La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Le vrai message de Notre-Dame de Fatima

UNE ÈRE NOUVELLE DANS L’ÉGLISE  : CELLE DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

Notre-Dame de Fatima

Signum magnum apparuit in Cælo… «  Voici qu’apparut dans le ciel un signe grandiose  : Une Femme, le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte et crie dans les douleurs et les affres de l’enfantement. Un autre signe parut alors dans le ciel  ; c’était un grand dragon, couleur de feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes…  » Le douzième chapitre de l’Apocalypse répond au premier chapitre de la Genèse.

Il a été donné à notre siècle de revoir ce Signe merveilleux. Cette Dame apparue dans le ciel de Fatima, c’est bien la même Femme de la vision de Patmos. (…) Mais à Fatima, c’est en mère délicate, attentive et très soucieuse qu’elle s’est adressé aux petits enfants, c’est en Reine du Ciel et de la terre, que par eux, elle s’est adressée à l’Église et au monde pour faire connaître et triompher la volonté de Dieu.

Quelle est donc cette volonté, ce dessein de Dieu qui se trouve “ dans l’Évangile et dans l’Apocalypse ”, comme disait sœur Lucie pour indiquer son importance  ? Le cardinal Cerejeira patriarche de Lisbonne l’avait compris, dès 1942  : «  Nous croyons que les apparitions de Fatima ouvrent une ère nouvelle  : celle du Cœur Immaculé de Marie.  » L’abbé de Nantes parlera, lui, d’un renouvellement de la nouvelle et éternelle alliance par Marie.

C’est dès l’apparition du 13 juin 1917 que la Sainte Vierge en fait la confidence aux petits voyants, à Lucie tout particulièrement  : «  Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé…  » Les enfants eurent ensuite la vision du Cœur Immaculé de Marie  : «  Devant la main droite de Notre-Dame se trouvait un Cœur, entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation.  » (…)

Si l’apparition du 13 juin et son “ petit secret ”, comme disaient les voyants, divulgue déjà la volonté divine, ce sera la grande révélation du 13 juillet qui va l’expliciter. Aussi, pour qui étudie Fatima dans son ensemble et son retentissement dans l’histoire, le fameux Secret révélé par Notre-Dame le 13 juillet 1917 est l’essentiel du Message de Fatima.

AU CŒUR DU MESSAGE  : LE GRAND SECRET DU 13 JUILLET 1917

Bien qu’il soit composé de trois parties distinctes, il s’agit d’un unique Secret, tout entier révélé par Notre-Dame aux trois pastoureaux, lors de l’apparition du 13 juillet 1917. Deux visions encadrent un message proprement dit.

1re PARTIE  : LA VISION DE L’ENFER

«  Notre-Dame ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet [de la lumière] parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes [des damnés]. Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. (C’est à la vue de ce spectacle que j’ai dû pousser ce cri  : “ Aïe  ! ” que l’on dit avoir entendu de moi.)Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

«  Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, lors de la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur.  »

Dans cette importante partie du Secret, Notre-Dame nous ramène à l’essentiel, notre éternité. Ce rappel saisissant, angoissant, de l’enfer éternel qui nous menace est l’un des points essentiels du message de Notre-Dame. C’est l’une des vérités majeures de notre foi catholique que la Vierge de Fatima a voulu rappeler à notre siècle apostat, naturaliste et matérialiste. Prétendre que l’enfer n’existe pas ou qu’il n’y a personne dedans, après cette vision de 1917  ? Impossible  ! ou alors apostasier…

Sœur Lucie déclarera à maintes reprises, à des ecclésiastiques ou dans sa correspondance  : «  Nombreux sont ceux qui se damnent… Beaucoup se perdront… Ne soyez pas surpris si je vous parle tant de l’enfer  : C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie  : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. Eh quoi  ? Vous ne trouvez pas bien employés tous les sacrifices qu’il faut faire pour ne pas y aller et empêcher que beaucoup d’autres y tombent  ?  » (…)

