La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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2. Votre universelle complicité d’hérésie

LE bon peuple fidèle ne comprend pas comment Vous pouvez, Très Saint Père, rappeler la foi catholique si souvent et avec autant d’apparente fermeté, puis laisser courir toutes les hérésies possibles et imaginables sans jamais sévir contre leurs inventeurs et propagateurs. Il se souvient de vos Encycliques Mysterium Fidei de 1965 13 sept. 1965; Lettres 213 p. 1-3 et Sacerdotalis Cœlibatus de 1967 224 juin 1967; CRC 49 p. 1, 11 p. 1, de votre Profession de foi de 1968 330 juin 1968; CRC 10 et suppl. et, la même année, de la courageuse Encyclique Humanæ Vitæ 425 juil. 1968; CRC 10, suppl.. Il a souscrit de toute sa foi, dans son immense majorité, à ces actes doctrinaux de votre Magistère Ordinaire, écho fidèle de la Tradition catholique. Il a cruellement ressenti l’indifférence, voire l’hostilité organisée et jusqu’à la critique systématique de ces Actes de votre Magistère, de la part de beaucoup de prêtres, d’Évêques et d’Épiscopats entiers parmi les plus vantés. Cette insoumission ou cette ignorance affectée choquèrent les meilleurs de vos Fils, mais ils s’étonnèrent aussi que Vous laissiez les choses aller. Affirmer la vérité sans proscrire l’erreur est incompréhensible à tout esprit vraiment catholique.

De même, les fidèles s’étonnent de la différence grandissante qu’ils constatent entre la doctrine traditionnelle de vos Allocutions du mercredi, sauf exception, et le torrent des folles doctrines qu’ils entendent partout enseigner librement dans votre Église  ! Ils sont stupéfaits que le vacarme soulevé par les mauvais théologiens et prétendus moralistes contre votre Encyclique Humanæ Vitæ vous ait dissuadé depuis cinq ans d’écrire encore des Encycliques, comme si Vous abandonniez le combat et laissiez votre troupeau aux mains des mauvais bergers.

Personne ne comprend votre faiblesse. On l’excuse par la difficulté de votre tâche, par la dureté des temps, ou le péril de schismes… Cette confiance filiale et cette patience soumise seraient bonnes si elles ne créaient la rupture d’une opposition contrastée, forcenée, entre nos prêtres et nos Évêques “ modernistes ” d’une part, et Votre Sainteté d’autre part dont l’enseignement et l’action seraient en tous points traditionnels et saints. C’est une injustice faite à nos Évêques et à nos prêtres, dont la plupart seraient impeccables si Vous-même les mainteniez fermement dans la ligne stricte de l’orthodoxie. L’inexplicable tolérance, manifestée aujourd’hui dans l’Église à tous les échelons pour toute erreur, remonte d’abord et principalement à Vous, et tous se laissent entraîner. Non que Vous soyez seul responsable, mais Vous l’êtes suprêmement et tous les autres pasteurs ne le sont que par dérivation et subordination.

C’est pourquoi nous Vous accusons de complicité majeure avec toutes les hérésies qui surgissent en tous domaines et de toutes parts dans l’Église. Même les hérésies que Vous ne partagez pas, même celles qui vous font horreur, Vous ne les sanctionnez pas, ce faisant Vous les soutenez. Comme cela se voit, se sait, se comprend, les pires hérésiarques profitent de votre inertie pour empoisonner les âmes impunément, et non seulement vous êtes responsable par votre incurie, semblable à celle qui valut au Pape Honorius la sanction terrible de l’Anathème 5 Lettres 188 du 12 nov. 1964; CRC 25 p. 7 et 15; CRC 35 p. 12 , mais en bien des cas Vous vous avancez davantage et Vous marquez quelque faveur aux docteurs d’erreurs et de nouveautés pernicieuses. Vous faites leur éloge en passant, vous les tirez des griffes de vos propres Services, vous les nommez à quelque charge en vue, comme si vous éprouviez sans cesse le besoin de leur plaire, de vous affirmer leur ami… Comme si Vous faisiez bloc avec eux dans la cause commune de la Réforme conciliaire et de la création d’une Église nouvelle.

De cette incurie, de cette inertie et de cette complicité, j’ai dit plus haut les trois raisons essentielles. D’abord, Vous voulez faire amitié avec tous les hommes, jusqu’aux athées, jusqu’aux communistes, et ce désir de dialogue avec les adversaires du dehors vous contraint évidemment à respecter et honorer leurs amis du dedans. Ainsi, faire la paix avec les protestants en évitant de rappeler les condamnations anciennes, vous empêche de réprimer par de nouvelles condamnations l’actuelle protestantisation de l’Église. Et tout à l’avenant. Vous tolérez donc tout. C’est votre Libéralisme.

Plus profondément, Vous êtes persuadé que l’ouverture au monde nécessite une révision fondamentale du langage de nos dogmes et de l’expression de notre discipline canonique, pour les adapter aux conditions modernes de penser et de vivre. Vous vous sentez de ce fait hésitant et perplexe devant les formules les plus révolutionnaires. Vous vous demandez si, même extravagantes aujourd’hui, elles ne seront pas consacrées demain. Sont-elles des formes futuristes de la foi ou sa corruption  ? Vous hésitez. C’est votre part d’Évolutionnisme.

