Méditations quotidiennes

Mardi 30 juin

Premiers martyrs de l’Église de Rome, Saint Ostian (Vivarais), Commémoraison de saint Paul

« Mes frères, nous sommes donnés en spectacle à Dieu, aux anges et aux hommes. » (I Cor 4, 9)

Nous vivons sous le regard de Dieu et, dans notre prière, nous devons prendre conscience de cette vérité. Il y a des âmes qui vivent de ce regard de Dieu. Pourquoi Saint Paul nous distingue-t-il des autres créatures ? Par la grâce, nous sommes devenus conformes à Jésus, nous sommes devenus pour Dieu un spectacle de choix. Exposez-vous souvent à ce beau regard de Dieu quand vous entrez en oraison. La perfection consiste en ceci : à vivre comme un enfant du regard, de la vue de son Père. Quand vous avez des difficultés, ce regard fait l’effet d’un remède, c’est une réfection de l’âme.

Abbé Édouard Poppe, 19 juillet 1923

Mercredi 1er juillet

Précieux Sang de Notre-Seigneur

Nous fêtons aujourd’hui le Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont l’Ange de Fatima dit à François et à Jacinthe, à qui il le donna à boire, qu’Il était horriblement outragé par les hommes ingrats. Nous voudrions, en cette fête, nous joindre à ces innocents pour consoler notre Dieu, comme le leur recommandait le même Ange, le même jour, et comme ils le font maintenant au Ciel. Saint Paul, dans son épître aux Hébreux, nous montre comment Jésus y est entré avec son propre Sang, pour obtenir le pardon des péchés, les nôtres d’abord, à nous qui assistons à cette messe, et ceux de tous les hommes ingrats pour lesquels nous prions. Saint Paul montre que c’est une nouvelle alliance, et pour dire ce mot d’alliance, il prend le mot grec qui signifie testament. L’alliance que Jésus nous laisse est donc bien son testament.

Si nous avons part à son héritage, si nous sommes appelés à recevoir l’héritage éternel promis, demandons la grâce d’être fidèles afin de recevoir vraiment cet héritage un jour, d’être fidèles à honorer, à adorer, à boire en esprit ce Précieux Sang versé pour prix de notre rédemption. Frère Bruno de Jésus-Marie, 1er juillet 2001

Jeudi 2 juillet

Visitation de la Très Sainte Vierge

« Beata quæ credidisti », dit Élisabeth à Marie, « Tu es bienheureuse parce que tu as cru », tandis que Zacharie, mon mari, lui, a hésité à croire à un miracle pourtant bien moins grand. Marie a cru comme jadis Abraham, notre Père, le Père de notre foi. Marie répond à Élisabeth en chantant son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur son humble servante. »

C’est cela que le Dieu tout-puissant n’a pas, nous disait notre Père. Cette humilité, cette “ bassesse ” de Marie toute petite est ce qui le charme. Elle est la Reine de ces “ pauvres ” d’Israël, de ces “ humbles ”, que l’on appelait les “ anâwîm ”, que les grands intellectuels, les notables, les pharisiens, les sadducéens, les scribes, les prêtres méprisaient...

Le Père de Foucauld voulait « descendre, descendre », pour plaire à notre très chéri Père céleste. Et nous autres, par grâce, nous sommes « condamnés », pour ainsi dire, à cet abaissement dans l’Église, aujourd’hui, et loin de nous en plaindre, il nous faut en rendre grâces ! Toute personne qui entre chez nous a compris cela ; après, il faut le mettre en pratique ! Frère Bruno de Jésus-Marie, 22 mars 2016

Vendredi 3 juillet

Premier Vendredi du mois, Saint Thomas, Saint Léon II

Je fais toujours remarquer, lorsque je commente ce texte, que Jésus était donc là huit jours avant invisible, quand Thomas se livrait à ses fantaisies. Jésus entendait cela et se disait : « Bon, mon ami, attends un peu la prochaine fois je te donnerai une bonne leçon ! » Et donc, même quand Jésus est invisible aux Apôtres, ils avaient de quoi être convaincus à ce moment-là qu’il était toujours présent. Quand quelqu’un est toujours présent, même sans qu’on le voie, il faut se méfier de ce qu’on dit ! Voilà comment nous sommes prévenus que Jésus est avec nous jusqu’à la consommation du monde. C’est la “ présence sous mode d’absence ” de mon professeur de séminaire, dont je vous ai tellement dit la vérité. Cette présence sous mode d’absence, qui habitue les Apôtres à le croire toujours présent, même quand il sera remonté aux Cieux. « Thomas lui répondit : “ Mon Seigneur et mon Dieu ! ” » (v. 28). “ Mon Seigneur ”, c’est déjà un mot de divinité, mais cela vise le Messie. Et “ mon Dieu ”, c’est le mystère profond du Christ. Notre Père, retraite sur saint Jean, septembre 1990

