Méditations quotidiennes

Samedi 1er février

Premier Samedi du mois, Saint Ignace d’Antioche

Sœur Lucie insiste sur l’intention avec laquelle la communion des premiers samedis doit être accomplie : c’est pour « réparer les offenses faites à la très Sainte Vierge et qui affligent son Cœur Immaculé : « Il me semble, ma bonne marraine, que nous sommes heureuses de pouvoir donner à notre très chère Mère du Ciel cette preuve d’amour, car nous savons son désir qu’elle lui soit offerte. Quant à moi, j’avoue que je ne me sens jamais aussi heureuse que lorsqu’arrive le premier samedi. N’est-il pas vrai que notre plus grand bonheur est d’être tout entières à Jésus et à Marie et de les aimer sans réserve, eux seulement ? Nous voyons cela si clairement dans la vie des saints... Ils étaient heureux parce qu’ils aimaient, et nous, ma bonne marraine, nous devons chercher à aimer comme eux, non seulement pour jouir de Jésus, ce qui est le moins important, – car si nous ne jouissons pas de Jésus ici-bas, nous jouirons de lui là-haut –, mais pour donner à Jésus et Marie la consolation d’être aimés. Et si nous pouvions faire en sorte qu’ils se voient aimés mais sans savoir de qui, et qu’ainsi, en échange de cet amour, ils puissent sauver beaucoup d’âmes ! alors, je crois que je serais tout à fait heureuse. Mais puisque nous ne le pouvons pas, aimons-les au moins pour qu’ils soient aimés. » (Lettre du 1er novembre 1927)

Dimanche 2 février

Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple, Saint Théophane Venard, Sainte Jeanne de Lestonnac

Le 2 février 1922, l’abbé Edouard Poppe fit le vœu perpétuel de dire dans chacun de ses sermons quelque chose sur la Sainte Vierge, sous peine de péché véniel :

« Cette influence de Marie sur moi, cette union intime, n’est pas sensible, mais augmente ma confiance et ma force. Je n’ai pas toujours conscience de cette union, mais la pensée m’en vient plus souvent que jadis et alors je la renouvelle. La simple élévation de l’esprit vers Marie m’est devenue presque une habitude, afin de me ranimer pour ainsi dire à son contact, ou pour élever mes yeux extérieurs, et en même temps intérieurs, sur Elle. Avec ce regard extérieur sur Marie, l’esprit aussi s’élève plus facilement et spontanément vers Elle.

« Enfin je dois ajouter que Marie, ou bien cède parfois la place à Jésus, ou bien se présente dans sa relation avec Jésus. Je vois Jésus en contemplant Marie, et dans cette vénération de Marie Il occupe la première, c’est-à-dire l’unique place. Marie, de par sa relation personnelle avec Jésus, nous conduit à la contemplation de la vie, des œuvres et de la Divinité de son Fils ; sa propre image n’en est pas diminuée pour autant puisqu’Il m’apparaît comme sa beauté à Elle et que je La connais et La vois d’autant plus clairement que c’est Elle-même qui me révèle son Fils. Je dis “ révèle ”. Il serait mieux de dire : Elle ne révèle pas mais Elle est Elle-même pour ainsi dire forcément la révélation de son Fils. Cela découle tout naturellement ou constitue le caractère propre de la contemplation et du culte de Marie. »

Lundi 3 février

Bse Anne-Marie Rivier (Vivarais), Saint Blaise

L’amour-propre est extrêmement sensible, un rien l’affecte, et il passe souvent une partie de la nuit à s’occuper de tout ce qui l’a flatté ou contristé pendant le jour. Il est d’une petite santé ; tout le rend malade ; il est douillet, sensuel. Je souffre d’entendre dire : “ C’est mon caractère ”. Votre caractère doit être celui de Jésus-Christ. Une épouse de Jésus-Christ doit s’incarner en Lui, prendre ses manières pour sauver le monde avec Lui. Pour cela il faut imiter la Sainte Vierge et être une vraie servante du Seigneur puisque l’on est destiné comme Elle à faire naître Jésus-Christ dans le cœur des enfants. Supportez patiemment les petites humiliations journalières : que l’on vous accuse d’une chose vraie ou fausse, ne cherchez jamais à vous justifier extérieurement ou intérieurement ; quelle que soit l’observation que l’on vous fasse et d’où qu’elle vienne, écoutez-la avec humilité et reconnaissance ; ne vous plaignez jamais...

