Méditations quotidiennes

Mercredi de la Passion, 1er avril

Saint Hugues

Une seule explication à cette folie homicide : « Vous avez pour père le diable ! » C’est ce que Jésus a répondu à la Révolution française, « satanique dans son essence », par la bouche de Grégoire XVI, de Pie IX, de Pie X. Mais après Pie X, la Sainte Vierge est descendue du Ciel en personne pour ouvrir sous les yeux de trois enfants innocents l’abîme de l’enfer. Comme si Dieu avait prévu que les Papes ne suffiraient plus à montrer aux hommes le but, l’unique but de tous nos travaux : le Ciel, et à les arracher à l’enfer où ils tombent en masse depuis la Révolution française et, plus encore, depuis la Révolution communiste de... 1917 ! devancée de peu par la Sainte Vierge, le 13 mai 1917. Ce n’est pas que la Sainte Vierge veuille supplanter le Saint-Père. Prions pour le Saint-Père, à l’exemple de Lucie, François et Jacinthe, surtout Jacinthe. Frère Bruno de Jésus-Marie, 1er mai 2006


Dimanche 1er mars

Nous commençons notre carême et nous aurons toutes sortes de suggestions : pour être sobres, pour faire pénitence, pour prier, pour être généreux, charitables, cela vient du Saint-Esprit. Il faut que ces suggestions entrent en nous et que déjà, nous nous délections de la beauté de la vertu, de la beauté du sacrifice qui nous est suggéré par l’Esprit-Saint et ensuite, que nous y consentions. Nous aurons une joie, une paix très grande à consentir et à faire ce que Dieu nous suggère. Mais quand ce sera le diable qui passera par là, et Dieu sait s’il le fera souvent pendant ce carême, pour un petit péché ou un grand péché, la suggestion nous ayant frappé les oreilles ou les yeux de l’âme, nous ne penserons pas que nous avons déjà péché. On peut recevoir la suggestion du démon comme un bombardement de neutrons, continuel, sur notre âme ; le Christ aussi a été soumis à ce bombardement-là, ce n’est pas un péché, au contraire, nous dit saint Ignace, c’est un mérite quand on n’y cède pas, pas le moins du monde, si nous disons : « Va-t’en, démon maudit ! » Notre Père, 28 février 1993

Lundi 2 mars

Plus nous aurons de courage pour faire carême, pour faire pénitence, plus notre âme recevra une pureté et loyauté dans ses rapports avec le Christ ; nous deviendrons davantage ses disciples et, plus les jours saints se dérouleront, plus nous désirerons suivre de près Notre-Seigneur et alors Pâques sera une transfiguration progressive de nos âmes et nous fera désirer davantage le Ciel. Notre Père, 20 février 1983

Mardi 3 mars

Quand nous récitons cette admirable prière, tout d’abord nous captivons le cœur de Dieu en l’invoquant par le doux nom de Père. Notre Père, le plus tendre de tous les pères, tout-puissant dans la création, tout admirable dans sa conservation, tout aimable dans la Providence, tout bon et infiniment bon dans la Rédemption. Dieu est notre Père, nous sommes tous frères, le ciel est notre patrie et notre héritage. N’y a-t-il pas là de quoi nous inspirer à la fois l’amour de Dieu, l’amour du prochain et le détachement de toutes les choses de la terre ? Aimons donc un tel Père et disons-lui mille et mille fois : Notre Père qui êtes aux Cieux. Que nous vivions comme vos véritables enfants ; que nous tendions toujours vers vous seul par toute l’ardeur de nos désirs. Frère Bruno de Jésus-Marie, 14 septembre 2008