Enfin, cause majeure de votre affection pour toute hérésie, votre utopie politico-religieuse demeure sans lien vivant et affectif avec votre foi proprement dogmatique. Je n’ose croire que la contradiction entre ces deux registres de votre pensée, l’Utopie et la Foi, vous apparaisse clairement. Votre crime serait alors sans mesure. Du moins l’éprouvez-vous continuellement comme un malaise, un sentiment d’écartèlement  : la Foi ne vous paraît ni exaltante, ni utile, mais votre Utopie n’arrive pas à s’enraciner dans votre Credo. Vous enseignez la foi traditionnelle le mercredi et vous la trahissez le dimanche  ! En revanche, vous sentez très vivement l’accord, la solidarité, l’aide mutuelle que votre utopie politique entretient avec les hérésies dogmatiques et morales de notre temps. Vous ne pouvez évidemment pas les admettre. Du moins les tolérez-vous et manifestez-vous à leurs auteurs une active sympathie. C’est votre part de Modernisme.

TEILHARD DE CHARDIN

Pourquoi n’avez-vous pas condamné Teilhard  ? Le mal immense causé par le teilhardisme n’est plus à démontrer. Et si l’étoile du jésuite évolutionniste a beaucoup pâli, ce n’est pas que l’opinion soit revenue de ses erreurs mais plutôt qu’elle les a dépassées. Passe encore que Vous ne l’ayez pas condamné  ! Mais au moment où tous guettaient de Vous, de Vous plus que de tout autre, quelque signe, quelque indice favorable ou défavorable à l’énorme campagne mondiale menée par les Amis de Teilhard, Vous l’avez subtilement loué, détruisant les dernières digues.

C’était le 24 février 1966; Vous visitiez des Laboratoires pharmaceutiques  : «  Le Saint Père cite alors Teilhard de Chardin qui a donné une explication de l’univers et qui, parmi tant de fantaisies, a su lire dans les choses un principe intelligent qui doit s’appeler Dieu  ». L’homme saura engager «  ce gigantesque dialogue avec l’univers et faire monter… un hymne à Dieu, créateur et père de tous  » 6DC 66, 603; CRC 36 p. 7; cf. Lettres 231 p. 8, Lettr. Confid. 227 du 1er mai 1966.

Le peu que rapportèrent les journaux des propos que Vous avez tenus laissait percer l’affinité de son déisme vague avec votre propre tournure d’esprit. Son Évolutionnisme panthéiste forme un cadre idéal, quoique profondément inacceptable à votre foi, pour votre Utopie d’un progressisme mondial et d’une convergence de toutes les religions et de tous les hommes vers un but idéal  !

Vous savez que le point faible de sa vision, sur lequel le Jésuite adorateur de la Matière a toujours été sanctionné par Rome, est la négation du péché originel. Cette cassure n’a aucune place dans le progrès continu dont il fait la loi universelle. Vous, vous croyez au péché originel. Vous en avez rappelé en termes formels toute la doctrine selon le Concile de Trente, au Symposium de Théologie du 11 juillet 1966 7DC 66, 1345-1352; cf. CRC 10 p. 23, lequel, dit-on, ne vous a guère écouté ni suivi. Mais toute votre théorie de la Paix universelle et du Progrès irrésistible de la civilisation mondiale contredit cette foi et rejoint l’hérésie de Teilhard 8CRC 41 p. 7, “ homélie teilhardienne à Sidney ”.

Allons plus loin. Le Centre de notre religion, c’est la Croix du Christ notre Rédempteur. C’est le sacrifice propitiatoire du Calvaire et de la Messe. Ce mystère est totalement étranger au panthéisme cosmique de Teilhard. Mais il l’est presque autant, sauf votre respect, à votre propre vision du monde et de l’histoire  ! Relisez votre Discours à l’ONU, votre Discours du 7 décembre 1965 au Concile, Ecclesiam Suam, Populorum Progressio, Octogesima Adveniens… La Croix du Christ n’y figure jamais, ou à titre ornemental, presque comme une figure de rhétorique. Votre vision est celle de l’homme qui monte par le progrès de son propre effort. Vous ne pouvez condamner Teilhard sans fixer son erreur. Et Vous ne pouvez fixer son erreur sans Vous condamner Vous-même  ! Et ainsi, d’instinct, Vous deviez protéger votre Discours, parallèle au sien, en ne le condamnant pas et même en le louant, nonobstant ses nombreuses “ fantaisies ”, lesquelles Vous ne précisez pas parce qu’elles sont en partie les vôtres. Le teilhardisme a donc corrompu la foi de l’Église et sa morale depuis dix ans et il ne cède maintenant le micro de toutes nos églises qu’à de pires hérésiarques que lui.

Si je mens, condamnez les erreurs de Teilhard  !

LE CATÉCHISME HOLLANDAIS

L’histoire scandaleuse du Catéchisme Hollandais, de ses difficultés avec Rome, de sa diffusion universelle, est trop connue pour qu’il soit besoin ici de Vous la rappeler. Avez-vous su qu’on vient de le traduire en pakistanais et en arabe  ? Toute cette affaire s’est déroulée sous Votre Pontificat  ; c’en est l’une des plus graves.

Or nous devons constater deux choses, contradictoires  : la répression romaine et votre faiblesse.