Mère Anne-Marie Rivier, instruction à ses filles, 1826

Mardi 4 février

Saint Jean de Britto, Sainte Véronique, Saint André Corsini

Quand la souffrance et l’angoisse nous accablent, souvenons-nous de Jésus-Christ au jardin des Oliviers et, comme Lui, disons à Dieu : “ S’il est possible, Seigneur, éloignez de moi ce calice ; mais, si vous voulez que je le boive, que votre volonté soit faite et non la mienne. ” Lors même que notre affliction est grande, pensons que celle de Jésus a été plus grande encore, puisque son visage s’est couvert de grosses gouttes de sang, qui tombèrent jusqu’à terre. Oh ! comme j’aurais voulu être à ce moment-là auprès du Seigneur, pour essuyer sa Face avec un linge fin. Et conserver la relique du Sang de mon Dieu ! Mais, ce que je n’ai pas fait alors, je veux le faire aujourd’hui, parce que tous les jours le Sang de la Rédemption coule de son visage meurtri, de ses mains et de ses pieds transpercés, de son Cœur ouvert, et ce Sang est présent dans l’Hostie et le Vin consacrés sur l’autel du sacrifice ; et j’ai le bonheur de me nourrir de ce Corps et de ce Sang. Ave Maria !

Sœur Lucie, Apelos

Mercredi 5 février

Sainte Agathe

Premier entretien : sur les dispositions requises pour faire une bonne retraite. Se placer devant Marie-Médiatrice et lui demander d’ouvrir notre âme à l’influence de Jésus. Être enfant de Marie est un secret de force pour le prêtre.

Aucune parole ne fait du bien à l’âme, hors ou sans Marie. Marie prie pendant que nous nous entretenons du salut de notre âme et du salut des âmes des autres. Nous le Lui demandons, et Elle le fait. Elle le fait infailliblement, car c’est sa fonction : Elle est notre Médiatrice, aqueduc céleste par lequel coulent dans les âmes toutes les grâces du Christ. Quand Marie prie ainsi pendant que nous parlons, nous nous trouvons sous l’influence de Jésus : Elle aide notre âme à s’ouvrir à cette influence. Pensons à Marie, chers frères. Elle pense à nous, Elle, en ce moment, Elle pense à notre désir d’éprouver cette action bienfaisante de Jésus. Mettons-nous devant Marie comme des enfants et disons-Lui doucement : SUB TUUM PRAESIDIUM... »

Abbé Edouard Poppe, Entretiens sacerdotaux, avril 1923

Jeudi 6 février

Saint Paul Miki et ses compagnons, Saint Tite

Nos œuvres d’apostolat continuent la mission du Christ sur la terre ; nous devons être les coopérateurs du Christ dans son œuvre de Rédemption, pour le salut des âmes. L’apostolat de la prière est la base de tout apostolat, pour qu’il soit efficace et fécond. L’apostolat du sacrifice est celui de ceux qui s’immolent, renonçant à eux-mêmes, pour le bien de leurs frères. Et par l’apostolat de la charité, nous reproduisons en nous la vie du Christ, en nous donnant à Dieu au service du prochain.

L’apostolat de la prière est primordial. Il consiste à prier en union avec le Christ pour le salut de nos frères. Jésus-Christ continue à prier sur la terre, dans le sacrement de l’autel où Il s’offre constamment au Père comme hostie de propitiation pour le salut des hommes. C’est par notre union avec le Christ, dans l’Eucharistie, que notre prière s’élève vers Dieu pour le salut de nos frères.

Sœur Lucie, Apelos

Vendredi 7 février

Premier Vendredi du mois, Bx Jacques Salès et Guillaume Sautemouche, St Romuald

Vous avez, dites-vous, une dévotion particulière pour le Sacré-Cœur de Jésus. Cherchez ce Cœur dans la Sainte Hostie, c’est là qu’il vit et qu’il bat, dans son Corps vivant, pour vous. Pensez-y : cela vous rendra le Tabernacle doublement cher. Mais n’oubliez pas sa Mère, Marie, allez à Lui par Elle, ce qui veut dire : allez à Lui comme Elle. Tenez-vous devant son regard comme Marie le faisait. Tenez-vous agenouillée devant Lui, adorez-Le avec un infini respect mais aussi avec une tendresse simple, comme Marie. Demandez à Marie d’être à vos côtés chaque fois que vous priez ou que vous communiez, qu’Elle le fasse avec vous : c’est Sa volonté, elle est notre Médiatrice. Invoquez-La chaque fois que vous avez à dire, demander ou conseiller quelque chose d’important à vos aînés : “ Ma Mère, priez pour moi pendant que je parle à mon garçon. ” ou bien “ Ma Mère, aidez-moi à être douce. ” “ Mère, aidez-moi à avoir confiance. ” C’est la meilleure manière de faire venir abondamment la grâce de Jésus sur vous, sur vos paroles les plus ordinaires et sur vos actes : rien ne se perd, et les piécettes de cuivre des petites choses deviennent des pièces d’or pour leurs âmes et pour votre propre éternité. Pour une mère chrétienne tout compte : ses mains et ses pieds prient aussi bien que sa bouche et son cœur. Avec une pensée à Jésus qui vit dans vos petits-enfants, tout ce que vous faites pour eux est fait pour Lui-même...