Mercredi 4 mars

Mercredi des Quatre Temps de Carême, Saint Casimir

Ô Frères, regardez la face de la terre ! Dites-moi : ne faut-il pas qu’elle change ? Ne doit-elle pas être renouvelée ? La terre n’est-elle pas devenue aux yeux de Jésus comme un champ qui ne produit plus que des chardons et des épines pour en couronner son doux Cœur ?... Pauvre Jésus ! Roi d’amour méprisé ! Mendiant des âmes repoussé !... Je Vous vois aller avec votre Mère, errant de pays en pays : sur chaque trône Vous trouvez un Hérode ou un Pilate : “ Je ne veux pas de Vous ” ou “ Je ne Vous connais pas ”, ainsi parlent les puissants et les princes. Je Vous vois frapper aux portes, de maison en maison : et des meilleurs foyers, oui, des familles de vos baptisés où Vous voulez entrer plein d’amour et de bénédictions, la pestilence du péché moderne vient à votre rencontre ; de maison en maison Vous êtes chassé et persécuté par le mal, le mal conjugal qui appelle la vengeance... Hélas ! Frères, l’amour est crucifié, jusque dans le mariage chrétien, par le néomalthusianisme qui appelle le châtiment. Oui, Amour de mon Dieu, où n’êtes-vous pas crucifié ?... Où ?... Où ? (...) Concevons notre vie comme celle des premiers apôtres : ce n’est pas trop pour une telle entreprise. Que sur nous descende la plénitude de l’Esprit de Jésus, comme sur les apôtres des premiers temps : les temps où nous vivons l’exigent. Que notre vie soit, comme la leur, une vie d’amour pauvre, simple et courageuse : une vie d’apôtres, mortifiée au-dedans et au dehors, la vie de sacrifice de Jésus vécue en notre vie. Abbé Poppe, 24 février 1921 

Jeudi 5 mars

Mais pourquoi Notre-Dame nous demande-t-elle de continuer à réciter tous les jours notre chapelet ? Parce que la prière est la base de toute vie spirituelle : si nous abandonnons la prière, notre âme sera privée de cette vie surnaturelle qu’elle puise dans sa rencontre avec Dieu car c’est dans la prière que cette rencontre se réalise. Sœur Lucie, Apelos

Vendredi 6 mars

Premier Vendredi du mois, La Lance et les Clous sacrés de NSJC

Dans mon labeur ordinaire, j’aurai le saint désir de te faire revivre en moi tel que tu t’es montré ce matin, ô Jésus crucifié, ô doux Corps de mon Dieu, ô beau Sang répandu. Je le veux pour être parfait, pour montrer par toute ma vie combien ceux qui te servent sont aidés et comblés, mais surtout pour répondre à tes inspirations, à tes vues, à tes désirs. Je vais puiser d’heure en heure, de peine en peine, dans la leçon de ton sacrifice ; l’image de ta flagellation, de ta couronne d’épines, de tes clous, de la lance en ton cœur m’obsédera, pour accepter les dérisoires coups d’épingle qui me blessent, les souffrances minuscules de chaque jour. Je me rappellerai ton Sang vermeil dans le Calice pour penser à y mêler quelques sueurs, quelques larmes, tombées de mon visage au labeur de ce jour. Tu poursuivras ce travail du sacrement qui doit m’assimiler à toi et me configurer, moi pécheur, à tout ton être saint et crucifié. Ajouter ce qui manque à la Passion du Christ pour son corps qui est l’Église, sublime mais surhumaine vocation que je ne pourrai accomplir à la mesure des circonstances si toi-même ne vis en moi et n’y poursuis ta messe. Notre Père, Page mystique n° 70, ite Missa est, août 1974

Samedi 7 mars

Premier Samedi du mois, Saintes Perpétue et Félicité, Saint Thomas d’Aquin

En regardant Jésus en croix, en invoquant la Victime sainte de ce sacrifice expiatoire, nous vous le demandons, ô Père très bon, pardonnez-nous par Lui, avec Lui, en Lui, et pour Lui, pour sa soif d’amour et de gloire. Que son Sang précieux nous purifie et sanctifie à vos yeux, qu’il nous mérite le pardon. Et vous, ô Mère et Corédemptrice, votre prière pour nous sera notre premier pardon et votre pardon sera pour nous le meilleur gage du pardon divin... Notre Père, CRC 182, octobre 1982

Dimanche 8 mars

Saint Jean de Dieu

« Et de la nuée, une voix se fit entendre : “ Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ” » (Lc 9, 35), c’est-à-dire “ obéissez-lui ! ” Pour nous, cent ans après Fatima, cela prend un caractère encore plus impérieux : obéissez aux demandes de Notre-Dame de Fatima ! Je crois aux événements de Fatima, j’espère le triomphe du Cœur Immaculé de Marie puisqu’Elle l’a promis et qu’Elle tient ses promesses, et j’aime par le Cœur Immaculé de Marie. C’est ça, notre acte de foi, d’espérance et de charité désormais. Et obéissez-lui, à Elle, quand Elle vous fait des demandes ! Il y va du salut du monde et de chacune de nos âmes.

