Il est ressuscité !

N° 233 – Juin 2022

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


Nouvelles du front ukrainien

DE manière générale, la défaite des forces ukrainiennes est inévitable, mais Kiev, sans souci du sang versé, a décidé de lancer ses hommes à fond perdu dans la “ résistance ” pour imposer aux Russes une “ victoire à la Pyrrhus ” en leur infligeant des pertes maximum espérant les faire renoncer à poursuivre leurs manœuvres. Il est difficile de croire à cette perspective, car Poutine a donné des ordres pour privilégier le travail de l’artillerie et préserver ses troupes.

REDDITIONS

Un phénomène d’ampleur aide considérablement les Russes : depuis la reddition honteuse des partisans du régiment Azov à Marioupol, où plus de deux mille quatre cents nationalistes révolutionnaires sont sortis de leur terrier d’Azovstal sans se battre, règne dans les rangs des forces ukrainiennes un vent de désespoir.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux ukrainiens montrent des troupes épuisées, désemparées et en colère. Elles émanent pour la plupart de soldats appartenant aux unités les plus faibles, celles de Défense Territoriale du front de Severodonetsk / Lissitchansk.

« Nous refusons d’exécuter les missions de combat, car nous n’avons pas l’équipement nécessaire pour nous défendre, les protections lourdes et un commandement compétent », atteste un soldat de la 115e brigade ukrainienne devant une quinzaine de ses camarades qui posent devant la caméra l’arme au pied.

« Les actions d’un commandement incompétent, déclare un autre soldat, ont entraîné des pertes humaines et matérielles telles que le personnel ne peut plus exécuter de missions de combat en raison de son faible état moral et psychologique. Il n’y a pas de blindés, il n’y a rien, et le moral est au plus bas. Nous recevons des ordres que nous ne pouvons pas accomplir physiquement sans être tués ou blessés », dit un autre soldat qui appartient à la 14e brigade ukrainienne.

Les demandes et les reproches sont toujours les mêmes, ce qui laisse penser qu’un esprit de mutinerie existe sur l’ensemble des forces ukrainiennes du front. Cela se traduit par des désertions et des redditions. Il semble que cela soit dû à l’hétérogénéité des troupes, à leur épuisement par trois mois de guerre, à la déficience, voire à l’incompétence, de leur commandement de deuxième échelon, conséquence d’une politique d’avancement des officiers par favoritisme et non pas selon leurs compétences.

Suite à ces vidéos, le commandement ukrainien a procédé à des arrestations et a même donné l’ordre d’abattre les soldats récalcitrants. Un député de la Rada a proposé une loi autorisant leur exécution immédiate, mais qui a finalement été rejetée.

Malgré ces répressions exceptionnelles, la combativité des unités ukrainiennes est de moins en moins efficace et les redditions dès le premier contact ou dès les premiers bombardements, comme à Krasni Liman, se multiplient.

Selon Erwan Castel (“ Décomposition de l’armée ukrainienne ”, blog d’Erwan Castel, 28/05/2022), un soldat français qui s’est engagé comme volontaire dans l’armée du Donbass, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et sous-estimer l’adversaire. Il ne faut pas croire que toutes les forces ukrainiennes sont dans cet état de délabrement opérationnel et moral. Tout dépend du type d’unité et du front où elle combat. Dans certains secteurs du conflit moins éprouvés, la valeur opérationnelle et le moral des unités ukrainiennes restent plus élevés.

Les unités de mercenaires étrangers restent assez motivées, mais elles sont trop insignifiantes en nombre pour influencer le cours de la guerre. La Légion Internationale Ukrainienne dont Zelensky annonçait qu’elle accueillerait 100 000 mercenaires cette année aura bien du mal à enregistrer plus d’un millier d’Occidentaux.

Quant aux troupes ukrainiennes, Zelensky a avoué qu’elles perdaient 100 morts et 500 blessés par jour. Cela risque de provoquer une avalanche de désertions et de défections au fur et à mesure que l’armée russe progressera, et cet inévitable effondrement du front va entraîner un effondrement moral, et réciproquement. Cela ira-t-il jusqu’à menacer le régime de Kiev d’une révolution de rue ou de palais bien avant la débâcle définitive de leur armée ? Difficile de le dire. Mais l’objectif de Moscou est clair : imposer ses principes légitimes de sécurité collective, non seulement à l’Ukraine, mais aussi à l’OTAN.

CONSIDÉRATIONS SUR L’ARMÉE RUSSE

Ayant gagné Kiev, le journaliste Jonathan Alpeyrie a couvert les régions est et ouest de la capitale, notamment tous les combats d’Irpin et de Boutcha. Selon lui, l’armée russe n’est pas une armée de mauvaise qualité, comme on le prétend dans les médias occidentaux. Elle a eu au début des difficultés logistiques, comme dans toute armée qui commence un conflit, mais elle est surtout tenue sur une laisse très courte. L’ordre lui est donné de garder la mesure. Elle bombarde, mais, contrairement à ce qu’a fait l’armée russe dans d’autres conflits antérieurs, ce sont souvent des frappes précises, brèves et espacées. Le “ Stalingrad ” qu’on attendait à Kiev n’a pas eu lieu, parce que Poutine n’en voulait pas.

