La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Méditations quotidiennes

Vendredi 1er mars
Samedi 2 mars
Dimanche 3 mars
Lundi 4 mars
Mardi 5 mars
Mercredi 6 mars
Jeudi 7 mars
Vendredi 8 mars
Samedi 9 mars
Dimanche 10 mars
Lundi 11 mars
Mardi 12 mars
Mercredi 13 mars
Jeudi 14 mars
Vendredi 15 mars
Samedi 16 mars
Dimanche 17 mars
Lundi 18 mars
Mardi 19 mars
Mercredi 20 mars
Jeudi 21 mars
Vendredi 22 mars
Samedi 23 mars
Dimanche 24 mars
Lundi 25 mars
Mardi 26 mars
Mercredi 27 mars
Jeudi 28 mars
Vendredi 29 mars
Samedi 30 mars
Dimanche 31 mars

Jeudi 28 février

Il vaut mieux être condamné à mort ici-bas et, dans cette condamnation à mort, trouver le principe de son salut, se retourner vers Dieu, que de vivre ainsi dans son vice et de scandaliser, de souiller des êtres innocents, parce que Dieu ne pourra pas avoir pitié d’hommes pareils au jour du jugement. Jésus est possédé par une colère sacrée contre ceux qui sont cause de corruption des autres et puis ceux qui se corrompent eux-mêmes, et c’est tout un coup l’effroi de l’enfer éternel qui est là devant les yeux du Christ et qui lui fait parler avec véhémence. Il faudra passer par la purification du feu. Cette parole-là est au moins une annonce du purgatoire, c’est la révélation du purgatoire, c’est une atténuation de cette terrible menace de la géhenne. Tout d’un coup, on s’aperçoit que la vie est extrêmement sérieuse, qu’elle est dramatique, à cause de cette pensée de Jésus sur les enfants qui pourraient être détournés de croire en Lui.

Notre Père, commentaire de l’évangile selon saint Marc, 1986

Vendredi 1er mars

Premier Vendredi du mois

Nous avons grand besoin de l’intercession de saint Joseph et de la méditation de ses vertus.

Considérons surtout son détachement par rapport à lui-même. Nous avons tous un effort à faire pour nous renoncer à nous-mêmes.

Saint Joseph a fait tout ce que Dieu voulait de lui, mais n’a rien recherché par lui-même. Comme lui, pratiquons  :

– l’oubli de soi

– le désintérêt de soi.

N’oublions pas que saint Joseph est le patron des causes désespérées. Ayons donc confiance en son patronage, prions-le, puis vivons dans l’abandon à Dieu et dans la joie.

Notre Père, 1er mars 1978

Samedi 2 mars

Premier Samedi du mois

D’un mois à l’autre, nous trouvons quelque chose à dire, à comprendre sur l’excellence, la tendresse, la pureté, la douceur, la miséricorde, la sainteté de la Vierge Marie et cela lui fait plaisir dans le Ciel, parce que nous obéissons à la demande qui nous en a été faite. Jésus a voulu que nous priions son Cœur. Dans l’Office du Très Saint Cœur de Jésus et Marie, composé par Saint Jean Eudes, saint Bernardin de Sienne, pour admirer la Vierge Marie, fait le total des paroles que Notre-Dame a prononcées durant sa vie et qui nous ont été conservées par l’Évangile. Sept paroles et pas plus  ! Imaginons les millions de paroles inutiles que nous avons prononcées dans notre vie  ! Ces paroles de la Sainte Vierge sont, au dire de Saint Bernardin, d’une lumière, d’une richesse, d’une tendresse sublimes. Ce sont les pensées sublimes de ce Cœur virginal qui se sont exprimées ainsi.

Notre Père, 2 mars 1996

Dimanche 3 mars

Jésus dénonce l’inutilité de la “ justice ” des scribes et des pharisiens. Il montre très bien comment, avec toutes les prescriptions de détails qu’ils ont ajoutés à la Loi, ils détournent de l’obéissance à la Loi. Il dénonce leur ostentation et leur hypocrisie, dont nous n’avons plus du tout l’idée. Nous n’avons qu’à lire ces chapitres de Matthieu et de Luc, dans le discours sur la montagne  : comment ces gens-là se mettaient au coin des places publiques quand il y avait beaucoup de monde et ils priaient beaucoup à haute voix, pour qu’on les remarque et qu’on sache que c’étaient eux les saints dans le peuple, ce qui leur permettait de mépriser les gens qui ne faisaient pas leur prière de la même manière. Ils jugeaient tout le monde  : c’est la parabole de la paille et de la poutre.

Contre tous ces faux prophètes, Jésus le dit  : «  Vous les jugerez à leurs fruits. Regardez donc ce qu’ils font.  » Jésus veut libérer le peuple de l’emprise de ces mauvais juifs, de ces juifs perfides, de ces juifs qui, depuis longtemps, ont trahi la Loi de Moïse pour asseoir leur autorité sur une prétendue valeur morale, qui n’est pas véritable. Jésus, comme saint Jean-Baptiste, les appelle “ race de vipères ” (Mt 12, 34).