« Notre grandeur est immense : nous sommes des tabernacles vivants où habite la Très Sainte Trinité, nous sommes la maison de Dieu et la porte du Ciel ! » Au fond, c’est une réponse à saint Pierre qui voulait construire des tentes, mais à quoi bon construire des tentes, si nous sommes nous-mêmes des tabernacles vivants où habite la Très Sainte Trinité !

À condition de « l’écouter » ! « la maison de Dieu et la porte du Ciel »... c’est Marie ! Et nous, ses enfants, nous sommes sa “ maisonnée ”, encore en attente à « la porte du Ciel » Frère Bruno de Jésus-Marie, 6 août 2017

Lundi 9 mars

Sainte Françoise Romaine, Saint Dominique Savio

« Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

« Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis, peccatoribus. » « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, pauvres pécheresses. »

« Reconnaissons que nous sommes pécheurs » en faisant pénitence, convertissons-nous ! « Si vous ne faites pénitence, si vous ne vous convertissez, vous périrez tous. » Pour nous convertir, il nous faut être pardonnés. Mais pour être pardonnés, il y a une condition à remplir : il nous faut pardonner nous-mêmes à nos ennemis. Difficile ! C’est le don de force qui nous en donne la grâce. Il y faut une force divine. C’est notre participation au Saint-Sacrifice de la messe, selon la recommandation de Notre-Seigneur : « Si tu as un différend avec ton frère, va, laisse ton offrande et va te réconcilier avec ton ennemi. Après, tu viendras participer au sacrifice. » C’est une condition sine qua non, parce qu’elle nous dispose le cœur à la ressemblance du Cœur de Jésus, elle nous fait frères de Jésus, et nous obtient la grâce, la miséricorde du Père et du Cœur Immaculé de Marie pour nous-mêmes. Frère Bruno de Jésus-Marie, 4 juin 2017

Mardi 10 mars

Quarante Martyrs de Sébaste

Ils ont, eux, la loi toujours présente à leur pensée. Et toutes leurs œuvres sont inspirées par la Loi de Dieu. Jésus leur dit : imbéciles de menteurs ! Ils ne mettent pas la loi sur leur crâne pour que cela leur infuse perpétuellement, mais pour que le peuple sache qu’ils sont des pharisiens. Les pharisiens d’aujourd’hui sont très respectés des prêtres eux-mêmes. Dans la charité universelle que nous avons aujourd’hui, même pour nos ennemis, les pharisiens ont conscience que, en mettant ces phylactères sur leur front, ils s’imposent aux autres comme des gens supérieurs. Jésus les dénonçait déjà, ils n’ont pas changé depuis.

« Ils aiment les premières places dans les repas et les premiers sièges dans les synagogues. » Pour les Juifs, il ne s’agissait pas d’occuper les premiers rangs pour laisser la place aux autres, comme à l’église ; c’était pour se faire remarquer. La vie est un combat et, suivant Notre-Seigneur, nous combattons, premièrement contre nous-mêmes pour ne pas être des hypocrites, deuxièmement nous nous méfions des hypocrites afin de ne pas subir leur condamnation qui nous inquiéterait dans la voie que nous avons prise. S’ils veulent nous persécuter, ils nous persécuteront, mais nous savons en qui nous avons mis notre foi. C’est en Notre-Seigneur. Notre Père, 16 mars 1997

Mercredi 11 mars

« La vie religieuse est l’école de la souffrance. Si elle était toujours un Paradis, les trois quarts de l’Évangile y resteraient sans application et elle ne serait pas l’Imitation de Jésus-Christ. L’état normal reste la croix et la patience. »

L’abbé Poppe s’en prend à la “ sainteté de porcelaine ” qui ne supporte pas un mot blessant ou un coup dur. « Pratique la patience VIRILEMENT en toute occasion. Être saint est d’abord être humble, et la patience est maîtresse de douceur qui est la compagne de l’humilité. [...] La patience est le train rapide vers l’humilité ; l’humilité la station avant la perfection. »

« Aime tout le monde, mais personne d’une affection aussi personnelle que Lui, le Bien-Aimé, le seul Désiré, l’Époux. Sois une enfant chérie de Marie et apprends d’elle le juste milieu entre la magnanimité et la patience. [...]

