La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Commentaire de l’Évangile de saint Jean

La mission du Saint-Esprit

Le disciple que Jésus aimait  » est l’auteur du quatrième Évangile. Ses propres disciples l’affirment clairement en guise de post-scriptum  :

CHAPITRE XXI

24. «  C’est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique.  » Le «  nous  » désigne la communauté de ses disciples. Dès lors, l’anonymat dont ils enveloppent leur maître n’est plus un grand mystère  ; il se trouve parmi les sept énumérés au début du chapitre  : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, les fils de Zébédée et deux autres. Le disciple que Jésus aimait ne peut être Pierre, auquel tout le chapitre l’oppose  ; pas davantage Thomas l’incrédule, ni Nathanaël. Il reste les fils de Zébédée qui ne sont autres que les deux anonymes, comme nous l’avons expliqué 1 CRC n° 347, juin 1998, p. 25, supra, p. 45.. Jacques de Zébédée étant mort en 44, Jean reste seul en lice, sans aucun doute possible.

Une comparaison attentive du quatrième et du troisième évangiles apporte une confirmation décisive. En effet, observe Annie Jaubert, saint Luc «  donne à l’apôtre Jean une place privilégiée. En trois passages, il renverse l’ordre traditionnel (Pierre, Jacques et Jean) et dit  : “ Pierre, Jean, Jacques ” Lc 8, 51; 9, 28; Ac 3, 1-11; 4, 13-19; 8, 14). Ainsi, dans les traditions lucaniennes, Jean apparaît à côté de Pierre  ; ensemble ils sont arrêtés et comparaissent devant le sanhédrin, ensemble ils sont envoyés en Samarie. 2 Annie Jaubert, Approches de l’Évangile de Jean, Éd. du Seuil 1976, p. 46.   » C’est la même association entre Pierre et «  le disciple que Jésus aimait  » que nous retrouvons dans le quatrième Évangile. Celui-ci répond donc bien au nom de Jean, fils de Zébédée.

25. «  Il y a encore bien d’autres choses qu’a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait.  » Cette remarque ajoutée par un disciple de Jean en conclusion ultime du quatrième Évangile exprime bien l’enthousiasme de Jean lui-même, sa vénération pour Jésus, son admiration pour sa puissance et sa majesté qu’il a contemplées en témoin oculaire, depuis les premiers jours jusqu’à l’Heure du Calvaire.

Il a commencé par suivre l’enseignement du Précurseur, avant même d’avoir vu le moindre miracle, puisque Jean-Baptiste n’en faisait pas mais appelait les juifs à la repentance et annonçait le Messie. Sur une parole de Jean-Baptiste, il a suivi Jésus. Conquis par sa Personne, il «  demeura  » avec lui. À Cana, il contempla sa gloire. Mais, au-delà du miracle, il donna sa foi à la Parole de Jésus révélant son mystère et annonçant un plus grand miracle qui serait le fruit et la récompense de la foi  : la Résurrection du Seigneur au matin de Pâques.

Cette résurrection préparait elle-même un miracle encore plus éclatant, annoncé par Jean-Baptiste lorsqu’il affirmait avoir vu l’Esprit descendre du Ciel comme une colombe et reposer sur le Christ. Le quatrième Évangile est marqué tout au long par cette attente de l’Esprit de vie, qui donnera au monde la purification réelle dont le baptême d’eau du Précurseur n’était que la préfiguration.

Il nous reste à étudier, méditer, savourer les discours que Jésus prononça le jour de l’Ascension, après le dernier repas auquel fait allusion l’Évangile de saint Marc (Mc 16, 14; cf. Ac 1, 6). Jésus livre là le fond de son Cœur, et cependant ces pages sont si peu lues  !

Distingué, selon notre exégèse, du discours que le Seigneur prononça après avoir institué le sacrement de l’Eucharistie, avant d’être livré, «  ce discours me paraît, explique notre Père, comme le premier chapitre d’un Évangile de l’Esprit, où saint Jean avait le projet de raconter comment cet Esprit s’est manifesté dans la primitive Église. Peut-être le livre de l’Apocalypse en est-il le substitut, révélant ces œuvres de l’Esprit jusqu’à la fin des temps  ».

Extrait de la CRC n° 348 de juillet-août 1998,
et de Bible, Archéologie, Histoire, tome 3, p. 47

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