La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly

Les limites de l’obéissance au Pape

L’OPPOSITION AU PAPE EST-ELLE PARFOIS LÉGITIME ET SAINTE  ? La réponse qui vient spontanément à la bouche des bons chrétiens, la réponse facile est non  : Non, jamais  ! (…) Personne ne peut s’opposer légitimement, saintement, au Pape  : UBI PAPA, IBI ECCLESIA. S’opposer au Pape, c’est s’opposer à l’Église. S’opposer à l’Église, c’est combattre le Christ. (…)

L’autre réponse, plus difficile, est cependant plus exacte  : oui, parfois  ! Il est parfois légitime et saint de s’opposer au Pape, comme au Concile.

Cela nous est déjà suggéré par l’Évangile. À chaque exaltation du Premier des Apôtres, le Seigneur veille à ce que corresponde une cinglante humiliation, pour lui rappeler sans doute la persistance de sa condition d’homme, de sa pauvre liberté et faiblesse d’homme pécheur. Après la Confession de Césarée et la merveilleuse promesse  : «  Tu es Pierre et sur cette Pierre je fonderai mon Église, et les Portes de l’Enfer ne prévaudront point contre elle  » (Mt 16, 18), c’est le terrible  : «  Arrière, Satan, car tu m’es un scandale  » (Mt 16, 23). Après le serment de fidélité, c’est l’annonce de sa chute mais aussi la promesse de son relèvement définitif  : «  Mais j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, confirme tes frères  » (Lc 22, 32). L’indéfectibilité du Pape s’affirme comme le miracle continuel mais conditionnel et limité de la grâce l’emportant sur la faiblesse de l’homme.

La preuve dogmatique mérite une grande attention. Nous allons l’exposer. Quant à la preuve historique, elle porte sur un très petit nombre de cas. Elle permet de constater cependant, qu’au jugement de l’Église même, un pape peut errer en matière de foi, de mœurs, de discipline, et qu’en de tels cas les fidèles doivent nécessairement s’opposer à lui… par fidélité bien entendue à la Papauté elle-même  !

Mais il ne s’agira en aucun cas, en aucune manière, d’attaquer en la personne du pape la Papauté, de contester à l’occasion de tel désordre, de telle erreur, de telle faiblesse passagère de l’homme, l’autorité, l’institution qu’il représente, la fonction qu’il assume. L’Église est hiérarchique, son principe est monarchique. Et c’est une réussite prodigieuse, une marque de la Puissance divine. Il ne s’agit pas d’y contredire en tirant argument de faiblesses possibles des hommes qui l’incarnent, mais de préciser les limites, les exceptions, qui confirment la règle et en rehaussent l’éclat surhumain. (…) Seule la question de droit, de la légitimité d’une opposition au Pape, sera traitée ici. (…)

I. L’AUTORITÉ SUPRÊME DU PAPE

LES APÔTRES, FONDATEURS DE L’ÉGLISE

La fondation de l’Église sur les plans arrêtés par le Christ a été confiée aux Apôtres pour être mise en œuvre au jour de la Pentecôte. Elle requérait évidemment des dons spéciaux, vraiment singuliers et extraordinaires, de l’Esprit-Saint à la génération des bâtisseurs. C’est pourquoi les Douze, les Apôtres, ont été constitués les Colonnes de l’Église, doués de pouvoirs si étendus et si particuliers que leurs successeurs même n’en hériteront pas totalement.

Ils étaient gratifiés de la Révélation divine dont ils reçurent une connaissance “ prophétique ” totale, la pénétrant plus parfaitement que personne ne le pourra jamais ici-bas, et pour l’enseignement de laquelle ils jouissaient du charisme de l’“ inspiration ”, dans leurs paroles comme dans leurs écrits, toujours et absolument infaillibles. Ils avaient le pouvoir d’instituer les sacrements annoncés par le Christ, et de tout régler dans la vie de l’Église selon les enseignements du Seigneur.

Ce n’était pas encore suffisant. Ils avaient aussi le pouvoir de faire des miracles et ils furent confirmés en grâce, c’est-à-dire saints, fixés dans la perfection de leur vocation.

Ainsi munis de pouvoirs si extraordinaires et si complets, ils étaient de puissants et parfaits instruments de Dieu pour la fondation de l’Église. C’est dire que toute rébellion contre eux était absolument illégitime et coupable. Il y en eut pourtant, contre lesquelles s’enflamma la colère de Dieu. (…)

LES POUVOIRS DES SUCCESSEURS DES APÔTRES

L’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, possède en tant que tel l’autorité suprême dans l’Église  ; les évêques, comme successeurs des autres Apôtres, ont une autorité subordonnée à la sienne. Ni lui ni eux n’ont cependant hérité des Pouvoirs nécessaires à la fondation de l’Église  ; la chose est faite, une fois pour toutes. Leur mission est de conserver l’Église, c’est déjà lourd, et ils ont hérité pour cela de Pouvoirs ordinaires, transmissibles, et déjà considérables.

