La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La promesse du triomphe du Cœur Immaculé de Marie

Le Coeur Immaculé de Marie - Statue de frère Henry

La deuxième partie du Secret de Fatima s’achève sur des prophéties qui nous établissent dans une inconfusible espérance. La Vierge Immaculée y annonce que le terrible combat des “ derniers temps ” se terminera par sa victoire totale. Le Serpent infernal sera finalement terrassé, sa tête écrasée. Promesse irrévocable, inconditionnelle.

Cette merveilleuse promesse de Notre-Dame de Fatima rayonne dans notre ciel comme une unique étoile  :

«  À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera.

«  Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira,

«  et il sera donné au monde un certain temps de paix.  » (…)

Oui, cette heure viendra, et nous pouvons la hâter en répondant pleinement, pour notre part, aux petites demandes de Notre-Dame  : récitation du chapelet quotidien et des prières enseignées par l’Ange et la Vierge Marie, pratique de la communion réparatrice des premiers samedis du mois, port du scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel comme signe de notre consécration à son Cœur Immaculé.

L’abbé de Nantes ne cesse de le prêcher  :

«  Par la ferveur d’une minorité, le Cœur de Jésus, le Cœur Immaculé de Marie se laisseront toucher. (…)

«  Mais il y faudra d’abord et surtout une lassitude de Dieu, une compassion de Jésus-Christ, une grâce de l’Esprit-Saint d’amour créateur, à la prière du Cœur Immaculé de Marie, sainte Colombe de la paix. Donc, à la question  : “ Enfin, Dieu aura pitié de qui  ? ” la vraie réponse est celle-ci  : “ De l’Immaculée Conception, et, à cause d’elle, il sauvera le monde. ”

«  Comment  ? En bon catholique, il le sauvera par le Pape, son Vicaire, son fils.  » (…)

De même que Dieu voulait au dix-septième siècle que le Sacré-Cœur de son Divin Fils triomphât du cœur du roi de France, il veut, depuis 1929, que le Cœur Immaculé de sa très Sainte Mère triomphe du cœur du Saint-Père. (…) L’Église est hiérarchique, et même la somme de toutes les volontés individuelles de ses membres ne saurait remplacer l’acte d’obéissance de son chef à Dieu. L’accomplissement des promesses de la Vierge de Fatima, le salut et la paix du monde, dépendent donc du bon vouloir du Pape, et triompher du cœur du Saint-Père sera la grande victoire du tendre et doux Cœur de Marie qui marquera l’aube de son règne universel.

Les deux visions prophétiques de la bienheureuse Jacinthe concernant le Saint-Père complètent et prolongent les tableaux du troisième Secret en annonçant ce qui adviendra «  à la fin  ».

Jacinta de Fatima

Dans la première, Jacinthe vit le Saint-Père persécuté et accablé de souffrances  : «  J’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au‑dehors, il y avait beaucoup de gens et certains lui jetaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père  ! Nous devons beaucoup prier pour lui.  »

Nous pensons, à la suite du Père Alonso, que cette vision se rapporte au futur, et précisément aux circonstances dans lesquelles le Saint-Père prendra la décision de répondre aux requêtes de Notre-Dame, décision «  victorieuse, triomphale  », mais aussi «  difficile et héroïque  ».

«  En une autre occasion, rapportait Lucie, nous nous rendîmes à notre abri du Cabeço. Arrivés là, nous nous prosternâmes à terre pour réciter les prières de l’Ange.

