Méditations quotidiennes

Les bouquets spirituels sont consacrés à Notre-Dame de Pellevoisin
en l’honneur des 150 ans des apparitions (1876)

Dimanche 1er février

Septuagésime, Saint Ignace d’Antioche

Ô ma bonne Mère, me voici de nouveau prosternée à vos pieds. Vous ne pouvez pas refuser de m’entendre. Vous n’avez pas oublié que je suis votre fille et que je vous aime. Accordez-moi donc, de votre divin Fils, la santé de mon corps pour sa gloire.

Regardez donc la douleur de mes parents, vous savez bien qu’ils n’ont que moi pour ressources. Ne pourrai-je pas achever l’œuvre que j’ai commencée ? Si vous ne pouvez, à cause de mes péchés, m’obtenir une entière guérison, vous pourrez du moins m’obtenir un peu de force pour pouvoir gagner ma vie et celle de mes parents. Vous voyez, ma bonne Mère, ils sont à la veille de falloir mendier leur pain ; je ne puis penser à cela sans être profondément affligée.

Rappelez-vous donc les souffrances que vous avez endurées, la nuit de la naissance du Sauveur, lorsque vous fûtes obligée d’aller de porte en porte demander asile ! Rappelez-vous aussi ce que vous avez souffert quand Jésus fut étendu sur la Croix. J’ai confiance en vous, ma bonne Mère ; si vous voulez, votre Fils peut me guérir. Il sait que j’ai désiré vivement être du nombre de ses épouses, et que c’est en vue de lui être agréable que j’ai sacrifié mon existence pour ma famille qui a tant besoin de moi.

Daignez écouter mes supplications, ma bonne Mère, et les redire à votre divin Fils. Qu’il me rende la santé si tel est son bon plaisir, mais que sa volonté soit faite et non la mienne. Qu’Il m’accorde au moins la résignation entière à ses desseins et que cela serve pour mon salut et celui de mes parents. Vous possédez mon cœur, Vierge Sainte, gardez-le toujours et qu’il soit le gage de mon amour et de ma reconnaissance pour vos maternelles bontés. Je vous promets, ma bonne Mère, si vous m’accordez les grâces que je vous demande, de faire tout ce qui dépendra de moi pour votre gloire et celle de votre divin Fils.

Prenez sous votre protection ma chère petite nièce, et mettez-la à l’abri des mauvais exemples. Faites, ô Vierge Sainte, que je vous imite dans votre obéissance et qu’un jour je possède avec vous Jésus dans l’éternité. »

Lettre d’Estelle Faguette à la Sainte Vierge, septembre 1875[1]

Lundi 2 février

Présentation de Jésus au Temple, Saint Théophane Venard, Sainte Jeanne de Lestonnac

Les apparitions commencèrent le 14 février 1876 et finirent le 8 décembre de la même année. Elles sont au nombre de quinze, en l’honneur des quinze mystères du Rosaire. Les huit premières eurent lieu dans la nuit et les sept autres en plein jour. Trois concordèrent avec une fête de la Sainte Vierge, savoir la septième qui eut lieu le 2 juillet, jour de la fête de la Visitation, la huitième, qui se produisit le 3 juillet, jour du couronnement de la statue de Notre-Dame de Lourdes, et la quinzième qui coïncide avec la fête de l’Immaculée Conception. Or, toutes les trois furent marquées par un détail qui mérite d’être signalé. Une guirlande ovale, se détachant sur une nuée bleue, d’un effet céleste, et composée de roses blanches, rouges, jaunes en boutons encadraient la Sainte Vierge. Les roses qui figuraient par leurs couleurs les mystères joyeux, douloureux et glorieux, exhalaient un parfum délicieux, qui n’a rien de commun avec les arômes de la terre.

Mgr Bauron, notice sur ND de Pellevoisin

Mardi 3 février

Ste Anne-Marie Rivier (Vivarais), Saint Blaise

Première apparition, dans la nuit du 14 au 15 février 1876 :

Je cherchais à me reposer, quand tout à coup apparut le diable au pied de mon lit. Oh ! que j’avais peur !. Il était horrible et me faisait des grimaces... À peine était-il arrivé que la Sainte Vierge apparut de l’autre côté, dans le coin de mon lit... Elle lui dit sèchement : « Que fais-tu là ? Ne vois-tu pas qu’elle porte ma livrée et celle de mon Fils ? » Il disparut en gesticulant. Alors elle se retourna vers moi et me dit doucement :

« Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille ?... Courage, prends patience ; mon fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours, en l’honneur des cinq plaies de mon fils. Samedi, tu seras morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire. »

Aussitôt je vis entre elle et moi une plaque de marbre blanc que je reconnus pour être un ex-voto. Je lui dis : Mais ma bonne Mère, où faudra-t-il le faire poser ? Est-ce à Notre-Dame des Victoires, à Paris ou à Pellevoi... ? Elle ne me donna pas le temps d’achever le mot Pellevoisin. Elle me répondit :

« À Notre-Dame des Victoires, ils ont bien assez de marques de ma puissance, au lieu qu’à Pellevoisin, il n’y a rien. Ils ont besoin de stimulant ».

