La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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LE Bx PÈRE DE HOYOS
disciple de sainte Marguerite-Marie

Le Père Hoyos Le Père De Hoyos fut favorisé au début du dix-huitième siècle de visions et apparitions du Sacré-Cœur prenant la suite de celles de Paray-le-Monial et confirmant leur véracité. La vie et les écrits de ce saint Jésuite espagnol, mort à l’âge de vingt-quatre ans, nous donnent l’assurance de la réalisation de la promesse de Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie  : «  Je régnerai malgré mes ennemis  ». Nous allons voir comment cette promesse s’est réalisée en Espagne, où le Roi et l’épiscopat unanime demandèrent au Pape l’instauration, dans l’Église, du culte liturgique du Sacré-Cœur.

LES RÉVÉLATIONS DU SACRÉ-CŒUR À VALLADOLID

Né le 21 août 1711 à Torrelobaton, près de Valladolid, Bernardo Francisco de Hoyos fut admis dès l’âge de quatorze ans au noviciat de la Compagnie de Jésus. Six mois après, il est favorisé de premières grâces extraordinaires. Le jour de Noël, son âme est tout enflammée par des élans et des transports d’amour pour le Divin Enfant-Jésus, qui lui apparaît le 29 décembre. (…)

Son maître des novices, le Père Manuel de Prado, et son assistant, le Père Jean de Loyola, connaissaient sa pureté virginale, son attachement indéfectible à la règle, son application à la mortification, sa parfaite ouverture d’âme. (…) Ils lui ordonnèrent de soumettre la relation complète des faveurs dont il jouissait au jeune frère Augustin Cardavéraz, qui possédait des dons exceptionnels. Ce qu’il fit toujours ponctuellement et minutieusement.

VICTORIEUX DÈS SES PREMIERS COMBATS

Le 12 juillet 1728, lorsqu’il prononça ses vœux, il vit, dans la sainte Eucharistie, Notre-Seigneur qui l’écoutait, «  assis comme un juge sur son tribunal, mais plein de douceur  ». De surcroît, la très Sainte Vierge Marie lui apparut, accompagnée des deux glorieuses vierges du Carmel, sainte Thérèse de Jésus et sainte Marie-Madeleine de Pazzi, qui lui dirent  : «  Nous te serons propices, Bernard, comme patronnes.  »

De fait, elles vinrent à son secours lors de terribles assauts du démon, annoncés par la vision de dogues féroces se jetant sur lui, et qui se prolongèrent du 14 novembre 1728 jusqu’au 17 avril 1729.

Saint Michel lui avait promis que, dans ces combats, jamais il ne succomberait aux tentations et qu’il conserverait toujours une chasteté angélique. (…) Ainsi apprenait-il «  combien la chasteté est agréable au Seigneur, et qu’une âme, revêtue de cette vertu comme d’une armure, est forte comme une armée rangée en bataille contre ses passions et contre les démons eux-mêmes.  » Quant à ses condisciples, ils admiraient «  sa parfaite observance de la règle et son soin à se garder des fautes les plus légères  » (…)

Comme le jeune religieux ressentait une attirance particulière pour saint François de Sales, Dieu le lui donna comme directeur spirituel. (…) Faut-il rappeler que saint François de Sales avait été le fondateur de la Visitation. Cinquante ans après les apparitions du Sacré-Cœur à sa fille spirituelle, sainte Marguerite-Marie, il allait providentiellement former l’âme du frère Hoyos, le préparant ainsi à recevoir des dons extraordinaires pour accomplir sa mission.