« N’oublie pas que Jésus te demandera moins ce que tu fais que COMMENT tu le fais : la charité donne valeur à tout, et la charité, c’est la volonté droite et non la sensiblerie. » Abbé Edouard Poppe, lettre à sœur Marie-Désirée, février 1917

Jeudi 12 mars

Saint Pol de Léon, Saint Grégoire Ier

Je me souviens toujours de la grande promesse qui me remplit de joie : « Je ne te laisserai jamais seule. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira à Dieu. » Je crois que cette promesse n’est pas pour moi seule, mais pour toutes les âmes qui veulent se réfugier dans le Cœur de leur Mère du Ciel et se laisser conduire par les chemins tracés par elle... Il me semble que telles sont aussi les intentions du Cœur Immaculé de Marie : Faire briller devant les âmes encore ce rayon de lumière, leur montrer encore ce port de salut, toujours prêt à accueillir tous les naufragés de ce monde... Quant à moi, tout en savourant les fruits délicieux de ce beau jardin, je m’efforce d’en faciliter l’accès aux âmes, pour qu’elles y rassasient leur faim et leur soif de grâce, de réconfort et de secours. Lettre de sœur Lucie à mère Cunha matos, 14 avril 1945

Vendredi 13 mars

Saint Suaire de Notre-Seigneur

Grâce à notre Père et à son combat pour la défense du Saint Suaire, nous voyons les choses, pour ainsi dire dans le Cœur du Bon Dieu : le Saint Suaire, c’est Jésus qui revient parmi nous, en nos temps d’apostasie. Il est là, au milieu de nous par sa présence divine, silencieuse, majestueuse, qui est une démonstration de la vérité des Évangiles, de sa Passion et de sa résurrection, propre à ranimer la foi dans le monde. Être appelés à vénérer cette précieuse relique à Turin est une grâce de prédestination qui nous incite à imiter Jésus dans ce don total qu’il a voulu faire de Lui-même à son Église, à brûler d’un zèle tout missionnaire. Frère Pierre de la Transfiguration, mai 2015

Samedi 14 mars

Sainte Mathilde

Toutes les fois que je lis cela, je m’aperçois que les gens ne lisent pas l’Évangile. Ils ne remarquent pas que le fils, en s’approchant de la maison, voit quelqu’un qui l’attend. C’est son père qui l’attend ! Vous croyez que c’est normal ? Il n’a pas prévenu. Cela veut dire que son père espère toujours son retour dans son éternelle miséricorde. Son père l’aperçut. Le regard du père ! Il est tellement anxieux, il aime tellement ce fils que, de loin, il l’a reconnu. Son père l’aperçut et fut ému de compassion. C’est le “ ressed ” hébreu, un mot qui veut dire des choses tellement merveilleuses. C’est la tendresse, la sensibilité, la miséricorde : “ ressed ”. C’est pourquoi saint Jérôme le traduit par miséricorde. Je ne vois pas pourquoi les modernes ne supportent plus ce mot. Ils ont été criminels de changer dans toutes les formules liturgiques la miséricorde, parce qu’il paraît que ce serait paternaliste. De fait, c’est paternaliste. La miséricorde, c’est l’invention du Bon Dieu. Notre Père, 26 mars 2000

Dimanche 15 mars

Ste Louise de Marillac

Jésus est au-dessus de cela ! Comme Joseph, Jésus est fidèle à la Loi de Dieu, son Père ; Jésus est consacré à Dieu comme Jésus est consacré pour sa mission, la même que celle de Joseph, celle de sauver son peuple.

Voilà pourquoi il va être très bon pour cette femme. Il va entrer en discussion avec elle ; elle est supérieurement intelligente, vraiment intelligente, elle a le goût de la vérité, elle est empoignée par ce Christ, ce juif qui lui parle des choses de Dieu que personne, peut-être, ne lui a jamais dites auparavant. Dans cette conversation, on voit que le cœur de cette femme est pris en même temps que son intelligence. Notre-Seigneur, voyant cela, avec une plus grande liberté que le Joseph de l’Ancien Testament, s’ouvre à elle et c’est la première fois, c’est la première personne à qui Jésus se confie et se déclare, Lui, le Messie. Notre Père, 21 mars 1993

Lundi 16 mars

Je ne crains ni la contagion, ni la maladie, ni la mort en tant que telles : rien dans le monde ne me tient en son pouvoir, aucun lien d’amitié ni intérêt personnel ne me tiennent attaché à la vie. Je ne vis que pour Dieu et rien ne peut rendre ma vie meilleure ou plus heureuse que Dieu Lui-même et son Règne. Mais d’autre part, la crainte du Purgatoire et la quasi-certitude d’une purification insuffisante m’oppressent immédiatement et m’affolent parfois dès qu’une menace sérieuse de la mort apparaît à l’horizon.