La première est bien connue. Elle honore Rome, sa Curie, ses Cardinaux, et Vous-même qui avez répondu point par point à toutes les hérésies de ce prétendu Catéchisme dans la précision des articles de votre Credo. Je puis vous dire qu’au Saint-Office où j’étais invité à me rendre à ces moments-là pour l’instruction de mon Procès, la perspective d’une prochaine défense de la vraie foi par le Pape rendait tout le monde heureux  ; on m’annonçait d’avance, à mots couverts, que je pouvais signer ma rétractation et faire confiance au Pape qui allait merveilleusement restaurer dans tout son éclat la foi de l’Église. C’était en mai 1968. 9CRC 24 p. 6 Donc, toutes les erreurs pernicieuses de ce Catéchisme ont été discernées, répertoriées, signalées à ses Auteurs et le Pape a solennellement proclamé sa foi catholique, toute contraire…

La deuxième constatation qui s’impose attriste tous les bons catholiques et personne ne sait l’interpréter favorablement. Vous avez abandonné la lutte, vous avez supporté l’affront qui Vous était fait par une poignée de théologiens modernistes, à Vous, à la Curie romaine et ses dignes Cardinaux, à l’Église Apostolique toute entière. Et à Dieu  ! Vous avez laissé le livre empoisonné se répandre dans toute l’Église, sans aucune des corrections exigées par Rome. Vous n’avez pas osé prononcer de réprobation ni prendre de sanction contre quiconque.

Pendant ce temps, je l’étudiais minutieusement pour défendre les âmes contre son terrible péril 10Lettres 237; CRC 17 suppl., 20-21, 31-32, 34-35, 36 p. 7, mais c’est moi qui allais être sanctionné par Vous et non pas eux. J’écrivais en conclusion de mon travail  : «  Le silence de l’Autorité suprême de l’Église est à lui seul une complicité avec l’Hérésie et il porte un coup mortel à la foi. C’est ainsi que, de tout temps, les Pouvoirs prévaricateurs qui sont restés muets et inertes en face des schismes et des hérésies, ont été par la suite déclarés fauteurs d’hérésie, hérétiques eux-mêmes, tels les Conciles de Rimini Séleucie, et tel le Pape Honorius. L’Église n’a pu restaurer la certitude inviolable de sa foi et la dignité de son Magistère suprême qu’en les déclarant, et pour leur silence seul, anathèmes   » 11CRC 35 p. 12.

Non seulement Vous vous taisiez, mais Vous alliez bientôt joindre votre Voix au concert des admirateurs de l’hérésie. L’Italie s’était donné un nouveau catéchisme qui «  empruntait beaucoup au fameux catéchisme hollandais et également au catéchisme de l’Isolotto  », cette paroisse révolutionnaire de Florence que Vous savez 12CRC 31 p. 3 exergue, La Croix du 30 mars 1970. Eh  ! bien, Vous l’avez loué, cet hybride italien du Modernisme et du Progressisme les plus outrés. «  C’est un document inspiré par la charité du dialogue pédagogique qui démontre le désir et l’art de parler d’une manière appropriée, influente et simple, à la mentalité de l’homme moderne. Nous ferons bien de lui donner une grande importance et d’en faire le point de départ d’un grand, concordant et infatigable renouvellement pour la catéchèse de la génération présente. Cela exige le caractère fonctionnel (  ?) du magistère de l’Église  : nous lui devons honneur et confiance   » 13CRC 32 p. 3 exergue, La Croix du 11 avril 1970.

Je commentais, en style polémique je l’avoue  : «  L’autorité suprême a cédé, elle abandonne le terrain à l’hérésie moderniste. Beau joueur, le Pape félicite et honore le vainqueur. C’est beau, c’est grand, c’est généreux, ce ralliement de Rome à l’hérésie batave. Mais où sont les Credo d’antan  ? 14CRC 32 p. 3. Que Dieu me pardonne ma virulence  ! Je pensais avec la plus sainte des colères aux milliers d’âmes innocentes abandonnées à ces “ assassins de la foi ” que stigmatise toujours votre Cardinal Daniélou mais sans les nommer jamais. Je pensais que Vous laissiez par coquetterie votre peuple aux mains des pervers.

Mais le désir de plaire n’explique pas tout. Il me suffit de poursuivre la lecture de cette page de La Contre-Réforme pour tenir le pourquoi de votre acceptation du Catéchisme Hollandais. Lisons ensemble  : «  Dans ce catéchisme, Dieu n’apparaît décidément pas AUTRE que l’homme et le monde. Il est appelé “ l’Autre ”, mais comme le fond mystérieux de notre être… Jamais il n’est l’Être Transcendant souverainement libre par rapport à sa création. Il paraît nécessairement d’accord avec l’homme. Tout dissentiment, toute contradiction, tout abandon définitif paraît exclu. Le péché n’a de conséquences que subjectives, voire rhétoriques. Dieu est du côté de l’homme, tout occupé de son bonheur et luttant pour le lui procurer. De tels rapports excluent toute idée de roide justice, au profit d’un amour à sens unique et inconditionnel. Dieu pardonne toujours, à tous et tout le temps. Il aime  !

«  Le mystère de la Rédemption… se trouve par le fait aboli… La religion s’établit sans rupture, en continuité aimable avec la vie naturelle et mondaine. Elle apporte un “ supplément d’âme ”, le comble des aspirations intimes de l’homme  » 15CRC 32 p. 3.

J’arrête. Je pourrais tout lire… C’ est l’hétérodoxie de votre hétéropraxie. Vous faites comme si Dieu aimait sans condition, eux ils l’affirment. Vous faites comme si le “ sentiment religieux ” était un supplément d’âme émané de la conscience, eux l’affirment. Et tout à l’avenant.

