La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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SEPTIÈME HÉRÉSIE
L’erreur d’un peuple de Dieu, convoqué, conduit par l’Esprit
Dieu seul sait où ! Dieu sait comment !

TOUTE la science d’un objet étudié par l’homme se trouve contenue dans sa définition, selon le Philosophe. Encore faut-il que la définition soit exacte, et si plusieurs sont possibles, encore faut-il qu’on veille à n’en rejeter aucune et à les compléter les unes par les autres. De l’Objet qui nous occupe, l’Église catholique dont ce Catéchisme se réclame, plusieurs définitions ont été proposées.

Le CEC en aligne trois  : Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit-Saint (781), qu’il paraît mettre sur le même pied. En fait il a choisi, avec le Concile, la nouveauté. Mais il ne le dira pas. Il y a un demi-siècle, en effet, une violente offensive était menée contre une définition de l’Église toute juridique, dont l’avantage séculaire était du moins d’être exacte, précise et complète dans son domaine canonique, et de surcroît, de faire pièce à l’hérésie luthéro-calviniste  ! L’Église de la Contre-Réforme se définissait  : la société parfaite, visible et hiérarchique, fondée par Jésus-Christ, dont les membres adhéraient à la même doctrine dans la soumission à la même autorité romaine, en vue d’obtenir par la grâce des sacrements la vie éternelle.

Le pape Pie XII compléta cette définition canonique par cette autre, profondément dogmatique, allégorique et spirituelle, du Corps mystique du Christ; c’était le 29 juin 1943, aux applaudissements de l’univers. La balance était faite des deux parties substantielles de ce mystère, par la considération du Saint-Esprit comme l’Âme incréée de ce Corps social, et celle de sa hiérarchie comme son âme créée toute dépendante du Christ, son Fondateur et Chef souverain.

Quant à l’idée de Peuple de Dieu, réhabilitée par le P. Clérissac, elle était très nécessaire et très féconde, mais il faut le dire, “réactionnaire”. Car elle rappelait aux membres de l’Église qu’ils étaient des âmes mais aussi des corps, et que leur vie spirituelle devait aussi bien sanctifier leur vie en société et changer leurs communautés humaines, en particulier leurs États politiques, leurs nations, en chrétientés. En 1950, l’ensemble de cette ecclésiologie avait atteint une rare perfection dont témoigne l’œuvre monumentale du cardinal Journet, L’Église du Verbe Incarné.

Tout fut renversé par une insupportable campagne de dénigrement anarchiste. On récusa Mystici Corporis, sans motif avouable, on récusa l’ordre canonique auquel l’Église devait sa stabilité et sa fécondité depuis des siècles. Quant à la notion de Peuple de Dieu, elle fut l’objet d’un détournement de mot, et d’un renversement de l’idée catholique qu’il soutenait, au profit d’une idée démocratique attribuant aux masses fidèles le droit et la capacité de se gouverner elles-mêmes, par le truchement d’une hiérarchie à leur écoute quant à la foi, à la loi et à la vie quotidienne de l’Église.

Cette idée l’emporta au Concile et c’est elle qu’on retrouve dans ce Catéchisme. Idée partielle et partiale d’un “Peuple de Dieu” dont l’Esprit-Saint est la force invisible et donc invérifiable, mouvant par son animation immédiate et ses inspirations continuelles, tous et chacun des fidèles, laïcs, religieux ou hiérarchie, vers des formes modernes de pensée, de volonté et d’action  : très éloignées en tout cas de la réalité instituée par le Christ et conservée par l’Église romaine.

La nouveauté est populiste et charismatique. La pyramide hiérarchique est renversée, selon le mot du cardinal Suenens, au profit d’un climat de liberté, d’égalité, de service et de fraternité, pour l’avènement de la “civilisation de l’amour” annoncée par le pape Paul VI.

Cependant, les institutions traditionnelles subsistent, sauvant un semblant de cohérence, une armature, une colonne vertébrale à ce paquet de chair désarticulé, décérébré, énervé et flasque appelé pompeusement le Peuple de Dieu, que j’entends bien et que j’écris  : peuple de dieux.

