La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 189 – Juillet-Août 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

« CETTE MALADIE NE VA PAS À LA MORT. »

EN prononçant cette parole (Jn 11, 4), Jésus savait pourtant que son ami Lazare était déjà mort. Il attendit deux jours avant de partir, et c’est au quatrième qu’il arriva à Béthanie alors que le cadavre sentait déjà. En quelques paroles, Jésus lui redonna la vie. Cette maladie et cette mort avaient été prévues de toute éternité pour rendre gloire au Fils de Dieu.

Cette péricope évangélique servit un jour à l’abbé de Nantes de figuratif pour rendre compte de la situation de l’Église et de l’amour qu’il vouait «  à l’épouse unique et bien-aimée  » de son Seigneur (Page mystique n° 12, juin 1969  : “ Cette maladie ne va pas à la mort ”). Notre Père se voyait au chevet d’une Église malade à mourir du concile Vatican II. Elle le persécutait et lui disait de vilaines paroles. Il en était peiné, mais ne s’en offusquait pas, et il restait à ses côtés pour la soigner, veiller sur elle, sûr et certain de sa résurrection d’entre les morts. Il découvrira quelques années plus tard par l’étude approfondie des apparitions et du message de Fatima, que cette résurrection était effectivement et inconditionnellement promise, mais cette fois pour la glorification du Cœur Immaculé de Marie, sanctuaire chéri du Saint-Esprit. Car c’est à Elle, l’Immaculée Conception, qu’a été donné d’écraser la tête du Serpent, et de ressusciter l’Église et son chef au péril de la grande Apostasie.

Depuis le 15 février 2010, dies natalis de l’abbé de Nantes, notre frère Bruno de Jésus-Marie, son successeur et fils, prolonge son ministère vraiment charismatique et prophétique au service et à la défense d’une papauté et d’une Église qui se meurt tout à la fois du concile Vatican II et de son refus obstiné d’obéir à la volonté de Bon Plaisir de Dieu révélé par les apparitions et le message de Notre-Dame de Fatima.

Comme notre bienheureux Père en son temps, frère Bruno est compris des uns, qu’il ravit et réconforte en maintenant vives, malgré les événements les plus scandaleux, leur foi et leur espérance dans l’Église d’aujourd’hui  : beau témoignage de la charité CRC. Pour les autres, c’est plus difficile…

LA LIGNE DE CRÊTE DU SERVICE CRC DE L’ÉGLISE.

Puisque la personne humaine se définit et est façonnée par ses relations, il était évident pour frère Bruno qu’au 13 mars 2013, le pape François était atteint, peu ou prou, comme tout homme d’Église, par le syndrome d’une déficience, d’une désorientation conciliaire. Nos amis argentins ne se privèrent pas de mettre notre frère Prieur en garde à ce sujet… Mais celui-ci, en disciple de l’abbé de Nantes, aborda ce pontife et ce pontificat, non pas avec un esprit de géométrie et de grand inquisiteur, mais avec un esprit de finesse et de foi surnaturelle infiniment respectueux des voies de la Providence, et du concours que le Saint-Père allait, ou non, apporter pour le salut de l’Église au plus fort de la grande apostasie.

Jorge Bergoglio avait vécu les événements de Vatican II depuis sa lointaine Argentine, sans prendre part directement à cette œuvre de démolition, à la différence des futurs Jean-Paul II et Benoît XVI. Il ne s’agissait donc pas d’user avec lui, victime comme tant d’autres, de la même rigueur que l’abbé de Nantes aux prises avec les «  assassins de la foi  ». C’est sur cette ligne nouvelle, qui est de crête et tout à fait fidèle à l’esprit du Père, que frère Bruno nous fit “ marcher ” de mois en mois, dans une lumière enthousiasmante, toute de vérité de foi et de charité ecclésiale. Pas un prétendu vaticaniste n’a suivi le pape François avec autant de sollicitude et de loyale vérité que notre frère Prieur.

Au début donc et pendant longtemps, ce fut facile. Ce que frère Bruno voyait, entendait étaient les signes cliniques d’un germe de résurrection qui le disputait victorieusement à ceux de mort, et qui se communiquait à l’Église. Ces principes de vie, ces intuitions pastorales, étaient bien sûr mêlés à d’autres influences  ; mais la bonne huile des vérités catholiques l’emportait toujours, de peu parfois, mais elle ne se laissait pas complètement submerger par les a priori ou par les réflexes conditionnés conciliaires. Frère Bruno n’avait pas son pareil pour la discerner, la mettre en lumière et en montrer la parfaite harmonie avec le message de Notre-Dame de Fatima ou avec la théologie de l’abbé de Nantes. Relisez les éditoriaux de notre frère Prieur depuis mars 2013 pour vous en convaincre.

LE PAPE FRANÇOIS ÉCARTELÉ.

Mais voilà, comme tout homme d’église depuis Vatican II, François est partagé entre deux maîtres se réclamant chacun du Saint-Esprit. Entre le vrai «  défenseur  » qui l’avait façonné pendant toute une partie de sa vie, et qui l’assistait avec tant de vigueur au début de son pontificat, et la contrefaçon qui s’est imposée, in nomine Domini, devise de Paul VI, à toute l’Église depuis Vatican II, allait commencer une lutte dont l’objectif était de gagner l’esprit et la volonté du chef de l’Église pour le salut ou pour la ruine du corps tout entier de l’Église.

