La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 191 – Octobre 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

« BEAUCOUP PRIER POUR LE SAINT-PÈRE »

PAUL VI ayant suivi les pensées des hommes condamnés par le pape saint Pie X plutôt que celles de Dieu si miséricordieusement exprimées par Notre-Dame de Fatima, Satan est entré dans l’Église par la grande porte  : celle du concile Vatican II. Depuis lors, les Pasteurs sont frappés par Dieu d’aveuglement, et unis au “ Prince de ce monde ” par les liens d’une étrange “ religion ” tout ordonnée à l’homme  : mesure de toutes choses, centre et sommet de l’univers. (cf. Gaudium et Spes 12, 1)

Que les brebis du troupeau aient été à ce coup par millions dispersées, désorientées du chemin du Ciel, ne gênait pas outre mesure nos “ édiles ”; ils trouvaient toujours le bon mot, la bonne raison sociologique pour justifier un phénomène qui se déroulait somme toute dans une relative “ dignité humaine ”. Tout a changé depuis quelques années, quelques mois surtout, par la révélation de scandales contre nature d’une ampleur prodigieuse dans l’espace et le temps, véritable signature de l’Esprit immonde qui infeste la hiérarchie de l’Église depuis Vatican II.

«  MALHEUR À L’HOMME PAR QUI LE SCANDALE…  » (Mt 18, 7)

La courageuse et nécessaire dénonciation de ces immoralités par Mgr Vigano atteint la personne du pape François, comme celle de Benoît XVI, mais sans remonter à la cause doctrinale et ecclésiale de ces honteux scandales ni désigner celui qui en est le premier responsable  : le pape Paul VI. À l’encontre de tout bon sens, le pape François s’apprête à le canoniser  ! Ce qui met le comble au scandale  ! Pourtant notre foi demeure. Le salut viendra de l’Église elle-même, comme n’a cessé de le dire l’abbé de Nantes, notre Père, et comme l’écrit aujourd’hui Mgr Vigano  : «  J’ai toujours cru et espéré que la hiérarchie de l’Église puisse trouver en elle-même les ressources spirituelles et la force de dire toute la vérité, de se corriger et de se renouveler.  »

C’est précisément cette foi et cette espérance que frère Bruno a comblées durant ce mois de septembre en rappelant la démarche canonique intentée par l’abbé de Nantes en 1973 à l’encontre des hérésies, schismes et scandales du pape Paul VI (supra, p. 1-10). Les archives du Vatican en conservent le document comme aussi le souvenir de la forfaiture des autorités romaines renouvelée aujourd’hui afin de déclarer “ saint ” le malheureux par qui le scandale s’est imposé dans l’Église  ?  !

FATIMA ET LA CRC  : NÉCESSAIRES EXORCISMES.

La conférence d’actualités de frère Bruno  : LE PACTE AVEC LE DIABLE nous a montré un pape François au plus fort d’un reniement dont on ne voit pas, à vue humaine, comment il pourra se libérer. Il nous faut donc plus que jamais, selon la parole même que sœur Lucie de Fatima adressa un jour à nos sœurs  : «  Beaucoup prier pour le Saint-Père  ». C’est ce que fit la Phalange de l’Immaculée durant ce mois de septembre en multipliant les pèlerinages, tandis que notre frère Prieur menait, seul, le bon combat de la foi au service de l’Église et du Saint-Père. Pourquoi seul  ?

Parce qu’à la différence de Mgr Vigano et de ceux qui lui ressemblent, ou de tous les “ vaticanistes ”, il ne juge pas le pape François. Il ne se résout pas à «  jeter des pierres au Saint-Père  » ni à lui dire «  de vilaines paroles  ». Mais il reprend sans cesse les démonstrations de l’abbé de Nantes, prolonge du même coup ses démarches canoniques, et montre ainsi au pape François comme à ceux qui ont encore le souci des intérêts de l’Église que le MAL qui la ruine se trouve dans les désorientations novatrices de Vatican II. Des démarches canoniques ont été intentées à l’encontre des hérésies, schismes, et scandales de ceux qui en ont été les maîtres d’œuvre  : les papes Paul VI (1973) et Jean-Paul II (1983 et 1993). Quand Rome jugera ces accusations dans le cadre canonique d’un procès doctrinal en matière de foi, elle retrouvera «  la force de dire toute la vérité, de se corriger, et de se renouveler  ». Mais pour en arriver là, il faudra que le Saint-Père reçoive d’abord l’onction d’une force d’En-Haut. Elle lui sera conférée en plénitude dès qu’il aura obéi aux demandes de Notre-Dame de Fatima…

FRÈRE BRUNO AU CANADA
1er – 17 SEPTEMBRE

Le samedi 1er septembre, après six heures de vol, paisibles et studieuses, puis deux heures de route, notre frère Prieur arrivait à la maison Sainte-Thérèse. Joie des retrouvailles, passage à la chapelle pour saluer le Divin Maître, petite récréation impromptue au kiosque, afin de «  refaire connaissance  », passionnante conversation à bâtons rompus, au gré des questions posées.

Nos frères et sœurs ne virent pas le temps passer au fil des récréations, chapitres, visite des maisons, des ateliers, des constructions nouvelles, etc. Il y eut le traditionnel pèlerinage au Cap-de-la-Madeleine pour dire toujours et plus que jamais à Notre-Dame du Saint Rosaire  : «  Levez-vous donc, ô Marie, hâtez-vous de régner  !  » Les oraisons consistèrent, pour la plupart, en une suave initiation aux Pages mystiques. Bienheureux les abonnés aux Logia

DIMANCHE 9 SEPTEMBRE.

Premier contact de frère Bruno avec sa Phalange canadienne. Journée toute simple, sans repas ni logement, mais qui a tout de même rassemblé quelque 130 amis pour LES NOUVELLES DE LA FAMILLE. Cette conférence-diaporama fut comme toujours très appréciée, avec son tour complet de nos activités, de Fatima 2017 le pèlerinage, à Fatima 2018, l’Oratorio, en passant par les salons Vianey, le coulage de la dalle à la maison Saint-Joseph, les travaux des différents ermitages, et les nombreuses cérémonies de prises d’habit ou de vœux perpétuels, les camps de frère Gérard et de frère Bruno.

La lecture spirituelle qui clôtura cette belle journée était tirée de la Page mystique n° 14, d’août 1969, montrant le colloque intime de notre Père avec la Vierge Marie, même au plus fort de la bagarre, alors qu’il était aux prises avec l’ultimatum romain et la sollicitation intégriste.

