La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

Mère Teresa, vraie ou fausse mystique  ?

LES DIX-HUIT RELIGIONS DE MÈRE TERESA

Mère Teresa abîmée dans la prière, devant la statue de Bouddha.

À la pagode bouddhiste, mère Teresa abîmée dans la prière, devant la statue de Bouddha.

Le 7 octobre 1975, anniversaire de la victoire de Lépante obtenue à la prière de saint Pie V en 1571, par l’intercession de Notre-Dame du Rosaire, marquait aussi le vingt-cinquième anniversaire de la fondation des Missionnaires de la Charité par mère Teresa de Calcutta. Ce jour-là, celle-ci assista aux prières des musulmans, puis se rendit au temple bouddhiste où le “ bonze supérieur ”, après une action de grâces devant la statue de Bouddha, offrit à mère Teresa «  deux bougies électriques qui brûleront sans fin  ». La journée se termina à l’église Notre-Dame-de-Fatima, par la Grand-Messe.

Ces cérémonies mettaient fin à une semaine chargée au cours de laquelle les adeptes des dix-huit religions pratiquées à Calcutta, même les jaïns secrets, même les parsis, avaient invité mère Teresa à des cérémonies célébrées en l’honneur de ce jubilé.

Le compte rendu, rédigé par une religieuse, n’était destiné qu’à ses sœurs, Missionnaires de la Charité à travers le monde. La revue Missi en publia néanmoins des extraits illustrés de photos qui suffisent à donner une idée des fastes de cette semaine «  absolument unique dans l’histoire spirituelle de l’humanité par la participation des dix-huit religions présentes à Calcutta  : bouddhistes, divers jaïns, “ vêtu de blanc ” ou “ vêtus d’espace ” [c’est-à-dire entièrement nus], sikhs, parsis, musulmans, juifs, diverses confessions chrétiennes, un carrousel de cérémonies, jusqu’à cinq dans la même journée, qui obligeait mère Teresa et sa brigade de jeunes religieuses, au sari blanc et bleu, à courir aux quatre coins de l’immense ville de la terrible déesse Kali. D’où son nom Kalicatta (Calcutta).  » (Mère Teresa aux dimensions du monde, Missi, mars 1976) (…)

Remarquons que cette coexistence pacifique des dix-huit religions de Calcutta autour de mère Teresa a eu lieu dix ans avant le “ sommet ” de toutes les religions du monde à Assise  ! (…) Il n’en demeure pas moins que cette nouvelle évangélisation de Jean-Paul II et de mère Teresa, est aux antipodes de celle de saint François Xavier, écrivant de l’Inde à saint Ignace  : «  Bien souvent il me prend envie de descendre vers les universités d’Europe, spécialement celle de Paris, et de crier à pleine voix, comme un homme qui a perdu le jugement, à ceux qui ont plus de science que de désir de l’employer avec profit  : Combien d’âmes manquent à la gloire de Dieu et tombent en enfer à cause de votre négligence  !  » (…)

Mère Teresa chez les jaïns.

Mère Teresa chez les jaïns. À gauche, on voit assis l’un des quatre ascètes digambards de la stricte observance (avec l’autorisation de Missi / Sunil Kumar Dutt pour les photos de l’article).

LA RÉVÉLATION DU PROCÈS DE BÉATIFICATION

LA SAINTE DE TOUTES LES RELIGIONS

Selon Mgr Machado, prélat indien, secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, la béatification de mère Teresa n’ajoute pas grand-chose à ce que toutes les “ autres religions ” avaient déjà compris, parce que «  mère Teresa a depuis longtemps été intégrée au panthéon hindou.  » (…)

Mère Teresa Le Père Donald de Souza, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde, précise  : «  Les Indiens, qui sont très religieux, ont senti instinctivement que mère Teresa était une sainte. Pas au sens technique où nous l’entendons, mais comme une personne pleine de Dieu.  »

«  Pleine  » de quel Dieu  ? Il est permis de poser la question. «  Qu’on soit hindou, musulman ou chrétien, c’est, disait-elle, la manière de vivre qui décide de l’appartenance à Dieu.  »