Alors, Vous ne POUVIEZ PAS condamner le Catéchisme Hollandais, pas plus que Teilhard. Parce que Vous prônez la Liberté de pensée dont vous avez bien besoin Vous-même pour vos rêveries. Parce que la construction d’un monde fraternel exclut définitivement toute discussion dogmatique. Mais surtout parce que ce modernisme humaniste forme, mais Vous n’oseriez en convenir, le meilleur soubassement doctrinal de votre humanisme progressiste. Le succès de ce Catéchisme pervers est tel, d’ores et déjà, que vos chimères ne paraissent plus hérétiques à personne…

Si je mens, condamnez le Catéchisme Hollandais  !

LA NOUVELLE CATÉCHÈSE

Sur les entrefaites, dans une synchronisation étudiée 16Lettres 237; CRC 6-9, 12-14, 17, 17 suppl., 19 p. 2-6, 20 p. 1-2, furent mis en chantier par les Épiscopats, collectivités grégaires et irresponsables, de France, d’Italie, du Canada, d’Allemagne, des USA, bref, partout  ! des Catéchismes pour enfants absolument révolutionnaires. Ces livres devaient d’ailleurs n’être plus que l’accessoire d’une catéchèse vivante dont la nouvelle méthode était du plus pur immanentisme, comme vous en trouverez la démonstration indiscutable dans mon étude sur le “ Fonds Commun obligatoire ” français. Tenez, voici quelques titres de cette étude  : «  L’illuminisme substitué à la foi… L’appel à l’illusion d’une expérience religieuse vitale… L’aliment frelaté de cet illuminisme  : la lecture des signes   » 17CRC 7 p. 3-10. Je vous prie de croire que je ne pensais aucunement à Vous, à vos appels répétés à l’expérience religieuse, à vos invocations des signes des temps, à votre prétention à l’illumination directe de l’Esprit. Mais lisant avec Vous, Très Saint Père, le rapprochement s’impose. C’est AUSSI votre doctrine, du moins votre sentiment spontané.

Cette étude se trouve dans La Contre-Réforme Catholique d’avril 1968. Eh  ! oui, au moment même où j’étais convoqué au Saint-Office pour répondre de mes critiques du Pape et du Concile. Vous a-t-on raconté l’épisode  ? Dans la première séance de l’instruction du Procès, je déposai devant les Juges ce Fonds Commun Obligatoire et leur signalai que ce texte, véritable plan directeur de tous les nouveaux catéchismes à paraître prochainement, était une défiguration, une perversion systématique de la foi. Ils refusèrent le livre, protestèrent contre la digression et revinrent à mon procès. Mais, hors de séance, l’un des consulteurs voulut me délivrer de toute inquiétude. Il m’assura, avec une solennelle gravité, que «  jamais Rome n’avait laissé ni ne laisserait se répandre un catéchisme entaché d’hérésie  » 18Le 26 mai 1968 au Saint-Office  ; CRC 24 p. 8; 30 p. 8.

Les catéchismes parurent. Je consacrai toutes mes forces à leur réfutation, par écrit dans La Contre-Réforme Catholique au XXeSiècle durant les mois suivants, fin 1968, par la parole dans une véritable Croisade de conférences à travers toute la France, avec l’Abbé Coache, le Père Barbara, les Frères de ma Communauté et d’autres collaborateurs occasionnels. Les salles combles prouvaient l’angoisse des familles chrétiennes. CE QUI A BRISÉ NOTRE ÉLAN  ? MAIS VOUS-MÊME, TRÈS SAINT PÈRE  ! Vous m’avez envoyé le Cardinal Lefebvre, Membre du Saint-Office, l’un de mes juges, et précisément le grand responsable, comme Président de l’Épiscopat gallican, de toute cette pourriture doctrinale, de cette corruption de millions d’innocents, oui, lui, pour me formuler l’ultimatum d’avoir à me rétracter et à me taire. Et comme je contestais l’autorité de Représentant du Saint-Siège à cet indigne prévaricateur, Vous avez fait passer sur moi votre Justice d’Exception. J’ai été déclaré “ disqualifié ” et la Croisade a pris fin 19Le 10 août 1969; CRC 23 p. 2, cf.confid. no 11, CRC 24 p. 7 et 10.

Je suis donc fondé à déclarer que l’empoisonnement de toutes les générations montantes de petits baptisés catholiques par ces innombrables catéchismes nouveaux, modernistes, progressistes, érotiques et subversifs, est de votre fait. Vous êtes le responsable suprême, le Chef des assassins de nos enfants. Tête par tête, un à un, comptés et recomptés, leur nombre fournira le dénombrement de vos crimes à l’heure du Jugement. Cela se compte par millions.

Au Tribunal de Dieu, Vous ne répondrez pas que vous n’y pouviez rien. Ces arguments n’ont pas cours Là-Haut. Au tribunal de Rome, si vous avancez cette excuse, je la contesterai. Je connais vos Évêques, nos prêtres, nos catéchistes bénévoles. Sans votre active complicité à la poignée d’empoisonneurs archiconnus et déjà dispersés par Pie XII, tous enseigneraient de bon cœur le Catéchisme d’autrefois, dont le contenu est catholique et la méthode d’une meilleure pédagogie que celle des nouveaux livres.

