La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Saint Joseph, notre grand protecteur

I. LE TEMPS DE L’ENFOUISSEMENT

«  L‘HUMBLE Joseph est peu connu  », se désolait déjà saint Louis-Marie Grignion de Montfort au début du dix-huitième siècle. Trois siècles après, nous déplorons toujours la même ignorance et indifférence vis-à-vis de celui que le bienheureux Pie IX a proclamé le 8 décembre 1870 “ Patron de l’Église universelle ”.

Couronnement de Saint Joseph

Le couronnement de saint Joseph, Zurbaran.

Le 13 novembre 1962, le pape Jean XXIII, accédant aux vœux de plus de quatre cents Pères du Concile, introduisait le nom de Joseph, époux de la Vierge Marie, au canon de la messe romaine. Cette décision provoqua les railleries du clan progressiste. Pour complaire aux protestants, le Père Congar écrivit alors dans lesi. c. i.  :

«  Ramener trop exclusivement l’attention sur les aspects humains, et même enfantins, de la vie de Jésus, développer avec une prédilection envahissante les aspects de l’histoire humaine de Jésus, risque de changer l’équilibre de la foi (sic  !), au profit des seuls éléments doux, tendres, sentimentaux, au détriment d’une vue de foi qu’appelle une véritable fréquentation du Nouveau Testament, et singulièrement de saint Paul. Peut-on se nourrir à la fois de saint Paul et de “ Mois de saint Joseph ”   ? N’est-ce pas l’un ou l’autre  ?  » (1er décembre 1962) (…)

L’abbé de Nantes, lui, n’a jamais varié dans sa tendresse et dévotion envers saint Joseph, «  grand protecteur  » des Petits frères et Petites sœurs du Sacré-Cœur  ; sa confiance n’a cessé de croître avec les années et les bienfaits reçus. Avec sa merveilleuse intelligence des saintes Écritures et sa profonde connaissance du cœur humain, notre Père a compris le secret de ce saint immense, et l’a exprimé avec un rare bonheur  :

«  Ô saint Joseph, homme juste et bon, notre père et notre protecteur, qui voudra se faire le héraut de vos intimes grandeurs  ? Je n’oserais. Et pourtant je souffre trop de les voir ignorées pour ne pas tenter de les raconter à mon indigente manière. Tant d’âmes en seraient merveilleusement secourues  ! Celui qui comprendrait la beauté et la délicatesse de l’amour que vous portâtes à la Vierge Marie, fût-il le plus grand des pécheurs, ressentirait l’irrésistible attrait de la vertu. Permettez-moi d’ouvrir votre cœur pour en révéler les secrets jalousement gardés…  » (Pages mystiques, t. I, mars 1970)

À son école, entrons dans le Cœur doux et humble de saint Joseph, en ouvrant l’Évangile, non à la manière protestante, mais avec les yeux et le cœur de la tradition catholique. (…)

Nous verrons dans une deuxième partie le rôle providentiel qu’il a joué dans notre histoire sainte, particulièrement dans les temps de crises, et qu’il jouera encore demain. L’Église débordera alors de reconnaissance envers saint Joseph qui l’aura sauvée du plus grand péril, lui donnant la place qu’il mérite sur terre, celle-là même qu’il occupe au Ciel, aux côtés de Jésus et Marie.

JOSEPH, PRINCE DE VERTU CACHÉE

Saint Matthieu conclut sa généalogie ou «  genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham  » par ces simples mots  : «  Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ.  » (Mt 1, 16)

Sainte Famille

La Sainte Famille, Murillo.

Tout est dit du mystère de ses relations, marquant sa vocation unique dans le dessein divin. Par Jacob son père, Joseph hérite de tout l’Ancien Testament, des Promesses faites aux patriarches, comme de leurs vertus  : la foi d’Abraham, la patience de Jacob, la pureté de Joseph. «  Fils de David  », il est de lignée royale, porteuse des promesses messianiques. Mais là où se noue sa vocation est dans ses épousailles avec la Vierge, «  de laquelle a été engendré Jésus  »; Dieu qui engendre son Fils de toute éternité, l’a engendré dans le sein de Marie, la virginale épouse du juste Joseph.

«  C’ÉTAIT UN HOMME JUSTE.  » (Mt 1, 19)

Mais qui l’a dit à saint Matthieu pour que celui-ci le retranscrive de confiance dans son Évangile, sans avoir sans doute jamais connu Joseph  ? Qui, sinon la Vierge Marie, car elle seule pouvait parler de lui et d’elle-même avec une telle discrétion et délicatesse.