Or voici une distinction capitale  : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas  ; ils sont donc… faillibles. Pour que l’Église ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il fallait que les actes essentiels des Pasteurs de l’Église soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l’Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l’homme que de l’assistance de l’Esprit de Dieu  ; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s’opérer un discernement. Allons de l’infaillible au faillible, du certain à l’incertain, de l’indiscutable au discutable…

1) LE POUVOIR D’ORDRE

Nous tenons ce Pouvoir, de célébrer le Saint-Sacrifice et de donner la grâce par les autres sacrements, du Christ par succession apostolique, intégralement. (…) Cette efficacité pleine et entière des rites sacramentels a toujours été reconnue dans l’Église. C’est là notre grandeur, à nous prêtres, dans ce ministère qui nous fait les instruments de la grâce divine. C’est l’essentiel de la vie de l’Église et de la croissance de la charité qui est ainsi assuré, infailliblement.

2) LE POUVOIR D’ENSEIGNEMENT

Il est lui aussi infaillible, mais en partie seulement. Et là, je me permets de présenter la doctrine commune de l’Église d’une manière un peu neuve, pour la rendre accessible à la compréhension de tous. Les théologiens auront intérêt à lire G. Thils, L’infaillibilité Pontificale (Duculot, 1968); en particulier le chapitre consacré à l’étude de L’Infaillibilité du Pape dans son Magistère ordinaire (p. 176-185), et aussi Dom Nau, Le Magistère pontifical ordinaire, Lieu théologique (Abbaye de Solesmes). La question est complexe.

a) L’Église en sa croyance unanime est infaillible. En vertu de sa dignité d’Épouse du Christ, l’Église participe à sa connaissance infaillible de la Vérité. Ce que tous les fidèles de l’Église croient ensemble, unanimement, comme de révélation divine, est infailliblement vrai. Pourquoi  ? Parce que si toute l’Église, même à un seul instant de son histoire, était toute entière dans l’erreur, fût-ce sur un seul point dogmatique ou moral, l’Enfer l’aurait emporté à l’encontre des promesses du Christ.

Par exemple, l’Église a toujours cru dans sa totalité la Virginité perpétuelle de Marie. C’est donc une vérité infaillible de la Révélation. Certains la contestent aujourd’hui  ; ils prétextent qu’elle n’a jamais été précisément définie par le Magistère et imposée par lui comme un dogme à la croyance de tous. Mauvaise raison  ! Il n’y a pas besoin de définir ce qui a toujours été enseigné et cru par tous, parce que cette foi commune et ordinaire ne peut être rien d’autre que la vérité infaillible de la Révélation.

Tel est le fondement large et assuré de notre foi, tel est le trésor de la Tradition dans lequel, comme l’a clairement exposé Gasser au Concile du Vatican en 1870, le Magistère puise tout son enseignement, ordinaire ou extraordinaire. Il n’y a d’infaillibilité du Pape ou du Concile que dans la mouvance de cette infaillibilité première de l’Église même.

b) Le Magistère ordinaire est conditionnellement infaillible. Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. Quand le Pape, ou quelque évêque, ou quelque curé même, enseigne ce que l’Église a toujours et universellement tenu pour certain, il dit vrai nécessairement et infailliblement. (…)

En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “ authentique ”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.

c) Le Magistère extraordinaire ou solennel est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible. Et c’est une nécessité pour l’Église. S’il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre la dépôt de la Révélation seront amenés à trancher la question définitivement par une proclamation en forme indiscutable de la Vérité. L’assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C’est l’infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore “ ex cathedra ”.

Un tel charisme est stupéfiant  ; il fait de l’homme comme un Dieu, sûr d’être dans le vrai absolu  ! C’est bien pourtant une vérité de notre foi, vécue depuis toujours et proclamée par le Concile du Vatican en 1870, désormais irréformable. Il était nécessaire qu’il en soit ainsi. Ce recours à une infaillibilité de principe, signalée par la forme même de l’Acte déclarant la foi, est l’ultime solution aux crises doctrinales que traverse l’Église parce qu’il n’y a, dans de telles circonstances, d’autre solution que de croire sans plus rien examiner ni discuter, du seul fait qu’il est sûr que “ Rome a parlé ”, que le Pape a parlé “ ex cathedra ”, que le Concile a promulgué une “ constitution dogmatique ” accompagnée d’anathèmes. Alors, à coup sûr, c’est la Vérité. (…)