Il restait maintenant à frère Bruno le souci de préparer les conférences du Congrès. Les sujets de conversations ne manquèrent pas durant cette petite semaine, et frère Bruno put ainsi bien élaborer son jugement sur les actualités.

CONGRÈS CANADIEN
15-16 SEPTEMBRE

Samedi matin après le chapelet  : La Russie avant et après la consécration. Nos amis ont beaucoup aimé cette conférence, très nouvelle pour eux, tandis que frère Bruno a été lui-même encouragé par l’attention de son public soutenue par le diaporama de frère Bruno-Marie. L’après-midi, conférence apéritive du commentaire de l’Oratorio  : L’avènement du Cœur Immaculé de Marie, puis salut du Saint-Sacrement en l’honneur de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, précédé par une prédication de frère Bruno sur le soixantième anniversaire de notre fondation.

Le soir, l’Oratorio fut très applaudi. Le petit mot final de frère Bruno était d’une dévotion simple et cordiale. Il souligna l’intérêt de rassembler en une seule grande fresque toutes les apparitions, car elles cessent alors d’être des événements épisodiques à rayonnement limité. Non, c’est une stratégie d’ensemble, c’est la Sainte Vierge qui sonne et ordonne la reconquête.

Dimanche matin, pour les plus courageux, laudes à 6 heures suivies du chapelet. Ensuite, frère Bruno exhorta les amis à faire leurs dix minutes d’oraison par jour, pour imiter un peu notre Père dont la vie était un colloque continuel avec le Ciel. Fort des enseignements la Page mystique n° 32  : «  Vois ce Cœur qui a tant aimé les hommes  », il donna trois règles pour bien s’aimer entre phalangistes. Nous ne nous sommes pas choisis, mais c’est Dieu qui nous a réunis pour son service  ; nous devons nous aimer en vérité, non pas seulement en paroles, troisièmement, il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime, dans l’immolation quotidienne, avec la grâce, et à l’imitation de notre Sauveur. Merci mon frère  !…

Au retour de la Messe, les enfants se dispersent par classes d’âge parmi les frères et les sœurs, tandis que les amis vont écouter frère Pierre leur exposer le programme de l’année. Ensuite, frère Bruno fit une démonstration magistrale de l’impossibilité objective, accessible à tous, d’admettre la canonisation de Paul VI.

Buffet pour deux cents et plus, petites et grandes personnes. Puis après le chapelet, la conférence d’­Actualités religieuses et politiques de frère Bruno fut suivie avec beaucoup de gravité par nos amis. Tous furent atterrés par cette récapitulation, en une heure, des progrès de l’esprit du mal, dans l’Église à tous les échelons de la hiérarchie, et dans un monde qui fourbit ses armes et se prépare en entrer en “ éruption ”…

Une dernière homélie de frère Bruno exhorta nos six nouveaux phalangistes à voir leur allégeance à la Phalange comme la marque de la Croix reçue au front par la main du prêtre au baptême comme en parle notre Père dans ses Pages mystiques. Après une dernière bénédiction de Jésus au Saint-Sacrement, sortie en procession au chant de Mon Prieuré. Nos amis se sont ensuite précipités en famille pour faire la queue devant le bureau de frère Pierre où frère Bruno les a reçus jusqu’aux vêpres, qui sonnèrent l’heure du départ pour tous. Notre frère Prieur partit le lendemain, content de tout  : «  C’est un petit monde qui tient bon.  »

«  SUR LE CHEMIN DES PÈLERINS  »

Le 8 septembre en la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge, les amis CRC de Bretagne, une petite centaine avec les enfants, s’étaient donné rendez-vous à Josselin afin de faire pèlerinage auprès de Notre-Dame du Roncier et de participer à la magnifique liturgie organisée par le recteur de la basilique. Messe solennelle en présence de deux évêques, procession avec moult bannières, joie et fierté des enfants de les porter ou encore de revêtir la livrée de “ garde suisse ” pontifical. Comme elle était belle, pieuse, enthousiasmante cette cérémonie, et comme elle fleurait bon la renaissance catholique…

Il faut dire que nous étions dans le domaine invaincu de Notre-Dame. Au dix-neuvième siècle, la Révolution française avait semblé tout détruire, mais cela ne pouvait être qu’une illusion passagère, comme toutes les œuvres de Satan. La magnifique basilique et la cérémonie vécue par nos amis proclamaient qu’entre la découverte en 808 d’une statue de la Vierge par un laboureur au milieu d’un buisson de ronces, la volonté de Notre-Dame clairement exprimée de rester dans ce lieu précis pour y multiplier les miracles de génération en génération, et la fidélité du bon peuple chrétien bien dirigé par son clergé, faisant “ corps ” autour de Marie  : chapelle et village, basilique et petite ville aujourd’hui, c’était l’histoire d’un amour fidèle qui se poursuivait. En ce jour béni il revêtit un éclat, une humble gloire qui dut bien consoler le Bon Dieu…

LE 9 SEPTEMBRE AU PUY-NOTRE-DAME.

C’était le traditionnel pèlerinage de rentrée des frères et sœurs de Magé comme de leurs «  paroissiens  », tous attirés par l’insigne relique de la Sainte Ceinture de Notre-Dame que l’on peut prendre dans ses mains, toucher, vénérer, et à qui on peut confier un peu longuement toutes ses intentions. Elle est de la classe de ces insignes reliques pour lesquelles l’Orient chrétien a bâti des églises, et qu’il a honorées de mille manières. Comme le Saint Suaire, la Maison de Nazareth ou la Couronne d’Épines, c’est une relique rapportée de Terre sainte par les Croisés, afin de la soustraire à la profanation des musulmans. On ne peut douter de son authenticité ni non plus des nombreux miracles accomplis par elle de génération en génération.

Après la Messe, le curé nous ayant donné la permission de chanter des «  chants connus de tous  », la file des pèlerins chanta avec bonheur l’Ave Maria de Lourdes et de Fatima, durant la vénération de la Sainte Ceinture. Ensuite, repas tiré du sac dans un petit parc non loin de la basilique. Nos sœurs eurent à s’occuper de nombreux enfants, tandis que les grandes personnes se rendaient à la basilique pour une instruction qui devait leur cheviller à l’âme une forte et sainte Espérance  : la merveilleuse histoire de Notre-Dame de Sous-Terre. Belle histoire d’amour entre la Vierge Marie, son clergé, ses fidèles, des plus petits aux plus grands, de génération en génération depuis 1047.

NOTRE-DAME DE SOUS-TERRE.

