Méditations quotidiennes

Mardi 31 décembre

Saint Sylvestre

Les reniements, les tromperies, les apostasies dans l’Église et l’altération du visage devenu repoussant de cette Mère vénérée, tutélaire, voilà le cruel actuel, dont l’âcre goût de malheur et de malédiction ne passe pas en ce temps de fête. Au contraire ! Cette lèpre, laideur, horreur se trouvera rehaussée, affligeante, projetée à nos visages par tous les faisceaux de lumière d’un Noël païen, d’une liturgie frelatée et le remugle de discours avinés, Noël cruel. Par Toi et par ton Église en fête, ce Noël cruel nous apportera la triple consolation douce amère en laquelle nous communierons par-delà les espaces et les siècles avec tous les miséreux en marche vers la crèche, au mémorial sauveur de cette très Sainte Nuit. Nous lèverons les yeux vers les étoiles, les mêmes, solides au firmament qui nous manifestent l’éternelle Toute-Puissance du Père, assurant notre foi ; nous écouterons les cantiques des anges chantés par l’humble foule fidèle, qui annoncent d’en haut ta divinité, ô Jésus Fils de Dieu Sauveur, et promettant la paix réchauffent l’espérance. Pour la charité, nous nous regarderons les uns les autres et nous nous embrasserons ou serrerons les mains comme étant, nous, les bergers de cette nuit, montant vers la crèche, témoignage irrécusable de l’inépuisable amour que le Paraclet répand sur la terre pour Toi, Jésus, jusqu’à la fin du monde. Et dans la cruauté de l’heure nous serons grandement consolés, te voyant fraternel à notre peine et nous sentant les aimés rassasiés de tes bontés, ô saint, ô divin Enfant de la crèche.

Notre Père, page mystique no 104
Noël cruel, décembre 1977

La Sainte Vierge à sainte Catherine Labouré, 19 juillet 1830


Les bouquets spirituels de ce mois de janvier
sont tirés des écrits de l’abbé Édouard Poppe (1890-1924).

Mercredi 1er janvier

Sainte Marie, Mère de Dieu, Circoncision de N-S.

Marie est la Mère de Dieu ! Avec cela tout est dit, mais avec cela tout n’est pourtant pas compris. Pour saisir la richesse de sa Maternité divine, nous devons en admirer la préparation et le développement, en rechercher l’éclat qui la précède et qui la suit : dans son Immaculée Conception, dans son Assomption, dans toutes les prérogatives qui s’épanouissent à partir de sa Maternité. Tous les titres de gloire de Marie sont comme des représentations et des éclairages de sa Maternité.

L’étendard de Marie, juin 1920

Jeudi 2 janvier

Saints Basile le Grand et Grégoire de Nazianze, Saint Nom de Jésus

Que l’Amour est bon, qui laisse maintenant tout arriver dans sa Volonté assurée et garantie. Oui, vous avez tout bien compris, remplissez maintenant pour moi, en vue du Règne de Jésus, le rôle que Marie a rempli pour Jean et son apostolat. L’attrait que Vous éprouvez pour me recommander incessamment à Jésus en union avec Marie et pour demander ma sanctification est tout à fait selon le désir de Jésus. Jésus doit tellement vivre en moi qu’Il règne en moi et qu’Il se reproduise en moi : je dois tellement ressembler intérieurement à Lui, et même extérieurement, que j’aie son amour dans mon cœur, sa sagesse dans mon esprit ; mon regard doit être le regard de Jésus, plein de son humble et irrésistible bonté ; ma parole doit recevoir la force, la douceur et la lumière de sa parole et Lui doit parler par ma pauvre bouche ; Il doit bénir par ma main, Il doit régner par ma vie sacerdotale.

à mère Madeleine prieure du Carmel
du Sacré-Cœur d’Uccle, 10 janvier 1924

Vendredi 3 janvier

Premier Vendredi du mois, Saint Nom de Jésus, Sainte Geneviève

Le Christ est roi, un vrai roi, mais les siens Lui ont enlevé sa couronne. Je me suis dit : “ Éminence, nous la remettrons sur la tête de Jésus. Jésus doit trouver en nous vraiment son Règne. Notre prière sera : Adveniat Regnum tuum ! [...]

Mes amis, je suis souvent si triste quand je pense que nous sommes autant de prêtres et que le monde périclite et que Jésus ne règne pas. N’est-ce pas notre faute ? Il n’y a pas moyen de faire régner Jésus par des paroles, par une intelligence, fut-elle géniale. Il faut que Jésus vive en nous, règne en nous. Jésus ne veut pas vivoter dans les âmes : Il veut régner ! [...]