Philippe Migault, directeur du Centre européen d’analyse stratégique, ajoute que l’armée russe souffre de barrières mentales. Des problèmes de commandement existent dans l’armée russe qui ont été la cause de la mort sur le front de la demi-douzaine de généraux dont on a parlé dans la presse. Ces généraux se rendaient sur le front pour être au contact de leurs troupes, parce qu’elles prennent peu d’initiatives. Cela est dû à une autocensure mentale des Russes qui est un héritage de l’Union soviétique. Cette autocensure existe dans l’armée, mais aussi dans bien d’autres domaines comme celui des entreprises. Les cadres préfèrent obtenir l’assentiment de leur supérieur hiérarchique plutôt que de prendre une initiative. Aujourd’hui, la hiérarchie est disposée à leur laisser une plus grande liberté d’action, mais les mentalités restent bridées par réflexe.

Un autre point faible est l’absence d’un corps de sous-officiers professionnels. Dans l’armée britannique et dans l’armée française, on a un corps de sous-­officiers qui a une grande expérience du combat et une bonne formation. Dans l’armée russe, la reconstruction du corps des sous-officiers remonte à douze ans. C’est un échelon de commandement qui manque sur le terrain pour assurer la cohésion de la troupe.

L’armée de terre russe n’est pas incapable et vieillie, confirme Philippe Migault, mais contrairement à l’armée française où toutes les unités ont eu plusieurs expériences du combat en opérations extérieures, seules quelques unités russes ont été engagées dans les conflits précédents, comme la Tchétchénie, la Géorgie et la Syrie. Ceux qui sont allés au feu sont les forces spéciales et les VDV, c’est-à-dire les troupes de choc parachutistes. Les grandes unités de blindés, d’artillerie, de défense sol-air, de logistique qui opèrent actuellement en Ukraine n’avaient jamais connu le feu.

D’autre part, on assiste à un conflit de haute intensité qu’aucune armée n’a connu depuis 1945. Le dernier conflit de haute intensité dans lequel la France a été engagée a été Diên Biên Phû en 1954. Cela oblige nécessairement les Russes à avoir une phase d’adaptation. L’armée ukrainienne n’est pas une armée de partisans. Elle est équipée de missiles Javelin, de blindés, de missiles sol-air. Elle a à son service des conseillers militaires américains, français et britanniques. Elle bénéficie d’un système de renseignement occidental extrêmement perfectionné qui fonctionne à plein régime pour elle.

Un point explique la vieillesse des matériels engagés en Ukraine. L’armée russe est divisée en six composantes, à savoir les forces stratégiques (les missiles basés au sol), l’armée de l’air, les forces de défense aérienne, les parachutistes, la flotte de combat et l’armée de terre, cette dernière est la branche qui est la plus engagée en Ukraine. Mais c’est aussi celle qui a été la moins renouvelée depuis que le grand chantier de la modernisation des armées a été lancé par Poutine en 2008. La raison est que les Russes ont été traumatisés par l’opération Tempête du Désert. L’armée irakienne, sans être évidemment la troisième armée du monde comme on l’a prétendu à l’époque, avait été formée par des officiers soviétiques et équipée de matériels soviétiques. Or, il a suffi d’une campagne aérienne de trois jours pour l’écraser. L’Urss avait, depuis la Seconde Guerre mondiale, une grande crainte de la puissance aérienne des armées occidentales, car les Soviétiques s’étaient rendu compte que nous avions gagné la guerre contre Hitler grâce à notre aviation. La guerre du Golfe et la guerre du Kosovo n’ont fait qu’amplement confirmer cette crainte. C’est pour se protéger de cette menace aérienne que les Russes ont décidé de moderniser en priorité la triade stratégique, c’est-à-dire les forces nucléaires, les forces de défense antiaériennes (les S 300 et les S 400 qui sont destinés à maintenir les aviations occidentales à distance) et les unités de l’armée de l’air.

Précisons que la modernisation d’un avion implique forcément celui de son armement. Or, il semble que les Russes ont un nombre d’armes guidées par laser ou par Glonass (l’équivalent GPS pour les Russes) relativement limité. D’autre part, les armes hypersoniques n’ont certes pas d’équivalent côté occidental et sont invincibles, mais les quelques centaines de missiles sophistiqués russes seront vite saturés par les milliers de missiles de croisière occidentaux, qui sont certes d’une moindre efficacité, mais tout de même très performants. Si la qualité est côté russe, la quantité est du côté occidental.

Pour revenir à l’armée de terre russe, elle est au tout début de son processus de modernisation. Les beaux matériels qu’on voit défiler sur la Place rouge, le nouveau char T-14 Armata qui a un concept assez révolutionnaire emprunté au char Merkava israélien, le véhicule blindé de combat d’infanterie chenillé T-15, le nouveau véhicule de transport de troupes à roue Boomerang, la nouvelle pièce d’artillerie de 155 mm Koalitsiya, sont des prototypes. Ils ne sont pas en service. C’est la partie la moins moderne de l’armée russe, l’armée de terre, qui combat en Ukraine.

Cette faiblesse se retrouve aussi dans le domaine de la communication. L’armée russe ne dispose pas de moyens pouvant assurer ce qu’on appelle le combat collaboratif, c’est-à-dire de moyens pour travailler en réseau grâce aux caméras, aux radios et aux senseurs numériques que transportent les fantassins et les véhicules de combat, qui renseignent les états-majors sur l’état réel des troupes sur le terrain et qui permettent d’adapter en permanence la riposte à l’agression. Les Russes ont développé un certain nombre d’équipements comme le Ratnik, mais c’est au stade du prototype. Les Russes vont au combat avec des radios qui ne sont pas cryptées, contrairement aux nôtres. Cela explique pourquoi ils ont été confrontés à des problèmes de coordination au début de la bataille, parfois sur de petites distances.