C’est pourquoi elle ne cherchait pas à convertir les malheureux auxquels elle portait secours. Tel ce “ prêtre ” de la déesse Kalighat, abandonné mourant dans la rue, que les Missionnaires de la Charité avaient recueilli et soigné. Non seulement mère Teresa était devenue une véritable “ déesse ” à ses yeux, mais elle fit la preuve ce jour-là, aux yeux des autres prêtres du temple hindou, qu’elle n’était pas venue pour convertir la population au christianisme. C’est pourquoi, explique le Père Dominic Emmanuel, prêtre indien de la Société du Verbe divin, porte-parole de l’archevêché de New Delhi, «  aujourd’hui, pratiquement tous les hindous l’ont élevée sur un piédestal, et souvent bien plus haut que leurs propres saints et saintes  !  »

Pourtant mère Teresa n’a pas toujours pensé et agi ainsi, comme le laisse entrevoir les propos recueillis par La Croix auprès de sœur Nirmala, supérieure générale de la congrégation, une convertie de l’hindouisme  :

«  L’enquête préalable à la béatification a révélé un aspect peu connu de l’expérience spirituelle de mère Teresa. Pourquoi êtes-vous réticente à la diffusion de ses lettres qui témoignent de ses hésitations, de ses doutes  ?

Certaines personnes ne comprennent pas. Pour nous, il est important de savoir quelle a été la véritable expérience intérieure de notre Mère, son expérience de Dieu. Nous ne sommes pas opposées à la publication de ces documents, mais nous pensons que cela doit se faire lentement, prudemment.  »

Qu’y a-t-il de choquant dans ces écrits anciens de mère Teresa  ? La théorie de son interreligion  ? Non pas  ! et d’ailleurs personne n’y fait objection, excepté nous qui ne comptons pour rien  ! D’autant plus que le Pape est pour, lui qui, sans l’opposition de la Curie, aurait béatifié et canonisé mère Teresa le même jour.

La réponse que suggèrent ces documents dont on fait tant de mystère est que la pensée de mère Teresa, au début, semble catholique même si les circonstances qui entourent sa fondation paraissent suspectes. L’idolâtrie est venue après, sous l’influence du Concile et d’une certaine doctrine qu’y fit prévaloir Mgr Wojtyla.

UNE VRAIE VOCATION DE MISSIONNAIRE CATHOLIQUE

Reportons-nous à un article paru dans Ave Maria, une revue mariale mensuelle éditée par les Pères clarétains de Barcelone, en langue espagnole, numéro d’octobre 2003, sous le titre  : “ L’âme de mère Teresa  : aspects cachés de sa vie intérieure (1910-1997) ”.

La vie de mère Teresa commence comme une intense histoire d’amour… Elle-même écrit  : «  Depuis mon enfance, Jésus fut mon premier amour.  » Elle fut favorisée d’une grâce spéciale lors de sa première Communion, à cinq ans et demi  : «  L’amour des âmes est entré en moi et n’a cessé de croître depuis.  »

Sa vie commença comme religieuse de la congrégation irlandaise des Sœurs de Lorette  : «  Durant dix-huit ans, j’ai essayé de vivre selon Ses désirs. Je brûlais de L’aimer comme il n’avait jamais été aimé.  » Pour exprimer ce désir, en 1942, à l’âge de trente-six ans, elle fait le vœu privé, avec la permission de son directeur spirituel, de «  ne rien refuser à Dieu de tout ce qu’Il lui demanderait  ».

En 1946, elle part pour une retraite de huit jours. Le 10 septembre, dans le train, elle entend pour la première fois la voix de Jésus. Pendant les mois qui suivent, Jésus lui demande par plusieurs locutions et visions intérieures de fonder une communauté religieuse consacrée au service des plus pauvres, afin «  d’étancher sa soif d’amour des âmes  ». Nous sommes loin de «  la faim de liberté  »  !

Jusqu’à sa mort, ce fait fondateur demeurera secret. Mais c’est lui qui conduira à l’établissement officiel du nouvel institut le 7 octobre 1950. (…)

UN ORDRE NOUVEAU, VRAIMENT VOULU DE JÉSUS  ?