Notre Père, l’Évangile éclairé par les Psaumes 1982

Lundi 4 mars

Saint Casimir

Je remercie Jésus qui vous a regardé d’un regard d’amour comme autrefois le jeune homme de l’Évangile. Plus heureux que lui vous avez répondu fidèlement à l’appel du Maître, vous avez tout quitté pour Le suivre, et cela au plus bel âge de la vie, à 18 ans. Ah  ! mon frère, comme moi vous pouvez chanter les miséricordes du Seigneur, elles brillent en vous dans toute leur splendeur… (…) Ah  ! mon cher petit frère, depuis qu’il m’a été donné de comprendre aussi l’amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu’il a chassé de mon cœur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur la force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment, lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour  ?

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, lettre à l’abbé Bellière, 21 juin 1897

Mardi 5 mars

La Sainte Face de Notre-Seigneur

La charité que Notre-Seigneur nous enseigne est d’une autre nature, que j’ai résumée en deux mots qui s’apprennent par cœur  : qui aime aide. Comment aider  ? Précisément, le moine et la moniale ont tout quitté. Ayant tout quitté, ils sont prêts à donner de leurs services, à donner leur cœur, à donner leur énergie, à donner toutes leurs forces pour celui qui passe. C’est ainsi que le moine et la moniale appartiennent à un monastère. Très vite, les moines, même les ermites, ont conçu qu’il fallait, pour aider les gens qui passaient, des structures d’accueil. La grande structure d’accueil que même l’ermite, au fond de son désert, entretient, à laquelle il est rattaché précisément pour la charité, c’est l’Église catholique. Or, la charité envers le prochain, la meilleure, la plus parfaite qui soit, consiste à recevoir celui que Dieu nous donne pour l’inscrire dans l’Église, pour le mettre dans le sein de l’Église où il recevra tout, au temporel même et au spirituel.

Notre Père, 15 juin 1986

Mercredi 6 mars

Mercredi des Cendres, Sainte Colette, Saintes Perpétue et Félicité

Quand on va faire pénitence, sévèrement, pendant quarante jours, il ne faut pas commencer à prendre la chose avec une mine sévère et tomber ainsi dans la déprime  ; il faut toujours se rendre compte que nous avons intérêt à souffrir sur la terre pour jouir dans le Ciel, selon l’enseignement de sainte Thérèse. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait que, quand elle était petite, elle souffrait sans comprendre les croix que Dieu lui envoyait et que c’était bien pénible. Ensuite, elle a compris, fort jeune d’ailleurs, qu’elle souffrait parce que le Bon Dieu voulait cela pour le bien de son âme. À partir de ce moment-là, elle a compris la souffrance et elle a porté ses croix avec beaucoup plus de ferveur.

Il faut que nous portions les souffrances du carême avec la joie de souffrir quelque peu, par amour de Notre-Seigneur et le salut des âmes. Ce carême, dans son petit espace de temps, est l’exercice de cette marche vers la perfection qui doit nous conduire dans une vie humaine jusqu’au Ciel.

Notre Père, 24 février 1993

Jeudi 7 mars

Saintes Perpétue et Félicité, Saint Thomas d’Aquin

Mon choix définitif du Carmel était basé sur une conviction intime que là où il y avait plus de souffrance il y avait plus de bénéfices, que là où il y avait une existence plus obscure, une mort plus totale à soi-même, jaillissait un rayonnement de vie plus intense et je préférais renoncer moi-même à des joies fugitives, pour mériter à d’autres les joies éternelles.

La vie de missionnaire m’avait beaucoup souri, j’aurais voulu partir évangéliser des contrées lointaines. Ce désir était prononcé en mon âme comme il l’avait été en ma Thérèse chérie et, à mon tour, j’étais forcée d’avancer en détournant la tête. Je fais allusion à ce trait de notre vie  : c’était pendant le voyage de Rome. Un prêtre nous passa une annale relatant l’apostolat de femmes missionnaires. En le recevant les traits de Thérèse s’épanouirent, mais bientôt elle me dit  : «  Rends cet écrit à son propriétaire, je ne veux pas le lire parce que j’exciterais par là des attraits que je ne veux pas suivre.  » Ce qu’elle voulait c’était s’ensevelir au Carmel afin d’être oubliée et comptée pour rien, car elle estimait qu’il n’y avait d’œuvre féconde et durable que la seule sainteté dans la mort totale à soi-même.