La flamme d’amour du vrai a tout d’abord animé victorieusement les faits et gestes du “ Bon Pasteur ” François  : lumière eucharistique et mariale, tout en grâce sacramentelle, tendre compassion pour les pécheurs et ferme répression des scandales cléricaux. La flamme de l’autre esprit attendait son heure, celle du reniement de Notre-Dame de Fatima. Le premier, lui a été pour ainsi dire arraché, en octobre 2013, il n’était pas encore irrémédiable. Le second reniement fut sans équivoque, sans appel, le 13 mai 2017, lors de son pèlerinage-refus de Fatima. À quand le troisième  ?

Toujours est-il que depuis lors, le pape François est aux liens d’un esprit qui le persuade de faire réussir Vatican II, et c’est bien pourquoi il s’engage réso­lument au service d’un Évangile nouveau en suivant les traces de Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI  : œcuménisme, interreligion, politique des migrants, pacifisme indifférent aux cris des martyrs, politique de ralliement avec les États ennemis de l’Église, etc. Il se dévoue à ce ministère novateur d’animation spirituelle de la démocratie universelle avec une frénésie qui n’a d’égale que celle de Saul de Tarse persécutant les chrétiens. Mais avec aussi la même circonstance atténuante, celle de vouloir être fidèle à la religion de ses pères, sans réaliser tout à fait qu’elle a été diaboliquement désorientée  ; ignorance intime qui permettra au Bon Dieu et à l’Immaculée de le ressaisir sur nous ne savons quel “ chemin de Damas ”.

En attendant, si les agissements du pape François suscitent de plus en plus de critiques de la part des analystes patentés, aucun d’eux ne met en cause le principe et fondement de tant d’absurdités et d’im­piétés. Seul frère Bruno, disciple de l’abbé de Nantes, prouve que les faits et gestes du pape François, même et surtout les plus scandaleux sont tout à fait en accord avec la lettre et l’esprit du concile Vatican II. L’éditorial de ce numéro (Le grand «  secret  » du Cœur Immaculé de Marie, p. 1-4) le prouve magnifiquement.

MYSTÈRE D’INIQUITÉ

Pour répondre à nos amis à qui l’on objecte que le désordre actuel ne vient pas du concile Vatican II, mais de tel ou tel inéluctable phénomène sociologique, voici en avant-garde des enseignements du camp de Phalange sur l’histoire de l’Église (16-27 août) une évocation du processus d’apostasie qui s’est imposé au fil des générations  : les hommes qui en ont été les chevilles ouvrières, les vrais saints qui s’y sont opposés, les “ faux saints ” qui l’ont imposé à l’Église à la faveur du concile Vatican II.

La prodigieuse «  falsification du christianisme  », en quoi consiste tout le drame d’apostasie ne date pas de l’aggiornamento conciliaire, c’est vrai. C’est la Révolution française de 1789, les droits de l’homme et la démocratie qui ont semé la division dans l’Église… Les saints n’ont pas bronché dans leur fidélité au Christ, vrai Roi de France, à son lieutenant le Roi Très-Chrétien, à son bon peuple de Chrétienté enserré dans les liens d’une admirable réciprocité de services. Les Souverains Pontifes, eux, ont “ vacillé ” sous ce coup, puis se sont repris  ; mais l’ordre nouveau s’étant imposé, les uns penseront qu’il faut s’en accommoder, les autres non.

Ces atermoiements ont encouragé une minorité de penseurs, d’intellectuels, clercs ou laïcs, qu’on a appelés «  les libéraux catholiques  » (Points 12-15 des 150 Points de la Phalange). Leur rêve  ? Réconcilier Dieu et la Liberté  ; “ baptiser ” la Révolution, c’est-à-dire son régime politique de prédilection, la démo­cratie, sa morale et sa religion, les droits de l’homme. Ce ne sont là, somme toute, que des idées chrétiennes qui sont devenues un peu folles, sans plus… Il suffirait que les hommes d’Église se montrent indulgents, raisonnables, compréhensifs, même avec les plus farouches ennemis de notre foi, pour que se dissipent les malentendus. Moyennant cet effort, les “ Voltaire ”, les “ Rousseau ”, les “ Fouquier-Tinville ”, etc., tous rallieraient l’Église d’enthousiasme, assurément… Le pape Grégoire XVI (1831-1846) condamne les thèses de ce catholicisme libéral et leur prophète, Félicité de Lamennais (1832  : Mirari vos), mais il ne peut éradiquer cette hérésie, qui progresse sous les noms prestigieux de Monta­lembert, Lacordaire, etc., les disciples de Lamennais. Son successeur, le bienheureux pape Pie IX a combattu cette illusion libérale jusqu’à sa mort (1878), mais ensuite sous le règne du pape Léon XIII (1878-1903), les parangons de cette contrefaçon du christianisme ne seront plus inquiétés, leur mouvement sera même encouragé, et ils monteront de degré en degré dans les rangs de l’Église hiérarchique. Seul Mgr Freppel, soutenu de loin par une poignée d’évêques, s’est opposé à eux et a combattu leurs manœuvres dans l’Église comme dans l’État. La raison profonde de son échec  ? Les archives secrètes du Vatican la révèlent  : la trahison de Léon XIII  ! (Mgr Freppel, tome 3). Vatican II serait advenu sur les entrefaites si le successeur de ce Pape n’avait été saint Pie X.

SAINT PIE X, LUMIÈRE ET SAUVEUR DE L’ÉGLISE.