Elle ne cache pas ses appréhensions à s’engager dans une nouvelle vie, à «  laisser ce que j’ai aimé et m’exposer à de nouveaux travaux, à de nouvelles souffrances, qui seront grandes, être l’objet des moqueries de beaucoup, surtout de religieux, choisir délibérément la dureté de la vie indienne, la solitude, l’ignominie et l’incertitude. Et tout cela parce que Jésus le veut, parce qu’Il m’appelle à tout laisser et à réunir quelques compagnes pour faire son œuvre en Inde. Toutes ces pensées furent la cause de beaucoup de souffrance mais la voix continuait à me dire  : «  “ Refuseras-tu  ? ” Un jour, au moment de la Sainte Communion, j’entendis la même voix me dire clairement  :

«  “ Je veux des religieuses indiennes, victimes de mon amour, qui soient Marthe et Marie, qui soient si unies à Moi qu’elles puissent rayonner mon Amour vers les âmes. Je veux des religieuses libres, couvertes de la pauvreté de la Croix, couvertes de mon obéissance sur la Croix. Je veux des religieuses pleines d’Amour, couvertes de la charité de la Croix. Refuseras-tu de faire cela pour moi  ? ”  »

Jésus a dit cela  ? Et la congrégation indigène des Filles de Sainte-Anne, implantée en Inde en 1931  ? (…) Mais mère Teresa entretenait un esprit de défiance vis-à-vis des autres congrégations religieuses  : «  Il existe tant d’âmes, pures, saintes, et qui désirent se donner à Dieu  ! Les Ordres européens sont trop riches pour elles  ; ils reçoivent plus qu’ils ne donnent…  »

«  Un autre jour Jésus lui dit  : “  Tu es devenue mon épouse par amour, tu es venue en Inde pour moi. La soif des âmes t’a amenée si loin. As-tu peur de faire un pas de plus pour ton Époux  ? pour Moi, pour les âmes  ? (…) Crains-tu de perdre ta vocation, de te transformer en séculière, de manquer de persévérance  ? Non  ! ta vocation est d’aimer et de souffrir et de sauver les âmes et, en faisant ce pas, tu accompliras le désir de mon Cœur. C’est cela ta vocation. Tu revêtiras les simples habits des Indiens, ou plutôt tu t’habilleras comme ma Mère, simplement et pauvrement. L’Habit que tu portes actuellement est saint, car il me représente  ; ton sari sera saint, car il me représentera. ”   »

Pourtant, les Filles de Sainte-Anne étaient revêtues du sari. Mère Teresa n’a donc pas innové.

«  J’ai essayé de convaincre Notre-Seigneur que je tâcherais d’être une religieuse de Lorette très sainte et fervente, une vraie victime ici, dans ma vocation, mais la réponse se fit entendre de nouveau clairement  : (…)

“ Ma petite, donne-moi des âmes, donne-moi les âmes des petits enfants de la rue. Comme je souffre – si seulement tu le savais – de les voir souillés par le péché. Je désire la pureté de leur amour. Si seulement tu répondais à mon appel et que tu m’apportais ces âmes  ! Arrache-les des griffes du Malin  ! Si seulement tu savais combien de ces petits tombent dans le péché mortel chaque jour  ! Il existe des couvents avec de nombreuses religieuses qui s’occupent des gens riches et qui ont des moyens, mais pour les miens, les plus pauvres, il n’y a absolument personne. Je les désire, je les aime. Refuseras-tu  ? ”  »

Jésus a dit cela  ? Il n’y a personne  ? Et les Filles de la Charité, établissant des missions en Inde en 1940…  ? (…)

Mère Teresa expose ensuite son projet de fondation, résumé par une formule lapidaire  :

«  Pauvreté franciscaine, travail bénédictin.   » (…)

Suivent des directives pour la vie spirituelle des sœurs et pour le travail  : (…)

«  Les sœurs enseigneront les enfants, elles les aideront à se recréer sainement loin de la rue et du péché. L’école devra être située dans les quartiers les plus pauvres de la paroisse pour attirer les enfants de la rue  ; elles les surveilleront pendant que leurs parents iront au travail. Une sœur prendra soin des malades et assistera les mourants, autant ou plus que ce que l’on reçoit à l’hôpital. Elle les lavera, les préparera à la Communion.  »

C’est ainsi que «  les religieuses de cet Ordre seront Missionnaires de la Charité, ou Sœurs Missionnaires de la Charité.  » (…)

La lettre s’achève comme elle a commencé, par la même protestation d’obéissance. Au début, il s’agissait donc d’«  arracher les âmes des griffes du Malin  ».