L’ENFER, LE SACRÉ-CŒUR, L’IMMACULÉE

Lors de sa retraite annuelle, le 6 janvier 1730, après le renouvellement de ses vœux, au moment de la communion, il vit, dans son âme, Jésus, au sein d’une grande gloire, affable et plein de bonté. Celui-ci, avec un immense amour, plaça son Cœur Sacré à l’emplacement même du sien, mais cela d’une manière admirable, impossible à exprimer. Le cœur du jeune homme était enclos et comme enchâssé en celui de Jésus, qui lui dit avec un amour indicible  : «  Tu as trouvé grâce à mes yeux, car je t’ai trouvé conforme à mon Cœur.  » (…)

Le 9 janvier, tandis qu’il poursuivait les exercices de sa retraite, Notre-Seigneur lui montra l’enfer  :

«  (…) Je vis une immense caverne de feu, envahie d’une si épaisse fumée qu’elle étouffait presque la lumière de la fournaise. Je perçus au même moment une puanteur infecte, un fracas épouvantable et des hurlements sans fin comme de chiens enragés. Je vis aussi comment certains damnés, pris de fureur et de rage, sautaient hors de la fournaise et y retombaient, comme de grosses pierres, en son centre, précipités par les démons et livrés à la voracité des flammes.  » Au soir de ce 9 janvier, il demeurait terriblement marqué par ces scènes épouvantables. Il en tremblait encore et son cœur en était brisé, lorsque Notre-Seigneur vint le réconforter en lui confirmant sa prédestination. (…)

De nombreuses visions symboliques préparèrent le frère à une union plus intime avec le Christ. Un des signes de la vérité de sa vie mystique était son attachement éclairé et très ardent au dogme catholique  : «  La moindre nouvelle d’un quelconque outrage à l’Église et à notre foi catholique lui causait une douleur extrême. Au contraire, quelle joie et quelle allégresse il ressentait quand il apprenait qu’elle prospérait et qu’elle étendait ses bras autour de la terre  !  » (…)

Avant de raconter les événements providentiels qui vont faire de lui l’apôtre du culte public du Sacré-Cœur, il faut les situer dans leur contexte historique.

ILS N’ONT PAS VOULU ÉCOUTER MA DEMANDE  !

Les révélations de Paray-le-Monial avaient été mal accueillies dans l’Église et le grand dessein de Notre-Seigneur n’avait pu s’accomplir par l’élu de son Cœur, à savoir le roi Louis XIV, puisque celui-ci avait dédaigné ses demandes.

Les ennemis du Sacré-Cœur paraissaient tout-puissants, particulièrement à Rome. (…)

Certes, en ces années-là, de nombreuses confréries du Sacré-Cœur furent fondées, un peu partout, dans la Chrétienté. Mais les Papes refusèrent de concéder la fête, la messe et l’office du Sacré-Cœur.

Pour contourner cette opposition, un jésuite particulièrement dévot au Sacré-Cœur, le Père Galliffet sollicita l’appui des princes et des rois catholiques, notamment de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, qui régnait sur les royaumes d’Espagne depuis 1700 et fut un monarque courageux, pieux et juste. (…)

Philippe V

Philippe V

Philippe V savait ses royaumes privilégiés par le Ciel. À sa Cour, des dames, qui avaient été éduquées dans des visitations de France, connaissaient les enseignements de Paray-le-Monial et pratiquaient la dévotion au Sacré-Cœur. Le 22 décembre 1725, le Père Galliffet lui écrivit  : «  Je prends la hardiesse de rappeler à Votre Majesté sa grande dévotion au Cœur adorable de Jésus. Elle a promis sa royale protection aux démarches qui seraient tentées pour obtenir du Saint-Siège l’approbation officielle du culte de ce Divin Cœur.  » Le 10 mars 1727, le roi d’Espagne adressa une supplique au pape Benoît XIII pour l’institution, dans ses royaumes, de la fête du Sacré-Cœur.

Le canoniste romain Prosper Lambertini, le futur Benoît XIV, fit connaître ses critiques et ses objections  : la fête du Sacré-Cœur est nouvelle  ; le cas de Marguerite-Marie n’est pas tranché  ; si l’on accepte des fêtes nouvelles, on en viendra à demander une fête en l’honneur du Cœur de la bienheureuse Vierge Marie… La Congrégation des rites rejeta donc la requête du Père Galliffet, lui donnant l’avis de ne plus présenter à l’avenir une telle instance  !

Le Père Galliffet, loin de regarder la cause comme définitivement perdue, reprit la lutte avec une énergie nouvelle. (…) En 1733, il publia la traduction française de son livresur le culte du Sacré-Cœur, avec une épître dédicatoire à Philippe V.

