Méditations quotidiennes
Jeudi 1er octobre
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Saint Remi, Notre-Dame de Maylis
Saint Augustin fait remarquer que Jésus envoie les apôtres prêcher deux à deux, parce que, s’ils ne sont pas capables de s’entr’aimer les uns les autres, si l’apôtre n’est pas capable d’aimer l’autre apôtre et de faire ensemble leur voyage périlleux, qui peut aller jusqu’au martyre, il est incapable de rayonner la charité et donc, de prêcher l’Évangile. D’abord la charité fraternelle et puis, une charité qui va de proche en proche et qui dévore le monde entier, ce dont chacun peut avoir besoin pour son salut.
Notre Père, 17 mai 1997
Vendredi 2 octobre
Premier Vendredi du mois, Bx Antoine Chevrier, Saints Anges gardiens
Nous n’avons absolument pas de honte à redevenir des enfants, au contraire, puisque « si vous ne devenez semblable à des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu », parole de Notre-Seigneur ! Quand on pense à tout l’orgueil, à toute la fierté que l’on met aujourd’hui à être des adultes, des gens autonomes, des gens indépendants, des gens qui revendiquent leurs droits ! Notre-Seigneur nous demande – et le moine et la moniale comprennent ce langage – de redevenir comme des enfants. Chacun d’entre vous ce matin certainement, pendant cette conférence, a senti un attrait pour cette autre vie où, pour un moment, on se dégage de ses responsabilités, de son pouvoir, aussi de son amour-propre, du souci de ses richesses, du souci de ses relations, pour redevenir un enfant.
Voilà donc comment, dans notre monastère, dans nos monastères, chacun de nous se laisse conduire, se laisse éduquer, se laisse instruire comme un enfant, par qui ? Par la communauté dont le Père-abbé est un peu éloigné par sa prestance, par son autorité, par sa responsabilité de juge de nos vocations, mais plus près de nous, notre Père-maître des novices, ou notre maîtresse des novices dans les couvents de religieuses par notre Père spirituel, le confident et l’ami de notre âme, et par là c’est vraiment l’Église qui se fait notre Mère.
Notre Père, 5 septembre 1987
Samedi 3 octobre
Premier Samedi du mois, Bse Émilie de Villeneuve, Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sainte Blanche
« Marchons en paix en regardant le Ciel, l’unique but de nos travaux. » Quelle merveilleuse maxime en ce début des cinq premiers samedis !
Ô Jésus, comme je vous remercie d’avoir donné votre Esprit-Saint avec plénitude à sainte Thérèse pour me remettre dans la voie droite qui est celle de l’enfance, mais aussi de la vérité, de la justice et de la force, voie qui avance entre les parois de la présomption, de l’orgueil et du désespoir, de la déprime, du laisser-aller, de la complaisance envers soi-même. « Ni ceci, ni cela », nous répète notre maîtresses des novices. Demeurez petits et humbles, ne prétendez pas à de grands apostolats, des grands desseins ; cessez de vous perdre dans vos propres craintes, regrets, désolations, tracas, épreuves, difficultés, susceptibilités, scrupules, par quoi vous vous donnez en spectacle à vous-mêmes et voulez que tous s’occupent de vous. Vous croyez fuir l’orgueil en tombant dans l’égocentrisme. Soyez simples, humbles, mais pleins de confiance en Notre-Seigneur Jésus-Christ ; c’est un chemin très droit, uni. Recevez la grâce du moment et mettez-la en pratique, ainsi vous avancerez sans exploits impossibles ni chutes définitives ; et si vous tombez, relevez-vous et reprenez ce chemin.
Notre Père, 3 octobre 1982
Dimanche 4 octobre
Solennité du Très Saint Rosaire, Saint François d’Assise
La pierre, c’est la pierre angulaire, c’est la pierre d’angle, c’est la pierre sur laquelle est construit l’édifice, et c’est la pierre de gloire qui est exaltée dans le Ciel, c’est la pierre qu’est Jésus dans le Ciel, et Pierre, le Souverain Pontife, le Chef de l’Église, le Vicaire de Jésus-Christ, la base de l’édifice et ses successeurs, comme une colonne dressée sur lui, inébranlable.
Voilà la solidité de notre Foi en Jésus rejeté par son peuple, ressuscité, fondant l’Église universelle, cette Église catholique romaine qui durera jusqu’à la fin des temps. Tout cela nous permet de nous réjouir immensément dans le Cœur de Jésus et de Marie, parce que jamais plus personne ne pourra les vaincre, mais eux-mêmes, par l’amour et par la miséricorde, se feront bien un jour ou l’autre les vainqueurs du cœur humain révolté contre eux, mais un jour converti, pour leur plus grande gloire et pour notre plus grand bonheur !