d) L’enseignement faillible de l’homme privé. Reste que les personnes constituées en dignité, gardent la liberté marginale d’enseigner sous leur responsabilité personnelle, comme “ théologiens privés ”, des théories et opinions qui leur sont propres et ne valent que par leur force démonstrative intrinsèque. (…) Mais si quelque prétention à imposer leur doctrine les fait couvrir celle-ci de toutes les marques extérieures d’un enseignement authentique, tendant à en faire un acte de magistère ordinaire ecclésiastique, le désordre sera grand. Ce qui vient des hommes paraîtra venir de Dieu. (…) L’infaillibilité attribuée inconsidérément à tout acte du Magistère peut devenir une arme terrible aux mains des pervers. Il suffirait alors au diable pour dominer toute l’Église et y imposer les pires erreurs, d’arriver à placer aux plus hauts sommets de la Hiérarchie des êtres perdus tout gagnés à sa cause. C’est le plan, cent fois exprimé, de la Franc-Maçonnerie. Il faut savoir qu’une telle inversion de l’ordre établi par le Christ pour le salut de tous peut se rencontrer parfois dans l’Église, pour la ruine et la perdition de la multitude égarée par ses Pasteurs.

3) LE POUVOIR DE GOUVERNER L’ÉGLISE

Il comporte les trois fonctions, de légiférer, de juger et de sanctionner. En ce domaine, selon la théologie commune, il n’existe aucune sorte et même aucune possibilité d’infaillibilité. Les décisions de caractère éminemment pratique comportent trop d’implications et de conséquences incontrôlables pour qu’on puisse parler à leur propos d’infaillibilité.

Le Pape, les Évêques en communion avec lui, dirigent leur peuple  ; ils décident de tout ce qui concerne le bien de l’Église et le salut des âmes, de leur propre initiative mais non sans une certaine assistance du Saint-Esprit dite “ prudentielle ”. (…) Ils ont droit d’être obéis, mais non d’une obéissance entière et aveugle. (…) L’autorité ne peut jamais être inconditionnelle en ce monde puisque l’autorité la plus haute, dans l’Église même, n’est jamais, de soi, impeccable ni infaillible. (…)

HOMMES FAILLIBLES, REVÊTUS D’INFAILLIBILITÉ

II y a donc, dans la mission divine de la Hiérarchie, des points faibles, pire, de grands espaces faillibles. S’il n’y en avait pas, les hommes d’église seraient de vrais dieux  ! Il faut donc distinguer des degrés dans l’exercice des pouvoirs hiérarchiques. En certains domaines, à certaines conditions précises, l’infaillibilité du Magistère est sûre et entière  : c’est pour ainsi dire Dieu même qui parle par le Pape, par le Concile. En d’autres domaines, ou faute de certaines conditions, la défectibilité humaine l’emporte sur l’assistance divine. Même alors, il serait bon et prudent de croire et d’obéir à ceux que l’Esprit-Saint assiste pour qu’ils n’errent pas et procurent le bien des âmes. Cependant, une certaine possibilité subsiste pour les Pasteurs de trahir leurs fonctions et de se tromper eux-mêmes par ignorance, ou de nous tromper et de nous égarer par malice. Pourquoi le taire  ? (…)

Le fondement sacré de l’Autorité catholique et la règle de l’infaillibilité, c’est la Tradition. Ce qui lui est étranger demeure suspect, ce qui lui est contraire est faux.

II. DU PAPE HÉRÉTIQUE, SCHISMATIQUE, SCANDALEUX

1) UN PAPE PEUT-IL ÊTRE HÉRÉTIQUE  ?

Pour suivre les auteurs classiques, nous étudierons successivement la possibilité théorique puis la possibilité pratique d’un tel malheur.

a) Preuve théorique.

Oui, en dehors de son enseignement ex cathedra et en dehors de son enseignement ordinaire, quand il cesse de répéter ce que la tradition unanime tient pour révélé, et donc quand il parle comme théologien privé, un pape peut tomber dans l’hérésie.