Je ne sais si je vous ai déjà écrit ceci : je travaille, je m’offre, je vis de zèle. Le Règne du Christ et de sa Mère me dévore intérieurement et totalement. C’est aussi naturel que ma respiration physique. Toutes les forces de mon être tendent à l’instauration de ce Règne et y trouvent leur raison d’être. (...) Je me sens plutôt poussé, conduit de l’intérieur à cause de l’excellence de ce Règne. Je ne vis et n’agis, à ce qui me semble, que parce que le Christ est Dieu, parce que l’Église est le Corps du Christ et parce que notre Mère possède la plénitude de toutes les grâces dans le Royaume. Je veux la Gloire de Dieu et son Règne, en ce monde et dans l’au-delà. Et j’aspire à la félicité de la nouvelle Création et d’en jouir. Lettre de l’abbé Poppe au père Van Haute, janvier 1922

Mardi 17 mars

Saint Patrice

Tout cela préparait quelque chose : un jour, dans son Cœur, Jésus a dû pardonner à toute l’humanité, c’est-à-dire qu’au lieu de voir cette femme, ce voleur, ces brigands, ces pharisiens, il a vu toute l’humanité, tout le monde et nous aussi, avec tous nos péchés horribles, et Dieu lui disait : « Pardonne-leur ! » La Sainte Vierge, sa Maman, était toujours là qui lui disait : « Il faut leur pardonner ! » Et Jésus a fait cet effort immense contre son Cœur, d’immolation de son Cœur, de sacrifice de son Cœur, il a marché sur son Cœur et cela a été dur, ça s’appelle l’Agonie. Dans l’Agonie, Jésus a sué des sueurs de sang, tellement il a fait un effort formidable, parce que tout cela lui faisait horreur. Notre Père, 1er juillet 1984

Mercredi 18 mars

Saint Cyrille de Jérusalem

J’aime bien, quand je récite mon bréviaire, tomber sur ce mot de Loi de Dieu, de commandement de Dieu, de mandement divin ; il y a douze ou treize mots qui, tous, évoquent ce commandement de Dieu avec lequel nous devons être portés à saisir la volonté de Dieu et la pratiquer. Eh bien ! quand je tombe sur des passages comme ceux-là, j’aime bien penser à la Sainte Vierge. Je me dis : Elle est ma Mère, mais ce n’est pas une Mère molle, qui transige, une Mère qui ne réclame pas d’effort. C’est une Mère vénérable, respectable aussi, qui est capable de nous parler avec l’accent du commandement divin. Quand Elle le fait, c’est le Saint-Esprit qui le lui inspire.

Je n’ai qu’à regarder son visage, chercher son sourire, son approbation, et là, ce sera un rai de lumière, qui nous vient directement du Cœur de Dieu qui nous sera donné. Voilà comment il faut s’accoutumer à la présence du Saint-Esprit en la Vierge Marie et en tous ceux qui sont enfants de Marie. Tous ceux qui sont enfants de Marie sont aussi des réceptacles de l’amour de la Vierge Marie pour l’Église et pour chacun de nous. Frère Bruno de Jésus-Marie, 5 décembre 2010

Jeudi 19 mars

Saint Joseph

« Ô Jésus et Marie, vous fûtes la double affection de Joseph, notre patriarche. Dans la maison de Nazareth, vous étiez la Sagesse et l’Amour, l’Amour virginal engendrant la Sagesse au monde par l’opération du Saint-Esprit habitant en vous, ô Marie, et la sagesse divine engendrée par cette chair bénie que vous aviez créée pour cette œuvre sublime, ô Jésus. » C’est vraiment le commentaire de la vision de la Sainte Famille qui est apparue à Fatima le 13 octobre.