... Je lui promis de faire ce qui dépendrait de moi pour sa gloire. Elle me dit encore : « Courage, mais je veux que tu tiennes ta promesse. »

Mercredi 4 février

Saint Jean de Britto, Sainte Jeanne de France, Sainte Véronique, Saint André Corsini

Quelle tendresse de la Sainte Vierge pour cette jeune femme malade ! Elle la prend en considération, la rassure, elle éloigne le démon et lui dit de bien accepter la volonté de Dieu. Cela ne semble pas encore tranché : son dossier n’est pas encore étudié par Jésus ! Mais elle lui dit qu’elle aura quand même cinq jours à souffrir en l’honneur des cinq Plaies de Jésus. Estelle est très nature dans toutes ses réactions !

La Sainte Vierge apparaît à cette jeune fille qui lui a écrit pour lui demander de venir à son aide et on s’aperçoit qu’Elle sait tout, y compris ce qui se passe dans l’église voisine de ce petit village de Pellevoisin. Elle trouve dommage qu’il n’y ait rien pour expliquer aux fidèles qu’ils doivent accomplir des actes d’action de grâces. Donc, si Jésus la guérit, Notre-Dame veut qu’Estelle mette un ex-voto dans l’église de Pellevoisin. La Sainte Vierge a le souci de nos petits villages de France, nos petites paroisses, celles du monde entier : nous sommes tous ses enfants et elle veut que nous ayons une attitude de reconnaissance vis-à-vis d’Elle puisqu’elle est notre Mère !

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Jeudi 5 février

Sainte Agathe

2e apparition, dans la nuit du 15 au 16 février 1876 :

La seconde nuit, je revis le diable... La Sainte Vierge parut presque aussitôt que lui et elle me dit : « N’aie donc pas peur, je suis là. Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir, il te laisse la vie ; tu seras guérie samedi. »

Là-dessus je répondis : « Mais ma Bonne Mère, si j’avais le choix, j’aimerais mieux mourir pendant que je suis bien préparée. » Alors la Sainte Vierge me dit en souriant : « Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? En te rendant la vie, ne crois pas que tu seras exempte de souffrances ; non, tu souffriras et tu ne seras pas exempte de peines. C’est ce qui fait le mérite de la vie. Si mon fils s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. N’en perds pas le fruit par ton choix. Ne t’ai-je pas dit : S’il te rend la vie, tu publieras ma gloire ? »

Le marbre blanc était présent, et à côté, autant de papier de soie blanc qu’il y avait d’épaisseur de marbre ; cela en formait une quantité. Je cherchai à soulever quelques feuillets, cela me fut impossible. La Sainte Vierge me regardait toujours souriant.

Elle me dit : « Maintenant regardons le passé. » Son visage devint un peu plus triste, mais toujours très doux. Je suis encore toute confuse des fautes que j’ai commises dans le passé et qui, à mes yeux, étaient des fautes légères. Je garde le silence sur ce que la Sainte Vierge me dit en particulier. Je dirai seulement qu’elle me fit de graves reproches que j’avais bien mérités. J’aurais voulu crier pardon ! Mais je ne le pouvais pas, ma peine était grande, j’étais stupéfaite. La Sainte Vierge me regarda avec bonté, puis elle disparut sans rien dire. Combien j’avais de chagrin !

Vendredi 6 février

Premier Vendredi du mois, Saint Paul Miki et ses compagnons, Saint Tite

Souffrir sur terre est l’état normal de la vie chrétienne !

« Si mon fils s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. » Quelle leçon pour nous dans toutes nos épreuves et les peines de la vie ! Ce qui touche le Cœur de Jésus, c’est notre résignation et notre patience, car c’est l’humilité. Celui qui veut changer les choses, qui a ses idées à lui et n’est pas soumis à la volonté du bon Dieu, celui-là attriste le Cœur de Jésus et ne reçoit pas ses grâces. Celui qui est résigné et accepte bien, il est à sa place qui est celle d’un enfant. Si on se reconnaît enfant, le Cœur paternel de Jésus est ému.

« Maintenant, regardons le passé » : examen de conscience... Il faut beaucoup méditer cela... Estelle est une bonne chrétienne, une enfant de Marie, elle est admirable de confiance. Elle trouve ses fautes légères, mais ce n’est pas l’avis de la Sainte Vierge, qui reste pleine de bonté, de douceur et souriante. Quand on a reçu de grandes grâces, qu’on est enfant de Marie, il faut faire un peu plus attention ! Nous sommes nous aussi consacrés à la Sainte Vierge ! ce qui est touchant, c’est que la Sainte Vierge sourit ! Estelle est sur le chemin du Ciel. La Sainte Vierge est une bonne Mère, elle veut que nous fassions mieux.

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Samedi 7 février

Premier Samedi du mois, Bx Jacques Salès et Guillaume Sautemouche, St Romuald

3e apparition, dans la nuit du 16 au 17 février 1876 :

La troisième nuit et la quatrième nuit, je revis le diable. Il se tenait si loin que c’est à peine si je distinguais ses gestes... La troisième nuit, la Sainte Vierge me dit : « Allons, du courage mon enfant. »

... Elle me fit de nouveaux reproches, mais avec tant de douceur que je me suis rassurée.