Représentez-vous la Sainte Vierge, modèle et médiatrice de la parfaite dévotion au Sacré-Cœur ; laissez-vous examiner par Elle. Écoutez-La vous dire ces paroles : “ Mon fils, croyez-vous que Jésus vous aime ? Dites-le-Lui, Il aime bien que vous Lui exprimiez votre amour... Mon fils, aimez-vous mon Fils Jésus comme votre Dieu, votre Sauveur et surtout comme votre nourriture dans l’Eucharistie ? Dites-le-Lui, car Il se plaint de l’indifférence qu’il subit, surtout dans ce sacrement de son amour.

Récollection, 26 et 27 mai 1923

Samedi 4 janvier

Premier Samedi du mois, Sainte Élisabeth Seton

Celui qui veut réussir ne doit pas oublier Marie !

Pour parvenir à la perfection et à la persévérance dans notre apostolat eucharistique, pour assurer les grâces indispensables, il sera avantageux de nous remettre nous-mêmes, nos intentions et nos actes, entre les mains de Marie Médiatrice de toutes grâces. De cette manière nous plaçons totalement notre travail sous l’influence et l’esprit de Jésus. Chaque bonne pensée, chaque parole utile, chaque action méritoire et féconde est en effet un fruit de l’intercession de Marie, ainsi que de la mort expiatoire de Jésus, puisque c’est un fruit de la grâce.

Elle a prié pour chacune des mille grâces qui tissent notre vie quotidienne et notre apostolat... Chacune des grâces que nous recevons est perlée d’une goutte du Sang de Jésus et une larme de notre Mère spirituelle. Chacune des grâces de Jésus nous est donnée avec un sourire de Marie, Médiatrice de toutes grâces.

Si Jésus est le Soleil, Marie est la Femme revêtue de Soleil (Apoc. IV). Si Jésus est notre Trésor, Elle est notre Salle du Trésor et notre Trésorière. Si Jésus est l’Hostie, Elle en est la Monstrance vivante. Si Jésus est notre Dieu et notre Tout, alors Elle est notre Tout auprès du Divin Jésus. Voulez-vous réussir ? Allez à Jésus par Marie, Per Mariam ad Jesum. C’est la devise de la Croisade Eucharistique, que ce soit aussi la vôtre. Vous ne le regretterez jamais : c’est le chemin le plus court.

4 août 1922
Congrès eucharistique de Gand

Dimanche 5 janvier

Solennité de l’Épiphanie

Causa nostrae laetitiae. Placez-la bien sur son trône. Elle-même demeure “ le ” trône du Roi, la Monstrance de l’Amour. Ne préférez-vous pas voir l’Hostie dans la Monstrance, le Roi sur son Trône : Sedes Sapientiae ? Marie est la Monstrance vivante : quand nous adorons Jésus en Elle, c’est l’adoration avec exposition, adoratio in ostensorio ! Oh, quel beau nom ! Toute la théologie l’accompagne et l’appuie : Maria ostensorium Christi, à Bethléem, à la Présentation, à Cana, à la Croix, dans l’Eucharistie et au Ciel ! Oui, au Ciel : Jesum benedictum fructum ventris tui nobis post hoc exsilium OSTENDE. [Après cet exil, MONTREZ-nous le fruit béni de votre sein.] Oh ! que le Saint-Esprit traverse ce nom d’un rayon de sa lumière : Ostensoir du Christ, et qu’Il nous révèle Jésus en Marie.

Petit Frère, aimez Jésus par Marie. Grâce inexprimable ! Je la demande pour nous tous, demandez-la souvent pour moi.

27 septembre 1923

Lundi 6 janvier

Épiphanie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Saint Frère André

Nous avons un vrai roi, un roi qui est plus puissant que tous les alliés réunis : un roi qui est Dieu. Ce roi, ce roi suprême, c’est Jésus-Christ. Au ciel il a un trône, un beau trône sur lequel il siège au-dessus des Saints qui y sont et au-dessus de tous les Anges. Il a plus d’Anges et de Saints autour de Lui que notre roi n’a de soldats. Et ils L’aiment ! Et ils chantent sans cesse, tous ensemble : « Jésus, Vous êtes notre Dieu, Vous êtes notre roi ! » Au moindre signe de Jésus ils font ce qu’Il ordonne. Oui, tout, et dans une grande joie.

Sur la terre aussi Jésus est Roi. Ici aussi il a son trône. Savez-vous où trône notre Roi ? Savez-vous où il habite ? Oui, vous le savez, c’est dans l’église, en avant, là où brûle la petite lampe rouge : notre Roi habite sur l’autel, dans le tabernacle. Il y est dans la Sainte Hostie. Et la Sainte Hostie, c’est le même Jésus qui est assis au ciel sur son beau trône. La Sainte Hostie, c’est Jésus : Roi au ciel et Roi de tous les hommes qui sont sur la terre. Aucun roi n’a fait pour son peuple ce que notre Roi du Tabernacle a fait pour nous. Jésus nous a sauvés ! Il n’a pas seulement combattu pour nous, comme l’a fait le roi Albert. Il est mort pour nous sur la Croix. Jésus est venu du Ciel dans la Sainte Hostie, pour être au milieu de nous et pour nous aider à aller au ciel avec les Anges, avec les Saints, avec Dieu ! N’est-Il pas un bon Roi ? notre Jésus aimé ?