Samedi 4 juillet

Premier Samedi du mois, Sainte Élisabeth du Portugal

Le Cœur Immaculé est mon refuge, surtout dans les heures les plus difficiles. Et là je suis toujours en sûreté, c’est le cœur de la meilleure des mères, toujours attentif, veillant sur la dernière de ses filles. Combien cette certitude m’encourage et me réconforte ! En elle je trouve force et consolation. Ce Cœur Immaculé est le canal par lequel Dieu fait jaillir sur mon âme la multitude de ses grâces. Aidez-moi à en être reconnaissante et à correspondre à tant de miséricordes. Sœur Lucie, carnet de notes intimes, 1er septembre 1940

Dimanche 5 juillet

Saint Antoine-Marie Zaccaria

Quand la charité est contenue dans l’obéissance, quand elle se fait ainsi soumise et humble, elle mérite le nom de douceur. Ainsi, de degré en degré, nous apprendrons à nous insérer dans notre Communion phalangiste, et chacun de nous aura pour modèle le Cœur de Jésus dont Il disait : « Je suis doux et humble de Cœur. » Humble en face de Dieu, humble en face de mes supérieurs qui me sont délégués par Dieu pour me diriger, humble et doux avec mon prochain, l’entraînant, le servant, l’aidant et cela, en toute discrétion, oubli de soi, patience, pardon des injures, absence de faux zèle, de jalousie, de volonté de plaire, d’exigence de reconnaissance, d’ostentation, que sais-je ? Un mouvement qui a le Sacré-Cœur pour emblème devrait voir ainsi ses membres se transformer en toute humilité et docilité pour ne faire qu’un cœur et qu’une âme au service de Dieu. Notre Père, 28 septembre 1985

Lundi 6 juillet

Octave des Saints Pierre et Paul Sainte Maria Goretti, Sainte Godelieve

Nous sommes parfois incapables de faire le lien entre notre vie et celle de Nazareth ; il faut se dire : à Nazareth, c’était pareil. Quand tout allait mal pour sainte Godelieve, subissant les méchancetés et les perfidies des gens du château, elle acceptait cette vie pleine d’ennuis et restait à la ferme où, au début, on avait pris aussi parti contre elle. Elle faisait comme si cela n’existait pas : pas un mot de plainte, de rancune, de vengeance. Elle s’en remettait à Dieu, comme la Sainte Famille.

À Nazareth, c’était certainement la même chose : beaucoup de troubles, d’histoires, de jalousies. Les gens étaient durs, des caractères difficiles. La Sainte Famille a souffert tout le temps. Joyeuse sérénité devant Dieu. Vie paisible, innocente, très intense et très pleine d’amour mutuel et d’amour de Dieu. Alors que des tourments viennent de l’extérieur, à l’intérieur règne le calme. Sainte Godelieve dans la ferme, y était heureuse et les domestiques aussi. Elle rayonnait la pureté, la paix, la charité, l’hospitalité. Tous les pauvres étaient accueillis.

Sainte Godelieve et la Sainte Famille : source perpétuelle de joie, de bonté, de générosité pour tous ceux qui les approchaient, car ils étaient oublieux d’eux-mêmes et pleins de bonté qui ne demande pas de récompense.

La vie extérieure de sainte Godelieve était ténébreuse, mais sa vie intérieure était toute paisible.

Nazareth et sainte Godelieve sont nos modèles. Notre Père, 1er mai 1974

Mardi 7 juillet

Saints Cyrille et Méthode, Saint Pierre Fourier

Il ne manque pas de personnes bien intentionnées qui, par leurs sophismes et par leur influence, essayent de nous faire abandonner la pauvreté. Nous devenons riches, malgré nous. Je connais des prêtres qui sont dans l’aisance, et qui mènent une vie stérile, mais des missionnaires ou des prêtres vraiment pauvres qui ne recueillent pas une moisson surabondante dans leur apostolat, non, je n’en connais aucun. Mais la pauvreté doit être vraie, en esprit et, si possible aussi, en fait. [...]

La pauvreté signifie aussi sûreté. Elle est la compagne de la chasteté et la protectrice de toutes les vertus, parce qu’elle les garde dans leur simplicité. De plus, elle est l’aiguillon de l’union à Dieu et favorise un commerce très intime avec Lui. [...] Pour chaque acte de véritable pauvreté nous recevons de Jésus une récompense. Voulez-vous mener une vie ardente d’intimité avec Jésus ? Ne craignez pas la véritable pauvreté. Elle est la source d’un amour plus haut. Abbé Edouard Poppe, 23 janvier 1923

Mercredi 8 juillet

Bx Pierre Vigne, Sainte Élisabeth du Portugal

Faites-vous violence : la paix et le commerce intime avec Jésus ne s’achètent qu’à ce prix. Le Royaume des cieux est pour les âmes qui se font violence. Jésus lui-même l’a dit. Ne pensez pas trop facilement que vous n’êtes pas capable d’être généreuse. Une fois que vous avez donné le premier coup, chaque effort vous paraîtra de moins en moins pénible et bientôt vous goûterez la joie de l’habitude conquise. Abbé Edouard Poppe, 19 février 1921, à une femme qui fait de la dépression

Jeudi 9 juillet

Saint Augustin Zhao Rong et ses compagnons, martyrs, Saints Thomas More et John Fisher