Fatima nous apprend de plus que la Sainte Trinité dans le Ciel n’est pas indifférente à la damnation éternelle de ses enfants. Le petit François a été bouleversé de voir Dieu Notre-Seigneur si tristeIl y a là une révélation bouleversante que le message de Fatima met en pleine lumière. Bien sûr, la théologie nous l’enseigne, et c’est une vérité certaine, notre Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, jouit dans sa Trinité Sainte d’une infinie béatitude que rien, jamais, ne saurait altérer. Et cependant une mystérieuse souffrance, une peine réelle que lui causent les pécheurs coexistent en lui avec cette joie parfaite, ce bonheur sans ombre auquel rien ne manque. Oui, aussi étonnant que cela nous paraisse, dans son amour pour nous, Dieu “ souffre ” vraiment, il est triste à cause de nos péchés, de notre endurcissement qui nous rend sourds à ses appels et attire sur nous ses châtiments paternels.
La Passion de Notre-Seigneur continue encore aujourd’hui, et elle continuera jusqu’à la fin du monde, aussi longtemps que les hommes ingrats continueront à l’offenser. Ressuscité des morts, exalté dans les cieux où il siège dans la Gloire et la Joie infinie de son Père, notre divin Sauveur souffre encore, à cause des pécheurs. Les apostats, tous ceux qui le renient, lit-on dans l’Épître aux Hébreux, «  crucifient de nouveau pour leur compte le Fils de Dieu et le bafouent publiquement  ».
Tristesse de Notre-Dame également en chacune de ses apparitions. Cette tristesse de la Vierge Marie est le fruit d’un double amour  : l’amour de Dieu, tellement offensé, et l’amour des hommes qui marchent malheureusement à leur damnation. Cette tristesse indicible du Cœur de Marie à notre sujet ne saurait longtemps laisser insensible le Cœur de Dieu. Il ne peut résister à son intercession en notre faveur.
à cause de tant de péchés.

Jamais Dieu ne nous révèle le danger de notre damnation sans aussitôt nous ouvrir les bras de sa Miséricorde et sans nous indiquer une voie de salut qui nous soit accessible et attrayante  : «  Pour les sauver [les âmes des pauvres pécheurs] ,Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  » Cette phrase capitale du Secret peut être considérée à la fois comme la conclusion de sa première partie et comme l’introduction de la deuxième. La dévotion au Cœur Immaculé de Marie est désormais le gage certain du salut, non seulement des âmes, mais aussi des nations et de l’Église, comme nous le révèle la deuxième partie du secret.

2e PARTIE  : LES DEMANDES DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

«  Effrayés, et comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse  :

«  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

«  Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

«  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix.

«  Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. [sic]  »

Il est question ici du salut temporel des nations et de l’Église, donc de la Chrétienté. Le message est entièrement prophétique, de portée universelle.

Lorsqu’on étudie la structure de ce texte, on découvre qu’il ne contient en fait qu’une seule prophétie, mais dont les divers éléments sont exprimés en deux développements successifs, le second ne se contentant pas de répéter le premier, mais venant à chaque fois le préciser davantage et en étendre la portée.

Les deux parties strictement parallèles où quatorze termes se correspondent de manière rigoureuse, suivent un plan d’une logique limpide. Nous en proposons ci-dessous la synopse. Il suffit de lire successivement, pour chaque thème développé, la colonne de gauche, puis la colonne de droite, pour voir comment les deux termes se correspondent. (Si l’on veut retrouver la lecture suivie du texte authentique, il suffit de relire successivement la première puis la seconde colonne. Nous avons souligné en gras les passages qui révèlent la bonté de Notre-Dame et la prééminence qui est la sienne de par la volonté de Dieu.) (…)


I. ÉVOCATION DE L’INTENTION SALVIFIQUE DE DIEU
A.’/ Description de l’enfer  :
«  Pour les sauver  ».
A.’/ Description des châtiments  :
«  Pour empêcher cela  ».
II. NOTRE-DAME FORMULE SES DEMANDES, CONDITIONS DE SALUT
B./ «  Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  » B./ «  Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.  »
III. PREMIÈRE ÉVENTUALITÉ  : LES HOMMES OBÉISSENT
C./ «  Si l’on fait ce que je vais vous dire  ». C.’/ «  Si l’on écoute mes demandes  ».
IV. NOTRE-DAME FORMULE UNE DOUBLE PROMESSE
D./ «  Beaucoup d’âmes se sauveront  ».
E./ «  Et l’on aura la paix. La guerre va finir.  »
D.’/ «  La Russie se convertira
E.’/ et l’on aura la paix.  »
V. SECONDE ÉVENTUALITÉ  : LES HOMMES REFUSENT D’OBÉIR
F./ «  Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu  ». F.’/ «  Sinon  » ( = Si l’on n’écoute pas mes demandes).
VI. LA MENACE DE TERRIBLES CHÂTIMENTS
G./ «  Sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint Père.  » G.’/ «  Elle répandra ses erreurs à travers le monde, suscitant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.  »