2 mai 1920, aux enfants de la Croisade eucharistique

Mardi 7 janvier

Saint Raymond de Penyafort

30 mai 1918 : fête du Saint-Sacrement. L’abbé Poppe unit son corps malade à Jésus-HOSTIE, dans la nuit de la foi, pour être, lui aussi, nourriture pour les âmes.

« Jésus ! Aux yeux du monde voilé et caché dans l’Hostie, moi aussi, ignoré et mort au monde et aux hommes, je suis hostie sacrifiée par la maladie et une consomption lente, nourriture pour les âmes et pain de vie. Ni élevé, ni apprécié, caché et compté pour rien, JE SERAI NOURRITURE.

 Il les a nourris de la fleur du froment ! ” (moi et Jésus, nous nourrissons)  : Ma chair (malade, épuisée, consommée) EST VRAIMENT NOURRITURE. »

Mercredi 8 janvier

Sainte Gudule, saint Arconce (vivarais)

Petit frère, vous êtes-vous déjà donné entièrement à notre Mère ? Non ? Faites-le ! Ne craignez pas, vous ne pouvez qu’y gagner. Croyez-moi, cette consécration à Marie est pour moi la source de toutes les grâces de mon apostolat. J’ai conclu un pacte avec Marie : qu’Elle me laisse vivre suffisamment de temps pour que je puisse faire tout le bien que Dieu veut que je fasse. Et Elle le fera ! Elle regarde cet acte d’offrande avec amour, et le rend encore plus agréable à Dieu par ce regard même, et Elle le présente Elle-même à Jésus. Il est vrai qu’un tel pacte exige beaucoup de confiance, et c’est ce qui vous manque encore. Demandez-le Lui : Elle viendra à votre secours.

Croyez-vous à la Médiation de Notre-Dame ? Laissez les autres en discuter ; vous, appliquez-la à votre vie. Donnez-vous entièrement à Elle et vous saurez que c’est une réalité. [...] Essayez de vivre dans ces pensées d’abandon à la Sainte Vierge.

30 novembre 1922

Jeudi 9 janvier

Bienheureuse Alix Le Clerc

Puisse ce doux feu dévorant du Cœur de Jésus gagner le nôtre, l’embraser, le consumer. Puisse cette flamme divine placer toutes nos actions et nos prières dans la lumière et dans l’ardeur de l’Amour. Puisse l’Amour être le nom et la force de tout ce que nous concevons et entreprenons. Que l’Amour soit mon “ nom nouveau ” (Apoc 2, 17), et aussi le vôtre. “ Dieu est Amour. (1 Jn 4, 16) ” Quand pourrons-nous, pleins de reconnaissance et en esprit de joyeux sacrifice, répéter : “ Oui, moi aussi, je suis Amour. Ma vie est amour. Car, pour moi, vivre c’est le Christ (Phil 1, 21) : le Christ, l’Amour vivant, vit et règne en moi !... 

Filioli sumus Caritatis. Nous sommes fils, nés de l’Amour de Dieu, nourris de son Amour, éclairés et conduits par Lui, vivant et luttant pour Lui. L’amour du Christ nous presse (II Cor 5, 14) : cet Amour qui a été répandu dans nos cœurs par son Esprit qui habite en nous. (Rom 5, 5) Quand l’Esprit d’Amour, cet Esprit de feu, nous sera-t-il envoyé ? Cet esprit d’Amour qui s’appelle le “ commandement nouveau ” (Jn 13, 34), et qui, en un sens, est la plénitude de toute loi, et qui nous unit si intimement à Jésus en Marie que nous sommes comme recréés en de frappantes images de Jésus ?

24 févirer 1921

Vendredi 10 janvier

La vie est brève, mais chaque journée est une mine d’or et chaque action un trésor. Nous pouvons devenir richissimes, Léo, mais il ne faut pas sous-estimer les petites choses. Il faut ramasser les miettes, recouvrir tout de l’or de l’amour et toujours désirer la purification entière de notre âme : Amen, veni, Domine Jesu. Veni, ut adveniat Regnum.

Demandez cela pour moi comme je le demande pour vous.

