La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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121. Notre idéal socialiste

Si les insuffisances et les tares du socialisme sont évidentes, et sa récupération par le capitalisme prouvée, il n’empêche que le socialisme a cherché et trouvé, à peu de chose près – mais c’est tout un monde  ! – le remède au mal capitaliste, tout au moins chez ses théoriciens français tel Proudhon. Ce socialisme français, proudhonien, «  socialisme à visage humain   » et «  mutualiste   », n’a évidemment rien à voir avec le marxisme, «  le ténia du socialisme   » (Proudhon). Il va au contraire à la redécouverte et à la reconstitution de l’écologie la plus naturelle et la plus traditionnelle.

1. L’autogestion prétendait faire revivre une «  société conviviale   » en arrachant au capitalisme sans entrailles le destin du peuple travailleur. Le retour de la propriété des biens et du pouvoir de décision à la base, à la communauté d’entreprise où tout est à «  l’échelle humaine  », rejoint notre projet corporatiste. Ici et là, il s’agit de remettre au peuple organisé la libre disposition de lui-même, de son travail et de ses biens.

Malencontreusement, l’égalitarisme démocratique diluant entre tous le droit de propriété et le pouvoir de décision, les collectivisant, rend l’autogestion impossible  ; à preuve l’expérience yougoslave  ! au contraire, la corporation, organique, hiérarchique, par exemple, est viable et sûre.

2. La nationalisation prétendait restaurer l’ordre, la justice et la paix par l’intervention d’un pouvoir indépendant, celui de l’État, comme juge, arbitre, contrôleur et régulateur d’une économie que la liberté des factions affrontées transformait en jungle sauvage. Ce recours à une autorité souveraine, qu’anime le seul souci du bien commun, rejoint notre appel à un pouvoir souverain mais absolu, c’est-à-dire indépendant des partis et des puissances d’argent, donc non soumis aux contraintes électorales. Lui seul est capable de libérer le peuple travailleur de la tutelle des grands, en retirant au pouvoir financier les droits exorbitants qu’il s’est accordés, pour confier les intérêts des métiers et de toutes les professions à leurs vrais intéressés.

Malencontreusement l’erreur démocratique a donc pourri le remède et l’a rendu pire que le mal. Car l’État démocratique n’est ni arbitre ni justicier, mais partisan et accapareur. Alors que l’intervention d’une autorité souveraine absolue est une délivrance des partis et des factions, la nationalisation démocratique est un asservissement au collectivisme d’État.

3. Le socialisme, par religion démocratique, a voué le peuple à la misère et à l’esclavage. Sa démophilie pourtant nous est proche. La Phalange, profondément éprise du bonheur du peuple et de justice sociale, n’était le démocratisme, se proclamerait volontiers socialiste.

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