Méditations quotidiennes

Vendredi 1er novembre

Toussaint, Premier Vendredi du mois

Ah ! que vous m’apprenez à être paisible et confiant dans les persécutions. Je fixerai les yeux de mon cœur sur la Vierge Marie et saint Joseph, l’homme juste, parce qu’ils étaient de ces bienheureux, les premiers de cette troupe innombrable qui ont entendu ces béatitudes et les ont mises en pratique avec vous à Nazareth, vous en donnant l’exemple, si j’ose dire, vous en montrant la réalisation incomparable. Je méditerai sur la Sainte Famille pauvre, affamée, pleurant, persécutée à Nazareth, et cela me donnera plus de courage pour entrer résolument dans cette vie évangélique des Béatitudes.

Notre Père, oraison du 10 février 1980

Samedi 2 novembre

Commémoraison de tous les fidèles défunts, Premier Samedi du mois

Terrible, que la mort pourtant est émouvante et belle pour le chrétien ! C’est ainsi que d’avance j’aime à considérer cette mort que Vous me donnerez ; je veux aller courageusement à sa rencontre inéluctable les yeux ouverts. Je la voudrais sainte, ô mon Jésus, je la voudrais pleine d’amour et de confiance, je la voudrais grave et recueillie, je l’accepte d’avance telle que Vous la disposerez et je suis sûr qu’elle sera pour moi, si déroutants qu’en soient le temps, le mode et les circonstances, l’ultime manifestation de votre Sagesse insondable et de votre Miséricorde à mon égard. (...) Donnez-moi, ô Jésus, mon Sauveur, mon Unique, mon Bien-aimé, donnez-moi cette sainte mort qui puisse être pour moi l’acte, enfin, d’un parfait amour !

Notre Père, page mystique no 82
La meilleure mort, octobre 1975

Dimanche 3 novembre

Saint Martin de Porrès, Saint Hubert

L’histoire de Zachée est simple comme bonjour, mais c’est extraordinaire ! Il faut que nous nous disions, chacun d’entre nous : Jésus m’aime de la même manière. Je pense à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui était un peu jalouse de toutes ces pécheresses de l’Évangile : et nous autres alors, demande sainte Thérèse ? Elle a trouvé le moyen, elle est plus fine qu’on ne le croit ! C’est la grandeur de l’amour de Jésus pour chaque âme qui est véritablement mesurée non pas au péché qu’elle a commis mais à son humilité. Et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui n’en avait point commis du tout, se disait : si Dieu ne m’avait pas entourée de sa miséricorde, je serais la pire des pécheresses. Traduisant cela dans notre vie, que nous nous sentions aimés de lui, aimés de Jésus. Sentons-nous attirés par Jésus-Christ, pour aller pleurer dans l’église, nous confesser ; il nous recevra avec miséricorde. Et si nous ne sommes pas de grands pécheurs, il faut vous dire que ce n’est pas une raison pour penser que Jésus est indifférent à chacun d’entre nous. Au contraire, c’est parce qu’il nous a tellement plus aimés, qu’il a permis que nous ne péchions point.

Notre Père, 1er avril 1993

Lundi 4 novembre

Saint Charles Borromée

Nous sommes de la famille de la Sainte Vierge, elle est la porte du Ciel pour nous. La pensée de l’enfer est une chose tellement horrible qui faisait dire au Père qu’il ne pouvait le souhaiter à ses pires ennemis, c’est trop affreux ! C’est à cause de ça qu’il nous avait appris à pardonner à tous. La première strophe de l’Ave maris Stella chante la Vierge comme l’  heureuse porte du Ciel ”, Felix cæli porta. Saint Charles Borromée fit placer l’image de la Sainte Vierge au-dessus de la porte de toutes les églises de son diocèse de Milan, afin que ses fidèles aient accès à Dieu par la porte qu’est Marie. Stella matutina, Étoile du matin. Notre Père espérait bien passer devant elle après sa mort.