Thomas More s’avance vers le martyre au moment où le protestantisme sévit partout, il est terriblement seul avec ceux qui l’aiment, avec sa famille. C’est un petit troupeau qui le voit monter vers le martyre. Ils prient pour lui et lui donnent toute leur affection. Il faut que je médite tout cela pendant mon séjour au Canada... Dans vingt-sept jours je devrai entrer en contact avec mon évêque, avec le Pape... parce qu’il y a des erreurs diaboliques qui ont été enseignées en 1962 et les années suivantes, au Concile. Aujourd’hui, tout le monde les accepte, ce sont des choses qui sont diaboliques : les droits de l’homme, la liberté de conscience, la liberté religieuse, la réunion des Églises, la construction du monde. Creusez un peu... C’est la franc-maçonnerie qui nous a donné ces idées et l’Église les a épousées, au point de chasser quelqu’un de son sein parce qu’il proteste ! C’est un combat qui peut mener au martyre, ou à la victoire de l’Église catholique, de l’orthodoxie, de la vraie doctrine sur la fausse. Ce sera comme Dieu voudra. Notre Père, 19 août 1996

Vendredi 10 juillet

Les saints Sept frères martyrs, saintes Rufine et Seconde

Cette figure biblique peut paraître paradoxale si on l’entend d’une manière simplement naturelle. En effet, la première réaction de la brebis en face des loups est de fuir pour éviter ses dents féroces. C’est cette peur qui nous vient de notre sensibilité entachée par le péché : peur de perdre ce que nous aimons : la vie, la liberté, les êtres chéris... Nul n’est exempt de cette peur... À cette peur que cause le danger s’oppose en morale catholique (et aristotélicienne) la vertu de force qui est cet “ habitus ” qui nous fait agir toujours selon la raison en face des grands périls, surtout ceux qui attentent à notre vie.

Mais quelles sont ces peurs ? Pour nous, pour vous qui êtes dans cette prison ? Peur pour nos familles, peur pour nos enfants, nos neveux (leur l’avenir, leur “ nom ”), peur des jugements, des libérations, des arrestations domiciliaires... peur d’être encore plus maltraités... Peur, peur, peur... Toutes ces peurs loin de nous faire adopter une attitude raisonnable, peuvent nous paralyser...

Quelle est donc la doctrine de Notre-Seigneur ? Que nous dit-il ? Tout le contraire ! Il nous le crie, Il nous l’impose au moment le plus dramatique de sa vie, juste avant sa Passion : « Dans le monde, vous connaîtrez bien des tribulations, mais ne craignez pas, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33) Frère Bruno de Jésus-Marie, 3 juillet 2011

Samedi 11 juillet

Saint Benoît, Saint Pie IerSaint Olivier Plunket

Saint Olivier Plunket a voulu être le Bon Pasteur du troupeau qui lui était confié jusqu’au bout, jusqu’au martyre ; ne croyant pas rater ainsi sa vie, mais au contraire trouvant dans son sacrifice suprême l’accomplissement, la forme achevée de sa vocation sacerdotale. Lui qui écrivit, quelques jours avant sa mort : « Par notre mort, le nombre des catholiques ne sera pas diminué, mais plutôt augmenté. Quand ils nous verront aller à la mort volontairement, en méprisant la vie (qui est la grande idole de nos adversaires), les catholiques seront amenés à mépriser à leur tour les richesses, les honneurs et toutes les autres choses de la terre, beaucoup moins estimables que la vie. » Et au lendemain de sa condamnation, il s’étonnait de la force qu’il ressentait : « Sentence de mort !... passée contre moi, ce qui ne m’a pas terrorisé le moins du monde, ni fait perdre un quart d’heure de sommeil. Je suis innocent de toute trahison, comme l’enfant né de la veille. Et pour mes “ caractère, profession et fonction ”, je les ai assumés publiquement, en effet, et cela étant également une raison de ma mort, c’est de mon plein gré que je meurs. Avec la grâce de Dieu, étant le premier parmi les Irlandais, je donnerai aux autres le bon exemple de ne pas craindre la mort. Mais comment moi, pauvre créature, puis-je demeurer aussi ferme ? C’est qu’en voyant comment mon Rédempteur “ commença à ressentir tristesse et angoisse, à suer des gouttes de sang, etc. ”, j’ai songé que le Christ, par ses frayeurs et sa passion, m’avait mérité de ne pas éprouver la peur. Frère Bruno de Jésus-Marie, 14 septembre 2013

Dimanche 12 juillet

Saint Olivier Plunket, Saints Louis et Zélie Martin, Saint Jean Gualbert

Louis et Zélie Martin, c’est Joseph et Marie, c’est l’Évangile en plein dix-neuvième siècle, avec des annonciations et des songes, comme dans les récits de saint Luc et saint Matthieu... Le 13 juillet dernier marquait le cent cinquantième anniversaire de leur mariage, célébré le 13 juillet 1858, à minuit, en l’église Notre-Dame d’Alençon. Louis a trente-quatre ans, Zélie vingt-six ans. Leur première rencontre a eu lieu sur le pont Saint-Léonard. Zélie s’est entendu dire par une voix intérieure : « C’est celui-là que j’ai préparé pour toi ! »