26 janvier 1922 à l’abbé Léo Zaman

Samedi 11 janvier

Ah, laissez-Lui l’entrée libre et ouvrez-Lui tout votre être. Il y établira sa demeure. Vous rayonnerez Jésus ! Pauvre fille, ne calculez pas avec Lui : souffrez de ne pouvoir aimer et le prouver davantage. Que l’amour vous soit un doux tourment. “ Jésus, changez-moi en un acte d’amour. Jésus, voici votre don, voici votre hostie. Consumez-la, transformez-la, faites-la rayonner ; que votre puissance rayonne d’elle. Jésus Amour, Jésus Hostie, que je diminue, que Vous apparaissiez, Vous seul ! Et que je ne sois rien pour personne : “ rien que Vous ” pour tous.

17 novembre 1920, à Julia Ronse, sa fille spirituelle

Dimanche 12 janvier

Baptême de Notre-Seigneur, Sainte Famille, Sainte Marguerite Bourgeoys

Frères, entraidez-vous à vous rappeler que notre Maître aimait la vie cachée : trente années sur les trente-trois ! Le zèle n’est donc pas la première vertu d’un prêtre, mais l’humilité. (...) La modestie simple ! Nous sommes dans l’illusion si nous ne sommes pas sévères sur ce point. Ce qui vaut pour nous tous : être humbles d’esprit. Que notre devise soit : “ Sans la grâce, je ne suis rien. ” Ne vous contentez pas de le dire, mais pensez-y tout en prêchant, en confessant, en conversant. En outre, aimez à être ignoré et considéré comme rien : “ Ama nesciri. ” Ne vous bercez pas de mots : on veut bien être saint, on désire bien être humble, mais on craint les humiliations. Désirez les humiliations, car l’humilité, chacun la désire ! Vous avez commencé par exemple un grand travail, mais un autre en emporte les lauriers : “ Ama nesciri. ” Vous avez fait de votre mieux et vous rentrez content à la maison, mais vous êtes accueilli par un reproche : “ Ama nesciri. ” C’est en ces moments-là qu’il faut pratiquer l’humilité.

Être humble, c’est désirer l’estime de Dieu et mettre de côté celle des hommes. Promotions, popularité, estime, et autres semblables formules reçues, essayons de leur refuser toute influence sur notre cœur : “ Aimez à être ignorés et comptés pour rien. ” (Imitation de NSJC). Le Christ a bien été mis parmi les scélérats. Pourquoi aimons-nous tant, nous, à être comptés parmi les meilleurs ? Ne nous berçons pas par des mots ou de belles résolutions de retraite ! Des actes !

Mai 1918, retraite d’ordination prêchée à des séminaristes

Lundi 13 janvier

Saint Hilaire, Baptême de Notre-Seigneur

Marie, avec vous je veux suivre Jésus ; expliquez-moi ses leçons et ne me laissez pas commencer ma vie publique avant que vous ne m’ayez entièrement pénétré de l’esprit de Jésus, du zèle de Jésus, des dispositions de Jésus. » De mon “ Nazareth ” [le séminaire], saint et paisible, à travers les brumes noires du péché et à travers la nuit, je dirige le regard sur ma Jérusalem, mon monde, le coin précieux, petit, oublié, qui m’attend demain. » Je vais où Dieu m’appelle... au milieu du danger et de la souffrance, au milieu des serpents, qui séduisent avec leurs yeux et leurs gestes et oppressent avec leurs paroles. Je suis lié par les chaînes fidèles et éternelles de la chasteté, de la foi et de l’obéissance. Elles arrachent votre serviteur, l’esclave de sa Mère, des griffes des usages, du monde, de la convoitise... À Vous seul j’ai juré un serment solennel.

Journal spirituel, juin 1916

Mardi 14 janvier

Saint Hilaire

Puissions-nous être, ou puissions-nous ressembler à ces prêtres de Marie ! Marie, ayez compassion de nous ; ayez compassion des âmes ; ayez compassion de votre Église. Marie ! Marie ! Marie ! L’incrédulité et la corruption rampent par les rues des villes, par les petites portes et les grands portails, et le fléau du péché pénètre dans des millions d’âmes. La haine et l’injustice dominent les peuples et les pays. Ce qui avait été épargné pendant des siècles s’effondre. Marie ! Marie !... Le démon fera-t-il maintenant la loi dans la rue, dans le village, dans l’école, dans la maison ? Va-t-il faire disparaître le divin Évangile de votre Fils de la société et de l’esprit des chrétiens eux-mêmes ? (...) Marie, toute-puissante Médiatrice, ouvrez enfin votre Cœur aimable et vos mains bienfaisantes ! Faites descendre sur nos pauvres âmes ces grâces si longtemps attendues ! Nous voici devant vous, honteux de notre indignité, inquiets de notre nudité et de notre misère : faites de nous vos vrais esclaves. Par amour pour les pécheurs, ô Marie ! Par amour pour l’Église ! Ô Marie, Marie, par amour de Jésus ! (...) Quand écraserez-vous de nouveau, pour toujours et éternellement, la tête du serpent ? Quand Jésus régnera-t-Il enfin ainsi qu’Il le mérite ? Quand le pauvre monde répétera-t-il de nouveau avec nous votre louange et celle de Jésus : Laudetur Jesus et Maria ! Ave Maria !

