La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 186 – Avril 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

JÉSUS ET MARIE, CENTRE
ET MESURE DE TOUTES CHOSES

LA prédication de frère Bruno lors de cinq prises d’habit  ; sa magistrale analyse critique de Placuit Deo; sa réfutation de l’encyclopédie de Mgr Doré sur “ Jésus ”, et notamment sur cette impensable promotion de «  saint Judas  »; sa conférence d’Actualités, avec entre autres sa religieuse interprétation du sacrifice du lieutenant-colonel Beltrame  ; la retraite de Semaine sainte prêchée par notre Père en 1983, Jésus dans sa Passion (S 59), celles de frère Gérard pour les enfants, etc. Toutes ces activités attestent que sous la direction de frère Bruno et sous l’égide tutélaire de Notre-Dame de Fatima, à l’imitation de saint Jean et de sainte Marie-Madeleine, et comme eux en grand souci pour Pierre et les autres, la Phalange de l’Immaculée poursuit sa lutte contre les gnostiques de notre temps.

Sûr et certain de la victoire finale des Saints Cœurs de Jésus et de Marie chaque phalangiste de l’Immaculée «  se sent protégé, orienté, soutenu et lancé au plus fort du combat, au plus vif du courant, appelé à rendre un beau témoignage au Christ vainqueur. La Phalange à laquelle il appartient, animée de pareille espérance, loin de se lamenter sur l’époque et regretter que le passé ne soit plus, regarde vers l’avenir, son projet de civilisation en main. Il lui faut implorer de l’Esprit-Saint une connaissance de plus en plus assurée de ce qu’il inspire à son Église pour son glorieux avancement. Et ensuite, se mettre à l’œuvre avec joie.  » (Les 150 points de la Phalange, Point 49, “ Que le Règne de Jésus-Christ s’étende ”)

PRISES D’HABIT

Le 17 mars avant les vêpres, ils étaient cinq à vouloir «  se mettre à l’œuvre avec joie  ». Au terme de leur période canonique de postulat, le temps était venu pour eux de prendre l’habit. Mais auparavant, ils devaient faire devant la communauté la traditionnelle coulpe monastique concernant leurs manquements extérieurs à la Règle, ce qui donne toujours l’occasion à notre frère Prieur de faire preuve de la plus extrême bienveillance tout en nous rappelant les fondamentaux de notre vocation.

LE CARACTÈRE SPÉCIFIQUE DE NOTRE COMMUNAUTÉ.

«  L’orgueil est la racine de tous les maux de ce temps.  » La hantise de notre Père était de nous y voir sombrer nous aussi, d’autant plus qu’il lui fallait bien reconnaître, en toute humilité  ! que, dans la décomposition postconciliaire, notre communauté est vraiment unique. Elle est singulière, elle est nécessaire. Elle est donc l’instrument, non pas tant de notre perfection à chacun de nous, que de la CRC  : Contre-Réforme catholique, contre «  l’orgueil, précisément, des réformateurs  »  !

«  C’est assez dire que notre promesse de fidélité ne repose pas seulement sur une adhésion de l’esprit  : elle vient du cœur. C’est de l’amour  : j’aime Jésus, Marie, l’Église, la France. La servante de cet amour, c’est l’humilité. Son grand ennemi, c’est l’orgueil…  »

«  DEUX ENFANTS DE MARIE  »

Le dimanche 18 mars lors de la grand-messe de la Passion, Jeanne Perret et Jacinthe Cholet entourées de leurs familles et de leurs amis reçurent l’habit des Petites sœurs du Sacré-Cœur. Après les moments émouvants de la cérémonie, mimes impressionnants du renoncement au monde, elles réapparurent rayonnantes dans leur bel habit religieux, traversèrent la nef, et vinrent au pied de l’autel pour recevoir de notre frère Prieur leur nom nouveau  : Jeanne-Marie de la Transfiguration et Jacinta de Notre-Dame des Victoires.

SAINTE JEANNE DE FRANCE.