Abbé Édouard Poppe, à une mère de famille, 27 mars 1924

Samedi 8 février

Très Saint Cœur de Jésus et Marie

Aimons Notre-Seigneur dans ses souffrances, aimons ces souffrances à cause de Notre-Seigneur et de la Vierge Marie qui les a partagées si intimement, comprenant que la souffrance est une marche vers le Ciel, une marche vers le Cœur de Jésus et Marie. S’enfoncer dans la souffrance, la supporter si légère qu’elle soit, car elle n’est jamais bien lourde pour nous, s’enfoncer dans la souffrance et dans le Cœur de Jésus. S’enfoncer dans le Cœur de Jésus, c’est atteindre à son humilité. Sommes-nous humbles ou non ? Il n’y a qu’une manière de mesurer le degré de nos vertus. Si nous sommes bafoués, contrariés, contredits, malheureux, que nous acceptions cette dégradation que nous jugeons infamante, comme étant une grâce de Dieu. Jésus, doux et humble de Cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre. Voilà une excellente prière. Vous trouverez du repos pour vos âmes si vous en avez souci, si vous venez vous enfermer dans son Cœur où vous trouverez la très Sainte Vierge, et avec Elle vous aurez la paix.

Notre Père, 11 août 1998

Dimanche 9 février

Septuagésime, Saint Cyrille d’Alexandrie

Septuagésime, cela veut dire septante jours avant Pâques. Nous faisons comme le Christ, qui, à un moment de sa vie, très tôt, tournera résolument le visage vers Jérusalem. Il n’était pas venu ici-bas pour s’amuser, il était venu pour le Calvaire.

L’Église nous presse de sortir des joies de Noël. Jésus n’est pas venu pour Noël, ni pour l’Épiphanie, mais il est venu pour souffrir et ainsi, nous ouvrir le chemin de la Résurrection.

Nous commençons aujourd’hui à nous mettre dans l’esprit qu’il faut souffrir ici-bas, prendre sur nos épaules le fardeau de la Croix, d’abord par une juste pénitence, ensuite en acceptant les épreuves que Dieu nous enverra dans notre vie. Il faut mourir pour survivre, pour ressusciter.

Notre Père, 11 février 1990

Lundi 10 février

Sainte Scolastique, Saint José Luis Sanchez del Rio, Saint Arnaud

Le Cœur de la Vierge Marie est immaculé. Il est tellement pur qu’elle est la résidence de Dieu parmi les hommes. Elle a corporellement nourri de son sang, formé le Corps de Notre-Seigneur, il était en elle pendant les mois de gestation et on peut dire qu’elle était véritablement l’arche d’alliance qui portait en son sein le Fils de Dieu. C’est ainsi qu’à la Visitation, l’enfant qui était en son sein a sanctifié l’enfant qui était dans le sein d’Élisabeth. L’un sanctifiant l’autre. C’était Jésus qui sanctifiait saint Jean-Baptiste, le Précurseur. C’est dire l’immense respect que nous devons avoir pour la Vierge Marie. Les juifs qui montaient au Temple savaient que, dans le Saint, il y avait les prêtres et les autels des sacrifices et des encens. Il y avait au-delà, un voile qui ne s’ouvrait qu’une fois l’an pour l’aspersion du sang rédempteur. Ce voile séparait le Saint des Saints du sanctuaire que personne n’osait envahir jamais. C’est dans ce sanctuaire qu’il y avait l’arche. Si on avait un tel respect pour Dieu présent dans le Saint des Saints de Jérusalem, il faut que nous ayons une adoration comparable pour ce Jésus qui est là dans le Cœur de la Sainte Vierge, et la Sainte Vierge qui ne fait qu’un avec lui mériterait peut-être que nous l’adorions. Si adorer veut dire mettre la face contre terre et vénérer en silence la majesté de Dieu dans sa créature, nous rendons ce culte à la Sainte Vierge.