«  DÉSORIENTATION DIABOLIQUE  »

Mère Teresa entre les deux chefs de la communauté sikh.

Mère Teresa entre les deux chefs
de la communauté sikh.

Que s’est-il donc passé entre 1950 et 1975, pour expliquer le changement d’orientation de l’action de Mère Teresa  ? Un fait aujourd’hui bien connu  : le châtiment céleste annoncé par le troisième Secret de Fatima est tombé sur un monde qui ne prie pas et ne fait pas pénitence. Ce châtiment consiste en un “ dogme ” nouveau introduit par le concile Vatican II comme un venin dans les veines de l’Église, y causant une extinction totale du zèle missionnaire qui embrasait son Cœur depuis vingt siècles.

On lit ce dogme nouveau au numéro 22 de la constitution Gaudium et spes, paragraphe 2  : «  Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme.  » Il ne faut pas s’étonner de voir ce texte revenir quatre fois sous la plume de Jean-Paul II, dans sa première encyclique Redemptor hominis du 4 mars 1979, puisque Mgr Wojtyla en fut l’inspirateur au Concile. (…)

Cette Révélation nouvelle divinise l’homme d’un coup, rendant superflus la Croix du Christ, l’Église, la foi, le baptême, la Chrétienté. Tout homme se trouve «  élevé à une dignité sans égale  », selon les propres termes du Pape, par le seul fait de la venue de Jésus en ce monde. Avant même d’offrir son sacrifice d’expiation sur la Croix, le Fils de Dieu, s’étant fait homme, leur a communiqué à tous, en quelque manière, sa divinité  ; il les a sauvés déjà en espérance et leur a mérité à tous la capacité de faire leur salut là où ils se trouvent, avec les moyens dont ils disposent et qui sont leurs diverses religions.

Ainsi le concile Vatican II recommande-t-il, selon Jean-Paul II, au-delà de «  l’œcuménisme chrétien, suscité par l’inoubliable Jean XXIII, décidé par le Concile, mis en œuvre par Paul VI  », l’union de toutes les religions «  par le dialogue, les contacts, la prière en commun, la recherche des trésors de la spiritualité humaine [de la crotte, disait saint Paul, Ph 3, 8], car ceux-ci nous le savons bien, ne font pas défaut aux membres de ces religions  ».

Une telle affirmation ouvre la voie à “ une théologie chrétienne du pluralisme religieux ”, telle que l’a exposée le Père Dupuy,théologien jésuite belge, le 25 janvier 2003 au collège Saint-François-Xavier, à Calcutta. (…) Il ne craint pas de «  parler des religions comme “ voies de salut ”  ». Recherchant alors les «  fondements théologiques  » d’une telle nouveauté, le Père Dupuy en énonce trois.

«  Le premier fondement à la démarche du dialogue interreligieux est l’argument de l’unité humaine. Cette dimension a été clairement exprimée par la déclaration de Vatican II Nostra ætatesur l’Église et les religions non chrétiennes  : “ Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté  ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre  ; ils ont aussi une seule fin dernière ”.  » (…)

C’est faire bon marché, commente l’abbé de Nantes, de l’histoire de cette humanité, famille unique, certes, mais dispersée par le péché originel, divisée de toute manière, qui ne doit et ne peut retrouver son unité et sa fraternité qu’en Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié  : «  Notre foi érige la Croix de Jésus au centre de l’histoire humaine. C’est l’Événement vers lequel convergent toutes les aspirations des hommes au salut éternel et d’où découlent toutes grâces pour tous.  »

«  Le deuxième fondement est celui de la présence de l’Esprit-Saint dans la vie des croyants des autres religions. Cette idée fut introduite par Jean-Paul II dès sa première encyclique Redemptor hominisen 1978 et développée dans son message aux habitants de l’Asie à Manille en 1981.  » (…)

