La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 189 – Août-Juillet 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


13 AOÛT : LE RENDEZ-VOUS EMPÊCHÉ

AU Portugal, les apparitions de Notre-Dame avaient déchaîné la fureur des ennemis de l’Église, qui se répandaient en blasphèmes dans la presse maçonnique. L’un d’eux, Oliveira, était président fondateur de la loge de Vila Nova de Ourem, dont dépendait Fatima. En 1913, il avait été promu administrateur du canton.

Le vendredi 10 août 1917, Manuel Marto et Antonio dos Santos reçurent l’ordre de comparaître devant lui avec leurs enfants.

Seul, Antonio vint avec sa fille. Celle-ci raconte  :

«  L’administrateur voulut à tout prix que je lui révèle le Secret, et que je lui promette de ne plus jamais retourner à la Cova da Iria. Afin d’obtenir cela, il n’épargna pas les promesses et, à la fin, les menaces. Voyant qu’il ne pouvait rien obtenir, il me renvoya, protestant que, de toute manière, il obtiendrait ce qu’il voulait, même s’il fallait m’ôter la vie.  » Sic  !

Pour la première fois, Lucie avait témoigné devant les autorités  : elle avait tenu bon et avait gardé son calme… à la différence des dites autorités  !

Mais l’épreuve n’en était pas moins rude pour elle du fait de «  l’indifférence que me manifestaient mes parents  », confie-t-elle, en cruel contraste avec «  la tendresse  » dont son oncle et sa tante entouraient François et Jacinthe.

«  Mais patience, me disais-je au plus profond de mon cœur, car ainsi j’ai le bonheur de souffrir davantage pour ton amour, ô mon Dieu, et pour la conversion des pécheurs. Dans cette réflexion, je trouvai consolation à tout instant.  »

Le matin du 13 août, le Ferblantier se présenta à Aljustrel et emmena les enfants au presbytère pour un nouvel interrogatoire du curé  :

«  Qui t’a appris ces choses que tu racontes partout  ?

C’est Notre-Dame que j’ai vue à la Cova da Iria.

 Ceux qui répandent de pareils mensonges qui font tant de mal, seront jugés et iront en enfer s’ils ne disent pas la vérité  !

 Si ceux qui mentent vont en enfer, alors je n’irai pas en enfer, parce que je ne mens pas et que je dis seulement ce que j’ai vu, et ce que Notre-Dame m’a dit. Et quant au peuple qui va là-bas, il y va parce qu’il le veut bien. Nous n’y appelons personne  !  »

«  Ce sont là des choses surnaturelles, conclut, sentencieux, le Ferblantier. Allons, partons  !  »

Il fit monter les enfants dans sa voiture et fila à Vila Nova de Ourem. Quand le clocher sonna les douze coups de midi, François dit  : «  Peut-être que Notre-Dame va nous apparaître ici  ?  » Mais non, elle ne vint pas.

Pendant ce temps, à la Cova da Iria, quelqu’un annonça l’enlèvement des voyants. Il s’éleva alors un brouhaha lorsque, soudain, un coup de tonnerre retentit, suivi d’un éclair auquel succéda un petit nuage de couleur blanche qui plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, puis s’éleva vers le ciel, pour disparaître enfin dans les airs.

Pendant ce temps, les visages des gens reflétaient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les arbres paraissaient n’avoir ni rameaux ni feuilles, mais seulement des fleurs. Le sol paraissait recouvert de carreaux de teintes différentes, les deux lanternes attachées à l’arceau semblaient en or. Puis tous ces signes s’évanouirent.

Certainement, Notre-Dame était venue, et Elle n’avait pas rencontré les enfants. Le franc-maçon Oliveira avait donc réussi à se mettre “ en travers ”, c’est le mot  ! des desseins de Notre-Dame, en vrai suppôt du diable…

Mais une pensée me transperce le cœur et l’âme  : le pape François fait de même, puisqu’il fait obstacle à la rencontre que Marie veut obtenir avec la Russie par la consécration de ce pays à son Cœur Immaculé.

LE PAPE FRANÇOIS EN SORTIE

S’il y a une Église Une, il n’y en a pas deux. Unique et Unie, l’Église catholique exclut par sa dénomination même toute autre “ Église ”. Telle est la foi catholique. Je crois à cette unique Église comme au grand et universel «  dessein de Dieu sur le monde et dans l’histoire  », comme à la seule société humaine qui soit le visible et mystérieux Corps mystique du Christ. Le reste n’est que schisme, hérésie, voire inventions des hommes qui ne procurent pas la grâce de Dieu.

En se rendant à Genève, le jeudi 21 juin 2018, avec le seul objectif de visiter le Conseil œcuménique des Églises à l’occasion de ses soixante-dix ans, que cherchait le pape François  ? Il l’a dit en plusieurs discours qui ont rempli cette journée mémorable. Dans le premier sermon, prononcé au cours d’une prière œcuménique, il a cité saint Paul, invitant les Galates, en butte à «  des difficultés et des luttes internes  » à marcher «  sous la conduite de l’Esprit-Saint  ».

