Il est ressuscité !

N° 224 – Septembre 2021

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


Le sang des martyrs

« Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu. »

AAPPROCHONS-NOUS sans attendre, prions, faisons pénitence, écoutons la complainte d’amour et de miséricorde de notre Mère au Cœur douloureux et immaculé :

PREMIER SECRET.

L’Immaculée en grand chagrin.
Terre crue, polychrome, modelée par frère Henry de la Croix.

« C’est ainsi que, dès le commencement, j’ai obtenu de Lui, par sa grâce émanée du Cœur Sacré de ce Fils très aimant, de vous montrer l’abîme de l’enfer, à travers la vitre qui nous en sépare, afin que vous en soyez épouvantés à jamais et que chacun, chacune de vous tremble pour ses bien-aimés comme pour son âme et sa propre chair, et qu’il prie et se sacrifie charitablement pour tant de pauvres âmes échappées déjà sur ce mauvais chemin de l’enfer d’où nulle âme ne reviendra à la lumière de notre Bon Dieu.

« Pour ce faire, je suis venue du Ciel afin de vous demander en son Nom de prier pour ces pauvres pécheurs et de consoler mon Cœur Immaculé désolé de voir tant de ses enfants qui marchent à l’enfer.

« Ne voudriez-vous pas vous aussi m’aider à secourir toutes ces pauvres âmes que leurs péchés mènent, en aveugles, à une si terrible fin ? »

[Comment ne pas répondre, d’un seul élan, Oui !

Aussitôt notre Mère chérie poursuit :]

DEUXIÈME SECRET.

« À la bonne heure ! Sachez que les trois enfants chéris, à qui je faisais confidence de mes peines, et, grâce à eux, des multitudes de vos frères, répondirent à mon appel et se sauvèrent de tout mal, du péché en ce monde et de l’enfer en l’autre.

« Ainsi, en leur temps, ont-ils obtenu la paix sur la terre (11 novembre 1918) et le bonheur du Ciel (morts de François, le 4 avril 1919 et de Jacinthe le 20 février 1920). Mais tant d’autres se détournèrent de moi et ne cessèrent d’offenser Dieu : ils en furent punis par la guerre, la famine, les persécutions.

« Pour rendre aux peuples du courage dans cette lutte contre l’enfer, je les prévins de ce qu’ils devraient bientôt souffrir pour l’amour de notre Dieu si bon, si bon !

« Et je vantai de mon Dieu le désir de son Cœur : de vous voir vous consacrer à l’amour éternel sous le vocable du Cœur Sacré de mon Jésus et de mon Cœur Immaculé, selon ce que notre bon Père du Ciel demandait. Pour signe de son acceptation, la Russie, alors livrée aux démons, donnerait le spectacle d’une conversion soudaine et merveilleuse à son antique foi catholique orthodoxe. »

[C’est-à-dire ni moderniste, ni progressiste.]

« Je suis revenue les en prévenir à Pontevedra, à Tuy... en 1925, en 1929.

« Mais, ô mes enfants, la douleur transperce mon Cœur Immaculé, blessure plus cruelle qu’au pied de la Croix.

« Je le pressentais : l’heure était venue du mystère d’iniquité que mon Fils avait annoncée, touchant les élus... »

[Tombant dans l’hérésie du Concile... par obéissance. Sauf Lucie, la messagère de Notre-Dame.]

« Personne ne fit cas de mon message, ni les méchants, ni les bons. Cette génération de l’après-guerre se montra ingrate, odieuse au point d’armer le bras de mon Fils contre moi qui lui fis un marché d’amour où toutes mes larmes le paieraient de toutes les injures et infidélités, de toutes les horreurs et les crimes qu’Il devrait subir, pour le pardon des pécheurs et, parmi eux, des âmes les plus proches de son Cœur transpercé ! »

[Une « légion de petites victimes », à l’école de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.]

TROISIÈME SECRET.

« C’est ce marché d’amour que je fis voir le 13 juillet 1917 aux trois enfants de mon Cœur, qui brûlèrent aussitôt de s’y associer par leurs dévotions et sacrifices. »

[Lorsque Notre-Dame leur dit : « Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère : Ô mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. ” »]

« Représentez-vous, mes enfants, ce drame où je suis dans la Gloire de Dieu comme toujours ; l’Ange qui garde l’entrée de ma demeure semble agiter son épée de feu sur le monde, pour le réduire.