« Tout ceci est passé ; tu as, par ta résignation, racheté ces fautes. » Elle me fit voir quelques bonnes actions que j’avais faites. C’était bien peu de chose à côté de mes fautes. La Sainte Vierge vit bien ma peine, car elle me dit : « Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils. Ces quelques bonnes actions et quelques prières ferventes que tu m’as adressées ont touché mon cœur de Mère ; entre autres cette petite lettre que tu m’as écrite, au mois de septembre. Ce qui m’a le plus touchée, c’est cette phrase : « Voyez la douleur de mes parents, si je venais à leur manquer ; ils sont à la veille de mendier leur pain. Rappelez-vous donc ce que vous avez souffert, quand Jésus votre fils fut étendu sur la Croix. » J’ai montré cette lettre à mon fils ; tes parents ont besoin de toi. À l’avenir, tâche d’être fidèle. Ne perds pas les grâces qui te sont données, et publie ma gloire. »

Dimanche 8 février

Très Saint Cœur de Jésus et Marie, Sexagésime

La Sainte Vierge fait attention à tout : à ce qui se passe dans la paroisse de Pellevoisin, aux fautes d’Estelle, commises depuis des années et que cette dernière ne trouvait pas si graves que cela ; enfin elle lui fait voir de bonnes actions qu’elle avait faites, qui étaient si peu à côté de ses fautes... Tristesse d’Estelle à qui Notre-Dame répond : « Je suis toute miséricordieuse ». Théologiquement, cette phrase est parfaite en lien avec Fatima mais elle n’a pas été acceptée par Rome. Dans la théologie classique, Dieu est miséricordieux, la Sainte Vierge est « mère de miséricorde ». Mais elle dit bien : « Je suis toute miséricordieuse », elle est médiatrice de toutes grâces, Jésus lui a donné un Cœur Immaculé, miséricordieux comme le Sien. Tout l’ordre de la miséricorde lui a été remis.

La Sainte Vierge a été touchée par la petite lettre qu’Estelle lui a écrite ! C’est de la vraie dévotion, de la vraie piété. Ce n’est pas ce qu’on nous a expliqué au concile Vatican II, mais il n’empêche que cela a l’air d’être vrai puisque la Sainte Vierge répond ! Elle lui demande de faire encore des progrès et de publier sa gloire.

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Lundi 9 février

Saint Cyrille d’Alexandrie

4e apparition, dans la nuit du 17 au 18 février 1876 :

La quatrième nuit a été à peu près de même que les autres. Je revoyais chaque nuit ce qu’elle m’avait dit les fois précédentes. Cette nuit-là, il me sembla qu’elle resta moins longtemps. Je voulais lui demander des grâces, mais je n’ai pas pu. Mes pensées se précipitaient. Je voyais dans mon esprit les paroles que la Sainte Vierge m’avait répétées : « Ne crains rien, tu es ma fille ; mon Fils est touché de ta résignation, je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils » ; et ces mots : « Courage, patience, résignation ; tu souffriras, tu ne seras pas exempte de peines ; tâche d’être fidèle ; je veux que tu publies ma gloire ». Tout ceci et beaucoup d’autres choses passaient si vite ! Je ne puis expliquer comment. Je voyais pourtant très bien et entendais de même.

Pourquoi, pendant que la Sainte Vierge était là, qui regardait, elle qui est si bonne et douce, n’ai-je pu rien lui demander ? Elle partit comme les autres nuits, en me répétant : « Tu publieras ma gloire. »

J’essayai encore de dire : Comment ; je n’en ai pas eu le temps ; elle répondit en partant : « Fais tous tes efforts. »

Le secret de la perfection est dans ces quatre mots : faire tous ses efforts, de cœur, de volonté, dans l’action, c’est ce qui distingue les saints. C’est le moyen de ne pas perdre les grâces qui nous sont accordées. (Mgr Bauron)

Mardi 10 février

Sainte Scolastique, Saint José Luis Sanchez del Rio, Saint Arnaud

5e apparition, dans la nuit du 18 au 19 février 1876 :

La Sainte Vierge s’approcha au milieu de mes rideaux. Mon Dieu, comme elle était belle ! Elle resta longtemps immobile sans rien dire...

Je voyais ma plaque, mais cette fois elle n’était plus toute blanche. Il y avait aux quatre coins des boutons de rose d’or, dans le haut, un cœur d’or enflammé, avec une couronne de roses, transpercé d’un glaive. Voici ce qu’il y avait d’écrit : « J’ai invoqué Marie au plus fort de ma misère. Elle m’a obtenu de son fils ma guérison entière. »

Je lui ai promis de nouveau de faire tout ce qui dépendrait de moi pour sa gloire. Elle me dit : « Si tu veux me servir, sois simple et que tes actions répondent à tes paroles. »

Je lui ai demandé si, pour la servir, je devais changer de position. Elle m’a répondu : « On peut se sauver dans toutes les conditions ; où tu es, tu peux faire beaucoup de bien et tu peux publier ma gloire. »

Après un petit instant, elle me dit (à ce moment elle devint triste) : « Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on a pour mon Fils dans la Sainte Communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses. Je dis ceci pour les personnes qui prétendent être pieuses. »

Après ces paroles, elle reprit son air souriant. Je lui ai demandé si je devais parler de ce qu’elle m’avait dit tout de suite ; la Sainte Vierge me répondit : « Oui, oui, publie ma gloire ; mais avant d’en parler, tu attendras l’avis de ton confesseur et directeur. Tu auras des embûches ; on te traitera de visionnaire, d’exaltée, de folle ; ne fais pas attention à tout cela. Sois-moi fidèle, je t’aiderai. ».