«  Après un certain temps, Jacinthe se redressa et m’appela  : “ Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger  ? Et le Saint-Père, dans une église, priant devant le Cœur Immaculé de Marie  ? Et tant de monde qui prie avec lui  ? ”  » (…)

En évoquant l’un de ses entretiens avec Lucie, le chanoine Barthas racontait  : «  En 1946, j’ignorais encore totalement la vision de juin 1929. Sœur Lucie me dit que la Russie se convertirait lorsque le Saint-Père, réuni avec les évêques du monde entier, aurait consacré ce pays au Cœur Immaculé. Je lui dis que cette réunion me paraissait bien irréalisable. Elle me répondit  : “ Si, si  ! Moi, je le vois. ”  » (…)

Cette consécration de la Russie sera un acte public d’amour filial envers le Cœur Immaculé de Marie. (…) Elle sera un acte hiérarchique. Le Pape y engagera son autorité, «  ordonnant à tous les évêques du monde catholique…  » Les évêques unis au Souverain Pontife accompliront le même acte avec la valeur propre que lui conférera leur obéissance au successeur de Pierre. (…)

À la requête de la consécration de la Russie est liée la demande de «  promettre, moyennant la fin de la persécution en Russie, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie  ».

Le Cœur Sacré de Jésus (…) veut en notre temps que le Cœur Immaculé de sa très Sainte Mère reçoive d’abord un culte public de la part de la hiérarchie, c’est-à-dire du Pape et de tous les évêques du monde, afin que la dévotion réparatrice se répande ensuite dans toute l’Église. (…)

«  LA RUSSIE SE CONVERTIRA  »

En 1946, à John Haffert lui demandant si la conversion de la Russie suivrait certainement la consécration de cette nation, sœur Lucie répondit  : «  Oui, c’est ce que Notre-Dame a promis. Cela arrivera.  » (…)

Si la voyante a souvent répété la prophétie de Notre-Seigneur, à savoir que le Pape consacrera la Russie, «  mais ce sera tard  », elle déclarait néanmoins que «  la consécration de la Russie, comme le triomphe final du Cœur Immaculé de Marie qui lui fera suite, sont absolument certains et se réaliseront en dépit de tous les obstacles  ». La conversion de la Russie qui en résultera sera un miracle inouï, digne de la puissance de celle qui, en 1917, avait provoqué l’ébranlement du soleil, sa chute et son redressement. (…)

En 1976, le Père Alonso précisait  : «  Lucie a toujours pensé que la conversion de la Russie ne s’entend pas seulement d’un retour des peuples de Russie à la religion chrétienne-orthodoxe, en repoussant l’athéisme marxiste des Soviets, mais qu’elle se réfère simplement et pleinement à sa conversion totale et intégrale par un retour à l’unique et vraie Église, catholique, romaine.  » (…)

Ces événements merveilleux que nous attendons ont été annoncés par saint Maximilien-Marie Kolbe qui n’a, semble-t-il, rien su des révélations de Fatima. La convergence entre les prophéties du saint et celles de Notre-Dame n’en est que plus frappante.

À Rome, en février 1937, le Père Kolbe prononça une conférence pour commémorer le vingtième anniversaire de la fondation de la Mission de l’Immaculée. Il déclarait  : «  Je ne crois pas qu’il soit éloigné, ni qu’il s’agisse simplement d’un rêve, ce jour grandiose où la statue de l’Immaculée sera placée, par ses missionnaires vainqueurs, au centre même de Moscou.  » (…)

LE RÈGNE UNIVERSEL DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

Le Secret a, en effet, d’un bout à l’autre, une portée mondiale. Dans ce texte, le mot “ monde ” revient quatre fois. C’est “ dans le monde ” que Dieu veut établir la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Si l’on n’obéit pas aux demandes de Notre-Dame, c’est “ le monde ” qui sera puni par Dieu de ses crimes. Et c’est “ à travers le monde ” que la Russie répandra ses erreurs. C’est enfin “ au monde ” que sera donné un certain temps de paix. Aussi est-il clair que, lorsque Notre-Dame annonce solennellement  : «  Mon Cœur Immaculé triomphera  », il s’agit d’un triomphe universel.