Ce redoublement, ce rebondissement de la prophétie, répétée par deux fois suivant les mêmes thèmes qui se correspondent avec précision, tend visiblement à souligner l’importance capitale, décisive, de la phrase qui se trouve ainsi placée au centre du développement, et fait figure de phrase charnière  : «  Pour empêcher cela (les châtiments), je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.  » En exprimant les demandes les plus précises du Ciel, elle pose l’unique condition du salut, l’unique remède à tous les maux terribles déjà évoqués et que le texte va aussitôt après développer de nouveau, avec plus de vigueur encore.

Notre Dame est revenu en effet comme promis en 1925 à Pontevedra pour demander que soit répandu et expliqué la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois  ; et en 1929 à Tuy pour que le Pape consacre la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Mais comme Elle savait déjà qu’on n’obéirait pas à ses demandes, notre bonne Mère du Ciel a eu soin de nous donner, dès la conclusion du deuxième Secret, l’assurance de son triomphe  : «  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc.   »

Jusqu’à présent, cette finale avait toujours été considérée comme la conclusion du troisième Secret. Nous pouvons aujourd’hui la situer à sa vraie place. De même que Notre-Dame avait promis aux petits voyants de les emmener au Ciel avant de leur montrer l’Enfer, Elle veut que nous ayons au cœur l’assurance inébranlable de son triomphe final, avant de nous ouvrir les yeux sur les malheurs prochains qui seront évoqués dans la 3e partie du Secret.

3e PARTIE  : LA PURIFICATION
ET LA RÉSURRECTION DE L’ÉGLISE INDIVISE

«  Après les deux parties que j’ai déjà exposées, nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde  ; mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui  : l’Ange, désignant la terre de sa main droite, dit d’une voix forte  :

“  Pénitence, Pénitence, Pénitence  ! ”

«  Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu  : “  quelque chose de semblable à l’image que renvoie un miroir quand une personne passe devant ”  : un Évêque vêtu de Blanc.

“  Nous eûmes le pressentiment que c’était le Saint-Père. ”

«  Plusieurs autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses gravissaient une montagne escarpée, au sommet de laquelle était une grande Croix de troncs bruts comme si elle était en chêne‑liège avec l’écorce  ; le Saint-Père, avant d’y arriver, traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin  ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups et des flèches, et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques, Prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, des messieurs et des dames de rangs et de conditions différentes.

«   Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.   »

Cette vision de conclusion, dite du troisième secret, que nous étudions à part, révèle que durant ces temps de désobéissance et par conséquent de châtiments, la Sainte Vierge dans le Ciel s’interpose pour que le monde et l’Église ne périssent pas, tandis que sur la terre, le martyre des bons attire la miséricorde.

LE SECRET DU SECRET  : LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE, NOTRE ULTIME SALUT

Coeur Immaculé de Marie

Nous voyons que le secret du Secret, l’âme qui donne la vie et le mouvement à l’ensemble du message de Fatima, c’est la révélation du Cœur Immaculé de Marie, établi par Volonté divine comme souverain remède à tous nos maux, ultime et unique salut des âmes, de nos nations et de la Chrétienté tout entière, puis enfin de l’Église romaine elle-même. Tel est l’insondable dessein d’infinie miséricorde de la Trinité sainte de vouloir tout nous accorder par la médiation maternelle de ce cœur très bon, très saint et immaculé. (…)

Pour saisir l’extraordinaire importance de ce Secret, il faut relire l’éditorial de notre Père, l’abbé de Nantes, parut dans La Contre-Réforme catholique au XXe siècle de janvier 1992  :

«  Quoique classée par les spécialistes parmi les “ révélations privées ”, une pareille volonté divine s’inscrit au rang des lois souveraines et toutes premières auxquelles l’Église doit consentir et se soumettre entièrement. Il s’agit d’une volonté divine révélée au monde, et de la manière la plus éclatante, par l’incomparable envoyée qu’est l’Immaculée Vierge Marie, et garantie par les plus étonnants miracles et prophéties de l’histoire moderne. Il s’agit du salut de multitudes de pauvres pécheurs déjà promis à la damnation, et donc d’une charité fraternelle de première instance  ! Il s’agit enfin de l’établissement de la dévotion sans doute la plus chère au Sacré-Cœur de Jésus, qu’il veut faire passer jusque devant la sienne, la dévotion au Cœur Immaculé de sa divine Mère  ! (…)