Les Russes accusent également un retard considérable dans le domaine des drones (ne parlons pas de la France !). La guerre du Haut-Karabagh a montré que si l’Azerbaïdjan a véritablement décimé l’armée arménienne, c’est parce qu’elle investissait deux à trois milliards de dollars par an dans sa technologie militaire, alors que l’Arménie investissait dix fois moins. L’Azerbaïdjan a parié sur l’abandon de ses F-16 pour acheter des drones Predator américains qui peuvent tourner 24 heures autour d’une cible en totale autonomie, équipés de missiles Hellfire et de caméra infrarouge. Ceux-ci leur ont permis de repérer et de détruire les unes après les autres, à distance, les positions arméniennes, de jour comme de nuit. Cela montre encore une fois que l’investissement d’un pays, même petit, dans son armée est absolument capital. Les Russes ont cela, mais à l’état de prototype. Leur S-70 Okhotnik est un drone de combat lourd, furtif, mais qui ne sera pas opérationnel avant 2024. Les drones de combat occidentaux de type MALE (moyenne altitude, longue endurance) n’existent pas chez les Russes. Les Russes ont été obligés dans un premier temps d’acheter des drones Heron TP israéliens sur étagère, qu’ils n’arrivaient pas à fabriquer eux-mêmes. L’utilisation des premiers drones en Occident date de la guerre du Vietnam, ce qui lui assure une avance considérable. Les Russes ne développent ce domaine des drones que depuis une dizaine d’années. L’armée russe n’est pas une armée high-tech, mais elle le sera probablement dans dix ans.

Enfin, si en Ukraine, on voit peu l’aviation et si l’armée n’écrase pas tout sous les bombes, c’est parce que les Russes ne sont pas à Grozny ou en Syrie, mais en Ukraine chez un peuple frère. Leur but est de stopper la révolution et de démilitariser l’Ukraine, pas de l’anéantir. Des liens très forts existent entre les Russes et les Ukrainiens. Des millions d’Ukrainiens vivent en Russie. Depuis 2020, trois millions d’Ukrainiens ont préféré aller en Russie, car c’est là qu’ils ont de la famille pour les accueillir et la possibilité de trouver du travail, car leurs diplômes sont reconnus, ce qui n’est pas le cas en Union européenne. L’armée russe ne peut donc pas bombarder les villes d’Ukraine. Cela explique la lenteur très relative de l’opération.

Cette vue sur les faiblesses de l’armée russe nous permettra d’avoir un jugement plus juste sur sa réelle capacité d’action. Cela dit, l’armée russe l’emportera dans le Donbass. Si l’armée russe souffre durement, c’est également le cas de l’armée ukrainienne, et les difficultés de la première ne doivent pas nous faire oublier celles de la seconde.

Sur le terrain, la Russie a toujours l’initiative. Elle ralentit dans le Donbass, mais elle avance sûrement et les troupes ukrainiennes ne parviennent pas à lancer des contre-offensives victorieuses. On a parlé de contre-­offensives à Kiev, Tchernigov, Sumy et Mykoliev, et tout récemment à Kharkiv, mais ce ne sont pas de véritables contre-offensives. Ce sont des villes où l’armée russe s’est repliée en ordre de bataille, suivie, et non pas chassée, par les troupes ukrainiennes. À aucun moment, l’armée ukrainienne n’a réussi à emporter une bataille sur l’armée russe. Il est donc difficile de croire à une victoire ukrainienne. Les déclarations de certains hommes politiques, comme celle de Stoltenberg le 15 mai disant que l’Ukraine « peut gagner », relèvent du slogan pour motiver le soutien de l’opinion publique envers l’allié ukrainien quel qu’en soit le prix. Cette guerre dure et il faut que nos gouvernements justifient les milliards investis dans ce conflit. La Russie est maîtresse du jeu. Si on compare l’Ukraine d’avant 2014 et l’Ukraine d’aujourd’hui, un grand nombre d’agglomérations sont sous contrôle russe. La Russie occupe actuellement 20 % du territoire ukrainien. Et en supposant que l’armée ukrainienne parvienne à stopper les troupes russes, il est impossible qu’elles les fassent reculer jusqu’à la frontière. Zelensky ne pourra pas ne pas faire de concessions. On échappe aux concessions quand on est en situation de force. Ce qui n’est pas le cas de Zelensky, loin s’en faut.

LA SOLUTION DIPLOMATIQUE

L’Occident est-il vraiment désireux d’une solution diplomatique ? Ce qui est sûr, c’est que les décideurs de Washington ne veulent pas de négociations, mais une guerre sans fin, jusqu’au dernier ukrainien.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président Emmanuel Macron ont insisté, samedi 28 mai, lors d’un entretien téléphonique de quatre-vingts minutes avec Vladimir Poutine « sur un cessez-le-feu immédiat et un retrait des troupes russes » et, indique le communiqué de la chancellerie allemande, ils ont « appelé le président russe à des négociations directes sérieuses avec le président ukrainien et à une solution diplomatique du conflit » (Le Figaro du 28 mai 2022). Mais en vain.