Tout commence par un intersigne dans le Ciel en 1032. Geoffroy Martel, comte d’Anjou, et son épouse Agnès en demandent l’interprétation à de savants ecclésiastiques. Les trois sillons lumineux qui leur sont apparus dans la nuit sont le signe qu’ils doivent fonder un monastère à Vendôme en l’honneur de la Sainte Trinité. En 1040, c’est chose faite, l’Église est consacrée par l’évêque et des moines bénédictins s’y installent. Les largesses du comte d’Anjou ne s’arrêtèrent pas là. Il décide la fondation d’une filiale de Vendôme, et fait bâtir un prieuré sur la colline de l’Esvières à Angers.

De saints moines s’y installent, et comme pour tout bons bénédictins, la dévotion à la Sainte Vierge est de règle, ils construisent un petit oratoire en son honneur, souterrain selon la coutume. C’est à partir de cette crypte que leur dévotion va se communiquer au bon peuple d’alentour. La petite statue d’albâtre, une Vierge qui porte l’Enfant Jésus sur le bras gauche et brandit un sceptre de sa droite, les attire suavement en multipliant les faveurs, les miracles… Sous l’égide de Notre-Dame, les moines sont naturellement missionnaires, ils instruisent, conseillent, et donnent les sacrements aux fidèles  ; des conseils techniques, de l’aide aussi aux paysans  : évangélisation et civilisation vont de pair sous l’autorité du Roi Très Chrétien.

Le démon va s’acharner à quatre reprises tout au long de l’histoire pour chasser Notre-Dame de ce petit coin de terre angevine. Mais en vain. En 1132, un incendie ravage Angers, le monastère est détruit, puis reconstruit, mais à l’économie, son rayonnement est bien diminué. En 1205, les Anglais envahissent et détruisent Angers. Ils firent raser «  ras pieds ras terre le sanctuaire du Seigneur  ». La statue de Notre-Dame de Sous-Terre est enfouie sous les ruines. Elle y demeure jusqu’au jour de février 1401 où la reine Yolande d’Aragon la découvre grâce à l’intervention d’une humble créature, un petit lapin. La Vierge Marie fit «  incontinent une infinité de miracles pour consoler la dévotion de ses serviteurs  ». La reine Yolande ordonna la construction d’une chapelle et le retour des chapelains bénédictins. Le dix-huitième siècle vit la décadence de l’ordre, puis la Révolution française détruisit et ruina cette terre sainte de l’Esvières. La statue cachée par un bon chrétien reprend du service lors de la Restauration, mais elle rayonne cette fois du cœur de la paroisse Saint-Laud où elle a trouvé refuge et d’où elle multiplie les faveurs.

Alors, la colline de l’Esvières ne reverra-t-elle jamais celle qui l’a rendue célèbre au cours des siècles  ? Ce serait mal connaître le Bon Dieu. Il se choisit un évêque hors pair, Mgr Freppel, son directeur spirituel, le Père capucin, Jean-Chrysostome, et voici qu’ils rachètent les bâtiments de l’Esvières, les restaurent, et y installent des sœurs franciscaines adoratrices de Jésus-Hostie, gardienne de Notre-Dame de Sous-Terre, et qui s’occuperont aussi des orphelines chères au bon cœur de Mgr Freppel. Tant de grâces avec le concours très généreux de l’aristocratie d’Angers, les Quatrebarbes notamment. Tout ce mystère de restauration mariale est accompli le 12 août 1873, avec de surcroît pour couronner le tout, la bénédiction du bienheureux Pie IX qui accorde une indulgence plénière aux pèlerins de Notre-Dame de Sous-Terre à toutes grandes fêtes de la Sainte Vierge.

Le 28 mai 1944, un bombardement rase la colline de l’Esvières. Désespoir  ? Non. Sous la houlette de Mgr Costes et avec le concours de toute la population, on reconstruit aussitôt malgré les difficultés de l’heure, et qui plus est dans l’esprit de foi et de sainte Espérance des fondateurs et des refondateurs de l’Esvières. Le 12 août 1948, c’est chose faite, les sœurs franciscaines de Sainte Marie des Anges reprennent leur office, et Notre-Dame de Sous-Terre le sien. «  Le lendemain est au Très-Haut  ».

Après un temps “ pas fort du tout ” de «  prières mariales  » l’après-midi, nous pûmes vénérer encore la Sainte Ceinture, et lui chanter tout de même Chez nous soyez Reine.

PÈLERINS DU 15 SEPTEMBRE

En ce jour béni, fête de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, et soixantième anniversaire de la fondation de notre ordre, une prière CRC, d’action de grâces pour ce qui nous concerne, et de supplication pour l’Église et le Saint-Père s’éleva d’un peu partout en France.

À VILLEMAUR.

En ce jour, c’était bien le moins que les amis fassent pèlerinage au berceau de la fondation, dans l’Église de Villemaur-sur-Vanne, aux pieds de Notre-Dame de Confiance. Sous la houlette de frère Bernard accompagné par nos frères Henri-Bénigne et ­François-Joseph, les amis des villages environnants organisèrent une journée qui fut plus du Ciel que de la terre. Une trentaine d’adultes accompagnés par une quarantaine d’enfants, encadrés par trois frères, quel beau spectacle qui a dû consoler Notre-Dame de Confiance quand elle les a vus tous à genoux devant Elle et lui répéter à l’envi les Je vous aime ô Marie de leur chapelet.

Ensuite, devant le presbytère où vécut notre Père, évocation de la vie pieuse, pénitente, dévouée, en un mot, heureuse, de leur cher curé, par ses enfants de chœur de jadis, Philippe et Roland. Visite détaillée et savante de l’église par une paroissienne du Père bien connue de tous, puis direction “ la Mairie ” où une salle était mise à la disposition de nos amis pour qu’ils puissent regarder la passionnante conférence de frère Bruno sur notre Père  : «  Curé de campagne à Villemaur  » (L 148, 8). La journée s’acheva par le chant des vêpres de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, tout comme avait commencé la vie de communauté de notre ordre, il y a soixante ans.

PÈLERINS DE LA SAINTE FAMILLE MARTIN.

De nombreux amis, près de cent cinquante avec les enfants avaient répondu à l’appel des frères et sœurs de Frébourg afin de faire pèlerinage avec eux à Lisieux. Frère Benoît introduisit cette journée et fixa son esprit d’une manière magistrale, qui pourrait servir de modèle à tous les pèlerins CRC de sainte Thérèse  :

«  C’est d’abord un pèlerinage d’action de grâces, de joie intime à cause de cette certitude qui nous habite de combattre le bon combat de la foi, à la suite de notre Père, lui qui fit de sa Religion un amour, mais un amour hélas mal aimé au sein même de l’Église. Voilà la raison profonde de la “ grande affaire de sa vie ”  : c’est par amour pour l’Église qu’il va déployer une inusable énergie pour combattre les puissances de l’enfer déchaînées, jusque dans le sanctuaire, depuis ce funeste Concile  !