Elle parlera de son mari comme la Sainte Vierge disait de saint Joseph qu’il était « un homme juste » (Mt 1, 19) : « C’est un saint homme que mon mari. » Frère Bruno de Jésus-Marie, 19 octobre 2008

Lundi 13 juillet

Saint Henri, 3e Apparition de ND de Fatima

De ce jour du 13 juillet 1917, la vision de l’enfer ne quitta plus l’imagination de Jacinthe : « L’enfer ! Je pense à l’enfer et aux pauvres pécheurs ! L’enfer ! Que j’ai pitié des âmes qui vont en enfer ! Et dire qu’il y a là des gens vivants qui brûlent comme du bois dans le feu ! » Et elle s’agenouillait : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, principalement celles qui en ont le plus besoin », parce qu’elles sont le plus éloignées par le péché contre le Cœur Immaculé de Marie.

Puisqu’elle était sûre d’aller au Ciel, elle ne voyait pas pourquoi tout le monde n’irait pas ! « Tant de monde qui tombe en enfer ! Tant de monde en enfer ! – N’aie pas peur, lui disait Lucie, tu iras au Ciel ! – Oui, j’irai, mais je voudrais que tous ces gens y aillent aussi ! » Frère Bruno de Jésus-Marie, 24 avril 2020

Mardi 14 juillet

Saint Camille de Lellis, Saint Bonaventure

Cette vision de l’enfer du 13 juillet 1917 est sans précédent, absolument inouïe dans toute l’histoire de l’Église. Notre-Seigneur, le premier, nous a révélé l’existence de l’enfer, mais par des paraboles. Par exemple, celle du pauvre Lazare et du mauvais riche. Mais Notre-Seigneur n’a pas montré l’enfer à ses Apôtres. Il leur a fait goûter quelque chose de la béatitude céleste sur le Mont Thabor. Mais il ne leur a pas montré l’enfer.

Saint Jean, dans l’Apocalypse, parle de l’étang de feu, de soufre embrasé (Ap 19, 20 ; 20, 10). Mais il ne dit pas l’avoir vu. Sainte Thérèse d’Avila raconte comment elle a vu sa place en enfer, et en a même éprouvé les tourments, du corps et de l’âme. Mais ici, vous avez trois petits enfants innocents, penchés sur l’enfer, comme du haut d’un balcon, et contemplant les damnés qui brûlent « comme du bois dans le feu ».

C’était le 13 juillet 1917 : quelques semaines avant que des démons sortent de l’enfer, pour répandre le feu et le soufre sur la terre par la révolution bolchevique. Et nous, mes bien chers frères, il nous est bon de méditer cela aujourd’hui, 14 juillet, afin de nous souvenir que depuis deux cents ans, les démons sortis de l’enfer obsèdent la France.

Faisons comme les enfants : « Effrayés et, comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre-Dame. » Frère Bruno de Jésus-Marie, 14 juillet 2002

Mercredi 15 juillet

Saint Bonaventure, Bse Anne-Marie Javouhey, Saint Henri

Quelle révélation ! Voir l’enfer, entendre les hurlements des damnés, là, tout près ! Lucie est encore là, vivante parmi nous, pour nous rappeler que l’enfer existe, que des multitudes d’âmes y tombent pour leur tourment éternel, et que la Vierge Marie a voulu montrer cette réalité à trois enfants, en prévision de l’incrédulité qui irait croissant à notre époque... jusqu’à déclarer que l’enfer n’existe pas ou qu’il n’y a personne dedans. Prétendre cela après la vision de l’enfer en 1917 ? Impossible ! ou alors apostasier...

La voyante est fidèle aux paroles de la Sainte Vierge qui se fait notre catéchiste, nous pouvons donc la croire ! Lucie témoignera sa vie durant, avec toute son énergie, de ce qu’elle a vu en ce 13 juillet 1917. Elle déclarera à maintes reprises, à des journalistes ou dans sa correspondance :

« La terre s’ouvrit et nous nous trouvions, pour ainsi dire, au-dessus de l’enfer comme quelqu’un qui, sur une falaise, se trouverait au-dessus de la mer (...). J’entendais les cris. Il m’a semblé que l’enfer était tout près. »

« Nombreux sont ceux qui se damnent... Beaucoup se perdront... Ne soyez pas surpris si je vous parle tant de l’enfer. C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. Eh quoi ? Vous ne trouvez pas bien employés tous les sacrifices qu’il faut faire pour ne pas y aller et empêcher que beaucoup d’autres y tombent ? » Frère Bruno de Jésus-Marie, 14 juillet 2002

Jeudi 16 juillet

Notre-Dame du Mont Carmel, Sainte Marie-Madeleine Postel

Porter le scapulaire, c’est appartenir à Marie. Notre-Dame veut que nous portions le scapulaire. C’est stupéfiant ! Tout un temps de ma vie, j’hésitais à dire aux gens qu’il fallait dire le chapelet. Quand j’ai connu Fatima, j’ai compris qu’il n’y avait plus à discuter. La Sainte Vierge l’a dit, on le fait. Il y a encore beaucoup à faire pour en persuader les prêtres, les religieux, religieuses, les laïcs. Il faut dire son chapelet, c’est notre Maman qui le veut. C’est devenu pour nous une obligation morale. De la même manière, je suis stupéfait de l’insistance que met la Sainte Vierge à nous faire porter le scapulaire.