MAI 1733  : LA MISSION DU FRÈRE HOYOS

À la fin du mois d’avril 1733, le Père Cardavéraz demanda au frère Hoyos de lui traduire un passage du livre du Père Galliffet  :«  Moi, qui n’avais jamais entendu rien de pareil, je commençai à lire l’histoire de l’origine du culte du Cœur de notre bien-aimé Jésus, et je sentis en mon esprit un mouvement extraordinaire, fort, doux, sans rien de violent ni d’impétueux  ; aussitôt, accourant auprès du Seigneur présent au Saint-Sacrement ,je m’offris à son Cœur pour travailler de toutes mes forces, au moins par la prière, à l’extension de son culte.  »

Le 4 mai, «  tandis que j’adorais le Seigneur dans l’Hostie consacrée, Celui-ci me dit clairement et distinctement qu’Il voulait, par mon intermédiaire, étendre le culte de son Cœur Sacré, afin de répandre ses dons sur un grand nombre par l’adoration et la vénération de ce Cœur. (…)

Le 5 mai, «  pendant que j’étais en oraison, le Seigneur me fit une grâce semblable à celle qu’Il fit à la première fondatrice de ce culte, la vénérable Marguerite-Marie Alacoque, une fille de notre saint directeur (saint François de Sales).

«  Il me montra son Divin Cœur tout brûlant d’amour et affligé du peu d’estime qu’on en avait. Il me répéta qu’Il m’avait choisi, quoiqu’indigne, pour en promouvoir le culte.  »

La révélation du 10 mai 1733 lui précisa sa mission  :

«  Après la communion, je sentis à mes côtés l’archange saint Michel qui me dit comment étendre le culte du Cœur de Jésus à travers toute l’Espagne et, plus universellement, dans toute l’Église. Il me dit que lui-même, en tant que protecteur de l’Église, aiderait à cette entreprise. Que celle-ci s’accomplirait par notre intermédiaire dans la mesure voulue par Dieu, qu’il y aurait aussi de très graves difficultés, mais que nous éprouverions les effets de son assistance  : elles seraient vaincues.  » (…)

«  Jésus me remercia de la générosité avec laquelle je Lui offrais jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour la gloire de son Cœur. Voulant me montrer combien cette offrande Lui était agréable, et la grande complaisance qu’Il mettait dans mon simple désir d’étendre cette gloire à travers le monde ,Il enferma et cacha mon misérable cœur dans le sien. Une vision intellectuelle admirable me découvrit alors les trésors et les richesses du Père déposés dans ce Cœur, souverain canal des eaux de la vie. (…)

«  Depuis lors, je suis absorbé et noyé dans ce Cœur divin  : en mangeant, en dormant, en parlant, en étudiant, partout mon âme ne semble rien toucher d’autre que le Cœur de son Bien-Aimé. C’est lorsque je suis devant le Seigneur présent au Saint-Sacrement, que se déchaînent les torrents de ses plus douces grâces. Et comme ce culte s’adresse proprement au Cœur de Jésus dans l’Eucharistie, c’est là qu’il jouit pleinement de ce que l’amour y recherche avec ardeur.  »

Quelle émouvante révélation du Cœur Eucharistique  !

LA GRANDE PROMESSE

Sacré Coeur de JésusLe jeudi de l’Ascension, 14 mai 1733, le frère Hoyos reçut une nouvelle communication divine  : «  Après la communion, j’eus la même vision du Cœur, mais cette fois entouré de la couronne d’épines et surmonté d’une croix, exactement tel que le représente le Père de Galliffet.  » (…)

«  Je vis aussi la blessure, d’où émanaient les effluves les plus pures de ce Sang qui a racheté le monde. Jésus, mon divin amour, invitait mon cœur à pénétrer dans le sien par cette blessure, assurant que son Cœur serait mon palais, ma forteresse et mon rempart dans tous les combats.