Volodymyr Zelensky, la veille de l’entretien de Scholz et Macron avec Poutine, vendredi 27 mai, accusait Moscou, pour la énième fois, de « génocide » dans le Donbass, où les forces russes procèdent, selon lui, à des « déportations » et à des « tueries de masse de civils ». Le président américain Joe Biden a lui aussi employé cette expression et depuis La Haye, le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a appelé la Russie à coopérer dans l’enquête qu’il avait ouverte quatre jours après l’invasion russe (c’est un peu rapide pour être crédible !), sur les crimes de guerre présumés commis en Ukraine.

Qui peut croire dans ces conditions à une volonté d’apaisement de leur part ? Ce ne sont que des effets d’annonces.

De son côté, Moscou a justifié son invasion de l’Ukraine par un « génocide » que mèneraient les Ukrainiens contre la population russophone du Donbass, ce qui est cohérent avec les témoignages sur les tortures et les exécutions sommaires.

À propos de Zelenski, il est intéressant de savoir qu’il existe une vidéo de 2019 où on le voit visiter le Donbass, après son élection, pour essayer de faire appliquer les accords de Minsk que son pays avait signés. Il s’adresse au bataillon Azov et demande aux officiers de se replier et de retirer l’artillerie lourde à dix-huit kilomètres de la ligne de front, conformément aux Accords. On voit alors sur cette vidéo les chefs du bataillon Azov menacer Zelenski et refuser de lui obéir. Cela permet de conclure que ce n’est pas Zelenski qui dirige le pays, mais Azov, et qu’en négociant la paix, Zelenski sait qu’il met sa vie en danger, comme l’ont appris en mars les deux négociateurs de Kiev exécutés, parce que jugés trop favorables à la paix.

Autre sujet de désaccord, la crise alimentaire (Le Figaro du 19 mai 2022). Le 19 mai, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a accusé Moscou, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU organisée par les États-Unis, de prendre en otage « l’approvisionnement alimentaire de millions d’Ukrainiens et de millions d’autres personnes dans le monde ». La Russie et l’Ukraine fournissent 30 % de l’approvisionnement alimentaire de la planète.

À quoi, Dmitri Medvedev, l’actuel vice-président du Conseil de Sécurité de la Russie, a répondu que les Occidentaux ne peuvent frapper la Russie de « folles » sanctions économiques et s’attendre en même temps à ce que ce pays garantisse l’approvisionnement alimentaire.

« Notre pays est prêt à assumer toutes ses obligations, a réagi Medvedev. Mais il attend également l’aide de ses partenaires commerciaux. Autrement, cela n’a pas de sens : d’un côté, on nous impose des sanctions folles et de l’autre, on exige que nous assurions l’approvisionnement alimentaire. Ça ne marche pas comme ça, nous ne sommes pas idiots. »

Là encore, on voit bien, par cet ultimatum, que les États-Unis ne cherchent pas à trouver une solution, mais à pousser la Russie dans une impasse et à rendre la situation inextricable.

COMMENT TOUT CELA FINIRA-T-IL ?

LA RUSSIE.

Poutine a formulé deux objectifs politiques principaux et plusieurs objectifs militaires. Parviendra-t-il à tous les atteindre ?

Les objectifs politiques sont de maintenir l’Ukraine hors de l’OTAN et de créer les conditions pour que l’OTAN accepte les demandes de la Russie énoncées le 17 décembre 2021 qui consistent à obtenir le retrait de la puissance militaire de l’OTAN jusqu’aux frontières qui existaient en 1997.

Les objectifs militaires sont la libération du Donbass, la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, ainsi que la comparution devant la justice de ceux qui ont commis des crimes contre des civils, notamment contre des citoyens de la Fédération de Russie.

La libération du Donbass est à portée de main et Poutine propose d’annexer tous les territoires libérés, après référendum à partir de juillet. Cette libération du Donbass permettra-t-elle d’atteindre les autres objectifs militaires et politiques, plus vastes, sans engager plus de moyens militaires ? Ce sera difficile, à moins que cette libération ne provoque une reddition totale des forces ukrainiennes et un écroulement complet du gouvernement Zelenski, ce qui, selon nous, n’est pas à exclure.

Scott Ritter (“ La phase 3 en Ukraine ”, Scott Ritter, Réseau International, 01/06/2022), un analyste américain connu pour son franc-parler, se montre pessimiste : si la défaite du régiment Azov à Marioupol représente une étape décisive dans la réalisation de cet objectif, les Russes sont loin encore de l’atteindre dans sa totalité. Selon lui, la “ nazification ” de la vie politique ukrainienne s’est même développée de manière exponentielle depuis l’invasion russe. Le gouvernement ukrainien s’est de plus en plus aligné sur le mouvement nationaliste révolutionnaire pour renforcer son pouvoir face à une opposition politique intérieure croissante contre la guerre à la Russie. « Une véritable dénazification, à mon avis, explique Scott Ritter, exigerait que la Russie renvoie le gouvernement Zelensky du pouvoir et le remplace par une nouvelle direction politique qui soutiendra agressivement l’objectif russe d’éradication de l’idéologie néonazie en Ukraine. Jusqu’à présent, rien n’indique qu’il s’agisse d’un objectif russe. »

De même, la démilitarisation est devenue beaucoup plus difficile depuis l’invasion du 24 février. Alors que l’aide militaire fournie à l’Ukraine par les États-Unis et l’OTAN avant cette date pouvait se mesurer en centaines de millions de dollars, depuis le début des opérations de la phase 2, fin mars, cette aide a augmenté, jusqu’à atteindre, par les seuls États-Unis, cinquante trois milliards de dollars. L’invasion russe n’a fait que renforcer le partenariat de l’Ukraine avec l’OTAN. Ce soutien considérable signifie qu’une fois que la Russie aura atteint son objectif de libérer le Donbass, la démilitarisation sera encore à faire.

