Sacré-Cœur 2026 : 
L’Église, Maîtresse de civilisation

Introduction

EN 1973, l’abbé de Nantes écrivait : « L’Évangile a une force incomparable pour transformer la société politique, et de barbare la rendre civilisée. Cette société politique transformée par la vie du Christ dans ses membres s’appelle la Chrétienté.

« Qu’est-ce que la Chrétienté ? C’est la réalisation politique de l’Évangile. Cette Chrétienté a pour vie, pour énergie, la force même du Christ ressuscité, encore aujourd’hui. »

La civilisation catholique demeure un trésor à défendre, particulièrement en nos temps d’apostasie où “ solidarité ” et “ fraternité ” ont remplacé la véritable charité.

Selon l’exhortation de saint Pie X, rappelons-nous « tout ce qu’il a fallu de forces, de science, de vertus surnaturelles pour établir la cité chrétienne, et les souffrances de millions de martyrs, et les lumières des Pères et des Docteurs de l’Église, et le dévouement de tous les héros de la charité, et une puissante hiérarchie née du Ciel, et des fleuves de grâce divine, et le tout édifié, relié, compénétré par la Vie et l’Esprit de Jésus-Christ, la Sagesse de Dieu, le Verbe fait homme ».

Le Pape concluait : « Les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes. »

C’est pourquoi notre Père pouvait attester : « Je ne vis pas mille ans en arrière comme m’en brocardaient mes confrères. Je vis de ces mille ans qui ont bâti mon univers – et le leur, hélas ! qui leur indiffère à moins qu’il ne leur soit étranger et ennemi –, et qui lui ont mérité de Dieu et de son Christ de survivre. J’y puise toute ma sagesse, à leurs cent cinquante vérités et bontés, beautés humaines et chrétiennes, ou pour mieux dire monastiques et monarchiques. »

Durant ce mois du Sacré-Cœur voyons, par quelques exemples, comment l’Église se montra maîtresse de civilisation par ses saints. Obéissant à la recommandation de Notre-Seigneur : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît », l’Église se préoccupa d’abord du salut éternel des âmes. Elle ne négligea pas pour autant le bien temporel et le progrès matériel des sociétés, précisément pour toucher les âmes.

Lundi 1er juin

LES MOINES BÂTISSEURS

DÈS les premiers siècles, les moines défrichèrent  une grande partie de la France pour cultiver les terres autour de leurs couvents. Leurs récoltes suffisaient à nourrir la communauté, mais aussi les malades, les pauvres, les nombreux voyageurs ou pèlerins qui frappaient tous les jours à leurs portes.

La foi et l’habileté des religieux éclataient dans la construction et la décoration des églises. Les objets liturgiques, comme les croix ou les reliquaires, s’avéraient de riches chefs-d’œuvre d’orfèvrerie. Saint Éloi inventa l’émaillerie limousine : travail très précis et particulier, employant le filigrane et les pierres précieuses par le cloisonnement.

Ces trésors manifestaient la foi, l’espérance et la charité de toute une société catholique. Les vitraux formaient un véritable catéchisme en images, rappelant que l’enfer existe et que nous pouvons y tomber.

« Les monastères sont des citadelles du Saint-Esprit contre l’esprit du mal. Ce sont des écoles du service de Dieu, comme les grandes écoles de l’Armée, de la Marine, de la Gendarmerie. Si nous voulons que le monde revienne à Dieu, il faut que des monastères se reconstruisent et que les âmes viennent y puiser des forces. C’est cela qui va créer la Chrétienté de demain ! » (notre Père)

Cœur de Jésus, notre Voie, notre Vérité, notre Vie, régnez sur les nations !

Colorier le monastère.

Mardi 2 juin

LA TRÊVE DE DIEU

AFIN de défendre leurs terres contre les invasions étrangères et protéger les paysans, les propriétaires réunirent des hommes d’armes et construisirent des châteaux forts. Ils devinrent des seigneurs.

