Méditations quotidiennes

Mercredi 31 Janvier

Saint Jean Bosco

Aucun prêtre, aucun évêque, aucun pape aujourd’hui ne parle de la parabole du semeur. Personne ne veut l’accepter, sauf ceux qui sont dans la main du Père. Mais ceux qui sont dans la main du Père, ce n’est pas parce qu’ils font des bonnes œuvres, plus que les autres à côté d’eux. Ils sont dans la main du Père parce qu’ils ont aimé Dieu comme étant leur Créateur, leur Seigneur, Celui en qui on peut avoir confiance, plus confiance en Dieu que confiance en soi. Chacun a confiance en soi, chacun se fait de lui-même un portrait flatteur et c’est par cela qu’il manque de fidélité à l’évangile.

Mais celui qui prend l’évangile à la lettre et qui tremble, dit le contraire de l’autre : heureusement que ce n’est pas moi qui décide de ma vie, et heureusement que je ne vais pas être jugé sur mes œuvres ! Qui est-ce donc ? C’est Dieu et je vais commencer par faire confiance à Dieu et comprendre que ses œuvres sont bonnes. Obéir à Dieu et m’abandonner à Sa grâce par la prière, la consécration de mon âme au Cœur de Jésus et de Marie. Me mettant ainsi bien à l’ombre du Cœur de Dieu, j’attends du Cœur de Dieu et non de mon cœur les mérites qui me donneront la possibilité d’entrer dans le Ciel.

Notre Père, 27 février 2000


Jeudi 1er février

Saint Ignace d’Antioche

Hé ! ma très chère Mère, ma Fille, il me vient en mémoire que le grand saint Ignace, qui portait Jésus-Christ en son cœur, allait joyeusement servir de pâture aux lions et souffrir le martyre de leurs dents : et voilà que vous allez, et nous allons, s’il plaît à ce grand Sauveur, à Lyon, pour y faire plusieurs services à Notre-Seigneur, et lui préparer plusieurs âmes des quelles il se rendra l’Époux. Pourquoi n’irions-nous pas joyeusement au nom de notre Sauveur, puisque ce saint alla si allègrement au martyre de notre Sauveur ? Que bienheureux sont les esprits qui marchent selon la volonté de ce divin Esprit, et le cherchent de tout leur cœur, laissant tout, et le Père même qu’il leur a donné, pour suivre la divine Majesté !

Pour moi, je suis là où vous êtes vous-même, puisque la divine Majesté l’a voulu ainsi éternellement. Allons donc, ma chère Fille, allons suavement et joyeusement faire l’œuvre que notre Maître nous a marquée.

Saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal, 1613

Vendredi 2 février

Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple, Saint Théophane Venard, Sainte Jeanne de Lestonnac

Cette fête de la Chandeleur est tragique. Tragique parce qu’apprendre à une jeune femme que son petit Enfant d’un mois qu’elle a dans ses bras sera persécuté toute sa vie, contredit, sera l’objet d’une contradiction perpétuelle, c’est douloureux et puis qu’elle, son Cœur sera transpercé d’un glaive de douleur, c’est insupportable. C’est un mystère joyeux parce que Jésus est offert à son Père, que la Vierge est purifiée, elle n’a pas besoin d’être purifiée, c’est elle qui purifie toutes les femmes de la terre par cette démarche qu’elle a faite humblement pour obéir à la Loi de Dieu. C’est bien joyeux quand même, c’est une drôle d’existence qui commence et qui va durer trente-trois ans. C’est une leçon pour nous. Nous nous mettons dans le Cœur de la Vierge Marie et de saint Joseph et nous apprenons que ce moment leur a été très dur, mais que le Cœur de la Vierge était fort. Dans la guerre qui commence nous devons avoir à l’image de notre Mère, un cœur fort et courageux, un moral d’acier. Si la Vierge Marie et saint Joseph n’avaient pas eu un moral d’acier, comment auraient-ils pu survivre à pareille chose ?

Notre Père, 2 février 1991

Samedi 3 février

Premier Samedi du mois, Ste Anne-Marie Rivier (Vivarais), Saint Blaise

Ce sera le petit reste qui suivra parce qu’il a suivi chaque année, à la Chandeleur, la procession en portant son cierge, c’est-à-dire qu’il a gardé l’espérance et qu’il sait que tout le secret de l’avenir est dans la Vierge Marie et cet Enfant qu’elle porte. C’est immense, notre foi, c’est notre joie, c’est notre force. Quand vous verrez tout cela venir, disait Jésus, en parlant de toutes ces catastrophes que nous vivons, que nous allons vivre, « relevez la tête car le jour de votre délivrance est proche. » Voilà le sens de notre joie aujourd’hui.

