Il est ressuscité !

N° 281 – Octobre 2026

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

La Contre-Révolution
des mystiques et des saints

LE mois de septembre a vu la CRC reformer ses cercles régionaux autour de nos communautés à l’occasion de leurs pèlerinages de rentrée. Les sanctuaires visités étaient bien propres à retremper notre zèle de Contre-­Réforme, qui va toujours de pair avec l’esprit contre-­révolutionnaire.

PÈLERINAGES DE RENTRÉE

Le plus important eut lieu à Sainte-Anne-­d’Auray. La mère de l’Immaculée méritait bien que nos deux communautés de Frébourg et de Magé s’y retrouvent, entourées par deux cents amis, le samedi 12 septembre. En apparaissant à Yvon Nicolazic en 1623, la bonne sainte Anne venait implanter en Bretagne une citadelle de la Contre-Réforme où elle manifesterait sa puissance : « Tous les trésors du Ciel sont entre mes mains. » Voilà qui encourageait nos pèlerins à lui demander la conversion du Saint-Père ! Le lendemain, à la chartreuse d’Auray, ils vénérèrent les martyrs de Quiberon, dans ce mémorial que leur éleva le Père Deshayes, admirable figure de la Contre-Révolution puis de la Restauration catholique du dix-neuvième siècle.

En même temps, le cercle de Flandre se rassemblait à l’ombre de la basilique de Notre-Dame de Montaigu, le plus beau vestige de la Contre-­Réforme catholique flamande au seizième siècle, sous le glorieux règne des admirables archiducs Albert et Isabelle. À huit kilomètres de là, dans la petite ville de Diest, ils purent honorer saint Jean Berchmans dans sa maison natale. La vie de ce jeune jésuite mort à vingt-deux ans coïncide exactement avec l’apogée de la Contre-Réforme au Pays-Bas du Sud. Sa devise est célèbre : « Ne rien faire d’extraordinaire, mais faire l’ordinaire de manière extraordinaire. » Pour aider ses compatriotes à la mettre en pratique, frère Edward leur fit écouter la morale phalangiste de l’abbé de Nantes.

Le dimanche 13 septembre marquait aussi la rentrée des Parisiens du Cercle Charles de Foucauld. C’est à Compiègne qu’ils avaient rendez-vous, ville tristement célèbre par la capture de sainte Jeanne d’Arc, mais qu’honore le souvenir des saintes carmélites martyres. Nos bons amis compiégnois avaient préparé un périple à travers la ville pour retracer les mystères douloureux de la Pucelle. Ceux-ci commencèrent dès le lendemain du Sacre, tandis que Charles VII, préférant le conseil des hommes à celui du Roy du Ciel, tergiversait et trahissait. Pitoyable Jeanne ! admirablement résignée, sans rien perdre de son alacrité et de son courage... Quant aux saintes carmélites, elles furent condamnées à mort pour leur double fidélité à la Monarchie et au Sacré-Cœur. Si leur offrande en holocauste pour expier les crimes de la Révolution fut agréée par Dieu et que leur mort préluda à la chute de Robespierre, nous attendons encore bien plus de leur sang qui crie miséricorde, au Ciel, avec celui de tant d’autres martyrs, en faveur d’une France toujours livrée aux diaboliques.

Le samedi suivant, 19 septembre, à Troyes, c’était au tour des Champenois de ranimer leur ardeur à l’école des saints qui pansèrent les plaies de la Révolution durant le splendide dix-neuvième siècle, mystique et charitable : la vénérable mère Chappuis, le bienheureux Père Brisson et la sainte mère Aviat. Cependant, c’est à Saint-Parres que la journée s’acheva, car leur principal héritier dans le diocèse au vingtième siècle fut notre Père, frère Georges de Jésus-Marie, qui voua sa vie à relever les ruines de la révolution conciliaire.

Enfin, le dimanche 20 septembre, les frères et les sœurs de Fons retrouvèrent cent cinquante amis à Notre-Dame de l’Osier. La Mère de Dieu y est apparue en 1656 à un calviniste pour le convertir et l’avertir gravement : « Si tu ne reviens pas à la véritable religion, tu seras un des plus grands tisons de l’enfer. » Le pèlerinage qui s’y développa devint un bastion de la reconquête catholique en Dauphiné. Or, depuis la seconde Réforme du concile Vatican II, le message si clair de notre Mère du Ciel est occulté pour faire de ces lieux saints une terre d’œcuménisme : quel comble de désorientation diabolique ! Frère Grégoire mit en parallèle l’interpellation de la Sainte Vierge à ce protestant, au dix-septième siècle, avec les reproches qu’elle adresserait deux siècles plus tard à La Salette, dans le même diocèse de Grenoble, à son peuple catholique en voie d’apostasie. Entre les deux, le refus par Louis XIV du culte du Sacré-Cœur a mérité le châtiment de la Révolution, sous lequel nous gémissons encore.

