Il est ressuscité !
N° 278 – Juin 2026
Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard
LA LIGUE

Être catholique aujourd’hui
LORS de la session de la Pentecôte, du 23 au 25 mai, les jeunes phalangistes ont écouté l’abbé de Nantes leur démontrer que la manière la plus sûre de demeurer catholique aujourd’hui, alors que l’hérésie est enseignée par voie d’autorité et que beaucoup de fidèles exaspérés sont tentés par le schisme, c’est la Contre-Réforme catholique : être catholiques, mais de Contre-Réforme ; de Contre-Réforme, mais catholiques. C’était en 1986, lors des journées bretonnes. Notre Père étudiait alors les derniers documents romains : l’Instruction sur la liberté chrétienne et la libération du cardinal Ratzinger ainsi que l’encyclique Dominum et vivificantem de Jean-Paul II, sur le Saint-Esprit. Or, la désorientation diabolique se déployant dans l’Église selon des principes constants et identifiés depuis longtemps, l’analyse du Père, il y a quarante ans, appuyée sur les enseignements de saint Pie X dans sa Lettre sur le Sillon, il y a plus d’un siècle, demeure d’une actualité saisissante ! La continuité du combat entre les deux cités, de Lamennais à Léon XIV, de saint Pie X à l’abbé de Nantes, confirme notre opposition à la Réforme conciliaire.
Nos jeunes gens assistèrent donc à des conférences théologiques pour adultes, mais notre Père possède de tels talents de pédagogue – à quarante ans de distance, il crève encore l’écran ! – que tous en retinrent l’essentiel. À propos de la liberté chrétienne et la libération, ils comprirent la duplicité de Ratzinger opérant un va-et-vient constant entre l’Évangile et la Révolution dans une confusion calculée. La Révolution, oui, mais chrétienne ! Au chant de l’hymne révolutionnaire du Magnificat, dépouillé de son sens surnaturel.
Saint Pie X dénonçait déjà ces « rapprochements blasphématoires ». À la chimère démocrate-chrétienne, il opposait la Chrétienté millénaire qui octroya les meilleurs progrès temporels à l’humanité en cherchant d’abord le Royaume de Dieu et sa justice.
Quant à l’encyclique de Jean-Paul II, elle annonçait l’avènement de “ l’Esprit ” en l’an 2000, qui envahirait tous les hommes pour fonder une nouvelle religion plus universelle que l’Église, un Masdu charismatique ! Notre Père nous fit constater la falsification constante de la Bible par ce pape, afin d’attribuer à tous les hommes les dons surnaturels promis aux seuls chrétiens. Or, au début du vingtième siècle, saint Pie X démontrait que le dépassement de l’Église au profit de l’humanité conduit inéluctablement à l’apostasie.
Dans les deux textes étudiés, mais aussi, plus largement, depuis Vatican II et jusqu’à Magnifica humanitas de Léon XIV, la religion ne mesure plus le mérite de l’homme, mais c’est la dignité humaine qui est devenue la mesure de la religion. Abominable inversion du culte de Dieu en culte de l’homme !
Ayant reçu un armement doctrinal complet après quelques instructions supplémentaires sur le schisme lefebvriste, sur les Actualités et sur la vie de notre bien-aimé Père, une douzaine de jeunes put s’avancer au pied de l’autel pour faire allégeance à la Phalange de l’Immaculée, au cours de la messe de la Pentecôte.
Dans ses Actualités, frère Michel avait notamment commenté la catéchèse du Pape, le 13 mai, consacrée au chapitre 8 de Lumen gentium : Marie, modèle de l’Église. Pour Léon XIV, Marie est une disciple du Christ, un humble membre de l’Église qu’il ne s’agit que d’imiter, spécialement en étant bien obéissant aux pasteurs que Dieu nous donne. Mais il n’est pas question d’avoir de la dévotion pour elle ni de lui demander ses grâces, encore moins de se soumettre à ses volontés. Elle n’est ni Médiatrice ni Corédemptrice.
Les 12 et 13 juin, à Fatima même, Mgr Pereira, évêque de Guarda, a prolongé l’enseignement du Saint-Père et bafoué la médiation de Notre-Dame en assimilant les prières et sacrifices que nous lui offrons à un piston malhonnête, une corruption répugnante.
Or, pendant que des pasteurs du troupeau l’ignorent ou bien blasphèment en rigolant, notre divine Mère se plaint avec douleur et angoisse : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » (19 août 1917)
C’est parce qu’ils ont compris l’urgence de la réparation que nos amis se sont joints nombreux à nos processions du mois de juin, en l’honneur du Saint-Sacrement, de Notre-Dame de Fatima et du Sacré-Cœur, dans tous nos ermitages. Il a même fallu refuser du monde ! Notre-Dame a dû être bien consolée de voir tant d’enfants agiter flambeaux et bannières en son honneur, ou bien jeter des poignées de pétales de fleurs avec les oraisons jaillissantes apprises de nos sœurs !
frère Guy de la Miséricorde.