Joseph fut juste à cause de sa foi, car «  le juste vit de la foi  » (Ha 2, 4). Et parce qu’il craignait Dieu d’un cœur sincère, ses voies étaient droites. Il pratiquait la Loi, puisque Dieu le commandait, mais non pas à la façon des pharisiens, qui se prétendaient “ justes ” par leur seule pratique de la Loi. Appliqué à scruter les Saintes Écritures, Joseph savait par expérience que cette pratique ne pouvait plaire à Dieu si la foi ne l’accompagnait, la foi dans le Messie à venir. (…)

C’est à lui, parce qu’ils le connaissaient et estimaient, que les parents de la Vierge Marie parlèrent  », pour lui confier leur enfant et lui demander d’assurer auprès d’elle ce ministère de protection qu’eux-mêmes ne pourraient bientôt plus assumer.

LE DON DE L’IMMACULÉE CONCEPTION.

Ils se fiancèrent donc, ce qui, en droit matrimonial juif, valait contrat de mariage, à tel point que la fiancée était appelée épouse. Elle n’habitait pas encore sous le toit de son époux, mais restait un an encore chez ses parents. Notre Père décrit l’union de leurs cœurs  :

«  En quoi consistait un amour conjugal qui était apparemment séparation, silence, solitude  ? En une inhabitation mutuelle, à l’image du Mystère trinitaire. Lui habitait en Elle et Elle en Lui, sans cesse et sans réticence. La présence de Marie était, comme nous dirions, d’une densité extraordinaire. Saint Joseph aussi, sans s’en rendre compte, avait sur elle le même rayonnement. “ Comme il aime Dieu  ! Comme il le sert  ! Qu’il est honnête, juste et bon  ! Quel dévouement admirable  ! Quel saint  ! ” Et la Vierge ne cessait ces litanies secrètes de l’admiration et de l’affection, sans qu’aucun souvenir, aucun geste ne vienne jamais altérer cette image qu’elle avait de lui dans son cœur. Et lui, tout ce qu’il pensait de bien, tout ce qu’il désirait, c’était dans une parfaite communauté de vues avec elle  ; comme si son cœur à elle était là qui battait dans le sien, il lui semblait qu’elle vivifiait tout en lui, de sa ferveur incomparable. Et c’était secrètement d’autres litanies qui déjà chantaient ses vertus. Elle le sanctifiait par sa seule présence, et il lui semblait emporter en lui un amour émané d’elle, qui le transportait, sans que jamais il n’éprouvât le besoin d’en écarter le souvenir, pour aller à Dieu.  » (Lettre à mes amis n° 98 du 8 décembre 1961)

Se donnant l’un à l’autre, c’est Dieu qu’ils se donnaient mutuellement. Car c’est dans la foi qu’ils s’étaient épousés. Telle fut la perfection de leur contrat, telle fut la marque de leur confiance mutuelle. Le cœur du juste Joseph en reçut alors comme une révélation  : en aimant la Vierge Marie comme l’incarnation de la Loi, de la Sagesse divine si ardemment désirée, il entra dans l’amour de complaisance que Dieu le Père a pour cette enfant bénie, qui est sa parfaite, son “ Immaculée Conception ”. (…)

Tel fut le premier don mystique accordé à Joseph, dont Dieu voulait faire son image sur la terre. Mais comme l’or purifié au creuset, il devait d’abord passer par l’épreuve.

LA GRANDE ÉPREUVE DE SAINT JOSEPH.

Le mystère de l’Incarnation du Verbe dans le sein de sa chaste fiancée se déroula dans le secret de la maison où habitait la Vierge, là même où s’élève aujourd’hui la basilique de l’Annonciation  : composée pour partie d’une grotte (vénérée dans la crypte de la basilique) et pour une autre part d’une maison en briques, la “ Santa Casa ”, transportée à Lorette, comme l’a démontré frère Bruno (cf. La Maison de Marie, de Nazareth à Lorette, CRC no 317, ou Bible, archéologie, histoire, t. 2, p. 67-86)

Saint Joseph ne sut rien de l’Événement, mais quand sa fiancée revint de son séjour auprès d’Élisabeth à Aïn-Karim, il devina, à certains signes qui ne trompent pas, qu’elle attendait un enfant. «  Pas un instant, il ne douta de la vertu de sa fiancée. D’être revenue, c’était assez dire que la chose était sainte. “ Ne voulant pas la dénoncer publiquement, écrit saint Matthieu, il résolut de la répudier sans bruit. ” (1, 19) Pourquoi donc, grand Dieu  ? La Loi ne s’appliquait pas à elle, puisqu’elle était innocente.