S’il n’y avait pas cela, ce serait comme si nous circulions avec des cierges éteints et renversés, nous n’aurions plus d’espérance. S’il n’y avait pas cette interprétation des Écritures, s’il n’y avait pas les songes de don Bosco, s’il n’y avait pas le Secret de Fatima, ce serait à perdre la foi, cent fois, et quitter l’Église de dégoût de ce qui se passe. Mais il y a toujours cette flamme : la Vierge Marie, le Cœur Immaculé de Marie. Nous sommes les premiers d’une immense foule qui reviendra le jour où nous nous mettrons tous à la prier, elle et son Fils.

Notre Père, 6 février 1994

Dimanche 4 février

Saint Jean de Britto, Sainte Jeanne de France, Sainte Véronique, Saint André Corsini, Sexagésime

« Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël » : c’est ainsi que le vieillard Siméon a accueilli Jésus montant au Temple. Et on a repris de siècle en siècle cette acclamation : le Christ est notre lumière. Plus j’ai appris les sciences des religions, l’histoire des religions, plus j’ai trouvé que le monde était plongé dans d’épaisses ténèbres et que le Christ est la lumière qui, peu à peu, a illuminé le monde et qui continue, comme dit saint Jean dans son Prologue, à lutter contre les ténèbres, et les ténèbres cherchent à l’étouffer et n’y arrivent pas. Ce sera jusqu’à la fin de l’histoire du monde comme de l’histoire de notre propre âme : un combat entre la lumière et les ténèbres. Mais pour moi, il ne fait aucun doute, absolument aucun, ni dans ma raison naturelle, ni dans mon empirisme organisateur, ni dans ma foi religieuse, que Jésus-Christ est la lumière du monde et qu’Il était la gloire du peuple d’Israël. Alors, disons-le, redisons-le avec joie, Jésus est la lumière du monde, Jésus est la gloire d’Israël.

Notre Père, 2 février 1975

Lundi 5 février

Sainte Agathe

Pour Agnès, Lucie, Agathe, l’Église romaine s’évade de sa sobriété. C’est dire combien les Romains ont été touchés par les martyres. Ils ont été frappés par l’alliance de la virginité et du martyre, comme étant la célébration des noces avec Dieu dans le sang de cette enfant ainsi sacrifiée. Ils ont vu la complémentarité étonnante de la virginité et du martyre.

C’est une illustration tout à fait complète du mariage spirituel par la chasteté qui en est la manifestation spirituelle ; par le martyre qui lui donne une sorte de consommation physique, de preuve de la vérité de l’amour par le sang répandu, par le don total du corps.

Notre Père, 21 janvier 1976

Mardi 6 février

Saint Paul Miki et ses compagnons, Saint Tite

Tite était un type de rien du tout, mais un beau jour, il a été converti, touché par la parole de l’apôtre Paul et il s’est mis à comprendre ce qu’étaient les sacrements. Tite a écouté saint Paul, les paroles de l’apôtre. Retenez cela. Et cela lui donna à croire aux sacrements et aux mystères de la foi chrétienne. On n’avait pas besoin de davantage, cela remplit toute une vie.

Nous croyons aux sacrements et aux mystères de la foi chrétienne. C’est le contenu du Credo, et grâce à cela, ce pauvre petit Tite, dont on lit la vie dans le bréviaire et qu’on trouve en filigrane à travers les récits de saint Paul dans ses épîtres, c’était un homme courageux. Notre pauvre Tite était courageux quand il était avec saint Paul et quand il le quittait, il pleurait. Il se disait : Comment vais-je faire ? Eh bien, je ferai comme mon maître.