La Russie est donc confrontée à un choix important : soit elle décide de se limiter à la libération du Donbass, soit elle cherche à atteindre tous ses objectifs, mais dans ce cas, il faut que Poutine le dise afin d’obtenir de la Douma les pouvoirs juridiques appropriés. Actuellement, l’un des aspects les plus contraignants des pouvoirs que Poutine possède est qu’ils limitent la structure des forces russes à ce qui peut être assemblé en temps de paix. Or, la plupart des observateurs estiment que la Russie atteint la limite de ce qui peut être demandé à ces forces.

Selon nous, seuls les dirigeants russes peuvent décider de ce qui est le mieux pour leur pays ou de ce qui est militairement jugé faisable. Il devient nécessaire pour la Russie de définir clairement l’objectif de la nouvelle phase qui s’ouvre. Si, à ce stade, la Russie mettait un terme à son opération militaire, elle risquerait de céder la victoire politique à l’Ukraine. Mais, encore une fois, il n’est pas exclu que la Russie obtienne des concessions politiques suite à sa victoire dans le Donbass. L’avenir nous le dira.

L’EUROPE.

Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef de La Croix, écrivait une chronique, le 28 mai dernier, dans laquelle il s’interrogeait : « Ukraine, la guerre jusqu’où ? »

« Un clivage existe toutefois en Europe et aux États-Unis sur l’objectif à atteindre envers Moscou. Peut-on transformer l’Ukraine en piège, voire en tombe du régime de Vladimir Poutine ? Combien d’années seraient nécessaires ? Le soutien à Kiev doit-il tendre vers un statu quo militaire qui créerait de l’espace à la diplomatie ?

« Berlin, Paris et Rome affichent leur solidarité totale avec l’Ukraine, mais ne souhaitent pas alimenter une guerre sans fin avec la Russie. Varsovie, Londres et Washington penchent pour une épreuve de force durable. Malheureusement, il est probable que dans trois mois, le dilemme n’aura pas été résolu. »

Dans une conférence donnée récemment au Dialogue ­franco-russe (“ L’Europe ne peut que perdre ”, Guy Mettan, Arrêt sur info, 26/05/2022), le journaliste suisse Guy Mettan ajoute : « L’attitude des Européens est pour moi un mystère. Je ne comprends pas l’intérêt des Européens à devenir hystériquement antirusses, dans la mesure où, objectivement, ils devraient trouver un moyen de collaborer avec la Russie. L’industrie allemande et l’agriculture française devront acheter leur pétrole, leur gaz et leurs engrais beaucoup plus cher, et risquent de ne plus être compétitives. L’Europe va dépenser et s’endetter encore davantage. L’Allemagne a annoncé cent milliards d’euros de crédits militaires. C’est autant de perdus pour la population. Il va aussi falloir financer et entretenir cinq millions de réfugiés ukrainiens en Europe. Pour le moment la situation reste gérable, mais qu’en sera-t-il dans deux ans ? De même, on ne peut pas isoler la Russie, qui est quasiment autonome sur le plan de l’énergie et des ressources alimentaires et qui, de plus, peut continuer à commercer avec des pays qui représentent près des deux tiers de l’humanité.

« Donc l’Europe ne peut que perdre. La manière dont elle gère ce conflit montre la faiblesse et l’incompétence de ses dirigeants qui n’ont aucune vision stratégique à long terme, et ne réagissent que sous l’emprise des émotions immédiates. » Et de la pression américaine...

De fait, cela fait maintenant trois mois que l’Occident a lancé sa guerre économique contre la Russie, et cela ne se passe pas comme prévu. Au contraire, les choses vont même très mal. « La crise énergétique actuelle pourrait être l’une des plus graves et des plus longues de l’histoire, et l’Europe pourrait être particulièrement touchée », a déclaré le 31 mai le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel. Les retombées des événements en Ukraine sont susceptibles de rendre la crise énergétique actuelle pire que les crises des années 1970. « À l’époque, explique M. Birol, tout tournait autour du pétrole. Maintenant, nous avons une crise du pétrole, une crise du gaz et une crise de l’électricité en même temps. »

Le Kremlin pense que le seuil de tolérance de la Russie à la douleur économique est plus élevé que celui de l’Occident, et il a certainement raison sur ce point.

LES ÉTATS-UNIS.

Qu’en est-il du point de vue des Américains ?

Tout le monde en convient, cette guerre est une guerre menée par et pour les États-Unis qui s’enrichissent sur le dos de l’Ukraine et qui ont besoin de cette guerre pour, ont-ils dit, ruiner la Russie et la renvoyer au XIXe siècle, ce qui a fait sourire les Russes puisque la Russie n’a jamais été aussi étendue qu’au XIXe siècle.

