La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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ENQUÊTE AU SUJET DE LA DATATION AU CARBONE 14 :
LA MYSTIFICATION DU BRITISH MUSEUM DÉMASQUÉE

En octobre 1981, les savants américains publiaient au symposium de New-London le résultat de leurs travaux  : «  Nous pouvons conclure pour l’heure que l’image du Suaire est celle de la forme humaine réelle d’un homme flagellé et crucifié. Elle n’est pas l’œuvre d’un artiste. Les taches de sang sont composées d’hémoglobine et donnent aussi un résultat positif au test de l’albumine.  »

Or dès le lendemain de ce symposium, les administrateurs du British Museum autorisèrent le directeur de son laboratoire de recherche, le Docteur Tite, à agir comme superviseur d’un projet de datation du Saint Suaire par la méthode du carbone 14. À l’initiative de qui et dans quel but  ? Mystère  ! […]

I. LES INDICES D’UNE FRAUDE PRÉMÉDITÉE

1. PROCÉDURE ET PROTOCOLE

Emplacement du prélèvement du 21 avril 1988 sur le Saint Suaire.

Emplacement du prélèvement du 21 avril 1988, laissant paraître la toile de Hollande sur laquelle le Saint Suaire fut «  cousu à faux filet  » en 1534 par les clarisses de Chambéry.

Une procédure fut d’abord soigneusement concertée entre les sept laboratoires désignés et l’Académie pontificale des sciences. […]

Il faut toutefois remarquer que les Américains du STURP (Shroud of Turin Research Project), qui avaient mis, eux aussi, au point un projet de datation au carbone 14, étaient exclus, après bien des intrigues… […]

Le “ Protocole de Turin  ” ne comptait pas moins de huit cents pages dactylographiées. Tout, absolument tout était prévu, depuis le prélèvement des échantillons sur le Saint Suaire, confié à Mme Mechtilde Flury-Lemberg, de l’Abegg-Stiftung (Berne), la personne au monde la plus qualifiée pour cette première opération délicate dont toute la suite dépendait  ; jusqu’à la mise en œuvre des deux méthodes de datation (AMS et petits compteurs à gaz).

Or, ce protocole conclu sous l’égide du cardinal Ballestrero (29 sept. – 1er oct. 1986)n’a pas été respecté. […]

1. Pourquoi Mechtilde Flury-Lemberg a été écartée au profit du signor Riggi, personnage sans qualification  ?

2. Pourquoi trois laboratoires seulement (Oxford, Zürich et Tucson) ont finalement été retenus, employant une seule méthode, sous la coordination du seul British Museum, en la personne du seul Docteur Tite  ?

3. Nul ne sait qui a évincé l’Académie pontificale des sciences, pas même le cardinal Ratzinger, à l’encontre des promesses qu’il affirme avoir reçues. Mais c’est de la main du cardinal Casaroli que l’ordre du Pape en parvint au cardinal Ballestrero, par une lettre datée du mois de mai 1987, transmise aux laboratoires le 10 octobre 1987.

Dès lors, il n’y a plus de protocole. Tite est libre de prendre toutes les initiatives, sans contrôle de qui que ce soit. Et c’est un adversaire idéologique de notre foi catholique, de ses dévotions et de ses “ reliques ”. […]

2. UNE ORCHESTRATION MÉDIATIQUE

Selon la déontologie scientifique, le résultat de la datation aurait dû faire d’abord l’objet d’un compte rendu révisé par les pairs et publié dans une revue spécialisée, avant d’être annoncé au monde. Inverser cet ordre manifeste l’intention évidente d’abuser le public et tromper le monde entier. […]

Dès le 27 juillet 1988, le britannique David Sox, ennemi juré de la Sainte Relique, avait programmé une émission à la BBC, qui avait pour titre Verdict on the Shroud, «  Verdict sur le Suaire.  » Mais il ne fut pas autorisé à divulguer ce qu’il savait déjà. Cependant, il prépara un livre au titre provocant  : «  Le suaire démasqué  », annonçant en sous-titre la «  découverte de la plus grande forgerie de tous les temps  », achevé d’imprimer plus de deux semaines avant la publication officielle des résultats. La forgerie était encore à la forge  !