«  Pour nous guérir de ce culte de l’homme qui infeste toute l’Église, nous allons voir sainte Thérèse répondre à un dessein divin, grandiose  : c’est un plan de reconquête, qui occupe le Bon Dieu et la Sainte Vierge depuis deux siècles  : chasser le démon et tout restaurer en Jésus et Marie  ! Par l’intercession de celle qui a promis de “ revenir sur la terre, pour faire aimer l’amour ”  : “ Je ne vous quitterai pas d’une semelle ”, disait-elle  !

«  C’est la raison pour laquelle notre Père vint à Lourdes à la veille de fonder notre communauté. “ Lisieux, Lourdes, pèlerinages d’automne et de printemps. Mon pain est cuit à ce feu-là. Les frères de Villemaur peuvent maintenant se réunir, avec la bénédiction de Dieu et de l’Église, pour le recevoir et en vivre. ” (Lettre à mes Amis n° 38)

«  C’est par la Lettre à mes Amis n° 25 que je voudrais introduire notre pèlerinage, car elle nous permettra de le faire dans le même esprit qui anima notre Père, il y a soixante et un ans, le 22 novembre 1957. Notre fondation, et l’œuvre qui en est sortie, ont été confiées à sainte Thérèse, or celle-ci a une mission particulière dans l’Église, qui la rend sœur du Père de Foucauld et de notre Père…  »

Messe dans la crypte célébrée par un Bon Pasteur bien connu de tous, entouré d’une ribambelle de petits et grands enfants de chœur. Procession pour vénérer les reliques des saints parents Martin, puis rendez-vous à l’abri du pèlerin pour le pique-nique.

La maison des Buissonnets ne se visitant que par groupe de dix-huit, frère Benoît lut et commenta pour ceux qui restaient dehors, la belle Lettre à mes Amis n° 7 sur la merveilleuse vie de Nazareth vécue ici par la famille Martin. Chaque pas dans cette sainte maison, chaque regard posé sur tel ou tel objet parle de la plus aimable manière de Thérèse, la petite reine de son roi chéri, de ses saintes sœurs aussi, sans oublier Notre-Dame du Sourire…

Récitation du chapelet à la cathédrale Saint-Pierre, après une station à la chapelle de la première confession de la petite Thérèse. Les mystères du Rosaire étaient ceux de la vie de sainte Thérèse avec pour fruits  : la grâce de ne rien refuser au Bon Dieu et toujours dire oui  ; la grâce de la charité d’un foyer virginal  ; la délivrance de la possession diabolique par la vision du visage de Notre-Dame, le 13 mai  ; la grâce de la soif des âmes et le désir de les arracher aux flammes éternelles de l’enfer  ; le retour de sainte Thérèse sur terre pour sauver l’Église et les âmes.

Devant l’autel majeur, offert par Louis Martin avant de s’offrir lui-même en victime, frère Benoît expliqua à nos amis que le caractère extraordinaire de la vocation de sainte Thérèse réside en sa mission, plus que jamais actuelle. C’est chez elle une conviction bien exprimée dans une de ses pièces  : «  Dites-moi que les bienheureux peuvent encore travailler au salut des âmes… Si je ne puis travailler dans le Paradis pour la gloire de Jésus, je préfère rester dans l’exil et combattre pour Lui.  » Si proches de la chapelle absidiale où gît Pierre Cauchon, comment ne pas nous rappeler que c’est elle, Thérèse, la nouvelle sainte Jeanne d’Arc, et que c’est surtout du Ciel, que toutes les deux accompliront leur mission.

«  C’est donc en chantant  : Rappelle-toi Jeanne que nous nous sommes rendus dans la chapelle de la famille Martin, avant de quitter la cathédrale pour le Carmel. Là, à genoux près de l’Immaculée du sourire et de sa “ miniature ”, et malgré le silence imposé, nous pûmes chuchoter notre prière d’abandon avant de lui confier une dernière fois nos intentions les plus chères…  »

SUR LES PAS DE SAINT FRANÇOIS RÉGIS.

Frère Michel avait donné rendez-vous aux amis du Sud à Lalouvesc, le grand sanctuaire ardéchois construit en l’honneur de saint Jean-François Régis, l’apôtre du Vivarais. À 10 heures, messe concélébrée par ce qu’il reste de jésuites au sanctuaire avec une rapide mention du «  groupe Charles de Foucauld  ». Vieux chants des années 1970, pour “ plus de justice et de dignité ”, qui faisaient cruellement sentir la désorientation diabolique, l’abîme qui les séparait de saint Jean François-Régis. Sa vie toute de vertu et de charité était heureusement mise en lumière par les vitraux de la basilique qu’une dame détailla après la messe.

Après le repas, un groupe se rendit à la fontaine saint Régis, source située à la limite du village et dont la tradition nous dit que notre saint y but en arrivant à Lalouvesc. Le fait est qu’elle est miraculeuse. L’autre groupe fit le tour d’un diorama, bien fait et bon esprit, ainsi que du petit musée qui conserve des souvenirs du saint, en particulier des objets donnés par saint Jean-François, ou encore des objets touchés par lui et conservés religieusement par ses heureux hôtes. Ainsi d’un lit dans lequel il dormit (mais ce ne dut être qu’une heure ou deux, comme à son habitude). Depuis lors, chaque membre de la famille avait droit à sa quinzaine de nuits dans le lit du saint, à tour de rôle. Vraiment très touchant  !

Retour dans le jardin des jésuites où nos sœurs s’occupèrent des enfants tandis que frère Michel nous raconta la vie de saint Jean-François en insistant d’abord sur sa famille. Nous sommes à une époque où la tentation est forte pour ceux qui ont milité dans la Ligue de combattre les protestants hors de l’obéissance au nouveau roi, Henri IV, récemment converti. Les Régis, sous l’autorité spirituelle du frère Ange de Joyeuse, sont de ces catholiques qui ont compris les intentions droites du Roi. Ils refuseront de compromettre la paix que seule peut assurer l’autorité royale. C’est de ce bon sang catholique et royaliste que fut formé le jeune Jean-François.