Je regardais toujours ; mes yeux la fixaient sans se fatiguer, et puis tout doucement la Sainte Vierge s’éloignait. Je n’ai jamais rien vu de si beau. Petit à petit elle disparaissait, il ne restait plus que la buée (douce clarté) qui était autour d’elle, et ensuite tout disparut...

Je me sentais guérie, excepté mon bras droit, dont je n’ai pu me servir qu’après avoir reçu le bon Dieu...

Mercredi 11 février

Notre-Dame de Lourdes

Les paroles de la Sainte Vierge lors de cette 5e apparition font réfléchir : « Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on a pour mon Fils dans la Sainte Communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses. Je dis ceci pour les personnes qui prétendent être pieuses. »

Nous faisons des prières, mais il faut faire attention à nos distractions volontairement acceptées. Que nous soyons distraits, c’est dans notre nature, mais que nous entretenions ces distractions, la Sainte Vierge en est outragée... Pourquoi ? Nous sommes à genoux devant elle, elle est là, Jésus aussi, et nous sommes ailleurs : c’est indigne et c’est mentir à Dieu.

Il y a un deuxième sens plus profond qui vise les autorités de l’Église... Par exemple Léon XIII : très, très pieux et au même moment il intime l’ordre de se rallier aux francs-maçons. Et le monde entier l’a loué pour sa dévotion !

Notre Mère nous parle. Elle éduque Estelle, la corrige, l’encourage et puis elle montre combien son Cœur est préoccupé par plus grave : le salut des âmes et de l’Église.

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Jeudi 12 février

Sainte Ombeline, Sept fondateurs des Servites

6e apparition, samedi 1er juillet 1876 :

... J’étais à genoux devant ma cheminée, quand, tout à coup, je vis la Sainte Vierge tout environnée d’une douce lumière, comme je l’ai déjà vue ; seulement je la vis tout entière, de la tête aux pieds. Quelle beauté et quelle douceur ! Son cordon de taille tombait presque au bas de sa robe. Elle était toute blanche et se tenait debout. Ses pieds étaient à la hauteur du pavé ; seulement le pavé avait l’air d’être baissé. En la voyant d’abord, elle avait les bras tendus, il tombait de ses mains comme une pluie.

Elle fixait quelque chose ; puis ensuite elle prit un des ses cordons, le porta jusqu’à sa poitrine où elle croisa ses mains. Elle souriait, puis elle me dit en souriant : « Du calme, mon enfant, patience, tu auras des peines, mais je suis là. »

Le cordon qu’elle tenait retomba ; il glissa bien près de moi. Je n’ai rien dit, je ne pouvais pas parler. J’étais bien heureuse, voilà tout. La Sainte Vierge resta encore un petit instant, puis elle me dit : « Courage, je reviendrai. »

Vendredi 13 février

Bse Béatrice, Vénérable Sœur Lucie, Sainte Face douloureuse

7e apparition, dimanche 2 juillet 1876 :

... Je me suis mise à genoux et j’ai récité la moitié du Je vous salue, Marie. La Sainte Vierge était devant moi. Je n’ai pu achever, j’étais trop heureuse.... Elle était de même qu’hier, la pluie tombait de ses mains, et dans le fond clair qui l’environnait, il y avait une guirlande de roses. Elle resta quelque temps ainsi, puis elle croisa ses mains sur sa poitrine. Ses yeux étaient sur moi.

« Tu as déjà publié ma gloire. »

Là, elle me confia quelque chose dont je dois garder le secret.

« Continue. Mon fils a aussi quelques âmes plus attachées. Son cœur a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes. Par moi il touchera les cœurs les plus endurcis. » À ce moment, elle était si belle !

... Le papier que j’avais vu du 15 au 16 février me revint à l’esprit. Alors j’ai dit : Ma bonne Mère, que faudra-t-il faire de ce papier ? « Il servira à publier ces récits comme l’ont jugé plusieurs de mes serviteurs. Il y aura bien des contradictions, ne crains rien, sois calme. »

Après, je voulais lui demander encore autre chose, c’est-à-dire une marque de sa puissance. Ceci m’embarrassait, je ne savais comment lui dire. Cependant je dis : Ma bonne Mère, pour votre gloire, s’il vous plaît. Elle me comprit. Elle souriait très aimablement, puis elle me répondit : « Est-ce que ta guérison n’est pas une des plus grandes preuves de ma puissance ? Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. »

Et comme, pendant qu’elle parlait, je pensais à différentes manières dont la Sainte Vierge pouvait faire éclater sa puissance, elle me répondit : « On verra plus tard. » Puis elle resta encore un bon moment, et tout doucement elle s’éloigna.