Frère Bruno de Jésus-Marie,
15 septembre 2016

Mardi 5 novembre

Sainte Sylvie, Saintes Reliques

Si nous sommes tellement heureux de voir toutes ces figures, toutes ces faces humaines qui sont pour nous les apparitions humaines du Christ et qui sont les arrhes, le début de la vision du Christ lui-même et de la Vierge Marie, que sera-ce au Ciel ! Si au Ciel, nous commençons par rencontrer tous nos amis, tous nos proches, tous nos bien-aimés qui nous accueillent avec une joie que nous ne supposions pas, qui n’en pouvaient plus d’attendre le jour où nous serions revenus auprès d’eux, si nous avons cette joie débordante, que sera-ce quand nous tous ensemble, nous regarderons Jésus et sa Mère se donner les mêmes embrassements et les mêmes regards attendris. C’est le Ciel et l’on ne craindra plus jamais de perdre ce bonheur qui durera toujours, toujours, toujours.

Notre Père, 8 novembre 1991

Mercredi 6 novembre

Bx Martyrs d’Espagne (1936-1939)

Les vocations imparfaites, Notre-Seigneur n’en veut pas. Celui qui a mis la main à la charrue ne regarde plus en arrière. Ce qui fait que l’Évangile prend à la gorge, l’Évangile nous sert le cœur. L’Église doit prêcher cet Évangile de Notre-Seigneur luttant presque comme un taureau dans l’arène. Mais le psaume l’a dit : comme un homme qui est aux prises avec des buffles, avec des taureaux mugissants et des chiens dévorants, comme un martyr dans le Colisée, livré aux bêtes féroces. Notre-Seigneur est ainsi, qui se défend contre tous ses ennemis : les hérodiens, les sadducéens, les pharisiens, les scribes et les grands prêtres. Il est seul, seul avec son petit troupeau qui a peur. Et Notre-Seigneur les affronte parce que telle est la volonté de son Père et qu’Il est venu ici-bas pour faire la volonté de son Père. Instaurer le Royaume ne peut se faire que dans les larmes, le sang, la persécution et finalement dans la mort. Voilà l’Évangile, et si cette vie de Notre-Seigneur est telle, c’est parce qu’elle est un signe de ce que sera toute l’histoire du monde, toute l’histoire de l’Église jusqu’à la fin des temps.

Notre Père, les vérités de notre credo, octobre 1968

Jeudi 7 novembre

Dies natalis du Père Constant Lievens

C’est Toi qui m’a choisie, c’est Toi qui m’a cherchée comme ta créature aimée, pécheresse pourtant, brebis et drachme perdue de ton Évangile. Ainsi me suis-je sentie entourée d’une invisible sollicitude, aimée avant de connaître le prix d’un tel Amour, avant d’avoir songé que ce puisse être de Toi, et sans l’avoir ambitionné ni mérité. Qu’il est doux pour une fragile créature d’être soutenue, guidée, sans cesse réconfortée par un Seigneur si puissant qui la tient dans sa pensée et la garde dans son cœur en raison de son inexplicable amour ! (...) Alors je n’eus plus que ton amour au cœur. C’était une force qui transfigurait toute ma vie. J’ai connu ce qu’est l’union d’un Dieu à sa créature, intime, tranquille, victorieuse de tout obstacle parce que rien ne résiste à son empire. J’étais conscient de ton envahissement. (...) Mourir n’est rien, si c’est me débarrasser de tout ce qui n’est pas Toi et de ne plus m’embarrasser même de moi ! Être à Toi, paisiblement, saintement, pour Toi seul ! Ah, tu as réussis ce que tu voulais !

Notre Père, page mystique no 98
Jésus mon bonheur, juin 1977

Vendredi 8 novembre

Ste Élisabeth de la Trinité, Bx Jean Duns Scot

La leçon est claire : les gens du monde, les fils de ce monde, sont bien avisés pour faire des affaires au mieux de leurs intérêts temporels, qui sont les seuls qui comptent pour eux. Si nous avions la foi, que Jésus cherche à nous inculquer, si nous pensions à gagner le Ciel, le seul trésor qui compte, nous ferions comme cet intendant qui sacrifie, pour se tirer de là, tout, tous ses intérêts. Depuis, nous en avons eu mille exemples dans l’histoire de l’Église, comme saint François d’Assise qui n’hésite pas à se dépouiller de toutes ses richesses, malgré les malédictions de son père. Il sait ce qu’il veut, ce qu’il cherche et rien ne lui coûte. Puisque les fils de ce siècle n’hésitent pas à étouffer la voix de leur conscience pour gagner de l’argent, pourquoi n’oserions-nous pas perdre un peu d’argent pour gagner plus sûrement le Ciel ? C’est limpide, c’est évident. Comment se fait-il que nous résistions à cette leçon avec tant d’acharnement ? Serions-nous moins préoccupés du Jugement de Dieu que cet intendant l’est du jugement de son maître ? Jugement de Dieu qui sera aussi irrévocable ; nous serons indéfendables. Il ne faudra pas essayer de se défendre auprès de Dieu. Si nous sommes mis à la porte du Ciel, comme ce sera plus terrible que d’être mis à la porte d’une gérance d’un domaine !