Entrons donc dans cette nouveauté conciliaire où notre Catéchisme nous plonge. Le schisme et l’hérésie s’y rencontrent à chaque page, sous la mouvance de ce même Esprit débridé, déluré, dont nous venons de montrer qu’il est la contrefaçon diabolique du Saint-Esprit que Jésus-Christ insuffle dans son Église pour lui donner de faire ses œuvres et de porter ainsi beaucoup de fruit.

ARGUMENT

L’Église, Peuple que Dieu rassemble du monde entier

752. Dans le langage chrétien, le mot «  Église  » désigne l’assemblée liturgique, mais aussi la communauté locale ou toute la communauté universelle des croyants. Ces trois significations sont en fait inséparables. «  L’Église  », c’est le Peuple que Dieu rassemble dans le monde entier. Elle existe dans les communautés locales et se réalise comme assemblée liturgique, surtout eucharistique. Elle vit de la Parole et du Corps du Christ et devient ainsi elle-même Corps du Christ.

«  L’ÉGLISE, C’EST LE PEUPLE QUE DIEU RASSEMBLE DANS LE MONDE ENTIER.  » Voilà, à l’état pur, la chimère luthérienne, mennaisienne, teilhardienne, la gnose nouvelle, l’hérésie absolue d’une théo-démocratie, où Dieu “l’Unique” et les peuples du monde seraient miraculeusement unis avant toutes institutions visibles, ni sacrements ni connaissance de Jésus-Christ  !

Or, à peine ainsi inventée, à cette utoPie Inexistante une fonction mondiale est assignée  :

L’Église, sacrement universel du salut

776. Comme sacrement. l’Église est instrument du Christ. «  Entre ses mains elle est l’instrument de la Rédemption de tous les hommes  », «  le sacrement universel du salut  » par lequel le Christ «  manifeste et actualise l’amour de Dieu pour les hommes  ». Elle «  est le projet visible de l’amour de Dieu pour l’humanité  », qui veut «  que le genre humain tout entier constitue un seul Peuple de Dieu, se rassemble dans le Corps unique du Christ, soit construit en un seul temple du Saint-Esprit.  »

Ainsi se bâtit un rêve sur un autre rêve  : création continuelle du Dieu Unique et invisible, cette communauté doit être un signe «  de l’union intime des hommes avec Dieu  », et un sacrement, ou moyen efficace «  de l’unité du genre humain  » à reconstituer (775).

Tout cela se fait ou reste à faire, de manière spontanée et mystérieuse  :

780. L’Église est dans ce monde-ci le sacrement du salut, le signe et l’instrument de la communion de Dieu et des hommes.

C’est vite dit  ! Heureusement que derrière cette fiction mirobolante demeure (encore  !) la vieille institution ecclésiastique pour en perpétuer le substrat réel  : ces 900 millions de baptisés maintenus dans l’unité catholique par sa hiérarchie gouvernée par le Pape  !

Un pas de plus dans la fiction, prise pour grille d’analyse et projet de développement de la religion mondiale, et voici  :

L’Église – Peuple de Dieu rassemblé dans l’Esprit

781. «  À toute époque, à la vérité, et en toute nation, Dieu a tenu pour agréable quiconque le craint et pratique la justice. Cependant, il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel  ; Il a voulu au contraire en faire un Peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C’est pourquoi Il s’est choisi le Peuple d’Israël pour être son Peuple, avec qui Il a fait alliance et qu’Il a progressivement instruit. Tout cela cependant n’était que pour préparer et figurer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui sera conclue dans le Christ. C’est la Nouvelle Alliance dans son sang, appelant un Peuple, venu des Juifs et des païens, à se rassembler dans l’unité, non pas selon la chair, mais dans l’Esprit.  »

Remarquez l’intime contradiction entre cette fiction érigée en dogme principal, du «  Peuple que Dieu rassemble dans le monde entier  », et la réalité à laquelle on l’identifie, du «  Peuple d’Israël  », qui se fit contre les autres, à grands coups d’épée  ! Puis sautant de là, on nous met devant le fait accompli d’«  un Peuple appelé dans l’Esprit, venu des Juifs et des païens  »  !