Notre Père, 6 février 2002

Mercredi 7 février

Bx Jacques Salès et Guillaume Sautemouche, St Romuald

Le Père Salès sentait un tel besoin du tabernacle qu’il ne laissait point passer une heure sans avoir été s’agenouiller à la chapelle : « L’une des pièces de plus remarquables parmi le bel arroi de ses dévotions était la particulière et extraordinaire affection dont il ardait sans cesse envers le gage d’amour de Dieu, le Divin Sacrement et sacrifice de l’Autel ; car outre qu’il en devisait volontiers, ses devis n’étaient ordinairement pas sans la bonne grâce d’une ferveur religieuse qui semblait le transporter. Cela faisait qu’il ne laissait pas écouler une seule journée qu’il ne visitât plusieurs fois ce sacrement mystérieux. Si on l’appelait à la porte, s’il s’en retournait en sa chambre, s’il allait par le collège passant et repassant, proche du cœur, d’où l’on pouvait voir le lieu où l’on pose le Saint Ciboire, il entrait dedans à chaque fois pour rendre hommage à cette Hostie céleste. J’ai appris qu’à peine se passait-il heure du jour qu’il ne comparût devant Jésus-Christ caché en ce mystère sacré. »

Vie des Bx Jacques Salès et guillaume Sautemouche, martyrs de l’Eucharistie à Aubenas

Jeudi 8 février

Très Saint Cœur de Jésus et Marie

Que nous célébrions la très sainte vie de Jésus et de Marie dans un seul cœur, c’est affirmer l’intimité absolue de leurs deux Cœurs devenus un seul Cœur. C’est cela qui est l’objet de notre admiration dans cette fête. De la même manière que dans la fête de la Sainte Trinité, on célébrera cette union qui est une unité substantielle entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, de la même manière, aujourd’hui, nous célébrons cette union qui est comme consubstantielle à sa Mère comme elle est consubstantielle à son Père. C’est vrai que dogmatiquement, on ne peut dire que Jésus et Marie soient consubstantiels, mais saint Jean Eudes ose le dire mystiquement. Si on dit que Jésus est consubstantiel à la Vierge Marie, c’est pour montrer que tous les deux sont de nature humaine, ce qui est philosophiquement exact, mais aussi ils sont comme une seule substance. C’est rapprocher l’union de Jésus et de Marie de l’union des trois Personnes en une même substance, un même être. Jésus et Marie s’aiment tellement qu’ils ne font plus qu’un.

Notre Père, 24 août 1994

Vendredi 9 février

Saint Cyrille d’Alexandrie

Par ces gestes, Jésus manifeste que son Corps est l’instrument de la puissance de son esprit. Ça n’est pas de la magie. Sa simple humanité semble détenir un remède approprié à tous nos maux. L’Église refait ces gestes dans le rituel du baptême, et prononce les paroles : « Ephphatha, ouvre-toi » à l’enseignement de la bonne doctrine (les oreilles) et à la proclamation de la foi (la langue). Autrement dit : à la nouvelle évangélisation... Mais le temps n’est pas encore venu : Jésus leur défend de le dire à personne... Pourquoi ? Parce que Jésus doit d’abord payer le prix.

Frère Bruno de Jésus-Marie, 5 janvier 2014

Samedi 10 février

Saint José Luis Sanchez del Rio, Sainte Scolastique, Saint Arnaud

À moins que ce monde pour lequel Jésus n’a pas prié s’effondre demain, il est sûr que l’affrontement se fera dans la société et en chacun des individus qui en sont citoyens. Chacun de nous sera rejoint par le problème et forcé de choisir entre Jésus-Christ, la Vierge Marie, la vie éternelle d’un côté et le renoncement à l’apostasie et à la corruption qui nous mènent à l’enfer éternel. Nous saurons ce qu’il convient de faire. Aux uns, de fuir et de se cacher pour éviter le piège et le péril d’apostasie. Jésus disait : « J’ai pitié de cette foule » ; quand les hommes sont venus pour l’arrêter au jardin de l’agonie, Jésus a laissé filer ses apôtres. Il a demandé à ces gens qui venaient, de les laisser partir. « Si c’est moi que vous cherchez, laissez-les. » Ils n’étaient pas encore en force pour lutter. Il y en a encore beaucoup aujourd’hui, qu’ils aillent se cacher. C’est permis. Il vaut mieux se cacher par faiblesse que trahir. Fuir et se cacher pour éviter le pire, le péril d’apostasie.

Aux autres de demeurer et de conserver leur liberté chrétienne au milieu des interrogatoires et des pires tourments si Dieu le veut. Mais j’ajoute pour vous rassurer : autant que Dieu le permet. Dieu ne permettra pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces.