Ne me parlez pas du Directoire de pastorale catéchétique 20Directoire Catéchétique Général, 11 avril 1971; CRC 46 p. 11. Le vrai et le faux, le meilleur et le pire s’y mêlent à balance égale. Il n’a gêné que les “ intégristes ”, ceux qui ne tolèrent pas le mélange de l’erreur avec la vérité. Si la nouvelle catéchèse continue, il n’y aura bientôt plus d’Église. Mais ce n’est pas Vous qui l’arrêterez, parce qu’elle épouse étroitement toute votre hérésie personnelle et l’étale par trente six autres hérésies captieuses qui convergent toutes dans ce Culte de l’Homme qui est votre véritable religion.

Si j’ai tort, condamnez ces Catéchismes pourris  !

CONTRE LE CARDINAL OTTAVIANI

Vous savez, Très Saint Père, la fidélité du vieux Cardinal à la Personne du Pape quelle qu’elle soit. Et comment le Cardinal Ottaviani, bafoué lors de la Première Session du Concile parce qu’il défendait l’honneur du Saint-Office, reçut de Vous l’ordre de se taire et de Vous laisser vous-même défendre ce qui était attaqué. Il se tut, Il se soumit. Il se voulut le carabinier qui garde le coffre-fort, et libre à Vous d’en changer le trésor fût-ce pour lui substituer des tas de cailloux. Il garde ce que Vous voulez y mettre, contre l’ennemi du dehors. Il n’envisage pas que l’ennemi puisse être son maître 21Interview au Cornera Della Serra  ; DC 66, 381; Lettres 156 p. 4, 158, 216 p. 1-2.

Poursuivant sa garde, il écrivit le 24 juillet 1966 une Lettre aux Épiscopats pour leur signaler dix erreurs ou dangers fort graves, assez répandus pour éveiller leur inquiétude 22Lettre aux Présidents des Conf. Episc.; DC 66, 1843; CRC 10 p. 12, 2O p. 3, 63 suppl.. Nos Évêques français répondirent évasivement 23DC 67, 327-338; cf. Lettres 242 p. 7. La réponse des Hollandais, publiée en 1968 24DC 68, 1096-1111, CRC 10 p. 12, 11 p. 3, 2O p. 3, 63 suppl., était une défense systématique des “ erreurs ” signalées et des hérésiarques qui les répandaient alors. Le rédacteur de cette réponse était d’ailleurs l’un des principaux d’entre eux, le P. Schillebeeckx. Mais, craignant le pire et prenant les devants, le Hollandais avertissait Rome, avec la plus grande insolence, de ne pas recourir à des condamnations. Sinon, gare  !

L’Église de Rome, votre Autorité Souveraine, étaient défiées par cette contestation publique qui leur était adressée touchant les points les plus importants de la foi  : les Sources de la Révélation, le caractère immuable des Définitions dogmatiques, la Divinité de Jésus-Christ, la Virginité perpétuelle de Marie, le Saint-Sacrifice de la Messe, le Sacrement de Pénitence, le Péché Originel et plusieurs principes importants de morale et de pastorale…

Vous n’avez pas réagi. Le fer était engagé, rompre serait s’avouer vaincu  ! Et c’était l’Année de la Foi  ! Je suis certain, pour ma part, que Vous ne partagez aucune de ces erreurs que dénonçait le Saint-Office. Pourquoi donc votre conviction, qui acceptait de s’exprimer publiquement, n’allait-elle pas jusqu’à vous faire un devoir de l’imposer à toute l’Église  ? Non  ! il est dit, promis, juré, que vous ne contraindrez jamais personne. N’êtes-Vous donc pas le Pape  ? Si vous en restez là, Vous vous comportez comme un particulier quelconque qui, atteint de scepticisme, exprimerait sa foi comme une opinion personnelle  ! Je veux croire votre foi très ferme, très convaincue, mais seulement viciée par votre libéralisme et noyée peu à peu dans le rêve de la foi en l’homme, de l’amour de l’homme, du culte de l’homme. Mais, pratiquement, c’est comme si vous aviez perdu la foi. C’est pire, parce que votre bonne opinion personnelle rassure sur votre mauvaise action de Pape.

Toujours est-il que votre Credo est partout battu en brèche  ; n’importe où, n’importe qui répand n’importe quelle hérésie, n’importe quelle négation monstrueuse de nos dogmes ou de notre morale. À qui la faute  ? À Vous, Très Saint Père, qui avez brisé la vaillance de votre Curie, par qui «  le grand Ottaviani est mort  » 25Lettres 216 p. 2; CRC 4 p. 2 et 14, 6 p. 3 et 4, en qui toutes les hérésies trouvent protection. À vous qui laissez se répandre dans l’Église, au Nom du Seigneur, ce qu’au Nom du Seigneur vous deviez bannir, fût-ce au prix de votre vie.

Si j’ai tort, jetez l’Anathème sur les Dix Erreurs Hollandaises  !

CONTRE LE CARDINAL WRIGHT

Cette autre affaire est toute récente. Elle remonte à un an. Vous la connaissez très bien, directement. Nous la connaissons aussi dans ses coins et recoins  ; son épilogue date d’hier 26CRC 55 p. 11, 56 p. 1-2, 57 p. 2; sur le Cal Tarancon cf. CRC 51 p. 3. Le Document émané de la Congrégation du Clergé, relatif à certains Actes de l’Assemblée “ évêques-prêtres ” espagnole de septembre 1971, constitue — pardonnez-moi de me citer moi-même 27CRC 56 p. 1 — «  la plus importante condamnation doctrinale du Modernisme et du Progressisme postconciliaires. Ce document s’inscrit dans la tradition constante du Magistère catholique et en particulier de son dernier acte indiscutable, l’Encyclique Humani Generis de Pie XII, du 15 août 1950   ».