Notre Père, 27 mars 1989
Lundi 5 octobre
Saint Placide et ses compagnons
Au bout de la parabole, celui qui va réfléchir trouve tout d’un coup qu’il y a quelqu’un pour chacun d’entre nous considéré comme l’homme gisant dans le fossé, dépouillé, laissé pour mort par les brigands, c’est-à-dire par les démons et les autres êtres infernaux qui font notre malheur, cet homme dans le fossé, c’est moi. Qui – je vous le demande un peu – s’est rapproché de moi, a pansé mes plaies, m’a mis sur sa propre monture, m’a conduit à l’hôtel le plus proche, a payé ma pension, a demandé qu’on s’occupe de moi jusqu’à ma guérison complète et reviendra plus tard pour payer la dépense ? Qui est-ce ? C’est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et qui est cette auberge, cet hôpital où Il m’a conduit ? C’est l’Église. Et Notre-Seigneur a assuré tous les frais de ma convalescence dans cette Église pour que j’y fasse mon salut. C’est Jésus-Christ qui est, pour chacun d’entre nous, notre plus proche prochain.
Voilà la leçon bien cachée de l’Évangile, je n’invente rien. C’est Jésus-Christ qui est notre plus proche prochain.
Notre Père, 14 août 1983
Mardi 6 octobre
Saint Bruno, Sainte Foy, Bse Marie-Rose Durocher (Canada)
Je n’oppose pas du tout Madeleine à Marthe ! Je ne vous compare pas aux vierges folles, par opposition aux vierges sages, mais je veux vous dire ceci, au début de ce congrès : c’est parce que nous avons une vocation religieuse qui prime sur tout autre souci que notre maison va bien, que nos affaires sont en ordre, qu’il y a chez nous de l’obéissance, de la soumission, de la bonne entente, une communauté d’idées absolue. C’est à cause de la prière, c’est à cause de la priorité de la louange et de l’amour de Dieu, de la dévotion au Cœur de Jésus et au Cœur de Marie, c’est à cause de cela que nous sommes ce que nous sommes. Et j’ajoute : c’est parce qu’il y a cela que vous venez ici, parce que vous êtes nos frères.
Même si vous avez eu une vocation que souvent les événements ont déterminée, plus que les volontés, même si vous avez eu une vocation qui vous mêle à tous les tracas du monde, il faut le dire, qui vous occupe, qui vous agite, qui vous tienne dans une sorte de distraction habituelle, c’est contre votre volonté profonde. Vous avez besoin d’abord de la prière, d’abord de la contemplation, d’abord de cette paix, et c’est d’abord cela que nous vous offrons ce matin.
Notre amitié mutuelle est fondée sur cette base. C’est la communion des saints, c’est la charité que nous éprouvons les uns envers les autres, dans le Corps mystique du Christ, c’est bâti sur la grâce, c’est fondé sur l’union à Dieu pour son seul service.
Notre Père, 1er octobre 1977
Mercredi 7 octobre
Très Saint Rosaire de la Très Sainte Vierge Marie, Sainte Justine, Saint Serge
Nous devons devenir des enfants de Marie, tellement modestes à sa ressemblance, que nous soyons tout près de son Cœur, pleins d’admiration pour Elle et c’est Elle qui nous fera pleins d’admiration pour Jésus, décidés à le suivre dans sa voie jusqu’au Ciel.
La Vierge Marie, cette Vierge si humble, soumise à son Créateur, mais si sage, si pleine de la contemplation de son Dieu, nous a dit de dire notre chapelet tous les jours quelquefois, je le dis à mes retraitants qui n’en sont pas persuadés : ce n’est pas moi qui vous le demande, moi, je ne sais pas si je vous le dirais, mais je le fais par obéissance. C’est la Sainte Vierge qui l’a dit. Je croix ce qu’a dit la Sainte Vierge. Elle a dit aux enfants de Fatima : Dieu veut qu’on récite son chapelet tous les jours. Comme Dieu veut, autant que possible, que l’on communie tous les jours, qu’on reçoive notre pain quotidien. On s’unit à Jésus en un Cœur à cœur tellement nourrissant pour notre âme que nous en sommes transformés.
Le chapelet, c’est un Cœur à cœur avec la Sainte Vierge pendant cinq mystères, si c’est le chapelet, quinze si c’est le Rosaire. Pendant ce temps, nous sommes Cœur à cœur avec la Sainte Vierge en ne cessant de l’admirer, en ne cessant d’admirer ses vertus et à force de l’admirer, nous nous sensibiliserons à notre devoir de conversion et à notre effort de sainteté pour plaire à Dieu.
Notre Père, 8 juin 1997
Jeudi 8 octobre
Sainte Brigitte
C’est le même message que délivraient les prophètes de ce temps, Aggée, et Zacharie : quand Israël sera revenu vraiment à son Dieu, il le trouvera, c’est-à-dire que quand la créature aura achevé sa conversion morale, certainement elle trouvera son Dieu, parce que son Dieu ne pourra pas s’empêcher, dans son avenir, de venir jusqu’à elle.
Je vous cite, mais nous les retrouverons, les paroles de Jésus : « Cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira, demandez et vous recevrez », parce que dans le Nouveau Testament, dans l’époque de la grâce instaurée par le Christ, nous avons, par les sacrements, une si grande perfection que, à la seule condition d’être fidèles à la loi de l’Évangile, nous aurons une telle puissance dans notre prière que Dieu n’y résistera pas et qu’il se donnera à nous tout autant que nous le désirons.