Mai 1918, retraite d’ordination prêchée à des séminaristes

Mercredi 15 janvier

Saint Remi, Saint Paul, premier ermite

Dis, puis-je te dire un mot de notre petite Mère du Ciel ? Oui, n’est-ce pas ? Une fois que l’on s’est entièrement consacré à Elle, c’est-à-dire qu’on agit, pense, compatit et prie avec Elle ; une fois qu’on Lui demande, avant chaque action, comment Elle aurait agi à notre place ; une fois qu’on a pris l’habitude de lui demander son Saint Cœur pour communier dignement ; une fois que l’on a remis tous ses mérites, ses prières et ses forces entre ses saintes mains maternelles afin qu’Elle, qui connaît si bien son Fils, emploie tout cela à sa plus grande gloire ; une fois donc qu’on est totalement à Elle, tout va étonnamment bien. La paix descend alors dans le cœur, donnant de l’ardeur pour toutes les obligations et tous les sacrifices. Avec Elle on peut tout. Je suis convaincu que tu L’aimes. Je t’en supplie, dépose tes prières entre ses mains. Elle en augmentera la valeur, comme si elles sortaient de sa bouche et de son Cœur à Elle. Pense souvent à Elle. Demande-Lui constamment de t’aider, de s’agenouiller auprès de toi, de t’aider à prier et à vivre dans le recueillement et le silence.

16 mai 1912, à sœur Marie-Désirée (sa sœur)

Jeudi 16 janvier

Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, Saint Marcel Ier

À quand le temps où nous reconnaîtrons que TOUTE MISÉRICORDE ET TOUTE SAINTETÉ sont déposées en Marie et, de Marie, rayonnent sur nos âmes ?... Quand comprendrons-nous que toutes nos vertus, dons et fruits sont des émanations du Soleil divin qu’est Jésus, qui trône et brille, maintenant et toujours, en Marie et à partir de Marie ? Quand arriverons-nous à entrer en Marie, pour y devenir tout, y recevoir tout, pour lui remettre tout et tout faire en Elle ?

Je suis si souvent peiné de constater que Marie est placée à côté de Jésus, même par ceux qui lui donnent les noms de Médiatrice et de Temple de la Trinité. Marie n’est pas à part ni par elle-même : Elle est le Trône où a pris origine et d’où coule la Source de grâce éternellement jaillissante de la Trinité. Marie est le moule perpétuel dans lequel la vie et l’œuvre de grâce de Jésus ont pris forme, et par lequel il rend nos âmes conformes à Lui.

Lettre à Urbain Bauwens, 1919

Vendredi 17 janvier

Saint Antoine, Notre-Dame de Pontmain

Le 23 juillet 1918, il note dans son Journal spirituel : « Je me livre et m’abandonne à Marie comme une pierre qu’on jette à la mer. Car, plus on est uni à sa Mère, plus vite on atteint l’union à Jésus qui suit toujours, nécessairement, l’union à Marie, puisque l’esprit de Marie est l’esprit de Jésus. »

Et le 24 juillet il met dans la bouche de la Vierge Marie :

« 1° J’aime ceux qui M’aiment, parce que Je suis leur Mère véritable.

« 2° Je t’aime par gratitude, parce que tu M’aimes réellement comme votre bonne Mère.

« 3° Je t’aime, parce que tu es prédestiné et que Dieu t’aime.

« 4° Je t’aime, parce que tu t’es consacré à Moi et que tu es ma propriété et ma part d’héritage. Je t’aime tendrement, plus tendrement que toutes les mères ensemble. Ne crains rien, même pas vos étranges impressions de crainte. »

Samedi 18 janvier

Chaire de saint Pierre à Rome

Pourquoi la méditation va-t-elle parfois moins bien ?

Parce que nous attendons trop de nous-mêmes, que nous voulons trop tout faire nous-mêmes. Il faut laisser à Jésus aussi l’occasion de dire quelque chose. Et Jésus ne parle que dans le silence. Il faut donc faire silence dans notre âme : tout oublier et agir comme si Jésus et nous seuls existaient.

Quand nous nous sommes bien mis en présence de Jésus, laissons-nous regarder par le Maître ; un seul de ses regards peut tant. Il peut changer toute une vie. Voyez saint Pierre qui avait renié et abjuré son Maître, et cela après avoir vécu trois années avec Lui ! (Ne nous étonnons donc pas si nous sommes parfois infidèles : quand l’homme se fie à soi-même, il est capable du pire.)