Mémoires et Récits de Céline

Vendredi 8 mars

Saint Jean de Dieu, Sainte Couronne d’épines

Qu’est-ce que la dévotion au Sacré-Cœur  ? Comment savoir si nous avons de la dévotion pour le Sacré-Cœur de Jésus  ? Oh  ! depuis 1917, c’est très facile  : la dévotion au Sacré-Cœur consiste à avoir un culte pour le Cœur Immaculé de Marie, puisque le Sacré-Cœur de Jésus nous donne lui-même l’exemple de ce culte. C’est au point qu’on ne peut même plus les distinguer l’un de l’autre. À Tuy, sœur Lucie a vu le Cœur Immaculé de Marie dans la main gauche de la Sainte Vierge, mais ce Cœur Immaculé était revêtu des emblèmes dont est revêtu le Sacré-Cœur de Jésus depuis les apparitions de Paray-le-Monial au dix-septième siècle  : «  sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes  ».

La couronne d’épines, c’est le noble diadème que les soldats de Pilate ont tressé pour le plus noble des rois et qu’ils ont enfoncé sur sa tête après avoir entendu ses déclarations au procurateur romain qui lui demandait  : «  Es-tu le Roi des Juifs  ? Et Jésus lui répondit  : «  Tu le dis.  » (Lc 23, 3)

Notre-Dame a révélé à Fatima que Notre-Seigneur voulait faire d’Elle la Reine du monde, la Reine en titre, effective, réunissant dans ses mains tous les pouvoirs. Et Elle l’a prouvé par des miracles éclatants. C’est comme s’il s’était retiré la couronne de la tête, pour la poser sur la tête de sa Mère. Avec les épines… de quoi percer le Cœur de cette Mère très sage et très puissante, très bonne et miséricordieuse.

Frère Bruno de Jésus-Marie, 29 juin 2003

Samedi 9 mars

Sainte Françoise Romaine, Saint Dominique Savio

Le Carême est appelé “ saint ” parce que les fidèles sont particulièrement invités, pendant ce temps, à s’éloigner du monde et de ses préoccupations ordinaires, pour se consacrer plus à Dieu par la pénitence et la conversion intérieure. Les cendres nous ont rappelé que la vie est brève et qu’elle est une épreuve  : il faut mourir en ce monde pour vivre dans l’éternité  !

Il faut le savoir, notre vie sera tentée de la même manière que l’a été celle du Christ. Tout cela est pour notre enseignement. Nous devons avoir confiance en notre Père du Ciel durant ce Carême comme durant les épreuves et les tentations de notre vie. Dieu n’abandonne pas ceux qui suivent Jésus. Jésus a été plus fort que le démon. Relisons le psaume que nous chantons dans les complies du dimanche et des fêtes. Ce psaume merveilleux nous donne confiance parce que Dieu entoure celui qu’Il aime et qui a confiance en Lui. Dans le désert et au milieu du tourment des tentations, nous n’avons qu’une chose à faire en relisant ce psaume  : nous abandonner à Dieu. Nous ne sommes pas forts, mais Dieu est plus fort que le démon.

Notre Père, 24 février 1980

Dimanche 10 mars

1er dimanche de Carême, Quarante Martyrs de Sébaste

Le trait du 1er dimanche de carême est un chant très caractéristique du carême et pour les moines et les moniales adonnés à la contemplation ce chant est un bonheur. Cette mélodie est extraordinairement impressionnante. C’est un hymne ou une mélodie, presque une lamentation, mais de confiance en Dieu. C’est le psaume que nous chantons tous les dimanches et jours de fête à complies, où Dieu se fait notre protecteur, nous nous réfugions sous les ailes du Bon Dieu. Dans le temps du Carême l’Église nous invite en nous faisant répéter «  scapulis suis obumbrabit tibi  » à nous réfugier sous les ailes de Dieu qui nous protégera, qui sera comme un bouclier. Pourquoi cela  ? Parce que la vie est difficile. Ce long trait nous appelle à la confiance invincible en Dieu. Le démon s’est approché de Jésus pendant ce grand jeûne des 40 jours. Dans la vie on a des tentations. Le Christ les a eues pour nous montrer qu’il savait ce que c’était. Évidemment il en a été vainqueur, mais il les a éprouvées dans sa chair, dans son imagination, dans son esprit. Personne ne peut dire qu’il est un type à part, que Dieu l’a maudit, nous sommes tous comme Jésus-Christ et nous avons les réponses données par Jésus.