Cet incomparable Saint-Père sait depuis longtemps que l’Église est entrée dans les «  derniers temps  » et que le démon est déchaîné. Dès sa première encyclique E supremi apostolatus, du 4 octobre 1903, il dénonce «  le crime capital de l’ère moderne  » qui est de «  substituer l’homme à Dieu  », et il affirme sa volonté de «  tout restaurer dans le Christ  ». Dans l’Église, ce seront de nombreuses, saintes et salutaires réformes, et dans les États, la fin d’une politique de ralliement avec les États hostiles à l’Église. Ensuite, il prolonge et approfondit le mystère de l’Immaculée Conception dans l’encyclique Ad Diem illum, du 2 février 1904, en digne successeur du bienheureux Pie IX, préparant les voies à la grande révélation de Fatima. Puis, avec une lumineuse intelligence de la pensée philosophique antichrist, il démasque d’un même mouvement les avatars théologiques et politiques de ce “ culte de l’homme ” qui investit peu à peu l’Église. Il condamne le modernisme (Pascendi Dominici gregis, 8 septembre 1907), puis la démo­cratie chrétienne (Lettre sur le Sillon, 25 août 1910).

Mais après lui, le mal ne cessera de progresser, car tous les Pontifes romains seront démocrates à la manière de Marc Sangnier, et modernistes déclarés en la personne de Jean-Paul II et Benoît XVI. C’est en raison de ces deux désorientations, qui progresseront sous le règne de Pie XI par le biais d’une nouvelle conception de l’Action catholique, et faute de vouloir aligner leur politique et leur pastorale sur celles de Notre-Dame de Fatima, que les Papes refuseront ou accompliront imparfaitement les clauses du contrat d’Alliance que le Bon Plaisir de Dieu leur offrait pour le salut de l’Église et la paix du monde. Exception faite de saint Jean-Paul Ier qui voulait y obéir scrupuleusement. Mais il fut assassiné avant, en haine de la foi.

Le pape François s’inscrit donc dans une tradition dont il méconnaît probablement la malice foncière. C’est ce lent, mais inexorable processus d’apostasie que tout phalangiste doit bien connaître pour comprendre et apprécier la rigueur des critiques de notre frère Prieur dans sa défense de la foi et du Siège apostolique. À la lumière des enseignements lumineux de l’abbé de Nantes, en voici un rapide survol. Faute de pouvoir à chaque fois citer les références à la CRC ou aux conférences audiovisuelles, nous vous recommandons de saisir les mots clés sur les moteurs de recherche de notre site, pour les retrouver. C’est facile et formateur…

UNE ACTION CATHOLIQUE DÉSORIENTÉE.

À la différence de celle de saint Pie X  : tout en pieuses dévotions, humble service de la hiérarchie, lutte doctrinale contre les erreurs du monde et engagement politique contre leur domination dans la société, l’Action catholique réformée par le pape Pie XI s’est tout de suite présentée au flanc de l’Église comme une hiérarchie parallèle, rivale, sans objectif politique, moralisatrice. Ses méthodes d’apostolat tout humaines, prétendument rationnelles, en réalité ridicules, prétentieuses, ne doivent pas nous dissimuler l’erreur capitale qui les sous-tend et qui s’apparente à celle du «  sens commun  » de Félicité de Lamennais, le premier prophète de l’ouverture au monde. Tout ce que pense l’humanité dans son ensemble ne peut pas être faux ou entièrement faux  ; le doigt de Dieu est là au cœur de cet unanimisme, forme achevée du sectarisme, qu’il faut respecter, et auquel l’Église doit s’adapter moyennant un certain discernement.

Depuis Pie XI, l’Action catholique n’est donc plus de Contre-Réforme ni de Contre-Révolution catholiques, pour la bonne et simple raison qu’à de rares exceptions près, d’ailleurs méprisées de tous, l’univers entier sent, pense en «  protestant  » et se gouverne en «  franc-maçon  » par la démocratie et sa charte des droits de l’homme… Entre l’Église et ce monde moderne pourtant bien ciblé par le bienheureux pape Pie IX et saint Pie X, ce n’est donc plus un combat d’apocalypse. Le «  plus de chocs, plus d’anathèmes  » du discours final de Paul VI au Concile, le 7 décembre 1965, fait inclusion avec le discours d’ouverture de Jean XXIII le 11 octobre 1962 annonçant la nécessaire adaptation de l’Église au monde, une plus grande attention aux signes des temps, pas ceux de Dieu, mais ceux du monde et de son Prince, ces fameuses «  transformations culturelles  » qu’il était capital de comprendre avec bienveillance. Entre ces deux discours d’Action catholique, un concile d’Action catholique, aboutissement d’un processus tumultueux et sans fruit, qui s’est imposé à l’Église «  sous le règne de Pie XI  » comme nombre de vilaines choses…

UNE DOCTRINE GÉNÉREUSE, MAIS ERRONÉE.

Depuis les années vingt des théologiens d’avant-garde élaboraient une apologétique nouvelle, elle est enseignée dans les années quarante aux jeunes sémi­naristes. Celle-ci, à l’encontre des sèches démons­trations rationnelles de l’apologétique classique, s’adressait au cœur malheureux de l’homme contemporain, conscient de sa misère, en attente d’un accomplissement insoupçonné, qui ne pouvait être que le sacro-saint «  désir naturel de Dieu  », véritable «  instinct divin  » qui s’impose à tout homme venant en ce monde. L’abbé de Nantes a connu cette généreuse approche apologétique. Dans le tome 2 de ses Mémoires et récits, il la décrira avec empathie pour Monsieur Enne le professeur qui l’enseignait. Mais le jeune séminariste, plus ami de la vérité que de ce supérieur qu’il vénérait, se rendit surtout compte, avec la lucidité d’un docteur de l’Église, que cette approche, cette captatio benevolentiæ était subtilement moderniste, qu’elle y conduisait et ferait perdre la foi à des générations entières (“ Le débat apologétique  : 1943-1944 ”, p. 63-71).