C’est donc toujours, dans cette rétrospective idéaliste, un agglomérat «  de toute nation, race, peuple et langue  » (775), n’ayant d’autre cause que «  Dieu  », «  l’Esprit de Dieu  » invisible  ! et d’autre fin que la restauration avec Lui et en Lui de l’unité primitive du genre humain  : Le rêve du retour au Paradis terrestre, à force de bons sentiments.

Tout de même, le support de cette fiction était jadis le peuple d’Israël, qui existe encore  ! et s’y ajoute l’Église catholique, indéniables réalités, sans compter les autres religions, Églises et sectes innombrables. Notre Catéchisme, n’étant pas d’Israël, se réclamant de l’Église catholique, et s’y vendant à des millions d’exemplaires  ! identifie arbitrairement ce «  peuple que Dieu rassemble dans le monde entier  », son rêve, avec cette Église où il se vend bien. Pourquoi pas à une autre  ?

L’Église catholique… En attendant mieux  !

816 a. «  L’unique Église du Christ, est celle que notre Sauveur, après sa Résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur, qu’il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger. Cette Église comme société constituée et organisée dans le monde est réalisée dans (subsistit in) l’Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui.  »

C’est bien là notre foi. Mais pourquoi cette expression bizarre  : «  subsistit in  »  ? «  Cette Église est réalisée dans l’Église catholique  »  ? Qu’est-ce que cela cache  ? Quelle fourberie  ? Quelle intention perverse  ? La suite nous en instruit  : Cela, c’est l’Église d’hier, qui est «  selon notre foi  », l’unique et la vraie, et la parfaite. Mais ce n’est pas le tout du «  Peuple de Dieu  »  ! Ailleurs aussi, il y a des «  croyants  » que «  Dieu rassemble  »  :

816 b. Le Décret sur l’Œcuménisme du deuxième Concile du Vatican explicite  : «  C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est “moyen général de salut”, que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, dont Pierre est le chef, que le Seigneur confia, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au Peuple de Dieu.  »

Ces derniers mots viseraient-ils ces âmes honnêtes et sincères, dispersées dans le monde et nées dans tant de fausses religions, mais prédestinées, aimées par notre Père céleste, qui seul connaît leur foi et leurs vertus, âmes qui «  appartiennent invisiblement à l’Église visible  », comme écrivait excellemment le cardinal Journet, et qui s’y précipiteraient si par bonheur elles en découvraient la trace…  ? Non, le CEC voit beaucoup plus loin, beaucoup plus large. Avant de se rendre à l’ennemi, il a eu un mouvement du cœur  :

820. L’unité, «  le Christ l’a accordée à son Église dès le commencement. Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible dans l’Église catholique et nous espérons qu’elle s’accroîtra de jour en jour jusqu’à la consommation des siècles.  »

Puis l’espérance de voir le monde entier se convertir à la sainte Église catholique l’a abandonné, et c’est alors, comme Judas, qu’il a résolu de trahir son ancienne fidélité, sa foi en Jésus-Christ pour s’abandonner au rêve gnostique d’une Église nouvelle, selon l’Esprit. Il n’est pour cela que de transiger et de reconnaître qu’il y a du bien divin partout, car partout souffle l’Esprit. Avec un zeste de naïveté et beaucoup de mauvaise foi, on y arrive  !

Qui appartient à l’Église  ?

836. «  À l’unité catholique du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés  ; à cette unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés, et les fidèles catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la grâce de Dieu appelle au salut.  »

C’est embrouillé à souhait  : les uns y appartiennent, les autres y sont appelés, donc finalement tous, sous diverses formes et à divers degrés sont parties prenantes, intéressés ou concernés…  ! tous appelés par Dieu au salut  !