Alors, l’amour sera en Dieu comme une passion irrésistible, qui le décidera à venir au milieu des siens. Voilà comment les prophètes de l’Ancien Testament ont appelé Dieu – nous le verrons ce soir, dans la dernière partie de ce poème – et ont mérité sa venue par leur perfection. L’ultime pointe de cette perfection, c’est Jean-Baptiste, c’est surtout la Vierge Marie et saint Joseph. « šûb šebûb », étant revenu à Dieu, ce peuple bien préparé sera tellement plein de perfection que Dieu ne pourra pas résister à sa passion d’amour pour son peuple, et que, répondant à l’imploration des prophètes et des saints, il descendra sur terre et il prendra une chair dans le sein de la Vierge Marie !
Notre Père, 17 octobre 1970
Vendredi 9 octobre
Saint Denis et ses compagnons, Saint Jean Léonardi, Saint Ghislain
L’Ancien Testament ne pouvait découvrir cette figure de « l’homme fort » que Jésus nous révèle, le personnage caché derrière le péché, et l’inspirant. Démasqué, Satan est réduit à l’impuissance. Le Nouveau Testament qui découvre le pouvoir de Satan, « le prince de ce monde », qui dévoile ses ravages dans le monde et la profondeur de sa haine, annonce aussi sa défaite. Auprès de cette figure terrifiante, le Satan de Job paraît inoffensif. Le Satan de l’Évangile est précipité du Ciel, expulsé de son royaume. L’Apocalypse, en nous révélant l’histoire des fureurs de ce monstre contre les saints, chante leur victoire sur la Bête : « L’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier. » (Ap 12, 9)
Mais c’est par la médiation de la Femme revêtue de soleil, l’Immaculée conçue avant la création de la lune et des étoiles (Pr 8, 22-23), qui écrase la tête de ce Serpent, selon l’oracle des origines.
Frère Bruno de Jésus-Marie, 5 août 2016
Samedi 10 octobre
Saint Clair, Saint François Borgia
C’était bien pour manifester, dans un monde qui l’ignorait, la splendeur de l’adoption divine que Jésus et Marie renoncèrent à leur douce affection. À cette femme, envieuse d’un sein et de mamelles maternelles, Jésus veut apprendre le bonheur plus sûr et plus intime offert aux âmes et aux cœurs fidèles. À ce cousinage trop persuadé de la vertu du sang et de la race, mais bien négligeant de la sainteté intérieure, Jésus veut révéler le don divin offert à toute âme généreuse. Les premiers liens, de la naissance, ne sont que des privilèges, ceux de l’adoption par grâce que Jésus propose maintenant sont en tous points meilleurs car ils proviennent de la pure inclination du cœur.
Il fallait que Jésus délaisse les siens et s’entoure de pauvres gens, de pécheurs et de simples, pour montrer à tous combien peu comptent à ses yeux les conditions de la chair, mais bien plus l’accueil de la Parole de Dieu. Son divin Cœur fait paraître son amour pour ceux qui l’entendent et le suivent, et se lie à eux par des liens immortels dont les autres ne sont que l’ombre et le signe.
(à suivre)
Dimanche 11 octobre
Maternité divine de la Bienheureuse Vierge Marie
En nous dissuadant d’envier sa Mère et ses frères pour nous faire découvrir cette autre parenté de la grâce qu’Il est venu instaurer avec l’humanité, Jésus ne souligne-t-il pas pour son Église le vrai sens et le secret de la maternité divine de Marie ? Renversant nos conceptions, ne nous apprend-Il pas l’ordre providentiel où la créature sanctifiée est appelée de son plein gré et par sa docilité attentive à entrer elle-même dans l’intimité de Dieu ?
Marie a écouté la parole de Dieu et l’a gardée en son cœur jusqu’au jour où il lui a été donné pour cela de former encore de sa chair et de nourrir de son propre sein cette Parole Incarnée. “ La volonté de mon Père est que vous portiez du fruit, en abondance ”, disait Jésus et la Vierge demeure à jamais l’incomparable exemple de cette fécondité. Elle a été d’abord la servante du Verbe en esprit, l’incarnation n’a été que la manifestation dans la chair de cette fidélité du cœur [...]
Non ! femme, pouvait dire Jésus, celle-ci que Dieu m’a donnée pour mère ne l’a pas désiré ni cherché, mais sa fidélité intérieure a valu à sa chair virginale son fruit de gloire. Dieu n’est pas tenu par les sujétions de la chair et du sang mais lorsqu’il lui a plu d’apparaître dans le sein d’une créature, c’est la sainteté de l’âme et la docilité aimante de l’esprit qui l’ont attiré où il est descendu. Toi donc, ne convoite plus le sort des autres mais rivalise avec eux de docilité et d’amour, si tu crois à la parole qui t’est annoncée, tu partageras avec celle-ci que tu honores les mêmes grâces et les mêmes privilèges...
Notre Père, Lama 14, mai 1957
Lundi 12 octobre
Saint Wilfrid, Bx Louis Brisson
« Les Ninivites, au jour du jugement, se dresseront contre vous, hommes de Jérusalem ! » Jérusalem sera détruite, parce qu’elle n’a pas cru aux signes qui lui ont été envoyés et qu’elle n’a pas su déchiffrer, car ils étaient bien trop orgueilleux pour cela.