Notre Père, 16 juillet 1994

Mardi 11 février

Notre-Dame de Lourdes

Lourdes, c’est une ville sainte avec tout ce qu’il faut pour que les gens y viennent, qu’ils y habitent, qu’ils y soient nourris, mais aussi qu’ils boivent, qu’ils se baignent s’ils sont malades, pour guérir. Avec ces grandes processions du Saint-Sacrement, c’est véritablement l’organisation sur la terre de la ville sainte, la Jérusalem céleste qui descend du Ciel. La Vierge de Fatima nous le promet pour demain, quand il y aura un temps de paix et que le monde entier connaîtra, par ces miracles éclatants, un retour à la vraie piété qui sera la piété au Cœur Immaculé de Marie et, par suite, au Cœur Sacré de Jésus. Tous les châtiments, tous les désespoirs, toutes les peines que nous voyons s’étaler à la télévision, qui nous jettent dans l’angoisse, tout cela n’est rien comparé à ce que Dieu va tirer de là. Il fallait ces sévères punitions qui datent depuis des siècles maintenant, pour que les hommes perdent cet esprit d’orgueil que l’esprit du mal leur a inculqué et qu’ils soient tellement battus, courbatus et rabattus, qu’ils se convertissent et que, enfin, pour mille ans, ils soient empreints de l’humilité, de la douceur qui permettront au Christ de régner sur la terre avec la Vierge Marie, pour l’exaltation de la gloire du Père.

Notre Père, 11 février 1993

Mercredi 12 février

Sainte Ombeline, Sept fondateurs des Servites

Le 10 septembre 1913, Édouard Poppe part en pèlerinage à Lourdes, en train, il note les intentions qu’il veut confier à Marie :

« Je demande à ma Mère :

– un sage directeur spirituel ;

– de la persévérance dans la recherche de la perfection ;

– une dévotion très solide à Marie, ma Mère ;

– amour et zèle dans la prière ;

– une chasteté totale ;

– une réelle obéissance envers tous mes supérieurs ;

– les vertus de ma Mère. »

Jeudi 13 février

Bse Béatrice, Dies natalis de Sœur Lucie

Sœur Lucie et notre Père ont achevé leur course. La certitude de la victoire ne s’en fait que plus proche, enracinée dans une espérance inconfusible : « Les bons seront martyrisés... à la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. »

En attendant, nous souffrons, et la souffrance est un aiguillon pour veiller et prier : n’est-ce pas la plus belle, mais aussi la plus sûre et la plus efficace des vocations, si nous sommes fidèles ?

Cette fidélité est la grâce qu’il nous faut demander à Notre-Seigneur qui nous a promis : « Je ne vous laisserai pas orphelins », par l’intercession du Cœur Immaculé de Marie qui nous console : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge. »

Frère Bruno de Jésus-Marie, 1er mai 2010

Vendredi 14 février

Saint Cyrille et saint Méthode, Saint Valentin

Ne vous étonnez pas que le prêtre, au baptême, dans l’ancienne liturgie, prenait de sa salive et en mettait sur les oreilles et sur la bouche de l’enfant ou de l’adulte en le baptisant, et en lui disant : « Epphata ! », la même parole que le Christ avait dite. Seulement, ce n’était pas pour lui rendre l’usage des oreilles et de la langue à ce petit bébé qui n’était pas du tout un sourd-muet – je vous assure qu’il n’était pas muet la plupart du temps quand on le baptisait ! –, cela avait l’air tout à fait inutile, mais je traduisais le latin en expliquant : « Ouvre-toi ! » et j’ajoutais : « Ouvre-toi à l’enseignement de la bonne doctrine et à la proclamation de la Foi ! » J’étais sûr que, quand je faisais ce geste, c’était le Christ en moi, le prêtre agit au nom du Christ, ma salive à moi sur les oreilles de l’enfant, c’était l’Esprit-Saint qui passait par ce geste, l’amour du Christ, de telle manière que ces petites oreilles d’enfant, plus tard, écouteraient la parole de Dieu avec piété. Et quand je la mettais sur sa langue, c’était pour lui donner une force pour plus tard. Le Bon Dieu, l’Esprit-Saint entrait en lui à ce moment-là pour que, plus tard, sa petite langue récite avec dévotion le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Notre Père, Théologie totale, Canada 1987

Samedi 15 février

Saint Claude la Colombière, Dies Natalis de notre Père

Vous, au purgatoire ? Alors ma place serait en enfer ! Je vous crois au Ciel, par la grâce du Cœur Immaculé de Marie, et j’espère vous y rejoindre, par la divine miséricorde de ce Cœur Immaculé... et par votre intercession. En vertu des mérites acquis par votre longue patience. Car ces années de votre maladie ont un prix infini, le prix même de la Passion que Notre-Seigneur a revécue en vous, par vous son instrument, son prêtre, prêtre de son Saint-Sacrifice qu’il a offert une fois sur la Croix il y a deux mille ans, et qu’il renouvelle chaque jour depuis sur l’autel du Cœur Immaculé de Marie dont vous vous êtes fait le célébrant, pour ainsi dire, et nous les enfants de chœur, depuis notre consécration du 8 décembre 1997 à ce Cœur Immaculé, notre Mère à tous à jamais !