Dans le rayonnement de la conversion de la Russie, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie s’étendra donc à toute l’Église qui l’honorera d’un culte liturgique, patronné et répandu par la hiérarchie. Conformément à la requête transmise par sœur Lucie, la fête en l’honneur du Cœur Immaculé sera «  étendue au monde entier comme l’une des principales fêtes de la sainte Église  ». (…)

Déjà saint Louis-Marie Grignion de Montfort annonçait que, dans les “ derniers temps ”, seule la dévotion à l’Immaculée pourrait guérir et sauver les hommes de l’égoïsme, de l’orgueil, de la rébellion, de l’endurcissement. La convergence de sa prédication avec le message de Fatima est remarquable, elle annonce que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie purifiera les chrétiens tout à la fois du venin de l’erreur et des séductions de Satan, et les conduira jusqu’à Dieu.

L’enseignement du Père Kolbe prolonge celui du Père de Montfort  : «  Notre époque est l’époque de l’Immaculée, comme d’autres disent que c’est l’époque du Saint-Esprit. Le Serpent lève sa tête sur toute la terre, mais aussi l’Immaculée va l’écraser par des victoires décisives, bien qu’il ne cesse pas de guetter son talon.  »

À la lumière des révélations de Fatima, qui s’accordent avec les prophéties des grands apôtres de Marie Médiatrice, il est clair que la conversion miraculeuse de la Russie, loin d’être un épisode ordinaire de l’histoire de l’Église, marquera le terme des “ derniers temps ” et ouvrira l’exaltante période du règne spirituel, social et politique des très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, période durant laquelle l’univers connaîtra la paix et les splendeurs d’une nouvelle Chrétienté.

«  ET IL SERA DONNÉ AU MONDE UN CERTAIN TEMPS DE PAIX  »

Cette promesse suppose nécessairement l’extension au monde entier du règne du Cœur Immaculé de Marie. Car la guerre est un châtiment du péché et de l’impiété des hommes, alors que la paix est un don gracieux de Dieu qui leur est accordé quand ils se convertissent et se soumettent aux volontés du Ciel. Or, la volonté du Ciel est présentement de n’accorder ce don de la paix que par la médiation de la Vierge Marie. (…)

«  Ce sera, écrit l’abbé de Nantes, un temps non d’utopie, non de paradis, mais de vraie religion et de paix, d’ordre, de sage prospérité qui s’étendront à toute la terre. Ce temps, personne n’en sait conjecturer la durée  ; Jésus lui-même déclarait l’ignorer. Le Père seul sait quand sera l’heure de son Avènement… Mais durant ce temps, quarante ans, cent ans, ou deux mille ans  ? la vertu de l’Évangile se manifestera dans toute sa force. Les hommes resteront libres, les uns pécheurs, sensuels, d’autres vertueux ou saints (Ap 22, 11); ce mélange des bons et des mauvais subsistera jusqu’au bout. Mais l’Église aura instauré dans le monde la vraie et unique religion. Le Saint-Sacrifice de la messe aura partout supplanté les autres cultes, faisant monter vers Dieu sans cesse par toute la terre la louange sainte du Seigneur crucifié. Les institutions majeures de la société humaine seront chrétiennes et procureront l’unité, la paix, la justice au genre humain, et non sans les irréductibles imperfections et faiblesses qu’y mêlera sans cesse le péché. Telle sera la nouvelle Chrétienté dont celle des siècles antérieurs à la grande Apostasie ne devait être que l’esquisse…

«  L’orgueil humain abattu ne se relèvera plus. C’en sera fini de tout messianisme et de toute utopie suggérés par Satan, inventés par les hommes pervers pour s’élever à la place de Dieu. Sans doute la longue errance de l’humanité et le drame de son apostasie demeureront pour toujours une énigme. Secret de la Sagesse inaccessible de Dieu qui permit de si grands maux et fit paraître de si effroyable manière la Colère de sa Justice outragée  ! Du moins les cent ou les mille ans qui verront le règne universel du Christ-Roi donneront aux siècles de fer et aux jours d’épouvante leur contrepoids de puissance et de gloire. Et les milliards d’hommes enfin réunis en un seul troupeau et un seul pasteur appelleront de leurs vœux le retour glorieux du Christ pour la vie éternelle. Amen  !  »

Extraits de Fatima, Salut du monde, p. 367-378

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