«  Comme mon cœur acceptait, le Seigneur me dit  : “ Ne vois-tu pas qu’il est entouré d’épines et qu’elles te blesseront  ? ” Ce qui ne fit qu’attiser davantage mon amour  ; et comme cet amour pénétrait au plus intime de moi-même, je m’aperçus que les épines étaient des roses. (…)

«  Tandis que mon âme était toute recueillie en cette chambre céleste, Jésus disait  : “ Voici le lieu de mon repos pour toujours. Je demeurerai en lui, car Je l’ai choisi. ”

«  Il me fit comprendre qu’Il ne me faisait pas goûter les richesses de son Cœur pour moi seul, mais pour que d’autres les goûtent à travers moi. Je demandai aux trois Personnes de la Sainte Trinité la réalisation de nos désirs. Et, comme je demandai en particulier pour l’Espagne cette fête qui ne semble être présente dans aucune mémoire, Jésus me dit  : “ Je régnerai en Espagne, et J’y serai plus vénéré qu’en beaucoup d’autres pays. ”  »

Le 4 juin, en la fête du Saint-Sacrement, Notre-Seigneur lui montra par avance l’instauration du culte de son Sacré-Cœur. Il lui prédit que «  la solennité de son Cœur serait un jour, dans l’Église, la fête la plus célébrée après celle du Corpus Christi.  » Certes des obstacles allaient retarder l’institution de la fête, et plus encore le triomphe universel du Divin Cœur. «  Mais à la fin il régnera  !  » s’exclamait le jeune religieux en conclusion de sa relation.

SON INCESSANT COMMERCE AVEC LA COUR CÉLESTE

Père de HoyosLors de la fête du Sacré-Cœur, le 12 juin 1733, pendant la Messe, il se consacra personnellement au Divin Cœur de Jésus avec l’acte de consécration de saint Claude La Colombière

Le 29 juin, en la fête des Apôtres Pierre et Paul, par une faveur extraordinaire, il put s’entretenir longuement avec eux des affaires du Sacré-Cœur et ne se déclara satisfait de leurs réponses que lorsqu’il reçut de saint Pierre l’assurance «  que l’un de ses successeurs établirait dans l’Église universelle la fête du Cœur de Jésus  ».

Saint Ignace, le jour de sa fête, c’est-à-dire le 31 juillet, confirma à son fils les volontés et les merveilleuses promesses de Notre-Seigneur  : (…) «  Le saint me dit que la divine Providence voulait que les membres de la Compagnie reçoivent en partage la gloire de promouvoir et de propager le culte du Sacré-Cœur de Jésus  ; qu’ils obtiendraient de l’Église l’établissement de la fête désirée. Il ajouta que Notre-Seigneur m’avait choisi comme instrument devant servir d’intermédiaire pour promouvoir ce culte.  » (…)

Le jeune frère en rapportant ces révélations à ses supérieurs, les invita à se consacrer comme lui au Sacré-Cœur, dès la fête de l’Assomption  : «  Vous déclarerez à ces deux Cœurs divins votre amour et vos désirs de leur plus grande gloire, car ce que l’on fait pour le Cœur de Jésus, on le fait conséquemment pour celui de sa Mère.  »

Le 15 août 1733, le jeune religieux reçut de précieuses lumières précisément sur les relations du Cœur de Marie avec la Sainte Trinité  :

«  Je vis le Cœur du Père éternel comme un globe de feu immense qui s’agrandissait à mesure qu’il entourait la terre, les cieux et même les abîmes. Les immenses rayons et les flots de lumière qui s’en dégageaient, étaient recueillis dans le Cœur sacré de notre bon Jésus que je voyais dans un ciel beaucoup plus grand et plus large que toutes les sphères célestes. Les rayons bienfaisants qu’à son tour il dégageait, se rejoignaient pour concentrer leur ardeur dans le très aimable Cœur de notre Mère, Marie très sainte, lequel formait un beau soleil resplendissant et communiquait aussitôt aux hommes et à toute la terre, cette multitude de rayons lumineux.