Ensuite, glissant sur cette pente du modernisme et de l’humanisme, l’Église allait plonger de plus en plus profondément dans les abîmes d’un athéisme religieux, clérical même, mais d’un athéisme. Tous les hommes sont des «  chrétiens anonymes  », dira Rahner, le maître à penser de Ratzinger et de toute une génération de théologiens. «  Le Christ par son incarnation, s’est uni à tout homme, qu’il en ait conscience ou non  », poursuivra Karol Wojtyla-Jean-Paul II et Vatican II (Gaudium et Spes, 22, 2). Il ne faut surtout plus prêcher la vérité de l’Évangile avec autorité, comme si nous étions les seuls à la détenir  !… Vatican II va donc substituer à l’ordre impératif du Christ envoyant en mission, une «  diaconie de la vérité  », un dialogue respectueux. On maintient bien sûr ses positions, du moins on le prétend  ! mais on respecte la religion de l’autre, on cherche les points communs, le consensus, le bien vivre ensemble, pour un meilleur service de l’homme en tant qu’homme.

FRANÇOIS À LA REMORQUE «  DES PENSÉES DES HOMMES  » (Mc 8, 33).

Et puis, il y a toujours ce prurit d’adaptation au monde, destructeur de la foi. Les enfants du vingt et unième siècle ne comprennent plus [la faute à qui ?] ce qu’est «  le Salut  », il faut donc leur expliquer. Mais voici que la Congrégation pour la doctrine de la foi publie un texte  : Placuit Deo où ne figure aucun des mots, et donc des réalités suivantes  : Ciel, Purgatoire, enfer, pécheur, sacrifice. Et comble de l’apostasie, le mot sacré de Croix est absent lui aussi  ?  ! (Placuit Deo  : “ Une lettre d’apostats ”, Il est ressuscité n° 186, avril 2018, p. 2-10). Pourquoi, comment Jésus nous a-t-il sauvés  ? On ne le saura pas, la vérité-charité solaire d’autrefois est mise sous le boisseau par tout un réseau de circonlocutions pesantes, mais rusées dont Ratzinger et ceux qui lui ressemblent ont le secret…

Notre frère Prieur et notre Père ont donc fait justice de ce texte dont la lettre et l’esprit vont contribuer à la perte de la foi et donc mettre en péril le salut de millions de pauvres enfants catholiques. Alors, à quoi bon ensuite lancer un appel à la sainteté si on n’a pas été capable de faire connaître et aimer Jésus en croix, Jésus crucifié notre Sauveur  ? C’est pourtant le programme que notre cher pape François s’était fixé lors de son premier discours (mars 2013) aux cardinaux. Si l’Église ne voulait pas se réduire à n’être qu’une «  pieuse ONG  », elle devait marcher avec Jésus crucifié, édifier sur Jésus crucifié, confesser Jésus crucifié.

Or, voici maintenant que François, le vicaire du Christ, s’est fixé un «  humble [sic !] objectif  », celui de faire «  résonner [sic !] l’appel à la sainteté  » (n° 2). Le Pape est sûr ainsi de susciter un écho positif et d’entraîner les âmes sur le chemin de la sainteté. Tous les hommes ne sont-ils pas «  des chrétiens anonymes  », autant de caisses de résonance qui n’aspirent qu’à vibrer à la moindre parole du Pape  ? C’est d’autant plus facile que François a baissé la barre, frère Bruno signale cette moderniste dérive. Il ne s’agit plus d’imiter Jésus et ses vertus ni de pratiquer ses béatitudes dans l’élan de la grâce que nous communique l’Église  ; il suffit à tout un chacun de révéler le Christ, son humanisme, au travers des actions prosaïques de sa vie quotidienne… Bref, c’est la grande surnaturalisation du naturel dénoncé par l’abbé de Nantes (Point 11 des 150 Points de la Phalange  : “ Contre l’humanisme postchrétien ”). Une fois de plus frère Bruno (“ Le pape François nous répond ”, Il est ressuscité n° 187, mai 2018, p. 1-11) et notre Père ont merveilleusement démasqué ces subtiles désorientations capables d’égarer les élus eux-mêmes.

«  CE N’EST PAS NOUS QUI SAUVERONS L’ÉGLISE  ».

Mais alors, d’où viendra le salut  ? De la démarche canonique de l’abbé de Nantes  ? Elle est toujours valide, garante de l’infaillibilité de l’Église, gardienne du dogme de la foi et des principes mystiques et politiques de la résurrection de l’Église et de la Chrétienté, mais pour produire ses bons fruits, elle a besoin, tout comme le message de Notre-Dame de Fatima, du Saint-Père et de sa ferme volonté de tout restaurer en Jésus-Marie. C’est bien pourquoi l’abbé de Nantes répétait souvent à ses amis  : «  Ce n’est pas nous qui sauverons l’Église.  »

Comment cela pourra-t-il se faire, puisque depuis Vatican II, un sortilège tient captive la hiérarchie de l’Église  : ce fameux pacte conciliaire  ? Nous sommes sûrs et certains que cet anneau qui enchaîne le Saint-Père à la mondanité du diable sera rompu. Le Pape libéré obéira enfin à Notre-Dame de Fatima, il répandra dans le monde entier la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie, il lui consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde «  un certain temps de paix  ». Cette promesse, incondi­tionnelle, est cependant dépendante des prières et des sacrifices de tous, depuis ceux des petits voyants jusqu’aux derniers grâce auxquels le Bon Dieu interviendra. Nous ne savons ni le jour ni l’heure, mais seulement que nos prières et sacrifices offerts hâtent l’avènement de ce prodigieux salut. C’est bien pourquoi frère Bruno ne cesse de nous répéter à la suite de sœur Lucie de Fatima  : «  Priez  ! priez beaucoup pour le Saint-Père.  »

AU BON PLAISIR DE DIEU

Le pape François et les dicastères de la Curie romaine ont les grâces d’état qui leur font mettre le doigt sur la plaie d’une chose à expliciter, promouvoir ou amender. Mais voilà, “ l’étiquette ” des documents romains a beau être toujours belle et bonne, “ la marchandise ” est corrompue à proportion des enseignements novateurs de Vatican II qu’ils contiennent. C’est pourquoi l’état de l’Église empire à la ressemblance de ces prosélytes convertis par les pharisiens (cf. Mt 23, 15).