La richesse de ces lignes, c’est impossible à commenter, c’est merveilleux ! Cela doit faire l’objet de notre méditation continuelle, inlassable, lorsque nous récitons notre chapelet une fois, deux fois, trois fois par jour. Frère Bruno de Jésus-Marie, retraite sur les Pages mystiques, octobre 2019

Vendredi 20 mars

Cinq Plaies de Notre-Seigneur

Sainte Gertrude ayant récité la prière suivante pour saluer chacune des plaies du Corps adorable de Jésus, Jésus lui apparut, ayant sur chacune de ses plaies une fleur qui brillait de l’éclat de l’or et Il dit : « C’est en ce ravissant état que je t’apparaîtrai à l’heure de la mort, c’est de cette gloire dont tu as revêtu mes plaies, en les saluant, que je couvrirai toutes les souillures de tes péchés et que je les effacerai. J’en userai de même envers tous ceux qui salueront, avec le même amour et la même dévotion, chacune de mes plaies en récitant cette prière ou une autre semblable.

« Gloire vous soit rendue, ô très suave, ô très douce, ô très généreuse, ô souveraine, ô excellente, ô radieuse et toujours immuable Trinité, pour ces roses du divin amour, pour les plaies de Jésus-Christ, de Jésus, l’unique ami, l’unique élu de mon cœur. » 

Samedi 21 mars

Saint Benoît

Frères, la divine Écriture nous crie : « Tout homme qui s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé. » En disant cela, elle nous montre que tout élèvement est une forme d’orgueil. Le Prophète témoigne qu’il s’en préserve quand il dit : « Seigneur, mon cœur n’est pas hautain, ni mon regard altier ; je n’ai marché ni dans le faste ni dans des splendeurs qui me dépassent. » « Si je n’avais pas d’humbles sentiments et si j’avais l’âme hautaine, vous traiteriez mon âme comme l’enfant qu’on sèvre de sa mère. »

Le commentaire de dom Delatte, dans cette introduction, faisant remarquer que la première citation de l’Écriture est une parole même de Notre-Seigneur, que les autres citations sur lesquelles il s’appuie sont des citations de l’Écriture Sainte, des psaumes, notre dom Delatte en tire que, pour saint Benoît, cette parole : « Tout homme qui s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé, est un axiome de foi ; puisque le Seigneur en personne l’a formulé dans son enseignement et appliqué le premier dans sa vie, c’est donc chose indubitable. »

Chose indubitable qui est manifestée de la part du Christ d’une manière paradoxale, pour frapper l’imagination : Celui qui s’élève sera abaissé. Quand on croit s’élever, en fait, dans la réalité des choses divines, la réalité de l’être, on s’abaisse. Quand on s’abaisse, dans la réalité de la vérité de Dieu, c’est-à-dire de l’être, quand on croit s’abaisser, on s’élève. Voilà une image à laquelle dom Delatte attache une grande importance, parce qu’elle va servir de soutien à notre pensée. Notre Père, 24 septembre 1989, commentaire de la Règle de saint Benoît

Dimanche 22 mars

Dimanche de Lætare, Bx Clément Auguste von Galen

Pendant tous les chants de cette Messe, qui chantent la joie de Jérusalem, le nom de Jérusalem doit faire bondir nos cœurs vers le Ciel, car, comme l’a dit saint Paul dans l’épître, c’est la Jérusalem nouvelle, la Jérusalem du Ciel qui est notre Mère. C’est vers Elle que nous tendons. Nous pourrions même intituler un prochain éditorial ainsi : Nous sommes du Ciel, en reprenant les paroles de la Sainte Vierge. Elle, Elle en venait, Elle pouvait dire qu’Elle en était depuis toujours, mais nous aussi, nous sommes du Ciel, nous sommes des enfants de Marie. Nous sommes du Ciel et la preuve, c’est que nous y allons. Nous avons rendez-vous au Ciel. Nous y montons par degrés, grâce à des marches, des paliers, déjà se profilent les êtres qui nous y attendent, comme cet archange qui est apparu il y a 2000 ans à la Sainte Vierge. Mais cela, c’est loin. Plus près de nous, nous avons eu de nouveau, dès 1916, des apparitions d’Ange, pour préparer l’apparition de la Sainte Vierge. Ensuite, nous avons vu dans le ciel de Fatima Jésus, Marie, Joseph qui ont paru dans le ciel de Fatima le 13 octobre 1917. Et encore Jésus et Marie à Pontevedra ! Sans parler de la vision de Tuy où là, sœur Lucie a été ravie jusqu’au Ciel et a vu des choses qu’elle ne peut même pas dire !