«  Une seule lumière vint frapper votre esprit, écrit notre Père, à laquelle vous n’osâtes point consentir malgré les admirables dons de ferveur, de sainte allégresse, de joie messianique qu’elle versait en vous. Ah  ! oui, cette pensée était sainte, son ivresse vous habitait, elle vous comblait et débordait de votre cœur, s’en allant rejoindre la sérénité de Marie et lui donnant la douce certitude de votre communion sans parole dans le même céleste secret. Radieux, vous entendiez carillonner en vous la Bonne Nouvelle, l’Évangile où s’illuminent les anciennes prophéties hier encore incomprises  : “ Voici que la Vierge concevra et qu’elle enfantera un Fils. Et son Nom sera Emmanuel. ” La ‘almâh, la jeune vierge innocente, immaculée, votre cœur intuitif le proclamait avant que votre oreille l’entende de Dieu  : c’était Elle  !  » (Page mystique n° 21)

Pourtant, malgré cette joie, saint Joseph se jugea indigne d’un tel don. (…)

Un ange porteur d’une grande lumière vint alors apaiser son angoisse, lui révélant en songe ce qu’il n’osait penser  : «  Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est né en elle est l’œuvre de l’Esprit-Saint.  » (Mt 1, 20)

LE CŒUR PATERNEL DE SAINT JOSEPH.

«  Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit  : il prit chez lui son épouse.  » (Mt 1, 24) (…)

L’Ange avait ajouté  : «  Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.  » (Mt 1, 21) Le fait de donner son nom à l’enfant était une reconnaissance de paternité. Plus qu’une paternité légale, c’est une paternité de cœur, d’esprit et de volonté, que Joseph reçut en partage  : Dieu lui fit le don magnifique d’un cœur de Père

«  Dans ce fruit mystérieusement éclos au sein virginal de sa propre épouse, Joseph reconnaît maintenant le fruit de sa prière et de ses désirs pieux. Jamais homme n’a participé à la paternité de Dieu comme celui-ci, jamais homme n’a voulu être père et l’a été en effet comme cet homme. Il est à ce moment le modèle parfait des pères, ceux qui enfantent dans la chair pour le Christ et l’Esprit, non pour la corruption et la mort, et mieux encore ceux qui enfantent le Christ dans les âmes, d’une ardente paternité spirituelle.  » (Lettre à mes amis n° 102, février 1962)

Bossuet explique  : «  C’est que le vrai Père de Jésus-Christ, ce Dieu qui l’engendre dans l’éternité, ayant choisi le divin Joseph pour servir de père au milieu des temps à son Fils unique, a fait en quelque sorte couler en son sein quelque rayon ou quelque étincelle de cet amour infini qu’il a pour son Fils  : c’est ce qui lui change le cœur, c’est ce qui lui donne un amour de père.  » (Panégyrique de saint Joseph, 1659) (…)

CHEF DE LA SAINTE FAMILLE.

Le Recouvrement

Le Recouvrement, Bradi Barth

Voilà Joseph constitué chef et gardien de la Sainte Famille, à Nazareth, et bientôt à Bethléem, où naît l’enfant de la Promesse, au Temple de Jérusalem pour sa Présentation. Obéissant à l’ordre de l’Ange, il est obligé de fuir sur les routes de l’exil pour échapper à la colère du tyran. Il rentre enfin à Nazareth, comme l’Ange le lui a dit, toujours en souci, à cause de sa pauvreté, et en sollicitude pour le dépôt sacré qui lui a été confié. Marie, sans doute, comprenait mieux la souveraineté que déjà son Fils exerçait sur toutes choses. (…)

Il est le Père, revêtu de l’autorité bienveillante, bienfaisante du Père des cieux, et c’est ainsi que l’aiment et le vénèrent Jésus et Marie. Le Fils de Dieu, qui dira plus tard qu’il ne fait rien sans la permission de son Père, avait avec saint Joseph les mêmes rapports, l’appelant du doux nom de père “ abba ”.

«  Votre père et moi nous vous cherchions angoissés.

Pourquoi me cherchiez-vous  ? Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père  ?  »

Notre Père voit dans cet épisode de Jésus retrouvé au Temple à l’âge de douze ans le commencement d’une révélation que l’Enfant, sortant de son silence, fit à ses saints parents. (…)

LE PARADIS RETROUVÉ.

«  Il redescendit avec eux et revint à Nazareth  ; il leur était soumis  », note saint Luc (2, 51). C’est la seule chose que la Sainte Vierge a révélée sur leur vie de Nazareth, elle doit être d’importance, et saint Joseph eut dans cette “ soumission ” une place de choix. (…)

La vie cachée de Nazareth fut «  une vie de prière, d’obéissance et de travail  », enseignait l’ancien catéchisme. C’est par cette vie de rien que Joseph eut à préparer Jésus à sa mission de rédempteur  : «  Car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.  » À l’imitation du Joseph de la Genèse, vendu par ses frères, envoyé en réalité par le bon plaisir de Dieu «  les sauver pour une grande délivrance  » (Gn 45, 7). Quant à lui, le charpentier de Nazareth au cœur miséricordieux, il eut sans doute beaucoup à pardonner, anticipant ainsi le mystère du salut par la Croix. «  La vertu, la vérité, la sainteté attirent mais tout à la fois sont repoussées, méprisées, persécutées… Et voilà ce qui rend la destinée des saints si cachée, si nourrie d’abjection, si calomniée. Nazareth ne s’oppose pas au drame de la vie publique et de la croix, il y mène.  » (Lettre à mes amis n° 82, février 1961)

Sa mission terminée, saint Joseph s’effaça et disparut dans le silence. La tradition de l’Église a toujours pensé qu’il était mort dans les bras de Jésus et Marie, devenant par le fait même patron de “ la bonne mort ” après l’avoir été de “ la bonne vie ”.