La situation qu’on observe en Ukraine a été décrite aux USA dès 2019. La Rand Corporation, un groupe de réflexion financé par le Pentagone qui a une armée de 1 800 chercheurs et spécialistes recrutés dans 50 pays et qui parlent 75 langues, a publié récemment deux documents où elle détaille tous les mécanismes qu’il faut mettre en place pour déstabiliser la Russie et la déconnecter du monde occidental : supprimer ses exportations de gaz et de pétrole, pousser l’Europe à diminuer ses importations et à acheter du gaz américain, salir l’image de la Russie, encourager les pays européens membres de l’Otan à réinvestir dans leur armée contre la Russie, soutenir les investissements américains dans des bombardiers stratégiques et des missiles d’attaque longue portée, fournir des armes à l’Ukraine, etc. Tout ce que l’on voit aujourd’hui est dans ces documents.

Plus démonstratif : en mars 2019, avant l’élection de Zelensky, son conseiller Alexeï Arestovich a donné une interview à une chaîne de télévision ukrainienne où il explique que le prix à payer pour que l’Ukraine entre dans l’Otan est une guerre. Et quand la journaliste lui demande quand cela sera-t-il, Arestovich répond : « En 2021-2022. » Arestovich est aujourd’hui conseiller militaire de Zelensky.

Donc le scénario a été totalement écrit et pensé, avant que le conflit n’éclate, par les Américains et c’est pour alimenter la guerre et ruiner la Russie que les USA déversent leurs armes tant qu’ils peuvent en Ukraine. Le 19 mai, Le Figaro nous apprenait que « le Congrès américain a débloqué une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine, nouvelle illustration du soutien indéfectible promis par Joe Biden à Kiev ».

Le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, a donné sur son canal Telegram sa version des véritables intentions américaines :

« Washington et Bruxelles n’ont pas vraiment l’intention d’aider l’Ukraine, ni de résoudre ses problèmes économiques et sociaux. Ils ont seulement besoin de l’Ukraine pour combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. »

Et Volodine a précisé comment serait dépensée l’enveloppe. Il suffit de lire la récente législation sur l’aide à l’Ukraine signée par le président Joe Biden. 35 % des quarante milliards de dollars sont destinés à financer les forces armées américaines, 45, 2 % seront consacrés à d’autres pays qu’à l’Ukraine, et 4, 8 % seront affectés au soutien des réfugiés et à la restauration de la mission diplomatique américaine en Ukraine. Restera 15 % pour l’Ukraine, et les Ukrainiens devront payer la totalité de la note, mais conscients que Kiev ne sera pas en mesure de le faire, les États-Unis « s’emparent des dernières réserves de l’Ukraine, notamment des céréales, et c’est ce que nous voyons en ce moment ».

Donc, on voit bien que les USA ne sont intéressés que par le business et la déstabilisation de la Russie. L’Ukraine ne les intéresse pas.

Pour autant, il semble bien que les États-Unis comprennent qu’ils ont perdu la guerre. Lloyd Austin a demandé vendredi 13 mai à son homologue russe Sergueï Choïgou un cessez-le-feu « immédiat ». C’était la première fois qu’ils s’appelaient au téléphone depuis le début de la guerre (Le Figaro du 13 mai 2022). Mais, tant que les Américains pourront faire durer le conflit, ils le feront, notamment en fournissant des armes à Kiev. Les discussions récentes sur la livraison de matériels américains dernier cri comme les missiles antinavires Harpoons et les lance-roquettes Himars le montrent.

On peut se demander si les États-Unis arriveront à soutenir la cadence de livraisons d’armes. Olivier Dujardin (“ L’Ukraine peut-elle militairement gagner la guerre ? ” Olivier Dujardin, Cf2R, 05/2022), du Centre français de recherche sur le renseignement, explique que « de manière générale, on peut estimer que les trois mois de guerre en Ukraine ont consommé, côté ukrainien, l’équivalent d’au moins deux années de production de toute l’industrie d’armement occidentale. Outre l’aspect financier – ces armes coûtent cher et cela pèse sur les économies occidentales –, on peut légitimement s’interroger sur la capacité et la volonté des Occidentaux de continuer à livrer des armes aux Ukrainiens dans de telles quantités sans affaiblir leurs propres capacités militaires alors que l’industrie est incapable de suivre le rythme. À titre de comparaison, la France a commandé 1950 exemplaires du nouveau missile antichar MMP, développé par MBDA, livrables d’ici 2025, ce qui représente une semaine de consommation dans le contexte ukrainien.

« Bien sûr, les forces russes consomment aussi beaucoup de munitions, mais, même si elles venaient à manquer de munitions de précision (missiles et bombes guidées) du fait des sanctions, il est probable que le pays soit en mesure d’alimenter ses forces en roquettes, bombes et obus classiques en nombre suffisant compte tenu de leurs stocks et de leur capacité de production. Il est donc possible, au contraire de ce qui est souvent dit, que le temps joue en faveur de la Russie car elle ne dépend de personne pour soutenir son effort de guerre, contrairement à l’Ukraine. »

En attendant, Washington ne change rien à sa politique et tente de ramener à lui tous les pays qui se sont abstenus de voter des sanctions antirusses, en particulier ceux qui se trouvent autour de la Chine, afin de préparer le conflit suivant.

Ainsi, Victoria Nuland, la sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques, celle qui a provoqué la révolution de Maïdan, s’est rendue en mars en Inde, au Sri Lanka, au Pakistan et au Bengladesh, et tout récemment en Afrique.

Sa visite au Bengladesh a été immédiatement suivie d’effet. Le Premier ministre Sheikh Hasina s’est aligné sur la position atlantiste et a voté fin mars son soutien à l’Ukraine.