Il naquit le 31 janvier 1597; enfant pieux, gai compagnon, il étudie chez les jésuites et entre dans cet ordre le 8 décembre 1616. Frère Michel insiste  : C’est un ordre de Contre-Réforme créé pour lutter contre l’hérésie dans un pays où le roi Louis XIII maintient la paix et assure le droit social de la Vérité. Pendant quinze ans, notre saint se met à la dernière place, humblement, ne faisant qu’obéir à ses supérieurs, sans faits extraordinaires ou presque. Il a entre trente-trois et trente-cinq ans lorsque sa réputation d’excellent catéchiste grandit et le mène, toujours dans la plus stricte obéissance, à préparer la venue de l’évêque de Viviers dans les différents villages d’Ardèche par des prédications fort simples, mais très aimées de tous. Il exposait si simplement les vérités de notre foi que personne n’a pensé à prendre des notes et comme notre saint a brûlé tous ses papiers peu de temps avant sa mort, nous n’avons presque aucun écrit de lui, en dehors de quelques lettres. Les anecdotes abondent sur ses missions où les gens affluaient pour l’écouter. Dans une église du Puy, une foule de quatre mille à cinq mille personnes s’était pressée pour l’écouter, et il y avait même des auditeurs installés sur les poutres de la charpente de l’église  !

Une autre fois, un jésuite de Lyon demanda un confrère afin de lui faire visiter la ville du Puy. Le Père Régis se proposa, mais signala qu’il aurait simplement une visite à faire… chez un pauvre. Sortis de cette visite, le saint se rappelle qu’il en aurait juste une deuxième… et ainsi de suite jusqu’au soir. Devant la confusion du saint qui réalise ce qui vient d’arriver, son bon confrère lui répond qu’il a eu plus de plaisir à visiter les pauvres avec lui qu’il n’en aurait eu à visiter la plus belle ville du monde. Toute sa vie a passé ainsi en faisant le bien.

C’est dans la chapelle mortuaire saint Régis, à l’endroit même où le saint rendit sa belle âme à Dieu, que frère Michel fit le récit de sa mort devant une reconstitution émouvante de la scène où Jésus et Marie viennent chercher le saint. Sa bienheureuse mort eut lieu le 31 décembre 1640, et l’on peut dire qu’elle fut la conséquence de sa charité héroïque, puisqu’il négligea de soigner une pneumonie pour confesser, prêcher, dire la Messe. Ses derniers mots sont à peu près les seuls que l’on a retenus de lui  : «  Ah  ! mon frère, dit-il en s’adressant au frère qui l’assistait, je vois Notre-Seigneur et Notre-Dame qui m’ouvrent le Paradis.  »

Cette petite journée de pèlerinage bien réconfortante s’acheva dans les délices du goûter de nos sœurs, et la plus grande des joies fraternelles. «  On peut gager que si tout s’est si bien passé, ce fut certainement une grâce de saint Jean-François Régis pour nous encourager à persévérer dans la fidélité à la CRC, jusqu’à ce que le Pape, lui aussi jésuite, obéisse enfin à la Sainte Vierge.  »

LE 22 SEPTEMBRE
À L’ÉGLISE SAINT-SULPICE

Une bonne centaine d’amis et leurs enfants répondirent à l’invitation de frère François, ils retrouvèrent au cœur de l’église Saint-Sulpice dans la chapelle de l’Assomption. Notre frère leur rappela tout d’abord que notre Père et frère Gérard y avaient enseigné le catéchisme de persévérance quand ils étaient séminaristes… C’était avant le Concile. On y pratiquait encore une magnifique vie liturgique, mais sans savoir probablement à quel saint homme en revenait tout le mérite. Frère François captiva son auditoire et même les enfants par le récit de sa vie.

Nous connaissions déjà Mgr Jean-Joseph Languet de Gergy, le premier biographe de sainte ­Marguerite-Marie, grand apôtre du Sacré-Cœur et adversaire des jansénistes. Son frère aîné Jean- Baptiste brûla encore davantage de ce même zèle. Il naquit en 1675, fit ses études au séminaire de Saint-Sulpice en compagnie de son frère, tous deux amis d’un saint que nous aimons bien  : Louis-Marie Grignion de Montfort. Guéri miraculeusement par des reliques de saint François de Sales, il ne songe plus qu’à user sa santé retrouvée pour le service de l’Église. Docteur en Sorbonne (1703), il est confesseur de Madame de Maintenon qui le considère comme un saint. Il va donner toute sa mesure en achevant la construction de l’église Saint-Sulpice. Il trouve des moyens de financement ingénieux, qui lui permettent d’en tripler la superficie, de mener à bien sa décoration intérieure et d’en faire surtout un haut lieu de la Contre-Réforme catholique, en plein cœur de Paris, au dix-huitième siècle.

Grand apôtre de la dévotion au Sacré-Cœur, au Saint-Sacrement, et à la Sainte Vierge, il combat intelligemment et victorieusement les cabales des mondains, des protestants ou des convulsionnaires jansénistes. Il n’hésite pas à refuser d’obéir au Régent quand l’honneur de Dieu et de l’Église sont en cause. Grand scientifique, on lui fait gloire du «  gnomon  » de Saint-Sulpice, une espèce de cadran solaire. Il se révèle bien plus génial et charitable encore en achetant entre les rues de Sèvres et de Vaugirard, une vaste bâtisse qu’il nomme “ la Maison de ­l’Enfant-Jésus ”. Véritable maison de la Providence, qui accueille et fournit du travail aux femmes pauvres et protège leur vie chrétienne. Comme ce savant curé a trouvé le moyen de fabriquer une mousseline de synthèse, étoffe légère fort à la mode et que l’on importait des Indes, il emploie jusqu’à mille quatre cents femmes et obtient le privilège de la fabrication sous le titre de “ Manufacture de Saint-Sulpice ”.

Il créa aussi dans l’enceinte de sa grande propriété un élevage de vaches qui fournissaient du lait à deux mille enfants de la paroisse  ; un abattoir destiné à fournir de la viande, un élevage de marcassins et de volailles  ; une boulangerie produisant 100 000 livres de pain par mois pour les pauvres  ; un jardin qui produisait toutes sortes de légumes, et une apothicairerie (pharmacie) où l’on faisait des distillations très lucratives.

Après trois quarts d’heure d’un exposé passionnant, les amis suivirent frère François pour une visite de l’église et de ses différentes chapelles, celle de la Sainte Vierge et du Sacré-Cœur surtout en insistant à chaque fois sur l’esprit de Contre-Réforme voulu par Languet de Gergy.

Goûter très convivial, joie des amis de se retrouver et de manifester aussi à notre frère leur reconnaissance pour la grâce d’une si merveilleuse visite, et «  le bonheur d’avoir découvert un nouveau saint  ».