Notre Père, 26 mai 1996

Dimanche 11 février

Notre-Dame de Lourdes, Quinquagésime

Cela me touche de vous parler de Notre-Dame de Lourdes qui n’est pas du tout détrônée par Notre-Dame de Fatima et par aucune Notre-Dame qui soit. Notre-Dame de Lourdes a quelque chose de tout à fait particulier que personne ne lui ôtera jamais, même si ce sont les autres Notre-Dame des autres pèlerinages. C’est pourquoi il faudra toujours retourner à Lourdes, même quand on aura fait d’autres pèlerinages aussi importants et sources de grâces. Qu’y a-t-il de particulier à Lourdes ? Une seule chose : Elle a dit son Nom.

Qu’est-ce que ce Nom donné à la Sainte Vierge ? L’Immaculée Conception ! Elle a gardé son secret pour Elle, Elle a gardé le secret du bon Dieu sur Elle. Elle a seulement donné ce renseignement. Comme Jésus s’appelle Jésus, Dieu sauve, ou Emmanuel, ce qui veut dire ‘Dieu avec nous’, la Vierge Marie s’appelle conception Immaculée parce que c’est Elle.

C’est certain qu’il y a encore quelque chose à trouver et qu’un jour ou l’autre, la Vierge Marie ou l’Esprit-Saint nous ouvrira la compréhension, ouvrira à son Église la compréhension de ce terme que nous n’expliquons pas et alors, nous serons probablement très bouleversés et ce sera vraiment dans la fin du monde. Ce sera la manifestation, la découverte pour l’Église de ce qui est le plus fantastique dans la Vierge Marie, ce à quoi nous ne sommes pas encore arrivés.

Notre Père, 11 février 1999

Lundi 12 février

Sainte Ombeline, Sept fondateurs des Servites

Lourdes m’a donné une force nouvelle pour souffrir : mon Seigneur bien-aimé me l’a fait sentir encore ce matin dans la sainte communion où mon âme était toute absorbée en Lui, avec un doux souvenir, comme entrevu, de Marie Immaculée dans la gloire du Ciel. Ce cher Maître me dit : « Ma mère n’est pas seulement la douceur céleste ; elle est encore la tour d’airain... une forteresse invincible contre la douleur... Tu dois lui demander ses secrets pour soutenir saintement la Croix. Elle a souffert dans un cœur de femme et de mère... que pourrait lui dire ton âme qu’elle ne comprenne ?

Lucie-Christine, 27 septembre 1882

Mardi 13 février

Bse Béatrice, vénérable Sœur Lucie, Sainte Face douloureuse

Je sens en moi un mystère de Lumière – mystère qui vient de la foi, Dieu présent, Dieu en moi et moi, rien, perdue dans la Lumière comme la petite goutte d’alcool jetée dans la flamme devient flamme avec elle, lui donne une facette de plus, un faible reflet, et trouve en elle la force, la grâce, la vie, la paix, l’Amour !

Mystère de foi, d’espérance, de certitude, de justice, de miséricorde et d’amour ! Dieu éternel, Dieu immense, Lumière incréée, miroir devant lequel tout passe, où tout se reflète, qui pénètre tout, auquel rien n’échappe ! Miroir de l’Éternelle sagesse, de l’Éternelle puissance, de l’immense amour, de l’infinie Bonté, Patience et Amour !

Oui, Dieu est patient, il attend, Dieu est Bon, il pardonne, Dieu est Amour, il nous aime ! Mais il veut, demande et exige notre correspondance, notre soumission, notre fidélité ! Dieu est le Seigneur, et je suis son humble servante.

Sœur Lucie, Mon chemin

Mercredi 14 février

Mercredi des Cendres, Saint Cyrille et saint Méthode, Saint Valentin

Vous recevrez sur le front, une tache de cendre qui vous restera toute la journée. « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » Quand l’Église me fait dire memento homo, souviens-toi ô homme, cela veut dire homme charnel, c’est-à-dire l’homme mondain, l’homme terrestre. Il n’est jamais qu’un peu de matière brute et cette matière-là, ce n’est rien et pourtant c’est à cette matière que va l’idolâtrie moderne.