« Et Dieu sait qu’il y serait parvenu si, ô miracle ! l’incendie commençant n’avait été arrêté par la splendeur et l’éclatante lumière des rayons émanés de ma dextre.

« À Fatima, en ces années-là, de grandes merveilles eurent lieu tandis que mes trois enfants, des plus chéris, appelaient l’Église elle-même et le monde entier à faire pénitence.

« À quelle grâce, à quel miracle, ces faits devaient-ils ce bonheur ? Je ne puis le dire encore aujourd’hui, car cette devanture très belle cachait un crime dont aucun de ceux qui ont dû y participer, y mourir même, n’a voulu rien dire ni laisser transparaître. Moi-même je n’en ai ni n’en veux avoir connaissance, étant, comme vous savez, Mère de Miséricorde et de Compassion, non de haine et de vengeance. »

– 4 – « UN ÉVÊQUE VÊTU DE BLANC. »

« Mes bons enfants, n’ayez pas peur ! Regardez à travers cette vitre qui est le reflet du Ciel. Voyez cet homme vêtu de blanc, c’est le Saint-Père en septembre 1978. À peine mort, il est déjà embaumé ; ignoré comme s’il n’avait jamais existé.

« Mais Quelqu’un ne peut l’oublier, ici : c’est moi, sa Mère, et depuis cet assassinat, ce martyre, moi, Marie des Sept-Douleurs, délaissant les hommes aux mains pleines de sang, je veille, auprès de mon unique Fils, mon confident, secret témoin de tout, votre beau Pasteur, Albino Luciani.

« Je l’ai vu dans cette pure lumière qui est Dieu, et passant comme un corps glorieux, auquel était réservée une immense gloire. Mon Cœur Immaculé battait, prêt à rompre d’amour maternel, car c’était lui l’objet des tendresses de mon Dieu, et Il paraissait l’oublier. L’Ange, lui ouvrant son chemin, clamait une fois encore, à réveiller l’abîme !

Pénitence, Pénitence, Pénitence !

« Cependant, le monde, à gauche de ma splendeur, étouffait de rage et de haine, mais mon Prince, mon Prêtre, n’en faisait nul cas ; il souriait au contraire, d’une divine grâce, comme mon Christ jadis.

« La Terre sainte, à ma droite, semblait s’éveiller d’une longue nuit et s’exerçait à l’alléluia du Ciel... C’était comme les jardins du Vatican, un nouveau Paradis où cet incomparable Prince de la Paix se promenait, disait son bréviaire, récitant son Rosaire, attendant son heure... »

– 5 – « UNE MONTAGNE ESCARPÉE. »

« L’Ange, alors, sonna de la trompette, et nous vîmes des religieux et prêtres se tourner vers moi qu’ils saluaient d’innombrables Ave Maria, et former des processions vers Lourdes, Lorette et Fatima, avec une allégresse qui rappelait aux vieillards les fêtes inouïes des temps anciens.

« Celle qui s’engagea, mon élu en tête, dans les monts de Galice et les hauteurs escarpées du ­Portugal, était, de toutes, la plus aimable à mon Cœur Immaculé parce qu’elle répondait, par une inspiration divine, à ce que Jésus désirait le plus entendre et admirer.

« Ces multitudes gravissaient ces montagnes escarpées sans difficulté. Les chapelets et les crucifix réapparaissaient dans leurs mains, sur leurs bannières et leurs habits religieux, comme on n’en avait plus vu depuis la Révolution. Chacun se taillait une croix, rugueuse, comme il est facile de le faire avec les chênes qui ont encore leur écorce.

« Ainsi, commençait de renaître l’Église des temps antiques. Ce clergé était la preuve qu’existait encore, mais comme “ souterraine ” et persécutée, la méritante tradition de nos paroisses. »

– 6 – VICTIME D’HOLOCAUSTE.

« Ah ! mes chers enfants, regardez, regardez bien celui que déjà vous avez aperçu, mais comme un fantôme à travers les voiles de la gloire de Dieu qui baigne ce pays.

« C’est votre Pape, disparu un temps, comme mort, et qui revient, comme un bon Pasteur, pour sauver son troupeau.

« Je vous en ai montré quelques signes par lesquels vous le connaîtrez mieux et ne pourrez plus jamais oublier.