Tenez, continuons la lecture de La Contre-Réforme Catholique au XXeSiècle, de mai 1972, alors que tous les documents venaient d’être publiés  :

«  Peu nous importe que, frappé à mort, le Cardinal Tarancon, chef de file du Progressisme espagnol, ait été sauvé par l’intervention à découvert du Cardinal Villot, Secrétaire d’État, et consolé chaleureusement par le Pape lui-même. Certes, l’un et l’autre l’ont assuré qu’ils ignoraient tout de ce document et qu’il fallait le considérer comme dénué de toute autorité comme de tout caractère obligatoire. Mais ni l’un ni l’autre n’a osé dire au Cardinal Tarancon, leur ami, qu’il avait raison, lui, et que le Cardinal Wright avait tort.

«  C’est donc le Cardinal Wright qui pense et écrit selon la foi. Que le Pape et son Secrétaire d’État pactisent avec l’erreur, cela les regarde. Mais que la vérité illumine de nouveau le ciel de Rome après tant de ténèbres, voilà qui est pour la Chrétienté plein d’espérance. Quand même, Rome a parlé  !   »

Quand même, cela veut dire  : malgré Vous  ! Rome a parlé, veut dire  : après Vous, elle parlera de nouveau  !

Je ne m’éloigne pas, Très Saint Père, de mon Acte d’accusation, en Vous rappelant les Conclusions de la Contre-Réforme Catholique, après la reproduction du Document en question  :

«  1. Le plus grave de cette affaire typique est ceci  : les actes de cette Assemblée espagnole “ ne semblent acceptables ni du point de vue doctrinal ni du point de vue pastoral ” (Document romain). Personne ne le nie. C’est trop évident. L’assemblée elle-même fut un brigandage, à force d’irrégularités, ce que signale le Document romain… Le caractère ambigu et cauteleux de ses rapports atteste la prépondérance dans cette Assemblée d’une mafia hypocrite pourrie d’idées subversives. Bref, avec le Cardinal Wright, c’est Rome qui se dresse, fidèle à sa mission divine, contre la double hérésie actuelle du Néo-modernisme doctrinal et du Progressisme révolutionnaire.

«  2. Force nous est de constater que cette mafia a été sauvée in extremis, de manière scandaleuse pour l’univers entier, par Paul VI et son Secrétaire d’État. Et elle a été sauvée par le brevet qu’ils lui ont décerné de fidélité à Vatican II et aux Actes du Pontife actuel  : “ Ses diverses initiatives pour le renouveau de l’Église, entreprises en se conformant aux directives du IIe Concile du Vatican et aux documents pontificaux… ” Cette conformité, proclamée par l’Autorité supérieure, de toutes les erreurs modernistes et révolutionnaires avec Vatican II et les Actes du Pape, contradictoirement à toute la Tradition du Magistère romain, instaure la dissension au cœur même de l’Église, et de Rome, et du Pape  !

«  3. Les plus attentifs de nos lecteurs auront remarqué le strict accord allant parfois jusqu’à l’identité de pensée et d’expression entre la critique de l’assemblée espagnole par le Cardinal Wright et … la critique des Actes de Vatican II par notre Contre-Réforme Catholique. Le Document de la Congrégation pour le Clergé mérite d’être retenu comme un acte du magistère ordinaire romain, préparatoire au IIIème Concile du Vatican, Concile de la Restauration Catholique   » 28CRC 56 p. 1-2.

La conclusion doctrinale est certaine. Vous avez pris parti contre la foi catholique, par sympathie et complicité avec le parti de la subversion espagnol. La conclusion humaine est désolante  : Vous venez de nommer Secrétaire de la Congrégation du Clergé, Mgr Romero de Lima, espagnol de la mafia progressiste. «  Il se situe nettement dans l’équipe de “ rénovation conciliaire ” autour du Cardinal Tarancon. On sait qu’une critique contre ce dernier, partie de la Congrégation du Clergé, avait voulu faire échec, en 1972, à l’élection du Cardinal Tarancon à la présidence de la Conférence épiscopale (affaire du “ Document ”). Aujourd’hui, c’est un évêque espagnol, ami du cardinal, qui va superviser les services de la Congrégation du Clergé  », note allégrement La Croix 29La Croix, 22 mars 1973. Chez nous, dit un proverbe, «  la vengeance est un plat qui se mange froid  ». Votre clan ne le laisse pas refroidir et je plains les bons serviteurs de l’Église qui tombent entre vos mains. Mais la Vérité du Seigneur demeure éternellement, hors de vos prises.

TOUT UN FOISONNEMENT D’HÉRÉSIES

À quoi bon multiplier les citations. Ces faits irrécusables, et combien d’autres portés à la connaissance parfaite de tous les Évêques, Supérieurs d’Ordres, Directeurs de Séminaires, Recteurs d’Universités catholiques, ont convaincu tout ce qui a autorité dans l’Église que, Paul VI régnant, il ne fallait plus condamner personne ni combattre aucune erreur, aucune indiscipline. «  Ne contraindre en rien, ne rien empêcher   ». Le flot de l’hérésie, de l’impiété, a soudain monté et débordé partout à la fois dans le monde et, choc en retour, maintenant l’Église se plaint que le monde est devenu bien mauvais  !