Cette possibilité – sans laquelle il serait comme Dieu – est depuis toujours connue et professée par l’Église. Un canon du Décret de Gratien en fait mention explicite. Or, si le Décret est une compilation de formules canoniques datée de 1119, ce canon remonte à une beaucoup plus haute antiquité  ; il sera sans cesse confirmé par un usage constant dans la suite des temps. Chose curieuse, je l’ai bien entendu citer cent fois ces dernières années, mais toujours amputé de ses derniers mots, qui en limitent la portée et en changent précisément tout le sens  :

«  Que nul mortel n’ait l’audace de faire remontrance au pape pour ses fautes  ; car il ne peut être jugé par personne celui qui doit juger tous les hommes, EXCEPTÉ S’IL EST REPRIS POUR AVOIR DÉVIÉ DE LA FOI.   » (…)

Or l’affirmation claire que le Pape peut être repris par quiconque dans ce seul et unique cas, à savoir quand il est suspecté d’hérésie, quand il paraît dévier de la vraie foi, cette affirmation est corroborée par Innocent III, Innocent IV, Grégoire IX, Adrien VI, Paul IV, etc. (…)

Citons Adrien VI  : «  Je dis que si l’on entend par l’Église Romaine sa tête, c’est-à-dire le Pontife, il est certain qu’elle peut errer, même dans les choses qui touchent la foi, en affirmant l’hérésie par sa détermination ou par quelque décret. En effet, plusieurs pontifes romains furent hérétiques…   » (…)

Ainsi, le doute n’est plus possible  : les papes peuvent tomber dans l’hérésie, sauf dans leur Magistère solennel qui est, lui seul, intrinsèquement infaillible. (…) Le Concile du Vatican en 1870 s’est empressé de délimiter rigoureusement l’aire de cette infaillibilité. Il a dressé la liste exhaustive des conditions précises, déterminantes, de l’enseignement “ ex cathedra ”. Le Concile qui a donc proclamé l’infaillibilité a aussi fortement proclamé qu’en dehors de ses conditions le Pape demeurait capable d’erreur et ne pouvait donc être suivi aveuglément. (…)

b) Preuve historique.

Plusieurs papes se sont fourvoyés dans l’erreur en matière de foi, s’y sont obstinés jusqu’à condamner les tenants de l’orthodoxie, parfois avec une certaine solennité. (…) Il suffit d’en dresser la liste, presque exhaustive, pour constater le caractère mineur de ces événements.

Libère est connu pour sa défaillance coupable de décembre 359, quand il accepte de signer, sous la contrainte de l’Empereur qui le tient prisonnier à Byzance, un formulaire semi-arien que déjà pratiquement tous les Évêques d’Orient réunis à Séleucie, au nombre de 160, et 400 Évêques d’Occident, réunis à Rimini, ont accepté. Tous, sauf Hilaire, Athanase et quelques autres que Libère ira jusqu’à condamner  ! Mais ce malheureux pape bientôt se ressaisira, tiendra tête à l’Empereur et soutiendra fermement l’orthodoxie jusqu’à la mort.

Vigile, en 553, sur la question extraordinairement obscurcie par les byzantins du “ Monothélisme ”, semble favoriser l’hérésie en refusant de déclarer clairement la doctrine de l’Église qui affirme deux volontés dans le Christ, l’une divine, l’autre humaine  ; il ne condamne plus les hérétiques anciens, monophysites, ni les nouveaux, monothélistes. Le diacre romain Pélage lui en fait grief et le déclare hérétique  ; Vigile l’excommunie. Mais c’est Pélage qui lui succédera sur le Siège de Rome. (…)

Boniface IV adoptera en 612, toujours sur la même question de plus en plus envenimée, une attitude non moins équivoque, ou prudente  ? et Saint Colomban la lui reprochera dans une Lettre d’une admirable véhémence  !

Honorius est, de tous les papes hérétiques, le plus célèbre et sans doute le plus gravement coupable. (…) Pour se justifier de céder devant les hérétiques, il avait eu ce mot qui est d’un moderne étonnant, mais c’était en 634  : «  Prenons garde de ressusciter les vieilles querelles   »  ! Moyennant quoi, il ordonna de laisser l’erreur se propager librement et la conséquence fut que la vérité de l’orthodoxie se trouva partout bannie. Presque seul, saint Sophrone de Jérusalem s’insurgea contre Honorius, l’accusant formellement d’hérésie. Le Pape enfin reprit conscience de ses devoirs mais il mourut sans avoir réparé l’immense dommage causé à l’Église universelle par ses palinodies. Cela lui valut l’anathème du VIe Concile de Constantinople, en 680, confirmé par le pape Léon II et repris par tous les grands Conciles œcuméniques jusqu’à l’époque moderne. Prodigieuse marque de vérité que donne ainsi l’Église de Rome en maintenant l’un de ses Pontifes sous l’anathème à travers les siècles, pour cause d’hérésie, au moment où elle se déclare sereinement infaillible  !

Jean XXII, en Avignon, le jour de la Toussaint 1331, dit que les morts n’entreront dans la vision béatifique qu’à la résurrection, à la fin du monde  ! Protestations. Jugement réprobateur de l’Université de Paris consultée. Jean XXII meurt en 1334, en confessant et rétractant son erreur. (…)

En définitive, un Pape peut-il être accusé d’hérésie  ?