«  Par ce mystérieux symbole, je compris comment le Cœur de Jésus communiquait aux hommes les dons et les bienfaits infinis, qu’il reçoit du Père et de la divinité du Verbe, au moyen du Cœur très pur de sa Sainte Mère, lequel est comme l’aqueduc par où nous viennent tous les biens.   » (…)

LA RAPIDE CONQUÊTE DES ÂMES

Dès 1733, le frère Hoyos communiqua la flamme de sa dévotion aux Pères jésuites les plus influents de la province de Castille afin que ceux-ci propagent à leur tour le culte intime et public du Cœur de Jésus.

Le jeune religieux pressait les prédicateurs de mission de coopérer à son apostolat  : «  Un missionnaire ne peut-il pas d’abord diriger ses pénitents vers le Cœur de Jésus comme à la source de toute grâce  ? Ne peut-il pas comme insensiblement entraîner ses auditeurs à entrer, à sa suite, dans cette arche de salut dont la porte a été ouverte par un coup de lance  ? Si notre Bien-Aimé, comme je n’en doute pas, attire à lui les cœurs des fidèles par le doux aimant de son Cœur divin, on verra bientôt flotter par toute l’Espagne la bannière des confréries du Sacré-Cœur.  »

Le Père Galliffet apprenait avec une joie inexprimable les progrès que faisait sa si chère dévotion dans la catholique Espagne. (…)

LE TRÉSOR CACHÉ

Dès que sa mission lui fut révélée, en mai 1733, le frère Hoyos voulut publier un opuscule sur le culte public du Sacré-Cœur. Il supplia le Père Loyola de le rédiger. «  Je refusai, raconte celui-ci, à cause de mon incapacité, et parce que j’étais alors surchargé. Mais le jeune homme aplanit toutes les difficultés. Ses ferventes prières au Sacré-Cœur de Jésus contribuèrent plus que tout, à mon avis, à me faciliter le travail. Sans savoir comment, je me mis à écrire le petit livre  : je sentis des dispositions qui n’étaient pas miennes. Malgré mes occupations, les embarras de mes charges, une ou deux semaines plus tard, j’envoyai à Bernardo l’opuscule qu’il avait tant désiré.  » Ce dernier le corrigea, l’augmenta, l’embellit.

Le manuscrit fut ensuite remis aux réviseurs de la Compagnie, puis envoyé à Rome… Bref, il y eut des complications, des retards. (…)Lorsque la maquette du livre fut remise au frère Hoyos pour d’ultimes corrections, survint un nouveau contretemps .

Au Père Loyola, le frère Hoyos écrivit  : «  Ce retard, malgré la peine que j’en éprouve, me fait comprendre que Notre-Seigneur veut que les affaires de son Divin Cœur avancent au milieu des contradictions, et que ce petit livre si désiré, qui a nécessité tant de démarches, servira d’autant mieux à promouvoir ce culte sacré.

Enfin, l’opuscule étant imprimé, sous le titre“ Le trésor caché dans le Sacré-Cœur de Jésus, découvert à notre Espagne ”, le jeune frère l’offrit le 21 octobre 1734 à Notre-Seigneur qui lui fit cette promesse  :

«  Ceux qui liraient ce livre avec une intention droite jouiraient de ses faveurs, et Il accorderait à chacun une grâce particulière  : les pécheurs trouveraient dans cette lecture l’inspiration de changer de vie, les justes en recevraient un surcroît de forces et d’élans vers la perfection  ; quant aux parfaits, ils goûteraient les joies célestes dans un amour plus pur et plus ardent de ce Divin Cœur.  »

LA SUPPLIQUE DE L’ÉPISCOPAT ESPAGNOL
ET DE PHILIPPE V AU PAPE CLÉMENT XII

Le frère Hoyos toujours préoccupé de conquérir d’abord les autorités, introduisit à la Cour royale des exemplaires du Trésor caché, magnifiquement reliés, qui coururent de main en main.

Par ailleurs, le roi accepta de renouveler sa requête de 1727 auprès du pape Clément XII. Transmise par l’intermédiaire de l’archevêque de Burgos, elle reçut une réponse encourageante qui donnait bon espoir d’obtenir pour les royaumes d’Espagne la fête du Sacré-Cœur.