– Vous, théologien, vous devez savoir pourquoi ?

– Moi, je ne sais rien du tout. Quand la Sainte Vierge dit : « je veux », je ne sais pas pourquoi, c’est Elle qui veut, pas moi. Alors, je cherche pourquoi. Tout le monde cherche. Je n’ai pas trouvé. La Sainte Vierge a quand même des volontés qui dépassent notre entendement. Cela me frappe beaucoup. Je voudrais que vous soyez frappés par cela. Vous êtes allés à Fatima, vous aimez la Sainte Vierge, vous cherchez comment lui faire plaisir : elle vous le dit. Quand la Sainte Vierge veut quelque chose, c’est pour notre bien. C’est un échange d’amour. Puisqu’elle a dit de porter le scapulaire, je le fais. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais elle, elle le sait. La Sainte Vierge est ma Mère et je suis son petit enfant. Mais, en le portant, je sais que je lui fais plaisir. Notre Père, 4 janvier 1997

Vendredi 17 juillet

Saint Alexis, Bses Carmélites de Compiègne, martyres

« Nous, religieuses carmélites du carmel de Compiègne, faisons un acte de consécration par lequel notre communauté s’offre en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et pour que la divine paix que son cher Fils est venu apporter au monde soit rendue à l’Église et à l’État. Ainsi soit-il. »

Samedi 18 juillet

Saint Camille de Lellis

Ce matin, en lisant la légende de saint Camille au bréviaire, je me suis rappelé les enseignements de la sainte Église et en particulier de Pie X. Nous sommes entrés dans un monde d’où la charité est exclue systématiquement par l’État-Providence. L’ancienne charité, c’est qu’il y avait des riches, il y avait des pauvres, il y avait des prêtres qui vivaient pauvrement dans la pauvreté qu’ils avaient choisie et qui étaient les intermédiaires entre les pauvres et les riches qui se vouaient à se pencher sur les malheureux dans les hôtels-Dieu du temps. Toute cette charité était pure et simple. C’était des gens qui, dans leur cœur, trouvaient l’inspiration de Dieu de prendre de leurs biens librement, de le donner à des pauvres qui en avaient réellement besoin et qui étaient obligés de dire merci. Tout était ainsi, selon une relation qui est absolument celle de Dieu avec nous, ses créatures, y compris la Sainte Vierge à qui Dieu ne devait rien et il lui a tout donné. Elle était une pauvresse, si l’on peut dire, une pauvre fille d’Israël, et tout ce qu’elle a eu de grâces immenses qui l’ont faite la plus bénie entre toutes les femmes lui dicte un merci, un Magnificat qu’elle adresse à Dieu sans s’en attribuer le mérite. Notre Père, 18 juillet 1994

Dimanche 19 juillet

Saint Vincent de Paul

Le conseil de Notre-Seigneur s’inspire de sa patience, de sa longanimité, de sa sagesse. L’Église sera toujours faite de nous autres, qui sommes des gens parfaits, des autres qui ne sont pas là, qui sont déjà imparfaits ! Croyez-vous vraiment que nous soyons si parfaits ? Et qui nous dit que les autres sont si imparfaits ! Laissons croître tout ça, arrivera le moment du jugement. Il arrivera sous une forme personnelle quand chacun d’entre nous mourra, et Dieu saura bien s’il faut le mettre d’un côté ou de l’autre, l’envoyer au feu éternel ou l’engranger dans ses grands silos dans le Ciel. Puis arrivera le jour du jugement dernier, ce sera la fin du monde, tous les méchants seront punis, tous les justes seront sauvés, mais la patience des justes envers les méchants en aura sauvé encore.

Cela nous apprend la patience les uns envers les autres, la longanimité. Et pour que Dieu ait pitié de nous, que nous ayons nous-mêmes pitié des autres ! Notre Père, Jésus nous parle en paraboles, Pentecôte 1993

Lundi 20 juillet

Saint Jérôme Émilien, Sainte Marguerite, saint Elie

Nous aimons la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel. L’Ordre du Carmel a été prodigieux à travers les siècles, l’un des plus puissants en œuvres et en sainteté ; encore aujourd’hui, l’espoir du monde repose en Lucie de Fatima. Élie et Élisée ont vraiment vécu sur le Mont Carmel, la Bible le raconte et cela est vrai puisque c’est inspiré. On sait qu’Élie et Élisée ont été favorisés par Dieu et non seulement eux, Élie a fait tomber de la pluie alors qu’Israël allait mourir de soif. Quand il a commandé au ciel de faire tomber de la pluie, un petit nuage s’est formé dans le ciel bleu, un petit nuage blanc, immaculé, qui se dirigeait vers le Mont Carmel, y a jeté de l’eau et a sauvé le peuple. Les prophètes ont toujours pensé que ce petit nuage était le signe que la Sainte Vierge était là, car elle est immaculée. On ne sait pas trop, mais évidemment, les gens du Carmel sont tout fiers parce qu’ils ont eu le petit nuage pour eux. Élie et Élisée, vers 900 avant Jésus-Christ, ont fait des miracles et ont sauvé le peuple de la prostitution sacrée, du panthéisme. Pendant 900 ans, il y a eu des saints en Judée qui ont commencé à aimer la Sainte Vierge à cause de leurs traditions et à attendre Jésus, c’est merveilleux ! Notre Père, 16 juillet 2001