Jésus jette un seul regard plein d’amour sur Pierre. Et qu’arrive-t-il ? “ Il se mit à pleurer et pleura amèrement. ” Plus jamais Pierre n’oublia ce regard, et sa sainte vie en fut la conséquence. Laissons-nous donc regarder et aimer par Jésus. C’est plus efficace que tous nos propres efforts et nos travaux. Lorsque Jésus regarde et aime, Il agit simultanément : son Amour est en même temps acte et don.

Octobre 1922, à un séminariste

Dimanche 19 janvier

Saint Canut, Sts Marius, Marthe, Audifax et Abacum

Peut-être ma joie vous étonnera-t-elle, mais cette vérité [médiation universelle de la Sainte Vierge] présente de telles conséquences pratiques, qu’un prêtre ne peut que se réjouir de chaque avancement en cette question. Quand ce dogme sera proclamé, nous pourrons dire aux enfants et aux âmes pieuses : “ Quoi que nous puissions faire pour notre salut, nous dépendons toujours de Marie ; quoi que nous recevions comme grâces, c’est par Marie. Le Saint-Esprit nous donne beaucoup, mais par Marie. Elle est la dispensatrice de toutes les grâces. Vous vivez et vous croissez continuellement sous l’influence et par la prière de la Très Sainte Vierge. [...]

Chers frères, souvenez-vous de cette vérité : le Règne du Christ, le Règne de l’Église est un règne de grâce, et ce Règne de grâce n’existe pas sans Marie. Vous dépendez donc en tout et toujours de votre Mère. Marie éduque les âmes qui vous seront confiées plus tard. En conséquence, votre apostolat ne dépend pas moins de Marie que de la grâce. Dans votre futur ministère sacerdotal, pensez à notre Mère qui contient en son Cœur toutes ces âmes.

23 janvier 1923

Lundi 20 janvier

Saint Fabien et saint Sébastien

Un saint fait plus par une seule parole qu’un travailleur ordinaire par toute une série de sermons. Les paroles d’un saint prêtre frappent, touchent et remuent, elles transpercent les âmes et les restaurent d’une façon étonnante, elles sont nées de la grâce, de la prière et de la pénitence, elles sont pleines de la force de Dieu. Un savant peut les imiter habilement peut-être : ce n’est que par la bouche d’un saint que Dieu parle ! Ce n’est pas vous qui parlerez (Mt 10, 20). L’érudition est une aide ; les talents naturels sont nécessaires. Mais, sans la sainteté, nous ne sommes plus ou moins que cymbale qui retentit ou airain qui sonne... Frères, ne vendez pas du clinquant, ne soyez pas des tonneaux vides. Soyez savants et ayez du talent, mais ayez surtout l’esprit de prière et de pénitence : soyez saints.

Mai 1918, retraite préparatoire d’ordination à cinq séminaristes

Mardi 21 janvier

Sainte Agnès

Mourir d’épuisement en travaillant pour les âmes, me consumer pour les âmes, ce n’est qu’un petit martyre, mais je ne me crois pas destiné à une plus haute immolation.

Pentecôte 1918

Mercredi 22 janvier

Saint Vincent, Bx Guillaume-Joseph Chaminade, Saint Parres

Avons-nous jamais levé une seule fois les yeux vers la main invisible de Jésus ? Car c’est elle qui frappe... Les personnes ne sont que des bâtons dans sa main. Il connaît le point sensible où le coup et le baume seront appliqués. Ah ! Si, par les textes de la sainte Écriture, nous regardions avec les yeux de la foi !... Ah ! Si nous avions seulement assez de foi pour tout faire collaborer “ au bien ” ! Seigneur, donnez-nous la foi et l’amour, afin que nous transformions la croix en un moyen de faire le bien. Enseignez-nous la leçon du “ sacrifice ” ! Considérer cette vie intérieure comme le critère de notre apostolat est un moyen pratique pour réussir. Utiliser le Saint Sacrifice de la messe, l’office de l’Église, la prière et la méditation comme les principales sources de notre succès, là réside l’unique secret du beau résultat qui couronne les entreprises des saints prêtres à travers toute l’histoire.

Février 1922 lettre écrite pour des prêtres :
Vie spirituelle et apostolat

Jeudi 23 janvier

Mariage de saint Joseph et de la Sainte Vierge, Saint Raymond de Pennafort

Saint Joseph a peu prêché, mais a beaucoup désiré et s’est beaucoup mortifié. Saint Joseph, le silencieux, avait des désirs qui ont mis tous les Anges en mouvement pour le Royaume de son divin Fils adoptif.