Voilà pourquoi toute l’Église devrait, depuis la révélation et la diffusion de ce secret, embrasser avec ferveur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Or ce n’est pas le cas.  » (…)

«  PERSONNE NE FAIT CAS DU MESSAGE  »

«  Père, dira sœur Lucie au Père Fuentès en 1957, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de son message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du message. Les mauvais ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie de péché sans se soucier de message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d’une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.  »

Comme nous le démontrons dans un prochain chapitre, “ Fatima et la papauté ”, les papes Pie XI, Pie XII puis Jean XIII, Paul VI et Jean Paul II, n’ont pas satisfait aux demandes de la Sainte Vierge, et donc à la Volonté expresse de Dieu. Les châtiments annoncés par le message se sont réalisés et continuent de se réaliser  : après les guerres et les persécutions suscitées par le communisme, les erreurs de la Russie se sont répandues dans le monde et jusque dans l’Église. Il en résulte l’abandon du dogme de la foi et les “ ruines ” que chacun peut constater, à moins d’être aveugle.

Aujourd’hui, le message de Fatima est-il une source d’inspiration pour l’Église  ? Qui le connaît et le pratique  ? Poser la question, c’est remarquer aussitôt le mépris dans lequel sont tenues les volontés du Ciel exprimées par la Vierge Elle-même.

Il ne faut pas s’étonner que le châtiment pèse donc encore sur l’Église et la conduit à une consomption qui n’ira pas, cependant, jusqu’à la mort, car les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir contre Elle. Cette vérité évangélique est confirmée par cette vision de la Vierge puissante du 3e Secret, et cette promesse inconditionnelle  : “ À la fin mon Cœur Immaculé triomphera ”.

Sœur Lucie ne doute aucunement de ce salut  : «  Peut-être y aura-t-il encore beaucoup de souffrances, davantage de nations éprouvées, mais le triomphe du Cœur Immaculé de Marie arrivera lorsqu’un nombre suffisant de personnes aura accompli le message.  » C’est pourquoi elle nous conjure avec la vigueur et l’autorité d’un prophète  : «  N’attendons pas que vienne de Rome un appel à la pénitence de la part du Saint-Père pour le monde entier  ; n’attendons pas non plus qu’il vienne de nos évêques dans leur diocèse, ni non plus des congrégations religieuses. Non. Notre-Seigneur a déjà utilisé bien souvent ces moyens et le monde n’en a pas fait cas. C’est pourquoi maintenant, il faut que chacun de nous commence sa propre réforme spirituelle. Chacun doit sauver non seulement son âme, mais aussi toutes les âmes que Dieu a placées sur son chemin.  »

CE QUE LE MESSAGE DE FATIMA DEMANDE AUX SIMPLES FIDÈLES

Dès 1967, l’abbé de Nantes avait résumé d’une manière saisissante les appels de Notre-Dame de Fatima pour chacun de nous  :

«  Un jour de 1916, l’Ange surprit les enfants à ne rien faire, pendant les heures torrides d’une journée de Juillet  : «  Que faites-vous là  ?… Priez, priez beaucoup  ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde… Offrez continuellement au Seigneur des prières et des sacrifices.  » – «  Comment ferons-nous des sacrifices  ?  » demanda Lucie. «  De toutes choses vous pouvez faire des sacrifices. Offrez-les au Seigneur en acte de réparation pour tant de péchés qui l’offensent et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie… Surtout acceptez et endurez les souffrances que le Seigneur vous enverra.  » En leur apportant la Communion, il leur dira  : «  Prenez le Corps et le Sang de Jésus-Christ horriblement outragé par les hommes ingrats  ! Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.  »

Jacinthe, François et Lucie de Fatima

La Vierge Marie ne leur parlera pas un autre langage. Dès le 13 mai, elle leur demande  : «  Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en réparation des péchés si nombreux qui offensent sa divine Majesté  ? Voulez-vous souffrir pour obtenir la conversion des pécheurs, pour réparer les blasphèmes ainsi que toutes les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie  ?  » Et, sur leur acceptation enthousiaste, elle ajoute  : «  Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu vous assistera et vous soutiendra toujours.  »