Frère Bruno de Jésus-Marie, 29 juillet 2001

Samedi 9 novembre

Dédicace de la basilique du Saint-Sauveur

La fête de la Dédicace de la Basilique du Saint-Sauveur a un accent particulier dans nos souvenirs de pèlerins, ou nos méditations des Saintes Écritures. Le Saint-Sauveur, c’est une appellation du Seigneur qui est extraordinairement respectueuse, extraordinairement affectueuse et extraordinairement pathétique. Elle s’apparente à l’autre nom de Notre-Seigneur, celui du Bon Pasteur. Le Bon Pasteur, ce n’est pas le Christ-Roi. On pourrait méditer chaque titre de Jésus, l’un après l’autre dans leurs différences, leurs couleurs, leurs messages particuliers. Ces deux noms sont très doux aux âmes : le Bon Pasteur, le Saint-Sauveur. Pensons à ces deux mots : Saint Sauveur, Bon Pasteur, mais en les armant, les ornant tout à la fois des signes de la Passion du Christ et aussi des couronnes de ses diverses appellations. Il est Roi des rois, Seigneur des seigneurs.

Cette année encore, la fête du Saint-Sauveur nous donnera du courage dans l’amour très intime, très fraternel des brebis et de leur bon Pasteur et des pauvres pécheurs qui retrouvent la joie dans celui qui est leur Saint Sauveur.

Notre Père, 9 novembre 1999

Dimanche 10 novembre

Saint Léon le Grand, Saint André Avellin

Désormais je saurai aimer qui vous voudrez, sans mesure, sans fin. Et ceux que mon cœur par aventure s’attachera encore, me méfiant de moi-même, je n’aurai de cesse que je les aie ramenés dans le courant du large fleuve de votre charité. Je commence à comprendre que mon cœur n’est qu’un reposoir pour le vôtre, et que nous tous, chacun pour les siens, nous sommes les relais de votre charité, seule parfaite, seule universelle, seule totale, infinie. Je pensais perdues tant de beautés entrevues, annulées tant de montées ensemble vers les cimes exaltantes. J’apprendrai au Ciel que d’autres devaient accomplir ce que j’ai regretté et que j’ai pu faire le bien dont d’autres avaient rêvé. C’est votre Cœur qui est un océan de miséricorde et de joie, dont les nôtres ne sont que les reflets passagers. Encore heureux si nous savons aider à ces créations merveilleuses, appelés à y trouver la joie, la souffrance et la gloire.

Notre Père, Page Mystique No 48
Le baptême, « aime comme tu es aimé », août 1972

Lundi 11 novembre

Saint Martin

Le 11 novembre est toujours pour moi une source d’émotion parce qu’il se trouve qu’aujourd’hui est la fête de saint Martin, convertisseur des campagnes de France et que c’est aussi le souvenir de cette victoire de l’armistice de 1918. Saint Martin a évangélisé cette admirable campagne française ! Merveille que cette campagne française et ce peuple qui l’habite, ces paysans. Paysan, celui qui est du pays, qui est là sur sa terre. Cette campagne française est féconde, cette campagne française est un réservoir d’énergie morale, d’énergie religieuse et puis de santé de la race, de prospérité de la race. On ne reconnaît plus notre campagne aujourd’hui ; elle est devenue anticléricale ; elle l’a payé par un million et demi de morts en 14-18. Elle est revenue un peu à la religion, arrive une seconde guerre et des révolutions, coup sur coup ; qu’est devenue notre pauvre paysannerie ? Elle est à deux doigts de mourir et si elle meurt, la France mourra avec elle ; si elle meurt, la religion mourra avec elle. Saint Martin, le maréchal Pétain : ce sont deux grands personnages vers lesquels je me tourne avec admiration pour retrouver aujourd’hui un peu de sagesse. Sans l’un et sans l’autre, il n’y a pas de salut, ni pour les familles, ni pour les professions, ni pour les villages, ni les régions, ni les provinces, ni la nation tout entière. Vous préférez la mort ? Il faut revenir à tout cela, prions que Dieu nous le donne afin de ne point mourir.