La guerre s’imposait pour repousser les envahisseurs étrangers, comme les Normands. Cependant, les barons se battaient parfois sans raison importante. Les évêques et les abbés usèrent de leur puissance pour résoudre ces conflits. En souvenir de la Passion de Jésus, ils établirent la Trêve de Dieu, et interdirent les combats depuis le mercredi jusqu’au lundi matin.

L’Église institua aussi l’ordre de la Chevalerie, dont les règles contraignaient les seigneurs à être moins belliqueux et plus chrétiens.

« La Chrétienté a traversé les siècles grâce à son organisation et par ses lois. Si elle surmonte les périls de Satan, c’est par la grâce, mais aussi par la loi ! Il n’y a d’ordre chrétien que par l’exercice de l’Autorité religieuse et séculière. » (notre Père)

Cœur de Jésus, qui voulez que l’on vénère avec vous le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à Elle que Dieu l’a confiée, touchez le cœur du Saint-Père !

Colorier le potager du monastère.

Mercredi 3 juin

LE RACHAT DES CAPTIFS

JEAN de Matha naquit le 23 juin 1154. Ordonné prêtre en 1193, il pria Dieu de lui indiquer l’ordre dans lequel Il l’appelait à le servir. Lors de sa première Messe, « le Seigneur lui apparut soutenant de ses mains deux hommes enchaînés par les chevilles, l’un Noir et disgracié, l’autre Blanc et pâle ».

Cette vision lui montrait que Notre-Seigneur le destinait à racheter les esclaves, captifs des musulmans. Ces derniers infligeaient de telles tortures à leurs prisonniers chrétiens que beaucoup apostasiaient pour avoir la vie sauve. Il fallait venir au secours de ces malheureux et tâcher de convertir leurs maîtres infidèles. Pour cela, le jeune prêtre fonda les religieux trinitaires qui reçurent pour devise : “ Gloria tibi Trinitas et captivis libertas ! ” (Gloire à Vous, Trinité, et aux captifs, la liberté !)

Leur vêtement en laine blanche (une tunique de Croisé) arborait une croix rouge et bleu.

Le Père Jean de Matha et ses fils parcoururent en tous sens le nord de l’Afrique : Tunis, Alger, Oran, Nemours. Au prix de fatigues et de souffrances surhumaines, ces religieux héroïques délivrèrent des milliers d’esclaves allant jusqu’à se laisser enchaîner à la place des malheureux qu’ils venaient racheter !

Avec la permission du Pape, des frères partirent auprès des Croisés, s’occupèrent de leurs malades et rachetèrent leurs prisonniers.

Un jour, plusieurs d’entre eux se trouvèrent à bout de ressources. La Sainte Vierge vint miraculeusement à leur secours, remettant au fondateur une bourse pleine d’or pour la rançon des captifs !

Admirons ces religieux ! À l’exemple de leur Maître qui se livra pour nous racheter, ils donnèrent leur vie pour sauver une multitude d’âmes de l’apostasie, et donc de la damnation éternelle.

Cœur de Jésus notre Roi, qui avez vaincu l’enfer par votre mort sur la Croix et nous avez rachetés, que votre règne arrive !

Colorier le massif de fleurs.

Jeudi 4 juin – Fête-Dieu

SUIVRE JÉSUS-CHRIST

LE 20 janvier 1539 à Grenade, la foule écoutait le plus grand prédicateur espagnol de son temps : le Père Jean d’Avila. Profondément émus, beaucoup demandèrent à se confesser. Un homme, bouleversé, tomba à genoux :

« Miséricorde ! Mon Dieu, miséricorde ! Ayez pitié de ce grand pécheur qui vous a offensé ! »

Rempli de contrition pour les péchés de sa vie passée, Jean donna ses vêtements et son argent à un mendiant, distribua tous ses livres et s’en alla dans les rues, pieds nus en s’écriant :

« Je veux suivre Jésus-Christ et me rendre tout à fait pauvre en son honneur. »

