dimanche 7 juin 2026

Le Cœur eucharistique de Marie

« Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »

Cela signifie : amener les âmes à une consécration, c’est-à-dire à se convertir, à se donner et à estimer intimement, à vénérer avec amour. C’est donc dans cet esprit de consécration et de conversion que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Comme par la consécration, le pain et le vin se transforment en Corps et Sang de Jésus-Christ, et le sang du Cœur de sa Mère se transforme en Sang et en Corps du Fils.

Nous savons tous ce qu’est, dans une famille, le cœur de la mère : c’est l’amour. C’est l’amour qui incite les mères à donner tant de soin à leurs enfants au berceau. C’est l’amour qui les pousse à se sacrifier, à se dévouer pour eux, à toujours courir à leur secours. Tous les enfants ont confiance en leur mère et tous savent qu’ils ont une place de prédilection dans son Cœur qui les aime intimement.

Coeurs eucharistiquesC’est ainsi que la Sainte Vierge nous dit : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » Le Cœur de Marie est donc pour tous ses enfants le refuge et le chemin qui conduit vers Dieu.

Dieu a donné ce refuge et ce chemin à toute l’humanité dès le commencement, aussitôt après la chute du péché originel. Le Seigneur a dit au démon qui avait tenté les premiers êtres humains, les avait amenés à désobéir à Dieu : « Je ferai régner une inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. »

C’est la nouvelle descendance de cette Femme annoncée par Dieu, qui régnera dans la lutte contre la postérité de Satan, après des combats, jusqu’à lui écraser la nuque. C’est Marie, la Mère de cette lignée.

« Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père qui vit m’a envoyé, de même celui qui me mange vivra lui aussi par moi. »

Ainsi, vivre par le Christ, c’est vivre par Marie, parce que le Corps et le Sang du Christ, c’est le Sang du Cœur de Marie.

Ce fut le Sang de ce Cœur Immaculé qui a fourni au Fils de Dieu sa vie et son être naturel. C’est de cette vie, puisée dans le Cœur de Marie, que nous recevons tous grâce sur grâce. Tel est bien le lignage de cette Femme admirable. Le Christ en lui-même est dans son Corps mystique et Marie est la Mère de ce Corps destiné par Dieu à écraser la tête du Serpent infernal.

C’est en ce sens que notre dévotion au Cœur Immaculé de Marie s’établira dans le monde par une véritable consécration qui est conversion et don total, comme par la consécration, le pain et le vin se transforment en Corps et en Sang du Christ qu’il a puisés avec sa vie humaine dans le Cœur de Marie. C’est de cette manière que ce Cœur Immaculé sera pour nous le refuge et le chemin qui mène jusqu’à Dieu.

Nous formerons alors le cortège de ce nouveau lignage créé par Dieu en puisant la vie surnaturelle à la même source fécondante, dont le cœur de la même Mère qui est la Mère du Christ et de son Corps mystique. C’est ainsi que nous deviendrons véritablement les frères du Christ, selon ses propres paroles : « Ma Mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

C’est le lien qui unit tous les enfants dans le cœur de leur Mère. C’est là qu’on écoute l’écho de la parole du Père, parce que Dieu a enfermé dans le Cœur de Marie sa Parole qui est son Verbe. C’est de cette Parole que nous vient la vie :

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi », selon le mot de l’Écriture : « De son sein couleront des fleuves d’eau vive, car je répandrai de l’eau sur le sol assoiffé, des flots sur la terre desséchée, je répandrai mon Esprit sur ta race, ma bénédiction sur ta postérité. » (Isaïe 44)

C’est dans cette terre arrosée que notre dévotion au Cœur Immaculé de Marie doit s’enraciner et c’est sous cette perspective de l’amour que Dieu y a déposé, comme dans le Cœur d’une Mère universelle, qu’il consacre et transforme son lignage en Corps et en Sang du Christ, son Premier-Né, Fils de Dieu, le Verbe du Père.

De tout être, il était la vie et « la vie était la lumière des hommes. Et le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »

Ce fut dans le Cœur de Marie que Dieu commença l’œuvre de notre Rédemption. Son fiat en a été le principe, Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta Parole. » Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.

Ce fut ainsi que, dans la plus étroite union qui puisse exister, le Christ commença avec Marie l’œuvre de notre Rédemption. Les palpitations du Cœur du Christ sont celles du Cœur de Marie ; la prière du Christ est la prière de Marie ; les joies du Christ sont celles de Marie. De Marie sont le Corps et le Sang du Christ qui seront immolés et versés pour le salut du monde. C’est ainsi que Marie fait un avec le Christ, est la Corédemptrice du genre humain.

Avec le Christ en elle, avec Jésus-Christ dans ses bras, avec le Christ à Nazareth, dans sa vie publique, avec Jésus-Christ elle a gravi le Calvaire, elle a souffert et agonisé, recueillant dans son Cœur Immaculé, pour les offrir au Père, les dernières douleurs du Christ, ses dernières paroles, ses dernières agonies et les dernières gouttes de son Sang.

Et Marie est restée sur la terre pour aider ses autres enfants à compléter l’œuvre rédemptrice de son Christ, conservant dans son Cœur comme en une source jaillissante de grâce – Ave, gratia plena –, la vie, la Passion et la mort de Jésus-Christ, son Fils, pour nous en communiquer les fruits.

Frère Bruno de Jésus-Marie
Extraits de l’heure sainte de Moure du 18 avril 2017