Si la CRC échappe à cette désorientation, elle n’a pas pour autant l’esprit de schisme. C’est ainsi que les activités de ce mois se déroulèrent dans “ l’aujourd’hui de l’Église ”, en réponse parfaite aux soucis exprimés par trois documents pontificaux majeurs, mais au plus loin de la contrefaçon conciliaire du christianisme qu’ils promeuvent. Frère Bruno l’a démasquée et dénoncée pour ce qui est de Placuit Deo et de Gaudete et Exultate. Plaire à Dieu, marcher dans la joie sur le chemin du Ciel, en famille d’amis, dans la lumière du message de Fatima et la communion de tant de saints, c’est assurément un chemin de sainteté, et c’est ce qui s’est vécu tout simplement, tout surnaturellement dans les camps de frère Gérard durant le mois de juillet.

Quant à Ecclesiæ Sponsæ Imago, l’instruction sur l’Ordre des Vierges consacrées publiée le 4 juillet 2018 par la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, frère Bruno s’est exclamé à première lecture  : «  C’est la fin de la vie religieuse dans l’Église.  » Il en fera bientôt l’analyse. En attendant, il a tout de suite contrecarré ce dernier avatar d’une promotion “ religieuse ” (sic) du laïcat féminin de la plus belle et sainte manière, en recevant la profession perpétuelle de quatre petites sœurs de notre ordre, le dimanche 8 juillet.

NOS CAMPS FAMILIAUX

Ils se déroulèrent en Alsace, province au catholicisme plus préservé que partout ailleurs des méfaits de la République anticléricale. Pour les petits, du 9 au 17 juillet, le camp Notre-Dame des enfants, et pour leurs aînés du 18 juillet au 2 août, le camp Notre-Dame des tranchées, sur le front des Vosges.

Les enfants et jeunes gens de ces camps familiaux, ont assurément compris, au fil des instructions de frère Gérard sur le message de Fatima, ce qu’est le Salut, de quels tourments affreux et éternels – ceux de l’enfer – Jésus nous a sauvés en souffrant sa Passion et en mourant sur la Croix. Ensuite Dieu le Père ayant agréé le sacrifice de son Fils unique, Il l’a ressuscité. Oui vraiment, Il est ressuscité  ! Premier motif de se réjouir et d’exulter pour tout chrétien. Puis, dans l’enthousiasme de ceux qui se savent sur le chemin du Ciel, quoi de plus facile que de plaire à Dieu en faisant sa volonté de Bon Plaisir, celle qui lui tient le plus à cœur et qui est très aimable puisqu’il s’agit du Cœur Immaculé de Marie, lui-même tellement partie prenante de notre salut

Tout au long de chaque journée de camp, les occasions de prier, de faire des efforts et d’offrir des sacrifices n’ont pas manqué. Tous les parti­cipants de nos camps ont donc récité leur chapelet chaque jour, et même un peu plus pour aider au salut des âmes, puisque «  beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui prie et qui se sacrifie pour elles  » (Notre-Dame de Fatima aux Valinhos le 19 août 1917).

La récompense de cette vie intégralement chrétienne, sous la direction des frères, c’est, sans que l’on en fasse la théorie ou la promotion, l’onction d’une charité fraternelle, Gaudete et Exultate, la joie et le calme d’une bienheureuse vision de paix, d’union de toutes les générations dans la foi et les exercices de piété, qui consola tellement les paroissiens de rencontre et souvent même leur curé. Frère Henry, un habitué des camps n’en revenait pas  : «  Partout, sauf à (l’exception qui confirme la règle), c’est le même accueil chaleureux. Même sur la route, quand nous gênons la population, on dirait que ça leur fait plaisir  ! Pareillement quand nous faisons nos prières en public, les gens ont au moins du respect, et souvent ils nous font un bon sourire en baissant pieusement la tête, c’est l’Alsace  !  »

Tous ces enfants et jeunes gens ont eu à leur service des frères et une foule d’amis dévoués, à l’intendance, à la mécanique, à l’infirmerie… Pas de conflits de générations  : «  Nos parents sont vraiment “ super ” d’avoir une fois de plus inventé une foule d’ateliers tous plus passionnants les uns que les autres…  » «  Les frères ont choisi une fois de plus un merveilleux itinéraire qui nous a fait marcher sur les traces de nos héroïques arrière-grands-pères, soldats de 1914-1918…, et avant eux sur celles de la Vierge Marie dont de très nombreux lieux de pèlerinages attestent les bontés.  »

La plus vraie, la plus profonde, mais aussi la plus secrète des joies, fut celle d’avoir été, somme toute, bien reçus et servis par les ministres de l’Église. Souvenir ému de ce bon prêtre congolais rayonnant d’une sagesse toute surnaturelle, si bon confesseur… Que l’Église catholique, une, sainte, catholique, apostolique et romaine, est encore belle, et comme cette gloire peut encore vous rejoindre, vous saisir par le plus humble de ses ministres…