Depuis longtemps je prévois, j’annonce l’effondrement de l’Église, cela a fait du bien à ceux qui m’ont écouté pour lutter contre cet effondrement ; quand le malheur est venu, cela ne les a pas désorientés. Prévenus d’avance, ils ont tenu bon quand même. L’effondrement français aussi et tant et tant d’oracles sinistres que j’ai fait et qui, malheureusement, ont été avérés, parce que ces oracles avaient été faits d’avance. Quand la catastrophe est arrivée, ils n’ont pas perdu courage. De même pour l’hérésie du Concile et l’hérésie de deux papes.
Tout cela fait qu’on m’a dit : « Vous êtes le père de l’Espérance. On vient à vos Mutualités, on sait que vous n’allez annoncer que des catastrophes, pourtant on en repart tout réconforté ». Quel bon signe !
Notre Père, 25 mai 1988
Mardi 13 octobre
6e Apparition de Notre-Dame de Fatima, St Édouard, roi d’Angleterre
Alors, n’oublions pas que, à Fatima, la Vierge Marie soit apparue comme la Mère des Douleurs. On l’oublie ! [...]
Ce spectacle [du 13 octobre 1917, les trois visions successives], c’est la révélation de tout le mystère de la Vierge Marie pour ce vingtième siècle, d’une manière telle que nous comprenons bien que si nous n’entrons pas dans ce mystère, si nous ne le faisons pas nôtre, nous ne serons point sauvés. Si l’humanité tout entière ne se dévoue pas à la Vierge Marie comme Notre-Dame de Fatima, sous le message de Notre-Dame de Fatima, le monde est perdu ! Et s’il n’est pas perdu, il sera tellement châtié que, enfin, il tombera à genoux et reviendra à résipiscence, et ce sera bien tard, et il sera l’objet de la miséricorde à cause de l’intercession de la Vierge Marie [...].
Je m’appuie sur les apparitions de Notre-Dame de Fatima pour vous convaincre que c’est Marie, comme Reine du monde, mais comme Notre-Dame des Sept-Douleurs, qui est la clé de notre délivrance. [...] Et voici ce qu’on oublie : « Puis la lumière changea et subitement la Vierge se présenta comme Notre-Dame des Douleurs. » [...] « Saint Joseph fut remplacé par Notre-Seigneur qui bénissait la multitude. » Notre-Dame des Douleurs était là, et Notre-Seigneur bénissant la multitude. On ne dit jamais cela ! [...] Notre-Seigneur est là, à côté de la Vierge Marie et de saint Joseph, mais Il est avec sa robe de pourpre, Il est là dans sa Passion ; la Vierge Marie est dans la compassion, tels qu’ils les ont vécues.
Notre Père, 21 septembre 1993
Mercredi 14 octobre
Saint Callixte Ier
Si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n’a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu’elles parussent ; il les a tous aimés pour les instruire, les convertir et les sauver. S’il a appelé à lui, pour les soulager, ceux qui peinent et qui souffrent, ce n’a pas été pour leur prêcher la jalousie d’une égalité chimérique. S’il a relevé les humbles, ce n’a pas été pour leur inspirer le sentiment d’une dignité indépendante et rebelle à l’obéissance. Si son cœur débordait de mansuétude pour les âmes de bonne volonté, il a su également s’armer d’une sainte indignation contre les profanateurs de la maison de Dieu, contre les misérables qui scandalisent les petits, contre les autorités qui accablent le peuple sous le poids de lourds fardeaux sans y mettre le doigt pour les soulever.
Il a été aussi fort que doux ; il a grondé, menacé, châtié, sachant et nous enseignant que souvent la crainte est le commencement de la sagesse et qu’il convient parfois de couper un membre pour sauver le corps. Enfin, il n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais, par ses leçons et par ses exemples, il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au Ciel : la voie royale de la croix.
Saint Pie X, Lettre sur le sillon
Jeudi 15 octobre
Sainte Thérèse d’Avila
Sainte Thérèse d’Avila est une sainte immense, un cœur immense, débordant, ne pensant qu’à Jésus et au salut des âmes.
Deux mots m’ont saisi en récitant les matines : ou souffrir ou mourir. Elle considérait, comme les saints pleins d’amour de Dieu que quand on ne souffrait pas, c’était du temps perdu. Quand on est saisi par l’ennui, c’est parce qu’on ne répond pas au désir non pas du Créateur là-haut dans le Ciel, mais au désir de notre Époux, de notre Sauveur. Il voudrait que nous profitions de tous les moments que nous avons sur la terre pour l’aimer davantage, souffrir avec lui puisque l’essentiel de la vie, c’est de racheter son âme et de racheter les âmes des autres. Être heureux sur la terre, pour elle, grande amoureuse de Jésus, c’est un non-sens.
Nous ne sommes pas ici-bas pour longtemps ; dépêchons-nous, acquérons des mérites, travaillons, ayons de l’argent pour acheter des âmes, l’argent, c’est le mérite de nos actions. Je m’offre moi-même, je piétine mon cœur et j’obéis malgré mes tendances parce que tout cela, bientôt, ce sera fini, j’irai au Ciel. Il ne faut pas craindre trop la souffrance physique non plus. Sainte Thérèse y habituait ses sœurs, elle voulait qu’elles soient comme des hommes. C’est une carrière inépuisable !