Notre Père, 12 février 1989

Lundi 11 mars

Jésus ne veut pas que nous trouvions dans le repos sa présence adorable, Il se cache, Il s’enveloppe de ténèbres. (…) Combien fut petit le nombre des amis de Notre-Seigneur quand Il se taisait devant ses juges  !… Oh  ! quelle mélodie pour mon cœur que ce silence de Jésus… Il se fait pauvre pour que nous puissions Lui faire la charité, Il nous tend la main comme un mendiant afin qu’au jour radieux du jugement, alors qu’il paraîtra dans sa gloire Il puisse nous faire entendre ces douces paroles  : «  Venez, les bénis de mon Père, car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, je ne savais où loger et vous m’avez donné un asile, j’étais en prison, malade et vous m’avez secouru.  » C’est Jésus Lui-même qui a prononcé ces mots, c’est Lui qui veut notre amour, qui le mendie… Il se met pour ainsi dire à notre merci, Il ne veut rien prendre sans que nous le lui donnions, et la plus petite chose est précieuse à ses yeux divins…

Ma Céline chérie, réjouissons-nous de notre part, elle est si belle, donnons, donnons à Jésus, soyons avares pour les autres mais prodigues pour Lui…

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, lettre à Céline, 2 août 1893

Mardi 12 mars

Saint Pol de Léon, Saint Grégoire Ier

Le Pater, c’est la prière du «  moine-missionnaire  » qui se veut, à l’exemple et à la suite du Père de Foucauld, «  frère universel  ». Et il ouvre sur l’Ave Maria parce que c’est la Sainte Vierge, Médiatrice de toutes grâces, victorieuse de toutes les hérésies, qui nous détourne de succomber à la tentation, et qui nous délivre du mal en écrasant la tête du Serpent. Et c’est pourquoi «  Leur prière répétée sera le Pater  », la prière que Jésus nous a enseignée  : «  Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal.  » C’est un exorcisme. Le chapelet, c’est toute la révélation, c’est toute la religion. C’est pourquoi Notre-Dame a répété à chacune de ses apparitions  : «  Récitez le chapelet tous les jours.  »

Frère Bruno de Jésus-Marie, 11 septembre 2010

Mercredi 13 mars

Mercredi des Quatre-Temps

Je vais faire comme Jonas. On va continuer à être l’objet de moqueries, de persécutions. Nous, ce n’est rien, mais quand c’est au Timor et qu’il y a des fusillades, c’est quand même important. Que fait Dieu  ? C’est un mystère. De toute manière, nous avons raison. Nous n’aurons pas raison peut-être tout de suite, mais Dieu aura raison à la fin et c’est son parti que nous avons pris une bonne fois pour toutes. Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi la France est toujours épargnée. Pour une fois où elle en prenait dur, cela ferait du bien, et à nous aussi par le fait même. Et puis, ça passe. Les anges ont à peine usé de leurs fouets qu’ils sont fatigués et rentrent au Ciel. On va reprendre la vie comme cela  ? Ô mon Dieu, pourvu que non  !

Vous voyez quelle est la mentalité d’un prêtre traditionaliste aujourd’hui. Seigneur, punissez-les, plutôt que de les laisser corrompre notre peuple jusqu’au bout. Ce n’est pas possible. Je croyais que ce serait aujourd’hui… je suis pour qu’on prie Dieu qu’Il nous châtie, mais sans être trop cruel pour tous les gens qui souffrent et qui sont innocents.

Notre Père, 1er janvier 2000

Jeudi 14 mars

Sainte Mathilde

Notre-Seigneur ne peut être laissé seul dans sa Passion. Il nous appelle à compatir à ses souffrances. Certes, il est l’athlète de Dieu, homme rayonnant la puissance de la divinité. Il accomplit son devoir avec fermeté, courage, afin qu’un jour, ses apôtres comprennent que c’est cela, être chrétien. Jésus doit sauver le monde par sa Croix, alors il avance.

Nous pourrions croire qu’il suffit d’admirer Jésus et de bénéficier de sa Croix, c’est en partie vrai car Jésus nous a sauvés tout seul. Dans son ombre, se tenait seulement l’Immaculée, la Vierge Marie  : à eux deux, ils ont sauvé le monde  ! Méditons sur la splendeur de notre athlète qui nous a sauvés lui seul et a donné, à des milliards d’hommes, la possibilité d’aller au Ciel, à condition qu’en retour ils l’aiment ainsi que sa Mère.

Cependant, puisque Jésus a tout fait avec tant de courage, que la Très Sainte Vierge a montré tant de fidélité et de courage pour que nous soyons sauvés, nous pourrions peut-être quand même y ajouter quelque chose. C’est même recommandé. Émus de ce dévouement de Jésus et de Marie pour la masse des hommes dont nous sommes, ayons à cœur de faire un petit quelque chose ici-bas, pour ne pas les laisser seuls, pour participer un peu à l’œuvre du salut du monde.

Notre Père, 19 mars 1995

Vendredi 15 mars

Vendredi des Quatre-Temps, La Lance et les Clous sacrés de NSJC, Ste Louise de Marillac

Regardez, ô Père Éternel, la Croix, les clous, la couronne d’épines, le roseau, les fouets sanglants, la colonne, la lance, le sépulcre, le Saint Suaire et tous les instruments qui ont servi à la Passion de Jésus, votre Divin Fils. Nous vous les offrons pour l’honneur et la gloire de votre Saint Nom et pour le salut de la France.