On comprend, après ce bilan historique, qu’un tel cas est d’une improbabilité maxima. C’est donc la dernière hypothèse à imaginer quand toutes les autres se sont avérées insuffisantes. (…) Et cependant, quand il ne reste plus d’autre solution, quand toutes les preuves sont réunies et convergent, ni la foi n’est ébranlée ni l’espérance ne meurt, ni la charité ne se trouve blessée de dire  : notre Pape est hérétique. (…)

2) UN PAPE PEUT-IL ÊTRE SCHISMATIQUE  ?

Suarez, Bellarmin, d’autres théologiens le prévoient et se montrent là encore d’une étonnante actualité. Pour nous, travaillant sur observation clinique directe, nous distinguerons trois espèces et degrés de schisme papal  :

LE SCHISME AFFECTIF, lorsque le pape en vient à se dégoûter de ses propres enfants, au point de les excommunier tous, ou au moins les plus fidèles d’entre eux, sans raison légitime. C’est évidemment un comportement de père dénaturé. Cette inversion de l’amour allant aux étrangers et de la haine se portant contre les plus proches et les plus méritants est un signe de schisme profond.

LE SCHISME EFFECTIF, lorsque le pape manifeste un désintérêt et même un dégoût de tous les rites et de toutes les institutions traditionnelles de SON Église catholique. Quand tout ce qui est ancien lui pèserait et qu’il renverserait tout cet héritage vénérable du passé pour recréer fébrilement toutes choses nouvelles, liturgie, droit canonique, méthodes pastorales, formules dogmatiques, alors il y aurait coupure dans le temps, rupture de la tradition, schisme réel du Pape d’un jour avec la Papauté de toujours, de la génération présente avec l’Église apostolique.

LE SCHISME ABSOLU, lorsque le pape brise pratiquement le lien sacré de sa Fonction qui l’attache au service de l’Église, qu’il cesse de prendre soin de son troupeau et n’a plus aucun souci du bien commun surnaturel pour s’occuper d’autres intérêts. Il se vouerait par exemple totalement à l’enrichissement de sa famille ou à l’embellissement de sa Ville  ; il s’adonnerait uniquement à la diplomatie pour se faire bien voir et recevoir des Chefs d’État, au détriment de l’Église abandonnée. Il s’éprendrait d’une autre religion, d’une autre société, ou d’une chimère de religion future, plus vaste, plus universelle que sa propre Église, au point de comploter l’intégration de celle-ci dans celle-là. Il y aurait rupture du pape avec son peuple, du Vicaire de Jésus-Christ avec son Seigneur et son Dieu.

De telles aberrations le passé nous donne certes quelques exemples, mineurs à la vérité. (…) Les schismes pontificaux des temps passés ne seraient-ils pas cependant les ombres et prémonitions de ce qui devait venir, aujourd’hui, à la fin des temps, lors de la grandissime Apostasie prédite par les Écritures  ?

Tout peut arriver, car il n’y a rien qui doive étonner de la part des hommes. Il faudra reconnaître, avec le Cardinal Journet, que «  c’est une chose épouvantable, lorsque l’Église est trahie par son dépositaire  ». (…)

3) UN PAPE PEUT-IL ÊTRE SCANDALEUX  ?

Bien sûr, puisque l’indéfectibilité morale n’est nullement promise au pape, pas plus qu’aux autres hommes, et qu’il est sans doute dans un état plus exposé au péché qu’aucun d’entre eux, le pape peut manquer à la perfection de son état et provoquer par là le scandale. Ne nous étonnons pas de la grande discrétion de l’Église en ce domaine des mœurs de ses membres même les plus élevés. Elle entend réserver le secret de la vie intime hors de critique. C’est bien en ce domaine qu’il n’est permis à personne de juger. (…)

Mais il existe une autre sorte de scandale, que la théologie classique semble avoir ignoré mais dont notre expérience actuelle nous instruit. (…) Prenons un exemple entre mille. S’il arrivait qu’un pape, dans un discours solennel en présence d’un Concile, ou dans une encyclique, demande pardon aux hérétiques et aux schismatiques pour les fautes prétendues de ses Prédécesseurs et de l’Église même qui les condamnèrent  ; s’il arrivait ensuite qu’il se réconcilie avec eux et les invite même à participer au culte divin… le scandale serait bien “ officiel ” et non privé. Il entraînerait une solidarité active, une complicité de tous ceux qui l’accepteraient, fût-ce par leur seul silence. La sollicitation au mal, ainsi exprimée “ ex officio ”, serait alors presque irrésistible. (…)

Ressortissant au domaine de l’action, plus encore que le schisme ou l’hérésie, le scandale officiel appelle et exige la réaction officielle et proportionnée des serviteurs de Dieu, aucune indifférence ou neutralité n’étant plus possible. D’où l’urgence des solutions à envisager à l’encontre d’un pape corrupteur de l’Église.