LE 23 SEPTEMBRE
À VALENCIENNES

Frère Gérard, Valenciennois d’origine et de cœur, était l’invité d’honneur de ce pèlerinage. Frère Bruno l’avait encouragé à faire ce retour au “ Pays ” après soixante ans d’absence. Simple pèlerin, et donc pour une fois sans souci, notre frère profita à plein du flot de grâces que “ l’ange organisateur ” avait prévu de répandre sur nos amis. Rendez-vous à 8h30 dans la chapelle de Bruille-Saint-Amand, le plus ancien sanctuaire marial au nord de Paris  ; la Vierge Marie y est invoquée sous le vocable de Notre-Dame de Malaise.

NOTRE-DAME DE MALAISE.

Admirable apparition de la Vierge Marie descendue sur terre en 1243 pour demander à un bon Père Abbé de remplacer la modeste chapelle de Notre-Dame au bois par un sanctuaire plus digne d’Elle.

 Ma tendre Mère, comment pourrais-je mener cette entreprise à bonne fin  ? Notre monastère n’est pas encore relevé des avaries qu’il a éprouvées, les ressources nous font défaut.

 Mon fils, ne crains rien. Dans la cité de Valenciennes, qui est ma ville de prédilection, il y a des bourgeois qui m’aiment et me vénèrent. Ils tiendront à honneur de concourir à l’édification du nouveau sanctuaire que je demande ta piété filiale. Tu leur feras part de mon désir, et ils te fourniront les ressources nécessaires.

C’est ce qui arriva, et la Vierge Marie multiplia les miracles. Ici comme partout ailleurs, la Révolution française fut finalement mise échec. Elle semble triompher aujourd’hui et jusque dans l’Église  ? Mais gageons que les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont été attentifs à la voix des supplications de nos amis, en les entendant réciter le chapelet en l’honneur de la Bambina.

Ils se rendirent ensuite à l’église Saint-Maurice pour assister à la Messe. Une forte pluie tombant en rafales les attendait à la sortie. Après l’Angélus et le bénédicite, il fallut se rendre à l’évidence et manger debout, car les murets qui faisaient le tour de la halle étaient trempés. La marche prévue l’après-midi allait-elle être annulée  ? Patience, confiance… En attendant, nos amis trouvèrent refuge dans la chapelle de Notre-Dame de Malaise et ils y entendirent le récit d’une histoire bien émouvante.

LE MARTYRE DES URSULINES DE VALENCIENNES.

Ces religieuses avaient une grande dévotion au Sacré-Cœur et à l’Immaculée Conception. Elles récitaient le chapelet en l’accompagnant de cette belle invocation  : «  Père Éternel, je vous offre les Cœurs de Jésus, Marie et Joseph pour vous glorifier, et le mien pour être sanctifié.  » Tout le contraire du culte de l’Homme  !

Le 17 octobre 1794, cinq des onze Ursulines sont convoquées devant le tribunal, simple formalité, car la sentence a été décidée d’avance. Elles sont con­damnées à mort. Une fois retournées dans leur cellule, toutes se mettent à genoux, placent au milieu d’elles un petit crucifix, et mère Nathalie se met à réciter les prières des agonisants. Après avoir demandé pardon aux sœurs pour les mauvais exemples qu’elle aurait pu leur donner, elle s’adressa à mère Clothilde  : «  Et vous, ma Révérende Mère, daignez recevoir les remerciements de nous toutes pour les soins maternels que vous nous avez prodigués pendant votre supériorité, et nous donner à toutes votre bénédiction pour la dernière fois.  » Puis toutes s’embrassèrent avec affection, en se donnant rendez-vous au Ciel.

Le 23 octobre, les geôliers viennent chercher les six Ursulines restantes pour les conduire au Tribunal. Après délibération, l’acte de condamnation est prononcé. Mère Clotilde adresse à ses juges ces dernières paroles avant de sortir  : «  Je sais que je dois mourir parce que j’ai été fidèle à mon devoir. Mais je ne meurs pas pour la République, je meurs pour la foi et la religion catholique, apostolique et romaine que j’ai enseignées, parce que c’est pour cela que mon Institut a été fondé.  »

Frère Gérard adressa ensuite un petit mot à nos amis, en leur rappelant comment depuis la Révolution française, il est plus que jamais nécessaire de combattre à l’imitation de ces saintes Ursulines. Elles ont préféré mourir plutôt que de prononcer la moindre parole qui aurait pu les sauver de l’échafaud, mais qui aurait été un ralliement, un mensonge. Un exemple que notre frère compte bien inculquer aux enfants… Après ces paroles de sagesse, sortie au chant de l’Ave Maria de Fatima, et surprise de constater que la pluie avait cessé. À 15 h 30, tous étaient en présence de la statue de Notre-Dame du saint Cordon, installée provisoirement dans l’église Saint-Géry.

NOTRE-DAME DU SAINT CORDON.

Au début du onzième siècle, une épidémie de peste jeta l’épouvante dans Valenciennes  : plus de huit mille morts en quelques jours. En réponse aux prières des Valenciennois et aux pénitences d’un ermite nommé Bertholin, Notre-Dame apparut à ce saint homme le 31 août 1008 et lui dit  :

«  Va trouver mon peuple de Valenciennes. Annonce-lui que j’ai désarmé le bras de mon Fils. La nuit qui précédera la fête de ma Nativité, mon peuple saura que j’ai entendu ses cris de détresse. Que mes serviteurs se rendent sur les remparts de la ville, ils y verront des merveilles.  »

Réunis sur les murailles, les quinze mille spectateurs virent tout d’un coup les ténèbres se dissiper, la nuit se changer en un jour radieux tandis qu’apparaissait à leurs regards émus une reine majestueuse, ravissante de beauté, entourée d’un nombreux cortège d’anges, semblant venir de la chaumière de l’ermite et stationnant au-dessus de la chapelle du Neuf Bourg, dédiée par l’empereur Charlemagne à la Mère de Dieu. Elle tenait en main une pelote de cordon écarlate. Au signal de la glorieuse Souveraine, un ange, le plus brillant de tous, saisit respectueusement le bout du «  céleste filet  », puis d’un vol rapide il entoura la ville et sa banlieue, laissant tomber derrière lui le précieux Cordon. Quand il revint à son point de départ, la vision s’évanouit  ; à l’instant même, la contagion cessa et les malades furent guéris.