Hall, le Dr Michael Tite au centre, Hedges

Hall, le Dr Michael Tite au centre, Hedges

Le vendredi 26 août, le quotidien londonien Evening Standard titre  : «  Le Suaire de Turin est un faux.  » La nouvelle se répand aussitôt comme une traînée de poudre. Gonella, le conseiller scientifique du cardinal Ballestrero, tente en vain de démentir. […]

Vendredi 14 octobre 1988  : conférence de presse au British Museum. Tite trône, encadré par les physiciens du laboratoire d’Oxford, Edward Hall (directeur du Research laboratory for Archeology and History of Art de l’université d’Oxford) et Robert Hedges. Derrière eux, un tableau noir sur lequel sont écrites à la craie ces simples dates  : 1260-1390, ponctuées d’un point d’exclamation, cri de victoire. Le soir de ce vendredi 14 octobre 1988, la datation «  médiévale  » du Saint Suaire était imposée à l’Église hors de toute justification théologique et pastorale, et au monde entier hors de tout contrôle par les «  pairs  » de la communauté scientifique, comme le résultat absolu et définitif de l’analyse par la méthode indiscutable et indiscutée du carbone 14. […]

3. LA RÉCOMPENSE DES FAUSSAIRES

Hedges, Donahue, Hall, Damon, Wölfli

De gauche à droite  : Hedges, Donahue, Hall, Damon, Wölfli dans des stalles de chanoines, à Turin, le 21 avril 1988.

Vendredi saint 24 mars 1989   : quarante-cinq hommes d’affaires et «  riches amis  » (sic) remettent au Pr Hall un million de livres pour prix de ses bons services, et notamment pour avoir «  établi l’année dernière que le suaire de Turin est un faux médiéval  ».

Le communiqué du Telegraph annonçait la nouvelle le lendemain, Samedi saint 25 mars, en précisant que cette somme assurerait la succession du «  professeur de Turin  » (sic) qui atteignait l’âge de la retraite. Ce dernier déclara que son intention était d’investir le “ prix du sang ” (Mt 27, 6) dans la création d’une nouvelle chaire de science archéologique à Oxford. En accord évident avec le groupe des généreux donateurs. Désintéressés, tous  ! Au profit de quel savant digne d’un tel secours  ? «  La nouvelle chaire sera occupée par le Dr Tite, directeur du laboratoire de recherche du British Museum, qui a joué lui aussi un rôle prépondérant pour démasquer la fraude du suaire de Turin.  » Tout commentaire serait superflu.

II. LA TRAQUE DES ENNEMIS DU SAINT-SUAIRE,
LEUR CRIME DÉCOUVERT

Dimanche 27 novembre 1988, à Paris, grande salle de la Mutualité  : devant deux mille cinq cents auditeurs, l’abbé de Nantes ouvre l’enquête. Il écarte résolument les imaginaires «  causes d’erreur  » qui permettraient d’incriminer les machines  : ni contamination du linge, ni prétendue modification de la composition isotopique de la cellulose n’expliqueront jamais que les résultats «  tapent  » pile dans le XIIIe-XIVe siècle trop attendu en lieu et place du Ier siècle de notre ère  : le hasard a bon dos  !

«  Et donc, ce ne sont pas les appareils qui ont dicté leur loi aux hommes, ce sont les hommes, leurs “ maffias ” scientifiques et ecclésiastiques, qui ont manipulé et commandé les résultats des appareils de telle manière que leur “ challenge ” se termine à leur gloire et à la satisfaction générale.  »

Et déjà, première preuve de ce complot ténébreux  : l’intrusion frauduleuse d’un quatrième échantillon. Tite avait en effet demandé au physicien français Jacques Évin un échantillon de lin absolument semblable au Saint Suaire (cf. sa lettre du 12 février 1988). Celui-ci fut découpé sur la chape de saint Louis d’Anjou (mort en 1297), et apporté à Turin par l’expert en textiles Gabriel Vial. […]

16 février 1989   : La revue Nature publie le seul compte rendu officiel, signé des vingt et un membres de la communauté scientifique internationale ayant participé à “ la datation au radiocarbone du Suaire de Turin ”, cinq mois après la publication des résultats urbi et orbi. Cet article n’a pas été soumis à la révision par les “ pairs ” N ature est d’ailleurs la seule revue de niveau scientifique produisant des articles sans ce contrôle. […]

