Il est ressuscité !
N° 275 – Mars 2026
Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard
L’espérance du Ciel
«COMMENT ne pensons-nous pas sans cesse au Ciel ? Comment n’est-il pas l’attraction la plus puissante de notre vie ? Car au Ciel est la vraie vie, durable, définitive, dont la vie présente n’est que le prologue. » D’autant plus que le Ciel lui-même ne se laisse pas oublier.
Le projet de loi français sur l’euthanasie, voté par l’Assemblée nationale au printemps 2025, est l’un des pires entre tous. Il impose aux établissements médicaux une obligation d’autoriser l’euthanasie sur place, y compris dans les institutions catholiques, sous peine d’une lourde pénalité pour les établissements ou responsables qui s’y opposeraient. Le « délit d’entrave » expose les directeurs à deux ans de prison et à 30 000 euros d’amende.
Autrement dit, le texte interdit au directeur d’une structure, – qu’elle soit publique, privée ou associative, voire confessionnelle –, de s’opposer à l’intervention de professionnels de santé venus de l’extérieur pour pratiquer une injection létale dans le cas où le personnel de l’établissement invoquerait la clause de conscience.
Dans de nombreux pays qui ont légalisé l’euthanasie, des établissements privés ont adopté une charte exprimant leurs convictions religieuses et morales, sources de contentieux en Suisse, en Belgique et au Canada.
En France, coup de théâtre, le Sénat a d’abord complètement remanié le projet de loi, excluant tout délit d’entrave, puis même tout recours à la mort provoquée, et finalement, mercredi 28 janvier, lors d’un vote solennel, tout le projet de loi a été rejeté, avec 144 voix contre, 123 voix pour et 38 abstentions.
« Le débat a montré de manière très claire qu’il n’y avait pas de consensus sur ce texte, mais une vraie division entre les partisans et les opposants au suicide assisté et à l’euthanasie. On est très loin de l’idée véhiculée par des sondages commandés par les partisans de l’aide à mourir selon laquelle 90 % des Français y seraient favorables ! Même au sein des élus favorables à l’aide à mourir, il existe des désaccords », a expliqué le sénateur Emmanuel Capus, de centre gauche (Les Indépendants).
Ceux qui veulent absolument faire passer cette loi sont les socialistes et consort (écolos, communistes, macronistes). Un ministre a même dit que les plus acharnés étaient « un lobby très important d’une partie des députés, un engagement fort de la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, et une détermination d’Emmanuel Macron qui s’est engagé solennellement à agir sur le sujet et qui doit donc aller au bout ».
Pour le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, cet échec est le résultat d’une intense campagne de Bruno Retailleau, « qui a flingué le texte ». Mais sans référence à la volonté de Dieu. Tout le monde rejette l’appel à Dieu, y compris les évêques de France lorsqu’ils justifient solennellement leur opposition à la légalisation de l’euthanasie et au suicide assisté par cette lapalissade : « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. » Aucune référence au commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas. » Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la CEF, invoque « la fraternité, valeur centrale de notre République » !
La vérité est qu’il s’agit d’une révolte de l’homme contre Dieu. « Nous, plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. » Parole du pape Paul VI, mise en œuvre par tous ses successeurs.
« Nous ne faisons pas partie d’une secte menée par Bruno Retailleau. Nous n’avons pas non plus voté par obédience à un dogme. Chacun est libre sur un sujet qui détermine notre société de demain », a répondu la sénatrice LR Anne Chain-Larché.
Ces positions libérales montrent bien que ce rejet de la loi est le fruit d’un calcul humain. On rejette l’appel à Dieu.
Eh bien ! Dieu répond par la voix d’un sénateur communiste, Pierre Ouzoulias, qui a clairement dit la vérité : « Une partie de la droite catholique veut rejouer le débat de la loi Claeys et Leonetti, au nom d’un principe religieux, selon lequel l’individu n’a pas un total libre arbitre, c’est Dieu qui donne la vie et qui la reprend. » Sa haine éclaire Ouzoulias pour rappeler la foi catholique ! et réveiller la haine antichrist de son Parti. Frère Michel, après avoir constaté à quel point la défense des catholiques est surnaturellement nulle et vouée à l’échec, rappelle que c’est Dieu qui commande. L’échec du projet « est peut-être une réponse du Ciel à nos prières, à nos sacrifices et à notre pèlerinage que nous avons fait à Lourdes en esprit de réparation, car le spectre de l’euthanasie s’éloigne de nous pour un temps. » D’après Agnès Firmin-Le Bodo, députée et ancienne ministre, même si le texte est adopté à l’Assemblée, les élections municipales et sénatoriales bloqueront le processus. Le texte ne sera pas examiné au Sénat avant octobre prochain. Il faudra enfin une lecture dans chaque chambre avant son adoption définitive par l’Assemblée. Donc selon elle, le texte ne sera pas adopté avant la fin de la législature, sauf si un référendum est décidé par Emmanuel Macron. Espérons qu’elle dise vrai !