Jugé fou, son entourage le fit enfermer à l’hôpital. À l’époque, les médicaments n’existaient pas. Il subit donc le seul traitement en usage : le fouet. Heureux de supporter ce châtiment uni à Jésus souffrant, Jean ne put cependant se résoudre à voir les autres malades ainsi battus. Il écrivit :

« Que Jésus-Christ m’accorde la grâce de posséder un jour un hôpital où je puisse accueillir les pauvres abandonnés et les malheureux privés de raison, afin de les servir comme je le désire. »

En cette fête du Saint-Sacrement, consolons Jésus-Hostie des outrages qu’il reçoit à tout moment :

Ô Jésus, dont le Divin Cœur brûle d’une flamme d’amour et de miséricorde, donnez-nous de vous aimer !

Colorier un moine travaillant au potager.

Vendredi 5 juin – premier vendredi du mois

SOIGNER LES PAUVRES

AU bout de quelques jours, le directeur de l’hôpital comprit que Jean n’était pas fou et le renvoya. Suivant les conseils du Père Jean d’Avila, notre homme s’installa à Grenade. Le matin, il assistait à la Messe puis ramassait du bois mort afin de l’échanger contre un peu de nourriture ou de le distribuer aux pauvres.

Les habitants admirèrent sa grande charité et achetèrent son bois. Finalement, Jean accepta une maison et l’aménagea peu à peu en hôpital de quarante-six lits.

Chaque soir, il y conduisait les pauvres et les malades sans asile, parfois en les portant sur son dos. Pour l’amour de Jésus seul, il pansait leurs plaies et les soignait. Le lendemain, aucun ne repartait sans avoir pris un déjeuner chaud.

« La vraie charité surnaturelle ne peut s’exercer que dans l’Église. Elle ne consiste pas à faire du bénévolat pour la dignité de l’homme ou l’épanouissement de la personne humaine. Il s’agit plutôt d’être l’instrument du Bon Dieu pour faire du bien autour de nous en cherchant à lui ressembler. » (frère Pierre)

Colorier l’autre moine travaillant au potager.

Samedi 6 juin – premier samedi du mois

FRÈRE JEAN DE DIEU

EN janvier 1540, l’évêque lui demanda de revêtir un  habit religieux et lui donna le nom de frère Jean de Dieu. Notre frère hospitalier prenait grand soin des malades. Il les lavait et leur donnait des vêtements propres. Pour diminuer la contagion, il fut le premier à instituer que chaque malade aurait son lit particulier.

Un prêtre les confessait, leur enseignait le catéchisme, présidait les prières du matin et du soir.

Son hôpital devint un modèle et suscita de nombreux admirateurs et bienfaiteurs. Tel le marquis de Tarifa qui lui apportait chaque jour cent cinquante pains, quatre moutons et huit poulets !

Selon le conseil de notre Père, « efforçons-nous d’être charitables, de répondre à l’amour, à l’affection, à la charité, au dévouement, à la générosité, par les mêmes vertus. Pour pratiquer cette charité, implorons la grâce de Dieu afin que ce soit par l’amour de Jésus que nous aimions notre prochain. »

En ce premier samedi du mois, répondons à l’amour du Cœur Immaculé de Marie en grand chagrin et tâchons de la consoler : Doux Cœur de Marie, soyez le salut des pauvres pécheurs !

Colorier un esclave enchaîné.

Dimanche 7 juin – solennité de la Fête-Dieu

CAMILLE DE LELLIS

PLUSIEURS années après la mort de frère Jean de Dieu, Camille de Lellis se dévoua jour et nuit dans les hôpitaux d’Italie. Il s’occupait des malades avec tant de bonté et de tendresse que tous l’aimaient et le respectaient.

Camille veillait particulièrement à l’excellente qualité des repas, à l’application des prescriptions médicales et aux dépenses. Ses livres de compte étaient parfaitement tenus !

Nommé infirmier-chef, il prit l’initiative de réunir le personnel de l’hôpital afin de lui apprendre les manières d’aborder les infirmes, de les servir, d’en avoir compassion.

