Diable pour infester l’Église d’un culte rationnel de l’homme pensé depuis longtemps par Emmanuel Kant.

CHEMIN DE CROIX.

À l’imitation de Jésus, il commence pour notre Père par un procès. L’abbé de Nantes prend l’initiative de cette confrontation, qu’il entend comme un appel au Magistère. Il veut un jugement loyal, doctrinal avec des attendus motivés, et s’en explique dans sa supplique à Mgr Le Couëdic du 19 décembre 1965. Dans ce texte prodigieux, l’abbé de Nantes se révèle beaucoup plus soucieux de l’honneur de l’Église que de ses intérêts particuliers. Il obtint finalement gain de cause, et moyennant un arrêt dans la controverse, ses écrits furent étudiés à Rome, tandis que lui se consacre à un commentaire du Credo digne d’un docteur de l’Église, et que frère Bruno nous fait beaucoup apprécier.

frère Philippe de la Face de Dieu.