« Ainsi l’avez-vous vu quitter son diocèse, comme le lui avait prophétisé ma messagère, et entrer résolument dans celui que le Christ, comme son Prêtre, lui avait, dès longtemps, assigné.

« C’est Rome, le siège des saints Pierre et Paul. Dans quel état le trouvait-il ? “ En ruine ”, tant au moral qu’au spirituel. J’ai voulu que le délabrement ne soit caché à personne, mais que ses responsables ne soient pas montrés du doigt, je le veux, parce que je suis la Mère de Miséricorde comme aussi le siège de la Sagesse...

« Que ce Pape, si fraîchement donné, soit effondré, comme son diocèse, cela doit lui être compté à grand mérite. Déjà, à cette station de son Chemin de Croix, il se montre mon parfait serviteur, pressé d’expier avec moi et notre Jésus bien-aimé, les fautes et crimes de ses prédécesseurs.

« Je ne veux pas punir tant d’horribles crimes sans qu’auparavant notre universelle Charité s’exerce à faire oublier le mal et procure les biens suprêmes de la Miséricorde et du Pardon. Mon serviteur lui-même prêchait d’exemple.

« Il y a encore à dire, mais rien ne sera plus comme avant.

« De saint Pie X à Jean-Paul Ier, ce fut un secret combat entre la Vierge Immaculée et les ministres de son Fils révoltés contre Lui. »

[Entre 1978 et 2000, une infâme exclusion. Dont le comble fut marqué par l’exil de notre Père à ­Hauterives, en Suisse, par la volonté de Mgr ­Daucourt, évêque de Troyes (1996).]

« Mais aujourd’hui, tout est oublié qu’il aurait mieux valu ne jamais connaître, et que moi, fille de David, j’ai enrobé d’images. »

[« Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu quelque chose de semblable à l’image que renvoie un miroir quand une personne passe devant  : un Évêque vêtu de Blanc. “ Nous eûmes le pressentiment que c’était le Saint-Père. ”]

« Ne se dresse plus que l’image du vrai Prêtre, du saint Pontife, du saint Évêque, de l’incomparable patriarche de Venise, enfin du Souverain Pontife, qui fut et demeure à jamais l’Hostie sainte, ­l’Hostie sans tache, la Victime innocente tuée par ses frères, et le Prêtre du Sacrifice incomparable de l’autel romain.

« Demain, grâce à son sacrifice d’holocauste, commencera de renaître l’Église indivise d’Orient et d’Occident, sous l’unique Père et Patriarche romain, le seul qui bientôt sera proclamé saint par acclamation populaire.

« Dieu veuille que ma messagère très fidèle partage pareille gloire ! en vertu de l’entente admirable, parfaite entre ces deux âmes merveilleuses. »

– 7 – LE SANG DES MARTYRS.

[« Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu. »]

« Oui, c’est vrai, il y aura encore de cruels martyres et des temps durs. Pour l’Église de Rome, pour l’Église de Moscou.

« Tant que notre très chéri Père Céleste voudra que dure le marché d’amour que je passai avec mon Fils, pour que soit accomplie toute Justice. De mes larmes mêlées aux larmes et sang de toutes les âmes vouées à mon Cœur Immaculé, je plaiderai Miséricorde pour les âmes qui s’approchent de Dieu : le Sang des martyrs est semence de chrétiens.

« Mon Cœur Immaculé triomphera, comme le veut mon Fils. Un temps de paix sera donné au monde revenu à son Dieu, Et il y aura encore des foules pèlerines se rendant à Jérusalem, à la Trinité Saint-Serge, à Rome, à Fatima !

« Tel est mon message, tout de mon inspiration qui guida la plume de ma fidèle messagère. »

[Lorsque sœur Lucie rédigea le troisième secret  en 1944.]

« Tel est le message de frère Georges de Jésus-Marie, car l’onction odorante de l’Esprit-Saint blesse son cœur d’un amour infini pour le Cœur de Jésus – Cœur de Marie tout unis, et pour ses martyrs d’Orient et d’Occident. »

« Que nous dit-il ?

« Aimez le Cœur Immaculé de Marie ! Aimez ce qu’Il aime ! »

frère Georges de Jésus-Marie, 15 juillet 2000,
avant d’entrer dans le grand silence
qui préluda à son dies natalis, le 15 février 2010.