«  N’est-il pas émouvant de constater que, depuis des siècles, les procédés du Ciel n’ont pas changé. Seule l’ampleur de la tâche diffère  : au lieu de préserver les habitants d’une seule ville de la mort corporelle, Dieu veut, par le Cœur Immaculé de Marie, sauver le monde entier de la mort éternelle des âmes.  »

Sous l’effet de tant de grâces, récitation d’un deuxième chapelet, marche dans Valenciennes sur les traces du saint Cordon pour arriver au cimetière Saint-Roch, lieu de sépulture des bienheureuses martyres. Conclusion de ce pèlerinage par une allusion à l’oratorio de cette année, et en soulignant le rapprochement entre les Ursulines de Valenciennes et les Carmélites de Compiègne. Puis nos amis se quittèrent après avoir chanté Je crois au Paradis, communiant ainsi spirituellement aux sentiments des Ursulines au jour de leur martyre.

Délicate attention de Notre-Dame et des chères martyres, pour remercier nos amis et les inviter à prendre congé  : La pluie recommença à tomber tout doucement, tandis qu’un dernier rayon de soleil victorieux enflammait l’atmosphère, invitant les bons anges à dessiner un bel arc-en-ciel…

49e CONGRÈS DE LA CRC

En cette fin de semaine des 29 et 30 septembre, les amis étaient venus très nombreux, tant ils éprouvent le besoin et goûtent le charme aussi de se retrouver pour ranimer ensemble auprès de frère Bruno l’ardeur de leur communion phalangiste. Notre frère Prieur avait à leur offrir un programme très dense de conférences, homélies, un prodigieux rassasiement de l’esprit, du cœur et de tous leurs sens spirituels, avec cette fois, en plus, une surprise  : l’entrée au monastère de quatre postulants à la fois.

Dans sa savoureuse homélie de la Messe de Saint-Michel Archange  : Moines-Missionnaires, il présenta cette entrée comme un renouvellement des promesses de leur baptême, comme aussi de leur consécration à Notre-Dame de Fatima. Puis frère Bruno leur donna le sentiment très fort qu’ils devenaient les fils spirituels d’un Père, d’un homme d’Église incomparable, moderne, sage, saint. La citation de sa lettre du 3 novembre 1958, le donnait tellement bien à entendre  :

«  Si nous allons davantage que les autres contemplatifs – qui, en 1958, suivent encore rigoureusement la Règle reçue de leur fondateur – au milieu du Monde, nous ne nous en rattachons que plus fortement à toute la sagesse traditionnelle, alors que les nouvelles congrégations qui se sont engagées dans cette voie ont cru qu’il leur fallait du coup adopter tous les “ bateaux modernes ” et ont à cause de cela “ déraillé ” très tôt de la sainteté monastique. Imprudence  ! Présomption  !  »

Avec le concile Vatican II, poursuit frère Bruno, cette “ imprudente présomption ” atteint tous les ordres religieux  ! Du fait que l’observance régulière des vœux religieux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté, qui sont une mort au monde, à la chair et au démon, s’est trouvée entravée par un éloge mensonger de l’Homme et du monde présent.

Après le déjeuner, la projection à 14 heures du diaporama des Nouvelles de la famille, connut le même succès qu’au Canada. Chapelet ensuite sur la tombe de notre bienheureux Père, puis ­conférence-commentaire de l’oratorio et à 17 h 30  :

LA RUSSIE AVANT ET APRÈS LA CONSÉCRATION.

Notre frère Prieur a voulu nous faire comprendre la raison profonde, mystérieuse aussi, de la bienveillance de la Sainte Vierge pour la Russie. Cela nous a valu d’assister à une “ conférence totale ”, une magnifique saga de l’Immaculée, qui siège au plus haut du Ciel, «  trône de la sagesse  », mais qui va en redescendre. Magnifique rétrospective, dans une première partie, des interventions “ politiques ” de la Sainte Vierge au cours de l’histoire jusqu’à celle de Fatima, qui attire l’attention du monde entier sur la Russie. Source d’erreurs et de grandes calamités, ce pays chéri de Marie a été choisi pour être médiateur de paix dans le monde entier, mais à la condition sine qua non, de sa consécration au Cœur Immaculé de Marie par «  le Saint-Père  ».

Un prodigieux survol de l’histoire mariale de la Sainte Russie nous fait comprendre la raison de cette bienveillance divine pour «  l’âme russe  », son désir de la libérer de ses démons schismatiques et «  germaniques  ». On entrevoit aussi ce que sera la place éminente de ce pays dans le concert des nations chrétiennes après sa consécration. Dieu le veut, et cette volonté de nombreux saints, prophètes et grands penseurs en ont aussi préparé les voies.

Après les premières vêpres de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Saint e-Face, dîner, récréation puis vint enfin le moment tant attendu de la projection de l’oratorio de frère Henry  : L’avènement du Cœur Immaculé de Marie.

DIMANCHE 30 SEPTEMBRE.

Laudes à 7 heures puis oraison remarquable sur Le mystère de la Visitation. Non pas tant celui vécu par la Vierge Marie dans l’Évangile, que son actualisation pour l’Église et le renouvellement de son esprit missionnaire, mais à condition de bien l’entendre, comme le Père de Foucauld ou comme notre Père, mais pas comme Vatican II. Voici un extrait de cet enseignement de l’abbé de Nantes, qui sera assurément un jour, au programme des séminaires.

«  Aujourd’hui, à la suite du concile Vatican II, l’Église est devenue un champ en friche… faute de contemplation, faute d’adoration, de prière, de lieux où le Christ soit là dans son ostensoir, à rayonner tranquillement et à agir sur les âmes. Si on remonte à la plus haute Antiquité, qu’est-ce qui a converti nos pays barbares  ? Les monastères où les moines se préoccupaient moins de convertir les gens que de prier Dieu et de se sanctifier eux-mêmes.

«  Le Père de Foucauld, avec ce mystère de la Visitation, nous ramène à une doctrine biblique selon lequel l’Arche d’Alliance répandait la bénédiction, rayonnait la grâce de Dieu alentour  ; au Nouveau Testament, selon lequel la Vierge Marie, enceinte de Jésus caché dans son sein, a sanctifié Jean-Baptiste  ; à une tradition monastique absolument immémoriale, selon laquelle il faut d’abord donner au Christ toute sa gloire pour qu’Il puisse, Lui, agir sur les âmes, et nous autres ensuite avoir le courage d’apporter la parole de la prédication.  »

À 9 heures, récitation du chapelet et remise du scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, puis conférence appréciée de tous  : Paul VI sur les autels, pour les profaner  !

À 11 heures, grand-Messe de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, puis homélie de frère Bruno qui invita nos quatre postulants, non pas à imiter sainte Thérèse, mais à l’admirer et à lui demander son aide pour leur entrée en communauté.