Au fil des nombreux exposés sur les héros de la Grande Guerre, en visitant les lieux de leur martyre, nos jeunes gens ont compris ce qu’a été la sainteté de nos soldats, et comment ils ont donné leur vie, sans compter, sans même se rendre compte qu’ils posaient là un acte d’amour parfait qui leur vaudrait la bienveillance divine au jour de leur jugement… «  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.  » (Jn 15, 13)

PÈLERINS DU 13 JUILLET

Le 13 juillet est grand jour de pèlerinage pour les pieux Portugais du Portugal ou de la diaspora, comme pour la Phalange de l’Immaculée dont la vocation est aussi de «  conserver le dogme de la foi  ». Chaque maison de France et du Canada a solennisé le jour anniversaire de l’apparition de Notre-Dame en 1917 à Fatima en faisant procession en son honneur, puis en méditant son message tout à la fois dramatique et plein d’espérance, tellement révélateur de la bonté de Dieu, mais aussi de l’endurcissement des hommes, quand ils sont aveuglés par la fausse lumière d’un «  Évangile différent  » (Ga 1, 8).

PÈLERINAGE À MARIASTEIN.

Bien préparé spirituellement par frère Gérard, c’est par un beau temps ensoleillé que les équipes partirent les unes après les autres. Frère Thomas en était, suivons-le  :

«  Route facile par la vallée verdoyante de l’Ill, affluent du Rhin, point fixe dans un charmant petit village du Sundgau, Otlingue. Mais tous les villages sont charmants en Alsace, admirablement tenus et souvent très fleuris. Ensuite nous avons pris la direction de Mariastein, juste derrière la frontière en Suisse alémanique. Pendant que nos dernières familles pédalent, j’ai le temps de vous raconter l’histoire de ce lieu privilégié où la Sainte Vierge répand ses grâces.

«  C’était au quinzième siècle, la première attestation du pèlerinage date de 1434, mais il datait sans doute de bien avant, témoin d’un miracle, touchant et tellement figuratif  : une femme gardait son troupeau sur la montagne avec son enfant  ; à cause de la grande chaleur de midi, ils cherchèrent un peu de fraîcheur dans une grotte creusée au flanc de la falaise. La maman s’endort et l’enfant, qui s’est aventuré au bord du précipice, glisse et tombe… À son réveil, ne le retrouvant pas, elle redescend en hâte, pleine d’angoisse, dans la vallée, et surprise  ! elle retrouve son enfant indemne, sagement occupé à cueillir des fleurs. Il lui raconte qu’une belle Dame lui est apparue, l’a pris dans ses bras, l’a déposé en bas et l’a quitté en lui disant qu’elle voulait une chapelle dans la grotte.

«  Quand, sur place, on voit l’à-pic, et la grotte où Notre-Dame est vénérée, et la chapelle qui a été construite au-dessus, au flanc de la falaise, dans un endroit pour le moins inhospitalier, on se dit qu’il n’y a qu’Elle, l’Immaculée, pour demander et obtenir cela  ! Un monastère de bénédictins a été édifié encore au-dessus, très vaste, très bien restauré aujourd’hui, après avoir connu de nombreuses vicissitudes  : Réforme protestante, guerre de Trente Ans, révolutionnaires français saccageurs de monastères, Kulturkampf, eh oui en Suisse aussi… À cette époque, les moines se sont réfugiés en France, puis en Autriche, avant de revenir dans leur monastère après la Seconde Guerre mondiale.

«  Après le pique-nique, heureuse surprise de voir venir vers nous le Père abbé. Nous pénétrons avec lui dans l’abbatiale – une splendeur de l’art baroque  ! – au chant de l’Ave Maria de Fatima. Et là, en quelques mots bien sentis et pleins de foi, il raconta le miracle fondateur puis il nous décrivit quelques richesses de l’église, particulièrement un magnifique autel baroque, offert par Louis XIV “ le Grand ”, avec des statues de Saint Louis de France, saint Henri de Germanie, saint Benoît (d’Italie) et saint Vincent d’Espagne  : toute la Chrétienté était représentée. Il permit aussi à frère Gérard de déposer nos intentions dans un petit panier aux pieds de la Sainte Famille, charmant groupe sculpté dans une chapelle latérale.

«  À 15 heures, les moines récitaient l’office de none, nous sortîmes, car il fallait aussi que les premières familles repartent. Le Père abbé nous rejoignit et là, sur le parvis, il échangea encore quelques propos aimables avec nos amis. Mais à la question  : Votre monastère n’est-il pas dédié à la prière pour la conversion de la Russie, et ce depuis 1926  ? Il nous expliqua qu’après 1960, ce n’était plus d’actualité (sic  !) et qu’à partir de 1989, les Pères avaient “ actualisé ” en priant “ pour l’évangélisation de l’Europe ”  ! Et quand je lui demandais si le monastère pratiquait la dévotion des cinq premiers samedis du mois, il répondit que, “ selon le directoire ”, vieux de plusieurs siècles, chaque samedi, ils honorent la Très Sainte Vierge. Là, ils n’ont pas eu l’idée d’ “ actualiser ” leur directoire  ! C’est exactement ce que disait sœur Lucie à propos des “ bons ” qui ne font pas cas du message. Que c’est triste  !