II. LE TEMPS DE L’«  ACCROISSEMENT  »

Du deuxième au douzième siècle, de saint Justin à saint Bernard, saint Joseph a été l’objet de l’admiration des Pères de l’Église, qui tous lui ont rendu hommage, mais il ne fut pas l’objet d’un culte public. Il fallait que soit d’abord affirmée la seule paternité divine. Joseph, dont le nom signifie “ accroissement ”, attendait son heure…

Elle sonna avec les Croisades et l’afflux en Occident des reliques de Terre sainte. Les carmes et les franciscains se firent bientôt ses dévots, mais pour que saint Joseph soit invoqué pour les grandes causes de l’Église et de la Chrétienté, il fallut que se lève Jean Gerson, chancelier de l’Université de Paris (1363-1429). Ce bon et saint prêtre, défenseur de la religion royale, quelques années avant que sainte Jeanne d’Arc la vienne restaurer «  en nom Dieu  », n’hésitait pas à faire de la politique, quand le bien des âmes et celui du Royaume l’exigeait (cf. CRC n° 292, mai 1993, p. 5-24).

QUAND LE ROYAUME SOUFFRAIT PITIÉ

Juillet 1413. Paris est à feu et à sang. La capitale connaît les jours les plus tourmentés de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. (…)

Le Très Saint Mariage de saint Joseph et de la Bienheureuse Vierge Marie

Le Très Saint Mariage de saint Joseph
et de la Bienheureuse Vierge Marie
, Raphaël.

Comment ramener la paix dans les cœurs, et surtout l’affermir sur des bases solides  ? C’est le moment que choisit Gerson pour écrire une lettre circulaire «  à toutes les églises du Royaume, spécialement à celles dédiées à la mémoire de la très bienheureuse et glorieuse Marie toujours vierge  », pour leur proposer d’instaurer une fête en l’honneur de ce saint mariage. (…)

L’union des cœurs et des esprits à Nazareth, et la paix qui en était la conséquence, est pour lui l’idéal vers lequel tous doivent tendre. Honorer ce mariage, c’est glorifier le Christ Jésus qui, en retour, refera l’unité de l’Église et du royaume. Tout simplement  ! (…)

Un “ Concile de la foi ” se déroula à Paris à la fin de cette année 1413. Notre champion de la foi et de la dévotion à saint Joseph n’ayant pu obtenir la fête tant désirée, résolut de se rendre au concile général de Constance pour y plaider sa cause. (…)

POUR L’UNITÉ DE SAINTE ÉGLISE

Ce Concile devait mettre fin à l’épouvantable schisme qui déchirait la Chrétienté d’Occident depuis plus d’un demi-siècle. Il y avait eu deux papes, puis trois. Jamais l’Église n’avait ressenti aussi douloureusement la nécessité de son unité, jamais non plus elle ne s’était sentie à ce point impuissante à réaliser cette unité par des moyens humains. Quel remède  ? «  Le recours à saint Joseph  », prêcha Gerson avec flamme devant l’assemblée des Pères.

Le 8 septembre 1416, il prononça un sermon à l’occasion de la fête de la Nativité de la Vierge Marie. (…)

Il demandait que l’Église se prononçât en faveur de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Puis il en venait à ce qui lui tenait tant à cœur  : «  Mon grand désir, dit-il, est de voir célébrer dans l’Église une solennité nouvelle, soit en l’honneur du mariage de saint Joseph, soit en mémoire de sa bienheureuse mort, afin que, par les mérites de Marie et par l’intercession d’un Patron si puissant, lequel exerce une sorte d’empire sur le cœur de son épouse, l’Église soit rendue à son unique époux, le Pape légitime, qui tient auprès d’elle la place du Christ.  »

Le Pape, qui doit avoir autorité dans l’Église, est donc la figure de saint Joseph  : qu’il soit en mesure d’exercer sa fonction et qu’il le veuille, et «  tout ira bien  ». Dans l’Église comme dans le royaume, saint Joseph ramènera la paix, en restaurant l’ordre et l’unité dans la foi. (…)

Il faudra attendre Sixte IV pour faire entrer en 1481 la fête de saint Joseph au Bréviaire romain, à la date du 19 mars. (…)