Notre Père, 15 octobre 1993
Vendredi 16 octobre
Sainte Marguerite-Marie, Sainte Edwige, Saint Gérard Majella, Apparition de saint Michel au Mont Tombe, Sainte Marguerite-Marie d’Youville
Il faut que, aujourd’hui et demain où nous allons prolonger notre pensée, notre inquiétude sur l’Antéchrist qui se dresse au-dessus du monde dans l’intention de le soumettre, de le terrifier, nous tournions nos regards et nos cœurs vers saint Michel archange, que nous réveillions cette piété qui commence par la foi en la réalité des Anges et des Archanges, des Milices célestes.
Du point de vue contemplatif, cela ajoute énormément à notre désir du Ciel, car ils sont là-haut des multitudes d’Anges pleins de gloire et ils sont restés fidèles au moment de l’épreuve. Ils sont restés fidèles par le Sang du Christ, par la vue, comme d’avance, du Mystère du Christ et par une adhésion de leur volonté, de leur cœur – si on peut parler de “ cœur ” d’un ange –, de leur amour, à Jésus-Christ. Ils forment la cour du Christ et de la Vierge Marie avec beaucoup d’amour et, sur la terre, ils sont occupés à lutter contre les démons, les puissances infernales.
Croire aux anges et aux démons, c’est comprendre que, dans le Ciel, un gigantesque combat a lieu, dont notre salut éternel et notre salut temporel sont déjà les enjeux. Voilà de quoi nous faire prier avec beaucoup d’ardeur la Reine des Anges, la Vierge Marie, l’ange saint Michel et toutes ses légions, pour qu’ils nous délivrent et nous sauvent.
Notre Père, 16 octobre 1991
Samedi 17 octobre
Saint Ignace d’Antioche, Sainte Marguerite-Marie
Aimer le Cœur de Jésus, c’est aimer notre vocation ; ce n’est qu’une seule et même chose.
Répondre à notre vocation : c’est connaître, aimer, adorer, prêcher, servir le Sacré-Cœur de Jésus, c’est nous offrir même à Lui en victimes de justice et d’amour, dans la mesure où nous voulons pousser à son comble notre vocation, aller jusqu’à la perfection de notre vocation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, soyez saints comme votre Père céleste est saint ! » nous dit l’Évangile.
Être petit frère du Sacré-Cœur de Jésus et être moine missionnaire du Sacré-Cœur, c’est ajouter à la dévotion du moine cette dévotion et cette application que nous avons vues être le seul et unique souci de sainte Marguerite-Marie jusqu’au jour de son mariage eucharistique. Elle ne désirait qu’être oubliée et oublier toute chose, toute personne, toute créature, pour avoir la seule et unique dévotion au Sacré-Cœur. Si nous étions seulement moines du Sacré-Cœur, ce serait notre seule application.
Nous autres, puisque nous sommes moines et moniales missionnaires, après avoir été moines, nous aussi le souci aussi d’être missionnaires ; il faut prier et peiner, œuvrer pour que s’accomplissent tous les desseins d’amour de ce divin Cœur qui ont été révélés à Paray-le-Monial.
Notre Père, 17 septembre 1985
Dimanche 18 octobre
Saint Luc
Au premier abord, Notre-Seigneur semble indifférent à la question politique : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » En réalité, Jésus est indifférent à la diététique, à l’urbanisme, au partage des héritages, à la gestion des fortunes, à l’avenir de la culture. Ce n’est pas mépris mais sereine reconnaissance des compétences humaines en même temps que l’affirmation d’une compétence supérieure. Mais toutes ces préoccupations secondaires des hommes doivent se soumettre à l’influence souveraine de Celui qui a dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire ! » et « Cherchez le Royaume de Dieu et sa Justice et le reste vous sera donné par surcroît. » Cela signifie que toute la politique se trouve associée à l’œuvre du salut messianique, l’histoire universelle est appelée à propager ce grand mouvement de convergence qu’est le royaume de Dieu instauré sur terre par le Christ. Faites ma politique divine, semble vouloir dire Jésus-Christ, et je donnerai succès, prospérité et durée à vos politiques humaines.
Théologie kérygmatique, mars 1973
Lundi 19 octobre
Saints Martyrs canadiens, Saint Paul de la Croix, Saint Pierre d’Alcantara, Bse Agnès de Langeac
Un Ami de la Croix est un roi tout-puissant, et un héros triomphant du démon, du monde et de la chair dans leurs trois concupiscences. Par l’amour des humiliations, il terrasse l’orgueil de Satan ; par l’amour de la pauvreté, il triomphe de l’avarice du monde ; par l’amour de la douleur, il amortit la sensualité de la chair.
Un Ami de la Croix est un homme saint et séparé de tout le visible, dont le cœur est élevé au-dessus de tout ce qui est caduc et périssable, et dont la conversation est dans les cieux, qui passe sur la terre comme un étranger et un pèlerin et qui, sans y donner son cœur, la regarde de l’œil gauche avec indifférence, et la foule de ses pieds avec mépris.