Rappelle-toi que tu n’es rien et que ce rien, tu le retrouveras dans la tombe. Pour le reste, le principal, c’est le « memento Christiane, dignitatem tuam », comme dit saint Léon dans la nuit de Noël. Chrétien, souviens-toi de ta dignité, tu es le temple de Dieu, tu es le fils du Père, tu es l’époux et serviteur du Fils, tu es le temple de 1’Esprit-Saint, le réceptacle de 1’amour divin ; élève-toi au-dessus de la terre et de ses cendres et connais ta dignité. Voilà comment nous commençons notre Carême.

Notre Père, 4 mars 1990

Jeudi 15 février

Jeudi après les Cendres, Saint Claude la Colombière, Dies Natalis de notre Père

Un jour, l’Église le reconnaîtra : l’abbé de Nantes fut un grand mystique, un mystique “ total ”, un mystique “ pour tous ”. Il réalisa dans son âge mûr l’idéal de sa jeunesse, celui de moine-missionnaire, « prêt à aller jusqu’au bout du monde et à vivre jusqu’à la fin des temps » pour l’extension du Royaume de Dieu, par son identification au Christ, premier missionnaire eucharistique, par son identification à l’Église dont il chanta inlassablement les gloires, la divine maternité, dont il fut le défenseur héroïque, violent quand il s’agissait de « marcher droit selon la vérité de l’Évangile » (Ga 2, 14).

Il redoubla de violence lorsqu’il dut s’en prendre à ceux qui, reniant leur baptême, rêvaient d’une Église sans frontières, profanant la Chrétienté sous le régime de la liberté religieuse. C’est la sainte jalousie qui l’animait, celle de l’amour vrai. Car, pour ce fils de Dieu qui vivait dans l’action de grâces de son baptême, la religion était un amour ! Ainsi, au sein d’une Église où la charité s’est refroidie, notre Père nous a laissé son cœur, au centre duquel brille une pierre précieuse, sa dévotion au Cœur Immaculé de notre Mère et Reine très chérie !

Frères Bruno de Jésus-Marie,
Georges de Nantes docteur mystique de la Foi Catholique, avant-propos

Vendredi 16 février

Vendredi après les Cendres, Sainte Couronne d’épines

Ô ma chère Mère, couronnez-moi [par la tonsure du lendemain] de vertus et de grâce, d’humilité et d’obéissance, d’amour et de confiance, de foi et de patience. Présentez à votre enfant la joie et la souffrance, et faites que j’y boive avidement sans distinction. Faites de votre enfant un saint prêtre. Demain Vous ne me refuserez pas la “ corona ” que je Vous demande si instamment ! Ô mon Jésus, ô ma Mère, la couronne que Vous poserez sur ma tête est une couronne d’épines. Et puisque c’est la couronne d’épines qui produit le bien dans la vie du prêtre, puisqu’il faut souffrir pour vous aimer en vérité et pour faire quelque chose de durable pour votre gloire, me voici !

J’accepte avec joie et bonheur, même si je ne sais pas toute la souffrance que cela signifie et que je ne connais pas la faiblesse de mon être en face des douleurs.

Ma Mère me l’apprendra. Je Lui appartiens entièrement.

Édouard Poppe, 19 octobre 1912

Samedi 17 février

Samedi après les Cendres, Sept saints fondateurs de l’ordre des Servites, Dies natalis du Père Joseph Krémer

Toute sa vie durant, Marie a pleuré et on doit ajouter : à cause de nous. L’Église catholique a toujours compris cela et c’est pourquoi elle a institué la fête des Douleurs de Notre-Dame. Douleurs qu’elle a groupées en sept chapitres car dans la Bible, le chiffre sept signifie “ plénitude ”, autrement dit, l’Église reconnaît que les souffrances de Marie sont indicibles et sans bornes. Nous voulons donc y penser particulièrement aujourd’hui et témoigner beaucoup d’amour à Jésus et à Marie car l’amour seul peut les consoler et les dédommager.