Sœur Marie de Saint-Pierre

Samedi 16 mars

Samedi des Quatre-Temps

Céline, penses-tu que sainte Thérèse ait reçu plus de grâces que toi  ?… pour moi je ne te dirai pas de viser à sa sainteté séraphique, mais bien d’être parfaite comme ton Père céleste est parfait  !… Ah  ! Céline, nos désirs infinis ne sont donc ni des rêves ni des chimères puisque Jésus nous a lui-même fait ce commandement  !… Céline, ne trouves-tu pas que sur la terre il ne nous reste rien  ! Jésus veut nous faire boire son calice jusqu’à la lie en laissant notre cher petit Père là-bas, ah  ! ne lui refusons rien, il a tant besoin d’amour et il est si altéré qu’il attend de nous la goutte d’eau qui doit le rafraîchir  !… Ah  ! donnons sans compter, un jour il saura nous dire  : «  maintenant mon tour.  »

Sainte Thérèse, lettre à Céline, mai 1890

Dimanche 17 mars

2e dimanche de Carême, Saint Patrice

Nous ne devons pas nous laisser abuser par le spectacle de la Transfiguration qui nous est donné aujourd’hui, nous sommes toujours dans la liturgie de carême, nous ne pensons pas à la gloire qui viendra après, mais nous sommes dans les mystères douloureux, nous devons nous enfoncer, nous aussi, dans les tribulations de notre Maître, car le disciple n’est pas supérieur à son Maître, disait Jésus, et s’ils m’ont haï et persécuté, ils vous haïront et vous persécuteront à votre tour, et c’est normal. Sachez que cela est inscrit dans le dessein de la Providence car, comme dit saint Paul, c’est par beaucoup de tribulations que nous devons passer pour entrer dans le Royaume de Dieu.

Ici-bas, la souffrance, et dans un autre monde, la jouissance. Voilà des choses bien importantes à nous rappeler en ce moment où nous comprenons très bien que les années qui nous restent à vivre, seront plutôt d’un écrasement, d’une décadence du monde et d’une horrible confusion, et de guerres et de famine, et de révolutions et de persécutions, plutôt que de gloire et de facilité.

Notre Père, 28 février 1988

Lundi 18 mars

Saint Cyrille de Jérusalem

L’obéissance de Jésus à saint Joseph était pleine d’amour, c’était un amour qui se voulait obéissant, c’était un amour dont le fruit était l’obéissance. Disons que Jésus aima tellement saint Joseph qu’il était ravi de lui obéir et il était tellement heureux de lui obéir, il trouvait tellement de joie dans son amour pour lui à lui obéir, qu’il n’a pas voulu que cela cesse au Ciel. C’est un surcroît d’amour de Notre-Seigneur qui a transformé cette obéissance à laquelle il était obligé sur la terre, en une obéissance toute volontaire quand il est dans la gloire du Ciel, quand sa sainte humanité est dans le sein du Père, il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, il est le Fils de Dieu, il est le Maître de toute chose. À ce moment-là, il accorde à saint Joseph, il reconnaît à saint Joseph, pour ainsi dire il persiste à reconnaître saint Joseph comme étant son père nourricier, ayant autorité sur lui  ; comme à la Sainte Vierge, mais dans le cas de la Sainte Vierge, il y a tout de même quelque chose de très différent, c’est son Immaculée Conception (à suivre).

Notre Père, 19 mars 1985

Mardi 19 mars

Saint Joseph

Saint Joseph s’est révélé comme un grand saint, un très grand saint, ayant une très grande puissance au Ciel. Cela est relativement récent, mais c’était tout de même déjà en germe, enveloppé dans la tradition intime, cordiale de l’Église. Cela éclate dans les hymnes de notre bréviaire. Vous l’avez entendu dans l’hymne des matines  : saint Joseph est la colonne de l’Église, le soutien de l’Église. Maintenant, il est déclaré par les papes récents le patron universel de l’Église. Les saints ont fait l’expérience de sa toute-puissance sur le Cœur de Dieu  : sainte Thérèse d’Avila, le Bx frère André misant sur cette puissance de saint Joseph, construisant ce grand oratoire et multipliant les miracles, à profusion, lui, le tout humble frère André, par l’huile de la lampe qui brûle devant la statue de saint Joseph. Vraiment, c’est saint Joseph lui-même, tout-puissant sur le Cœur de Dieu.

C’est un fait d’amour. Qu’est-ce que cela nous indique  ? Cela nous indique qu’il faut faire de même  : si nous voulons faire comme Jésus, si nous voulons ressembler à Notre-Seigneur et à la Très Sainte Vierge, il faut transformer notre obéissance due en amour gracieux (à suivre).