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort,
Lettre aux amis de la Croix, no 4
Mardi 20 octobre
Sainte Adeline, bx Martyrs d’Angers, St Jean de Kenty
S’il y a une heure où l’humanité, l’Église chrétienne, n’a pas attendu le retour de Jésus, c’est bien aujourd’hui. Il y a tellement longtemps qu’il a dit qu’il reviendrait, qu’on n’y croit plus. Le monde ne croit absolument plus au retour de Jésus-Christ ni à son jugement, ni au Ciel, ni à l’éternité de l’éternelle damnation.
Nous sommes de ces serviteurs. Les veilles de la nuit se succèdent, la nuit est longue ainsi, l’aurore déjà pointe et le Maître n’est pas encore revenu. Nous sommes au dernier quart d’heure auquel il faut tenir. Nous sommes si peu nombreux à attendre son retour, ne soyons pas infidèles. Pleurons au contraire sur ceux qui ont abandonné, faute d’espérance et nous autres, prions afin, non seulement d’être trouvés fidèles, mais d’acquérir la grâce du pardon pour ceux que nous aimons, parents, proches qui ont failli à la tâche, qui ont quitté la maison paternelle et qui ne se trouveront pas là quand le Christ va revenir. Que Dieu touche leur cœur avant que ce soit trop tard.
Pour nous, tirons une leçon de persévérance : il faut que je tienne jusqu’au bout dans la fidélité !
Notre Père, 31 août 1994
Mercredi 21 octobre
Bx Nicolas, Barré Saint Hilarion, Sainte Célinie
Jésus reviendra dans un moment où plus personne ne l’attendra, sauf les vierges sages, sauf l’intendant fidèle, sauf les bons serviteurs qui, au cours de la nuit, la première, la deuxième et la troisième veille, auront gardé leur vertu, leur chasteté, leur pauvreté, leur sainteté, seront là et attendront jusqu’au lever du jour.
Tout cela est bien digne de notre méditation dans cette clôture de l’année liturgique. Nous la recommencerons, mais nous resterons veillant et priant, car toutes les puissances du ciel nous paraissent ébranlées, les signes de Fatima sont là. Réfléchissez à cela : tant et tant de convulsions de peuples, tant et tant d’événements stupéfiants se précipitent. Nous n’avons pas à chercher quand ce sera, où ce sera. Nous n’avons qu’à attendre dans la fidélité le jour où le Fils de l’homme viendra comme l’éclair et Il nous récompensera si nous sommes restés fidèles.
Notre Père, 24 novembre 1985
Jeudi 22 octobre
Bienheureuse Alix Le Clerc
Cela va tout à fait dans nos prédications sur le Cœur Eucharistique de Jésus et sur la Messe. Il y a deux choses : Jésus veut que nos cœurs s’enflamment d’amour pour lui. C’est un feu qu’il désire allumer sur toute la terre. Mais pour y arriver, il faut d’abord qu’il reçoive un baptême, c’est-à-dire qu’il passe par une épreuve cruciale. Jusque là, Jésus est angoissé à la pensée de ce que ce sera, mais il est pressé que cela soit fait, parce que de cela dépend l’incendie du monde par son amour.
Nous serons divisés, dressés les uns contre les autres dans nos métiers, dans nos familles, nos communes. Il faudra que chacun se tienne bien en garde, veille, continue à faire la volonté de Dieu, parce que le Seigneur reviendra.
Qu’avons-nous à faire en attendant ? Être angoissés à la pensée de la Croix qu’il nous faudra sans doute porter, mais être très désireux que tout cela arrive parce que c’est ainsi que le Cœur de Jésus et de Marie, plein de feu, brûlera dans le monde entier.
Notre Père, 9 avril 1995
Vendredi 23 octobre
Saint Jean de Capistran, Saint Romain, ND de la Sainte Espérance, Saint Antoine-Marie Claret
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est l’espérance de la grâce de Dieu chaque jour en ce monde, pour faire notre salut et c’est l’espérance de la béatitude finale. C’est l’espérance de la victoire de l’Église.
Nous vivons des temps très durs, vous l’avez entendu tout à l’heure, mais vous avez compris aussi que nous étions des hommes d’espérance. Nous brûlons de la certitude que l’Église se relèvera. Ce n’est pas sans mal que j’ai trouvé cette espérance.
En France, nous avons des apparitions qui disent que ce seront des journées de ténèbres, que la moitié de l’humanité va périr, etc. Catastrophes ! Cataclysmes ! Tout cela va tomber sur le monde et après, ce sera fini, le Jugement dernier ! Pendant longtemps, je dois dire que j’y ai cru (...).
Puis, j’ai travaillé, je continuais à travailler beaucoup, à étudier les prophètes, les Évangiles, les écrits des saints. Peu à peu s’est fait en moi une autre conviction. Il est certain que les apparitions de Fatima ont fait beaucoup pour cela (...).
Ne soyez plus de ces gens qui sont tristes, qui disent que tout est perdu, tout est fini, cela ira toujours plus mal, etc. Ce n’est pas vrai ! C’est aller contre l’Espérance : “ Notre-Dame de la Sainte-Espérance ! ” Invoquez la Sainte Vierge comme l’Espérance, elle l’a promis ! “ Mon Cœur triomphera, la Russie se convertira, il y aura un temps de paix. ” Il y aura un temps de paix grâce à la Sainte Vierge, à cause du miracle qu’elle aura fait de convertir la Russie...