Il est vrai, fait observer l’abbé de Nantes, que «  les religions du paganisme antique ont été considérées par certains Pères comme divinement inspirées  ; leurs fondateurs auraient été eux aussi à leur manière des prophètes du Christ qui allait venir, et leurs rites auraient été des préparations au règne de la grâce. Vue optimiste qui paraît bien avoir du vrai… À l’opposé, d’autres ont affirmé avec saint Paul que “ les dieux des païens sont des démons ” (cf. 1 Co 10, 20). Ces deux perspectives contraires peuvent s’accorder cependant  : oui, les païens ont pu trouver dans leurs (fausses) religions un moyen (imparfait) d’exprimer et de pratiquer leur culte naturel du vrai Dieu, leur Père du Ciel. Mais toutes ces religions proposent des images de la divinité ou Idoles, et des intermédiaires ou Sauveurs détestables, rivaux du Christ, en cela “ antichrists ”, et c’est le péril et la malice de ces religions. C’est à cause de cela qu’elles doivent disparaître définitivement.

«  Le troisième argument est l’universalité du Royaume de Dieu. Cela amène à prendre conscience que les béatitudes ne sont pas présentées dans l’Évangile comme la charte du christianisme mais comme adressée beaucoup plus largement à tout homme de “ bonne volonté ”.

«  De ce fait, nous pouvons penser que tous les hommes de bonne volonté, de toutes les religions sont appelés à construire ensemble le Royaume de Dieu qui déborde les limites de l’Église.  »

Mère Teresa et Jean-Paul II à Calcutta en 1986.

À Calcutta en 1986.

Cette présentation flatteuse et irénique de «  toutes les religions  » néglige le fait qu’elles sont inventées par les hommes, et «  ce qui, en elles, viendrait d’une inspiration divine est caduc maintenant qu’est dressée parmi les nations l’Église, Signe et Sacrement du Salut. Omettre cette vérité essentielle qui sépare, qui divise, qui oppose la vraie religion et les fausses, est un crime contre la foi  », écrit l’abbé de Nantes. (…)

Il est donc évident que le Père Dupuy n’est plus catholique. Mais alors, que dire de mère Teresa  ? Et de Jean-Paul II  ? (…)

Toujours est-il que l’on comprend la faveur dont le Pape Jean-Paul II entoura toujours mère Teresa. Une “ tendre connivence ” les rapproche, au point que Mgr Follo, aumônier des Missionnaires de la Charité italiens, a pu parler d’elle comme de la “ dimension féminine de Jean-Paul II ”.

LA MYSTIFICATION

De nombreuses lettres adressées à divers destinataires, diffusées récemment à l’intention exclusive des Missionnaires de la Charité, révèlent «  un visage inattendu de mère Teresa, celui d’une femme plongée dans la plus grande nuit spirituelle… À l’exemple des grands mystiques comme saint Jean de la Croix, ou sainte Thérèse de Lisieux qu’elle avait d’ailleurs choisie comme patronne, et qu’elle admirait tant.  »

Mgr Francisco Follo met en garde  : «  Attention à ne pas faire de contresens  ! Il ne s’agit en aucune manière d’une période de doute. Mais plutôt d’une épreuve de purification de la foi.  » De quelle foi  ? En tout cas, pas de la foi catholique  : «  Pour mère Teresa, explique le Père Dominic Emmanuel, les gens étaient fondamentalement bons, quelle que soit leur religion.  » Comment concilier cette affirmation de la bonté foncière de l’homme, et de l’indifférentisme religieux qui en résulte, avec la foi catholique  ?

Comment ne pas s’étonner de la négation pratique du démon, du péché originel, de la rédemption, de la nécessité de la foi et de la grâce pour sauver l’ordre humain  ?

Il ne faudrait quand même pas confondre la “ nuit de la foi ” avec son absence pure et simple  ! À ceux qui lui reprochaient de soigner les effets de l’injustice et de la pauvreté sans porter remède aux causes, mère Teresa répondait qu’il lui fallait parer au plus pressé pour venir au secours des malheureux. Comme si la misère endémique des populations de Calcutta n’avait pas pour causes premières leurs fausses religions et comme si la seule vraie religion n’était pas le remède, source de toute civilisation  ! (…)

Extraits de Il est ressuscité  ! n° 23, novembre 2003, p. 1-8

 Pour en savoir plus >