À cette lumière, il m’est permis, mon Père chéri, de redonner vie et valeur d’exemple, et avant-goût du Ciel à ces quatre-vingt-six ans de votre règne. Ma piété filiale peut en scruter tous les moments, tous les lieux, je sais que je ne trouverai rien que de touchant et d’édifiant, serait-ce même ce que d’autres vous imputeraient à faute...

Frère Bruno de Jésus-Marie, à notre Père, au Ciel, 15 février 2011

Dimanche 16 février

Sexagésime

Le 7 février, dimanche de la Sexagésime, Édouard Poppe médite sur la tristesse de David à la mort de son fils Absalon : « Ô Marie, si David aimait tant un fils indigne qui était déjà parricide en esprit, avec quel amour ne chérissez-Vous pas un fils aimant qui s’est consacré entièrement à Vous, même s’il laisse encore à désirer ? Vous parlez comme David, quand on vous apprend la mort d’une âme chrétienne.

« Ma Mère, comme toute mère, a un faible pour son enfant maladif. Les enfants sains et robustes, Elle les surveille du regard et les suit de loin ; mais l’enfant malade, Elle le porte dans ses bras, sur son Cœur ; Elle l’élève avec son baiser et son sourire ; les autres avec ses encouragements et ses admonestations. Ah ! bonne Mère, je me glorifie de mes infirmités afin que votre force m’habite. [...] L’enfant est aveugle, il ne sait pas le chemin et ne sait où se tourner. Qu’importe ! A-t-il besoin de regarder par lui-même lorsque vous le portez sur votre Cœur ? Il n’a qu’à mettre les bras autour de votre cou. “ Puisque votre cou est comme la tour de David, bâtie avec des créneaux : mille boucliers y sont suspendus, toute l’armure des héros. ” » Cc IV, 4

Lundi 17 février

Sept saints fondateurs de l’ordre des Servites, Dies natalis du Père Joseph Krémer

Même si nous n’avions plus aucun signe dans l’actualité du miracle de l’Église, puisque le concile Vatican I, en 1870, a déclaré que l’Église était un étendard levé parmi les nations, que c’était un signe éclatant, que c’était un miracle permanent pour que les hommes aient la foi, et que les hommes étaient criminels de ne pas avoir la foi au Christ parce qu’ils n’avaient qu’à regarder l’Église pour être persuadés de la présence de Dieu dans l’humanité, quand je lis cela je me dis : aujourd’hui, avons-nous encore des signes de cette présence de Dieu dans l’humanité. Je réponds : « Nous en avons eu assez à travers les siècles et encore hier et avant-hier, pour que même si aujourd’hui il n’y en avait pas, nous gardions la foi ! » Je dis que la lutte de l’Église supportant la haine des puissances mauvaises depuis des siècles, les réussites de sainteté de l’Église sont des signes abondants et surabondants de la présence du Saint-Esprit dans cette boutique qui s’appelle l’Église catholique romaine, dont le Pape est la tête, dont les évêques en communion avec le Pape sont les colonnes, dont nous sommes les membres.

Notre Père, 14 mai 1978

Mardi 18 février

Sainte Bernadette

Tous ces pèlerinages à la Sainte Vierge me mènent de l’un à l’autre, et je ne m’en sors plus ! Le Cap-de-la-Madeleine me ramène à Lourdes qui me ramène à la rue du Bac. On n’en sort pas ! Si ! J’en suis sorti ! J’ai échappé à ces liens de tendresse, je n’ose dire d’amour, avec la Sainte Vierge, parce que, elle-même – elle m’aime ! – m’a fait regarder sa petite servante, sainte Bernadette, et le charme s’est déplacé, le rayon de lumière... Un peu comme à Pontmain quand elle montre le Christ. J’ai regardé Bernadette et je m’en suis épris ! Oh ! Encore un lien de plus ! Mais je vais être ligoté ? Non, parce que sainte Bernadette a été chargée par la Sainte Vierge de m’apaiser dans un de mes scrupules qui était de dire : il n’y a plus que la Sainte Vierge dans mon cœur, comme dans le cœur de bien d’autres, et alors Jésus-Christ ne compte plus ? Alors, la Sainte Vierge m’a dit : « Regarde Bernadette, elle te conduira à mon Fils et tu finiras par être à côté d’elle. Dans le dernier moment de sa vie, elle a demandé un crucifix pour bien mourir. » Alors, je me suis dit : mettons-nous à l’école de sainte Bernadette, parce que c’est la Sainte Vierge qui le veut.