Nous sommes donc ici-bas en cette triste terre, en attente du Ciel, par ses médiations bienheureuses. Frère Bruno de Jésus-Marie, 25 mars 2001

Lundi 23 mars

On ne comprend pas la parole de Jésus au centurion : « Si vous ne voyez pas de signes, vous ne croyez point ! » Or, cette parole est d’une très grande importance :

1) Parce que les Romains étaient des païens très superstitieux. Jésus lui dit donc par cette réponse : « Viens-tu voir un guérisseur quelconque ou le prophète du Dieu des juifs ? » Ainsi, à l’appel de Jésus, la confiance de cet homme commence à devenir surnaturelle.

Jésus le met à l’épreuve : « Va, ton fils est vivant. » Le centurion fait confiance à Jésus et s’en va. « Et il crut, lui et toute sa maison. » Il était venu pour voir un simple thaumaturge, puis il a cru en l’homme Jésus et enfin, il crut à Jésus d’une foi surnaturelle, lui et sa famille. Quelle prodigieuse ascension ! Voilà ce que Jean veut nous montrer en nous rapportant cet épisode.

2) Mais il y a plus. Jésus a certainement répété bien souvent cette parole, afin que nous comprenions qu’on n’a pas besoin de miracle pour donner à Dieu sa foi. Il n’y a pas besoin de preuves quand on aime Jésus, quand on connaît Jésus : on a la foi, parce que la moindre de ses paroles donne confiance en lui ; on croit en lui.

Tâchons d’avoir la foi en Jésus, parce que c’est lui. En lisant dans l’Évangile ce qu’il dit, nous sentons que c’est vrai. Il n’y a donc pas besoin de miracle. Notre Père, 17 octobre 1982

Mardi 24 mars

Saint Gabriel archange

L’archange Gabriel est près de la Vierge Marie pour lui annoncer la grande nouvelle de sa vocation de toute éternité : devenir la Mère du Christ. L’archange Gabriel, dont le nom signifie « Force de Dieu » est lui aussi armé contre le démon pour le repousser et protéger cette enfant qui va devenir la Mère du Sauveur, être le garant de son Immaculée Conception. J’imagine cette Force de Dieu, mais aussi ce cœur, cette charité, cet amour brûlant de l’archange pour la Vierge Marie puisqu’il s’incline devant elle et lui dit des paroles merveilleuses. Nous avons une grande dévotion pour l’archange Gabriel, peut-être pas suffisante. Notre Père, 23 avril 1998

Mercredi 25 mars

Annonciation de la Bse Vierge Marie

La première partie de l’Ave Maria, si haute, nous donne à contempler la Vierge Immaculée trois fois sainte qui regorge de grâces, de perfections, de satisfaction, de bonheur et de gloire :

« Soyez dans la joie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. »

Dire cela mille et mille fois ne peut que multiplier au Cœur Immaculé de notre Mère la joie, l’action de grâces, et la consolation qu’elle est venue demander à Pontevedra. Frère Bruno de Jésus-Marie, Il est ressuscité, Mars 2018

Jeudi 26 mars

« Ainsi, Jésus-Christ a laissé comme preuve de sa divinité, ses œuvres et la sublimité de sa doctrine. N’en soyons pas surpris ! Il ne nous demande que d’appliquer à son égard le même critère que celui qu’Il nous a recommandé, dans une autre occasion, pour que nous sachions si un prophète est vrai ou faux prophète : “ C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez (...). Ainsi, tout arbre bon donne de bons fruits, tandis que l’arbre mauvais donne de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits (...). Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. ” (Mt 7, 16-20) » Le bon arbre dont Jésus, ses œuvres, sa doctrine sont le fruit, c’est la Croix où Il a payé le prix de notre salut. Frère Bruno de Jésus-Marie, Lumière dans la nuit, décembre 2003

Vendredi 27 mars

Précieux Sang de Notre-Seigneur, Saint Jean Damascène

Chacune des grâces que nous recevons est perlée d’une goutte du Sang de Jésus et une larme de notre Mère spirituelle. Chacune des grâces de Jésus nous est donnée avec un sourire de Marie, Médiatrice de toutes grâces. Abbé Edouard Poppe, avril 1922

Samedi 28 mars

Saint Jean de Capistran

L’énigme du peuple de Jérusalem va renouveler notre interrogation sur ce peuple, parce qu’un grand enthousiasme saisira la foule, elle sera véritablement séduite : « Aucun homme n’a parlé comme cet homme ! ». Elle sera attachée à Jésus, à tous ses discours, suspendue à ses lèvres. Puis, on la verra menacée par les grands de Jérusalem et un peu terrorisée, se méfier de ne pas se compromettre avec Jésus et ses apôtres. C’est ce même peuple qui, à la fois, applaudira Jésus le jour des Rameaux et quelques jours plus tard, le livrera à la mort.