Le 13 juillet, juste avant de leur confier le terrible Secret, pour «  ranimer ma ferveur refroidie  », dira humblement Lucie, elle leur redit encore  : «  Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent, mais spécialement en faisant quelques sacrifices  : Ô Jésus, c’est pour votre amour, en réparation des offenses au Cœur Immaculé de Marie et pour la conversion des pauvres pécheurs.  »

Ainsi le Ciel ravivait pour notre temps la plus mystérieuse et la plus émouvante part de la Révélation chrétienne, celle de la Communion des saints dans le sacrifice. Tandis que chacun est appelé à faire pénitence pour ses propres péchés et à changer de conduite, tandis que le monde ne doit pas espérer de paix tant qu’il n’en a pas mérité le bienfait par une sincère conversion, voici que la Vierge Marie appelle ses enfants dévoués à prier et à se sacrifier par amour, à la place des pécheurs, assurant qu’une si charitable réparation méritera à beaucoup d’âmes en péril le salut éternel et au monde le bien de la paix, avant qu’ils n’aient eux-mêmes donné satisfaction. (…) Notre avenir ne dépend plus des mécaniques humaines ni même du verdict d’un Juge rigoureux. Il dépend des larmes, des souffrances, des prières pleines de charité des saints vivant au milieu de nous. (…) Prière  ! Pénitence  ! Il suffit peut-être que nous ajoutions notre humble part au trésor des mérites des saints pour que le monde soit sauvé  ! Telles sont les admirables perspectives de grâce, ouvertes dans le beau ciel de Fatima  ! (…)

Hâtons-nous donc de connaître et de faire ce qui nous est demandé.

D’abord, réciter le chapelet. (…) Dans chaque apparition, elle insiste sur la récitation quotidienne du chapelet. Le 13 juillet  : «  Dites-le tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire avec l’intention d’obtenir la fin de la guerre. Elle seule pourra vous secourir.  » Le 19 août  : «  Continuez à réciter le chapelet tous les jours  », et le 13 octobre elle se nomme sous le vocable de “ Notre-Dame du Rosaire ”.

Voilà donc l’arme des chrétiens au milieu des terribles combats que la Puissance des Ténèbres livre à l’Église dans ces derniers temps. (…)

Ensuite faire des sacrifices. Dès le début, l’Ange prépare les enfants à leur vocation essentielle, celle de victimes réparatrices. Tous ceux qui entreront profondément dans l’esprit de Fatima éprouveront le même appel. Ils ne distingueront plus entre la pénitence qu’il leur faut accomplir pour leurs propres péchés et celle qu’ils y ajouteront pour les autres pécheurs. Le grand élan qui les emporte sur les traces des petits voyants est celui de l’amour consolateur et réparateur. Dieu souffre de tant d’outrages, de sacrilèges et d’indifférences  ! Consolons son Cœur… Tant de pécheurs sont en danger de tomber en enfer  ! Réparons pour eux…

«  Tant de monde tombe dans l’enfer  !… Tant de monde  ! s’exclamait Jacinthe,… Ah  ! si nous pouvions, avec nos sacrifices, fermer pour toujours les portes de cette terrible fournaise  !… Si nous pouvions faire que tous les pécheurs prennent le chemin du Ciel  !  »

De telles pensées donnaient aux enfants un ardent désir de souffrir  : «  Donnons notre goûter aux brebis. Ne pas goûter, voilà une jolie pénitence  ». (…) Et ils se firent un cilice avec une corde. Jacinthe en pleure de douleur, mais quand Lucie parle de la lui enlever  : «  Non, dit-elle, il faut bien souffrir en réparation des péchés et pour la conversion des pécheurs.  » Il est touchant d’entendre la Vierge dire à Lucie le 13 septembre  : «  Notre-Seigneur est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous gardiez la corde dans le lit. Portez-la seulement pendant le jour.  » Souffrir pour les pécheurs, mais plus encore, «  pour consoler Jésus et pour consoler Notre-Dame  » disaient ces enfants. «  Qu’est-ce qui te plaît le plus, demandait Lucie  : consoler Jésus ou convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent pas en enfer  ?  » – «  À choisir, répondait Jacinthe, je préférerais consoler Notre-Seigneur. N’as-tu pas remarqué comment la Sainte Vierge, encore le mois dernier, devint si triste lorsqu’Elle demanda que l’on n’offense plus Notre-Seigneur qui est tant offensé  ?  »