Lors de son homélie, frère Bruno nous fit découvrir la vie très édifiante d’une pauvre princesse, contrefaite et mal aimée des hommes, son père Louis XI et son époux Louis XII, mais belle et bonne de cœur, chérie de Dieu  : Jeanne de France (23 avril 1464 – 4 février 1505). Si elle a aimé ses chers, mais durs prochains avec un esprit de foi confondant et une ferveur de pur amour filial et conjugal, c’est que son cœur était pris depuis longtemps. Depuis sa plus tendre enfance, Jeanne priait beaucoup la Sainte Vierge, elle lui demandait sans cesse comment lui faire plaisir et bien la servir. Un jour, durant la messe, Notre-Dame lui répond  : «   Ma fille Jehanne, avant que de mourir, tu fonderas une religion en mon honneur. Et ce faisant, tu me feras grand plaisir et tu me rendras service.  » Pour Jeanne, sa vie a reçu un sens  : elle n’a plus qu’un objectif, écouter et imiter Marie.

Les humiliantes circonstances de l’annulation de son mariage sont pour elle l’occasion de réaliser la volonté de la Sainte Vierge, bien dirigée par son directeur de conscience, le Père Gabriel-Maria. Notre-­Seigneur lui indique que, pour aller à Lui, il faut passer par la Vierge Marie, la créature qu’Il aime le plus et qui Lui est le plus intimement unie  : «  Ta vie ne sera pas une imitation, mais un renouvellement, une continuation de la sienne, comme celle de François ­d’Assise fut un renouvellement de ma passion. Lis l’Évangile, tu y trouveras les paroles, les actes, les silences de la Vierge. C’est le chemin que j’ai choisi pour toi, pour tes sœurs.  »

L’ordre de l’Annonciade est fondé, et Jeanne prend l’habit dans le premier monastère, à Bourges, à la Pentecôte 1504. «  On rapporte que sainte Jeanne de Valois vit un jour une coupe dans laquelle se trouvaient deux Cœurs. La Sainte Vierge les lui offrit  : “ Prends, ma fille, c’est mon Cœur et celui de mon Fils, ils sont pour la France  ! ”  »

À l’orée de ce seizième siècle, conclut frère Bruno, la Sainte Vierge et le Sacré-Cœur préfigurent ainsi, par une pauvre reine retirée du monde, leur grand dessein sur la France (Il est ressuscité n° 101, janvier 2011, p. 16). Ce résumé bien imparfait doit vous convaincre de vous abonner aux Logia ou à la VOD, ou bien encore de lire cette vie pour apprendre comment aimer, et le Bon Dieu et le cher prochain, même le plus éprouvant…

SAINTE JACINTA MARTO.

Notre sœur Jacinta étant entrée en communauté au cours de l’année de notre grand pèlerinage à Fatima (25-27 mai 2017) à l’occasion du centenaire des apparitions, frère Bruno a voulu qu’elle soit au milieu de nous comme un mémorial d’action de grâces, et une manière aussi de nous rappeler le souvenir de la petite Jacinta Marto. On a beau connaître sa vie héroïque, ses paroles embrasées  : «  Moi, j’aime tant son Cœur, il est si bon  »… Mais leur rappel par frère Bruno fait toujours du bien à l’âme et nous ramène à l’unique nécessaire, à ce dogme de la foi qui concerne les fins dernières  : Mort, Jugement, Éternité du Ciel ou de l’Enfer… comme aussi à ces «  ardeurs plus vives d’un amour plus profond  » qui se consument pour arracher les âmes à l’enfer  : charité vraie… À Jacinta hantée par le salut des âmes, la Sainte Vierge est apparue trois fois, à elle seule, pour lui révéler ce que le Pape aurait à souffrir, car il sera tard… quand il accomplira les demandes de Notre-Dame… C’est pourquoi elle faisait toujours bénéficier le Saint-Père de ses prières et de ses sacrifices. C’est ainsi qu’elle a plu à Dieu, et a été tout particulièrement chérie de la Sainte Vierge.

LA TRANSFIGURATION ET LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE.