DEUX MALVERSATIONS DÉMASQUÉES

Compte rendu publié par la revue Nature

Figure 1 du compte rendu publié par la revue Nature, le 16 février 1989, récapitulant l’ensemble des résultats obtenus par les trois laboratoires (A, Arizona  ; O, Oxford  ; Z, Zurich) en âge radiocarbone, c’est-à-dire en nombre d’années avant l’époque présente (1950), âge conventionnel directement mesuré par le carbone 14, avant toute calibration et conversion en âge calendaire.
Chaque tiret figure la plage de résultats d’un laboratoire, identifié par son initiale.
L’   » escadrille   » numéro 1 est l’échantillon substitué au Saint Suaire  : la bande de tissu de 1 × 7 cm. Elle seule présente curieusement un écartèlement certain entre les trois laboratoires. Discordance qui contraste avec les magnifiques concordances des trois autres résultats fournis par les échantillons 2, 3 et 4; le 4 étant la chape de saint Louis d’Anjou.
Nos traits rajoutés, à l’encre rouge, soulignent la (trop) exacte contemporanéité du prétendu suaire et de la chape de saint Louis d’Anjou, l’un et l’autre de l’âge exigé par Tite  !

1. L’ANALYSE STATISTIQUE DES RÉSULTATS

Il suffit d’examiner la “ figure 1 ” du rapport de Nature, illustration des résultats accessible à tous, et d’étudier l’analyse statistique consacrée à l’interprétation de ces résultats, qui occupe à elle seule près d’un tiers de l’article, pour constater que ce développement est sans valeur réelle. Le seul fait d’avoir substitué au test du X2, en raison de son résultat négatif, celui de Student, est une malhonnêteté. Le test du X2 (vérification nécessaire de l’homogénéité des résultats, tissu par tissu) posait problème au statisticien, à partir des données qui lui étaient fournies. Il appartenait donc au Dr Tite, coordinateur de l’ensemble de l’analyse, de soumettre ce problème aux physiciens, et de leur demander de faire des mesures complémentaires.

Au lieu de cela, que voyons-nous  ? Non seulement le Dr Tite ne pose pas de question, mais il s’entend avec les statisticiennes du British Museum, Mesdames Leese et Bowman, pour appliquer un autre test qui, lui, ne soulèvera aucune difficulté et permettra toujours de définir un intervalle de dates, si large soit-il. Pourvu qu’on en oublie le X2  !

Car il est désormais établi que ce test du X2, incontournable, ne permet pas, dans l’état des données actuelles, d’homologuer les résultats fournis par les trois échantillons A 1, O 1 et Z 1 comme obéissant à une même et unique loi normale m1 ± σ1. Autrement dit, dans le cas présent, le test de Student n’a aucune signification et l’affirmation des auteurs du rapport de Nature, selon laquelle  : «  L’âge du suaire se situe entre 1260 et 1390 après Jésus-Christ, à 95 % de confiance au moins  » est sans valeur scientifique. Ce prétendu degré de “ confiance ” est un faux… L’honnêteté scientifique eût dicté la déclaration suivante  :

«  Nous avons trouvé pour le Suaire un âge calendaire moyen de 1320 environ, mais les résultats obtenus ne nous permettent d’associer aucun degré de confiance à cette moyenne.  » […]

 

Différents tests statistiques prouvent que les mesures des tissus 2, 3, 4 sonthomogènes.

Il est non moins prouvé que les mesures du tissu 1 sonthétérogènes, comme si les trois laboratoires avaient travaillé sur deux tissus différents, avec une probabilité de 97,5 %. Plusieurs explications sont possibles  :