Père Joseph Krémer, sermon pour le premier samedi du mois de juillet 1997

Dimanche 18 février

Sainte Bernadette

Nous commençons notre carême et nous aurons toutes sortes de suggestions : pour être sobres, pour faire pénitence, pour prier, pour être généreux, charitables, cela vient du Saint-Esprit. Il faut que ces suggestions entrent en nous et que déjà, nous nous délections de la beauté de la vertu, de la beauté du sacrifice qui nous est suggéré par l’Esprit-Saint et ensuite, que nous y consentions. Nous aurons une joie, une paix très grandes à consentir et à faire ce que Dieu nous suggère. Mais quand ce sera le diable qui passera par là, et Dieu sait s’il le fera souvent pendant ce carême, pour un petit péché ou un grand péché, la suggestion nous ayant frappé les oreilles ou les yeux de l’âme, nous ne penserons pas que nous avons déjà péché. On peut recevoir la suggestion du démon comme un bombardement de neutrons, continuel, sur notre âme ; le Christ aussi a été soumis à ce bombardement-là, ce n’est pas un péché, au contraire, nous dit saint Ignace, c’est un mérite quand on n’y cède pas, pas le moins du monde, si nous disons : « Va-t’en, démon maudit ! »

Notre Père, 28 février 1993

Lundi 19 février

Il est évident que le but de la pénitence est l’union à Notre-Seigneur et à la très Sainte Vierge dans leur Passion. On ne fait pas pénitence parce que c’est obligatoire, mais parce que notre âme doit toujours se tourner vers les biens ultimes et que le moyen de les acquérir est la pénitence corporelle et affective. On ne fait pas pénitence pour maigrir, pour fortifier notre corps ou pour rendre notre volonté plus énergique. Non, en soi, la pénitence est rebutante. La mortification du corps n’est pas aimable, encore moins la mortification du cœur et, cependant, c’est le moyen nécessaire.

Il faut que le corps soit souffrant, il faut, d’une manière ou d’une autre, que le cœur soit restreint ou éprouvé, mortifié, pour que l’intelligence, l’esprit, la volonté soient tendus vers les vrais biens. C’est alors que nous pourrons aimer vraiment et contempler Jésus souffrant sa Passion et la Vierge Marie compatissante.

L’essentiel du Carême, c’est de regarder vers la Croix et vers le groupe des saints qui l’entourent. C’est vouloir consoler Jésus et Marie, c’est se tenir au pied de la Croix avec les saintes femmes et saint Jean. C’est participer un peu à cette souffrance, pour expier mes péchés.

Notre Père, 16 février 1994

Mardi 20 février

Saints François et Jacinthe

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie est le renouvellement en Marie des grâces de la nouvelle et éternelle Alliance scellée dans le Sang de son Fils Jésus, mais cette ultime grâce, c’est « avec une certaine crainte » que nous l’offre le Père Céleste, parce que « si nous méprisons et repoussons cet ultime moyen de salut, nous n’aurons plus le pardon du Ciel », disait sœur Lucie au Père Fuentes en 1957. C’est effrayant ! Ce n’est pas une petite dévotion que nous apporte le bon Dieu, c’est la clé du salut éternel. Celui qui n’en veut pas est bon pour l’enfer ! Cependant, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie n’est pas seulement l’ultime recours des plus grands pécheurs en perdition, en péril de tomber en enfer, elle est en vérité le chemin le plus sûr et le plus rapide qui mène à la sainteté. L’exemple des trois voyants, Lucie, François et Jacinthe, en est une preuve éclatante et nous engage à les suivre sur cette voie.

Frère Bruno de Jésus-Marie, 25 juin 2017

Mercredi 21 février

Mercredi des Quatre-Temps, Saint Pierre Damien, Bx Noël Pinot

Ô mon Dieu, Vous avez voulu souffrir et être tenté durant le cours de votre vie terrestre, afin de nous donner l’exemple. Je vous adore, ô mon Dieu, Fils de Dieu fait homme, en ce temps où vous supportez la présence du démon, son influence jusque dans votre Cœur, et où vous devez vous défendre contre lui, car je comprends que ce grand combat, vous l’avez soutenu pour moi. Ce combat, vous le recommencerez à l’agonie du Jeudi saint.

En ce temps de Carême, toute ma méditation sera de considérer votre épreuve, la manière dont vous l’avez surmontée, puis de regarder avec courage les épreuves et les tentations, sachant que, grâce à vous, je peux les sur­monter et que cela dépend de mon amour, de mon attachement à vous.

Ainsi, je ne me désolerai pas, en craignant d’être toujours vaincu, mais je combattrai courageusement chaque jour, sachant que, si je mets ma main dans votre main, je reçois de vous la force, puisque je n’en ai pas en moi. En me voyant dans une telle faiblesse, ou détresse même, je porterai mes yeux sur vous et je comprendrai qu’il n’y a de salut que dans mon regard posé sur vous, ma main glissée dans votre main.