LE TERRIFIANT SECRET.
Eh bien ! dans cette éventualité, il nous faut rappeler, avec insistance cet avertissement du pape du sourire, Jean-Paul Ier : « L’enfer existe et nous pouvons y tomber. » C’était au sortir d’un long parloir avec sœur Lucie, qui, elle, avait vu l’enfer le 13 juillet 1917. Elle raconte dans ses Mémoires qu’après avoir entendu la Vierge Marie demander :
« Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice :
“ Ô Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. ”
« En disant ces dernières paroles, elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet de la lumière parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes des damnés.
« Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.
« C’est à la vue de ce spectacle que j’ai dû pousser ce cri : “ Aïe ! ” que l’on dit avoir entendu de moi. Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.
« Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur. »
« Mais nous ne sommes pas faits pour l’enfer. Dieu nous avait créés en Adam saints et heureux, et toute son œuvre de salut vise à nous ramener dans un paradis meilleur que celui que nous avons perdu. Pour accomplir ce retour vers Lui, nous avons tout l’espace d’une vie, ce qui est peu et beaucoup. Beaucoup pour la miséricorde et la patience de notre Père du Ciel qui ne se lasse ni ne se rebute à la vue de nos bravades et de nos lâchetés, peu pour notre lenteur et notre étourderie, toujours prêtes à gaspiller ces heures précieuses qui s’écoulent rapides et ne reviendront plus. C’est peu aussi en regard de l’œuvre à accomplir, celle de notre sainteté, selon le commandement du Seigneur : “ Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait. ”
« C’est là une vérité trop méconnue : nous sommes tous appelés à la perfection de la charité dès cette vie. Il ne faut pas remettre au moment de la mort ni au temps du purgatoire cette “ dernière main ”, ces ultimes progrès qui seuls nous rendront pleinement fils de Dieu. L’échelle disposée devant nous pour que nous y montions n’est pas trop courte, comme on croit, pour toucher d’emblée le Ciel et l’épreuve du purgatoire n’est ni normale ni inévitable. Les théologiens l’enseignent : le purgatoire est un lieu de châtiment et nous n’y devrions pas passer si nous étions fidèles à la grâce. C’est dire que notre vocation terrestre à tous est d’atteindre à la sainteté qui fait passer de la terre au sein de Dieu dans la béatitude céleste, d’une course directe. Nous croyons par humilité mal entendue, que ce bonheur est réservé à de rares êtres d’élection, aux saints, mais c’est une erreur qui appauvrit notre espérance et décourage nos plus purs élans. En vérité, la Providence nous ménage à tous un sentier qui monte directement vers Dieu et que nous avons le pouvoir de suivre sans défaillance jusqu’à son terme merveilleux.
« Comme cela va à l’encontre de l’opinion commune ! Tant d’âmes ne goûtent pas à la joie d’une foi vive parce qu’elles restent timorées, retenues dans leur médiocrité par l’idée qu’elles ne sont pas appelées à mieux faire ; elles ne savent pas d’ailleurs comment s’y prendre pour marcher vers la perfection et il leur manque ce bon désir, cette volonté efficace d’aller jusqu’au bout de leur vocation et de tendre à Dieu lui-même par un amour chaque jour plus pur et plus véhément. Elles végètent et c’est grand dommage car elles aussi pourraient connaître dès ici-bas une union intime avec Dieu.
« C’est ce que l’oraison de saint André Avellin [...] met en pleine lumière. Ce vœu d’être de jour en jour meilleur, de grandir en perfection sans cesse, nous pourrions le faire nôtre car nous en avons l’inspiration et la grâce comme saint André. Ce saint désir est déjà la moitié du travail car, dès qu’il paraît dans notre âme, il y suscite un programme de sanctification, des “ degrés ” successifs pour l’ascension de la Montagne sainte. L’âme cesse alors de suivre tête baissée une longue et sinueuse route au fond de la plaine mais le regard levé vers la cime de lumière, elle examine le tracé du chemin, les passages difficiles, et dans cette vue d’ensemble elle goûte déjà la joie forte de la victoire escomptée. Seule la durée du trajet lui échappe, fort heureusement. C’est une erreur d’optique habituelle en montagne de tout estimer beaucoup trop court. Ainsi l’âme qui décide de s’engager sur la voie de la perfection, repérant les trois ou quatre étapes à fournir, s’imagine les gravir en quelques années, mais la réalisation lui révélera des longueurs inattendues. Peu importe, le tout est de s’engager ! »
(Abbé Georges de Nantes, Lettre à mes amis n° 45, 10 novembre 1958)
frère Bruno de Jésus-Marie.