1. Les traitements chimiques différents ont altéré les mesures, mais seulement sur le tissu 1. Inacceptable.

2. Les appareils étaient calibrés de façon différente. Mais dans le seul traitement du tissu 1. Encore lui  !

3. Sous l’appellation   » tissu 1 «  , les trois laboratoires ont en fait reçu et analysé des tissus différents.

2. La taille et le poids des échantillons  : preuve arithmétique
d’une substitution d’échantillons

L’analyse statistique n’établit pas, à elle seule, la preuve de la fraude. Elle signale seulement une hétérogénéité des résultats que n’expliquent pas les aléas du comptage des particules  ; elle invite donc à enquêter sur la provenance des échantillons. Le symposium de Paris en septembre 1989 allait mettre frère Bruno sur la piste d’une preuve arithmétique de substitution d’échantillons. La revue Nature affirmait, en effet, que chacun des trois laboratoires avait reçu un échantillon du Saint Suaire pesant environ 50 mg chacun, et qu’ils furent préparés à partir d’une bande d’environ 70 X 10 mm. Or les Italiens Testore et Riggi, qui ont effectué le prélèvement et la pesée des échantillons à Turin, affirmèrent au symposium de Paris que les trois échantillons remis aux laboratoires provenaient d’une bande de 81 x 16 mm partagée en deux  ! […]

Selon la version des 21 savants qui ont signé le rapport de Nature (fév. 1989)  :

Échantillaux égaux - Saint-Suaire

Une bande de 70 X 10 mm, divisé en trois échantillons égaux pour chacun des laboratoires.
Pourquoi ce mensonge  ? Tout simplement parce que les échantillons apportés par Tite pour être substitués à ceux du Saint Suaire avaient été préparés à partir d’une bande de 7 X 1 cm  ! (Cette bande de tissu   » sosie   » du Saint Suaire du XIVe-XVe siècle a été prélevée dans la réserve du musée Victoria and Albert, et faussement dénommée «  Lin associé à une momie de Cléopâtre  ».)

Selon le rapport de Franco Testore (symposium de Paris, sept. 1989)  :

Échantillons inégaux - Saint Suaire

Une bande de 81 X 16 mm pesant 300 mg, partagée en deux pièces de 144,9 mg et de 154,9 mg. Cette dernière fut partagée à son tour en 3 parties de 53,7 mg, 52,8 mg et 52 mg. (Pourquoi ne pas avoir partagé en trois la bande en entier  ? Parce que les échantillons apportés par Tite pesaient environ 50 mg chacun. Il fallait absolument réduire la différence de quantité de tissu entre la bande de 81 X 16 mm et celle de 70 X 10 mm  !)
Or, 52 + 52,8 + 53,7 font 158,5 mg, qui ne peuvent en aucun cas provenir d’une pièce de 154,9 mg  ! Il y a là une anomalie inexplicable, sinon par une vérité tout simple  : les poids annoncés par Testore ne sont compatibles qu’avec les dimensions de 70 X 10 mm, d’une bande toute entière employée à la confection de trois échantillons.

À force de pousser Testore et Riggi dans leurs retranchements, nous avons fini par découvrir que l’un des trois échantillons remis aux laboratoires était en deux morceaux  !

Résumons les faits  :

Le 21 avril 1988, le signor Giovanni Riggi préleva sur le Saint Suaire un gros morceau de tissu de 500 mg, retrancha 200 mg sur les bords extérieurs, aboutit à une bande de tissu de 81 mm × 16 mm. En désespoir de cause, il la partagea en deux parties inégales  ; l’une fournit trois échantillons qu’on dut égaliser avec un fragment d’appoint pris sur l’autre, créant ainsi un échantillon en deux morceaux (40 et 14 mg)  !

APRÈS DEUX ANS D’ENQUÊTE,
L’AVEU D’UNE MYSTIFICATION SANS PRÉCÉDENT

Frère Bruno enquête aux États-Unis.

Dans le bureau de Douglas Donahue (au fond, genoux croisés). Jull montre, sur le cahier de laboratoire, la signature des «  témoins  » de l’ouverture des tubes, affirmant que les sceaux n’étaient pas brisés.

Fin octobre 1990, frère Bruno alla aux États-Unis pour interroger les chercheurs du laboratoire de Tucson sur la forme et le poids des échantillons du Saint-Suaire reçus par eux. L’entretien mit dans l’embarras les savants américains, car sous la pression des questions précises de frère Bruno, ils s’enferrèrent dans de si nombreuses contradictions et dénégations que finalement l’un d’entre eux, Douglas Donahue, fut contraint d’avouer au symposium international de New-York (2-3 mars 1991 à l’université de Columbia) que l’échantillon du Saint Suaire reçu par son laboratoire «  était bien en deux morceaux  : l’un pesait environ 14 mg, et l’autre 40 mg. Le poids total de l’échantillon du Suaire était d’environ 50 mg  ».