Notre Père, 19 mars 1985

Mercredi 20 mars

Il faut que nous aimions saint Joseph, il faut que nous lui rendions grâces, il faut que nous soyons pleins de reconnaissance pour cette aide qu’il nous a donnée jusqu’à ce jour, pleins de confiance qu’il nous la continuera autant de temps que nous continuerons notre service de l’Église et en nous fondant le cœur de reconnaissance, lui demander encore, parce qu’il aime quand même que nous lui demandions, non pas lui demander les biens matériels, mais lui demander tout simplement la croissance de notre œuvre si elle est tout simplement pour le service de Dieu et de l’Église. Qu’il continue à la protéger, qu’il lui donne son accroissement, qu’il la préserve des grands périls et, en échange de cela, il me semble que nous pouvons redoubler de ferveur envers saint Joseph et redoubler aussi dans notre effort d’imitation de ses très grandes vertus.

Notre Père, 19 mars 1985

Jeudi 21 mars

Saint Benoît

La religion de Jésus-Christ, c’est la plus simple du monde. Je ne veux pas être riche, je préfère mourir de faim, mourir de soif, mourir d’humiliations, avec des chiens qui me lèchent les plaies, je préfère cela cent fois puisque ça va finir et que quand ce se sera fini, ce sera le Ciel pour toujours.

Même sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, cette simple petite Thérèse, avait compris cela tout de suite, voyant mourir sa mère. Le cercueil de sa mère dressé dans le couloir, le couvercle du cercueil… Elle a tout compris et elle s’est dit  : «  La terre, ce n’est rien  ! C’est la préparation du Ciel  !  » Elle n’a pensé qu’à aller au Ciel. Nous, si nous faisons pareil, nous aurons compris toute notre religion.

Notre Père, 12 juin 1993

Vendredi 22 mars

Saint Suaire de Notre-Seigneur

Jésus a versé tout le sang de son Cœur pour nous prouver qu’il nous aime. Il nous a montré son amour en donnant sa vie pour nous, et il nous a donné en plus – chose encore plus touchante, qui est le propre de cette démarche du Christ pleine d’amour  ! – sa photo et ces traces de son Sang sur ce Linge, afin de nous toucher enfin le cœur  ! Le Saint Suaire est le Linge qui a entouré son Corps pendant les trois jours de sa sépulture, c’est un don qu’il me fait, un don d’amour qui m’émeut et me bouleverse, et je veux répondre à l’amour du Christ par l’amour.

Et répondant à l’amour par l’amour, nous produirons du fruit en abondance. Ce sera d’abord notre joie, ce seront nos vertus, notre chasteté, notre générosité, notre enthousiasme, notre esprit apostolique, notre sens du dévouement. Tout  ! Tout viendra de là, de cette intimité avec le Saint Suaire et, par le Saint Suaire, avec Jésus et avec la Sainte Vierge qui l’a enveloppé de ses mains maternelles dans ce Linge.

Notre Père, 26 mars 1989

Samedi 23 mars

Pour ceux qui aiment Jésus et qui viennent après chaque indélicatesse Lui demander pardon en se jetant dans ses bras, Jésus tressaille de joie. Il dit à ses anges ce que le père de l’enfant prodigue disait à ses serviteurs  : «  Revêtez-le de sa première robe, mettez-lui un anneau au doigt, réjouissons-nous.  » Ah  ! mon frère, que la bonté, l’amour miséricordieux de Jésus sont peu connus  !… Il est vrai que pour jouir de ces trésors, il faut s’humilier, reconnaître son néant, et voilà ce que beaucoup d’âmes ne veulent pas faire, mais, mon petit frère, ce n’est pas ainsi que vous agissez, aussi la voie de la confiance simple et amoureuse est bien faite pour vous.

Sainte Thérèse à l’abbé Bellière, lettre du 26 juillet 1897

Dimanche 24 mars

3e dimanche de Carême, Saint Gabriel archange

Quelle raison y a-t-il de croire les malheureuses victimes de cette catastrophe, d’une tour qui est tombée et qui a tué dix-huit personnes, de les croire plus pécheurs que les autres habitants de Jérusalem  ? Aucune  ! Mais c’est un “ signe ” et ces pauvres victimes ont payé de leur vie un avertissement donné à tous leurs contemporains, c’est un “ signe des temps ” pour tous les survivants, pour tous les autres habitants de Jérusalem  : avertissement que Jésus formule une seconde fois  : «  Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière  !  »

Ce qui s’est accompli à la lettre quarante ans plus tard, lorsque les Romains ont renversé un à un les remparts de Jérusalem, ne laissant pas pierre sur pierre.

Mes bien chers frères, nous sommes en train de revivre cette page d’Évangile à la lettre  ! «  Ou bien vous semble-t-il que les 5000, 6000 ou 7000 personnes que les tours de Manhattan ont tuées dans leur chute étaient plus coupables que tous les habitants de New-York  ? Non, je vous le dis  ; mais si vous ne voulez pas faire pénitence, vous périrez tous de même.  » Ce n’est pas moi qui vous le dis, malheureusement ce ne sont pas non plus nos autorités religieuses, mais c’est Notre-Dame de Fatima dans son grand Secret, dont Elle voulait que nous fussions avertis en 1960, il y a quarante ans, précisément.

