dimanche 17 mai 2026

Le Ciel est un lieu

Comment parler du Ciel à une génération apostate ? Au sein d’une Église dont les Pasteurs n’en parlent plus jamais ? Sœur Lucie s’y emploie de la manière la plus simple et la plus convaincante qui soit. Après avoir cité l’Écriture sainte, elle écrit :

Soeur Lucie« Il ressort des textes sacrés auxquels nous avons fait référence que l’existence du Ciel est une vérité incontestable. Certains le nient, car, disent-ils, on ne sait pas où est le Ciel et personne ne l’a jamais vu. Pourtant, il existe beaucoup de choses que nous n’avons pas encore vues, mais parce que celui qui sait nous le dit, nous ne doutons pas de leur existence. Par exemple, nous savons qu’il y a une mer de feu dans le sein de la terre ; ici et là, en plusieurs endroits du globe, on voit des volcans et la lave qu’ils expulsent, mais le feu lui-même qui les produit nous ne l’avons pas encore vu et, cependant, nous savons qu’il existe. Et celui qui a créé ce feu, et le maintien est le même Seigneur qui a créé le feu de l’Enfer et qui le maintiendra pendant toute l’éternité. »

N’oublions pas que sœur Lucie l’a vu de ses yeux, cet Enfer, de telle manière qu’il ne nous est plus permis d’en douter depuis le 13 juillet 1917. Soixante ans après, elle en parle avec la profondeur, le génie des Pères et Docteurs de l’Église, ou mieux : avec l’œil d’aigle de saint Jean, elle discerne dans la création la figure du monde surnaturel vers lequel nous emporte l’orthodromie divine.

« Nous savons aussi que, dans l’espace, il y a beaucoup de planètes que nous n’avons pas encore vues, beaucoup d’étoiles dont la lumière n’est pas encore arrivée jusqu’à nous. Personne n’a encore été capable de mesurer l’étendue du firmament. »

On dirait que sœur Lucie est au courant des derniers développements de l’astrophysique, révélant que « l’étendue du firmament » s’accroît, les galaxies s’éloignant les unes des autres sous la poussée d’une mystérieuse énergie, déroutant tous les calculs.

Alors, continue sœur Lucie, « Dieu qui a créé cette étendue indéfinie peut aussi avoir créé un “ LIEU ”, un séjour bienheureux, un havre de paix, à qui Il a donné le nom de Ciel, destiné à être la demeure de Dieu et de ses élus, pour les siècles sans fin. »

On dit que le Ciel consiste en la possession de Dieu : il n’y a pas de doute possible, Dieu est la source de toute félicité et en Le possédant nous serons éternellement heureux.

« Pour raconter l’Ascension de Jésus-Christ au Ciel, saint Luc dit : « Puis il emmena ses disciples jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel.  Et saint Marc, décrit ce même événement de la façon suivante : « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu. »

L’argument est tellement décisif que les modernistes n’ont eu de cesse de l’anéantir en s’efforçant d’interpréter la description que donne saint Luc de l’Ascension comme un symbole de la Seigneurie du Christ sur l’univers, mais pas comme un fait physique, pas comme un déplacement local, visible et constaté par les Apôtres, qu’une caméra aurait pu filmer...

Mais à quoi bon insister ? Sœur Lucie en a suffisamment fait l’expérience : on n’ouvre pas les yeux de force à ceux qui ne veulent pas voir. Elle écrit :

« Nous pourrions continuer à citer beaucoup d’autres passages de la Sainte Écriture qui nous certifient l’existence du Ciel, mais nous ne le faisons pas pour ne pas trop prolonger ce modeste écrit. Ce qui a été dit sera suffisant pour ceux qui croient sans vouloir tout voir ! Non qu’il soit mal de voir, bien au contraire, étant donné que plus nous voyons, mieux nous comprenons combien nous sommes loin de connaître l’immensité de l’œuvre créée par Dieu. »

Voilà la vérité scientifique ! résultat le plus clair des merveilleux progrès de la science moderne. Si nous ne savons pas le tout des choses de l’univers sensible, observable au bout de nos télescopes et de nos microscopes, comment pourrions-nous refuser de croire à l’existence du Ciel, attestée par Notre-Dame, comme d’un lieu où elle réside déjà :

« Comme on le sait [de source certaine : sœur Lucie elle-même], il y a déjà là DEUX PERSONNES EN CORPS ET EN ÂME : JÉSUS-CHRIST ET MARIE Très Sainte, sa Mère et notre Mère ; et c’est là que vont toutes les âmes qui ont le bonheur de partir de ce monde en état de grâce, c’est-à-dire sans péché mortel.

« Au jour de la résurrection de la chair, toutes les âmes s’uniront de nouveau à leurs corps respectifs afin de leur faire partager la félicité ou la damnation éternelles, qu’ils ont méritée ensemble pendant leur pèlerinage terrestre. C’est Jésus-Christ lui-même qui nous l’a dit, Lui qui sera alors le juge :

« Comme le Père en effet dispose de la vie, ainsi a-t-il donné au Fils d’en disposer lui aussi ; et il l’a constitué souverain juge parce qu’il est Fils de l’Homme. Ne soyez pas surpris : l’heure vient où tous ceux qui gisent dans la tombe en sortiront à l’appel de sa voix ; ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation. » ” (Jn 5, 26-29)

« Si Dieu ne nous avait créés que pour vivre sur la terre, le peu de jours ou d’années que nous y passons entre le travail, les douleurs et les afflictions que tous, plus ou moins, nous devons supporter, alors nous pourrions dire que notre vie n’a pas de raison d’être, puisqu’elle finira en poussière dans la terre d’où nous avons été tirés. Dieu dans sa grandeur devait avoir des intentions plus élevées, et son amour ne pouvait pas se contenter de cela. Nous sommes le chef-d’œuvre de son amour puisqu’Il nous a créés pour faire de nous les participants de l’immensité de sa vie.

« Commençant au moment de la conception, notre vie se prolonge dans le temps, en route vers l’éternité où elle demeurera. Pendant que nous vivons sur la terre, nous sommes des pèlerins cheminant vers le Ciel, si nous suivons la voie que Dieu nous a tracée. Voici le plus important dans notre vie : nous comporter de telle manière qu’en partant de ce monde et à la fin des temps, nous méritions d’entendre des lèvres de Jésus-Christ ces consolantes paroles :

« Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la création du monde. » (Mt 25, 34)

Frère Bruno de Jésus-Marie
Extrait du sermon du 1er novembre 2004