La douleur des êtres bienheureux du Ciel, leur désir d’être consolés, la joie que leur procurent les souffrances qui leur sont offertes par des créatures innocentes ou pénitentes nous sont bien incompréhensibles, sans doute  ! Mais ces enfants ont vu, de leurs yeux vu ce qu’ils traduisent en un tel langage et en de tels sentiments humains, et ce qui est le mystère le plus intime, le plus profond, de l’amour de Dieu pour nous. «  Consoler Notre-Seigneur qui est si affligé à cause de tant de péchés  », s’attendrir sur le Cœur Douloureux de la Bienheureuse Vierge apparu à Lucie entouré et blessé d’une couronne d’épines, voilà l’œuvre sublime qui est demandée aux âmes ferventes et aimantes. (…)

Enfin, se consacrer au Cœur Immaculé de Marie. «  Vous verrez Saint Joseph et l’Enfant Jésus prêts à donner la paix au monde  », avait annoncé la Dame le 19 août. Mais à une condition très précise, la dévotion à son Cœur Immaculé et la consécration de la Russie à ce même Cœur très Saint et Immaculé. Le Ciel paraît y tenir beaucoup. Nous touchons là à l’aspect le plus décrié de notre religion, celui du bon plaisir de Dieu, qui décide souverainement du culte que l’Église devra lui rendre pour lui être agréable et mériter ses grâces. Ainsi, Dieu veut l’exaltation de la Vierge Marie sa Mère. Il veut qu’un culte lui soit rendu, magnifique et multiple, populaire, traditionnel, public et universel. La “ Dame ” a aimé les rubans qui ornaient le chêne-vert, l’arc rustique dressé par la brave Maria Carreira, et ses lanternes qui y brûlaient nuit et jour. Elle a désiré qu’on élève une chapelle et qu’on fasse deux brancards de procession pour solenniser la fête de Notre-Dame du Rosaire. Elle a fait jaillir une source abondante sur le plateau désert où il lui plaît de voir se rassembler de grandes foules en son honneur.

La Mère et son Fils ont les mêmes pensées, les mêmes goûts  ! Elle désire une dévotion toute semblable à celle que le Cœur de Jésus demandait à Paray-le-Monial il y a trois cents ans. Que les chrétiens marquent cinq premiers samedis du mois par une confession et une communion réparatrice, et d’abondantes grâces leur seront données au moment de la mort. Qu’on lui consacre la Russie, et on aura la paix  !

Et voilà bien le secret du Secret  : «  Tu diras au monde entier que le bon Dieu veut accorder ses grâces par le Cœur Immaculé de Marie, qu’on ne doit pas hésiter à les lui demander. Que le Cœur de Jésus veut être vénéré avec celui de sa mère. Que les hommes doivent demander la paix à ce Cœur Immaculé parce que Dieu la lui a confiée.  »

L’Église détient dans sa main la paix et le salut du monde. Il suffit qu’elle développe immensément le culte et la dévotion aux Saints Cœurs de Jésus et de Marie au lieu de se profaner dans le service, le culte et l’amour de l’Homme et du Monde. Si elle se convertissait de cette maladie qui la dévore, si elle allait à Fatima pour y méditer et pour y suivre le Message que la Reine du Ciel lui adressait il y a cinquante ans, mon Dieu, que l’avenir serait beau  !  » (…)

Mais en attendant, le Message de la Sainte Vierge à Fatima suppose de la part des simples fidèles un attachement inaltérable à l’Église catholique romaine. Sœur Lucie, en plus de son exemple, s’exprimera clairement à ce sujet  : «  Il n’existe rien en ce monde qui puisse justifier que l’on rompe avec le principal à cause du secondaire…Pierre a glissé et est tombé, le Christ n’a pas cessé pour autant de lui confier le gouvernement suprême de son Église.  » Cet attachement à l’Église doit n’avoir d’égal que l’attachement à la foi catholique garantie par le magistère infaillible, ordinaire ou extraordinaire. Autrement dit ni schisme, ni hérésie. Leçon que Sœur Lucie répète à plusieurs reprises dans son ouvrage Les Appels du message de Fatima.

Fils de l’Église, prions, faisons pénitence, consacrons‑nous et dévouons-nous à la Vierge Immaculée. Et si nous sommes dans la peine, pensons aux petits voyants de Fatima  ! (…)

Extraits de Fatima, joie intime, événement mondial,
de Toute la vérité sur Fatima tome 2 et de la Lettre à mes Amis n° 247

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