À l’automne de l’an 1734, le frère Hoyos commençait sa quatrième année de théologie à Valladolid. C’est à cette époque de préparation à l’ordination, qu’il fut favorisé de révélations et de communications divines qui rejoignent et confirment le message de Paray-le-Monial sur la réparation.

«  Tous les vendredis, je connus le plus haut degré d’amertume et de tristesse. Une vive lumière me pénétrait et me présentait, comme en un miroir, toutes les souffrances du Cœur de Jésus, causées par les péchés des fidèles, ceux des infidèles ou de ses ennemis, ou encore par les ingratitudes envers les dons de son amour, particulièrement envers l’Eucharistie. (…)

«  Cette faveur apportait non seulement à l’âme la grâce et le fruit de la souffrance elle-même, lequel n’était pas le moindre, mais aussi d’autres bienfaits  :la compassion à la souffrance du Cœur de Jésus  ; le désir d’éviter les moindres fautes, cause d’une si grande douleur  ; et surtout un zèle ardent pour que le monde entier connaisse le Sacré-Cœur et s’empresse à réparer les injures qui Lui sont faites, en particulier, une ferme résolution de ne pas épargner ma peine au service du salut des âmes, dans l’état sacerdotal où Il voulait me mettre.  »

Le vénérable Hoyos fut ordonné prêtre le 2 janvier 1735. (…) Le lendemain de son ordination Jésus se montra à lui pour lui faire partager son agonie, au jardin des Oliviers  :

«  Cette vision m’introduisit, par les yeux de l’âme, dans une affliction sans pareille, laquelle s’accrut considérablement lorsque le bien-aimé Jésus, par des mots amoureux et tristes, comme s’Il cherchait quelqu’un qui compatît à la tristesse de son Cœur, me dit de m’en approcher pour voir ce qui s’y passait. Il me sembla que mon âme, s’y trouvant introduite, pouvait contempler cet abîme de douleurs. Mais, ô mon bon Jésus  ! ô Cœur très doux  ! qui pourrait dire les amertumes, les angoisses, les dégoûts et les affreux tourments que j’y vis  !Si les hommes pouvaient voir dans votre Cœur si douloureux, je ne dis pas ce qu’Il a enduré, – cela, aucun mortel ne peut le comprendre –, mais, du moins, ce que vous en avez manifesté à ma pauvre âme  ! Comme tous s’efforceraient d’apaiser votre douleur par le culte rendu à votre Cœur  !  » (…)

Le 17 octobre 1735, le Père Hoyos célébra, avec beaucoup de ferveur, mais en privé, le quarante-cinquième anniversaire de la mort de sainte Marguerite-Marie.

Notre-Seigneur voulait fondre leurs deux cœurs en un même cœur pour inviter son élu à le rejoindre dans son Ciel de gloire. (…) Gravement atteint par la typhoïde, il dut s’aliter à la mi-novembre. À un confrère qui lui demanda, à plusieurs reprises, s’il voulait mourir, il répondit invariablement  : «  Je pense et je veux uniquement ce que le Sacré-Cœur voudra.  »

Le Père Manuel de Prado, qui le veilla, l’entendit répéter plusieurs fois  : «  Oh  ! qu’il est bon d’habiter dans le Cœur de Jésus.  »

Le Père Hoyos mourut au collège Saint-Ignace, le 29 novembre 1735, à l’âge de vingt-quatre ans. Le Père Uriarte, son biographe écrivait  : «  “ Ma mort est nécessaire à la gloire du Cœur de Jésus ”, répétait la bienheureuse Marguerite-Marie à une religieuse qui se lamentait de son prochain départ. C’est ce que nous devons penser en voyant partir, si vite et si jeune, notre cher Bernardo. Il fallait qu’il en fût ainsi pour que nous soit révélée la manière admirable dont le Sacré-Cœur s’était manifesté à nous. Aussitôt après sa mort, l’Espagne apprit qu’elle était l’objet de l’amour particulier du Divin Cœur, lequel accomplit sa promesse de régner en notre pays, et d’y régner plus qu’en d’autres contrées.  »

Extraits de Il est ressuscité  !, tome 4, n° 24, juillet 2004, p. 2-12

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