L’après-midi, l’homélie de frère Bruno porta sur la seconde partie de leur nouveau nom. Il commença par la Transfiguration dont le mystère est une contemplation recommandée par l’article 2 de notre Règle. Notre Père l’a voulu pour corriger une interprétation par trop misérabiliste de la spiritualité du Père de Foucauld. Il ne faudrait pas, sous couvert d’humilité, de petitesse, en venir à oublier que Jésus est Dieu né de Dieu, lumière née de la Lumière. Avec cette application pratique qui nous rejoint tous  :

«  Pour nous, le Thabor, c’est notre chapelle, dans la contemplation de Jésus-Eucharistie, au Tabernacle. “ Ils y puiseront la force de suivre leur Maître dans sa Passion. ” Qui ne sera pas fidèle à ce culte du Thabor eucharistique, c’est-à-dire aux saluts, aux bénédictions du Très Saint-Sacrement, à la visite au Saint-­Sacrement, ne sera pas fidèle à ses vœux. Nos vœux, nous le savons, c’est la souffrance et la joie de chaque jour, la souffrance du renoncement qui, pour ainsi dire, paie la joie de chaque jour. C’est une joie de souffrir pour l’amour du Christ. Nos vœux sont une souffrance, une exigence de renoncement perpétuel. Comment peut-on porter cette souffrance si l’on n’a pas la joie de souffrir par amour de Jésus  ? Comment entretenir cet amour de Jésus, sinon par cette contemplation de Jésus glorieux au Thabor  ?  »

Et quand cela devient trop difficile et que le désespoir nous guette, comme l’abbé des Genettes (1778-1860) en son temps  : «  Tu ne fais rien, ton ministère est nul  ; vois, depuis plus de quatre ans que tu es ici, qu’as-tu gagné  ? Tout est perdu, ce peuple n’a plus de foi. Tu devrais, par prudence, te retirer  », il faut entendre comme lui cette parole, l’adapter à notre situation et retrouver la paix et le courage  : «  Consacre ta paroisse au très Saint et Immaculé Cœur de Marie.  » Cet admirable récit par frère Bruno du miracle de la conversion de la paroisse de Notre-Dame des Victoires est à méditer, à faire écouter aux bons prêtres de votre entourage… L’ensemble de l’homélie leur fera le plus grand bien. Ils se sentiront renouvelés dans la ferveur première de leur vocation, associés à la vocation de nos sœurs, appelées par frère Bruno à devenir «  d’ardentes “ louanges de la Gloire ” de notre Sauveur crucifié et ressuscité, toutes données au Cœur Immaculé de Marie, afin de travailler à l’avènement de son Règne et au salut des âmes des pauvres pécheurs  !  »

SOUS LE PATRONAGE DE SAINTE THÉRÈSE

Le lundi de Pâques, 2 avril, alors que l’enthousiasme de tous pour la Retraite de Semaine Sainte était à son comble, il ne manquait plus à cette joie pascale que le sceau d’une fécondité, promise par Dieu à la prière de son Église fidèle. Notre Ordre donna la preuve à sa petite échelle, que oui vraiment, c’est «  par un enfantement toujours nouveau que le Bon Dieu multiplie les fidèles de son Église  ». Trois prises d’habit chez les frères, deux vœux temporaires chez les sœurs, autant de grâces cordiales et spirituelles répandues sur tous par la vertu du rituel de nos cérémonies et des homélies de frère Bruno.

C’est ainsi que Thomas Dragon est devenu  frère Martin de Sainte-Thérèse, Grégoire Musnier, frère Théophane de l’Enfant-Jésus, Louis-Gonzague Le Texier, frère Louis-Gonzague de la Bambina. Après un petit temps de silence – l’émotion – chacun a répondu par un fort et clair  : Merci mon frère  !

LE «  TRIO INDISSOCIABLE  » DE SAINTE THÉRÈSE.

L’homélie de frère Bruno allait nous révéler la raison de ce choix, et pourquoi ce «  trio indissociable  » se trouvait intimement lié, uni à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui est, notre Père l’a voulu ainsi, cofondatrice de notre Ordre avec le Père de Foucauld (cf. Lettre à mes amis n° 25 du 22 novembre 1957). Frère Martin se trouve sous le patronage de saint Martin, convertisseur des Gaules, en même temps que de cette sainte famille Martin qui ne vivait que pour le Bon Dieu, dans l’amour de la France réelle, fermement catholique.