EN ITALIE ET EN ESPAGNE

Au siècle suivant, le zèle pour la dévotion à saint Joseph semble émigrer outre-monts. En Italie avec le dominicain Isidore de Isolanis, un des premiers théologiens à s’être levé contre Luther et qui écrivait dans le même temps une “ Somme des dons de saint Joseph ” (1522), où il insiste sur l’importance du culte de saint Joseph pour la conservation de la foi, la paix dans le monde et l’extension missionnaire de l’Église, principalement dans les derniers temps. (…)

En Espagne, sainte Thérèse d’Avila plaçait en 1561 son premier couvent réformé sous le patronage de «  monseigneur saint Joseph  », onze autres le seront pareillement, et la Madre répandra partout le culte pour celui qu’elle appelait «  mon vrai Père et Seigneur  ».

«  Je pris le glorieux saint Joseph pour avocat et pour patron, écrit-elle,et me recommandai instamment à lui… (…) Ce glorieux saint, je le sais par expérience, nous assiste dans tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s’il a été soumis sur la terre à celui qu’il appelait son père parce que c’était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au Ciel à toutes ses suppliques… Je n’ai vu personne lui être vraiment dévoué sans avancer dans la vertu, car il favorise singulièrement les progrès spirituels de ceux qui se confient à lui.  »

La Sainte Vierge elle-même lui apparut, le jour de l’Assomption 1561, en compagnie de son époux  :

«  Elle me dit que je lui causais une grande joie en servant le glorieux saint Joseph.  »

LE GRAND SIÈCLE DE SAINT JOSEPH

Venons-en maintenant au dix-septième siècle, que le marquis de La Franquerie appelle le «  grand siècle de saint Joseph en France  ». La Contre-Réforme triomphante en a fait son saint de prédilection. Pas un institut religieux qui ne se fonde sans sa protection  : les Filles de la Charité, les Frères des Écoles chrétiennes, les Eudistes, le séminaire Saint-Sulpice, celui les Missions étrangères, etc. Madame Acarie, la bienheureuse Marie de l’Incarnation, fonde en 1605 le carmel Saint-Joseph de Pontoise, qui aura un culte spécial pour le cœur de saint Joseph. L’église Saint-Joseph des Carmes est la première du royaume à lui être consacrée en 1620.

Sans oublier la Nouvelle-France, dont saint Joseph semble avoir fait sa terre d’élection. Mais venons-en à l’apparition de Cotignac, qui va inciter le Roi à consacrer son royaume à saint Joseph.

C’est Notre-Dame qui est apparue d’abord, le 10 août 1519, pour demander une chapelle en l’honneur de Notre-Dame de Grâces afin qu’on y vienne en procession. Elle répandit ses bienfaits sur toute la région, et le moindre ne fut pas de l’avoir préservée de l’invasion des lansquenets de Charles Quint puis des rebelles huguenots, avec le concours armé de Jean de Pontevès, seigneur de Cotignac, un des plus vaillants capitaines de son siècle.

La Sainte Vierge semble s’être attachée à ce petit sanctuaire provençal puisque, un siècle plus tard, elle demande à l’humble frère Fiacre, du couvent des Augustins déchaussés de Paris, de faire une neuvaine en son honneur, ainsi que deux autres à Notre-Dame des Victoires et Notre-Dame de Paris, pour obtenir la naissance d’un dauphin. Cette histoire sainte est connue, à laquelle sont intimement liées la consécration de la France à la Sainte Vierge et la naissance de Louis XIV, Louis Dieudonné, en 1638. Celui-ci se rendra en pèlerinage d’action de grâces à Cotignac, en compagnie de sa mère Anne d’Autriche, le 21 février 1660.

L’APPARITION DU 7 JUIN 1660

Saint Joseph de Cotignac

Saint Joseph de Cotignac

Le 7 juin suivant, en application du traité des Pyrénées, qui établissait enfin la paix entre la France et l’Espagne, le jeune Roi accueillait en son royaume l’infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV. Le même jour, saint Joseph apparaissait à Cotignac, d’une manière toute simple, tout évangélique.