Pour les autres, les gouvernements n’ont pas voulu plier et c’est la raison pour laquelle ils connaissent des difficultés. Au Pakistan, le Premier ministre Imran Khan a été renversé le 10 avril par une motion de censure votée à son encontre par l’Assemblée nationale, à l’issue de plusieurs semaines de crise politique. On a mis cela sur le dos de l’instabilité chronique de ce pays, mais Imran Khan a prouvé l’intervention directe des USA en révélant à la télévision, dix jours avant son renversement, qu’il avait reçu « une lettre de menace des USA » :

« Les USA ont menacé de renverser mon gouvernement pour avoir refusé d’établir des bases militaires américaines sur notre sol. 1 »

Au Sri Lanka, les manifestations ont démarré en mai, un mois après le passage de Victoria Nuland 2. La manœuvre de renversement du Premier ministre, Mahinda Rajapaksa, principal opposant aux États-Unis, a été habilement conduite par les Américains qui, très infiltrés dans la vie politique et économique du pays, ont réussi à le faire tomber sans toucher au Président, dont la famille est américaine, et à leurs commis sri-lankais déjà en place. Conscients de l’enjeu qui s’y joue, les Russes viennent d’accepter de faire crédit au pays pour lui livrer du pétrole brut dont il manque cruellemment. Des pourparlers sont en cours avec Moscou pour organiser des livraisons de charbon et de pétrole raffiné.

En Inde, la situation est plus complexe 3. Ce pays joue sur deux tableaux. Il veut garder son indépendance vis-à-vis des Américains, mais, ennemi de la Chine à cause de son différend frontalier, il appartient en même temps à la Quadrilateral, une alliance militaire qui la réunit au Japon, à l’Australie et aux États-Unis. L’objectif des USA est d’incorporer la Quadrilateral à l’Otan, pour la passer sous son commandement, pour la fondre ensuite avec l’Aukus (alliance militaire entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie), et ainsi élargir l’Otan vers l’Est

Enfin, les Américains sont en train de préparer quelque chose en Afrique.

Victoria Nuland, toujours elle, s’est rendue au Maroc, le 11 mai, pour présider une réunion de la Coalition globale contre Daesh. Les ministres des Affaires étrangères de 85 États africains y participaient. Nuland a dénoncé la formation de Daesh au Sahel et a invité tous les participants à se joindre aux USA pour combattre cet ennemi... que les Américains ont indirectement soutenu en Iraq et en Syrie. Devant l’illogisme de cette position et s’étant majoritairement abstenus de sanctionner la Russie, les diplomates africains doivent s’attendre à ce qu’un orage éclate bientôt au Sahel.

Il semble qu’on s’achemine doucement, mais sûrement, vers une troisième guerre mondiale.

LES CONDITIONS DE LA PAIX

Il est donc urgent de nous rendre “ aux petites demandes ” de Notre-Dame de Fatima.

Il y a 40 ans, nous avons échappé à « l’échéance 83 », où de grands périls semblables nous menaçaient, par la récitation quotidienne du chapelet, en particulier des petits enfants. Quarante ans nous séparent en 2022 de cette protection miraculeuse : l’espace d’une génération.

Il nous faut donc revenir au siège de Jérusalem, annoncé par Jésus en l’an 30. « Cette génération ne passera pas que tout ce que je vous annonce soit arrivé. » C’est juste quarante ans après la mort de Notre-Seigneur que Jérusalem a été détruite en accomplissement du châtiment annoncé par Notre-Seigneur à Jérusalem infidèle. La chute de la Ville sainte est le modèle, la figure, l’avertissement aux peuples de la terre d’avoir à être fidèles à Dieu, et aujourd’hui : à la Vierge Marie, à son Cœur Immaculé auquel ils sont consacrés par l’obéissance du Pape à Notre-Dame de Fatima qui la demandait.

En 1983, l’avertissement venait de Moscou... et de Rome, où l’abbé de Nantes, entouré de deux cents délégués de la Ligue de Contre-Réforme catholique, portait, le 13 mai, un deuxième Livre d’accusation à l’encontre de Jean-Paul II, à seule fin de le remettre entre les mains du Juge suprême de la foi, récapitulant toutes ses plaintes à l’encontre de son hérésie, corollaire de « la foi en l’homme qui se fait Dieu » proclamée par son prédécesseur et “ père spirituel ”, Paul VI au concile Vatican II.

Comme celle signifiée dix ans plus tôt à l’encontre de ce dernier, l’appel au Vicaire du Christ demeura sans réponse.

L’abbé de Nantes en appela alors au Jugement de Dieu. Puis il est mort, sans qu’aucune décision, aucune erreur doctrinale, aucune sanction canonique n’ait été rendue, relevée, prononcée en réponse à ses accusations d’hérésie, de schisme et de scandale à l’encontre des papes Paul VI et Jean-Paul II. Mort, il parle encore. Et sa voix se joint à celle de Notre-Dame de Fatima en grand chagrin pour attirer la Grâce et la Miséricorde sur l’Église et sur le monde.

En nous souvenant que Jésus a dit aussi : « Quand vous verrez venir ces choses, relevez la tête, parce que vous savez que votre délivrance est proche. » Et récitez votre chapelet. Ainsi soit-il !

CONVERSION DE LA RUSSIE

La consécration prononcée par le pape François  le 25 mars 2022, confie la Russie au Cœur Immaculé de Marie. En 1917, la Russie était notre alliée par fidélité du tsar Nicolas, qui nous évita de connaître un désastre comme sera celui de 1940, et permit la victoire de la Marne. Pourtant, de la Russie devait venir tout le mal. Notre-Dame promettait qu’on obtiendrait la paix par la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé et la conversion qui suivrait.