Étrange addition  ! Cette fois, il dit enfin la vérité mais elle est inconciliable avec les poids que nous avons relevés sur le cahier de laboratoire à Tucson le 26 octobre. Rien d’étonnant  : car ces poids étaient ceux de l’échantillon n° 1 substitué, que l’on n’avait pas pensé à ramener à 40 mg. En effet, l’échantillon du Saint Suaire, lui, ne pèse plus que 40 mg, lorsqu’il est extrait du tube n° 3, étiqueté «  momie de Cléopâtre  ». Et le morceau de 14 mg  ? Il est en réserve. […]

Cette farce, sans équivalent dans l’histoire des sciences, sinon le fait de Piltdown, se trouve ainsi ramenée à son inconséquence aveuglante, si on la résume ainsi  :

À Tucson, le tube du Saint Suaire présente l’échantillon sous scellés, à réception le dimanche 24 avril et… de nouveau sous scellés  ! le lundi 25 avril  ; mais alors le morceau de 14 mg a disparu… et le morceau de 40 mg, a pris du poids  ! Il n’y a pas besoin d’aller plus loin pour accuser les gens de Tucson d’avoir substitué un tissu médiéval au lin du Saint Suaire. […]

LA FRAUDE RECONSTITUÉE

A. Les étapes d’un crime parfait  :

a) À Turin, lors des prélèvements, le 21 avril 1988, Tite introduisit  :

Prélèvements_Saint-Suaire

  • dans le tube 1   : l’échantillon du Saint Suaire.
  • dans le tube 2  : un tissu médiéval (XIe-XIIe siècle).
  • dans le tube 3  : sous la fausse étiquette “ lin associé à la momie de Cléopâtre ”, un échantillon de tissu (XIVe siècle), “ sosie ” du Saint Suaire.
b) Dans chaque laboratoire, après interversion des échantillons 1 et 3  :

Prélèvements Saint-Suaire

  • le tube 1, étiqueté “ Suaire ”, contient le sosie du Saint Suaire, pseudo-momie.
  • le tube 2, sans changement.
  • le tube 3, étiqueté “ momie ”, contient le Saint Suaire.
c) Résultats à obtenir   :
  • Échantillon 1  : XIVe siècle… c’est la pseudo-momie déclarée Saint Suaire  !
  • Échantillon 2  : XIe-XIIe siècle… c’est le tissu médiéval.
  • Échantillon 3  : Ier siècle… c’est le Saint Suaire déclaré momie  !

B. La réalisation, trois fois modifiée, a rendu le crime patent  :

a) À Turin, le 21 avril 1988, le Dr Tite a introduit  :

Prélèvements Saint-Suaire

  • dans le tube 1  : le Saint Suaire
  • dans le tube 2   : le tissu XIIe siècle
  • dans le tube 3  : un tissu de collection du XIVe-XVe siècle
  • dans une enveloppe 4  : les fils de la chape du XIIIe siècle
b) Dans les laboratoires, une datation trop tardive de l’échantillon 1, “ sosie ” du Saint Suaire, a nécessité la substitution de l’échantillon 4 à l’échantillon 1, à Zurich peut-être en partie, à Oxford certainement.
c) Résultats vulnérables   : techniquement parfaits, statistiquement irrecevables  :

Prélèvements Saint-Suaire

  • Échantillon 1   :l’analyse statistique accuse l’hétérogénéité de l’échantillonnage.
  • Échantillon 2  : comme prévu.
  • Échantillon 3  : le substitué n’est pas très cohérent avec les dates de la momie de Cléopâtre connues par l’histoire (IIe siècle), ni avec les dates obtenues en 1987 par la méthode classique du carbone 14, datation d’ailleurs non contrôlée  : 110 av. – 75 ap. J.-C. En revanche, il tombe exactement dans les années attendues pour le Saint Suaire  : 11- 64 ap. J.-C., soit 37 ± 27, achevant la preuve de l’ensevelissement du Saint Suaire sous l’étiquette d’une momie oubliée.
  • Échantillon 4   : admirablement daté par des machines performantes.
EXPLICATIONS COMPLÉMENTAIRES

Chaque laboratoire reçut une portion du “ quatrième échantillon ” (la chape de saint Louis d’Anjou) apporté par Gabriel Vial et mis par lui de force dans les mains de Tite qui, n’ayant pu l’obtenir à temps et en secret, n’en voulait plus. Il lui fallut pourtant en faire trois parts, et les remettre à chacun dans de petites enveloppes brunes.