Notre Père, 28 août 1983
Samedi 24 octobre
Saint Antoine-Marie Claret, Saint Raphaël archange, Notre-Dame de la Victoire
Notre-Dame nous a tellement recommandé la prière et le sacrifice pour la conversion des pécheurs : “ Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et intercède pour elles. ” (19 août 1917)
Donc, à cause de notre union au Christ, et avec l’Église, nous devons faire de nous des victimes d’expiation et de supplication pour la conversion de nos frères.
Oui, prier et nous sacrifier, parce que toute notre vie doit être un holocauste offert à Dieu sur notre croix de chaque jour, en union avec la Croix du Christ, pour le salut des âmes, en coopérant avec Lui dans son œuvre de rédemption, comme membres de son Corps mystique, l’Église, qui travaille, prie et souffre, unie intimement à sa tête, pour le rachat de l’humanité.
Sœur Marie-Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, Apelos
Dimanche 25 octobre
Fête du Christ-Roi, Saints Chrysanthe et Darie
Mon prochain, c’est d’abord mon Dieu. Et je renverse la chose : puisque mon plus proche prochain est Dieu, puisque, en toutes choses, c’est toujours Dieu qui est là, puisque c’est sa main qui me caresse, son doigt qui me touche, mon prochain, c’est l’image ou l’apparition de Dieu, c’est l’épiphanie de Dieu. Sans Dieu, mon prochain ne serait rien. Avec Dieu, mon prochain est tout pour moi, et il me devient très cher dans la mesure où il est pour moi le représentant de Dieu.
Mon père est l’image de mon Père céleste, ma mère est l’image de ma Mère du Ciel, qui elle-même est l’image de la bonté maternelle de Dieu. Mon époux est l’image de l’Époux unique. Et si je n’ai pas d’époux, c’est justement pour n’avoir qu’un Époux unique qui soit Jésus-Christ lui-même. Mes amis sont les envoyés de mon Ami invisible, l’image de cet Ami invisible, toujours présent, partout, en toutes choses, et qui m’aide par toutes ces rencontres, par toutes ces affections, par tous ces dévouements dont je suis entouré.
Je suis tellement entouré de tant de biens spirituels, de tant d’affection que je baigne dans un océan d’amour et donc de joie, de paix. Alors puisque mon cœur en est débordant, ne pourrait-il pas de sa surabondance aimer à son tour comme il est aimé ? Ne pourrait-il pas aimer le premier, en pardonnant, en donnant la paix à ceux qui sont en guerre contre moi ? Ce sera alors une prodigalité de l’amour et de la joie d’aimer mon prochain, serait-il mon ennemi, comme moi-même, de pardonner à mon prochain comme Dieu me pardonne, et étendre infiniment le champ de l’amour de Dieu jusqu’aux âmes les plus défavorisées, comme Jésus l’a fait alors que nous étions pécheurs : voilà le secret de notre vie.
Notre Père, 10 septembre 1967
Lundi 26 octobre
Saint Dimitri, Saint Évariste
C’est merveilleux d’avoir une prière qui, sans cesse, nous rappelle qu’il faut vivre, on peut vivre bien, qu’il faudra souffrir et on pourra porter sa souffrance et enfin, il faudra mourir et on sait très bien qu’il faudra mourir, parce qu’on a dit des chapelets.
Si on meurt vieux et qu’on n’en finit pas de mourir, c’est du temps gagné pour dire des chapelets, des chapelets, des chapelets, à mesure qu’on dit des chapelets, des chapelets, efficacement, la Vierge Marie nous sanctifie de telle manière que nous puissions arriver jusqu’à la porte du Paradis. Et s’il se peut, passer le seuil avec notre chapelet à la main. C’est comme un passeport : un sourire de la Sainte Vierge nous montre qu’il faut entrer, on a assez dit de chapelets. Tous ces “ à l’heure de notre mort ”, cela fait des montagnes de chapelets.
La vertu d’espérance est roborative. On exploite des montagnes de mérites de la Sainte Vierge pour nous les donner, ces montagnes de prières qui sont tout à fait inspirées de la piété du chapelet.
Notre Père, 8 août 1999
Mardi 27 octobre
Quand nous récitons notre chapelet, nous sommes invités d’une part à considérer notre vie quotidienne pour l’offrir à Dieu et lui demander ses grâces, et, pendant que nous disons ce chapelet, se superpose à nos yeux la vie quotidienne de Jésus, Marie, Joseph [...]. Réciter son chapelet, c’est une douce lumière, une douce chaleur qui prend notre cœur et qui nous rend véritablement de la même famille que le Fils de Dieu, Créateur du monde, qui sera le Juge de notre vie et de toute vie humaine à la fin des siècles. »
J’aurais voulu dire que, dans la simplicité de notre vie, le chapelet est comme un rayon de lumière et que, comme les mages suivant l’étoile, ce rayon de lumière nous conduit au Ciel. C’est petit, les gens passent, rient, ne font pas attention et se perdent. Nous autres, nous avons un jour entendu dire que la Vierge Marie ordonnait, demandait (ses demandes sont des ordres) à tous les chrétiens de dire le chapelet tous les jours et surtout en famille. C’est prodigieux parce que c’est nous donner une clé et nous dire : Tenez, prenez cette clé, vous ouvrez le portillon et vous êtes au Ciel !