ADVENIAT REGNUM, c’était toute l’aspiration de son âme chaque fois qu’il regardait Jésus dans son berceau. Ah, ce berceau, ce premier tabernacle inanimé ! Je suis sûr que Joseph s’agenouillait, comme vous le faites devant le vrai Tabernacle. Cher Nestor, soyez simple et humble, n’ayez pas de grands projets, ne vous faites pas d’idées précises pour l’avenir, mais unissez-vous à Joseph et Marie et offrez-vous, avec Jésus pendant le sacrifice de la Messe, en désirant son Règne en vous et autour de vous. Ce sont les simples, qui ne pensent pas à eux-mêmes, qui entrent dans son Cœur. Son Cœur est son amour réel, son Règne communiqué. Cher Nestor, pas d’inquiétude mais un œil simple, et un simple grand désir du Règne !

25 mars 1922 à son frère Nestor

Vendredi 24 janvier

Saint François de Sales, Saint Timothée

Saint François de Sales dit qu’il faut faire comme les enfants, en promenade avec leur père : ils cueillent des fraises et des fleurs tout au long de la route sans lâcher sa main. Ainsi devons-nous faire dans la vie : cueillons des fleurs, puis offrons-les à notre Père. Matériellement un païen, un vaurien ou un saint peuvent faire la même action. Ce qui importe, c’est de ne pas quitter la maison du Père. Ainsi font les anges : ils s’occupent de nous tout en contemplant toujours la face du Père (Mt 18, 10). Il faut tout faire en pensant que Dieu nous regarde : c’est la simplicité d’intention. Cela ne nous empêche pas de travailler et d’écrire.

Récollection, 28 et 29 avril 1923 sur la simplicité évangélique

Samedi 25 janvier

Conversion de saint Paul

Édouard a vraiment entendu l’appel du Christ à l’âge de 14 ans, car le 3 octobre 1915, en méditant la parole adressée à saint Paul au moment de sa conversion : JE TE CHOISIS POUR MOI DE CE PEUPLE (Actes 26, 17), il écrira : « En effet, Seigneur, jusqu’à mes quatorze ans, je me croyais inaperçu au milieu du peuple fidèle, sans me douter de vos vues particulières sur moi. Mais alors, étonné et frémissant d’allégresse, j’ai senti votre doigt et votre regard fixés sur moi et, plein de joie, je vous entendis appeler par mon nom. »

Dimanche 26 janvier

Saints Timothée et Tite, Saint Polycarpe, Saint Albéric

La vraie prudence consiste en ceci : prendre Jésus seul comme Voie et comme Loi, non pas les confrères ni les coutumes païennes. Mais c’est une vie de sacrifice et de croix ? Oui, en effet. Car le disciple du véritable Prêtre est comme Lui “ signe de contradiction ”, il est moqué et méconnu, si humble, gentil et serviable qu’il soit. Que les temps qui entraînent tant de douleurs et de désordres nous procurent aussi la vraie sagesse : la folie de la Croix [...] Ce qui me remplit d’espoir, c’est la croissance constante de la vraie dévotion mariale chez nos jeunes confrères. Marie devient véritablement la Médiatrice de leur vie et la véritable forme de leur dévotion à Jésus. De Marie nous pouvons tout attendre, Jésus compris. Elle est le “ jardin de Jésus ” où nous devons cueillir toutes les vertus, tout le courage héroïque que, nous, prêtres, nous devons posséder et communiquer. Et c’est là que nous devons cueillir la plus belle fleur : le doux Jésus ! [...] Priez pour moi, c’est-à-dire pour le Règne de Marie, et bénissez-moi, frère.

Avec vous dans le sein de Marie.

mars 1920,à l’abbé De Meulemeester

Lundi 27 janvier

Sainte Angèle Merici, Saint Jean Chrysostome

Désirez-vous réellement la venue du Christ ?

Ô Croisés, pourquoi ne désirez-vous pas avec plus de ferveur sa venue réelle ? Il vient sur l’Autel pendant la Sainte Messe chaque matin. Il y vient réellement et personnellement, aussi réellement qu’à Bethléem. Il vient pour vous et vous ne le désirez pas. Il vous attend et vous ne Le recevez pas. Ne savez-vous donc pas que, pour vous et pour toute la famille spirituelle de la Sainte Église, chaque journée est un “ avent ” ? que Jésus vient tous les jours ? que vous devez Le désirer et que vous pouvez Le recevoir chaque jour ? Il vient journellement, parce que vous avez besoin de Lui chaque jour... Il vient même vous préparer chaque jour à Sa grande venue : celle du Jugement.