Samedi 14 février

Saint Cyrille et saint Méthode, Saint Valentin

« Son cœur a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes. Par moi il touchera les cœurs les plus endurcis. » C’est vraiment l’annonce de la médiation de la Vierge Marie, qui sera reprise et expliquée, dont on comprendra toute l’ampleur à Fatima. C’est la gloire de la Sainte Vierge de toucher les cœurs les plus endurcis, c’est toute sa puissance.

La Sainte Vierge n’est pas venue pour faire des miracles extraordinaires, visibles ; elle est venue pour toucher les cœurs, convertir les âmes. Elle est notre Mère et veut nous donner la vie pour que nous allions au Ciel. Elle veut que notre vie corresponde à cette vie divine qu’elle nous donne : que nous nous convertissions, que nous fassions pénitence, que nous vivions de la vie du Christ et non pas de la vie du monde.

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Dimanche 15 février

Saint Claude la Colombière, Dies Natalis de notre Père, Quinquagésime

8e apparition, dimanche 3 juillet 1876 :

J’ai vu de nouveau la Sainte Vierge cette nuit. Elle était de même que l’autre nuit. Elle resta seulement quelques minutes.

Elle me dit avec un tendre reproche : « Je voudrais que tu sois encore plus calme. Je ne t’ai pas fixé l’heure à laquelle je devais revenir, ni le jour. Tu as besoin de te reposer, je ne resterai que quelques minutes. »

À cet instant, je voulais lui témoigner mon désir.

Elle me dit souriante : « Je suis venue pour terminer la fête. » Elle resta quelques minutes, puis elle partit comme les autres nuits. Il n’était pas tout à fait minuit.

Lundi 16 février

Estelle était impatiente de revoir la Sainte Vierge ! Elle devait sans cesse se demander : mais quand va-t-elle revenir ? Elle n’en dormait plus ! La Sainte Vierge veut qu’elle soit plus calme, du coup, elle ne reste que quelques minutes pour qu’elle puisse se reposer ! (Frère Pierre)

De quelle fête parle la Sainte Vierge ? Ce même jour, eut lieu, à Lourdes, le couronnement de la Vierge Immaculée par le cardinal Guibert, en présence de trente-six archevêques, et évêques, de foules innombrables, accourues du monde entier. Notre-Dame a jeté un pont entre les deux sanctuaires de Lourdes et de Pellevoisin : Elle vient à Pellevoisin comme elle est venue à Lourdes, « particulièrement pour les pécheurs ».

La huitième apparition est la dernière qui se soit produite dans les ténèbres de la nuit. La préparation d’Estelle touche à sa fin. Elle va connaître l’objet de sa mission publique.

Mgr Bauron, notice sur ND de Pellevoisin

Mardi 17 février

Sept saints fondateurs de l’ordre des Servites, Sainte Face douloureuse, Dies natalis du Père Joseph Krémer

9e apparition, samedi 9 septembre 1876 :

... Depuis plusieurs jours, j’avais le désir d’aller dans la chambre où je fus guérie. Enfin aujourd’hui, le 9 septembre, j’ai pu m’y rendre. Je finissais de dire mon chapelet quand la Sainte Vierge est venue... Elle regarda partout sans rien dire avant de me parler, puis elle me dit : « Tu t’es privée de ma visite le 15 août ; tu n’avais pas assez de calme. Tu as bien le caractère du Français. Il veut tout savoir avant d’apprendre, et tout comprendre avant de savoir. Hier encore je serais venue ; tu en as été privée. J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance. » À ce moment je compris très bien que si je ne m’étais pas soumise et si je n’avais pas obéi, j’aurais été privée de la voir davantage.

Puis elle s’arrêta et dit : « Depuis longtemps les trésors de mon fils sont ouverts ; qu’ils prient. »

En disant ces paroles, elle souleva la petite pièce de laine qu’elle portait sur sa poitrine. J’avais toujours vu cette petite pièce, sans savoir ce que c’était, car jusqu’alors je l’avais vue toute blanche. En soulevant cette pièce, j’aperçus un Cœur rouge qui ressortait très bien. J’ai pensé de suite que c’était un scapulaire du Sacré-Cœur. Elle dit en le soulevant : « J’aime cette dévotion. » Elle s’arrêta encore ; puis elle reprit : « C’est ici que je serai honorée. »

Mercredi 18 février

Mercredi des Cendres, Sainte Bernadette

Estelle a dû voir passer toutes les fêtes de la Sainte Vierge en juillet puis en août, avec l’impatience de revoir Notre-Dame. Le 8 septembre, elle a dû se dire : C’est sûr qu’Elle va venir !

Pourquoi essayer de prévoir ce que la Sainte Vierge veut ? On ne connaît pas les desseins de Dieu donc appliquons-nous à ce qu’on nous demande, à notre devoir d’état. La Sainte Vierge est une bonne directrice de conscience car souvent, dans les directions, c’est cela : il faut exhorter les fidèles à patienter, nous ne sommes pas obligés de tout comprendre tout de suite ! Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Du calme ! « Il veut tout savoir avant d’apprendre et tout comprendre avant de savoir »...