Notre Père, 11 novembre 1991

Mardi 12 novembre

Saint Josaphat, Saint Martin Ier

Saint Josaphat, évêque et martyr : c’est aussi un Polonais. Il ressemble comme un frère religieux, comme un compatriote à saint Maximilien. Sa vie est admirable. Lui aussi aimait la Sainte Vierge, lui aussi est mort d’une manière tragique pour sa foi. Nous n’avons qu’à nous dire : s’il y a tant de saints dans cette voie, elle est très sûre et ne changera pas. Il n’y a pas deux manières de chrétiens, il n’y en a qu’une, c’est d’imiter Jésus-Christ, d’être plein de compassion pour la Sainte Vierge, d’obéir à l’Église. Cette voie est claire. C’est vraiment la vie, la voie, la vérité. C’est Jésus-Christ qu’il faut aimer, servir, imiter et pour qui nous devons être prêts à donner notre vie entière avec la protection et bénédiction de la très Sainte Vierge Marie, l’Immaculée.

Notre Père, 14 novembre 1997

Mercredi 13 novembre

Saint Brice, Saint Didace

Je crois, Seigneur, mais augmentez ma foi et ma foi me fera voir, à travers les signes et les mystères, l’essentiel qui est invisible aux yeux. J’irai dans la sûreté de la foi et je m’éloignerai des pièges de la sensibilité. Je gagnerai tous les mérites de ceux qui croient sans avoir vu et qui, de la foi à la foi, de clartés en clartés, s’acheminent vers la Vision bienheureuse d’une Communion éternelle. Voir, ah ! voir Dieu sans voile, Vous voir, Vous contempler, me nourrir encore et encore de la beauté de votre visage, de la douceur de votre voix, de la sagesse profonde de vos paroles, aimer dans un face à Face heureux, tel est mon désir. Mais s’il faut pour y atteindre avancer toute une vie dans la privation et l’obscurité de la foi, fortifiant ainsi le regard intérieur, alors je veux, Seigneur, que vous me demeuriez caché sous les voiles de votre Corps eucharistique et de votre Corps mystique jusqu’au jour bienheureux où, des yeux de l’esprit et des yeux du corps, enfin je vous verrai !

Notre Père, page mystique no 7
Mon Seigneur et mon Dieu, que je vous voie ! Noël 1968

Jeudi 14 novembre

Saint Josaphat, Toussaint du Carmel, Saint Montan (Vivarais)

Ces jours-là sont des angoisses de ténèbres, d’apostasie. Le Fils de l’homme, c’est Jésus-Christ et vous voudrez voir un peu la clarté du règne du Christ. Il ne sera pas donné. Tout d’abord, il faut que Jésus souffre beaucoup, meure et soit rejeté par cette génération. Là, il semble que ce soit cette génération des derniers temps qui sera apostate. Dans ces moments tellement mauvais, qui seront d’apostasie générale, on voudrait bien voir un peu la lumière du Christ, du Fils de l’homme, un jour et on n’en verra point. Au lieu de vous désoler et de vous désespérer comme les non-chrétiens, gardez votre espérance ; au contraire, redressez-vous, car voici qu’approche votre délivrance, c’est-à-dire la venue en gloire du Christ pour condamner les méchants, pour sauver les bons.

Notre Père, 24 novembre 1985

Vendredi 15 novembre

Saint Albert le Grand, Bse Marie de la Passion

Premier châtiment annoncé dans le discours eschatologique : la destruction de Jérusalem. C’est tellement clair que, par le seul fait de la destruction prédite par Jésus et réalisée exactement, les juifs devraient se convertir. S’ils ne se convertissent pas, à travers les siècles, ils sont tous absolument, individuellement, et en bloc, fautifs. Jésus leur a laissé, avec sa mort et sa résurrection, trente-six preuves de la vérité de sa mission. Hostiles, ils sont punis de siècle en siècle pour leur obstination.

Mais, d’après l’Apocalypse, nous savons que ce que Jésus a dit du peuple juif était dit d’une manière un peu figurée parce que cela devait coller aussi pour l’empire romain. Sous la persécution de Néron, saint Jean a écrit une Apocalypse, c’est-à-dire qu’il a découvert l’avenir en un discours sur la fin des temps où il met en comparaison la trahison des juifs suivie de la destruction de Jérusalem avec la trahison des nations, des peuples païens convertis. Ils se convertiront, renieront Jésus-Christ et seront pris un jour dans le même châtiment. C’est tellement clair que, lorsqu’on le lit avec cette clé, on ne peut plus douter qu’il ne faut pas se moquer de Dieu plus longtemps. Cela tombe exactement dans notre actualité.