Mardi 21 juillet

Saint Laurent de Brindes, Sainte Praxède

C’est un grand mystère que les rapports des âmes de Jésus et Marie. Nous devinons entre elles le secret d’un commun renoncement, car nul fils ne quitte sa mère sans un déchirement de leurs cœurs. Pour eux cette séparation remonte loin, au jour de son enfance heureuse où Jésus resta à l’insu de ses parents dans le Temple de Jérusalem : il se devait, leur avait-il dit, aux affaires de son Père, et Marie avait une nouvelle fois conservé toutes ces paroles dans son cœur. Depuis, maintes circonstances avaient donné occasion à renouveler ce sacrifice. Quand elle est emmenée par ses parents à Capharnaüm chercher Jésus, la Vierge les suit, soumise aux autres d’un cœur si humble ! mais elle ne songe pas à réprimander son fils, elle ne demande rien pour elle... Celle que l’ange a saluée comme pleine de grâces, celle que sa cousine a chantée comme bénie entre toutes les femmes parce qu’elle avait cru à la parole de son Seigneur, celle-là avait trop confiance en son enfant pour le reprendre en rien ni le solliciter pour elle-même ! Simplement l’un et l’autre ont souffert dans leur cœur de chair, de n’être rapprochés que pour se renoncer une nouvelle fois. Notre Père, lettre à mes amis no 14, mai 1957

Mercredi 22 juillet

Sainte Marie-Madeleine

Jésus dit à Marie-Madeleine au matin de sa Résurrection : « C’est trop t’accorder de joie, alors que nous n’avons pas commencé notre labeur commun. Je ne suis pas encore monté vers le Ciel. Au Ciel, tout sera permis, tout sera donné, mais pour le moment, il faut que je travaille et que je souffre, mais non pas que je meure, maintenant que je suis ressuscité. Il faut que j’aille proclamer ma souffrance et ma gloire pour que les autres viennent avec toi auprès de moi dans le Ciel. Va, dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie-Madeleine va donc annoncer aux disciples qu’elle a vu le Seigneur et qu’Il lui a dit ces paroles, ces paroles-ci mais pas le reste. Elle a gardé son trésor d’amour pour devenir parmi les saints l’une des plus grandes saintes de tous les temps. Que voulez-vous ? C’est incomparable. L’Évangile est incomparable, et quand on veut soi-même faire un peu grandir dans son cœur l’amour du prochain comme l’amour de Jésus, il n’y a qu’à reprendre une scène pareille et s’imaginer qu’on est à la suite de Marie-Madeleine, de saint Pierre et de saint Jean pour que notre vie commence à devenir pleine de l’amour de Dieu et du prochain. Notre Père, 29 avril 2000

Jeudi 23 juillet

Sainte Brigitte, Saint Apollinaire

Nous aurons à dresser la bannière d’une croisade, reconquête de la Chrétienté contre ses ennemis qui l’oppriment : croisade que nous appellerons royale, sacrale. Il s’agira de faire retrouver à nos pays, l’autorité légitime, sacrée à Reims, par laquelle la Vierge Marie est honorée et le culte de Jésus-Christ triomphe de tous ses ennemis. Je vous l’ai présenté, notre modèle. Ce n’est pas un saint, mais c’est l’homme qui nous est le plus proche, parce qu’il a réalisé cela à force d’obéissance et de discipline militaire, à force d’attachement à sa patrie et de soumission à ses chefs, à force d’obstination dans le travail méthodique pour le salut de la patrie, uniquement pour le salut de la patrie, la conservation de la patrie, c’est le maréchal Pétain. Nous trouvons conjurées contre lui toutes les forces de l’anticléricalisme, de l’athéisme et, paradoxalement, toutes les forces des chrétiens progressistes. Tragique histoire d’un homme toujours vainqueur et qui finit, accusé de trahison par son propre pays – pour l’avoir sauvé – dans la citadelle de l’Île d’Yeu, dans la pourriture, l’humidité, le froid, la solitude. Contemporain du Père de Foucauld à Saint-Cyr, ensemble à Saint-Cyr, leurs voies divergent, mais c’est toujours le même dévouement jusqu’à la mort. Le Père de Foucauld est martyrisé pendant la bataille de Verdun, le 1er décembre 1916 ; Pétain meurt dans cette casemate de l’Île d’Yeu condamné par ses concitoyens ingrats et débauchés. Notre Père, congrès 1995

Vendredi 24 juillet

Saint Charbel Makhlouf, Bses Carmélites de Guadalajara, Sainte Sigolaine, Sainte Christine