III. DE L’ACTION CONTRE UN PAPE,
HÉRÉTIQUE, SCHISMATIQUE, SCANDALEUX

1) SOLUTION IMPRATICABLE.

Bellarmin propose une solution radicale. Mais il faut remarquer qu’il la propose sans réelle conviction parce qu’il considère pareil cas, on s’en souvient, comme irréel et pratiquement impossible. «  Un pape hérétique est déposé  ». La raison en est simple. L’hérésie étant une mort spirituelle, un abandon de l’Église, tout pape qui tombe dans l’hérésie se trouve spirituellement mort et retranché ipso facto de l’Église. Il est, de ce fait même, déposé  ; il a cessé de son propre chef d’occuper le Siège Apostolique.

Cette solution, excellente en théorie, ignore délibérément l’aspect psychologique et sociologique de la question. (…) Admettre l’idée d’une déposition du pape automatiquement provoquée par son erreur manifeste aurait deux conséquences pastorales, l’une fâcheuse, l’autre burlesque. Fâcheuse  : une telle réaction n’arrivera jamais, fût-ce aux jours de l’Antéchrist. La masse suivra toujours le Pontife régnant. Ou burlesque  : n’importe quel mécontent pourra déclarer, n’importe quand, pour n’importe quel motif, que le pape est hérétique et donc qu’il n’est plus pape. Tandis que les masses ne bougeront pas d’une fidélité de charbonnier, les excentriques contesteront tout pape quel qu’il soit et, au nom de Bellarmin, le déclareront déposé  !

2) SOLUTION OUVERTE.

Cajetan propose l’autre branche du dilemme, suivi par Jean de Saint Thomas et d’autres, où nous nous rangeons nous-mêmes  : «  Un pape hérétique doit être déposé  ». Ce qui veut dire deux choses également importantes  : s’il arrive qu’un pape soit hérétique, il faut procéder à sa déposition pour qu’il cesse d’être pape. Et encore ceci  : celui qui accuse le pape d’hérésie ne doit pas s’en tenir là, mais il doit provoquer le processus juridique de sa déposition, ne pouvant ériger son jugement personnel en décision universellement, immédiatement exécutoire. Voilà qui est fort bien vu et réaliste.

Mais aussitôt des questions se posent en abondance sur la manière et les moyens de cette déposition. Qui déposera le pape  ? L’Église, évidemment. Mais l’Église a-t-elle la compétence requise pour juger le pape qui est en personne le Chef et le Juge Souverain de tous  ? (…)

Le Libellus fidei adressé par Adrien II au VIIIe Concile de Constantinople (Mansi XVI, col. 126) nous maintient cependant sur la bonne voie. Évoquant à propos d’Honorius le droit des fidèles à résister au pape prévaricateur, il rappelle qu’il est “ licite ” aux inférieurs de résister aux directives de leurs supérieurs et de rejeter leurs erreurs, dans le seul cas d’hérésie. Il ajoute que pourtant aucun patriarche ni aucun évêque n’aurait, même dans ce cas, le droit de proférer une sentence (d’anathème) si ce n’est du consentement préalable du Souverain Pontife Lui-même. Chacun doit résister à l’hérésie et la combattre, même venant d’un pape. Mais pour juger le pape et prononcer une sentence de condamnation contre lui, il y faut le consentement du Souverain Pontife. Adrien II songeait évidemment à un jugement posthume. Mais pourquoi ne pas avancer d’un pas sur cette voie et envisager un procès tenu du vivant même du pape prévaricateur, avec son autorisation  ? Pourquoi attendre la mort pour endiguer le mal  ? Le salut des âmes n’attend pas  !

3) SOLUTION MODERNE.

Cette solution est neuve, moderne, parce qu’elle suppose définie l’infaillibilité pontificale, telle que l’a promulguée il y a cent ans le Concile du Vatican. Seule cette définition permet de résoudre la difficulté, de proposer une solution non chimérique au cas du pape hérétique, schismatique ou scandaleux. Inaperçue d’abord, cette application du dogme en paraîtra peut-être un jour aux historiens la plus providentielle des justifications. Car, à la question décisive  : qui décidera en dernier appel, souverainement, une fois instruit le procès d’un pape hérétique, schismatique ou scandaleux  ? Le dogme du Vatican seul apporte une possibilité de solution réaliste. Qui jugera le Pape  ? Mais le Pape lui-même dans son infaillible Magistère doctrinal  !