Notre Père, commentaire du livre du Père Petitot, janvier 1998

Mercredi 19 février

Jacinthe de la tribune de la chapelle de l’orphelinat Notre-Dame des Miracles voyait ce qui se passait dans la nef de la chapelle. Écoutons mère Godinho : « Elle avait remarqué que quelques personnes n’avaient pas le comportement et la piété voulus, et elle me disait : – Marraine ! il ne faut pas permettre que ces personnes se tiennent devant le Très Saint-Sacrement de cette manière. À l’église, il faut rester tranquille et se taire... Notre-Dame ne veut pas qu’on parle à l’église.

« Nous avions dans l’Asile vingt ou vingt-cinq enfants, raconte “ Marraine ”. Jacinthe s’entendait bien avec toutes. Mais elle n’aimait guère parler ni converser. Elle préférait la compagnie d’une fillette de son âge, à qui elle faisait de petits sermons. C’était amusant de l’entendre. Derrière la porte entrouverte, pour ne pas les troubler, j’ai pu assister à mainte exhortation :

– Tu ne dois pas mentir. Tu ne dois jamais manquer à la vérité. Tu ne dois pas être paresseuse. Tu dois être très obéissante, et supporter tout par amour de Notre-Seigneur, avec patience, si tu veux aller au Ciel. »

Sœur Françoise de la Sainte Colombe, Francisco et Jacinta

Jeudi 20 février

Saints François et Jacinthe

Jacinthe avait déjà beaucoup souffert du fait de sa maladie, avant de venir à l’hôpital, et à l’hôpital même en attendant l’opération ; l’anesthésie ne fut pas générale ; or, une anesthésie locale, quand il y a inflammation des tissus, cause une douleur forcément plus grande. D’autre part, l’opération fut longue... Jacinthe me fit l’impression d’une enfant très courageuse, car pour l’ouverture d’une fistule, l’anesthésie locale est loin de supprimer toutes les douleurs... Les seules paroles que je lui ai entendu prononcer durant l’opération furent celles-ci :

– Aïe ! Jésus ! Aïe ! mon Dieu !

Après l’opération, j’ai continué à la suivre pendant un certain temps. Je vérifiais l’état des pansements ; leur substitution était très douloureuse... Sa patience fut assurément héroïque, surtout si on considère tout ce qu’elle a souffert, la manière dont elle l’a souffert, et le fait qu’elle n’était qu’une enfant, car, comme on le sait, un adulte a plus de capacité pour souffrir qu’un enfant. Ce serait pour moi une grande joie si Jacinthe était déclarée bienheureuse et sainte par l’Église, vu l’héroïsme dont elle a fait preuve.

Témoignage du docteur Freire, 1980

Vendredi 21 février

Saint Pierre Damien, Bx Noël Pinot

Vers 10 h 30 du soir, Jacinthe s’éteignait tranquillement, mais sans avoir pu communier. » C’était le vendredi avant le Carême. Une jeune infirmière, Aurora Gomes, « ma petite Aurore », comme Jacinthe aimait à l’appeler, s’absenta quelques instants pendant lesquels l’enfant expira seule. Les autres malades dormaient. Sans bruit, la Vierge Immaculée était venue une dernière fois auprès du lit numéro 60, et avait emmené au Ciel l’âme pure de sa confidente qui n’avait pas encore atteint ses dix ans. Tout était accompli. La prophétie de Notre-Dame s’était réalisée : Jacinthe mourut seule, sans parents ni amis, sans personne qui assistât à ses derniers instants. Elle fut même privée du réconfort suprême : la douce présence de Jésus-Hostie, qu’elle désirait depuis si longtemps pour l’instant ultime, venait de lui être refusée. Quel sacrifice !