« Les pauvres malades sont la pupille et le cœur de Dieu, nous devons penser que ce qui est fait à eux est fait à Dieu lui-même », enseignait saint Camille.

Cœur de Jésus plein d’amour, qui désirez nos cœurs pour en faire votre demeure, donnez-nous de vous aimer !

Colorier le religieux trinitaire.

Lundi 8 juin

LES CAMILLIENS

L’ABANDON des agonisants transperçait le cœur de
 Camille. Pour y remédier, il fonda une congrégation d’hommes pieux et bons qui prodiguèrent des soins uniquement pour l’amour de Jésus-Christ : les camilliens.

Ordonné prêtre, il écrivit une courte Règle pour le service des infirmes, inaugurant une nouveauté : donner à manger à ceux qui ne pouvaient le faire seuls, leur nettoyer la langue et rajuster leurs grabats.

Plus que tout, ces religieux recommandaient à Dieu l’âme de leurs malades, les exhortaient à la patience et à la réception pieuse des sacrements.

« La chose la plus fâcheuse de la Chrétienté, ce sont les agonisants mourant sans prêtre pour recueillir leur dernier souffle, alors que le sort éternel de l’âme s’y joue : sauvée ou damnée à jamais ! » expliquait le Père Camille.

Cœur de Jésus, altéré de notre salut, ayez pitié de nous !

Colorier la montagne et la mer.

Mardi 9 juin

SOLDAT DE LA CHARITÉ

LE fondateur de cette nouvelle famille religieuse choisit d’arborer sur son habit une grande croix rouge sur l’épaule droite. Elle rappelait que la source de la charité se trouve dans la Croix de Jésus sur laquelle a coulé le Précieux Sang. La vocation des camilliens est en effet toute de fatigue, de souffrance et de mort au service des infirmes.

Saint Camille voulait que cette croix rouge soit à droite pour deux raisons. La première, parce que l’on soutient généralement un infirme du bras gauche afin de se garder libre le côté droit. Ainsi, le malade a devant ses yeux l’instrument de la miséricorde divine.

Mais surtout, c’est de la main droite que l’on brandit l’épée. Ancien militaire, le Père Camille ne concevait pas sa vocation comme simplement dédiée au bien corporel des miséreux : il les soignait en vue du salut de leurs âmes et s’engageait donc à lutter contre le démon. Mettre la croix sur l’épaule gauche n’en aurait fait qu’un bouclier. À droite, elle devenait une arme offensive, une épée contre Satan.

« Le Crucifix sera notre unique Maître, de qui procède seule la vraie charité surnaturelle. »

Précieux Sang de Jésus, secours des agonisants, sauvez-nous !

Colorier l’autre esclave enchaîné.

Mercredi 10 juin

LES “ PÈRES DE LA BONNE MORT 

SAINT Camille repérait les âmes aux prises avec le démon et utilisait tous les moyens pour les amener à se confesser, surtout celles qui « empestaient l’hérésie », comme il définissait les protestants.

Surnommés les “ Pères de la bonne mort ”, les camilliens ne négligeaient aucun stratagème pour toucher les moribonds. Un jour, avec l’accord de la famille, le Père Camille se déguisa en médecin pour approcher un agonisant qui ne voulait pas entendre parler de prêtre. D’autres fois, lorsque toute autre tentative avait échoué, il entrait de force, avec crucifix, étole et flambeaux allumés. De cette manière, plusieurs se convertirent juste avant de mourir !

« Rappelez-vous que les démons ne dorment pas et que mille d’entre eux entourent les pauvres mourants. Ne craignez pas de perdre le sommeil, de courir par le froid, la pluie ou le vent, de tout souffrir pour une œuvre si glorieuse. »

Cœur de Jésus, qui vous réjouissez tant de la conversion des pécheurs, accordez-nous la grâce du repentir !

Colorier le malade soigné par saint Camille.

La suite sera publiée bientôt