Après le déjeuner, un bon temps de récréation permit à nos amis d’échanger nouvelles et impressions, puis tous ensemble de confier notre grand souci d’Église à notre bienheureux Père en priant le chapelet devant sa tombe. Vint ensuite le moment tant attendu de la conférence d’actualités.

«  LE PACTE AVEC LE DIABLE  ».

Si le diable est plus que jamais à l’offensive sur tous les fronts, frère Bruno commence par nous encourager  : le Cœur Immaculé de Marie triomphera de lui en cette lutte finale.

Alors que le pape François vient de signer un pacte avec la Chine communiste, qui contraint l’Église toujours fidèle à Rome à se rallier à “ l’Église patriotique ” schismatique, et donc au marxisme de Xi Jinping, véritable «  Mao ressuscité  ». Alors que la folle politique anti-russe des USA, pousse ce pays à nouer des alliances économiques, militaires et stratégiques, de plus en plus étroites avec la Chine communiste, ce qui donne «  l’impression très nette d’un retour au temps des “ erreurs de la Russie ”…  » Alors que la France est plus que jamais décadente, chiffres à l’appui, son président plus “ américain ” que jamais est décidé à faire la guerre aux Russes à Idlib en Syrie, tandis qu’en Europe, il fait la leçon aux présidents d’Italie et de Hongrie qui ne sont pas moralement et politiquement U. S. Alors que les U. S. A. cherchent à faire la guerre à l’Iran et à dominer le monde, le pape François est fauteur de guerre, lui aussi, puisqu’il refuse toujours d’obéir aux demandes de la Sainte Vierge à Fatima, et que du même mouvement il s’oppose à la vérité révélée et à la tradition de l’Église en condamnant la peine de mort  : frère Bruno le réfute. Alors que l’Église allemande fait acte de repentance pour des scandales contre nature, qui font maintenant peser sur tout le clergé un soupçon intolérable… Alors que le pape François ne trouve rien d’autre à faire que de s’en prendre au «  cléricalisme  », et qu’il pousse le sien à vouloir canoniser Paul VI, frère Bruno pose la seule question d’actualité  :

«  Le Cœur Immaculé de Marie, fille d’Abraham, réussira-t-il à nous protéger du feu du Ciel appelé par les ignominies de Sodome et Gomorrhe  ?  »

Après cette conférence, très charpentée et documentée, la nécessité de «  beaucoup prier pour le Saint-Père  » s’imposait puisque tout dépend de lui, et de lui seul, finalement, dans l’Église comme dans le monde. À 16 h 30, tous se retrouvèrent à la chapelle pour chanter les vêpres de sainte Thérèse et entendre une prédication mariale, seule capable de sortir le clergé du désert et du cloaque où Vatican II l’a enfermé  : La Vierge aimée de Dieu. En voici un extrait  :

«  Pour vaincre le Diable, échapper au monde, garder la pureté de la chair et l’humilité de l’âme, l’ardeur du cœur, un seul recours  : Marie au Cœur Immaculé. C’est vraiment le commencement, le milieu et la fin de “ la formation des prêtres ”, actuellement souci primordial du pape François. Marie est la Femme de l’Apocalypse, victorieuse du démon, Elle est revêtue de la majesté et de l’éclat du soleil, c’est-à-dire de la gloire même de Dieu. Les Apôtres forment sa couronne, les Anges sa Cour. Elle a la lune, c’est-à-dire l’univers sublunaire, sous ses pieds. C’est Elle que nous sommes appelés à aimer. Par-dessus tout

«  Il n’y aura jamais assez de chapelets pour nous dans la vie, pour pénétrer à l’intime du Cœur de cette Femme bénie entre toutes, qui est capable de nous retirer de tout amour malséant, désordonné, pour nous remettre dans son Cœur où sont tant de charmes, plus de charmes que dans le cœur de toutes les femmes réunies.  »

Une dernière bénédiction de Jésus-Hostie sur son “ petit troupeau ” fidèle, à charge pour lui, de beaucoup prier d’ici le 13 octobre, pour qu’un nouveau miracle du soleil fasse revenir notre Saint-Père à la réalité, et bien identifier qui il persécute sous prétexte de zèle conciliaire…

Tous les amis repartirent bien réconfortés, tandis que frère Bruno l’était aussi après avoir pris la mesure durant ces deux jours de «  leur indéfectible fidélité  ». Une première réaction à chaud  : «  Très fortes conférences de frère Bruno, sans parler de l’oratorio, qui nous rassure sur le fait que le Bon Dieu ne se lasse pas. J’ai demandé à frère Bruno s’il allait faire paraître dans la CRC sa conférence sur la Russie  ; cela permettrait d’y méditer plus avant  ; j’y ai compris, un peu tard, l’orthodromie mariale de la Russie. L’entrée des quatre postulants a été un moment de grande joie.  » (E. D.)

frère Philippe de la Face de Dieu.

CORRESPONDANCE

Après la rencontre d’un jeune prêtre «  … je me suis dit que j’avais peut-être un prêtre en train de se décourager en face de moi… Combien n’en connaît-on pas  ? Je crois avoir en quelques minutes vraiment compris la “ ligne de crête ” CRC qui consiste non à critiquer les prêtres, mais leur modernisme, mais le Concile à travers eux. Alors oui, prions pour nos prêtres, même les plus mauvais. Et commençons par devenir meilleurs catholiques nous-mêmes pour entraîner les autres.

«  Vous allez croire que je fais la leçon, mais en fait, j’ai mis en parallèle la vie de ce prêtre avec les bruits qui nous sont parvenus aux oreilles, de CRC qui critiquent frère Bruno parce qu’il a défendu le Pape dès son élection malgré les avertissements qu’il avait pu recevoir le prévenant contre Bergoglio. Et maintenant, voici des “ amis ” qui disent  : “ Nous le savions depuis le début, frère Bruno s’est trompé, il n’est pas le Père… ”

«  Vous dirais-je que j’en aime d’autant plus frère Bruno d’avoir voulu donner sa “ chance ” au Pape  ? Et il nous a bien fait comprendre que c’est surtout sa position envers Notre-Dame de Fatima qui a tout fait basculer.

«  Alors raison de plus pour le suivre (frère Bruno), car dans ce “ fourvoiement ” de frère Bruno (et comme je vous l’ai dit, je ne pense pas qu’il ait été naïf ou aveugle sur le Pape. Jamais  !) je vois beaucoup plus d’amour de l’Église et du Pape que chez tous ses détracteurs pris ensemble…  »