Estelle se rend compte que les paroles de la Sainte Vierge sont sérieuses parce qu’Elle veut notre bien spirituel : il faut apprendre l’humilité, l’obéissance, la soumission. Tant que nous n’aurons pas fait ce progrès, rien ne se fera et cela nous privera de grandes grâces d’union à Jésus et Marie. Nous recevons des grâces de la Sainte Vierge en proportion de notre soumission à ce qu’Elle nous demande. Si nous ne voulons pas obéir, les grâces s’arrêtent ! tant pis pour nous !

C’est dans le Cœur de Jésus que la Sainte Vierge prend tout ce dont nous avons besoin pour nous le donner. Il lui a donné sa vie pour qu’Elle nous enfante à la grâce. Pour recevoir cette vie, il faut prier !

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Jeudi 19 février

Jeudi après les Cendres

10e apparition, dimanche 10 septembre :

Le 10 septembre, la Sainte Vierge vint à peu près à la même heure. Elle ne fit que passer en disant : « Qu’ils prient, je leur en montre l’exemple. » En disant cela, elle a joint ses mains, puis elle a disparu. Le coup des Vêpres sonnait.

Elle portait le scapulaire qu’elle avait hier. Elle le portera désormais dans toutes ses apparitions. Combien de catholiques se sont fait guillotiner en France parce qu’ils portaient le Sacré-Cœur ? Le Père de Foucauld a choisi cet insigne parce que c’est le condensé de toute notre Religion. Nous voulons le règne du Cœur de Jésus ! La Sainte Vierge aime cette dévotion : c’est dans le Cœur de Jésus qu’Elle est honorée. Nous avons la réfutation totale du concile Vatican II. Le Concile nous a enseigné qu’il ne fallait pas confondre la dévotion à la Sainte Vierge avec Jésus : c’est faux ! Jésus aime Marie, Elle est dans son Cœur et Elle veut que ses enfants l’honorent dans le Cœur de Jésus. À Fatima, elle dira : « Dieu veut établir la dévotion à mon Cœur Immaculé » à l’égal de la dévotion à son Sacré-Cœur, les deux Cœurs n’en font qu’un ! C’est une gloire de porter le Sacré-Cœur, d’autant plus que le scapulaire est ce qui reste de l’habit religieux du Carmel. (Frère Pierre)

Vendredi 20 février

Saints François et Jacinthe, Sainte Couronne d’épines

11e apparition, vendredi 15 septembre :

Elle était comme toujours, les bras tendus, la pluie tombait de ses mains. Elle resta longtemps sans rien dire et avant de me parler elle tourna ses yeux de tous côtés, puis après elle me dit des choses particulières.

Elle me dit : « Je te tiendrai compte des efforts que tu as faits pour avoir le calme ; ce n’est pas seulement pour toi que je le demande, mais aussi pour l’Église et pour la France. Dans l’Église, il n’y a pas ce calme que je désire. »

Elle soupira et remua la tête, en disant : « Il y a quelque chose. » Elle s’arrêta. Elle ne me dit pas ce qu’il y avait, mais je compris tout de suite qu’il y avait quelque discorde. Puis elle reprit lentement : « Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi. »

Ensuite la Sainte Vierge me dit tristement (elle ne pleurait pas) : « Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant encore elle refuse d’entendre ! Je ne peux plus retenir mon fils. » Elle paraissait émue en ajoutant : « La France souffrira. » Elle appuya sur ces paroles. Puis elle s’arrêta encore et reprit : « Courage et confiance. » Alors, à cet instant je pensais en mon cœur : Si je dis ceci, on ne voudra peut-être pas me croire ; et la Sainte Vierge m’a comprise, car elle m’a répondu : « J’ai payé d’avance ; tant pis pour ceux qui ne voudront pas te croire, ils reconnaîtront plus tard la vérité de mes paroles. » Puis tout doucement elle partit.

Samedi 21 février

Saint Pierre Damien, Bx Noël Pinot, Samedi après les Cendres

« Dans l’Église, il n’y a pas le calme que je désire ». À qui la Sainte Vierge pense-t-elle ? La restauration monarchique vient d’échouer et c’est le début de la vraie république anticléricale. Les libéraux intriguent, s’agitent dans tous les sens pour trouver des moyens d’atténuer les persécutions et s’entendre avec le gouvernement : ils ont leur politique, la Sainte Vierge dit : du calme ! Elle a une préoccupation, une peine qu’elle ne dit pas. Au lieu d’avoir confiance en la Sainte Vierge, ces hommes ont confiance en leur diplomatie, mais cela aboutira au triomphe de Satan. Les persécutions vont commencer l’année suivante. La France a souffert et souffre encore.

« J’ai payé d’avance » : par ses souffrances unies au Cœur de Jésus, la Sainte Vierge assure son triomphe. Tant pis pour ceux qui ne veulent pas l’écouter, nous, nous continuons en sachant ce que nous avons à faire, sûrs que son Cœur Immaculé triomphera.

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Dimanche 22 février

1er dimanche de Carême, Bse Isabelle de France, Chaire de saint Pierre à Antioche

12e apparition, mercredi 1er novembre :

Depuis une quinzaine de jours, malgré tous mes efforts pour m’empêcher de penser à revoir la Sainte Vierge, je ne pouvais faire autrement ; et justement au moment où je faisais tout pour ce que je pouvais pour ne pas penser, mon cœur sautait dans ma poitrine, dans l’espoir que je la reverrais.