« Ô Jésus, dut-elle répéter encore, maintenant vous pouvez convertir beaucoup de pécheurs, parce que je souffre beaucoup ! »

Sœur Françoise de la Sainte Colombe, Francisco et Jacinta

Samedi 22 février

Bse Isabelle de France, Chaire de saint Pierre à Antioche

Des Papes sont saints, des Papes sont des canailles ou des corrompus et il y en a même qui vont jusqu’à tomber dans l’hérésie, ce qui est pire. À la fin des temps, de là viendra le mal, cela ne peut pas venir d’ailleurs, il faudra bien qu’il y ait un Pape qui sera le patron de la décadence. Nous y sommes, mais cela ne le trouble pas. Nous savons que Jésus aime l’Église et qu’il aime son représentant, même devenu son ennemi, Il ne cesse de l’assister de ses conseils que l’autre n’écoute pas. Jusqu’à la mort du Pape hérétique, le Saint-Esprit sera là, particulièrement attentif. Dieu l’aime d’une sorte de prédilection comme il est son représentant sur la terre et s’il se damne, ce sera épouvantable, car il a été tellement aimé que c’est incompréhensible. Mais nous, cela ne nous étonnera pas, car nous savons que c’est dans les Écritures.

Nous restons là, in medio Ecclesiæ, dans la Vérité, à savoir que nous reconnaissons le Pape, que nous faisons profession de prier pour lui dans tous nos Saluts du Saint-Sacrement comme il est normal et à toutes ses intentions. Nous nous efforçons d’avoir pour lui un amour de charité, à savoir que nous voulons, que nous voudrions tout faire pour qu’il revienne à la Vérité, et en même temps, le scandale de ses discours insensés et de sa politique nous effraie justement et nous nous dressons comme Sophrone s’est dressé contre Honorius 1er.

Notre Père, 29 juin 1993

Dimanche 23 février

Saint Polycarpe, Quinquagésime, Saint Pierre Damien

Nous sommes à la veille du carême. L’Église nous impose de faire pénitence ; c’est une très grande tradition que les fidèles fassent pénitence pendant cette quarantaine. Le monde actuel ne veut pas faire pénitence, et pourtant il y a une raison immédiate de faire pénitence : obtenir que le monde survive ! C’est un enseignement de saint Jean-Baptiste au tout début de la prédication évangélique, que Jésus a repris mot pour mot, que tous les saints ont répété. Nous périrons tous si nous ne faisons pas pénitence. Le monde est déjà en train de périr. Donc, faire pénitence est un réflexe vital. Il suffisait de dix justes pour sauver Sodome et Gomorrhe. Jésus nous demande dans notre conscience de faire pénitence pour ce qui est de nous-mêmes, pour être protégés de l’apostasie et sauver les nôtres. Dans la mesure où nous ferons pénitence, notre âme d’une manière salubre se rapprochera de Jésus qui, lui-même, a fait pénitence : « Tota vita Christi fuit crux et martyrium. »

Faisons pénitence pour ne pas périr, pour garder notre âme pour la vie éternelle, pour obtenir protection pour nous et les autres, pour nos âmes et nos corps, dans les événements qui ne pourront pas être évités.

Notre Père, 1er mars 1981

Lundi 24 février

Ah, cette douce Mère des âmes, cette Éducatrice habile : comme elle sait s’emparer maternellement de nos deux chevreaux, le corps et le mauvais esprit, pour les dépouiller – oh, si doucement – et les immoler totalement, mais progressivement. Laissons-la faire et nous conduire à l’abattoir “ tamquam ovis ad occisionem ”, puisque nous sommes créés et que nous vivons pour le sacrifice : que ce soit une offrande d’amour comme le divin Sacrifice de Jésus. Le sacrifice de nous-mêmes contient une prière continuelle et une valeur incomparable : il n’y a point d’apostolat plus vaste que le sacrifice qui ouvre les sources du Sacrifice de Jésus et qui les répand.

Abbé Edouard Poppe, Juillet 1920, lettre à Joseph Lambrechts, novice chez les Pères Maristes

Mardi 25 février

Saint Mathias, Sainte Face douloureuse

« Et je vis que le Visage de Jésus faisait détourner les traits de la justice divine irritée » (Lucie-Christine, 6 novembre 1881)

C’est notre foi, c’est notre espérance, et c’est notre charité de penser que par la puissance médiatrice de Jésus et de Marie, ces immenses foules détournées de Dieu lui reviendront. Jésus aura cette puissance de rendre les âmes à Dieu et d’abord de détourner les traits de la justice divine irritée, ce qui doit nous rendre plus compatissant et plus doux dans nos condamnations, hélas ! justifiées de tous les désordres et de toute la méchanceté de ce monde présent. Jésus continue à aimer Paris (...) Nous penserons que le Visage de Jésus est là-haut dans le ciel, au-dessus de Paris et par son amour pour nous et pour tous ces Parisiens qui ne le savent pas, Il détourne les traits de la justice divine irritée. C’est une expression très convenable, quoique mal reçue actuellement du mystère de la Rédemption.