Eh bien, plaise à Dieu que nous le fassions et c’est la grâce que je vous souhaite.
Notre Père, Petit traité sur le chapelet, 8 août 1999
Mercredi 28 octobre
Saints Simon et Jude
« Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondations les apôtres et prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même. En lui toute construction s’ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur ; en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit. »
Les païens qui étaient exclus du peuple d’Israël, maudits, maintenant, font partie de la maison et à nous tous, nous faisons une seule construction. Il n’y a pas de doute, on est tous intégrés. Fini de la ségrégation ! La seule ségrégation qui avait vraiment un fondement dans la volonté de Dieu, elle a duré pendant des siècles, c’est la grande parenthèse de la Loi et de la circoncision. Le Christ l’a détruite. Le Christ l’avait permise, il fallait cette ségrégation pour que les hommes comprennent qu’ils n’avaient rien d’aimable par eux-mêmes, qu’il faut le Sang du Christ pour qu’ils soient rendus les uns aux autres aimables dans son Sang.
Dieu constitue ainsi par le Christ un seul Corps, une seule demeure, une seule maison. C’est un écho de ce que nous trouvons dans l’Évangile : qu’il n’y ait qu’un seul Berger, un seul Pasteur, un seul bercail, pour qu’ils ne soient qu’un !
Notre Père, 19 septembre 1983
Jeudi 29 octobre
« Si vous faites pénitence, la guerre finira le jour même. » Mais c’est encore vrai aujourd’hui ! Mais on n’a pas fait pénitence, jusqu’à aujourd’hui. On continue à insulter le Bon Dieu de plus en plus, jusqu’au sommet de l’Église. C’est pour ça que c’est tellement important de méditer sur ces événements !
Aujourd’hui, c’est encore vrai : si le Pape fait ce que la Sainte Vierge demande, s’il demande qu’on fasse pénitence, s’il n’accorde pas la miséricorde n’importe comment à tout le monde, la guerre finit au jour même, en Syrie, en Ukraine, partout ! C’est absolument certain ! Après deux mille ans d’histoire et les interventions de la Sainte Vierge, surtout depuis 1830, depuis sa régence on peut dire sur les affaires du monde du dix-neuvième siècle, on ne peut pas douter du résultat, d’autant plus que cette guerre faite à la Sainte Vierge elle-même continue obstinément et explique tous les malheurs qui nous arrivent sur la terre, c’est clair comme le jour !
Frère Bruno de Jésus-Marie, 2 octobre 2017
Vendredi 30 octobre
Le chapelet est un instrument de salut pour les âmes tourmentées, comme disait cet imbécile de Luther. Il répondait par la foi, mais il détruisait tous nos sacrements, et notre vénération de la Vierge Marie était par lui souillée.
Je dis : au chapelet des épreuves, des ennuis de notre vie, répond l’autre chapelet qui s’égrène silencieusement entre les doigts de notre Mère du Ciel. Tout ce qui arrive à ce carrefour passe sous nos yeux, soulevant à chaque moment une incertitude, entraînant un doute, une peur. Qui n’a pas peur de ce que demain va nous apporter ? Quand tout d’un coup, nous jetons les yeux sur ce futur, nous savons que les yeux de la Vierge s’y posent avec nous, à notre demande et que nous n’avons qu’à nous cacher dans son Cœur pour être réconfortés, à l’abri.
Tous les saints l’ont chanté de toute manière et c’est là qu’il nous est demandé et prescrit de jeter nos soucis, dans le Cœur Immaculé de notre Mère chérie.
Notre Père, 8 août 1999
Samedi 31 octobre
Vigile de la Toussaint
Les réflexions de Notre-Seigneur mènent très loin. Il se vise lui-même, pour que les siècles admirent sa véritable vertu et que les chrétiens imitent leur Maître : « Car quiconque s’élève sera abaissé et quiconque s’abaisse sera élevé. » Les pharisiens hypocrites seront terriblement abaissés puisque Jésus leur annonce qu’ils iront jusqu’au fond de l’enfer, mais Lui, Jésus, qu’ils vont abaisser terriblement, qu’ils vont traiter comme un esclave, comme un criminel, lui-même recevra de son Père une gloire immortelle et montera plus haut que personne jamais ne montera. Quelle leçon !
Cet Évangile bien simple pourrait donner lieu à une salutaire méditation. Nous pourrions nous demander dans quelle mesure nous sommes un peu pharisiens ; si c’est le cas, nous devons nous en repentir et choisir d’être humiliés avec Jésus-Christ car la meilleure manière d’atteindre l’humilité, ce sont les humiliations. « Seigneur, donnez-moi des humiliations et qu’on connaisse mes humiliations plutôt que mon humilité », disait mon professeur de Saint-Sulpice du temps où j’étais au séminaire.
Notre Père, 19 septembre 1993