Sœur Marie Pilar de Saint-François Borgia entra au carmel Saint-Joseph, de Guadalajara, le 12 octobre 1898, sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, le 2 mai 1925 et sœur Marie des Anges de Saint-Joseph, le 14 juillet 1929. Aux jours tristement célèbres de la persécution religieuse, lors de la guerre d’Espagne, sœur Marie Pilar souffrait beaucoup des offenses faites à Dieu, et elle se consolait à l’idée que, bientôt, elle arriverait peut-être à accomplir ses désirs de mourir en donnant le témoignage de sa foi. C’est pour cela qu’elle avait l’habitude de dire pendant les récréations, afin d’encourager toutes ses sœurs : « S’ils nous traînent au martyre, nous y marcherons en chantant, comme nos sœurs martyres de Compiègne. Nous chanterons leur cantique, “ Cœur Saint, Tu régneras ”. Ce que je désire seulement, c’est de mourir avec mon habit et de ne pas tomber aux mains de ces hommes ».

Dans le même esprit, elle s’offrit en victime pendant les bombardements, allant jusqu’à dire à sa prieure : « J’ai demandé à Notre-Seigneur que s’Il veut une victime, Il me prenne, moi, et qu’Il épargne Vos Révérences. »

C’est ainsi que parlait la courageuse sœur Marie Pilar, le 22 juillet 1936. À cause de la rapidité avec laquelle se succédaient les événements, elle allait voir ses désirs se réaliser deux jours plus tard, à la date même où l’Église célèbre la fête des martyres de Compiègne, le 24 juillet, à cause de l’octave de Notre-Dame du Carmel ! CRC no 370, septembre 2000

Samedi 25 juillet

Saint Jacques

Jésus-Christ nous a fait cette recommandation : “ Celui qui voudra être le premier d’entre vous, se fera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon. ” (Mt 20, 27-28) Les âmes qui savent vaincre leurs tentations, plongent dans l’Être immense de Dieu comme dans un océan de grâce, de force et d’amour ; elles pénètrent les secrets divins avec une extrême clarté, et elles les entendent, quoiqu’elles ne puissent les comprendre tout à fait. Dieu se révèle à ces âmes avec une certaine complaisance et leur communique la connaissance d’une part de Lui-même, selon la capacité qu’Il donne à chaque âme pour atteindre l’essence de l’Être divin. L’âme s’identifie alors avec la sainteté de Dieu, dans la mesure de la générosité avec laquelle elle se livre, et Dieu la prend avec Lui et l’enrichit de ses dons. Sœur Lucie, appel à la vie religieuse

Dimanche 26 juillet

Sainte Anne et saint Joachim

Sainte Anne, c’est la gloire. À Auray, c’est incroyable la puissance qu’elle a de faire des miracles et au Canada, c’est pareil. Ceux qui ont la dévotion à Sainte Anne sont bien partis parce qu’elle est toute-puissante. Sainte Anne, ce sont les mystères glorieux du Rosaire. Il y a nécessité, quand on l’a vue, de baisser les yeux sur la petite Reine dont le rire nous séduit, dont le souci nous inquiète. Pourquoi est-elle soucieuse, que craint-elle ? Que peut-il lui arriver de malheureux comme cela, bien coincée sur le sein de sa mère avec l’enfant sur ses genoux ? Quel malheur ? Elle craint tout. Et saint Joseph ? Non, saint Joseph n’est pas là ; et le père de l’enfant, où est-il ? Il n’est pas là, il est dans le Ciel, dans les cieux des Cieux. C’est rassurant, de là-haut, il voit tout, il protège tout. Elle a tout, cette petite Reine. Elle a le visage de sainte Anne qui lui parle mystérieusement de la majesté du Père des Cieux et elle a son enfant. Sainte Anne le lui présente, lui tient dans les mains et elle est chargée de défendre cet Enfant. Elle craint tout pour Lui, tout le temps. C’est pour elle les mystères douloureux. Rien qu’à penser à ce qui se passe, on est plein de hurlements de douleur, peut-être de haine de voir comment tout est sali, souillé par le diable, répandu par le diable dans ce fumier qui, sur la terre, annonce l’épouvantable enfer. C’est notre petite Maman, à condition d’être les cœurs purs, fidèles à Elle autant qu’on le peut et si on ne l’est pas, on lui demande pardon. Notre Père, 21 novembre 2000

Lundi 27 juillet

Saint Pantaléon, Saint Ours

Qui mange ma Chair, dit le Christ, et boit mon Sang, demeure en moi, et moi en lui. En effet, de même que si l’on jette une autre cire dans de la cire en fusion, nécessairement l’une se mêlera très intimement à l’autre, ainsi celui qui reçoit la Chair et le Sang du Seigneur s’y unit de telle sorte que le Christ réside en lui et lui dans le Christ. Tu trouveras une comparaison analogue dans saint Matthieu. Le royaume des cieux, dit-il, est semblable au levain qu’une femme prend et mêle à trois mesures de farine (Mt 13, 33). Comme un peu de levain, dit saint Paul, fait lever toute la pâte (2 Ga 5, 9), ainsi une parcelle consacrée attire en elle l’homme tout entier et le remplit de sa grâce ; c’est ainsi que le Christ demeure en nous et nous dans le Christ.