La vérité est autre. Une petite centaine d’agitateurs se moque de trois mille Évêques et de Rome, sous le couvert d’un Pape partisan.

Tenez, CARDONNEL  ! Quand, après mai 1968, il lui a été demandé de présenter quelques explications sur ses écrits incendiaires, tous ont commencé à s’écarter de lui, même ses meilleurs amis, opinant qu’il avait été trop loin. Vous l’auriez condamné alors, Vous l’auriez sauvé. Et personne n’aurait protesté. Il l’a raconté lui-même dans son livre “ J’ai épousé la Parole ” 30pp. 140-186; sur Cardonnel CRC 5, 19 p. 7, 63. Mais il a fourni au Cardinal Lefebvre — toujours le même — une “ Profession de foi ” où sa folie hérétique se dissimule à peine 31pp. 187 et sq.; CRC 19 p. 7, 63 p. 3. Et en voilà assez pour «  … clouer le bec à tous   »  : «  grâce au canal du cardinal Lefebvre, le pape me fait parvenir ses félicitations, son encouragement pour l’avenir   » 32p. 203; CRC 63 p. 3.

Ainsi relancé, voilà Cardonnel plus fou que jamais, et intouchable  ! Son dernier bouquin est un long blasphème, une haineuse logorrhée contre Dieu, Notre Père du Ciel, qu’il assimile à Hitler, à Staline, à Satan le Prince de ce monde, pour finalement le traiter, Lui, Dieu d’«  immonde salaud  » 33p. 282; CRC 63 p. 4. Voilà le fruit de vos encouragements au vice et à la déraison.

Si je mens, hâtez-vous de condamner ce livre abominable  !

Et SCHILLEBEECKX  ! Le monde a su, un beau jour d’octobre 1968, que la Congrégation pour la Doctrine de la foi allait examiner ses écrits 34DC 68, 2005; CRC 13 p. 1-2 d’oct. 68, 20 p. 5, 26 p. 13, 37 p. 5, 43 p. 11; Lettres 251 p. 8-9. C’est son ami Karl Rahner, chargé de sa défense, qui l’avait révélé à la presse, en violant d’ailleurs le secret du Saint-Office. La mafia de Concilium aussitôt de protester contre cette atteinte inouïe aux droits de l’homme, à la liberté de la recherche, à l’autonomie du théologien… 35DC 68, 2006; cf. Conf. No 6, 63 Suppl. p. 1-2 et CRC 11 p. 3-4; 38 p. 1 Tout ce bruit ne faisait pas beaucoup de force et n’avait aucun impact sur l’opinion.

Eûtes-vous peur  ? Rome recula. Et, comble de honte, la Congrégation démentit même avoir ouvert «  aucun procès doctrinal  » au théologien néerlandais, ajoutant outrageusement  : «  et on ne voit pas pour quelle raison il devrait y en avoir un  ». Et encore  : «  Il n’y a pas eu de procès doctrinal de cette sorte depuis 1800 au moins  », alors qu’ils étaient — de force, il est vrai  ! — en plein dans le mien. Et toute la suite de cette déclaration est si déshonorante, de servilité et de lâcheté, que c’en serait risible, si ce n’était à pleurer  ! Il y a pourtant, dans l’œ uvre de Schillebeeckx, à côté de parties remarquables, matière à un bon procès doctrinal pour le bien de l’Église et pour l’extirpation de toutes les hérésies  ! Ne croyez-Vous pas que ces reculades-là sont démoralisantes pour ceux qui luttent encore  ?

Et HANS KUNG  ! Il était convoqué au Saint-Office au même moment que moi 36Lettres 155 p. 2, 193 p.4, 206 p. 7-8, 25 p. 7, 30 p. 8, 37 p. 5-7, 42 p. 2, 43 p. 11, 55 p. 2, 13 p. 1-2. J’y allai, lui refusa. Et il continua de plus belle sa critique des institutions divines de l’Église. N’a-t-il pas une photographie qui le représente souriant aux côtés du Pape, lui  ! Votre ami a donc poursuivi son œuvre de ressourcement théologique, en persiflant votre Humanæ Vitæ. Son dernier livre, “ Infaillible  ? ”, en prend argument pour détruire la doctrine de l’infaillibilité pontificale, pourtant définie solennellement par le Premier Concile du Vatican. Le livre a été traduit en italien et publié à Rome même. Et Vous le tolérez  ? Alors, c’est que tout est permis, même d’attenter à Votre fonction, même de Vous insulter en face  !

Voilà pourquoi l’Église est pourrie, pourrie par sa Tête. On ne sait plus ce que l’on croit, si même on croit encore  ! Ni s’il est juste, s’il est bon de croire encore. Votre abbé SIX, jeune garçon sympathique en voie de corruption accélérée, depuis qu’il est membre de je ne sais quel Secrétariat pour les non-croyants, enseigne aux fidèles qu’il est naturel et honnête de ne pas croire et que les athées ont ainsi beaucoup à nous apprendre. À l’entendre, on a plutôt l’impression qu’il n’est ni naturel ni honnête de croire et qu’il y a dans notre foi une bonne part d’hypocrisie, le reste n’étant que routine. Je cite celui-là parmi cent autres parce qu’il est votre disciple et qu’il vous cite pour appuyer ce langage corrosif ou pour annoncer que la foi chrétienne va encore énormément reculer dans le monde devant l’athéisme. C’est Vous et Vatican II, dit-il, qui avez réhabilité l’incroyance 37Eccl. Suam  ; DC 64, 1089, Lettres 181 p. 3, et il dit vrai  !