Notre Père, 12 février 1978

Jeudi 22 février

Bse Isabelle de France, Chaire de saint Pierre à Antioche

Quitter le Pape, c’est tomber dans l’hérésie, c’est faire schisme. Se soumettre à tout ce que dit le Pape et à tous les évêques, c’est peut-être exagéré ; nous nous soumettons à la Sainte Église catholique de toujours et pour ce qui est des conflits actuels, nous nous interdisons de trancher souverainement. Nous saurons qu’il y a là-haut, sur la Chaire de Saint-Pierre, un homme qui est établi pour juger, qu’il le fasse vite et si on est un peu comme saint Paul, on peut un peu le hâter de choisir et de se déclarer pour l’erreur ou pour la vérité, d’une manière infaillible afin que l’unité soit retrouvée. Du haut du Ciel, que les Apôtres interviennent auprès de Dieu, pour que l’unité dans la charité se fasse entre nous et que la vérité soit proclamée infailliblement.

Notre Père, 30 juin 1991

Vendredi 23 février

Vendredi des Quatre-Temps, Saint Polycarpe, Saint Pierre Damien, La Lance et les Clous sacrés de NSJC

Dans notre dévotion sans limites pour Notre-Dame, nous pouvons penser que, dans l’intime de son Cœur, la Vierge Marie a partagé la Croix de son Fils. Elle était déjà corédemptrice, coopératrice. En effet, Jésus trouvait en son Cœur Immaculé le même désir et la même ardeur pour accomplir l’œuvre du salut. Ainsi, il l’a accompli en présence de sa Mère et pour elle, lui faisant partager son mérite, sa gloire, sa fécondité, mais cela n’était pas apparent.

Si Jésus est monté vers la Croix sans demander l’aide de ses Apôtres, il nous est insupportable de rester là sans rien faire quand, de Lui à nous, coule un torrent d’eau, de sang, de grâce et miséricorde pour le monde et chacune de nos âmes. Il n’est pas convenable que nous en soyons enivrés sans revenir à notre Sauveur, à son Cœur transpercé, à sa Croix si dure, pour nous apitoyer sur lui et lui promettre de nous en souvenir.

Notre Père, 19 mars 1995

Samedi 24 février

Samedi des Quatre-Temps

Jésus et Marie ont voulu cette pierre sacrificielle qu’est l’autel, cette table pour le repas, ce corporal, ce calice, ce pain et ce vin, ce tabernacle. Ils les ont voulus, comme on prépare la maison pour recevoir des hôtes bien-aimés. Ils ont tout fait pour que nous puissions approcher dignement du mystère de la Messe, que nous puissions y communier avec eux et entre nous. Car communier, c’est entrer en communion avec eux ; c’est boire le Sang et manger le Corps du Christ Jésus, pour être unis à Lui intimement, à sa Mère, à son Père du Ciel dans l’Esprit-Saint. C’est aussi pour la joie d’être unis entre nous, plaisir d’enfants réunis à la même table en un jour de fête.

Nous sommes émus d’un tel dévouement de leur part. Cette émotion nous touche à l’intime et nous établit dans une reconnaissance qui est déjà de l’amour. C’est en allant à la Croix que Jésus et Marie ont préparé ce “ repas ” qui est pour nous le tout de notre vie, de notre union entre nous et avec notre Sauveur. La Croix est donc l’œuvre eucharistique primordiale.

Notre Père, 19 mars 1995

Dimanche 25 février

Saint Mathias

Vous attendez de moi ces petits efforts en correspondance avec les grands états du Christ qui me sont révélés. Il faut que je comprenne que je suis ici-bas pour souffrir et non pour jouir, pour être humilié et non glorifié, pour obéir et non me révolter, vous imitant, vous qui avez poussé l’anéantissement jusqu’à être obéissant, pauvre, chaste, parmi les pauvres, et soumis à eux de toutes les manières. Lorsque la nuée lumineuse disparaît, Jésus redevient tout humain ; de même, nous retrouvons notre vie quotidienne, ses obscurités, sa monotonie, la difficulté de se supporter soi-même et de devenir meilleur, et, dans cette grisaille, il nous faut savoir reconnaître la nuée lumineuse et obscure de Dieu.