Frère Bruno de Jésus-Marie, 29 septembre 2001

Lundi 25 mars

Annonciation de la Bse Vierge Marie

C’est la fête du Bon Plaisir de Dieu parce que le Bon Plaisir de Dieu est illustré d’une manière incomparable dans cette fête de l’Annonciation par le Fiat de la Vierge Marie. Ce Fiat de la Vierge Marie précisément, d’une manière tout-à-fait éminente nous montre ce qu’est la confiance de la créature qui, à l’aveugle, même devant les choses les plus surprenantes, nous force à accepter la volonté de Dieu la plus inattendue qui soit, avec confiance, avec amour, inclinant notre esprit et notre cœur à ce que Dieu a déterminé de toute éternité pour nous, sachant invinciblement que cette volonté de Bon Plaisir de Dieu est admirable. Voilà de quoi nous faire terminer cette magnifique journée de l’Annonciation dans une joie d’enfant. Que cette joie nous fasse embrasser avec ferveur, avec amour, notre propre vie, la vie de notre communauté, notre destinée actuelle, en y voyant au-delà des grandes lois de la volonté signifiée de Dieu un désir particulier que Dieu a d’obtenir notre consentement à des choses que nous ne pouvons pas contrôler, que nous n’avons pas désirées, mais qu’il nous offre pour notre plus grand bien et pour le bien général de l’Église et du salut des âmes.

Voilà quelle sera notre offrande au salut du Saint-Sacrement et Jésus en réponse nous donnera sa bénédiction comme il l’a donnée à cette Vierge qui acceptait de devenir sa Mère, impromptu parce que tel était le Bon Plaisir de Dieu auquel elle s’était vouée entièrement.

Notre Père, 3 avril 1989

Mardi 26 mars

Avec les Pères de l’Église il faut imaginer saint Joseph, un homme juste, prudent. Il a l’esprit de conseil du Saint-Esprit. Il vit avec la Vierge Marie depuis qu’elle lui a été confiée, elle va, elle vient, elle fait le travail de la maison, il ne peut qu’être stupéfait de la perfection de cette enfant de 15-16 ans. Elle-même l’admire beaucoup et garde le silence sur ses propres affaires, ce qui est tout à fait étonnant. Pour saint Joseph, quand il s’est aperçu qu’elle grossissait, il n’a pu penser qu’elle avait été violée, car la loi juive faisait un devoir à la femme de se plaindre. Or, la Vierge se taisait. Aurait-elle rencontré un autre homme  ? Saint Joseph jugeait cela impossible. Mais il s’est dit que c’était elle, la Vierge prophétisée par Isaïe et, dans son humilité, il s’est senti indigne de vivre à côté d’elle. L’intervention de l’ange s’explique alors et tout a chaviré pour lui. Il a compris l’immensité du mystère et s’est confondu en humilité. Il a fait ce qui lui était dit. Il commande à la Vierge de venir chez lui. Il n’a pas même besoin de lui expliquer ce qui lui était révélé.

Notre Père, 4 décembre 1994

Mercredi 27 mars

Saint Jean Damascène

Je méditais cet évangile de la Vigne, de saint Jean, du Discours après la Cène  : «  Je suis la vraie Vigne, vous êtes les sarments et mon Père est le vigneron.  » Il m’a semblé que quelqu’un parlait, me disait ces paroles en même temps que je les lisais et, dans une lumière extraordinaire, j’en voyais toute la profondeur, j’en comprenais toute la vérité, comme jamais plus je ne l’ai comprise depuis. Cet abîme m’était révélé comme me parlant de mon propre sacerdoce. C’était ainsi mon sacerdoce qui était donné là comme un fruit de vie et ces mots, que le Père voulait que je porte du fruit, beaucoup de fruit, du fruit en abondance et qu’il faudrait émonder, purifier, c’est-à-dire mutiler dans la douleur le sarment pour qu’il porte du fruit davantage.

Tout cela me rentrait dans le cœur. Je voyais bien que c’était une volonté du Père céleste pour tous les prêtres du monde et donc, pour moi en particulier, et que Notre-Seigneur voulait d’une même volonté ce que son Père voulait, à savoir que nous portions du fruit en abondance. Ce mot revenait huit fois en quelques lignes et me montrait cette volonté de Dieu que son sacerdoce soit fécond dans tous les prêtres de la terre et en moi.