L’Église doit donc faire APPEL DU PAPE AU PAPE. Les accusateurs auraient raison, ou ils auraient tort, la solution serait la même. Coupable ou innocent, hérétique ou orthodoxe, le pape contesté ne peut s’en tirer honorablement que par un procès dont tout est maintenant défini avec précision. (…)

Devant quel tribunal  ? Le véritable et seul tribunal de la foi, c’est l’ÉGLISE, en raison de son autorité d’ÉPOUSE du SEIGNEUR. Sa compétence est universelle, ses jugements sont infaillibles. L’Église croyante cependant tient sa foi et demeure dans son “ sensus fidei ”, son sens infaillible de la vérité, par le secours constant de l’Église enseignante. L’instruction du Procès sera donc à faire devant toute l’Église, soit par des membres représentatifs de la hiérarchie, soit par un tribunal de théologiens simplement chargés d’établir la conformité ou la contradiction de l’enseignement et des actes pontificaux avec la foi catholique et la tradition de l’Église, sous réserve d’une sentence infaillible qui n’est pas de sa compétence. (…)

Qui sera le Juge Souverain  ? L’Église bien sûr, mais nécessairement dans un seul homme qui décide personnellement. Au-dessus de tous et de toute assemblée conciliaire il n’existe qu’un seul chef, le Pape. Le pape sera donc appelé à se juger lui-même. Appelé, mais aussi contraint de rendre ce jugement souverain. Telle est la solution neuve à ce très vieux problème. Le pape parlant ex cathedra jouit de l’assistance absolue du Saint-Esprit, le garantissant contre toute erreur d’ignorance ou de malice. Le pape infaillible jugera donc sans appel le pape faillible. Lui seul peut être ainsi juge et partie dans sa propre cause car, serait-il “ démon dans son âme ”, il serait encore “ saint par son office ”, comme le dit Cajetan (cité par Journet, op. cit., t. I p. 550). Et tout sera sauvé par Dieu  !

Quelles sont les issues prévisibles d’un tel procès  ?

J’en compte trois  :

a) Une nouvelle définition de foi. Ce serait la plus glorieuse des issues pour le pape faisant ainsi la preuve qu’il était accusé à tort. L’accusateur est débouté. Le pape répète, mais en forme solennelle, “ ex cathedra ”, ce qu’il avait enseigné de manière authentique mais ordinaire et qu’un opposant contestait.

b) La rétractation du pape. Que le pape se rétracte, voilà bien l’impossible, s’exclamera peut-être mon lecteur. Ce serait de sa part une exclamation irréfléchie ou un manque de foi. En effet, si le pape, après une erreur grave, est mis avec force devant cette alternative  : ou bien confesser la foi catholique immuable et donc reconnaître son erreur, ou bien renier la foi catholique pour s’obstiner dans son propre sens, il est possible, il est même plus que probable que le pape se rétractera. Les cinq Papes hérétiques que compte l’histoire se sont tous rétractés  ! (…)

c) Constat de défection. Mais enfin le pape peut refuser d’écouter l’accusateur. “ Il doit se présenter ici  ? Fermez-lui la porte. Je ne veux pas l’écouter ”. Cela peut attendre, traîner. D’autres reprendront l’accusation. Un jour, le pape se trouvera sommé de répondre par son propre clergé. “ Non, je ne veux pas répondre ”. Alors, ce sera un constat de refus, de forfaiture, que devra dresser l’Église de Rome  : le pape ne veut pas exercer sa Magistrature suprême  !

L’Église de Rome devra alors menacer le pape de déposition. Dans cette sommation, c’est l’acte du pape, le refus réitéré d’exercer sa fonction qui constitue une démission. Sa déposition par l’Église n’en est qu’une conséquence. Le jugement de déposition sera alors la conclusion canonique de ce constat du retrait du pape. L’Église de Rome déclarera le Siège Apostolique vacant et convoquera un conclave pour l’élection d’un Successeur. Par mesure conservatoire, parce que l’Église ne peut pas se passer de Tête, de Souverain qui enseigne avec une autorité infaillible, qui décide, juge et punisse, qui assure l’unité et la paix. (…)

INFAILLIBLE SAINTE ÉGLISE  !

Le miracle de l’Église séculaire est, aux yeux des savants, aux yeux des simples, étincelant, éblouissant. Cette continuité, cette sagesse, cette unanimité sont humainement inexplicables  ! C’est l’œuvre de la grâce, mais passant par le cerveau et le cœur, par la langue éloquente, la main agile, de cent et mille Pontifes, Docteurs, prédicateurs, moines, vierges et saint peuple de Dieu.