LE DÉSIR DU CIEL EST UN DON DE DIEU
«JE jouissais alors d’une foi si vive, si claire, que la pensée du Ciel faisait tout mon bonheur. »
« Par-delà les tristes nuages, mon doux Soleil brille encore. » (sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Histoire d’une âme)
En ce merveilleux mois d’octobre, où les rayons du soleil sont d’or, où toute la nature n’est qu’ultime douceur, il semble que les moindres créatures nous enseignent à bien mourir. Ce mois va vers le jour des morts, mais d’abord vers la Toussaint, où le paradis s’ouvre à nos yeux éblouis, avec ses myriades d’anges et d’hommes, glorieux, transfigurés par la joie, chantant un cantique de louange dans la ferveur de l’amour.
Comment ne pensons-nous pas sans cesse au Ciel ? Comment n’est-il pas l’attraction la plus puissante de notre vie ? Car au Ciel est la vraie vie, durable, définitive, dont celle-ci n’est que le prologue. Au Ciel est la plénitude du bonheur dont nos joies terrestres ne sont que des reflets ou des signes, au Ciel est la lumière, au Ciel l’œuvre merveilleuse de la contemplation et de la louange dont tous nos travaux terrestres, nos recherches intellectuelles, nos créations techniques et artistiques ne sont que de pauvres succédanés. Tout ce que nous aimons faire sur terre n’est que diversion à la grande attente de la vision du Ciel. Sans doute le cœur et l’esprit se laissent prendre par les affections et les intérêts de la vie quotidienne, parce qu’ils sont à leur portée, mais ces lumières si proches et si vives qu’elles soient ne devraient toujours nous apparaître qu’en surimpression, comme la lumière des lampes, sous le soleil de midi !
Nous manquons à n’en pas douter de magnanimité, nous n’osons pas avoir une espérance à la dimension des dons de Dieu : nous nous attachons jalousement aux biens terrestres, avec avarice, de peur que le divin bonheur du Ciel ne les remplace point, ne nous donne de jouissances comparables. C’est folie et c’est péché. La douceur du Ciel à nulle autre pareille ne comblera-t-elle pas toutes nos facultés jusqu’aux ultimes cellules de notre corps et aux moelles de nos os ? Nous hésitons à croire et notre cœur est trop mesquin pour soupçonner les largesses du Bon Dieu à ses créatures avides ! Lui qui nous a donné tous ces désirs ne saurait-il les combler ? ou ne le voudrait-il pas, alors que tout ce qu’il a fait est bel et bon ? Plutôt que de le croire, nous courons après les joies de la terre et quand elles s’évanouissent, dans l’amertume des deuils et des larmes, l’âme usée ne croit plus aux bonheurs de l’au-delà et se recroqueville dans sa peine stérile. Il faut une âme jeune et vaste pour penser au Ciel, en rêver, et ceux qui en conservent sans cesse la pensée savent accueillir les joies de la terre et les perdre sans voir décliner leur espérance.
Oui, le désir du Ciel est un don de Dieu qui réjouit l’âme dans sa jeunesse et devient son trésor caché dans l’âge mûr, son espérance immense au seuil de la mort. C’est pour elle la matière de méditations sans fin. Sa raison lui montre à cette lumière le caractère fugitif et secondaire des joies et des peines terrestres. Tout ne prend de valeur que pour le Ciel et rien ne vaut que ce qui le prépare. De jour en jour, d’heure en heure, la course des aiguilles sur le cadran d’une montre rappelle l’approche de cette minute solennelle où l’âme entrera dans la Gloire de son Dieu. J’ai connu une personne illuminée sans doute par le don de Sagesse qui n’entendait pas sonner une horloge ou n’en voyait le cadran sans être envahie d’une grande joie pour ce motif ! Absorbée par la pensée de la béatitude qui vient, cette âme vivait déjà dans son rayonnement, elle en brûlait : « Il y a encore un certain nombre fini, déterminé, de tic-tac à s’écouler et ce sera l’éternité », me disait-elle ; puis s’arrêtant pour écouter le bruit régulier de la montre : « Et vous voyez, ça diminue... il n’y en aura bientôt plus ! » cela dans un sourire... Évidemment, dans cet état de grâce, tout ce que l’âme accepte de peines, de labeurs et de souffrances n’altère pas cette joie, mais l’enrichit au contraire : au Ciel « Dieu essuiera toutes larmes de leurs yeux » et « il paiera toute dette » au centuple ! Il n’est pas jusqu’au courage quotidien qui ne s’en trouve magnifié parce que le temps se fait court, l’effort ne sera pas indéfiniment repris. Encore un peu et le temps du repos éternel sera venu !