Notre Père, 25 mars 1973

Jeudi 28 mars

Saint Jean de Capistran

Quand saint Joseph, homme juste, connu épreuves, difficultés, et peut-être croix, il les a reçues avec confiance en Dieu, le priant de l’aider à les porter avec courage dans la foi, l’espérance, la charité. Il pardonna, supporta tout et souffrit parce qu’il avait compris que Jésus était venu pour souffrir. La Sainte Écriture n’annonçait-t-elle pas que le Serviteur de Yahweh devait mourir, offrir sa vie en rançon pour le salut du monde. Aussi, quand saint Joseph voyait ce petit enfant, il pensait  : un jour Il va souffrir pour le salut de nos âmes, pour le pardon de nos péchés. Il en était très ému et se disait  : “ Alors, moi, il est normal que je souffre un peu. ”

Habituons-nous aux épreuves de la vie en invoquant saint Joseph, lui demandant de nous les rendre plus légères, de nous aider à les porter. Comprenons, comme lui, que la vie de la terre n’est pas le Paradis. Elle n’est qu’un passage nécessairement éprouvé.

Notre Père, 1er mai 1991

Vendredi 29 mars

Cinq Plaies de Notre-Seigneur

Sur le Saint Suaire, Jésus est entièrement nu. Les silhouettes dorsale et faciale présentent toutes deux les marques de la flagellation bien visibles, de la tête aux pieds  ! De mémoire d’homme, on n’a jamais vu aucun artiste se permettre de représenter Jésus dans ce dépouillement le plus total  !

Cette émouvante nudité nous invite avec insistance à compter les plaies de notre Sauveur, si nous le pouvons… Elles sont innombrables  : plaies de la flagellation, du couronnement d’épines, de tous les coups, outrages et sévices du procès, du portement de croix  ; plaies enfin de la crucifixion, aux mains et aux pieds, jusqu’au coup de lance qui a laissé une blessure béante par où le corps s’est vidé de son Sang.

Mère Lucie du Précieux Sang, carnet du carême 2015

Samedi 30 mars

Qu’elle est grande la nouvelle grâce que j’ai reçue ce matin, au moment où le prêtre a commencé le Confiteor avant de me donner la communion et que toutes les sœurs l’ont continué. Je voyais là le bon Jésus tout près de se donner à moi, et cette confession me paraissait une humiliation si nécessaire. «  Je confesse à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, à tous les Saints que j’ai beaucoup péché…  » Oh  ! oui, me disais-je, on fait bien de demander pardon pour moi en ce moment, à Dieu, à tous les Saints… Je me sentais, comme le publicain, une grande pécheresse. Je trouvais le bon Dieu si miséricordieux  ! Je trouvais cela si touchant de s’adresser à toute la Cour Céleste, pour obtenir par son intercession le pardon de Dieu. Ah  ! j’ai bien manqué de pleurer, et quand la Sainte Hostie a été sur mes lèvres, j’étais bien émue.

… Que c’est extraordinaire d’avoir éprouvé cela au Confiteor  ! Je crois que c’est à cause de ma disposition présente  ; je me sens si misérable  ! Ma confiance n’est pas diminuée, au contraire, et le mot «  misérable  » n’est pas juste, car je suis riche de tous les trésors divins  ; mais c’est justement pour cela que je m’humilie davantage. Quand je pense à toutes les grâces que le bon Dieu m’a faites je me retiens pour ne pas verser continuellement des larmes de reconnaissance.

… Je crois que les larmes que j’ai versées ce matin étaient des larmes de contrition parfaite. Ah  ! comme il est bien impossible de se donner soi-même de tels sentiments  ! C’est le Saint-Esprit qui les donne, lui «  qui souffle où il veut.  »

Témoignage de Mère Agnès de Jésus, carnet jaune, 12 août 1897

Dimanche 31 mars

4e dimanche de Carême  : Lætare

C’est le moment pour nous d’abord de nous examiner très pratiquement pour savoir si nous sommes entrés en Carême, si nous avons mis à profit ce temps qui nous a été donné pour faire pénitence et ainsi parvenir à la maîtrise de nous-mêmes et à l’abandon des liens du péché. Mais aussi, c’est le moment pour nous de comprendre le bien de cette purification, de nous réjouir de cette conversion qui nous est offerte et que, j’espère, nous sommes en train de réaliser  ; de la voir avec un regard comme prophétique, dans l’espérance de la semaine de Pâques, dans l’espérance de ce mystère chrétien auquel nous sommes invités à participer et auquel nous nous préparons activement par ce Carême. La liberté est devant nous, la liberté d’une âme qui se donne totalement à l’amour, à l’amour du Christ  : elle sera libérée, elle sera fortifiée par le Christ, elle sera féconde en bonnes œuvres, en vertus puissantes, en bienfaits à toutes sortes d’âmes. Voilà ce à quoi le Carême doit aboutir. Il était bien de se réjouir aujourd’hui avant de reprendre un effort nouveau et ainsi d’aborder la Semaine sainte avec un cœur vraiment libéré des choses de la chair, du monde et du péché  ; un cœur capable de s’unir à tous les sentiments de Jésus dans la semaine de la Passion afin de mourir avec lui, pour ressusciter avec lui et, de toute manière, ne jamais être séparé de lui.

Notre Père, 24 mars 1967