Si donc nous voulons obtenir la vie éternelle, si nous désirons posséder en nous le dispensateur de l’immortalité, empressons-nous de courir recevoir l’Eucharistie. Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie

Mardi 28 juillet

Saint Nazaire et ses compagnons

Voilà de nouveau, pour celui qui réfléchit, une nouvelle donnée sur le Royaume qui est extrêmement importante, c’est qu’il est mélangé de bons et de mauvais. Les Pères de l’Église, les théologiens se sont interrogés sur la signification de cette parabole. Cette parabole nous contraint à distinguer deux temps dans le Royaume : un premier temps où les bons et les mauvais sont mélangés ; quoi qu’on fasse, on ne pourra pas les distinguer parfaitement. Un deuxième temps, c’est la conclusion de cette parabole, c’est le temps de la moisson. Voilà comment la parousie, qui apparaissait par exemple à Jean-Baptiste comme l’œuvre immédiate du Messie, apparaît comme l’œuvre ultime du Messie, après un long temps, comme on sème et puis il faut attendre tout l’hiver et le printemps pour que le blé germe et pousse ; et l’ivraie mêlée au blé ?

Ce long temps, c’est le long temps de l’Église, du Royaume de Dieu en sa forme humiliée, en sa forme terrestre et historique. Puis, au bout de ce long temps viendra le temps de la moisson qui, lui, est très différent, où les Anges viendront et récolteront d’un côté le blé, de l’autre côté l’ivraie pour la jeter au feu. C’est une révélation sur le Royaume de Dieu dans le Ciel et sur le jugement des damnés jetés en enfer. Notre Père, conférences sur l’Évangile 1968-1970

Mercredi 29 juillet

Sainte Marthe, Saints Félix II, Simplice, Faustin et Béatrice, Saint Loup

Si nous sommes Marthe, c’est-à-dire si nous sommes dans le monde, il faut servir nos frères. De quelle manière ? En leur disant la vérité, en travaillant pour la justice, pour la paix, pour l’ordre social, pour le progrès temporel et spirituel de l’humanité, cela en allant à contre-courant, bien évidemment, et en affrontant les puissances occultes, les puissances sataniques qui sont dans le monde, parce que c’est comme ça que Jésus a aimé ses frères, jusqu’à donner sa vie pour eux.

Faire de la politique, de l’économie, je ne sais quoi, tous nos dévouements pour la société, il faut savoir que si ce sont des dévouements surnaturels, vraiment chrétiens, vraiment catholiques, cela nous mènera nécessairement à la Croix, un jour ou l’autre, sous une forme ou sous une autre. Les Marthe, en fait, ce sont des martyres. C’est le martyre quotidien du service des frères, mais c’est aussi le martyre quotidien de l’affrontement des puissances mauvaises. Il n’y a pas de Rédemption sans effusion du sang, il n’y a pas d’amour de Dieu sans amour de ses frères, il n’y a pas d’amour de ses frères sans immolation, sacrifice et mort à leur service. Notre Père, 2 octobre 1978

Jeudi 30 juillet

Saint Pierre Chrysologue, Saint Abdon et Sennen

Notre-Seigneur voulait dire que un scribe, c’est-à-dire un intellectuel, en méditant tout l’Ancien Testament, pouvait voir déjà, en filigrane, se manifester toute la nouvelle Révélation que Jésus-Christ allait apporter. Donc, il ne fallait pas que les scribes et les pharisiens s’étonnent de ce qu’avait de nouveau, d’apparemment révolutionnaire, l’enseignement de Jésus. S’ils avaient bien étudié leur Ancien Testament, ils y auraient vu le Nouveau Testament. Cette parole reste vraie, elle restera vraie jusqu’à la fin du monde : l’enseignement de Jésus, qui est pourtant très parfait – on ne fera jamais rien de mieux – est tellement mystérieux, tellement complexe, tellement riche, que chaque siècle découvrira du nouveau en même temps que de l’ancien ; dans l’ancien, des choses cachées. Notre Père, théologie totale, Canada août 1987

Vendredi 31 juillet

Saint Ignace

J’ai trouvé un livre sur saint Ignace justement au moment où j’étais dans cette tentation du scrupule et Dieu sait s’il y avait de quoi. Cette tentation de scrupule, saint Ignace a failli en mourir à Manrèse, tenté de suicide. Dans ces chemins de forêt dominant la Sarine, près des précipices, j’ai compris ce que c’était. Pourtant, je ne suis pas suicidaire, je ne suis pas pisithanate, comme disait Maurras. C’est si vite fait de se dire : « Ma vie est perdue », plus d’espérance. Saint Ignace a vécu cela sur les bords du Coroner, un torrent. Juste au moment où j’avais besoin de cette leçon, j’ai vu comment saint Ignace s’en était tiré, suppliant Dieu de lui répondre et recevant de son confesseur les lumières nécessaires pour tourner la page et ne plus penser à rien des accusations que lui faisait son cœur sur sa propre vie. Voilà comment j’ai pu vivre cela et si les frères n’étaient pas venus, je pense que cette méthode m’aurait gardé les 28 mois dont nous étions convenus. Notre Père, 4 janvier 1997