Frère Théophane de l’Enfant-Jésus partage avec la petite Sainte, le même divin Enfant Jésus, le même amour de sa famille qu’elle a tant aimée, tout comme saint Théophane Vénard (21 novembre 1829 – 2 février 1861), et cet attrait missionnaire pour le Vietnam. Sainte Thérèse avait failli y aller, saint Théophane Vénard y était mort martyr. Notre frère y a un peu bourlingué, peut-être y reviendra-t-il un jour avec le même esprit radical que son saint Patron, associant sans complexe aucun  : Mission, Colonisation et Croisade…

Quant à notre frère Louis-Gonzague, frère Bruno nous fit découvrir son saint patron (1568-1591) à l’école de saint Pie X, alors évêque de Mantoue. Mgr Sarto disait à la jeunesse  : «  Dieu vous garde de cette apostasie qui vous ferait dissimuler votre foi. Soyez forts, méprisez les jugements insensés d’une opinion publique qui prétend dominer le monde, ne reculez pas devant ce fantôme abject du respect humain qui essaie d’entraver les plus saintes convictions.  » On croit entendre notre Père…

Sainte Thérèse a trouvé en saint Louis-Gonzague un précurseur. Elle voulait comme lui faire du haut du Ciel beaucoup de bien aux âmes, et répandre, à son exemple, «  une pluie de roses  ».

VŒUX TEMPORAIRES

Avant de les prononcer, nos sœurs Ombeline de Notre-Dame de Pontmain et Hélène-Marie du Très Saint Rédempteur entendirent la voix de notre frère Bruno leur adresser l’exhortation composée par notre Père pour cette cérémonie. Elles furent ainsi initiées par lui, et nous aussi, au mystère mystique du scapulaire et du voile blanc qu’elles allaient ­recevoir.

PETITES RETRAITES DES ENFANTS

“ Saints parents, saints enfants ”. Notre Père aurait aimé ce titre de la petite retraite prêchée traditionnellement par nos frères au temps de la Passion, en Bretagne et à la maison Saint-Joseph. Il aimait tant nous faire admirer les saints parents qui ont élevé les enfants prédestinés de la grâce divine et devenus l’honneur de l’Église, nos incomparables missionnaires et, parmi tous les saints, les enfants privilégiés qui ont été admis à voir la Sainte Vierge car c’est l’objet, depuis un an, de “ l’album de la Sainte Vierge, de 1830 à 1960 ”, édition “ les enfants de la CRC ”. Les fruits de cette sainte œuvre éducative se résument en une anecdote bien significative.

C’était à la clôture de la retraite  : maman rassemble ses enfants car le voyage sera long et les encombrements trop certains.

«  Maman, regardez j’ai pris sept pages de notes  !

 Va vite chercher ton sac.

L’enfant n’a pas entendu.

 Va vite chercher ton sac.

L’enfant tend son carnet de notes à sa maman, qui l’ouvre au hasard. L’enfant attend les compliments.

–­ C’est bien, ma petite fille, je lis (en soulignant avec le doigt)  : “ Résolution  : une obéissance facile, joyeuse et à toute épreuve… ”  »

Regard interrogateur de maman à sa petite fille… qui a compris, sans paroles, et court chercher son sac  !

LA SEMAINE SAINTE

Du mercredi saint 28 mars jusqu’au lundi de Pâques 2 avril, au fil des cérémonies, de leur explication par l’abbé de Nantes, notre Père (S 68  : Liturgie de la Semaine sainte; en audio seulement), au fil de ses conférences de retraite (sur la VOD  : S 56  : Jésus dans sa Passion; en audio seulement) transportés d’enthousiasme par sa voix chaleureuse toute vibrante des paroles de Jésus, nous avons vraiment suivi Jésus dans sa vie publique et jusque dans sa Passion. Notre Père nous a fait assister ensuite à l’événement historique de la résurrection, et à la suite de Jésus il a multiplié les preuves pour convaincre les stulti et tardi corde de notre époque, pour la plupart désorientés par des théologiens modernistes et un enseignement catéchétique erroné.

L’Église suit son Sauveur dans sa Passion  : “ Per crucem ad lucem ”. Pour être son disciple, conformément à nos vœux religieux, et pour toute âme aimante, mourons avec Lui pour renaître avec Lui dans trois jours  !

Avant sa Passion, Jésus, s’est montré l’athlète de Dieu, prouvant sa Puissance, sa Sagesse et sa Vérité, jusqu’au moment fixé par le Père. Les Évangélistes rapportent sa montée en ligne, à Jérusalem, dans la dernière semaine, pour affronter les intellectuels du Temple, en des controverses formidables qui les convainquent de mensonge et de haine. Pour l’éternité.

Au jour même des Rameaux, derechef, il annonce sa Passion  : il dirige le cours des événements  !