Pour les chrétiens, déjà l’union est en marche.

838. «  Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de communion avec le successeur de Pierre, l’Église se sait unie pour de multiples raisons.  » «  Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique.  » Avec les Églises orthodoxes, cette communion est si profonde «  qu’il lui manque bien peu pour qu’elle atteigne la plénitude autorisant une célébration commune de l’Eucharistie du Seigneur  ».

Mais pour les autres aussi, l’Esprit souffle  :

839. «  Quant à ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu  »  :

Et d’abord, les juifs, nos “frères aînés”  :

Le rapport de l’Église avec le Peuple Juif. L’Église, Peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre, en scrutant son propre mystère, son lien avec le Peuple Juif, «  à qui Dieu a parlé en premier  ». À la différence des autres religions non chrétiennes la foi juive est déjà réponse à la révélation de Dieu dans l’Ancienne Alliance. C’est au Peuple Juif qu’«  appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair, le Christ  » (Rm 9, 4-5) car «  les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance  » (Rm 11, 29).

840. Par ailleurs, lorsque l’on considère l’avenir, le Peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance et le nouveau Peuple de Dieu tendent vers des buts analogues  : l’attente de la venue (ou du retour) du Messie. Mais l’attente est d’un côté du retour du Messie, mort et ressuscité, reconnu comme Seigneur et Fils de Dieu, de l’autre de la venue du Messie, dont les traits restent voilés, à la fin des temps, attente accompagnée du drame de l’ignorance ou de la méconnaissance du Christ Jésus.

Les musulmans aussi, pratiquement, appartiennent à l’Église, même s’ils n’en ont pas (encore) conscience. N’obéissent-ils pas, eux aussi, à la volonté du Dieu Unique qui rassemble son peuple par toute la terre  ?

841. Les relations de l’Église avec les musulmans. «  Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui professent la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour.  »

Plus on s’éloigne de l’Église, et même de Jésus-Christ, plus on se simplifie et on découvre l’œuvre de l’Esprit de Dieu procurant son salut à toutes créatures  :

842. Le lien de l’Église avec les religions non chrétiennes est d’abord celui de l’origine et de la fin communes du genre humain  :

En effet, tous les peuples forment une seule communauté  ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre  ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la cité sainte.

Qui aurait imaginé en 1950 qu’un jour Rome promulguerait un Catéchisme où l’Église oserait ainsi se prostituer à tout peuple, à toute religion et irréligion, payant comme dit Ézéchiel, bon prophète, ses amants venus de toute la terre la caresser et la souiller de toutes leurs idolâtries ignobles et insensées  !

Où est-il l’adage de notre antique foi romaine «  Hors de l’Église point de salut  »  ? Le CEC répond.

846. Comment faut-il entendre cette affirmation souvent répétée par les Pères de l’Église  ? Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du Christ-Tête par l’Église qui est son Corps  :

Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, le Concile enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie du salut  : or, Il nous devient présent en son Corps qui est l’Église  ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du Baptême, c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du Baptême, qu’Il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés.

847. Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans qu’il y aille de leur faute, ignorent le Christ et son Église  :

En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de la grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux-là peuvent arriver au salut éternel.

848. «  Bien que Dieu puisse par des voies connues de Lui seul amener à la foi “sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu” (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile, l’Église a le devoir en même temps que le droit sacré d’évangéliser  » tous les hommes.

Paroles vaines, paroles menteuses, paroles arrangeantes. Comme le discours qui suit et traite avec la même fourberie du mandat missionnaire de l’Église. Derrière les paroles qui disent notre foi catholique se dessine la gnose d’un universalisme de l’Esprit, éminemment teilhardien et, j’ose le dire, wojtylien puisque ce sont les propres discours du Pape  :

La mission, une exigence de la catholicité.

849. Le mandat missionnaire. «  Envoyée par Dieu aux nations pour être le sacrement universel du salut, l’Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur est tendue de tous son effort vers la prédication de l’Évangile à tous les hommes  »  : «  Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde  » (Mt 28, 19-20)

Voilà qui est bien  ! Mais, si le sel s’affadit  ?