Notre Père, 6 mai 1992

Mercredi 26 février

Mercredi des Cendres, Bse Isabelle de France

Nous entrons en carême avec deux sentiments différents : – Par l’imposition des cendres, méditation sur le peu que nous sommes, sur la mort, sur la fragilité de la vie et de tout ce qu’elle peut nous apporter. Tout cela n’est rien si cela ne nous donne pas la vie éternelle, et est pire que tout s’il nous entraîne à un long purgatoire ou au fond de l’enfer.

Donc, pendant le carême, il faut tracer une ligne rouge entre le bien et le mal. Le carême doit être d’abord et en premier lieu un combat farouche contre mes tendances mauvaises pour ne point pécher.

– Donation de soi-même au Seigneur Jésus avec un grand amour. Nous offrirons pendant ce carême des dons gratuits, des pénitences gratuites à Notre-Seigneur : que cela soit accompagné d’un grand amour.

Donc, chaque fois que l’âme ira au-devant de la pénitence par offrande à Dieu d’un sacrifice, d’un acte de charité fraternelle, etc., qu’elle ne manque pas de le faire avec un grand amour. Pas d’esprit mercenaire !

Ainsi, en évitant le péché par crainte de Dieu, en pratiquant la vertu par amour de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous préparerons nos âmes à participer à la Passion et à la sainte mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Notre Père, 7 mars 1984

Jeudi 27 février

Jeudi après les Cendres, Bse Marie de Jésus Deluil-Martiny

Au début du Carême de 1914, Édouard dresse une liste de seize résolutions. La huitième et la quinzième montrent avec quelle intensité il met en pratique sa Consécration à la Sainte Vierge.

8e : je ferai tout, jusque dans les moindres choses, avec Marie, par Elle et pour Elle, et ainsi je ferai tout d’autant mieux pour Jésus et avec Jésus et en Jésus.

15e : chaque soir je ferai un examen de conscience aux pieds de Marie, ma Mère : je lui offrirai avec simplicité et amour les bonnes actions de la journée comme un bouquet ; les actions accomplies sans amour et sans bonne volonté et sans ma Mère, je les rejetterai avec mépris.

Vendredi 28 février

Vendredi après les Cendres, Saint Gabriel de la Vierge des Douleurs, Sainte Couronne d’épines

Ô ma chère Mère, couronnez-moi [par la tonsure du lendemain] de vertus et de grâce, d’humilité et d’obéissance, d’amour et de confiance, de foi et de patience. Présentez à votre enfant la joie et la souffrance, et faites que j’y boive avidement sans distinction. Faites de votre enfant un saint prêtre. Demain Vous ne me refuserez pas la “ corona ” que je Vous demande si instamment ! Ô mon Jésus, ô ma Mère, la couronne que Vous poserez sur ma tête est une couronne d’épines. Et puisque c’est la couronne d’épines qui produit le bien dans la vie du prêtre, puisqu’il faut souffrir pour vous aimer en vérité et pour faire quelque chose de durable pour votre gloire, me voici !

J’accepte avec joie et bonheur, même si je ne sais pas toute la souffrance que cela signifie et que je ne connais pas la faiblesse de mon être en face des douleurs.

Ma Mère me l’apprendra. Je Lui appartiens entièrement.

Édouard Poppe, 19 octobre 1912

Samedi 29 février

Samedi après les Cendres

C’est admirable ! Jésus est venu pour se pencher sur ces malades et les guérir. Mais attention, avec ironie, Il traite les pharisiens comme des gens en bonne santé, comme des justes. Lorsque Notre-Seigneur dit que, au Ciel, il y a plus de joie pour un pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence, c’est de l’ironie ! L’Évangile ne se comprendrait pas sans cela. Alors, je veux bien, c’est la joie des pécheurs qui se convertissent de savoir la joie qui est dans le Paradis à l’annonce de leur conversion. Mais ce qui doit nous faire trembler dans ce passage, c’est justement d’être parmi ces quatre-vingt-dix-neuf autres qui prétendent être justes et qui prétendent ne pas avoir besoin de pénitence. Eux n’auront pas de salut. Autre classe de pécheurs qu’on aperçoit très visiblement dans l’Évangile.

Notre Père, retraite sur la vie intérieure, 1964