Malheureusement le pape François ne croit pas en l’Église une, sainte, catholique, apostolique et romaine dont il est le chef  : «  Chers frères et sœurs, j’ai voulu venir ici en pèlerin à la recherche de l’unité et de la paix.  » François est «  à la recherche  » de l’unité comme chacun des trois cent quarante-huit autres. Déjà, dans son Livre d’accusation à l’encontre du pape Paul VI, l’abbé de Nantes lui écrivait au chapitre du Schisme, «  parmi les cent actes divers qui manifestèrent votre indifférence à la vraie religion, le plus lourd de conséquences fut certainement votre visite au Conseil œcuménique des Églises, le 10 juin 1969. Ainsi reçu par deux cent trente-quatre communautés religieuses qui se prétendent toutes égales, sans s’exclure aucunement les unes les autres, Vous ne pouviez, Très Saint Père, qu’adopter la mentalité, les principes, le langage ambiant, et vous laisser aller à participer au schisme de tous, déclarant “ la fraternité chrétienne… entre les Églises membres du Conseil œcuménique et l’Église catholique ”. Comment y aurait-il quelque fraternité que ce soit entre l’Église et les dissidences  ? Soulevant Vous-même la question  : “ L’Église catholique doit-elle devenir membre du Conseil œcuménique  ? ” Au lieu du Non formel et absolu de l’Épouse qui ne peut supporter d’être confondue avec un ramassis de femmes sans aveu, Vous avez laissé les choses en suspens, comme pour préparer les esprits à cette éventualité.  »

La manière du pape François est différente, il l’a expliquée dans son discours de l’après-midi, prononcé devant le Conseil œcuménique des Églises  :

«  Chers frères et sœurs, j’ai désiré participer personnellement aux célébrations de cet anniversaire du Conseil pour rappeler aussi l’engagement de l’Église catholique dans la cause œcuménique et pour encourager la coopération avec les Églises-membres et avec les partenaires œcuméniques.  »

Et saisissant la balle au bond, il leur administre une bonne leçon sur le thème programme de la journée  : «  Marcher, prier, travailler ensemble.  »

Marcher, «  en entrée  » et «  en sortie  »  :

«  En entrée, pour nous diriger constamment au centre, pour nous reconnaître sarments greffés sur l’unique vigne qui est Jésus.  » (Jn 15, 1-8)

C’est précisément toute la question  ! «  Car hors de moi vous ne pouvez rien faire, dit Jésus. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche  ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent.  » (Jn 15, 5-6)

François ajoute  : «  Nous ne porterons pas de fruit sans nous aider mutuellement à rester unis à Lui.  » Ce «  nous  » inclut les trois cent quarante-huit considérés non plus comme dissidents mais comme les «  cercles concentriques  » chers à Paul VI qui se considérait comme le centre…

«  En sortie, vers les multiples périphéries existentielles d’aujourd’hui pour porter ensemble la grâce guérissante de l’Évangile à l’humanité souffrante.  »

«  Prier  »  :

«  Quand nous disons “ notre Père ” résonne en nous notre filiation, mais aussi notre être frères

«  Demandons-nous  : prions-nous vraiment les uns pour les autres  ? Le Seigneur a prié pour que nous soyons un.  »

«  L’imitons-nous en cela  ?  »

Oui, si, après “ Notre Père ”, nous disons “ Notre-Dame du Saint Rosaire ” qui s’est ainsi nommée le 13 octobre 1917 à Fatima comme l’ultime recours. «  Regardez, Père  ! la très Sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire. De telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se rapportant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, que ce soient des familles qui vivent dans le monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations, il n’y a aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire, nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et nous obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes.  »

Cette parole de Lucie remonte à 1957, elle s’adressait au Père Fuentès, elle n’a pas vieilli d’une ligne.

Le troisième point du discours pontifical, intitulé «  Travailler ensemble  », nous ramène d’ailleurs au grand “ Secret ” de Notre-Dame de Fatima  :

«  Et rappelons-nous que notre chemin œcuménique est précédé et accompagné par un œcuménisme déjà réalisé, l’œcuménisme du sang, qui nous exhorte à aller de l’avant.  »

Tel est précisément le dernier mot du “ troisième secret ” du 13 juillet 1917  : «  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  »

ET LA RUSSIE  ?

«  S’il n’y a pas une solution rapide, le christianisme pourrait disparaître de la région où il est né  », avertit le métropolite Hilarion de Volokolamsk, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou.

Le Pape seul, qui a martelé «  il n’y a pas d’alternative à la paix  !  » depuis la basilique Saint-Nicolas, le samedi 7 juillet à Bari au sud de l’Italie, détient le moyen de l’imposer par la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Prions pour que le Saint-Père entende Jacinthe, qu’il a canonisée le 13 mai 1917, lui répéter  : «  Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie  ; que c’est à elle qu’il faut les demander  ; que le Cœur de Jésus veut que l’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie  ; que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à Elle que Dieu l’a confiée.  »

Frère Bruno de Jésus-Marie.

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