Notre Père, 3 décembre 1995

Samedi 16 novembre

Sainte Gertrude, Sainte Marguerite d’Écosse

« Vers Vous se tourne mon cœur.
Qu’une force d’ardent amour
A fondu en un seul désir. » (sainte Gertrude)

Ce sont « les ardeurs plus vives d’un amour plus profond », dont parle saint Jean de la Croix. (...) Cet amour est si ardent en sainte Gertrude qu’il fait de son cœur un seul désir. Il fait fondre son cœur en une seule flamme, un seul désir : aimer Jésus.

« S’il se porte vers quelque autre hors de Vous,
Qu’il soit aussitôt sans vie. »

Remarquez qu’il y a le “ hors de Vous ”. J’aime cet “ hors de vous ” qui veut exclure les amitiés, les attachements, les amours désordonnés qui sont hors de la volonté de Dieu ! Si mon cœur se porte vers quelqu’un hors de Jésus, qu’il soit aussitôt sans vie, qu’il meure plutôt ! Seulement, cela n’exclut pas tous ceux qui vivent dans le Cœur de Jésus, où je les rencontre.

« Car en Vous est l’éclat de toutes les couleurs,
La saveur de tous les goûts,
Le parfum de toutes les odeurs,
Le charme de toutes les harmonies,
La fraîche suavité des intimes étreintes. »

C’est charmant ! C’est une profusion de la lumière ; et la lumière, c’est Dieu.

Notre Père, 16 novembre 1994

Dimanche 17 novembre

Ste Élisabeth de Hongrie, St Grégoire le thaumaturge

Je n’ai gardé de tant de jours et d’années qui bientôt feront la somme de mon service, que cette poignée de perles, de rubis, de diamants : les larmes et le sang de mon cœur et de ma chair, dans les persécutions. Alors, Seigneur crucifié, Roi des martyrs et des confesseurs, fermez vos oreilles aux jappements satisfaits de ma chair comblée, écoutez plutôt la prière que dicte à mon âme votre Esprit-Saint. Soyez assez bon pour m’unir plus intimement, pendant qu’il en est encore temps car déjà le jour baisse, à votre sainte et très douloureuse Passion. Puisqu’il faut mourir, et tant mieux ! puisqu’il est juste et bon, équitable et salutaire pour chacun de nous, pauvres pécheurs, de souffrir de quelque croix, que votre volonté se fasse et non la mienne ! Donnez-moi de partager le pain d’amertume que mangent dans les larmes vos membres souffrants aujourd’hui encore en maints lieux de la terre.

Notre Père, page mystique no 50
Le baptême, « soyez marqué du signe de la croix », octobre 1972

Lundi 18 novembre

Dédicace des basiliques des Saints Pierre et Paul, Bses Visitandines de Madrid, Ste Rose-Philippine Duchesne

Au-delà de la mort est la lumière et la paix, le lieu du rafraîchissement et du bonheur auprès de Dieu. Ceux que nous avons perdus ne sont pas perdus pour toujours. Ils sont entrés dans la vraie vie, ils nous ont précédés dans la vraie vie. Voilà ce que nous croyons. Et si c’est dur parce que cela va contre toutes nos certitudes naturelles, tous nos désirs humains, immédiats et terrestres, c’est profond, mais c’est plus sûr encore que ce que nous croyons tenir ; tous les biens d’ici-bas, on peut les perdre, mais les biens de la vie éternelle, on les a pour l’éternité. Alors, disons, ce soir, en chantant ces vêpres : « Seigneur, faites que je voie ! Seigneur, donnez-moi la lumière ! » C’est bien l’antienne que nous chanterons au Magnificat : « Que veux-tu que je te fasse, mon ami ? Seigneur, que je voie ! – Eh bien, vois, ta foi t’a sauvé ! » Et aussitôt, il vit et il suivait Jésus en louant Dieu.

Puissions-nous, nous aussi, voir cette lumière surnaturelle et alors, nous serons plus attachés à Jésus que jamais et, même dans nos épreuves et nos tristesses, nous chanterons les louanges de Dieu très bon !