Notre Père, 19 février 1978

Lundi 26 février

Bse Isabelle de France

Les gens des siècles passés avaient l’habitude de souffrir, ils étaient durs au mal. Nous, nous vivons dans un monde absolument sans souffrances et quand elle arrive, si peu que ce soit, nous sommes désemparés. C’est pourquoi notre siècle est beaucoup moins perméable à la grâce de Dieu. Le Bon Dieu le sait et Il est plein de miséricorde pour nous. D’ailleurs, il semble bien que le message de Fatima soit pour nous tranquilliser un peu ; par sœur Lucie, la Sainte Vierge nous dit que la principale pénitence est de faire correctement notre devoir d’état. Cela veut dire que les difficultés, les astreintes de la vie ont changé. Nous sommes pris dans un devoir d’état qui est parfois écrasant, et le Ciel a pitié de nous. C’est donc d’abord notre devoir d’état que nous devons accomplir du mieux possible.

Notre Père, 3 mai 1991

Mardi 27 février

Bse Marie de Jésus Deluil-Martiny

La croix est dressée sur le Calvaire eucharistique : Jésus s’offre et s’immole toujours, mais d’une manière mystique, et c’est nous qui devons être, en quelque sorte, les victimes sanglantes de ce sacrifice ; nous devons apporter à Jésus notre cœur, notre âme, notre corps, immolés, pour qu’il les offre avec lui dans son sacrifice perpétuel. Nous devons lui apporter nos propres sacrifices, notre renoncement, nos agonies, nos souffrances, notre immolation volontaire, pour qu’il en fasse un seul holocauste avec lui. Si nous ne le faisons pas, nous sortons de son sacrifice... À l’amour on s’unit par l’amour ; mais au sacrifice, on ne s’unit que par le sacrifice, et au sacrifice, il faut du sang, le sang du cœur ou le sang des veines ! Notre-Seigneur a donné les deux à la fois : donnons au moins, avec la Bienheureuse Vierge Marie, le sang du cœur !

Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny à ses filles

Mercredi 28 février

St Gabriel de la Vierge des Douleurs

Quelle chance avons-nous d’être auprès de la Vierge Marie, de saint Jean et des saintes Femmes ! Nous devons nous sentir prédestinés de pouvoir nous tenir ainsi au pied de la Croix, intercédant pour l’immense population humaine si ignorante et éloignée de la lumière de l’Évangile. Compatissons aux souffrances du Christ, intercédons pour le salut du genre humain et des plus pauvres âmes. Nous n’avons pour cela qu’à continuer notre vie ordinaire en acceptant les souffrances d’hier et les peines de demain. Lorsque nous souffrons par amour de Jésus-Christ, nous nous tenons tout près du Cœur très unique et douloureux de Jésus et Marie. Nous pouvons ainsi aider au salut d’un grand nombre d’âmes par notre humble vie quotidienne.

Puissions-nous être assimilés soit aux saintes Femmes, soit à saint Jean. Et si nous sommes un enfant perdu, soyons comme l’enfant prodigue qui se jette dans les bras de son Père céleste.

Notre Père, 21 mars 1997

Jeudi 29 février

Pourquoi Dieu est-il obligé d’envoyer Abraham pour répondre des paroles bien dures, pour ne pas dire méchantes à ce pauvre type ? Parce que c’est la vérité et que la vérité doit être dite. Oui, Seigneur, mais il y a la charité. Regardez-le, cet homme ! Il a pensé à ses frères, vous aussi, vous y avez pensé. Pardonnez-lui !

La réponse, la voici : Si je le pouvais, je le ferais, mais je ne le peux pas. Pourquoi ne le pouvez-vous pas ? C’est aujourd’hui, je crois, que j’ai compris la sève cachée de cette parabole. Pourquoi le Seigneur ne peut-il pas ? Jésus, qui est venu pour sauver les humains, n’a qu’un mot à dire. Le Père fera la volonté du Fils. Oui, mais tu es fixé sur tes pensées et tu ne sais pas ma justice et ma miséricorde. Parce que si on cédait à la prière de ce malheureux, tous ceux qui vivent dans l’impureté, le mensonge, le vol, seraient rassurés. Relisez la parabole, à la fin, on sera tous sauvés. Il y en aura toujours un qui viendra supplier le Bon Dieu de lui pardonner et il pardonnera. On rit, on s’amuse bien et on rit des paraboles parce que ça se finit toujours bien... Non ! Cela ne se passe pas toujours bien.

Notre Père, 15 mars 2001