Et Dom Bernard BESRET, ci-devant abbé de Boquen la Thélème aux trois moines. Selon sa foi, le Christ est Dieu… parce qu’il est parfaitement homme 38Échange avec P. Debray, Rennes 30 avril 1972; DC 72, 468; cf. CRC 26 p. 2, 42 p. 1, 53 p. 2  ! Et HOURDIN qui écrit, tout naturellement, pour ses centaines de milliers de lecteurs que Jésus était «  fils de la Vierge Marie et de Joseph le charpentier…  » 39CRC 52 p. 12, 53 p. 1-2, 54 p. 15, 63 suppl. p. 3 Gilbert CESBRON, nouveau Président du Secours Catholique, refuse, quant à lui, de nommer la Vierge Marie de son titre de “ Mère de Dieu ” parce que ce vocable, proclamé au Concile d’Éphèse en 431  ! est absurde, faisant de Marie «  la créatrice du créateur  »  !  !  ! 40Le Pèlerin, 10 décembre 1972; cf. Abbé Deen, dans la Pensée Catholique 142 Et le P. Xavier LÉON-DUFOUR qui suppose le Corps de Jésus désintégré en deux jours et volatilisé dans son tombeau, puisqu’on ne l’a pas retrouvé  ! Car la Résurrection est pour lui tout autre chose que «  la réanimation d’un cadavre  »…41

Résurrection de Jésus et Message Pascal p. 304, note 43 (1 ère édition)Etc… etc… etc… Chacun y va de son invention.Et toujours, Vous et votre Concile êtes solidairement invoqués comme les garants de ces nouveautés, de ces “ recherches ”, de cette corruption de la foi. Le pire, c’est que c’est vrai  ! Pour le peuple fidèle, c’est un épouvantable et continuel matraquage spirituel. La négation de toute distinction de l’âme d’avec le corps et de toute survie personnelle est courante aujourd’hui dans la “ catéchèse ”. Plus personne n’enseigne l’Enfer éternel, et les prêtres ne parlent plus du bonheur du Ciel. Comment voulez-vous encore que la sainteté fleurisse dans l’Église  ?

Ah  ! Vous avez bien entraîné tout votre peuple dans votre chimère politique. La foi en l’Homme a remplacé la foi en Dieu, la Cité terrestre à construire fait entièrement oublier la vie éternelle à gagner et le Royaume de Dieu à étendre 42Lettres 238 pp. 6-8. La passion du bien-être et des jouissances charnelles mène à déserter les églises  : le CULTUREL remplace, Paul VI régnant, le CULTUEL abandonné. La Messe est changée en repas de partage fraternel d’un même pain.

La grande préoccupation de nos prêtres et de nos religieuses, hier vierges consacrées, c’est l’initiation sexuelle permanente. Comme l’essentiel est dit en peu de mots, on emploiera des heures à l’étude de l’art de jouir, des anomalies et des vices contre nature, des méthodes contraceptives et abortives. L’Église, hier admirée du monde pour sa continence, le remplit aujourd’hui de ses obsessions charnelles. Nos théologiens en sont à la libéralisation de l’avortement… Chaque jour c’est la Passion de l’Église, sous Paul VI Pape.

SOUS PAUL VI PAPE. Comme chante notre Credo  : SUB PONTIO PILATO …

IL FAUT EN FINIR AVEC L’HÉRÉSIE

Toute la question est de savoir si l’Église de toujours avait raison, justice et charité, dans sa proscription systématique de toute hérésie et de tout schisme. Sa foi était ainsi assurée, confirmée, protégée par cette loi souveraine  : toute erreur, toute attaque contre le dogme, la morale, la liturgie des sacrements, les institutions ecclésiastiques devait être poursuivie et réprimée, sans aucune exception. Et la foi devait être garantie, conservée, soutenue par la loi. Oui, la loi de l’Église et la loi de l’État Catholique  !

Vous avez changé cet ordre en désordre et, du Pape jusqu’au dernier plumitif de Bonne Presse, chacun émet des opinions nouvelles audacieuses, aventureuses. Plus elles sont osées, risquées, plus elles sont proclamées apostoliques, généreuses, sincères et courageuses. C’est la défense de la foi qui récolte toutes les avanies, tous les soupçons, toutes les contradictions. Si cela continue, l’Église est perdue.

Je pourrais arrêter là ce Livre. Il suffirait amplement à votre condamnation. Car Vous savez, Très Saint Père, les deux conditions de toute vraie Réforme de l’Église “ in capite et in membris ”  ? Il faut d’abord que le Souverain Pontife soit Lui-même indemne de tout reproche, de tout soupçon sur sa foi. Et il faut ensuite que le Pape n’hésite pas à frapper l’Hérésie à la tête, dans ses complices les plus élevés, jusqu’aux plus hauts sommets de l’Église.

Ces deux urgences Vous atteignent directement. LA TÊTE DE L’HÉRÉSIE, de toutes les hérésies actuelles, de par votre Autorité Souveraine qui les propage ou les protège, C’EST VOUS. Comment pourriez-Vous être VOUS-MÊME encore LA TÊTE DE L’ÉGLISE, pur de toute faute, indemne de tout soupçon, digne et capable enfin d’écraser toute hérésie dans le monde, avec le secours de Marie  ?

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