Notre Père, 25 février 1968

Mardi 19 novembre

Sainte Mechtilde, Saint Tanguy,  Sainte Élisabeth de Hongrie

Je resterai avec toi comme un père avec son fils en te donnant part à l’héritage céleste que je t’ai acquis par mon Précieux Sang, et à ce que j’ai fait pour toi pendant 33 ans. Tu recevras tout cela en propriété. Je resterai encore avec toi comme un ami avec son ami. Celui qui a trouvé un ami fidèle cherche refuge auprès de lui dans toutes ses nécessités, ne le quitte point. Ainsi, tu trouveras en moi qui suis l’ami le plus fidèle, un refuge assuré.

Dans ta faiblesse, tu peux toujours t’en remettre à moi parce que je t’aiderai en tout, en toute fidélité. Je demeurerai aussi avec toi comme un époux avec son épouse. Entre eux, il ne peut y avoir de séparation si ce n’est en cas de maladie. Or, si tu es malade, je suis le plus habile des médecins, je te guérirai de tous tes maux. Ainsi, aucune séparation n’est possible entre nous car il y a mariage indissoluble et éternelle union.

Enfin, je resterai avec toi comme un voyageur avec son compagnon. Si l’un des deux porte un trop lourd fardeau, aussitôt l’autre l’en décharge, le soulève avec lui. Ainsi, je serai si assidu à porter tous les fardeaux avec toi qu’ils te paraîtront légers.

Notre-Seigneur à sainte Mechtilde

Mercredi 20 novembre

Saint Edmond, Saint Félix de Valois

Nous n’avons pas le droit de devenir des citoyens décérébrés, dénationalisés, déchristianisés, des dilettantes dans la vie, parce que c’est une trahison et que nous serons jugés selon la parabole des talents, selon les richesses que nous aurons reçues.

Je pourrais dire, paraphrasant la phrase de Notre-Seigneur : « Il y aura beaucoup d’Indiens, il y aura beaucoup d’Esquimaux et il y aura beaucoup de peaux rouges et de peaux noires qui vous passeront devant dans le Royaume de Dieu, parce qu’ils n’avaient rien reçu que de la barbarie et, cependant, ils ont été fidèles à leur conscience. Et vous, Français, qui avez tout reçu dans votre berceau, toutes les richesses humaines et divines, qu’en avez-vous fait ? Ah ! je ne voudrais pas entendre cette parole du Christ à la fin de ma vie ! Au contraire que nous puissions dire : cela, nous l’avons recueilli, et nous avons été heureux de tant de richesses, Seigneur, que vous nous avez données. Vous nous aviez donné dix talents, en voici dix autres que nous avons produits avec ceux-là. »

C’est notre ultime prière. Demandons à Dieu d’être conscients de nos richesses spirituelles et temporelles, et demandons-lui le courage d’y être fidèles, de les servir, afin de les donner à la génération future.

Notre Père, 26 mai 1980

Jeudi 21 novembre

Présentation de la Très Sainte Vierge Marie

La Vierge Marie avait offert ainsi toute sa vie à Dieu. Cela est passé dans la Tradition, et justifie cette fête intime où nous nous retrouvons prêts à redire nos vœux, notre offrande à Dieu, en souvenir de celle qui est notre Mère. Elle s’est vraiment offerte à Dieu, dans son âme immaculée, de tout son amour d’enfant comblée de grâces. De génération en génération, les prêtres de la sainte Église ont coutume de renouveler leur vœu de chasteté en union avec notre Mère, protectrice de nos âmes et de nos corps. « Dominus pars hereditatis meæ et calicis meis », le Seigneur est ma part d’héritage et de calice, c’est-à-dire de souffrance. Mais c’est vous, Seigneur, qui me rendrez mon héritage, me rendrez heureux auprès de vous, si j’ai été fidèle à mes engagements. Parole qui implique un amour de Dieu, un pauvre amour de Dieu d’un laboureur de la terre, d’un apôtre de l’Église dans des temps difficiles, mais comptant sur la grâce de Dieu à cause du sourire de la Sainte Vierge, Reine du clergé. « Ego promitto fidelitatem », c’est notre couronne d’épines, peut-être notre croix de porter cette fidélité, peut-être jusqu’à l’héroïsme. Mais « et caritatem », ce sera dans l’amour que nous porterons notre croix.