Un jeune berger du nom de Gaspard Ricard faisait paître son troupeau sur les hauteurs arides du Bessillon. C’était au milieu de la journée et la chaleur était torride. Tout à coup, il voit surgir à ses côtés un homme d’imposante stature qui, d’un geste bienveillant, lui indique un énorme rocher en lui disant  :

«  Iéu siéu Joùsè; enlevo-lou e béuras. Je suis Joseph  ; enlève-le et tu boiras.  »

Gaspard hésite, mais saint Joseph réitère son ordre. Le berger obéit, déplace le rocher le plus facilement du monde, et découvre une eau fraîche qui commence à ruisseler. Il boit avec avidité, et lorsqu’il se relève, le mystérieux personnage a disparu. Laissant là son troupeau, Gaspard court au village porter la nouvelle. On vient en hâte, pour constater qu’en ce lieu, que tous savaient dépourvu de source, s’écoule maintenant une eau abondante. Les consuls de Cotignac décident sans tarder de construire une chapelle, dont l’évêque de Fréjus, Zongo Joseph Ondelei, député pour la Provence à l’Assemblée du clergé qui se tient à Paris, confie la garde aux oratoriens chapelains de Notre-Dame de Grâces, «  pour ne séparer point dans la dévotion des fidèles les deux saintes personnes qu’il avait jointes sur la terre pour le mystère de notre salut  ».

Les faits, attestés devant l’Assemblée du clergé, sont parvenus jusqu’aux oreilles du Roi, qui sait ce qu’il doit à Notre-Dame de Grâces. Frappé par la coïncidence des événements du 7 juin  : arrivée de sa fiancée – apparition de saint Joseph, il ne peut qu’accéder à la sollicitation de sa mère et celle qui est devenue son épouse, de consacrer son royaume à saint Joseph. (…)

Là-dessus, le 8 mars 1661, meurt Mazarin. Le 10 mars, le jeune Roi, devant son conseil, déclare que si, jusqu’à présent, il a bien voulu laisser gouverner ses affaires par feu Monsieur le cardinal, «  il est temps que je les gouverne moi-même. Vous m’aiderez, messieurs, de vos conseils quand je le demanderai.  » De ce jour, il entend être le Roi, seul et souverain dépositaire de l’autorité divine en son royaume, et gouverner en conséquence. Eh bien, le 12 mars, un de ses premiers actes de gouvernement fut de faire enregistrer l’arrêt qui déclarait saint Joseph patron de la France, et prescrivait que sa fête serait désormais chômée dans tout le royaume. (…)

SAINT JOSEPH
PATRON DE L’ÉGLISE UNIVERSELLE

Nous en arrivons au dix-neuvième siècle, le “ Grand Siècle ” de saint Joseph pour l’Église. Le nombre de communautés religieuses, de confréries, de diocèses, d’universités et même de nations se plaçant sous le patronage de saint Joseph n’avait cessé de croître  : le Mexique (1555), le Canada (1624), le Pérou et la Bohème (1655), les Flandres (1679), etc. Dès son accession au souverain pontificat, le pape Pie IX décida d’étendre à toute l’Église la fête du patronage de saint Joseph (1847). Il choisit pour cela le troisième dimanche après Pâques, afin de placer le rôle du Chef de la Sainte Famille dans la lumière de la Résurrection. Son mot d’ordre était  : «  Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira.  » (Gn 41, 55)

Dans les années qui suivirent, marquées par la proclamation du privilège de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie (1854) et la condamnation de l’esprit moderne d’impiété et de libéralisme (Syllabus, 1864), deux choses qui n’en faisaient qu’une et qui virent les forces de l’enfer se déchaîner contre la Papauté, de nombreuses suppliques parvinrent au Pape, demandant qu’il proclame saint Joseph Patron de l’Église universelle, une pétition circula parmi les Pères du Concile Vatican I dans le même but. (…)

Malheureusement le Concile dut interrompre ses sessions, en juillet 1870, avant que cette requête soit exaucée. Mais le 8 décembre suivant, par le décret Quemadmodum Deus, Pie IX proclamait saint Joseph patron de l’Église universelle. (…)

«  Toujours, écrivait-il, dans les heures critiques, l’Église a imploré son assistance. Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Église elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités, que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle (…).Profondément ému par l’état si lamentable des choses présentes et voulant se mettre, lui et tous les fidèles, sous le très puissant patronage du saint patriarche Joseph, le Pape a daigné se rendre aux vœux de tant de vénérables pontifes. C’est pourquoi il déclare solennellement saint Joseph patron de l’Église catholique.  »

Il n’exagérait pas les périls  : le jour même de la proclamation, les fidèles de Rome, qui avaient assisté aux offices, étaient insultés et maltraités à la sortie des églises. Le soir, sous les fenêtres du Vatican, des forcenés crièrent  : «  Mort au Pape  !  » Et bien des gens annonçaient qu’avec la chute des États pontificaux, c’en était fini de la papauté. Le nouveau roi d’Italie eut l’insolence d’offrir à Pie IX, prisonnier dans son palais, sa police et ses troupes pour le protéger, tandis que plusieurs nations l’invitaient à venir s’installer chez elles. Ferme comme le roc, Pie IX refusa toutes ces avances pour se placer sous la protection du seul saint Joseph  !

Les fruits de ce patronage furent innombrables. Contentons-nous d’en glaner ici quelques exemples significatifs ou figuratifs. Nous montrerons en conclusion comment notre Père est pour nous aujourd’hui le lien de cette gerbe.