«  Le retour fut plus difficile, mais saint Joseph merci  ! À 8 heures du soir, nous étions au camp, tous sains et saufs et bien fourbus pour chanter notre Magnificat d’action de grâces.  »

VŒUX PERPÉTUELS

Le dimanche 8 juillet, fut une journée plus du Ciel que de la terre, car c’était jour de noces à la maison Saint-Joseph, entre «  le plus beau des enfants des hommes  », «  Dieu né de Dieu  » et quatre sœurs de la maison Sainte-Marie. C’est ainsi qu’elles prononcèrent leurs vœux perpétuels de pauvreté, chasteté et obéissance, selon l’esprit de notre bienheureux Père, lui qui voulait  : «  Que nos vœux soient des actes de joie, d’oblation totale, de pur sacrifice avec Jésus, pour Jésus, en Jésus, par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie, à Dieu notre P. E. R. E. Céleste  : Père, Époux, Roi, notre Entraîneur, notre Exhortateur spirituel.  »

En ce jour de réjouissance, nos quatre sœurs professes étaient entourées de leurs familles et d’une multitude de neveux et nièces, tandis que mis à part nos frères et sœurs canadiens, les frères de Frébourg et de Magé, la communauté était au grand complet.

UN MAGNIFIQUE CÉRÉMONIAL.

Entrée en procession au chant multiséculaire de Jesu corona virginum, messe du Sacré-Cœur avec kyriale de la Phalange pour la plus grande joie de tous, spécialement de notre Bon Pasteur, si sensible à la beauté du chant liturgique. Après l’Évangile, cette admirable cérémonie commence par un dialogue dont voici quelques extraits qui auraient pu inspirer des rédacteurs d’Ecclesiæ sponsæ imago  :

«  Comptez-vous sur quelque aide ou satisfaction humaine et mondaine pour garder votre fidélité entière à Jésus-Christ abject et pauvre, humilié et crucifié  ?

«  Mon frère, je n’ai de confiance qu’en la Miséricorde et la Fidélité de mon grand Dieu et Sauveur Jésus crucifié pour mon rachat, ressuscité pour mon espérance, et en l’aide de l’Église son Épouse sainte, en particulier de ma communauté, sous votre autorité vénérée et celle de notre Mère Prieure.  »

Après l’acquiescement de la communauté de­mandé à la Mère Prieure, et sa réponse «  avec joie et pour la louange de la gloire de Dieu  », le Prieur conclut ce dialogue au nom et avec l’autorité de l’Église-Épouse  :

«  Approchez donc, mes sœurs, mettant votre con­fiance en Jésus et en son Église. Ils sont désormais toute votre famille et tout votre trésor sur terre et dans le Ciel. Mourez définitivement à Satan, au monde et à toute passion charnelle, mourez pour vivre ressuscitées avec Jésus-Christ, l’Époux des vierges et le Sauveur de son Corps, en l’Esprit-Saint pour la Gloire du Père aux siècles des siècles, ainsi soit-il  !  »

Ensuite nos sœurs allaient mimer ce mystère conjugal de mort et de résurrection. L’imploration des grandes litanies des saints tandis que les religieuses sont enfouies sous un drap mortuaire, fait toujours autant d’impression… C’est pendant ce temps que nos sœurs demandent des grâces, que Jésus ne peut refuser, en un tel jour… Elles reçoivent ensuite les signes sacrés du crucifix, de l’anneau nuptial et de la couronne, car elles sont reines, mais d’un roi crucifié  :

«  Recevez de nos mains la couronne de la douleur et de la joie de votre Époux crucifié  ; puissiez-vous la porter saintement sur la terre pour la recevoir de ses propres mains, toute de bonheur et de gloire au Ciel. Ainsi soit-il  !  »

Vint le moment tant attendu de l’homélie, et là frère Bruno ravit tout le monde par un pétillant bouquet spirituel qui se résume difficilement et dont voici un large extrait.

UN PATRIMOINE EXTRAORDINAIRE.

«  C’est donc décidé, mes chères sœurs  : vous entrez pour toujours dans la communauté, dans la congrégation des Petites sœurs du Sacré-Cœur avec un patrimoine extraordinaire, rien de moins que les lieux mêmes de l’accomplissement des mystères du Rosaire que nous méditions hier pour remplir les pratiques de notre dévotion réparatrice du premier samedi de ce mois de juillet.

Poursuivons notre méditation en visitant les lieux  : Nazareth, dont la maison, la sainte maison, la Santa Casa où Marie reçut l’annonce du messager de Dieu, l’ange Gabriel, fut transportée pierre à pierre en lieu sûr, dans la nuit du 9 au 10 mai 1291, à la barbe des musulmans, avant la chute de Saint-Jean-d’Acre (18 mai). Elle fut transférée par voie de mer, en plusieurs étapes, jusqu’à Lorette, votre apanage, ma sœur Marie-Josèphe de Lorette, sur la côte Adriatique où elle fut reconstruite en 1294, en un lieu ressemblant fort à son site originel. C’est le château que votre Époux a mis dans votre corbeille de mariage, ma sœur.

Sainte Thérèse s’y rendit en pèlerinage, ma sœur Thérèse-Marie de l’Amour Miséricordieux, le dimanche 13 novembre 1887; et Céline était de la partie, bien entendu, inséparable de Thérèse, comme aujourd’hui  ! ma sœur Céline-Marie du Saint-Suaire  : «   Ah  ! mon émotion a été profonde en me trouvant sous le même toit que la Sainte Famille, en contemplant les murs sur lesquels Jésus avait fixé ses yeux divins, en foulant la terre que saint Joseph avait arrosée de sueurs, où Marie avait porté Jésus entre ses bras, après l’avoir porté dans son sein virginal… J’ai vu la petite chambre où l’ange descendit auprès de la Sainte Vierge… J’ai déposé mon chapelet dans la petite écuelle de l’Enfant Jésus… Que ces souvenirs sont ravissants  !  »