J’adore l’Esprit-Saint, mais j’admire les instruments créés qu’il s’est appropriés et domestiqués. Bien sûr, et d’abord, et suprêmement, Pierre et ses 262 successeurs, dans tous leurs privilèges dont le plus grand est celui de leur infaillibilité ex cathedra. Ce “ seul homme ” est le Chef. Mais il n’est pas un “ homme seul ”. Toute une institution demeure depuis près de deux mille ans, hiérarchique, décentralisée, hérissée de libertés et de privilèges, fondée sur la foi, inébranlable dans sa fidélité à Jésus-Christ.

Quand Pierre s’égare, Paul le reprend car il est Apôtre comme lui, et Pierre se corrige saintement de son erreur passagère. Plus tard, quand les papes se soustrairont aux devoirs de leurs fonctions et à l’assistance du Saint-Esprit, l’Église poursuivra sa course, dans la plus légitime des indépendances, dans la plus sainte des soustractions d’obédience. Et des saints, ou des simples, se lèveront courageusement pour en remontrer au Pape défaillant, devenu serviteur de Satan, pasteur de mensonge et loup dévorant.

Athanase et Hilaire s’opposent au malheureux Libère. Colomban accable Boniface IV, qui sera pourtant canonisé  ! Sophrone résiste à Honorius l’Anathème. Bruno le Chartreux reprend Pascal II. Thomas Becket refuse d’obéir à ce grand lâche d’Alexandre III, vrai responsable de son cruel martyre. Ah  ! non, les papes ne sont pas des dieux  ! Bernard exhorte Eugène III. L’Université de Paris condamne l’hérésie de Jean XXII. Catherine de Sienne somme l’indolent Grégoire XI de rentrer à Rome et morigène durement cet Urbain VI qu’une folie sanguinaire transformait en bête féroce dans Rome terrorisée. Quand le Pape n’est pas bon, l’Église prend la relève de son chef défaillant.

L’Église n’était pas, avant Paul VI, une tyrannie sous le masque de la démocratie collégiale. Les erreurs du pape ou ses crimes laissaient les Églises locales fidèles et inébranlables  ; ils provoquaient la réaction salvatrice d’une Curie romaine qui n’était nullement asservie. Il suffisait alors d’un quelconque Libelle d’Accusation, d’une plainte, d’une dénonciation du Pape en hérésie, pour que l’Église s’émeuve et que le pape égaré vienne à résipiscence.

Les dernières pages de cette histoire conjointe de la Papauté et de l’Église ne sont pas encore sèches. Lorsque Pie IX en ses débuts donne dans le Libéralisme, un jeune prêtre “ n’augure rien de bon de ce pontificat ”. “ Si le pape ne change et quitte ses idées modernes, écrit-il, il va à la ruine ”. Le Pape changera en 1848, dans le sang de son premier ministre Rossi  ! Il fera du jeune prêtre rebelle un cardinal et un conseiller.

Quand Léon XIII voulut rallier les catholiques français à la République maçonnique et antichrétienne en 1892, un Marquis de la Tour du Pin répondirent par un Non Possumus déférent mais ferme. Et Léon XIII à la fin reconnut qu’“ on l’avait trompé ”.

Quand Pie XI excommunia les gens d’Action Française à l’égal des pires hérétiques, il trouva sur sa route le Cardinal Billot pour parler de “ l’Heure et de la Puissance des Ténèbres ”. Dès son accession au souverain Pontificat, Pie XII leva cette condamnation inique.

L’OPPOSITION AU PAPE PAUL VI.

Notre Querelle s’inscrit dans cette continuité, mais elle la déborde infiniment. (…)

Cependant, le cas de Paul VI [puis de Jean-Paul II] n’a plus aucune mesure avec celui de ses rares prédécesseurs fourvoyés un moment dans l’hérésie. (…) Nous l’accusons d’introduire dans les veines de l’Église le poison d’un vaste système qui défigure toute la Révélation et corrompt notre religion dans son fond. Nous constatons qu’il s’est engagé de toute son âme et de toute sa puissance de Pontife dans cette mutation totale de l’Église. Cela, vraiment, ne s’est encore jamais vu.

Et cette révolution survient dans un contexte conciliaire de total asservissement de l’Église à la volonté arbitraire d’un PARTI dont le Pape est la TÊTE. Le PACTE DE RÉFORME CONCILIAIRE tient l’Église prisonnière.

Hora et Potestas Tenebrarum… Et puis, semblable à un arbre dans la plaine, nous sommes là dressés lors de nos successives démarches romaines, seul en face de l’Adversaire au sommet de sa puissance. Nos armes sont la Foi et la Loi de l’Église. Il n’est pas d’exemple dans l’histoire que celles-ci ne l’aient finalement emporté.

Abbé Georges de Nantes
Extraits de la CRC n° 69, juin 1973, p. 3-12

 Pour en savoir plus >