Voir à l’intime du cœur la mort venir de loin comme une amie, c’est un don de Dieu. Alors la vie n’est plus un désert sans fin ou une aventure sans suite, mais un temps d’épreuve très riche, un noviciat important, dont toutes les minutes doivent être remplies au mieux, car sa durée est juste suffisante pour que nous puissions en comprendre la raison et en tirer le meilleur parti dont le fruit sera éternel.
Il y avait déjà lors de la traversée du désert par le Peuple de Dieu « un ramassis de gens saisis de fringale » qui ne voulaient rien d’autre que retrouver les grasses satisfactions de l’Égypte et maudissaient le désert. Avec eux « les enfants d’Israël eux-mêmes recommencèrent à pleurer, en disant : “ Qui nous donnera de la viande à manger ? Ah ! quel souvenir ! Le poisson que nous mangions pour rien en Égypte, les concombres, les melons, les laitues, les oignons et l’ail ! Maintenant nous dépérissons, privés de tout ; nos yeux ne voient plus que de la manne. ” » (Nb 11, 4-6) Tels sont encore la plupart des hommes et des chrétiens eux-mêmes. Leur conduite est celle d’esclaves qui ne cherchent nullement à comprendre les bienveillants desseins de leur Maître. Ils avancent vers la Terre promise, mais par force et comme à reculons, n’ayant de soif et de faim que pour les nourritures terrestres. Ils vont pourtant vers « la Terre où coulent le lait et le miel » que dans son amour un Dieu Père leur a préparée, mais ils ne veulent pas le savoir. Ils ne tiennent qu’à leurs plaisirs connus et en viennent à mépriser même la nourriture miraculeuse qui leur est offerte et qui vient du Ciel pour leur en annoncer la saveur...
Plus belle et exaltante est la foi des Patriarches que l’Épître aux Hébreux nous donne en exemple : « Tous moururent dans la foi sans avoir reçu l’objet des promesses, mais l’ayant vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » (11, 13) Tel Abraham qui vivait sous la tente, mais « attendait la ville aux fondations inébranlables dont Dieu est l’architecte et le bâtisseur ». Tout ce qu’ils ont désiré et préparé comme des fils convaincus de la sagesse et de l’amour de leur Père, nous l’avons déjà reçu en Jésus-Christ ; comme eux pourtant nous espérons encore des biens meilleurs dans l’immortalité : « Nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous sommes en quête de celle de l’avenir. »
Comme nous sommes mieux partagés que ces lointains ancêtres de notre foi ! Ce qu’ils entrevoyaient dans l’obscurité d’une révélation imparfaite, nous l’avons déjà sous les yeux comme une Cité céleste en train de s’édifier sous nos yeux. La communauté des saints se préfigure et se forme déjà dans la communauté visible de l’Église et d’une rive à l’autre le passage est si simple qu’il nous est presque facile de l’imaginer malgré le mystère. La nourriture spirituelle de l’Eucharistie a déjà la saveur des biens divins et commence à rassasier notre faim, beaucoup plus que la manne qui n’en était que le symbole charnel. La charité qui nous rassemble est la même qui triomphe dans le Ciel et ce sont les mêmes visages transfigurés déjà par la grâce baptismale que nous retrouverons dans le Ciel. Les chants d’Église sont la répétition terrestre de l’immense Hosanna qui retentit dans les chœurs des anges et le Sacrifice de l’autel révélera son mystère familier à ceux qui en goûteront aux noces éternelles de l’Agneau.
Cette continuité triomphe de la mort, elle élance nos cœurs auprès de Dieu, là où déjà tant de parents, d’amis et de frères que nous aimions sont entrés, continuant presque inchangée, transfigurée, la vie d’amour divin et humain commencée parmi nous ! Oui, vraiment, toute notre vie, toute notre joie, tout notre amour sont au Ciel !
(Abbé Georges de Nantes, Lettre à mes amis, n° 44, octobre 1958.)