C’est véritablement incompréhensible. Il faut se plonger avec soin dans l’évangile, avec ce souci de pénétrer l’âme de ce peuple pour comprendre un peu les raisons de cet enthousiasme et de cette soudaine trahison. Notre Père, Qui a tué le Seigneur ? semaine sainte 1988

Dimanche 29 mars

Dimanche de la Passion

Notre-Seigneur a voulu que l’on voie, à ce récit, la puissance de l’amour de Marie-Madeleine pour infléchir sa volonté. C’est son amour qui le fait pleurer, ce sont ses larmes qui le décident à faire cette résurrection, ce grand signe qui va être cause prochaine de sa mort.

Il n’y a qu’une seule chose qu’on puisse mettre en comparaison : c’est à Cana, lorsque la Vierge Marie ne demande pas à Jésus de faire un miracle, mais se contente de lui dire : « Ils n’ont plus de vin. » Très sûre de la puissance qu’elle a sur le Cœur de son enfant, très sûre de l’obéissance de Jésus à ses moindres désirs, même inexprimés, l’obéissance de l’amour qui va au-devant de l’ordre qui n’a même pas besoin d’être donné, elle dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’Il vous dira ! »

Ici, Marie est là qui expose simplement : « Seigneur, si vous aviez été là, mon frère ne serait pas mort. » Elle n’ajoute rien, elle laisse cela à Marthe qui insiste. Elle n’ajoute rien, mais de la voir ainsi désolée suffit à Notre-Seigneur. Son Cœur se laisse toucher. Puissance de l’intercession de Marie-Madeleine ! Notre Père, 24 mars 1985

Lundi 30 mars

Lundi de la Passion

Tout nous précipite dans la vie, dans notre propre vie comme dans l’histoire humaine, comme dans la vie de Jésus-Christ, vers la Passion, la souffrance et la mort, qui sont l’essentiel de la vie. Voilà pourquoi nous entrons résolument aujourd’hui dans ce temps de la Passion qui paraît bien l’essentiel du cycle liturgique. Les statues sont voilées ; au bréviaire, on ne fait plus mention que des très grands saints, on ne fait plus le suffrage des saints ; après ces quelques semaines qui nous séparent du temps de Noël, toute notre attention est concentrée sur le mystère du Christ et de sa Sainte Mère, la Vierge des Douleurs au pied de la Croix, parce que c’est cela seul qui importe, c’est l’essentiel de la vie du Christ. Il n’est pas venu ici-bas pour construire le monde, pour être heureux, pour nous révéler de grandes sciences ou de grands arts, de beaux-arts, mais il est venu ici-bas pour nous apprendre la Croix, c’est-à-dire la mort, c’est-à-dire le passage vers la Terre promise, le passage de ce monde à un autre. Notre Père, 23 mars 1980

Mardi 31 mars

Mardi de la Passion

Pendant ce temps de la Passion, l’Église nous fait voir le mystère du Christ. C’est le moment d’étudier Jésus souffrant. Dans ces Évangiles et durant toute la liturgie nous assistons au mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, de sa Passion. Nous entrons dans le mystère de ses souffrances.

Nous ne faisons pas que regarder, mais nous y participons, c’est-à-dire que, par les sacrements de confession et de communion, nous nous unissons à Jésus, pour ainsi dire nous nous fondons en lui, nous devenons membres de son Corps en train de souffrir pour être embarqués par lui dans ce grand mouvement et passer de la terre vers le Ciel.

Véritablement, d’une manière sacramentelle, c’est-à-dire symbolique et mystique, l’Église, durant la Semaine sainte, meurt avec son Sauveur pour ressusciter avec lui. C’est là le mystère pascal dans son essence afin que l’Église puisse nous presser d’imiter Jésus-Christ : « Faites comme il a fait. » Notre Père, 23 mars 1980