854. Par sa mission même «  l’Église fait route avec toute l’humanité et partage le sort terrestre du monde  ; elle est comme le ferment et, pour ainsi dire, l’âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieux  ». L’effort missionnaire exige donc la patience. Il commence par l’annonce de l’Évangile aux peuples et aux groupes qui ne croient pas encore au Christ  ; il se poursuit dans l’établissement de communautés chrétiennes qui soient des «  signes de la présence de Dieu dans le monde  », et dans la fondation d’Églises locales  ; il engage un processus d’inculturation pour incarner l’Évangile dans les cultures des peuples  ; il ne manquera pas de connaître aussi des échecs. «  En ce qui concerne les hommes, les groupes humains et les peuples, l’Église ne les atteint et ne les pénètre que progressivement, et les assume ainsi dans la plénitude catholique.  »

Tellement de patience qu’à la fin on se prend à douter d’un résultat aléatoire et on se résout à consolider chacun dans sa croyance, pour son bonheur en ce monde et en l’autre dans la communion d’un même Esprit divin, adoré sous diverses figures  :

856. La tâche missionnaire implique un dialogue respectueux avec ceux qui n’acceptent pas encore l’Évangile. Les croyants peuvent tirer profit pour eux-mêmes de ce dialogue en apprenant à mieux connaître «  tout ce qui se trouvait déjà de vérité et de grâce chez les nations comme par une secrète présence de Dieu  ». S’ils annoncent la Bonne Nouvelle à ceux qui l’ignorent, c’est pour consolider, compléter et élever la vérité et le bien que Dieu a répandus parmi les hommes et les peuples, et pour les purifier de l’erreur et du mal «  pour la Gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme  »

mais avec quoi le salera-t-on  ?

752. «  L’Église  », c’est le peuple que Dieu rassemble dans le monde entier.

Pitoyable définition d’un Catéchisme de renégats qui n’ont plus d’autre Église que le Monde de Satan.

ANATHÈMES

I. Si quelqu’un dit inacceptable la parole de Jésus-Christ rapportée en saint Marc  : «  Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé  ; celui qui ne croira pas sera condamné  » (Mc 16, 16), qu’il soit anathème.

II. Si quelqu’un dit que l’Église “subsiste dans” l’Église catholique romaine, signifiant par là que le peuple des justes rassemblés par l’Esprit forme une plus vaste communauté idéale que Dieu seul connaît et qu’il tient pour sienne, qu’il soit anathème.

III. Si quelqu’un dit que les communautés schismatiques, hérétiques ou excommuniées sont encore des moyens de salut suffisant, à cause des richesses chrétiennes conservées, nonobstant leur vice fondamental qui les oppose à l’Église de Jésus-Christ, qu’il soit anathème.

IV. Si quelqu’un dit que les sacrements reçus dans l’hérésie et le schisme suffisent à assurer l’union des personnes et des communautés dissidentes à la seule Église, qu’il soit anathème.

V. Si quelqu’un reconnaît la religion talmudique comme l’héritière de l’Alliance mosaïque, en attente du Messie promis, tenu en réserve pour elle, qu’il soit anathème.

VI. Si quelqu’un dit que le Dieu Unique des juifs et des islamiques est le Dieu chrétien, faisant ainsi injure au Père, au Fils et au Saint-Esprit dans leur très Sainte Trinité consubstantielle, qu’il soit anathème.

VII. Si quelqu’un ose affirmer positivement que sont dans la grâce ici-bas ou au Ciel auprès de Dieu, des âmes ou des multitudes qui vivent ou ont vécu hors de l’Église depuis le Christ, empiétant sur les secrets de la prédestination divine, qu’il soit anathème.

VIII. Si quelqu’un dit que l’Esprit-Saint œuvre pour le rassemblement du genre humain et son union à Dieu hors de Jésus-Christ et de son Église, qu’il soit anathème.

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