Notre Père, 21 novembre 1985

Vendredi 22 novembre

Sainte Cécile

Cette pauvre petite sainte Cécile me fait tant pitié quand j’étudie ses douleurs, ses souffrances, ces tortures affreuses qu’on lui a fait successivement subir ! Elle était toujours aussi courageuse et fidèle à son Christ et son Époux, malgré son âge tendre et la fureur de ses ennemis. L’Église protège les siens, c’est-à-dire qu’elle les livre aux pires tortures pour ensuite pouvoir les cajoler, les glorifier, les couronner avec un amour plus grand. C’est vrai quand on pense à Sainte Cécile, à Saint Clément, à tant d’autres. Quand on pense à leur martyre, on passe vite à la gloire qui est la leur dans le Ciel. Sainte Cécile, aujourd’hui, est dans la réalité du Ciel, dans les délices du Ciel. Nous croyons au Ciel et qu’il y a du monde ayant conquis ses grades et se reposant de toutes ses inquiétudes et de toutes ses souffrances. Bien plus que cela, ils se réjouissent chaque jour davantage d’avoir pour le nom du Christ manifesté à Dieu le Père leur amour.

Notre Père, 22 novembre 1999

Samedi 23 novembre

Saint Clément IerSaint Colomban

Quand nous allons visiter ces catacombes, ayons dans l’esprit la réalité des choses ! C’était des esclaves, quelques femmes, quelques hommes romains de la haute aristocratie, du haut patriciat romain, mais ces gens, à peine sortis de leurs catacombes, se retrouvaient dans un monde épouvantablement païen et persécuteur ! Et quand ils voyaient le cirque de Maximus ou quand ils voyaient le colisée ou le Vatican, ils passaient à côté de l’arène où leurs frères avaient répandu leur sang et où, entendant les lions rugir les jours de fête, ils pouvaient penser que eux-mêmes étaient menacés sur un signe de l’empereur d’être livrés aux bêtes, crucifiés, transformés en torche vivante, et que sais-je ? Et plus que cela encore, ils savaient que, à l’intérieur même de l’Église et dès ce moment-là, il y avait des dissensions, des schismes, comme le dit le pape Clément, à la fin du premier siècle.

Et donc, vous le voyez, nous ne sommes pas les premiers et nous ne sommes pas les plus grands, nous ne sommes rien à côté d’eux. Voilà le sentiment réel qu’il faut avoir, mais nous sommes dans leur ligne. Nous ne sommes rien, mais pour le peu que nous sommes, nous sommes dans leur ligne !

Notre Père, 14 mai 1983

Dimanche 24 novembre

Christ-Roi de l’univers, Saint André Dung-Lac et ses compagnons, Saint Jean de la Croix, Saint Théophane Vénard

Dans la mesure où l’Église priera, le Saint-Esprit remplira les âmes de ses lumières, un jour viendra de ce règne du Christ qui sera comme un frémissement général et comme une adoration muette et entière, une extase du monde.

« Alors, j’aurais voulu réduire l’Enfer lui-même à entrer dans cette extase ; mais j’entendis le cri de révolte de Lucifer et de tous les malheureux ennemis de Dieu. » Que de choses dans cette parole ! D’abord, il y a son âme qui est attirée par Jésus-Christ, cet amour de Lui seul, elle va au-delà et désire que toutes les âmes qu’elle connaît, qui sont soucieuses d’affaires, d’argent, de politique, soient également prosternées avec elle devant ce Jésus si bon, si tendre, si grand et elle voit comment tout ce monde-là, le monde entier pourrait faire ce culte universel. Elle désire que l’enfer y soit associé, mais non, elle entend le cri de Lucifer et de tous ces malheureux ennemis de Dieu ; il y a donc là, c’est bien la doctrine de l’Église, une volonté opposée. Il ne faut pas croire que tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil, tout le monde il est charmant. C’est une fausse croyance qui nous entraîne à la paresse et la lâcheté et qui entraîne à la paresse et la lâcheté de tous les autres. Il faut savoir qu’il y a une force contraire : celle de l’enfer qui ne rendra jamais les armes.

Notre Père commentant le journal de Lucie-Christine, 26 avril 1992

Lundi 25 novembre

Sainte Catherine d’Alexandrie

« Nous mourrons sans avoir compris la bonté de Notre-Seigneur même dans ses communications ineffables. » Cette réflexion de Lucie-Christine est tout à fait inattendue, je ne l’ai jamais lue nulle part. Entre nous, qui n’avons pas de communications divines, et elle qui vit des expériences et ressent dans son être entier les bontés de Jésus, il y a une différence énorme. Mais entre ce qu’elle éprouve et comprend de la bonté de Jésus, et la bonté de Jésus elle-même, il y a encore un autre abîme. Ce qui fait que même les plus grands saints sur la terre n’ont encore jamais connu vraiment, totalement, parfaitement la bonté de Jésus que l’on ne connaîtra réellement que dans le Ciel.