PRISES D’HABIT

Le samedi 26 septembre, frère Bruno eut la joie de donner le saint Habit des Petites sœurs du Sacré-Cœur à nos nouvelles sœurs Jehanne de Jésus-Marie, Jeanne-­Élisabeth de la Croix et Anne-Gabrielle de l’Ave Maria. L’admirable cérémonial composé par notre Père, la joie surnaturelle des familles accourues pour la fête, le sourire des novices, tout concourrait au bonheur de cette journée qui “ goûtait le Ciel ”. Il nous reste à faire fructifier cette grâce, en méditant la directive simple, aimable, enthousiasmante, mais exigeante que frère Bruno donna à nos trois petites sœurs : se laisser former une âme mystique, c’est-à-dire éprise de Jésus seul en Marie, afin de prendre part au combat contre la grande apostasie, pour le salut des âmes et de la Chrétienté. Leurs saintes patronnes les guideront dans cette vocation. Nous avons déjà évoqué plus haut sainte Anne et sainte Jeanne d’Arc. Mais connaissez-vous sainte Jeanne-­Élisabeth Bichiers des Âges ? Elle fonda avec saint André-Hubert Fournet la Congrégation des Filles de la Croix, au diocèse de Poitiers, afin de remédier aux misères physiques et surtout spirituelles laissées par la Révolution dans le peuple des campagnes.

Pour clore la journée, frère Bruno raconta comment Notre-Dame sauva la France de la révolution communiste à L’Île-Bouchard, le 8 décembre 1947. Quel intersigne encourageant, qui annonce le triomphe à venir du Cœur Immaculé de Marie ! Les logia vous permettront de prendre part à toutes ces réjouissances.

57e CONGRÈS DE LA CRC

Une semaine plus tard, notre maison Saint-Joseph fut de nouveau envahie par nos amis venus de toute la France, cette année encore un peu plus nombreux. Cette fidélité nous touche d’autant plus que le coût du trajet la rend plus méritoire. Ils furent récompensés de leur effort non seulement par la joie des retrouvailles, mais aussi par la prédication de notre Père et de frère Bruno, très réconfortante en vue de temps d’épreuves qui ne se profilent que trop clairement.

« Les richesses que Dieu vous départit sont immenses ! Il y a bien sûr au-dehors des attaques terribles. Au-dedans de nous, nous pouvons avoir des objections, des craintes, des vertiges d’être seuls, si seuls, si exposés, si en péril. Oui, mais à côté de cela nous avons notre doctrine, nous avons cette merveilleuse foi catholique, nous avons l’exemple surabondant des saints, nos prédécesseurs, nous avons notre union, notre prodigieuse, notre miraculeuse union entre nous, union qui est de l’esprit, mais de l’esprit surnaturel, de la sagesse surnaturelle, une union qui vient de Dieu, une union qui est du cœur parce que finalement nous nous aimons bien, parce que nous sommes engagés dans la même barque, engagés au même service du même Dieu.

« Cela vient de quoi ? De Dieu ! Directement ? Comme ça, par un miracle ? Non, indirectement, médiatement, par les instruments que Dieu a donnés à son Église, qui s’appellent la foi, l’espérance, la charité, qui s’appellent le dogme de la foi, la richesse des sacrements, la discipline des sacrements, la discipline morale, les mœurs, les traditions. Faites confiance à l’Église, l’Église vous donnera des merveilles : des merveilles de vie, des merveilles de doctrine, des merveilles d’actions, et beaucoup de combats ! » (1er octobre 1983)

Nous ressentîmes précisément cette union en écoutant l’analyse par frère Michel du voyage de Léon XIV en France, si réconfortant par le grand élan de piété dont le Pape a pris la tête, si accablant par son ressassage des erreurs dont notre Patrie se meurt depuis 1789 et l’Église depuis 1962. Nous voilà renvoyés au combat CRC, mais non sans l’espérance surnaturelle du triomphe de l’Immaculée de Lourdes et de Fatima sur le cœur du Saint-Père.

RETRAITE DE COMMUNAUTÉ

Pour que nos maisons demeurent des oasis de paix au milieu du monde, où vos familles puissent trouver le pain de la doctrine et l’eau vive de notre charité religieuse, nous avons fermé nos portes du 11 au 18 octobre afin d’écouter notre Père nous commenter le Traité de l’Amour de Dieu de saint François de Sales (S 35, 1977). Ce grand docteur de la Contre-­Réforme catholique avait compris que la première et la meilleure arme de l’Église contre la Réforme et la révolution protestantes, c’était l’ardeur de la charité surnaturelle. Avec force sourires et comparaisons agrestes, il nous conduit sûrement et suavement sur la voie de l’amour jusqu’au plus grand dépouillement, au sommet du Calvaire, « le Mont des amants ».

L’un des principaux mérites de l’évêque de Genève est d’avoir mis en lumière que l’amour souverain de Dieu n’exclut pas celui du prochain. Au contraire ! « Qui dit tout ne forclôt rien, et toutefois, un homme ne laissera pas d’être tout à Dieu, tout à son père, tout à sa mère, tout au prince, tout à la république, tout à ses enfants, tout à ses amis : en sorte qu’étant tout à un chacun, il sera encore tout à tous (...). Or, jamais aucun amour n’ôte nos cœurs à Dieu, sinon celui qui lui est contraire. » (Livre X, 3)

Rassurez-vous donc, notre retraite achevée, nous nous arrachons à l’extase du cœur et de l’intelligence pour nous jeter dans celle des œuvres en vous rouvrant nos portes. Nous commencerons par accueillir les jeunes durant la session de la Toussaint, du 30 octobre au 1er novembre, afin de les immuniser contre la frénésie démocratique des prochains mois. Ensuite, lors des retraites mensuelles pour les familles, les adultes apprendront à leur tour L’Amour de Dieu, à l’école de saint François de Sales... et de l’abbé de Nantes !

frère Guy de la Miséricorde.