Enfin, aujourd’hui 1er novembre, je revis cette bonne Mère du ciel. Elle était comme toujours, les bras tendus, et portait le scapulaire qu’elle me fit voir le 9 septembre. En arrivant, comme toujours, elle fixait quelque chose que je ne pouvais pas voir ; puis elle regarda de tous côtés. Elle ne m’a rien dit. Puis elle jeta les yeux sur moi et m’a regardée avec beaucoup de bonté et partit.

Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour votre gloire.

Lundi 23 février

Saint Polycarpe, Saint Pierre Damien

La Sainte Vierge ne s’est pas montrée pendant tout le mois d’octobre qui est le mois du Rosaire ! Estelle a eu beaucoup d’occasions de désirer voir la Sainte Vierge : non, elle fait ses efforts ! elle est touchante, c’est charmant !

Ce 1er novembre, la Sainte Vierge la regarde avec beaucoup de bonté parce qu’elle fait tous ses efforts. De même, il y a une intimité entre nous et la Sainte Vierge et il faut penser qu’Elle nous sourit quand nous faisons nos efforts, malgré tous nos défauts. Elle est contente !

Notre-Dame n’a rien dit pendant cette 12e apparition, ce qui causa un profond chagrin à Estelle, qui lui renouvela sa promesse de travailler pour sa gloire.

Estelle expliqua le regard mystérieux de la Sainte Vierge sur quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir : « ... Il me semblait qu’elle devait contempler son Divin Fils. »

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Mardi 24 février

Saint Mathias

13e apparition, dimanche 5 novembre :

Vers 2 h et demie, je suis allée dans ma chambre pour dire mon chapelet et lorsque je l’eus fini, je vis la Très Sainte Vierge. Elle était belle comme toujours. En la voyant je pensais que j’étais bien indigne de ses grâces et que tant d’autres que moi méritaient plus que moi ses faveurs et pouvaient davantage publier sa gloire. Alors elle me regarda et sourit en me disant : « Je t’ai choisie. » Oh ! que j’étais heureuse ! Quelle bonté dans son regard, et quelle miséricorde ! Elle portait son scapulaire ; comme il était beau !

Elle s’arrêta un moment et reprit toujours en souriant : « Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire. »

Elle s’arrêta encore et me dit : « Courage, le temps de tes épreuves va commencer. »

Puis elle croisa ses mains sur sa poitrine et partit.

Mercredi 25 février

Mercredi des Quatre-Temps, Bse Isabelle de France

« Je t’ai choisie. » : quelle parole magnifique ! Les religieux et les religieuses peuvent se le dire en toute vérité car c’est le mot même de la vocation ! C’est vrai aussi des phalangistes, car c’est une vocation qui n’est pas donnée à tout le monde.

« Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire. » Que c’est rassurant ! Nous ne sommes rien et pas meilleurs que les autres. La Sainte Vierge ne nous flatte pas, elle choisit les petits et les faibles. (Frère Pierre)

Estelle, dans son récit, s’applique à observer plusieurs fois combien le rouge du scapulaire du Sacré-Cœur tout enflammé est beau et comme vivant sur la blanche poitrine de Marie, qui le couvre de ses mains pour indiquer qu’elle l’aime et le protège ! C’est l’union de l’amour parfait et de la pureté idéale s’offrant aux hommes pour les secourir et les sauver. (Mgr Bauron)

Jeudi 26 février

14e apparition, samedi 11 novembre :

J’avais fini de dire mon chapelet et dit un Souvenez-vous à cette bonne Mère, lorsqu’elle est venue. Elle était comme les autres fois, les bras tendus et avait son scapulaire. (Qu’il est donc beau, comme il ressort sur sa poitrine !) En arrivant, comme toujours, elle resta un bon moment sans rien dire, puis elle me regarda et me dit quelque chose pour moi. Puis elle me dit : « Tu n’as pas perdu ton temps aujourd’hui ; tu as travaillé pour moi. » (J’avais fait un scapulaire.) Elle était souriante, puis elle ajouta : « Il faut en faire beaucoup d’autres. »

Elle s’arrêta assez longtemps, et après elle devint un peu triste, et me dit : « Courage » Et puis elle partit, en croisant ses mains sur sa poitrine. Elle cacha entièrement son scapulaire.

Le scapulaire du Cœur de Jésus est sur la poitrine du Cœur de la Sainte Vierge qui nous dit qu’Elle est honorée dans le Cœur de Jésus : c’est un Cœur à Cœur qui a pour but de nous donner la vie. C’est le Cœur à Cœur eucharistique de Jésus et Marie. (Frère Pierre).