Or, ces souvenirs sont vivants. À la différence des héritages que nous pouvons nous transmettre en ce monde, celui-ci, cette Santa Casa, ce château est habité par votre Époux, mes sœurs, comme le rappelle le récit de Thérèse qui continue  : «  Mais notre plus grande consolation fut de recevoir Jésus lui-même dans sa maison et d’être son temple vivant au lieu même qu’il avait honoré de sa présence.  »

Sœur Marie-Pascale de l’Assomption. Votre nom nous transporte à Jérusalem où Jésus laissa la Vierge Notre-Dame au milieu de ses Apôtres après sa Résurrection et son Ascension, pour leur communiquer la Sagesse de la Foi, fruit de cette Résurrection, et la Force de l’Espérance, fruit de cette Ascension, vertus théologales dont nous attendons non seulement la grâce quotidienne de notre parcours sur la terre, mais encore la grâce de la rejoindre au Ciel, but de tous nos travaux.

Je termine, mes chères sœurs, en vous offrant ce bouquet spirituel qui convient si bien à chacune de vous quatre en ce jour très solennel de votre consécration perpétuelle. Un jour, sœur Lucie écrivit à son cher Père Aparicio  : «  Notre cher Jésus voulut me faire la grâce d’effeuiller les roses du sacrifice, au pied de son Tabernacle. Que pourrais-je désirer de plus  ? Il m’a reçue pour épouse sur la croix. Je suis heureuse et je le remercie de ses desseins sur moi.  » (Sœur Lucie, confidente du Cœur Immaculé de Marie, p. 194) Ainsi soit-il  !

Nos sœurs avaient ensuite tout prévu pour que le repas se déroule dans la plus célestielle des charités, avec de la joie pour tous, des arrière-petits-enfants aux arrière-grands-parents… Chants, activités récréatives… Être enfant ce jour-là, pendant ce repas de fête là  : une béatitude  ! Le chapelet fut suivi par un sermon de notre frère Bruno de même style que le précédent, rassasiant nos sens spirituels et plein de salutaires enseignements.

UNE BONNE ODEUR DE ROSES.

«  Depuis ce matin, il règne dans notre chapelle une bonne odeur… comment dirai-je  ? Une odeur de violette, non, ce n’est pas cela. C’est pourtant bien une odeur d’humilité sans pareille, qui est le fruit odorant de votre vœu d’obéissance, mes chères sœurs. Une odeur de lys alors  ? Oui, la bonne odeur de la chasteté triomphante, victorieuse de toutes les odeurs nauséabondes qui envahissent notre Église elle-même depuis qu’elle s’est “ ouverte au monde ”. Sans oublier l’odeur la plus subtile  : l’odeur de la pauvreté qui parfume toutes vos activités et les instruments eux-mêmes qui, dans vos mains, sont au service de notre cause commune, au service du Cœur Immaculé de Marie auquel notre Père nous a consacrés et puis… il est parti  ! Mais il nous a laissé une grâce odorante dont vous êtes couronnées, mes sœurs, comme des reines, épouses de ce Roi couronné d’épines, comme vous car, avec les roses, il y a les épines, épines qui sont les ingratitudes qui lui percent le Cœur parce qu’elles sont le fait des âmes consacrées elles-mêmes, consacrées comme vous  ! Ah  ! Puissiez-vous le consoler en consolant le Cœur Immaculé de sa divine Mère.

«  Comment  ? Par les bonnes odeurs de cette couronne de roses que lui font tous les Ave que vous dites chaque jour, comme elle l’a demandé. Mystères joyeux de Lorette, ma sœur Marie-Josèphe, mystères douloureux des mille plaies et blessures de sa cruelle Passion, témoignage de son Amour miséricordieux, visibles sur le Saint Suaire, mes sœurs Céline et Thérèse, rendues glorieuses, resplendissantes par sa Résurrection et son Ascension dans le Ciel où trône Dieu le Père, et la Mère de Dieu, après son Assomption, ma sœur Marie-Pascale.

«  Au Laus, où nous vous avons accompagnées dans votre voyage de noces, les odeurs les plus pénétrantes, les plus captivantes étaient celles qui attiraient Benoîte au pied de la Croix d’Avançon, où Jésus paraissait tout vivant en son supplice, tout sanglant aux yeux bouleversés de Benoîte. Ainsi, les odeurs de la chapelle de Bon-Rencontre, autrement dit  : de l’Annonciation, que cette appellation signifie, ne s’opposent pas à celles des tourments du Calvaire. Comme disait notre Père  :

«  “ Nazareth ne s’oppose pas au drame de la Vie publique et de la Croix, il y mène. ” Autrement dit  : les parfums de la Sainte Maison de Nazareth, transportée par les anges à Lorette, ma sœur Marie-Josèphe, ne s’opposent pas à la myrrhe de la Croix, mais s’y mêlent, ma sœur Céline-Marie du Saint-Suaire, pour nous oindre de l’Amour miséricordieux qu’exhale le Cœur transpercé de Jésus-Marie, ma sœur Thérèse-Marie.

«  Ainsi, les bonnes odeurs des Valinhos à Fatima font-elles “ inclusion ” avec celles du Laus à deux cents ans de distance, les unes et les autres descendues du Ciel pour nous attirer à œuvrer au salut des pauvres pécheurs afin d’y monter avec eux. De Benoîte Rencurel à Lucie de Fatima, le “ parfum ” est le même, exhalé de cette prière ardente jaillie du Cœur Immaculé de Marie qui nous l’a enseignée, mes chères sœurs. Puissiez-vous ne plus cesser de la répéter jusqu’à votre dernier souffle  !

«  Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.  » Ainsi soit-il  ! Et merci mon frère…

frère Philippe de la Face de Dieu.