La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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41. Respecter l’immémoriale religion populaire

Le trésor des traditions vivantes et la règle immédiate de la tradition chrétienne se trouvent conservés, de manière admirablement implicite et confuse, dans la religion populaire qui s’est lentement formée et qui ne cesse d’évoluer dans la communauté des fidèles sous la double influence de la mission hiérarchique et de l’exemple des saints. Détestée des modernistes, elle est la première victime de leur «  réforme   »  !

1. Le phalangiste ne peut accepter de voir mépriser cette religion, de la voir ravalée au niveau d’une magie, d’un formalisme routinier, superstitieux… comme si les sacrements ne suffisaient pas à la constituer parfaite, profonde, salutaire et sanctifiante, et n’interdisaient à quiconque de la suspecter  ! Ses fruits abondants ne sont-ils pas connus de tous  ? C’est la vie quotidienne de l’Église jusqu’à nos jours. Ses détracteurs eux-mêmes lui doivent ce qu’ils sont.

Nul ne peut donc admettre que les gens de la prétendue Réforme conciliaire s’en désintéressent, cherchent à la faire mourir, l’attaquent même ouvertement, sous prétexte de lui substituer autre chose de plus fin, de plus intellectuel, mais surtout de plus conforme à leur propre image, d’individualistes libéraux.

2. En conséquence, le phalangiste participe à tout mouvement de défense traditionaliste qui réclame de l’Église hiérarchique une efficace protection de la foi et des coutumes populaires, contre les menées des partis subversifs. Tribunal de la foi, Index, Saint-Office, visites canoniques, sanctions, tout devra être mis en œuvre pour sauvegarder cette religion populaire  ; car si elle venait à se tarir, ce serait la fin de toute vitalité dans l’Église, la mort des valeurs religieuses séculaires, vécues par le peuple et non inventoriées par les intellectuels… que nul inventaire d’ailleurs ne ferait revivre si jamais elles venaient à disparaître complètement.

Il supplie aussi les pasteurs de l’Église que tout soit fait pour le service convenable de la vie chrétienne populaire, et que soient créées des aides extérieures pour lui venir en renfort et non pour la subvertir  : ordres religieux, œuvres, journaux… Car cette religion populaire, si stable, si profonde qu’elle paraît inerte, peut en fait être améliorée, purifiée et enrichie par d’humbles, charitables et persévérants efforts. Encore faut-il l’estimer, l’aimer et la pratiquer  ! C’est le devoir de ceux que Dieu a établis pasteurs, et non réformateurs et démolisseurs de l’Église.

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