Vendredi 27 février

Vendredi des Quatre Temps, St Gabriel de la Vierge des Douleurs, La Lance et les Clous sacrés de NSJC, Bse Marie de Jésus Deluil-Martiny

15e apparition, vendredi 8 décembre :

Aujourd’hui après la grand-messe, j’ai revu cette douce Mère. Elle était plus belle que jamais ; il y avait autour d’elle sa guirlande de roses, comme au mois de juillet. En arrivant, tout d’abord, elle resta sans rien dire comme les fois précédentes ; puis elle me dit : « Ma fille, rappelle-toi mes paroles. »

À ce moment, je les revis toutes depuis le mois de février... La Sainte Vierge me regardait toujours ; elle me dit : « Répète-les souvent ; qu’elles te fortifient et te consolent dans tes épreuves. Tu ne me reverras plus. » Alors je me suis mise à crier : Qu’est-ce que je vais devenir sans vous ma Bonne Mère ? La Sainte Vierge m’a répondu : « Je serai invisiblement près de toi. »

Je voyais à cet instant, dans le lointain, à gauche, une foule de gens de toute sorte ; ils me menaçaient et faisaient des gestes de colère. J’avais un peu peur. La Sainte Vierge souriait ; elle me dit : « Tu n’as rien à craindre de ceux-ci. Je t’ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion. »

La Sainte Vierge tenait son scapulaire des deux mains. Elle était si encourageante, que je lui dis : « Ma bonne Mère, si vous vouliez me donner ce scapulaire ? » La Sainte Vierge n’eut pas l’air d’entendre. Elle me dit en souriant : « Lève-toi et embrasse-le. » Oh ! alors je me suis levée vivement. La Sainte Vierge se pencha vers moi et je l’ai embrassé. Ce fut pour moi un moment de délices. Puis la Sainte Vierge se releva, et me dit, en parlant de son scapulaire : « Tu iras toi-même trouver le Prélat, et lui présenteras le modèle que tu as fait. Dis-lui qu’il t’aide de tout son pouvoir, et que rien ne me sera plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon fils reçoit dans le sacrement de son amour. Vois les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec confiance et qui t’aideront à le propager. »

En disant ceci, la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces écrites telles que : piété, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot toutes sortes de grâces plus ou moins fortes. Puis la Sainte Vierge ajouta : « Ces grâces sont de mon fils ; je les prends dans son Cœur ; il ne peut me les refuser. »

Alors je dis : ma bonne Mère, que faudra-t-il mettre de l’autre côté de ce scapulaire ? La Sainte Vierge me répondit : « Je le réserve pour moi ; tu soumettras ta pensée, et l’Église décidera. »

Je sentais que cette bonne Mère allait me quitter et j’avais du chagrin. Elle s’élevait doucement ; elle me regardait toujours, et me dit : « Courage. S’il ne pouvait t’accorder tes demandes (la Sainte Vierge parlait du prélat), et qu’il s’offre des difficultés, tu irais plus loin. Ne crains rien, je t’aiderai. » Elle fit le demi-tour de ma chambre, et disparut à peu près où était mon lit.

Samedi 28 février

Samedi des Quatre-Temps

Ces apparitions sont une belle leçon de la Sainte Vierge pour nous convaincre de sa présence intime dans chacune de nos vies. Ses demandes sont précises pour le bien de nos âmes. Comprenons qu’il faut acquérir cette résignation d’abord. Estelle était résignée et cela touchait le Cœur de Jésus, la Sainte Vierge va lui apprendre ensuite à rester calme, à tout accepter avec soumission de ce que Jésus et Marie veulent pour elle. Enfin, elle l’encourage à faire des actes de piété et des bonnes actions. Estelle voit la Sainte Vierge lui sourire. Nous avons donc à bien nous appliquer à notre conversion, à faire pénitence comme la Sainte Vierge l’a expliqué en détail à sœur Lucie. Cela ne vient pas tout de suite, il faut faire nos efforts. Quand on s’applique à faire ses efforts, la Sainte Vierge nous sourit.

Nous savons ce que la Sainte Vierge aime : porter le scapulaire du Sacré-Cœur ; et ce qui l’inquiète : le salut des âmes, le sort de la France et surtout le sort de l’Église. Comme de bons enfants, nous voulons partager ses inquiétudes et tout faire pour La consoler davantage : Elle a tellement de peines, d’inquiétudes et de souffrances ! Que tout ce qui nous arrive dans notre vie quotidienne nous serve à La consoler et à Lui faire plaisir. Nous sommes choisis par Jésus et Marie pour connaître ces volontés du Ciel, en vivre, et pour faire du bien autour de nous. Enfin, aller La voir au Ciel !

Frère Pierre de la Transfiguration, conférence du 15 août 2003

Paroles de la Sainte Vierge

  • Tu sais bien que tu es ma fille ; je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils. (Février 1876)
  • Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on a pour mon Fils, dans la sainte Communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses.
  • Son Cœur a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes. Par moi, il touchera les cœurs les plus endurcis. Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. (Juillet 1876)
  • Puis les paroles du mois de septembre : « les trésors de mon Fils sont ouverts, qu’ils prient » et montrant son scapulaire : « J’aime cette dévotion. C’est ici que je serai honorée. » Suivirent ses recommandations pour l’Église et pour la France : « Je recommande le calme, non seulement pour toi, mais encore pour l’Église et pour la France. »
  • « Je t’ai choisie, je choisis les petits et les faibles pour ma gloire. » (Novembre 1876)

[1]. Le récit des apparitions est tiré de l’ouvrage de Marie-Réginald Vernet : La Vierge à Pellevoisin, Mère de Miséricorde et Mère de l’Église.