Aujourd’hui, cent ans après... c’est fait, à moitié tandis que les décideurs de Washington fomentent une guerre sans fin jusqu’au dernier Ukrainien, parce qu’il manque la grâce du Ciel... Dieu ne changera pas d’idée, il ne transigera pas. Il ne cessera pas de réclamer réparation sans se contenter d’une dévotion quelconque. La conversion de la Russie obtenue par sa consécration au Cœur Immaculé de Marie est la dernière, l’ultime chance de salut pour l’humanité entière, pour chacune de nos nations, pour chacune de nos familles, pour chacune de nos âmes.

Le remède est là. Il est cultuel, il est religieux, pendant que le monde entier ne se soucie que de politique. Les politiques sont tellement imbus de leur autonomie qu’ils excluent l’intervention de Dieu. Chassé d’un État qui est remis entre les mains des citoyens dans la plus grande licence démocratique, Dieu attend de sa Mère la victoire de ses « petites dévotions », comme elle dit elle-même, à l’encontre du « culte de l’homme » et de sa politique satanique.

La Sainte Vierge est la patronne de la France, fille aînée de l’Église. Elle a de quoi être triste. Elle pleurait à La Salette, elle appelait à la pénitence à Lourdes, et voilà que nous sommes en pleine apostasie, c’est l’aboutissement de la révolution de 1789 en France, et de celle de 1917 en Russie.

Notre-Dame a prononcé le nom de la Russie, le 13 juillet 1917, à la Cova da Iria, devant trois petits Portugais qui ne savaient absolument pas ce qu’était la Russie. La veille de la révolution rouge, elle nous avertissait que si l’on n’écoutait pas ses demandes, la Russie répandrait ses erreurs dans le monde, qu’elle anéantirait des nations, que la guerre, les persécutions, les souffrances du Saint-Père adviendraient comme châtiment de cette rébellion contre le Ciel. On aurait beaucoup à souffrir, après quoi on ferait ce que la Sainte Vierge demanderait. Alors, la Russie se convertirait. Telle est la politique de la Sainte Vierge.

Nous allons souffrir, mes bien chers frères. Tous ceux qui ne veulent pas nous écouter se plaindront et se révolteront. Quand nous aurons ce que nous avons appelé sur nos têtes par notre folie, quand nous subirons les grands châtiments qui nous plongeront dans des détresses sans remède, peut-être le Pape et les évêques voudront-ils bien faire leur devoir. Ils n’auront qu’à se mettre à genoux le même jour, dans toutes les basiliques du monde, dans toutes les cathédrales du monde, en même temps que le Pape à Saint-Pierre devant la statue de Notre-Dame de Fatima, comme le 25 mars dernier, et s’adresser au Cœur Immaculé de Marie :

« Selon vos demandes, nous renouvelons la consécration de la Russie à votre Cœur Immaculé, nous le Pape et les évêques au bord du désespoir, devant ce châtiment terrible devant lequel l’humanité succombe ; venez à notre aide, nous vous en prions, secourez-nous. »

Puis ils réciteront le chapelet pendant que des prêtres entendront les confessions. La cérémonie se terminera par la distribution de la communion.

Cet acte d’obéissance aux demandes de la Sainte Vierge obtiendra une fois encore que le soleil ne percute pas la terre ni les bombes atomiques, mais que la Russie se convertisse.

En attendant, si nous sommes fidèles à la consécration qui a scellé une alliance indéfectible entre nos cœurs et le Cœur Immaculé de Marie, en pratiquant assidûment les « petites dévotions » qu’elle a demandées, si nous travaillons pour que les gens voient clair dans le secret de Fatima, que le chapelet soit récité en famille, nous serons protégés.

Notre Père nous disait : « Dans la mesure où nous avons besoin que le Ciel nous aide à porter notre fardeau, puisque nous sommes les amis de la Sainte Vierge et ses propagandistes, nous serons protégés. Elle l’a promis ; comment, dans quelle mesure, ne me le demandez pas, c’est le secret du Cœur de la Sainte Vierge. Dans la mesure où il y aura des gens qui, quand même, auront obéi, auront fait un peu quelque chose, la voyante de Fatima l’a dit : cette ferveur des bons, cette prière des bons hâtera le jour de la délivrance du monde.

« Donc, nous travaillons à hâter le jour de la délivrance du monde de ces fléaux qui vont s’abattre sur nous. Ô Jésus, ô Cœur Sacré de Jésus, nous Vous aimons, ô Cœur Immaculé de Marie, nous Vous aimons, nous avons confiance en Vous ; nous sommes prêts à prendre nos croix, à accepter les épreuves et les châtiments qui viendront, mais ayez pitié de votre peuple, changez le cœur du Pape et des évêques, qu’ils travaillent enfin utilement au salut de l’humanité. Ainsi nous aurons mérité d’être protégés et bénis, et nous aurons pour notre petite part, hâté l’heure de la délivrance de la victoire. »

Ainsi soit-il !


(1) Imran Khan : “ J’ai reçu une lettre de menace des USA. , Katehon, 01/04/2022.

(2) Victoria Nuland sévit aussi au Sri Lanka, Investig’Action

(3) Bientôt l’Inde dans l’Otan ? Investig’Action, 02/06/2022.