Il était convenu que les laboratoires travailleraient sans se concerter. Mais ils avaient un   » coordinateur «  , unique et souverain maître du jeu, Mr Tite  ! Par son intermédiaire, la concertation serait assurée et suivie…

C’est Arizona qui joua le premier. De retour à Tucson, Douglas Donahue et Paul Damon se retrouvent, sans témoins, le dimanche 24 avril au laboratoire. Ils ouvrent les tubes 1 et 3, et procèdent à la substitution convenue  : ils extraient le Saint Suaire, en deux morceaux, du tube 1, prennent une photo souvenir (ci-bas), introduisent, à la place du Saint Suaire, le tissu extrait du tube 3 dénommé   » momie de Cléopâtre «  . La substitution est facile  ; c’est un simple échange. Le gros morceau du Saint Suaire, celui de 40 mg, prend place dans le tube 3, et le petit de 14 mg est gardé en réserve.

Ils remettent les scellés. À partir de ce moment, si tout s’était déroulé normalement, la fraude serait demeurée indécelable. Mais les chiffres ont parlé. Que dis-je  ? Ils ont crié la vérité.

Et d’abord, ils ont publié haut et fort la date du Saint Suaire  ! En effet, Tite avait fait dater en 1987, par la méthode classique du Carbone 14, un petit tas de chiffons appartenant à la momie d’une certaine Cléopâtre, morte à l’âge de onze ans sous Adrien (117-138 ap. J.-C.), exposée aux Antiquités égyptiennes du British Museum  : 110 av. – 75 ap. J.-C. Or, les résultats de 1988 donnent 11- 64 après  ! Une seule explication  : sous l’étiquette   » momie de Cléopâtre   » se cache le Saint Suaire de Jésus-Christ, acheté neuf à Jérusalem le 3 avril 30.

Willy Wölfli, directeur du laboratoire de Zurich.

Willy Wölfli, directeur du laboratoire de Zurich, devant les trois tubes contenant les échantillons Z 1, Z 2 et Z 3. L’enveloppe, à gauche, contient le quatrième, clandestin.

Et le tissu n° 1  ? Du vendredi 6 mai au mercredi 8 juin 1988, le laboratoire d’Arizona fit ses analyses et envoya aussitôt les résultats à Tite. Ils aboutissaient, pour l’échantillon n° 1, à deux plages calendaires, dont l’une ,1359-1378, à 68 % de confiance, était vraiment trop moderne pour le   » Saint Suaire   »  : il y avait de quoi prévenir le monde entier que cet échantillon n° 1, malgré son étiquette, n’était pas du Saint Suaire, puisque celui-ci fut exposé et vénéré à Lirey à partir de 1350  !

C’est dire dans quel embarras ces résultats plongèrent l’honorable Dr Tite. […]

Pour vieillir le substitué mal daté par l’“ évidence historique ”, Teddy Hall (et peut-être Willy Wölfli en partie) s’est servi des fils de l’échantillon 4, cette précieuse, vraiment providentielle chape de saint Louis d’Anjou, dont les mesures effectuées à Tucson concordaient avec les dates historiques du saint, mort à vingt-trois ans (1296-1297). La chape a un âge coïncidant parfaitement avec celui qui a été attribué au Saint Suaire  ! […]

TRIPLE SUBSTITUTION  !

Le «  Lin associé à une momie de Cléopâtre  » est remplacé par un tissu   » sosie   » du Saint Suaire prélevée dans la réserve du musée Victoria and Albert.

Ce tissu sosie du Saint Suaire est interchangé avec l’échantillon du Saint Suaire. Mais le tissu sosie du Saint Suaire est trop moderne, selon les premiers résultats  !