Notre Père, 21 juin 1992

Mardi 26 novembre

Bse Delphine, Saint Sylvestre

Je ne puis comprendre que vous soyez en peine de moi, ayant l’occasion de me voir en tout moment. Vous savez que je fais ma demeure ordinaire à la plaie du Cœur du Crucifié. Vous n’avez qu’à me chercher dans ce sacré Côté quand vous voudrez savoir de mes nouvelles.

Saint Elzéar à sa femme, la Bse Delphine

Mercredi 27 novembre

Médaille Miraculeuse

Il faut que nous sachions que nous allons avoir un combat terrible, mais cela ne fait rien. Si la Sainte Vierge est avec nous, comment voulez-vous que Jésus nous abandonne ? Ce serait normal qu’il nous abandonne, mais qu’il abandonne la Sainte Vierge n’est pas possible.

Donc, soyons fidèles à la Sainte Vierge, soyons fidèles au chapelet, à tous les moyens qui nous sont donnés. La lecture de la CRC est instructive de ce point de vue-là. La Médaille Miraculeuse, il faut la porter et il faut faire pèlerinage à Notre-Dame des Victoires ou à la rue du Bac. On n’a rien sans faire quelque chose, comme disait saint Augustin aux nouveaux baptisés : le salut vous est donné, encore faut-il que vous coopériez un petit peu.

Notre Père, 31 mai 1998

Jeudi 28 novembre

Sainte Catherine Labouré

« Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu... Vous connaîtrez ce qui est du Bon Dieu, vous en serez tourmentée, jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire, vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité...

« Mon enfant, j’aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l’aime heureusement. J’ai de la peine : il y a de grands abus, la règle n’est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous...

« Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France : le trône sera renversé [dix jours après, c’était fait], le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes (la Sainte Vierge avait l’air très peinée en disant cela, note sœur Catherine). Mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, elles seront répandues sur les grands et sur les petits... »

La Sainte Vierge à sainte Catherine Labouré, 19 juillet 1830

Vendredi 29 novembre

Saint Sernin

Depuis que j’ai conscience d’homme, je n’ai jamais tant entendu parler de catastrophes, dues à la puissance de Dieu. Dieu laisse faire cela ? C’est la machine qu’il a fabriquée et cette machine est réglée par Dieu. Dieu dirige toute chose. Les tremblements de terre, tellement effrayants, ont-ils besoin de recevoir de nous une explication ? Nous n’en avons pas, nous, hommes, mais Notre-Seigneur nous a prévenus. Le chapitre 21 de saint Luc est compliqué. Quand Notre-Seigneur a parlé de l’avenir, les apôtres, les évangélistes se rappelaient très bien ce que Jésus avait dit et ils l’ont consigné par écrit. Je ne comprends pas. Mais d’une année à l’autre, on se dit : vraiment, notre humanité semble marcher à grands pas vers cette apostasie générale, où Notre-Seigneur a prédit qu’il y aurait des famines, des persécutions et toutes sortes de maladies pour la châtier.

Si cela vient, soyons fiers de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est l’espérance des temps meilleurs.

Notre Père, 17 octobre 1999

Samedi 30 novembre

Saint André

Ah ! Quand sera-ce, le temps béni où, depuis l’introït jusqu’au dernier Évangile, je serai en toute vérité et perfection Prêtre comme Vous, les yeux ouverts, les mains industrieuses, le cœur résolu, pour faire avec Vous, non pas du geste et de la voix seulement mais de tout mon être, cette Action de la Messe, notre commun Sacrifice ? Quand me ferai-je enfin Victime avec Vous, tout immolé en mon être naturel pour entrer en communion parfaite avec Vous, en oblation d’action de grâces au Père ? Alors notre Messe aura atteint sa forme éternelle, quand la fusion de nos cœurs fera de notre corps et de notre sang une seule Hostie, un seul Calice pour le salut de la multitude à la Gloire de Dieu le Père. Ainsi soit-il.

Notre Père, page mystique no 23
Le mémorial de la Croix, mai 1970