LA GUÉRISON DE SAINTE THÉRÈSE.

Transportons-nous à Alençon, au foyer des époux Martin. Zélie vient de mettre au monde son dernier enfant  : la petite Thérèse, le 2 janvier 1873. Mais, dès le mois de mars, la santé du nourrisson donne les plus vives inquiétudes. (…)

«  Je suis vite montée dans ma chambre, raconte Zélie à sa belle-sœur,je me suis agenouillée aux pieds de saint Joseph et lui ai demandé en grâce que la petite guérisse, tout en me résignant à la volonté du bon Dieu, s’il voulait la prendre avec lui. Je ne pleure pas souvent, mais mes larmes coulaient, tandis que je faisais cette prière.

«  Je ne savais pas si je devais descendre… Enfin je m’y suis décidée. Et qu’est-ce que je vois  ? L’enfant qui tétait de tout son cœur. Elle n’a lâché prise que vers une heure de l’après-midi  ; elle a rejeté quelques gorgées et est tombée comme morte sur sa nourrice.

«  Nous étions cinq autour d’elle. Tous étaient saisis  ; il y avait une ouvrière qui pleurait, moi, je sentais mon sang qui se glaçait. La petite n’avait aucun souffle apparent. On avait beau se pencher pour essayer de découvrir un souffle de vie, on ne saisissait rien, mais elle était si calme, si paisible, que je remerciais le bon Dieu de l’avoir fait mourir si doucement.

«  Enfin, un quart d’heure se passe, ma petite Thérèse ouvre les yeux et se met à sourire. À partir de ce moment, elle fut complètement guérie…  » (Correspondance familiale, p. 150)

Celle en qui notre Père aime voir la figure de l’Église aux prises avec le démon en nos temps d’apostasie, n’aura qu’à lever les yeux vers son père, son «  roi chéri  », pour penser à saint Joseph  : «  Si un père de la terre est si idéal, si parfait, que ne doit pas être le bon Dieu  !  » disait-elle. (…)

SAINT PIE X.

Quand Pie IX place l’Église sous le patronage de saint Joseph, en 1871, Joseph Sarto est curé de Salzano. Homme de prière, se dépensant sans compter dans son ministère, au demeurant pauvre, mortifié et bon. «  Plus j’y réfléchis, écrit notre Père,plus je pense que nul homme au monde n’a tant ressemblé à saint Joseph… (…)

Devenu Pape, il aidera de tout son pouvoir à la propagation de la dévotion à saint Joseph. On lui doit l’institution des “ Litanies de saint Joseph ” (1908), ainsi que l’octave de la célébration de son Patronage. (…)

LE SAINT FRÈRE ANDRÉ.

Saint frère André

Saint frère André

Dans le même temps, un humble frère convers du collège Notre-Dame de Montréal montrait la puissance exceptionnelle accordée à saint Joseph. «  Allez à saint Joseph, disait-il sans se lasser, car il est tout-puissant.  »

Derrière sa foi toute simple, se cachait une extraordinaire intimité avec saint Joseph, qu’il tenait par sa mère de Mgr Bourget, le vaillant et efficace défenseur de la foi catholique intégrale au Canada… En 1904, fut érigé un petit oratoire sur la montagne dominant la ville de Montréal. En 1909, frère André en devenait le gardien et recevait de Rome une statue de saint Joseph bénite par le pape Pie X. Le bon Frère recommandait de prier saint Joseph, de porter sa médaille ou de se frictionner avec l’huile de la lampe qui brûlait devant la statue… et les miracles abondaient, devant témoins  !

Pourquoi tous ces miracles  ? Notre frère Pierre l’a bien montré  : c’était pour préserver la foi catholique au Canada dans un moment particulièrement périlleux (voir l’article). Les ouvriers canadiens français étaient menacés de tomber sous la coupe de syndicats anglo-protestants asservis à la finance américaine. L’impiété grandissante se heurta à un môle de résistance invincible  : l’Oratoire saint Joseph, dont la construction de la basilique commença au pire moment de la crise de 1929. Par l’humble ministère du frère André, c’était le bon saint Joseph qui se penchait sur les misères de son peuple pour y maintenir la foi catholique, les vertus et la religion populaire, au plus loin de l’esprit révolutionnaire. Les miracles, disait encore frère André, «  c’est pour faire ouvrir les yeux au monde, le convertir, mais on dirait qu’il ne voit pas clair  ».

L’APPARITION DU 13 OCTOBRE 1917.

Sainte Famille à Fatima

Apparition de la Sainte Famille à Fatima,
Élisabeth de Nantes.