Si vous ne voulez pas avoir à craindre la venue de Jésus comme Juge, laissez-Le entrer en vous chaque jour comme Ami. Ainsi vous deviendrez tellement conforme à votre Ami qu’Il vous reconnaîtra immédiatement à sa dernière venue et vous placera à sa droite avec tous les enfants fidèles de sa Sainte Église. »

4 décembre 1921, premier numéro de notre Messager
(revue de la croisade eucharistique pour les adultes)

Mardi 28 janvier

Sainte Angèle Merici, Saint Jean de Capistran

Je vous supplie de commencer toutes vos prières par un petit “ coup d’œil ” sur Marie et de les terminer par un “ merci ”. Idem pour tous vos travaux. Vous pouvez parler de Marie, avec discrétion et humilité, sans faire attention à vous-même, c’est-à-dire faire attention seulement à Marie pendant que vous parlez. Vous n’êtes qu’un chiffon, tout juste bon à servir entre les mains de Marie pour dépoussiérer, ça et là, une âme. Restez un chiffon fidèle et malléable : vivez de votre consécration à Jésus et à Marie. Il est normal que la Vraie Dévotion soit combattue, même par de bonnes personnes et par des savants : c’est du beau temps pour les esclaves qui ont la foi, c’est pluie de printemps pour ceux qui comprennent quelque chose à la Croix. Les humbles, qui attendent tout de Jésus et Marie, s’en réjouissent. Ave Maria !

Ne vous préoccupez pas de l’examen : à chaque heure son petit devoir, et tout le reste entre les mains de Marie. Ne saviez-vous pas que toute votre vie est Son œuvre et que vous êtes totalement Sa propriété ? Laissez-La donc faire : Elle sait le chemin. Elle connaît Jésus et... Elle vous aime... oui, Elle vous aime. Restez petite et aimez à être inconnue comme Elle. Ave Maria ! Je vous bénis de tout cœur.

À sa sœur, fille de la Charité,
sœur Mechtilde, 31 mai 1921

Mercredi 29 janvier

Saint François de Sales

Oui, je suis persuadé que par notre simplicité, malgré les défauts de mon style ou de ma méthode, nous entrerons dans le Royaume de Dieu pour chanter un cantique nouveau dans la chambre intime de Dieu : en Marie, dans son sein. Respirons-y l’amour, l’atmosphère de Jésus. Tout enflammés de l’amour divin, nous en sortirons pour sanctifier les autres.

Laissons-nous former dans ce sein. Pour vaincre l’amour propre et le respect humain, il faut entrer dans le sein de grâce de Marie, “ le jardin clos ” (Cant 4, 12). Restez-y, vous deviendrez de petits Jésus.

Comprenons ce que Nicodème n’a pas compris : qu’il vous faut retourner dans le sein de votre Mère. On ne comprend pas du premier coup ce que c’est que de vivre “ en Marie ”, dans son sein. C’est le paradis où l’on entre en devenant comme de petits enfants. Dans l’Ancien Testament, il y avait le “ sein d’Abraham ” (Lc 16, 22), dans le Nouveau, le “ sein de Marie ”, le sein de la charité.

Récollection, 28 et 29 avril 1923

Jeudi 30 janvier

Sainte Bathilde, Sainte Martine

Regardez en esprit la personne vivante de Marie à laquelle l’image se réfère. Elle est gratia plena. Elle participe à la vie de Dieu. Vous la voyez belle par la vie de Jésus qui l’anime. Elle vous dit : “ Honorez Jésus en moi ”... Par la grâce sanctifiante, dont le terme est la gloire, la Sainte Trinité habite dans cet humble Temple. Écoutez-la vous dire : “ Templum sum Trinitatis. Adorez la Sainte Trinité dans son humble Temple ! Aula lucis fulgida... Vous verrez Marie revêtue du Soleil, irradiée par la Sainte Trinité. Ainsi vous la verrez investie d’un pouvoir qui n’est pas à côté du pouvoir de Jésus et de la Sainte Trinité. Amicta Sole. Il en est ainsi avec tous les saints, mais Marie est en outre Médiatrice : de Marie rayonne ce Soleil. C’est de ce foyer de lumière que nous vient la lumière : Elle est foyer de grâce, elle a la plénitude de la grâce, de la vie de Dieu. Laissez rayonner ce Soleil de son foyer de prédilection.

Sermon du 11 mai 1923, jour de l’Ascension, sur la dévotion à Marie

Vendredi 31 janvier

Saint Jean Bosco

À mesure que les siècles passent, votre Règne doit briller avec plus de splendeur et de gloire, vos œuvres doivent rayonner plus puissamment et plus glorieusement. Agissez Vous-même dans votre prêtre, agissez en moi ! Donnez-moi les œuvres de votre Règne ! Donnez-les-moi ! Accomplissez par moi votre œuvre divine ! [...] Jésus, régnez en moi par une foi parfaite et dans le pur amour de Marie, afin que votre promesse éternelle s’accomplisse et que votre gloire rayonne ! Ô Marie, gardez-moi avec Vous, et comme Vous, dans le Christ-Jésus, dans ses œuvres parfaites et dans la perfection de son Règne.

Quelques jours avant sa mort survenue le 10 juin 1924