Il sera donc remplacé par la chape de Saint Louis d’Anjou, à Zurich peut-être en partie, à Oxford certainement. D’où les résultats hétérogènes pour l’échantillon 1, en particulier celui d’Oxford qui correspond étrangement à celui de la chape de St Louis.

Détail d'une photo-souvenir (!) prise au laboratoire de Tucson

Détail d’une   » photo-souvenir   » (  !) prise au laboratoire de Tucson (Arizona) le dimanche 24 avril 1988, que le Pr Donahue nous a envoyée le 3 janvier 1991. Notre explication  :

• Le sceau de l’archevêque de Turin, à la cire rouge. Il n’a pas été brisé et sera remis en place après la substitution. De telle sorte que le lendemain lundi, pour l’ouverture officielle du tube, Damon et Donahue, Jull et Toolin attesteront qu’il est intact.

• Le tube d’acier marqué   » A 1 «  , de l’initiale du laboratoire (Arizona) et du numéro de l’échantillon que Tite y introduisit le 21 avril à Turin en présence du cardinal Ballestrero.

• Le papier d’aluminium qui enveloppait l’échantillon.

• L’échantillon du Saint Suaire. Il est en deux pièces. Le gros morceau pèse 40 mg. Le petit 14 mg.

Damon et Donahue vont mettre au secret le petit, et introduire le gros dans le tube marqué   » A 3 «  , après avoir préalablement extrait de ce tube n° 3 l’échantillon officiellement dénommé «  Lin associé à une momie de Cléopâtre  ». En réalité  : Lin provenant de la collection Bock du musée Victoria and Albert (XIVe-XVe siècle), qui va prendre place dans le tube   » A 1 «  . Malheureusement pour les fraudeurs, ce passage nocturne d’un échantillon en deux pièces à un échantillon en une seule pièce est un fait avéré qui dénonce le crime, malgré tous les efforts déployés pour le dissimuler.

Cette implacable démonstration et les faits qui l’étayent ne seront jamais réfutés. Entre temps, les trois laboratoires, l’honorable Tite, l’Éminence Ballestrero et les Italiens ont poussé plus loin leur petite recherche personnelle, et tous savent que le Saint Suaire, à tous les coups, “ tape ” le 11-64 fatidique. Entre 11 et 64, l’année de la mort du Christ  : 30 ou 33, sont des plus probables.

III. DERNIER ATTENTAT

Incendie criminiel à Turin

Alors, il ne restait plus aux ennemis du Saint-Suaire qu’une solution  : le faire disparaître. Qu’on n’en parle plus, et puis qu’il flambe  ! C’est la bonne solution, pour la paix du monde.

Cette solution finale sera mise en œuvre dans la nuit du 11 au 12 avril 1997 par l’incendie de la Sainte Chapelle où reposait la Relique. Ce nouveau crime échouera providentiellement grâce au courage des pompiers italiens. Vitorio Messori historiographe du Pape, n’a aucun doute  : «  Croyez-moi, quelqu’un voulait brûler le Saint-Suaire. Je n’exclus pas un complot international, et mes soupçons vont aux cercles maçonniques et aux intégristes islamistes.  » Laissons de côté Ben Ladden et les islamistes, ils ont certainement d’autres chats à fouetter. Mais à qui profite le crime  ? À ceux dont la fraude est désormais dévoilée… ces forces occultes, cette franc-maçonnerie, qui entravait à la fin du siècle dernier l’œuvre de saint Jean-Bosco, à Turin même, et qui est toujours acharnée contre tout ce qui est catholique…

Pompiers sauvant le Saint Suaire des flammes à Turin

L’abbé de Nantes concluait ainsi  :

«  La relique a été sauvé par son peuple fidèle. Miracle  ! Du Suaire aujourd’hui, comme de l’Église demain, ressuscitant, comme Jésus au matin de Pâques. La divine relique a été sauvée pour faire resplendir en ces lieux même l’infinie miséricorde de notre Sauveur et de sa Divine Mère. Faisons connaître cette Bonne Nouvelle aux âmes de bonne volonté  : Jésus est ressuscité  ! Des cendres son linceul est sauvé  ! Adorons-le, c’est le Seigneur  !  »

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