Notre-Dame avait dit le 19 août 1917, aux Valinhos, que saint Joseph et l’Enfant-Jésus viendraient «  pour donner la paix au monde  », la paix confiée à son Cœur Immaculé. Le Chef de la Sainte Famille est donc son ambassadeur obligé et le dispensateur de ses grâces.

Le 13 octobre, à la Cova da Iria, «  Notre-Dame, ayant disparu dans l’immensité du firmament, raconte sœur Lucie,nous avons vu à côté du soleil saint Joseph avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus semblaient bénir le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix.  »

«  Cette présence de saint Joseph, explique notre Père, est non seulement un rappel de la dévotion que l’on doit avoir pour lui, mais aussi une marque que le Ciel nous donne de la puissance de ce saint, pour les temps que l’Église va vivre.  »

C’était, sous le signe apocalyptique de la chute du soleil, un appel à la conversion, la guerre étant le salaire de l’impiété, ainsi qu’à la sanctification des familles, comme l’explique sœur Lucie dans “ Les appels du message de Fatima ” (n° 16). Mais comment ne pas admirer dans cette apparition de la Sainte Famille la charmante conciliation, ressemblance et imitation de saint Joseph et de l’Enfant Jésus dans ses bras, deux cœurs d’enfant  ! comme aime à les contempler notre Père, trésors précieux de la Vierge Marie et de l’Église  ! Ils nous bénissent comme le ferait un curé de paroisse.

Encore faut-il bien entendre la leçon que saint Joseph cherche à insuffler dans nos âmes, et à toute l’Église.

LA LEÇON ESSENTIELLE DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph est un “ Juste ”, qui a les yeux fixés sur Dieu, sa Loi et sa Volonté souveraines. Son cœur est le miroir de la vérité divine. Comme Père et Patron de l’Église, il veut que celle-ci y adhère d’un cœur docile et loyal. Il y aide de tout son pouvoir, encore faut-il que ceux qui ont autorité dans l’Église fassent leur devoir, enseignant la vérité et condamnant les erreurs. L’épouvantable décadence de nos mœurs n’est que le fruit pourri de notre apostasie. Saint Joseph ne pourra nous sauver de cette apostasie, que si nous renonçons aux causes qui l’ont provoquée. La foi avant tout  ! Voilà qui donne à notre Contre-Réforme son assise inébranlable.

La foi est nourricière de toutes les vertus, elle entraîne le respect de la discipline, de l’autorité et de l’ordre qu’elle justifie. De la même manière que le Fils et le Saint-Esprit au Ciel obéissent en tout à Dieu le Père parce que c’est de Lui que la vie procède et qu’Ils sont tout rapportés à Lui, de la même manière notre Père Céleste a voulu que toute société terrestre soit paternelle. Il ne peut y avoir de progrès, d’ordre, de justice, que dans la mesure où la famille obéit au père, où l’ensemble de l’usine obéit au patron, où la nation tout entière obéit au prince.

Saint Joseph veut donc restaurer la Chrétienté, au rebours de tout culte de l’homme, dans le dégoût de l’idolâtrie du moi, de la démocratie capitalo-socialiste, de l’anarchie. Lui, le plus petit des trois glorieux membres de la Sainte Famille, il était le Père et protecteur de Jésus et Marie, il commandait, ayant grâce d’état pour cela. Il règne éternellement dans le Ciel. «  Et voilà qu’à son école, nous réapprenons à aimer nos pères, nos patrons, nos princes, nos pontifes, nos papes, nos chefs de familles, de professions, de nations, d’Église. Nous admirons qu’au Canada, saint Joseph soit très honoré au mont Royal. Douce et humble anticipation des Souverains Pontifes et des Rois très chrétiens…  » (CRC n° 233, juin 1987, p. 25)

La Sainte Famille est le modèle de l’Église, l’Église est le modèle de la société temporelle. «  Si vous voulez le salut du monde, écrivait notre Père au lendemain du Concile, recréez de saintes familles et d’autres Nazareth  !  » (Lettres à mes amis n° 221) Dans la crise terrible qui menace le monde, il faudra nous en souvenir. D’où l’invocation qu’il a initiée en 1987 à l’usage de nos communautés et de nos familles  :

Cœur très pur, très généreux et tout-puissant de saint Joseph, régnez sur nous, gouvernez-nous, sauvez-nous  !

«  Il me semble, annonçait-il un jour, que va se lever dans le monde en quelque endroit un berger ou un ignorant quelconque et qui va faire savoir au monde que tant qu’on n’aura pas invoqué saint Joseph, on ne sera pas sauvé, et que Jésus ne peut résister aux demandes de la Sainte Vierge et que la Sainte Vierge ne peut qu’obéir à saint Joseph, parce que c’est lui le patron.  »

Frère Thomas de Notre-Dame du perpétuel Secours
Il est ressuscité  ! n° 79, mars 2009, tome 9, p. 21-30

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