Parce que le peuple est enthousiaste, les autorités veulent s’en débarrasser par ruse.

Avant de se livrer à eux, Jésus institue une œuvre religieuse, par un nouveau rite, anticipant sa Passion et ses fruits sacrés.

La Cène, «  désirée d’un grand désir  », commence par le lavement des pieds, geste d’esclave par lequel Jésus se révèle le Serviteur de Dieu annoncé par les prophètes pour nous sauver. Il livre son Corps en repas de communion, puis il répand son Sang en prix de notre rachat. Enfin, il donne pouvoir à ses nouveaux prêtres  : «  Faites ceci en mémoire de moi.  »

Grandeur et Mystère de notre Souverain Prêtre, dont l’Église a parfaitement compris les paroles et les gestes, et les a refaits «  en mémoire  » de Lui jusqu’aujourd’hui. Dans cette Messe, nous commémorons Jésus, Prêtre d’un sacerdoce nouveau. Après le lavement des pieds, raconté comme signe du service d’esclave du Christ, le prêtre «  fait le sacrifice  », solennellement, en mémorial pour nous  : confusion et reconnaissance. Désirons nous attacher fidèlement à Lui et renouvelons nos vœux avec ardeur  !

Au cours de l’Heure sainte du Jeudi saint, nous écouterons les effusions du Cœur de Jésus rapportées par saint Jean, espérant comprendre ses conseils et ses révélations  : Il avertit ses Apôtres du déchaînement des puissances ténébreuses et de leur abandon… mais leur révèle le Paraclet, force intime qu’Il leur enverra. Par la parabole inoubliable de la Vigne, Il leur indique comment demeurer en Lui. Il leur dévoile l’avenir, proche et lointain  : les persécutions par le monde, mais l’assistance du Paraclet, dans la joie de l’amour  : «  Le Père vous aime  !  » Enfin la Prière sacerdotale révèle le foyer d’amour brûlant de la Sainte Trinité pour nous y attirer  !

Dans son agonie, Il se fait péché aux yeux de son Père bien-aimé  : c’est l’horreur  ! Son arrestation, sa comparution devant Anne, Caïphe, puis devant le Sanhédrin multiplient illégalités et indignités jusqu’à sa condamnation à mort qu’Il signe en se déclarant Fils de Dieu. Dans le procès devant Pilate, changement d’atmosphère  ! le Romain loyal, convaincu de son innocence mais lâche, que Jésus, plein de sympathie, fait réfléchir et qui comprendra plus tard  : c’est la figure du monde romain qui se convertira, contrairement au monde juif qui disparaîtra…

Suivons Jésus  : chargé du patibulum sur la Voie douloureuse, suivi des femmes qu’Il prêche  ; crucifié, refusant le vin anesthésiant la souffrance  ; agonisant de 9 heures à 3 heures, pardonnant à ceux qui ne savent pas, accomplissant les Écritures dans le partage des vêtements et confiant, en saint Jean, l’humanité à sa Mère  ; se plaignant à son Père de son abandon, en entonnant le psaume 21; criant sa soif, matérielle et surtout spirituelle, des âmes  ; enfin mourant «  en poussant un grand cri  » miraculeux, et remettant son âme à son Père. Les bouleversements accompagnant sa mort signent la fin de l’Ancienne Alliance…

Accompagnons Jésus dans son ensevelissement. Gardé dans un tombeau de riche par des juifs, Jésus est vaincu. Pas pour longtemps.

Dans la nuit de la Résurrection, exultons de joie pour la libération, non seulement de nos péchés, mais aussi de l’humanité aujourd’hui retombée dans les ténèbres. Nos cierges témoignent de notre fidélité dans l’apostasie actuelle, pour la transmettre aux hommes, une fois revenus à Dieu.

La Résurrection de Jésus n’est pas un mystère, objet d’une Révélation, mais un fait historique largement attesté. Or, nombre de théologiens modernes n’y croient plus, à l’encontre de tous les Pères de l’Église qui ont scruté les textes. Les preuves abondent  ! À côté de Saul persécuteur des chrétiens et renversé par la vision du Christ sur le chemin de Damas, le témoignage des Évangélistes fonde nos certitudes. Chantons donc l’Alléluia pascal  !

frère Philippe de la Face de Dieu.